Projet de loi asile et immigration : "On régularise à tour de bras", estime Rachida Dati
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Vous êtes d'accord avec cette analyse, ce projet de loi ne répond pas à la situation ?
- 1:32RelanceRéponse partielle
Ce n'est pas la maîtrise, mais la gestion des personnes qui sont sur le territoire ?
- 2:03FerméeRéponse directe
Donc ça concerne bien l'expulsion ?
- 2:51OuverteRéponse directe
Pourquoi M. Collomb et Mme Gouraud ont été malmenés au Parlement ?
- 3:48OuverteRéponse directe
Laurent Wauquiez a demandé un référendum sur l'immigration, vous le soutenez ?
- 4:01OuverteRéponse directe
C'est quoi réduire au minimum l'immigration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06Invité politiqueFait
« Ce projet de loi ne répond absolument pas à la maîtrise des flux migratoires. »
- 1:24Invité politiqueFait
« Ce sont des ajustements techniques. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Pourquoi on a ces délais ? C'est pour pouvoir avoir des documents, ou en tout cas pouvoir expulser les gens qui ne sont éligibles à aucun statut. »
- 2:17Invité politiqueChiffre
« Le délai moyen en Europe, de rétention, c'est au moins 6 mois. Ça va jusqu'à 12 mois. »
- 2:31Invité politiqueFait
« On régularise à tour de bras, avec tous les risques qu'on connaît. »
- 2:39Invité politiqueChiffre
« Bien sûr, il y a eu plus de 200 000 cartes de séjour délivrées l'année dernière. »
- 3:33Invité politiqueFait
« Cette loi ne règle absolument pas ni la gestion, ni la maîtrise des flux migratoires. »
- 3:42Invité politiqueFait
« La régularisation de clandestins, on va continuer la tendance qui avait fortement augmenté sur Hollande. »
- 5:23Invité politiqueFait
« Je l'ai fait voter au Parlement européen. »
- 5:31Invité politiqueFait
« De dire aux pays, effectivement, qui ne donnent pas les laissés-passés consulaires, comme le Mali, que peut-être nous allons restreindre notre aide militaire. »
- 14:45Invité politiqueFait
« La lutte contre les financements des actions terroristes, notamment par les pays du Golfe. Je l'ai fait voter. »
- 14:59Invité politiqueFait
« La création du parquet européen qui va faciliter... »
- 19:38Invité politiqueChiffre
« Moi, j'ai été élu à 29%, 21%. »
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L'invité de France Info ce matin est Rachida Dati, députée européenne, maire du 7e arrondissement de Paris, Jean-Michel Apathy.
Bonjour Rachida Dati. Bonjour. L'Assemblée nationale a voté hier le projet de loi Zil Immigration, présenté par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Un projet qui n'a pas plu au parlementaire républicain que Brice Hortefeux, ancien ministre de l'Intérieur, décrivait ainsi hier midi sur Europe. Les républicains ne peuvent pas approuver ce texte. C'est un texte tout petit, mais il y a quelques avancées. C'est un texte minima, c'est un texte technique, c'est un texte procédural. A aucun moment dans ce texte se pose la vraie question, voulons-nous, oui ou non, continuer à voir la population étrangère augmenter ou voulons-nous qu'elle diminue ?
Vous êtes d'accord avec cette analyse Rachida Dati, ce projet de loi ne répond pas à la situation, aux problèmes tels qu'il s'appelle ?
Ce projet de loi ne répond absolument pas à la maîtrise des flux migratoires. C'est ça le nouveau défi qui concerne la France, et je peux vous parler comme parlementaire européen, qui concerne toute l'Europe. Moi je suis en charge de ces questions au Parlement européen. Cette loi ne réglera absolument pas la maîtrise des flux migratoires. D'abord ce sont des ajustements techniques. Ce n'est pas parce qu'on passe de 45 jours à 90 jours de durée de rétention pour les étrangers illégaux que ça va changer et qu'on va maîtriser les flux migratoires.
Ce n'est pas la maîtrise, mais la gestion des personnes qui sont sur le territoire, ça rendra peut-être plus facile pour l'administration.
