Alexandre Benalla | Nicolas Dupont-Aignan dans 24h Pujadas
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:16OuverteÉludée
Est-ce que ces deux auditions permettent d'y voir plus clair ce soir ?
- 2:35RelanceRéponse directe
Non, mais qui peut croire une fable pareille ?
- 4:48OuverteRéponse directe
Il doit s'exprimer.
- 6:18OuverteRéponse directe
Constitutionnellement, rien n'interdirait que le président aille devant une commission d'enquête ?
- 7:08OuverteRéponse directe
Pourquoi le chef de l'État prend de tels risques ? Pourquoi son entourage donne de tels avantages à un homme sans compétences ?
- 8:35OuverteRéponse partielle
Vous avez la même préoccupation que Nicolas Dupont-Aignan ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Non. Ils se sont défaussés. »
- 0:48Invité politiqueFait
« Le ministre de l'Intérieur a d'abord botté en touche sur le préfet de police, mais a reconnu que c'était la responsabilité de l'Elysée. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron disait aux retraités qu'il faudra juste faire un petit effort et qu'il les a surtaxés de CSG, c'est aussi un mensonge très profond. »
- 3:34PrésentateurFait
« « j'ai avisé le président qui était en Australie de ce qui s'était passé le 1er mai, et nous avons convenu qu'il fallait prendre des sanctions ». »
- 4:12Invité politiquePromesse
« Je vais demander à la commission d'enquête qu'on nous donne la décision de sanction. »
- 5:07Invité politiqueFait
« On ne va pas faire convoquer un président de la République devant une commission parlementaire. Parce que ce serait anti-constitutionnel. »
- 7:56Invité politiqueFait
« Il m'a menti droit dans les yeux au débat des 11 sur Alstom. C'était terrible, le mensonge d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle sur Alstom. »
- 8:02Invité politiqueFait
« Il a fait croire qu'il n'était pas ministre, alors qu'il l'était. Il avait prémédité ça comme secrétaire général de l'Élysée. »
- 9:40Invité politiqueFait
« La question qu'on pose... La justice se pose la question de cette manifestation du 1er mai. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan62 %
- Présentateur15 %
- Invité10 %
- ?8 %
- Invité 23 %
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On nous rejoint. Lui aussi a été en première ligne dans cette affaire. Il était tout à l'heure dans la commission d'enquête parlementaire. Il a interrogé lui-même Gérard Collomb d'abord, le préfet de police de Paris. Ensuite, bonsoir Nicolas
Dupont
-Aignan, président de Debout la France. Même question. Est-ce que ces deux auditions, et notamment celle du ministre de l'Intérieur, permettent d'y voir plus clair ce soir
? C
'est assez paradoxal comme question, parce qu'en vérité, vous avez écouté les deux. D'abord, les hommes les plus informés de France
ne
savent rien. On aurait pu rire si le sujet n'était pas tragique. Vous
le croyez sincère quand
il dit ça ?
Non. Ils se sont défaussés. En revanche, moi j'ai retenu une chose très simple, évidente, dont vous avez déjà parlé, c'est qu'ils ont botté en touche sur l'Elysée. Tous les deux d'ailleurs. Le ministre de l'Intérieur a d'abord botté en touche sur le préfet de police, mais a reconnu que c'était la responsabilité de l'Elysée. Et puis le préfet de police a un peu botté en touche sur le ministre de l'Intérieur, mais a reconnu que c'était la responsabilité de l'Elysée. A tort ou à raison ?
A
raison, mais c'est une évidence. Parce qu'en fait, la question n'est pas seulement celle de l'incident qu'il y a eu, place de la contre-escarpe, si on en était resté là. Le problème,
c
'est qu'un homme qui n'a pas de compétences particulières, si ce
n
'est la proximité du pouvoir, est logé au Quai Branly, reçoit des sommes exorbitantes, a été élevé au grade de lieutenant-colonel, dispose d'une voiture de police très particulière. Est-ce que c'est l'État ?
En
tout cas, ce n
'est
pas ma conception de l'État. Et ce n'est pas l'image que voulait donner Emmanuel Macron quand il s'est présenté à l'Elysée.
Et
c'est ça le problème de fond. C'est l'imposture.
