Parcoursup : vers une suppression ? | Parlement Hebdo 30/10/2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 2:36OuverteRéponse partielle
Gabrielle Cathala, ça fait des années que votre parti réclame la suppression de Parcoursup. Le Gouvernement vous a-t-il entendue ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Est-ce que vous êtes d'accord avec la vision de Gabrielle Cathala ? Ces annonces sont-elles des miettes ?
- 4:44OuverteRéponse directe
Le problème, c'est les algorithmes. Mais si vous supprimez Parcoursup, vous le remplacez par quoi ?
- 6:08OuverteRéponse directe
Faut-il mettre fin à la sélection ? Permettre l'université pour tous ?
- 7:05FerméeRéponse directe
Vous admettez que la sélection ne se fait pas tout de suite après Parcoursup ?
- 8:21OuverteRéponse directe
Avez-vous une solution magique pour redonner envie aux jeunes laissés sur le carreau ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55Promesse
« - Aucune des décisions que nous prenons n'est une promesse en l'air. Tout ce que nous disons sera fait. »
- 2:10Chiffre
« - 5 milliards pour rénover les lycées et universités. »
- 3:21Gabrielle CathalaFait
« Parcoursup a été créé par Gabriel Attal pour faire face à la pénurie et masquer le manque de place dans l'enseignement supérieur. »
- 3:38Gabrielle CathalaFait
« Les lycéens et étudiants ont demandé 10 mesures phare dont l'abrogation totale de Parcoursup. »
- 3:57Gabrielle CathalaChiffre
« Il a annoncé 15 000 places alors qu'il en faudrait 250 000 selon l'intersyndicale lycéenne et étudiante. »
- 5:29Gabrielle CathalaChiffre
« La faculté de droit de Panthéon. Vous avez eu 19 000 demandes pour aller en première année en droit. Pour 979 places. »
- 10:30Gabrielle CathalaChiffre
« En 2050, nous aurons un manque de plus de 30 000 aides-soignantes, aides à domicile, infirmières. »
- 12:41Fait
« - Le Gouvernement n'a mis aucun amendement qui correspond aux annonces faites aux lycéens. »
- 12:50Fait
« - Le Gouvernement a annoncé qu'il allait revaloriser les bourses en fonction de l'inflation. »
- 12:55Chiffre
« - Sur le bâti scolaire, le Gouvernement a annoncé 1 milliard d'ici 2030 alors qu'il faut 5 milliards d'ici l'année prochaine. »
- 13:00Chiffre
« - Depuis 2017, Emmanuel Macron a supprimé 11 000 postes d'enseignants en France. »
- 14:52Fait
« Il permet de tenir comme responsable des individus qui ont participé à un rassemblement violent même s'ils ne sont pas à l'origine des dégâts causés. »
- 15:34Marie-Do AeschlimannFait
« Ce n'est pas une loi "casseurs-payeurs". C'est une loi manifestant bouc émissaire. »
- 22:17Marie-Do AeschlimannFait
« La solidarité nationale qui finance les APL, le RSA, ne doit pas bénéficier à des personnes qui vont s'en prendre aux biens publics. »
Temps de parole
- ?100 %
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Bonjour à tous, ravie de vous retrouver dans ce nouveau numéro de Parlement hebdo. L'actualité à l'Assemblée et au Sénat. Un débat entre un député et un sénateur. Aujourd'hui, nous accueillons Gabrielle Cathala, députée La France Insoumise et vous allez débattre avec Marie-Do Aeschlimann, sénatrice des Républicains. On va parler de cette question : quelle alternative à Parcoursup ? Un débat sans vote a eu lieu à l'Assemblée nationale sur la plate-forme d'orientation des lycéens. La gauche demande plus de places dans le supérieur,
la droite assume la sélection. Puis, le projet de loi "casseurs-payeurs" adoptée au Sénat dans une version durcie. Il permet d'engager la responsabilité collective des participants. Le texte a été transmis à l'Assemblée. Il est au coeur de la colère lycéenne, le dispositif Parcoursup vit sans doute ses dernières heures. Son remplacement a été prévu pour 2028. C'est l'une des réponses du Gouvernement après la mobilisation de plus d'un mois. Retour sur les annonces.
- Lundi soir, plus d'un mois après le début du mouvement lycéen, le Gouvernement présente une batterie de mesures. - Aucune des décisions que nous prenons n'est une promesse en l'air. Tout ce que nous disons sera fait. - La liste des promesses est longue. Un maximum de 28 élèves par classe en seconde, une heure de pause garantie à l'heure du déjeuner.