Dans ce texte, il n'y a rien sur l'accueil. Rien. Donc c'est quand même aussi tout l'enjeu de la maîtrise des flux migratoires. L'accueil y compris d'immigrés éligibles au statut d'asile. Rien sur l'accueil. Sur les expulsions, qui est tout l'enjeu de la maîtrise des flux migratoires. Rien. Puisque effectivement on passe de 45 jours à 90 jours pour les délais de rétention. Pourquoi on a ces délais ? C'est pour pouvoir avoir des documents, ou en tout cas pouvoir expulser les gens qui ne sont éligibles à aucun statut.
Donc ça concerne bien l'expulsion ?
Oui, mais vous savez le délai moyen en Europe, de rétention, c'est au moins 6 mois. Ça va jusqu'à 12 mois. Vous voulez dire que ce n'est pas assez, mais déjà en l'encontre. Non, ce n'est pas ça. C'est 18 mois en Allemagne, c'est illimité en Angleterre. Et on a un vrai problème en France, c'est que de nombreux pays ne donnent pas les laissés-passer consulaires pour pouvoir exécuter les renvois. Donc quand les gens passent le délai, on les remet dans la nature, ils restent et ensuite ils ne sont évidemment pas expulsables. Donc qu'est-ce qu'on fait ? Comme on a fait l'année dernière, comme on a fait sur les 5 dernières années, on régularise à tour de bras, avec tous les risques qu'on connaît.
Non, on ne régularise pas à tour de bras. Bien sûr, il y a eu plus de 200 000 cartes de séjour délivrées l'année dernière.
Oui, mais ça ne c'est pas des régularisations, c'est autre chose. Mais ça rentre en cours. Régularisation, on entend des gens qui sont en situation irrégulière. Ça en fait partie. Pas les 200 000, mais pas la totalité.
D'accord. Et pourquoi M. Collomb et Mme Gouraud ont été un petit peu malmenés au Parlement ? Ils n'ont pas voulu dire qu'ils n'allaient pas régulariser une vague de clandestins.
Oui, puisqu'ils ne le feront pas, on verra bien.
Non, non, ils n'ont pas répondu à cette question. Et donc aujourd'hui, l'enjeu, c'est de pouvoir expulser ceux qui n'ont pas à être sur nos territoires. Je vous donne un autre exemple, le Mali. Le Mali ne donne pas les laissés-passer consulaires. Nos soldats sont au Mali, risquent leur vie sur ce territoire, alors que les autorités ne nous donnent pas les laissés-passer consulaires pour permettre l'expulsion de ressortissants maliens qui sont sur notre territoire de manière illégale. Donc cette loi ne règle absolument pas ni la gestion, ni la maîtrise des flux migratoires.
Et je peux vous dire que l'augmentation de l'octroi des visas, des cartes de séjour et la régularisation de clandestins, on va continuer la tendance qui avait fortement augmenté sur Hollande. Et ça continue, 2016-2017, nous sommes en une augmentation totalement exponentielle.
Alors Laurent Wauquiez a demandé, mercredi, un référendum sur l'immigration. On l'écoute.
Je souhaite qu'il puisse y avoir un référendum sur ces questions. Est-ce que vous souhaitez que la France se dote de lois permettant de réduire au minimum l'immigration ?
C'est quoi réduire au minimum l'immigration, Rachida Ati ?
De ceux qui n'ont pas vocation à venir sur notre territoire, qu'on les empêche de venir. Parce que, comme vous le savez, et je viens de vous le dire, vous savez que la France n'est pas un pays comme les autres en Europe. Il y a beaucoup d'immigrés, en tout cas de migrants, qui viennent en France alors qu'ils ne sont pas éligibles, notamment au statut d'asile. Parce que le statut de réfugié, moi je suis...
On ne sait pas, il y en a qui sont là et puis on regarde les situations. Certains sont éligibles au statut de réfugié politique et d'autres non.
Sur 100 000, l'année dernière, sur 100 000, à peine 25 000 ont été éligibles. Le reste n'a pas été expulsé. Et ça, on ne le sait que quand ils sont là. Oui, d'accord. Qu'est-ce que c'est réduire au minimum l'immigration ? Je suis apathie, je veux vous dire. Parce que ce n'est pas un sujet polémique. Est-ce que c'est l'immigration zéro ? Attendez, je veux vous dire. Non, l'immigration zéro, dans un monde ouvert, avec la mobilité, ça n'existe pas. C'est ce que suggère la formule. Réduire au minimum, ça veut dire qu'on en accepte très peu. L'immigration, c'est aussi ce qui oxygène, vivifie.