Mais
cette imposture, vous savez, on la voit sur cette affaire, mais quand Emmanuel Macron disait aux retraités qu'il faudra juste faire un petit effort et qu'il les a surtaxés de CSG, c'est aussi un mensonge très profond. Le problème de cette présidence, pour moi, c'est que les Français vont découvrir... Mais j'avais prévenu à temps. Je ne peux pas me reprocher de ne
pas
avoir prévenu. Les Français vont découvrir que c'était une imposture politique, médiatique, co-financière, et qu'en vérité, un homme s'est emparé du pouvoir et qu'il est sans scrupule.
Alors, l'autre fait de ces dernières 24 heures, c'est qu'Emmanuel Macron lui-même a délibérément fait fuiter ses premiers sentiments, ses premières réactions sur cette histoire, et qu'en gros, il dit qu'il y a eu dysfonctionnement, y compris dysfonctionnement à l'Elysée. Sous-entendu, il n'était pas forcément au courant de tous les éléments relatifs à cette affaire et au statut d'Alexandre Benalla à l'Elysée. Non, mais qui peut croire une fable
pareille ? Enfin, sincèrement. Qui n'est pas su avant le 2 mai ? Et avant le 1er mai, je peux le croire, il était en Australie. Sincèrement, moi, je ne suis pas là. Encore une fois, c'est une affaire grave, et je pense d'ailleurs que l'opposition a peut-être tort d'aboyer trop. En revanche, on doit poser les problèmes. Le problème, c'est que depuis le 2 mai, le président de la République ne peut pas dire « je ne savais pas
».
Ça, c'est une évidence. Autant avant, on peut dire peut-être qu'il a été trop loin, mais après le 2 mai, il aurait dû couper beaucoup plus fortement, après ce qu'il savait, parce que c'était le mérite des auditions. On a entendu le ministre de l'Intérieur, il a été très clair, le ministre de l'Intérieur.
Il
a dit « j'ai prévenu l'Elysée ». C'est d'ailleurs l'Elysée qui l'a prévenu. Et puis le préfet de police, pareil. Et vous imaginez un directeur de cabinet à l'Elysée, sur une affaire aussi grave, qui ne prévient pas le président. Enfin, ou alors ça voudrait dire que l'incompétence est totale.
Mais
je ne peux pas le croire. Alors il dit «
j'ai avisé
le président », ce sont ses mots à notre consoeur Ariane Chemin dans
le Monde, « j'ai avisé le
président qui était en Australie de ce qui s'était passé le 1er mai,
et
nous avons convenu qu'il fallait prendre des sanctions
».
Il ne rentre pas dans le détail de savoir ce que Emmanuel Macron entendait par sanction. Mise à pied de 15 jours, saisine du parquet ou
pas. Écoutez, ce n
'est
même pas une question administrative, c'est une question de bon sens. Si dans une entreprise, un collaborateur à LCI fait une énorme connerie, il y a une sanction, une vraie sanction. Il n
'y a
pas une fausse mise à pied. D'ailleurs, on n'a toujours pas la décision. Je vais demander à la commission d'enquête qu'on nous donne la décision de sanction. D'ailleurs, on n'a pas retrouvé, en tout cas moi je ne l'ai pas, j'ai cherché, l'arrêté de nomination de M. Benalla. Il n
'y a
pas eu d'arrêté. Est-ce qu'il y
a
eu une décision administrative ? Donc, c'est surréaliste ce qui se passe. Et c'est grave parce que c'est le président de la République française. C'est une affaire grave parce que la France, ce n
'est
pas une république bananière. Parce que la France,
c
'est la France. Et que le chef de l'État, d'ailleurs, avait au départ voulu, et il l'avait fait de manière assez correcte par rapport à son prédécesseur, avait voulu incarner une certaine verticalité du pouvoir. Mais le pouvoir exige des responsabilités. On n
'a
pas autant de pouvoir sans ne pas avoir aussi de devoir vis-à-vis de la nation.
C'est pourquoi
il doit s'exprimer. Alors,
il
doit s'exprimer tout à l'heure. Ici
même,
Jean-Luc Mélenchon nous disait,
lui
-même doit venir témoigner devant la commission d'enquête parlementaire. C'est de la foutaise,
enfin excusez-moi. Enfin, la classe politique perd pied là. Excusez-moi, je ne suis pas suspect de vouloir défendre le président de
la
République. Mais on ne
va
pas faire convoquer un président de la République devant une commission parlementaire. Parce
que ce serait anti
-constitutionnel, la
séparation des pouvoirs, la pêche.