Des profs et remplaçants en plus dans le supérieur, 15 000 dont les deux tiers en BTS. De l'argent, 5 milliards pour rénover les lycées et universités. Les premiers concernés ont été reçus à Matignon. A la sortie, ils ne sont pas tous convaincus par la copie du Gouvernement. - Il faut être clair, cohérent. On a eu des miettes. On peut se féliciter de tout ça. La méthode du dialogue a gagné. On a eu des annonces qui allaient dans notre sens. - Les lycéens ont eu la peau de Parcoursup. - Parcoursup sera remplacé pendant la campagne 2028. C'est entendu. - Mercredi, le Premier ministre organisait un débat à l'Assemblée nationale pour discuter de l'avenir du système d'orientation. Tous les groupes sont d'accord pour la suppression de la plate-forme mais après ?
- Nous voulons vraiment une sélection assumée ou une absence totale de sélection. - La gauche réclame plus de place dans les universités, la droite veut assurer la sélection des l'entrées. Le Premier ministre recevra à nouveau les représentants des lycéens dans 15 jours. - Gabrielle Cathala, ça fait des années que votre parti La France Insoumise réclame la suppression de Parcoursup, accusée de tous les maux. Le Gouvernement nous a entendu, vous êtes satisfaite ? - Je ne pense pas. Parcoursup a été créé par Gabriel Attal pour faire face a la pénurie et masquer le manque de place dans l'enseignement supérieur. Les lycéens et étudiants ont demandé 10 mesures phare dont l'abrogation totale de Parcoursup.
Le Gouvernement ne propose que de revoir l'algorithme et de favoriser la transparence. C'est demandé depuis des années. Il propose une abrogation en 2028. Mais en 2028, ce Gouvernement, je l'espère, ne sera plus là. J'espère que nous remporterons les présidentielles de 2027. C'est renvoyer la question à la présidentielle. Le Gouvernement a aussi dit qu'il allait créer des places supplémentaires pour faire face à une situation où des milliers d'étudiants sont sur le carreau lorsqu'ils demandent une affectation dans l'enseignement supérieur. Il a annoncé 15 000 places alors qu'il en faudrait 250 000 selon
l'intersyndicale lycéenne et étudiante. Il n'y a rien de nouveau et les lycéens ont raison de dire qu'il s'agit de miettes. Il n'y a pour l'instant aucune réponse politique réelle à la crise et au mouvement lycéen et étudiant. - Est-ce que vous êtes d'accord avec la vision des choses de Gabrielle Cathala, finalement, ce ne sont que des miettes. C'est une mesure en trompe-l'oeil, cette annonce de réforme de Parcoursup ? - Ce qu'il faut dire, c'est qu'on peut se mettre d'accord sur l'idée que Parcoursup ne marche pas. C'est l'opacité, c'est aussi beaucoup d'injustice. C'est trop de jeunes et lycéens qui sont laissés sur le carreau et qui n'ont pas d'orientation à la mesure de leurs objectifs et ambitions.
Que fait-on avec ça ? Il faut sans doute réformer ce système. Il faut mettre plus d'équité, il faut des critères objectifs pour que les jeunes comprennent pourquoi ils sont retenus ou pas sur telle filière et qu'ils se positionnent en fonction des critères locaux. Les algorithmes, stop. On ne peut pas faire dépendre l'avenir de notre jeunesse d'algorithme dont les modes de fonctionnement ne sont pas connus et maîtrisés. - Le problème, c'est les algorithmes. Mais si vous supprimez Parcoursup, vous le remplacez par quoi ? Il faut bien une sélection. - On le remplace par un droit d'accès à l'enseignement supérieur avec des moyens supplémentaires pour que toutes les places en enseignement supérieur qu'il manque, soient créées. Exemple,
la faculté de droit de Panthéon. Vous avez eu 19 000 demandes pour aller en première année en droit. Pour 979 places. Vous avez des milliers de gens qui sont sur le carreau, qui voudraient aller dans cette université et qui essaient de se replier sur une autre université parisienne ou en Ile-de-France ou dans d'autres universités ailleurs en France. Moi, par exemple, j'étais une élève très moyenne en terminale et avec Parcoursup, je n'aurais jamais pu aller en faculté de droit et faire cinq ans d'études sur le sujet.