Il y a aussi cette immigration liée, pour des raisons, on le voit, avec l'asile, les réfugiés climatiques, les réfugiés aussi politiques, les gens qui sont persécutés. Mais aussi une immigration économique qui peut être aussi salutaire dans certains pays, notamment en Europe. Regardez, l'Allemagne vit de cela.
Donc au minimum, ça peut faire beaucoup de réfugiés ?
Non, au minimum, c'est déjà d'empêcher tous ceux qui n'ont pas vocation à venir sur notre territoire. Et nous pourrions le faire. Ne serait-ce que d'avoir, de conditionner l'aide au développement aux pays qui ne donnent pas les laissés-passés consulaires. Je l'ai fait voter au Parlement européen. Ça, je l'ai obtenu. De dire aux pays, effectivement, qui ne donnent pas les laissés-passés consulaires, comme le Mali, que peut-être nous allons restreindre notre aide militaire. Donc il y a aussi un courage et une responsabilité à avoir vis-à-vis de ces pays tiers.
Et un référendum, c'est vraiment utile, ça ?
Moi, ça a été, effectivement, discuter au bureau politique. Moi, j'ai toujours peur de la réponse aux questions de référendum. Voilà, moi, je préfère qu'on puisse avoir un débat parlementaire, qu'on puisse avancer sur des sujets. Et puis là, ce sujet-là, de la maîtrise des films migratoires, il faudrait déjà qu'on s'aligne sur les standards européens. Déjà, si on s'alignait sur les standards européens, sur la moyenne européenne, pour la maîtrise des films migratoires, je peux vous dire que ça irait beaucoup mieux.
Des militants d'extrême droite se trouvaient ce week-end au sommet du col de l'échelle, dans les Alpes, pour dénoncer le passage des migrants. DC TV, qui est une télévision locale des Alpes du Sud, pardon, a donné la parole à Antoine, un membre de Génération Identitaire, et qui expliquait le sens de son action. Alors, on est là pour montrer que, si on s'en donne les moyens, on peut fermer une frontière. Dans les médias, dans les politiques, on nous explique que c'est impossible, que c'est un fait, l'immigration est un fait, qu'on ne peut rien faire pour, si on peut, et on le montre aujourd'hui. Il dit un peu ce que vous dites, au fond. On peut empêcher les gens de venir chez nous.
Et donc, on mène une opération spectaculaire, mais il dit un peu ce que vous dites. C'est-à-dire ? Eh bien, il dit qu'on peut faire quelque chose. Que des actions peuvent être menées pour empêcher les migrants de venir sur le territoire français.
Enfin, la phrase que vous dites, d'accord, quelle est l'action ?
L'action, c'est celle qu'il mène, c'est-à-dire qu'ils alertent l'opinion publique sur le fait que les frontières permettent le passage de l'immigration.
C'est pas bien ce que vous faites. Je sais pas si c'est bien, mais... Non, c'est pas bien. Ni confusion, ni amalgame. Je vous dis qu'on ne pouvait agir... Vous condamnez cette action ? Non, mais nous pouvons agir en nous mettant, nous alignant sur les standards européens. Vous condamnez cette action ? Non, non. Moi, je vous pose la question, puisque vous me dites qu'on dit la même chose. Est-ce que je dis la même chose ?
Dans l'esprit, oui. Il dit qu'on peut faire quelque chose, on peut mener des actions pour empêcher que des étrangers arrivent sur le territoire français.
Y compris le gouvernement, tout le monde dit qu'il faut faire quelque chose. C'est une action qui vous a choqué ? Je ne vous parle pas de la même action. Est-ce que vous comprenez cette action-là ? Attends, je ne suis pas sur la même action. Déjà, on va éclaircir, ne me ramenez pas à eux. Moi, mon action, elle est de dire, alignons-nous sur les standards européens. Je ne dis pas, allons fermer une frontière.
C'est ce qu'ils ont fait ce week-end, qui est une tentative d'alerter l'opinion publique. D'accord, je préfère ce type de question.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Eh bien, j'en pense que ça n'est pas bien. Voilà. Moi, je ne suis pas sur cette action. Mais ne dites pas qu'on a la même action et qu'on a le même esprit. Ce n'est pas bien, M. Papati.