Moi, j'ai été candidat à
l
'élection présidentielle. Monsieur Mélenchon aussi, ça m'étonne d'ailleurs, qu'il ait pu être candidat et dire une fadesse pareille. Enfin, ce n
'est
pas possible. Il est président
de la
République. Il doit s'expliquer devant les Français. C'est une affaire morale et politique. C'est tout. Il va y avoir la commission d'enquête. Il y a une enquête judiciaire. Maintenant, le problème est politique. Est-ce que celui qui a été élu pour incarner M. Propre
est
M. Magouille ? Est-ce qu
'il
s'exonère avec des privilèges ? Ou est-ce qu'il revient à la raison
?
Moi, je souhaite pour mon pays qu'il revienne à la raison. Moi, je ne souhaite pas mettre de l'huile sur le feu.
Car
les Français attendent autre chose.
Et
parce qu
'on
ne
va
pas passer élection présidentielle après élection présidentielle à des naufrages politiques. Car vous voyez bien qu'on a eu François Hollande, ce qui n'était quand même pas brillant. Et que maintenant, on a ça.
Donc
moi, vraiment, ici même, j'essaye d'être le plus objectif possible. Le président doit s'exprimer devant les Français dans son rôle
politique.
C'est tout. Et après, les Français jugeront. Anne-Élisabeth Poutet, Guillaume Roquet, Dominique Seux, une question à Nicolas Dupoignan.
Oui, constitutionnellement, rien n'interdirait que le président de la République aille devant une commission d'enquête parlementaire. Je crois que ça n'est pas prévu, tout simplement.
Enfin,
il y a une... C'est politiquement
que ça vous paraît
malvenue. Enfin, attendez. Vous allez transformer le président de la République française en un sous-premier ministre ? Écoutez, il y a un moment, il faut revenir sur Terre.
Moi,
je crois que les Français, attendez, regardent cette affaire avec beaucoup de recul.
Ça
les choque. Ils estiment que ce président s'est exonéré de tout. Mais pour autant, ils ne veulent pas qu'on vienne à l'anarchie et
à une espèce
de chasse à l'homme
politicienne. Pourquoi est-ce qu'il y a des
institutions ? Et parce que, en tout cas, moi j'estime, ayant été candidat à la présidentielle, que le rôle d'un homme politique, c'est de faire passer les institutions de la République et l'État et la France avant
la
bouillie politicienne.
— Pourquoi, à votre avis, le chef de l'État prend de tels risques ? Pourquoi est-ce que son entourage donne de tels avantages, une telle position à un homme qui, a priori, n'a pas les compétences pour
ça ? — Eh bien, c'est
ce dont je
vous
ai
parlé.
Il faut qu
'il
s'explique maintenant devant les Français. Point. Et les Français jugeront. Mais ce qui est clair, c'est que c'en est fini de M. Exemplarité, qui était la belle politique
face à la vie politique. — Vous
avez évoqué le mot d'imposture politique. Ça révèle l'imposture générale d'Emmanuel Macron. Vous n'avez pas la question ? — Vous dites que les Français prennent ça avec un peu de distance. Vous ne poussez pas un peu le bouchon. La
ficelle n'est pas un peu grosse, quand même. Vous avez trouvé
une faille. Une faille depuis un an. Et donc,
vous enfoncez le coin un peu
fortement. —
S
'il n
'y
avait que ça. Mais il y a eu beaucoup de mensonges. Il y a eu le mensonge. Moi, il m'a menti droit dans les yeux au débat des 11 sur Alstom. C'était terrible, le mensonge d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle sur Alstom. Il a dépecé un groupe industriel. Vous le connaissez bien. Il a fait croire qu'il n'était pas ministre, alors qu'il l'était. Il avait prémédité ça comme secrétaire général de l'Élysée. Donc c'est un homme, quand même, moi, qui m'inquiète par ces mensonges. Et là, malheureusement, on s'aperçoit qu'il y
a
quand même quelque chose de pas net. Alors qu'il s'explique. Mais il peut pas nous reprocher à nous, opposition, quand même. On peut pas nous reprocher à nous, opposition, de poser des questions, alors même qu
'il
ne veut pas parler. Moi, je lui demande pas de parler devant la commission d'enquête, parce que ce serait pas constitutionnel et ce serait pas digne. En revanche, il peut parler devant les Français. Il peut s'exprimer sur un grand journal télévisé. Il peut dire sa vérité. Elle sera peut-être différente de ce que j'imagine. — Richard Ramos,
vous avez
le
même souhait pour partager la
même préoccupation que Nicolas
Dupont-Aignan. — Moi,
pour moi, il doit passer. Après, M. Dupont-Aignan est dans la récupération politique. Je veux dire, vous savez, les gens qui disaient quelque chose un jour et le lendemain autre chose... Moi, j'avais plein de copains agriculteurs qui étaient pour M. Dupont-Aignan quand il leur avait dit qu'il irait jamais avec le Front National. Donc vous savez, la parole en politique, c'est ça qu'il faut arrêter. —
Mais sur cette affaire-là... — Mais cela dit, vous préconisez la même chose que lui.