Ce que nous demandons, ce sont des places supplémentaires, 250 000 et le retour à la situation antérieure qu'on avait quand on était refusé dans des filières sélectives comme des prépas, on avait le droit d'aller en première année dans n'importe quelle université en France, comme ça été le cas pendant des décennies sans qu'il n'y ait aucun problème. - Est-ce qu'il faut mettre fin à la sélection ? Permettre l'université pour tous ? - Ce n'est pas une question de place. Je pense d'abord que le droit à la poursuite d'études supérieures doit être effectif. Les pouvoirs publics doivent donner les
moyens à chaque jeune de poursuivre des études.
Je crois aussi que dans toutes les universités, ce n'est pas possible. Nous devons faire en sorte que les jeunes se forment pour occuper des fonctions, des métiers dont notre société a besoin. C'est aussi la revalorisation des filières professionnelles, travailler sur l'orientation, on a un cruel besoin de professions de santé et paramédical. Il faut faire en sorte que tout le monde trouve sa place. - Il n'y a pas assez de monde, tout le monde va aller vers le droit, la psychologie... - Ces filières ne sont pas valorisées. Par exemple, les filières pour les études d'infirmière. C'est un métier passionnant. Mais qui a envie de travailler toute sa
en début de carrière et à peine 2500 après 35 ans de carrière ? Qui ? Etre dans un hôpital où des milliers de lits ont été supprimé, où on a mal au dos, où on a de moins en moins de matériel ? Il faut revaloriser les filières.
Il faut des places aussi dans les BTS, IUT, qui sont des filières indispensables, notamment pour ce que nous proposons, la bifurcation écologique.
Tous ces métiers d'ingénieurs et ces métiers qui permettront de mettre en place la transition éco. Il n'y a aucun investissement pour rendre ces filières attractives. - Faut inciter ces jeunes vers ces filières. Avec l'IA... Des métiers sont menacés. Demain, on aura peut-être plus besoin d'avocats et dans ces filières, il y aura besoin de monde qu'on n'a pas. - Je ne pense pas qu'on aura pas besoin de avocat du jour au lendemain. La parole à l'audience est indispensable. L'IA fait beaucoup d'erreurs. Je ne crois pas à ces récits. Mais pour attirer des jeunes vers les filières, il faut qu'ils aient envie d'exercer le métier qui va en découler. Tant que les salaires ne sont pas revalorisés,
tant que les conditions ne sont pas meilleures, vous aurez de moins en moins d'étudiants qui iront vers ces filières. - Avez-vous une solution magique pour redonner envie aux jeunes qui sont laissés sur le carreau ? - Je n'ai pas de solution miracle. Les pouvoirs publics doivent agir. D'abord, il faut donner une information juste, précise aux jeunes sur les métiers qui recrutent. Pour que l'orientation soit une orientation vers des débouchés professionnelles effectives. C'est important. Ensuite, travailler sur l'attractivité des métiers. On a des filières,
des métiers qui sont en tension de recrutement avéré dans tout le pays. Il faut travailler sur l'attractivité des métiers, ça passe par le salaire mais aussi les conditions de travail. Puis, la sélection est importante, on ne pourra pas envoyer tout le monde dans certaines filières déjà embolisées. Alors que d'autres s'y appliquent pour travailler partout sur le territoire. - Vous admettez que la sélection ne se fait pas tout de suite après Parcoursup, elle va se faire un jour. Avec peut-être encore plus de désillusions. - On se rendra compte que la filière n'était pas celle qu'elle souhaitait...
On doit donner le droit à tous d'avoir une première année d'enseignement supérieur dans la filière de son choix. J'en reviens aux métiers qui doivent être revalorisés. Le défi du siècle, c'est le changement climatique, le vieillissement de la population. On doit revaloriser tous les métiers dont la pénurie sera affolante dans les années à venir. En 2050, nous aurons un manque de plus de 30 000 aides-soignantes, aides à domicile, infirmières... Ce sont des métiers féminisés, mal payés, pas attractifs. Nous avons un déficit de métiers d'ingénieurs,
qui fuient souvent à l'étranger car les salaires sont trop bas. L'agriculture, vous avez un agriculteur sur six qui gagne moins de 600 EUR par mois. C'est le métier où il y a un nombre très élevé de suicide. Pour le coup, alors que nous avons besoin d'être souverains en matière d'alimentation. - Vaste programme. Est-ce qu'il faut répondre aux revendications quoiqu'il en coûte parce que la jeunesse c'est l'avenir ? - C'est indispensable d'écouter la jeunesse et d'apporter des solutions aux difficultés qu'elle rencontre. On va avoir des débats budgétaires quand
nous entrons dans cette phase de discussion, tout cela va coûter de l'argent. La jeunesse est notre priorité. On mettra les moyens pour qu'on apporte des réponses aux difficultés... - Ca veut dire des amendements ce budget qui est en ce moment discussion pour intégrer certaines demandes ? - Le Gouvernement a ouvert la porte. Des annonces ont été faites. Pour desserrer l'étau sur l'enseignement supérieur notamment. Des amendements seront déposés pour pouvoir réaliser réaliser tout ça. - Vous n'avez pas peur que ces mesures ne soient pas retenues dans le budget final ? - Déposer toutes les revendications des lycéens des étudiants dans les amendements...