Mais je ne sais pas si c'est bien. Je pense que vous ayez entendu. Il disait... Non, mais moi, je n'aime pas bien ces petits... Mener des actions pour éviter que des étrangers arrivent sur le territoire.
Tout le monde est d'accord pour mener des actions. Tout le monde.
D'accord, mais ça dépend des actions.
Vous, moi, M. Toussaint, si on le pose la question. Tout le monde est d'accord pour mener des actions. Après, quelles sont les actions à mener ?
Vous restez avec nous, Rachida Dati. Il est 8h41. L'Essentiel, tout de suite, avec Edwige Koupez. Rachida Dati, députée européenne, maire du 7e arrondissement de Paris, l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.
C'est ce qui plane un peu dans l'air quand même. La droite doit-elle s'allier à l'extrême droite ? Vous avez vu la semaine dernière, dans Valeurs Actuelles, l'appel danger à plusieurs personnes, soit le couple Ménard, et puis de votre côté Thierry Mariani, qui disent, de toute façon, seuls les républicains n'arriveront pas au pouvoir. Ils ont besoin de trouver des alliés. C'est une analyse que vous partagez ou que vous jugez fausse ?
Une élection présidentielle ne se gagne jamais seule. C'est le premier postulat. Ensuite, de m'amener à... Moi, j'avais été choquée par la une du Parisien, il y a quelques semaines. Où on met en une Laurent Wauquiez et Marine Le Pen en disant, ils se rapprochent. Quelle honte ! Quelle honte ! C'est une... Personne ne l'a contestée, y compris dans ma famille politique, mais moi je la conteste et je la dénonce. Qu'est-ce qui vous fait dire ? Qu'est-ce qui fait croire ? À chaque fois, on veut le ramener à Marine Le Pen. En quoi ? En quoi a-t-il dit, affirmé, déclaré ?
Le référendum sur l'immigration, par exemple, c'est sans doute...
C'est un truc du FN ? C'est que le FN qui demande le référendum là-dessus ?
En tout cas, même à vous, ça vous met mal à l'aise. L'idée du référendum...
Non, ça ne me met pas du tout mal à l'aise. C'est assez rare qu'on demande un référendum sur cette question. Non, ça ne me met pas du tout mal à l'aise.
Vous avez dit que vous préférez le Parlement.
Je préfère effectivement le débat parlementaire. Il y a d'autres sujets sur lesquels nous pourrions avoir des référendums. Rappelez-vous...
Sur l'immigration.
Sur l'immigration. Moi, je pense que, puisque nous avons, en plus, des standards européens, qui pourraient déjà limiter les flux migratoires, nous pourrions déjà nous adosser sur les standards européens. Donc, effectivement, s'il n'y avait rien, ça peut... Effectivement, c'est un outil qui est dans la Constitution. Pourquoi ne pas s'en servir ? Ce n'est pas un outil qui est au Front National. Vous voyez ces petites confusions, ces amalgames ? C'est comme ça. J'ai compris que la presse voulait mettre la tête sous l'eau à Laurent Wauquiez, le traité de Facho. Très bien. Mais, à un moment donné, c'est trop gros. Et trop, c'est trop.
Ce n'est pas la presse, c'est Thierry Mariani qui parle aussi. M. Mariani, ce n'est pas la presse.
M. Mariani, ce n'est pas Laurent Wauquiez. La une du Parisien, c'était Laurent Wauquiez et Marine Le Pen. Vous voyez ce que je veux dire ? Moi, ce que je veux dire... Vous savez très bien, Laurent Wauquiez, vous savez très bien. En plus, je ne dois rien. On a été collègues du gouvernement. Il est patron des Républicains. Moi, je ne conteste pas sa légitimité, il est patron des Républicains. On peut ne pas être d'accord sur certains aspects, sur certaines choses. On a parlé d'ailleurs, rappelez-vous, sur le sujet des djihadistes ou le retour des djihadistes. Mais, c'est quand même... Enfin, à aucun moment, il a dit, je vais dealer... Non, il dit l'inverse. Eh bien, voilà.
Et Thierry Mariani, justement, vous étiez... Non, mais c'est bien, M. Apathy. Il dit l'inverse. C'est bien de le rappeler. Il dit l'inverse.