— Oui. Et alors, on a juste une question à se poser. C'est le moment. Parce qu'il faudrait pas que les mêmes... Et je me mets dedans... — ...qui lui demandent au président à venir face aux Français. Et il a raison, M. Dupont-Aignan. C'est face aux Français qu'il faut qu
'ils
viennent. En même temps
qu
'on a la justice qui est en train de faire... Qui est en train de verser son oeuvre, à dire qu'on a un président qui est en train d'instrumentaliser la justice. Parce qu'en même moment
qu
'il
y a
une enquête judiciaire, le président vient intervenir. Donc je dis, moi, simplement, il faut qu'il intervienne face aux Français. Attention le moment. Et attention à dire que c'est pas une instrumentalisation de la justice. — Excusez-moi. Ça
n'a rien à voir.
La question qu'on pose... La justice se pose la question de cette manifestation du 1er mai. Ça, c'est l'affaire de la justice. Moi, je pose la question des privilèges absolument ahurissants qui sont donnés à un homme, certes qui a sans doute des qualités, puisqu'il a fait la campagne de M. Macron comme officier de sécurité. Mais ça le nomme... Cela ne me paraît pas à la... Les privilèges me paraissent largement excessifs. Et je comprends la colère des forces de police, de ces policiers, de ces gendarmes, ces pompiers qui oeuvrent pour des salaires de misère sur le terrain et qui voient un privilégié bénéficier de quelque chose d'extravagant.
Le président de la République qui prétendait lutter contre
les privilèges
doit s'expliquer. Mais
les
Français veulent bien les réformes qu'on est en train de faire à condition qu'ils pensent que l'affaire est juste. Et ce que vous
dites... Et vous avez raison. Et vous avez
raison. Quand on a quelqu'un qui, comme M. Benalla, a des privilèges, les Français vont dire que ce n'était pas juste. Donc il faut venir s'expliquer.
Donc c'est ça qui
est important.
Et d'un mot, M.
Dupont-Aignan, on vous a souvent entendu pourfendre le système et notamment la presse, par exemple, qui aurait été aux ordres du pouvoir.
Est
-ce qu'on n
'a pas... Là, l'exemple de la démocratie qui fonctionne. Et je
vous pose une question. Enfin, je n
'ai
pas la réponse. J'étais assez stupéfait de voir la presse qui adulait M. Macron de manière quand même assez intense, qui tout à coup s'est retournée et qui la câble. Comme quoi, dans la vie, il y a des hauts
et des bas. Mais est-ce que ce n'est pas... Peut-être que votre analyse de
départ était
fausse.
Non, je ne crois pas. En tout cas, les Français n'ont pas ressenti
comme ça. Les Français,
ils
ont ressenti au départ, dans l'élection présidentielle, M. Macron et pas vous. C'est-à
-dire
qu'ils ont ressenti quelque chose. Eh
bien, peut-être qu'on les
avait trompés sur certaines
choses. Eh bien, moi, c'est pour ça que je pense qu'il faut qu'ils s'expliquent devant les Français. Les Français
attendent de la presse. Et c'est tant mieux de l'impartialité. Voilà. Maintenant, on verra. Ce sont les Français qui sont seuls juges. Mais M. Macron n'échappera pas aux explications.
Merci, Nicolas Dupont-Aignan, d'avoir répondu à nos questions ce soir. On marque une pause. Et dans un quart d'heure, maintenant, on recevra également Benjamin Griveaux. C'est un moment attendu. On n'a pas entendu un membre du gouvernement, un proche d'Emmanuel Macron s'exprimait depuis ses auditions de Gérard Collomb et du préfet de Paris.
Nicolas Dupont-Aignan