Une grande majorité a été balayée. Le Gouvernement n'a mis aucun amendement qui correspond aux annonces faites aux lycéens. Ils demandent un chèque de 10 milliards pour le bâti scolaire. - 10 milliards, c'est beaucoup. - Pour l'armée, il y avait les milliards sur la table. Le Gouvernement a annoncé qu'il allait revaloriser les bourses en fonction de l'inflation. Ca fait quatre ans que ça n'a pas été revalorisé. Sur le bâti scolaire, le Gouvernement a annoncé 1 milliard d'ici 2030 alors qu'il faut 5 milliards d'ici l'année prochaine pour réparer les bâtis. Sur les professeurs, il a annoncé 500 postes d'enseignants supplémentaires pour l'année prochaine alors que dans le budget, il y a la suppression de 1 588 postes. Depuis 2017, Emmanuel Macron a supprimé 11 000 postes d'enseignants en France. Encore une fois, ce sont des annonces pour essayer d'apporter une réponse politique qui est inexistante.
- On va passer au deuxième thème, le projet de loi "casseurs-payeurs" qui a été voté au Sénat. Le texte prévoit une responsabilité collective en cas d'attroupements violents. Il autorise la saisie des allocations familiales, les mesures qui ont suscité de très vives réactions. - Voté au Sénat cette semaine, le projet de loi "casseurs-payeurs" ressort de la chambre se durcit. Il permet de tenir comme responsable des individus qui ont participé à un rassemblement violent même s'ils ne sont pas à l'origine des dégâts causés. - Une vitrine se fait pied, la personne à côté de la vitrine qui encourage les voyous, elle est visée. On ne la prend pas la main dans le sac en train de piller mais elle participe à l'attroupement violent. - Les personnes incriminées pourront verser jusqu'à 10 000 euros chacune aux victimes des dommages. On peut le retirer les prestations sociales.
Ca donnait lieu de vives tensions entre la droite et la gauche. - Il n'impose pas un casseur de payer. C'est déjà le cas. Il permet à celui qui était là et qui n'a rien cassé de payer. Ce n'est pas une loi "casseurs-payeurs". C'est une loi manifestant bouc émissaire. - Laurent Nunez s'est réjoui de l'adoption de ce texte qui répond aux dégradations des derniers jours avec plus de 2 500 commerces touchés. - C'est pour préserver le lien de vivre ensemble. La liberté de manifestation n'est pas portée atteinte par ce texte.
On vient la conforter, la renforcer, la garantir. - Le texte voté au Sénat permet le blocage de contenus sur les réseaux sociaux et le projet de loi a été transmis à l'Assemblée nationale et doit y être examiné dans les prochaines semaines. - Marie-Do Aeschlimann, ce texte est contraire au principe fondamental de responsabilité individuelle ? - Il y a une forme d'impunité a laissé des voyous venir troubler le déroulement paisible d'une manifestation
avec l'expression de revendications qui sont tout à fait légitimes pour venir mettre à sac une ville, s'en prendre à des bâtiments publics, casser l'outil de travail d'artisans et de commerçants, il faut que ces personnes répondent de leurs actes. Les personnes qui s'en prennent aux biens publics, aux personnes et à l'outil travail des commerçants bénéficie d'une forme d'impunité. C'est l'affirmation d'une responsabilité civile solidaire, quand on participe à une manifestation,
et qu'après sommation, on ne se disperse pas alors qu'on a connaissance du fait que des émeutes sont en train de se produire, qu'on prend une responsabilité à se maintenir sur les lieux on doit y répondre. C'est protéger le droit de manifester. - Vous n'êtes pas d'accord, Gabrielle Cathala ? - C'est contraire au droit international. Ca remet en question nos principes élémentaires. Quand on commet des dommages, c'est la responsabilité individuelle.