Bon, après, je ne dis pas du tout ça pour Laurent Wauquiez. On a vu les hommes politiques qui disaient une chose et puis qui faisaient le contraire. D'accord, mais pour l'instant, il n'a pas fait le contraire. Il dit l'inverse.
D'accord. Il n'a pas fait le contraire. Non, non, on a raison.
On est d'accord, M. Apathy ? Mais, mardi, par exemple, certains... Non, mais c'est bien... On est d'accord. Voilà. Non, on va acter les accords au fur et à mesure de l'émission. Voilà. Vous disiez que vous avez participé au bureau politique, mardi dernier. Certains ont dit, Thierry Mariani, il exagère, il faudrait l'exclure.
Il y a un débat là-dessus. Moi, Thierry Mariani, je le connais bien. On a travaillé ensemble aussi sur des sujets, d'ailleurs, liés à l'immigration. Aujourd'hui, c'est vrai qu'il appelle à une union des droites. Pas forcément uniquement avec le Front National. Il appelle à cela. Alors, c'est vrai que si demain, il signait une tribune ou un accord avec le Front National, c'est ce qui est un petit peu... Regardez Nicolas Dupont-Aignan, qui était souverainiste. C'est vrai que lui, il a franchi le rubicon. Pour le coup, après, c'est compliqué même de pouvoir s'allier au... Donc, Thierry Mariani n'a pas...
Pas encore.
Il est au bord de la ligne, mais il n'a pas franchi. C'est pour ça qu'on essaie de le retenir, de ne pas aller sur cette ligne. Pourquoi ? Parce que c'est un homme intelligent, pragmatique et connaisseur de ces sujets. Donc, on ne va pas se priver aussi de ce talent. Alors, c'est vrai qu'il y a eu un débat là-dessus. Moi, je considère aujourd'hui que les lignes rouges n'ont pas été franchies. Il n'y a pas d'accord avec le Front National. Il n'y a pas ni de fusion, ni... Moi, je veux vous dire, à force, et compris pour la presse, c'est dangereux le jeu que la presse fait à vouloir toujours le ramener à ce qu'il ne fait pas, à ce qu'il ne dit pas.
Vous savez, il y en a une qui va faire son Macron de droite. C'est un jour, si Marion Maréchal de Le Pen revient, elle va offrir une union des droites. Elle, avec genre, je suis nouvelle, j'incarne le renouveau, et elle va faire un strike. Donc, je ne pense pas que ce soit très bon pour notre démocratie et pour notre République. Donc, attention à tout le monde et que chacun prenne ses responsabilités.
Enfin, la presse prend les siennes puisqu'elle relate. Donc, le cas de Thierry Mariani et d'autres élus qui pour les élections municipales...
Vous savez très bien, moi, j'ai toujours fait vos interviews et vous savez très bien qu'on n'a ni collusion ni haute parce que vous êtes honnête, mais la une du Parisien où tous ces amalgames et ces confusions à ramener au Front National et ça n'a jamais été le cas, je trouve que ce n'est pas bien. Ce n'est pas digne du journalisme.
Quelles sont les sources d'influence de Laurent Wauquiez ? On lisait dans le Figaro, c'est pas le Parisien, mais c'est le Figaro de samedi que Laurent Wauquiez discutait beaucoup avec François Fillon. François Fillon me fait profiter de l'expérience qui est la sienne. Il a un vrai recul et une grande lucidité. C'est bien ça ?
Moi, je trouve que c'est bien de parler avec tout le monde.
D'accord. Comme vous n'avez jamais porté François Fillon dans votre cœur, je me suis dit...
Parce que je connaissais sa personnalité et j'étais très peu entendue. Et après, quand on a découvert sa personnalité, tout le monde a dit « Ah, c'est vrai, c'est vrai, c'est vrai. » Là, Laurent Wauquiez... Il a aussi une expérience. Il a été quand même ministre, il a été Premier ministre, il a l'exigence politique d'une vie. Ce n'est pas inintéressant d'avoir aussi d'écouter, peut-être aussi qu'il a réfléchi sur son échec. Donc, ce n'est pas inintéressant de voir là où il a pu aussi pécher.
C'est vrai que Laurent Wauquiez vous a proposé d'être tête de liste pour les élections européennes de l'année prochaine ?
Oui, je confirme.
Parce que certaines disent, ce n'est pas vrai, Rachida Dati se met en valeur, elle raconte quelque chose qui n'a pas existé. Bien sûr, ça fait tellement...
Monsieur Apathy, combien d'années je fais des interviews avec vous ? À chaque fois, on revient pour... Et c'est toujours pareil. Mais il vous l'a proposé ? Oui. Et vous avez refusé ? Non, il m'a demandé, est-ce que je souhaitais... Je vous le dis, il m'a dit, est-ce que tu souhaites être tête de liste pour les européennes puisque le mode de scrutin a changé ? J'ai dit que je ne le souhaitais pas. D'accord.
Qu'est-ce que vous souhaitez ? La troisième place ? Est-ce que vous souhaitez être renouvelée dans votre mandat de députée européenne ?
Vous savez qu'au Parlement européen... Vous vous occupez depuis 2009. Oui, je suis en charge et je suis référente pour la lutte contre le terrorisme et la lutte contre la radicalisation. D'ailleurs, les gouvernements européens me sollicitent justement pour mettre en place ce type de politique. Et donc, moi, je mène un travail extrêmement important à ce niveau-là. Je fais voter, d'ailleurs, vous savez, la responsabilité pénale des géants du net, la mise en place du contrôle aux frontières de l'Union européenne, la lutte contre les financements des actions terroristes, notamment par les pays du Golfe. Je l'ai fait voter.
Donc, maintenant, les pays du Golfe, notamment l'Arabie Saoudite ou le Qatar, il y a une vraie transparence sur les financements qui viennent de ces pays. J'ai été à l'initiative lorsque j'étais garde des Sceaux et nous l'avons enfin obtenu aujourd'hui, la création du parquet européen qui va faciliter... Donc, vous souhaitez continuer votre mandat européen ? Il y a des choses qui ne sont pas terminées. Donc, effectivement, je suis à vouloir terminer, en tout cas, continuer ce travail sur la lutte contre le terrorisme. Mais j'ai un enjeu parisien, comme vous le savez. Et donc, c'est pour ça que la question n'est pas tranchée. Vous réfléchissez ? Je suis en train de réfléchir.
C'est quoi l'enjeu parisien ?
L'enjeu parisien, d'abord, c'est ma mairie du 7e arrondissement, qui est pour moi extrêmement importante. Moi, je suis... Comme vous le savez, vous savez, tous les sujets, la dératisation, la mobilité, la lutte contre la pollution, et on le sait, les voies sur berge, c'est des questions que j'ai soulevées et que je porte vraiment personnellement...
La droite cherche un champion ou une championne ! Oui, mais... Ça, c'est un idéal. On va battre à l'Édialgo ou Benjamin Griveaux.
Alors, ça ne vous a pas échappé que la droite parisienne, qui est aujourd'hui totalement pacifiée, on s'entend très bien. Florence Berthoud, qui est une bonne présidente de groupe, on a un nouveau secrétaire départemental, qui est Geoffroy Boulard, qui est le maire du 17e. Donc, on travaille vraiment...
Et Mme Berthoud, elle pourrait être candidate, selon vous ?
Elle a dit qu'elle ne souhaitait pas. Mais en tous les cas, le travail parisien, politique, est mené en total...
Et donc, vous êtes quoi ? Disponible ?
Non, mais tout le monde est disponible. Non, mais vous, pas tout le monde. On n'a pas tout le monde dans le studio. Vous avez envie de mener ce combat ? Quand vous êtes maire, quand vous êtes élu, les combats politiques vous intéressent toujours. Mais il faut savoir si vous êtes le meilleur pour le gagner ou la meilleure pour le gagner. Je ne le sais pas. Donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, on en discute. Et moi, je pense que s'il y a quelqu'un d'autre, ou une ou un autre candidat meilleur et potentiel, je serais à fond derrière.
Vous restez avec nous, Rachida Dati, 8h50, l'essentiel de l'info, Edwige Koupès. Rachida Dati, députée européenne, maire du 7e arrondissement de Paris, l'invité de France Info, Jean-Michel Appathy.