On ne peut pas être tenu responsable de dommages causés par les autres. Le but est d'assimiler les casseurs avec les manifestants, de dissuader les personnes allées en manifestation. C'est une atteinte à la liberté de réunion pacifique. C'est un droit constitutionnel. Les gens ont peur du LBD, d'être gazés, ils vont avoir peur d'être gazés, ils vont avoir peur de manifester. Le Gouvernement essaie de faire peser la responsabilité sur les manifestants pour effacer son propre échec.
Le maintien de l'ordre organisé par Monsieur Nunez et Monsieur Darmanin est fait d'une manière confrontationnelle qui encourage les violences et qui met en danger les personnes.
On ne parle pas des gens mutilés, des gens éborniés, du monsieur qui est mort pendant une manifestation. Il est mort d'un arrêt cardiovasculaire alors qu'il n'avait aucun problème cardiaque à 300 mètres de la place de la République. - Ces violences sont une réalité. Qu'est-ce que vous répondez à ce que vient de dire Gabrielle Cathala ? - Les lycéens, les manifestants qui sont dans la rue paisiblement pour défendre des revendications doivent être protégés.
Il faut se débarrasser des vandales qui viennent perturber des mouvements pacifiques. Il faut être absolument radical, ferme et sévère avec ceux qui viennent pénaliser l'expression démocratique. - Je parlais des violences de la police. Des vitrines ça revient, mais des yeux et des mains, ça ne revient pas. Qu'est-ce que vous dites ? - Ce sont des drames humains absolument inacceptables. Aucun jeune ne devrait ressortir d'une manifestation avec une main un oeil en moins. Pour éviter
que ce type de résultat ne se produise, il faut absolument éradiquer les hordes de voyous et de vandales qui viennent perturber et infiltrer les mouvements des manifestants. - Les jeunes qui ont perdu une main, un oeil... Ca n'a rien à voir avec les casses. Ce sont des armes mutilantes qui sont interdites dans les autres pays. Les policiers répondent à des ordres illégaux. - Les enquêtes définiront les responsables. - Que peut-on saisir si les personnes concernées ne sont pas solvables, s'il n'y a plus d'argent à prendre ? - On ne peut pas accepter l'impunité des casseurs.
Quand ils produisent des résultats comme ceux auxquels nous avons assistés, il faut qu'ils répondent de leurs actes. La solidarité nationale qui finance les APL, le RSA, ne doit pas bénéficier à des personnes qui vont s'en prendre aux biens publics, aux forces de l'ordre et à l'outil des commerçants. - Il faut une fermeté. Qui doit payer toutes les réparations ? - L'Etat est responsable. L'Etat doit payer, les commerçants ont des assurances notamment lorsqu'il s'agit de grandes entreprises. On essaie de jeter l'opprobre sur les familles.
Ce sont des gens pauvres, précaires qui ont mal élevé leurs enfants et on va faire payer toute la famille.
Au lieu d'interroger la responsabilité de Monsieur Nunez, qui ne démissionne toujours pas quand des gens sont blessés, mutilés à vie, ou même perdent la vie. On en parle très peu. Il n'y a eu aucun usage proportionné. Ces images sont choquantes, elles n'existeraient pas en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne, qui est un pays de plus en plus répressif. C'est pour masquer son propre échec. Ca nous interroge sur qu'est-ce qui conduit à la démission politique ? Tout ça, ce n'est pas grave pour Monsieur Nunez. On peut aller encore plus loin, avoir plus de blessés, plus d'échec. - Au lieu de focaliser sur Monsieur Nunez, il faut se dire que l'Etat, c'est nous. C'est aussi les Français les plus modestes. Il existe un régime de responsabilité sans faute. L'Etat vient réparer après les émeutes. Mais l'Etat c'est nous.
Le contribuable français doit payer. - Ce projet de loi "casseurs-payeurs" doit être adopté rapidement ? - Il faut responsabiliser les personnes qui causent ces dommages. Le projet de loi a été saisi au Sénat.
Il faut remettre de la responsabilité vis-à-vis des personnes qui causent des dommages. Il sera transmis à l'Assemblée nationale et j'espère qu'il sera adopté. - On a toujours pas de date pour l'instant. Merci à vous deux d'avoir participé à ce débat. On se retrouve la semaine prochaine.
Gabrielle Cathala