Vous étiez dans les studios de France Inter, mercredi dernier, quand Yael Goz, le chef du service politique, a fait un éditorial où il disait, Emmanuel Macron, devant le Parlement européen à Strasbourg, a été applaudi, salué pour son discours européen. Et vous êtes intervenu en pleine chronique pour dire, monsieur Yael Goz, vous n'étiez pas, on vous écoute. Ce qui est sûr, c'est qu'il a été très applaudi sur la plupart des bancs du Parlement européen. Pourquoi ? Parce qu'il a fait vibrer la fibre des pères fondateurs. Commentaire de Rachida Dati, à côté de vous, pardon ?
Non, mais franchement, vous y étiez ?
J'ai regardé le débat à la télévision, bien sûr.
Moi, j'étais dans l'hémicycle, il n'y a pas du tout été ni ovationné, ni super applaudi.
Et puis, le lendemain matin, dans le journal de 8h, et Quentin Dickinson, qui est l'envoyé spécial permanent de Radio France à Bruxelles, est revenu sur ce débat. Est-ce qu'il a été applaudi ou pas, Emmanuel Macron ? Et est-ce que vous étiez dans l'hémicycle ou pas ? Eh bien, Quentin Dickinson répond à ces deux questions. Emmanuel Macron est resté dans l'hémicycle pendant trois heures, et il aura été interrompu huit fois par des salves d'applaudissements, dont deux ovations debout. Pour avoir une vue d'ensemble, du grand oral de celui-ci, mieux vaut avoir été présent dans l'hémicycle pendant les trois heures.
Or, à l'examen de l'enregistrement des caméras de la salle, le fauteuil numéro 423, celui de Mme Dati, était le plus souvent inoccupé. Ah, c'est un peu sévère comme correction.
Donc Emmanuel Macron a été applaudi, et votre fauteuil était inoccupé. Non, non, d'abord, j'ai contesté le très applaudi, ça n'est pas vrai. Je vous invite et j'invite vos auditeurs. Non, c'est pas vrai. Il a été applaudi à la fin, ce qui est normal, le président de la République. Il a été applaudi parfois sur une certaine partie de l'hémicycle, qui était assez parsemé. Et d'ailleurs, quand il y a eu tout le monde, tous les députés, c'est parce que nous étions en période de vote. Donc à un moment donné, on a un horaire de convocation pour les votes. Sur ma présence, oui, j'y étais. J'y étais. Et les caméras... Et le fauteuil était souvent vide. Non, c'est pas vrai. Dit Quentin Dickinson.
Oui, dit Quentin Dickinson, qui n'a pas regardé, parce qu'il n'a pas accès aux caméras. Ah, il ne dit pas ça. Il dit, j'ai regardé. Non. Vous pensez qu'il n'a pas regardé ? Et en plus, je vais vous dire, nous étions par groupe, donc par moment, effectivement, j'étais à ma place, et nous étions à discuter plusieurs, d'ailleurs avec des députés allemands, nous commentions les propos du président de la République. Vous n'avez pas Emmanuel Macron, en fait. Pas du tout, c'est pas vrai.
Comme quelqu'un me dit, Emmanuel Macron a été applaudi, ça ne vous voit pas trop.
Non, pas du tout. Non, c'est la réalité. Vous savez, Emmanuel Macron, je le connais. Et je le connais d'autant plus que bien avant l'élection présidentielle, nous voyons, puisque je l'ai connu par Jean-Pierre Jouillet et Jacques Attali. Donc, je suis très à l'aise là-dessus. Et nous parlions, donc c'est pas j'aime ou j'aime pas, c'est la réalité. Mais Quentin Dickinson, il faut le dire à vos auditeurs, il était candidat à Modem aux élections européennes. C'est pas pour ça qu'il est mal honnête dans ses papiers. C'est ce que vous suggérez. C'était la jalousie, t'as vilain défaut.
Vous contestez le fact-checking de mon frère de France Inter. Oui.
Non, non, non. Ne couvrez pas de vos voix mes propos. Quentin Dickinson... Vous dites... Oui, oui. Non, M. Toussaint, Quentin Dickinson s'est présenté aux élections européennes... Mais quel rapport ? Je ne savais même pas à moi qu'il s'était présenté. M. Toussaint, je termine. S'est présenté aux élections européennes sous l'étiquette Modem et il a eu 9%. Moi, j'ai été élu à 29%, 21%. C'est pas joli. Voilà, c'est un mauvais perdant. Vous pensez qu'il se venge ? Voilà. Mais non, c'est un mauvais perdant. Non, mais je le connais, je le vois au Parlement européen et je ne suis pas sa tasse de thé. Voilà. Donc, voilà. Il est journaliste Modem. Mais il est journaliste Modem, c'est normal.
Il n'est pas journaliste Modem, il a été candidat Modem. Un journaliste est un citoyen, il peut se présenter à des élections et ensuite, il revient à son métier. Modem. Donc, vous pensez qu'il ne doit plus être journaliste ? Non, je ne sais pas ce que j'ai dit. C'est ce que vous suggérez.
Non, on est dans une époque de transparence. Dans la transparence, on dit que M. Quentin Dickinson était candidat Modem.
On va défendre Quentin Dickinson qui fait bien son travail de journaliste.
Candidat Modem qui a perdu avec 9%.
une loi interdisant un journaliste être comme dit là. Moi, personnellement, ça ne me dérangera pas, je n'ai jamais été. Non, mais M. Apathy,
est-ce que j'ai dit ça ? Vous voyez, voilà, je n'ai pas dit ça. Il a le droit de travailler. Vous n'avez pas dit, mais vous les suggérez tellement fort que je n'ai envie de dire. Non, j'ai dit, il faut de la transparence. Donc, il était candidat Modem. Ah, mais alors,
c'est incontestable. Et battu, c'est incontestable. Est-ce que vous avez lu Le Parisien en ce matin, Rachid ? Non, je n'ai pas lu. Alors, il y a un papier en disant, il y en a un peu ras-le-bol de certaines dirigeantes des Républicains. Ce sont des militants, les Républicains qui parlent, qui parlent de Brice Hortefeux, de Nadine Morano et de Rachid Alati. Comme par hasard. Et il y en a un qui dit, quand Nadine Morano ou Rachid Alati parlent dans les médias, ça nous fait perdre du crédit auprès de l'opinion. Est-ce que vous ne menez pas des combats de trop, Rachid Alati ? Est-ce que vous me posez la question ?
On a été élu, et on a été largement élu. Vous savez, le combat de trop, on va y songer. Mais moi, je pense que certains ont tort, parce que ce n'est pas une majorité. Puis moi, les témoignages sous anonymat, M. Apathy, vous avez les témoins.
Il y a des noms, là, en fait, au sujet d'un dîner autour de Laurent Wauquiez. Autour de la table, une dizaine de parlementaires, parmi lesquels Aurélien Pradier, Virginie Duby-Muller, Pierre-Henri Dumont, Yann Boucard, Josiane Corneloup ou encore Raphaël Schellenberger.
J'en connais une partie, donc ça m'étonnerait qu'ils aient pu tenir ses propos, peut-être d'autres. Mais moi, les propos sous anonymat, vous savez, je suis un peu habituée depuis que je suis dans la politique, je n'ai que ça. Simplement, je trouve que c'est une erreur de penser que vous reconstruisez une famille politique en faisant table rase, des compétences, des expériences, voire même des symboles parfois. Donc voilà, moi, je pense que c'est une erreur.
Maintenant, chacun pense ce qu'il veut. Est-ce que l'exemple de la République en marche, Macron, est-ce que ça n'a pas un peu ringardisé certains responsables politiques ?
Il y a beaucoup d'anciens socialistes à la République en marche. Il y a beaucoup de modems à la République en marche. Il y a eu du renouveau, ça c'est vrai, mais comme chez nous, il y a eu beaucoup de renouveau. Regardez en 2014, on doit ça d'ailleurs à Jean-François Copé, il a renouvelé très largement les candidats aux municipales qui ont très largement gagné en 2014. Donc on a aussi renouvelé dans notre famille politique.
Bon, vous allez prendre
votre décision quand pour le Parlement européen ? Oh, dans quelques mois parce qu'on est à un mois. C'est dans un an, vous avez vu. On est dans un an des élections européennes et à deux ans de l'élection municipale.
Moi, je pense que le combat parisien va vous accaparer jusqu'à l'Europe, non ? Je me trompe ? Non.
Merci, M. Apati, de votre conseil. Ah non, ce n'est pas un conseil,
c'est un pronostic. C'est un pronostic.
Si vous voulez le mettre sur votre liste,
je serais ravi. Ah non, d'accord. Ni là, ni au Modem, ni ailleurs.
Merci beaucoup, Rachid Adati. Bonne journée à vous.
Merci.
Rachida Dati