Débat à la Fête de l'Humanité en Normandie : Un nouveau cap pour la France est-il possible ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 32 %Attaque 49 %Défensif 19 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteÉludée
On s'intéresse aux questions de fond et aux critiques sur la politique du gouvernement.
- 0:30OuverteRéponse partielle
Quelles sont les lignes de rupture possibles avec la politique économique du gouvernement ?
- 9:03OuverteRéponse directe
Quelles pistes les parlementaires francs-gauches ont-ils proposées au gouvernement ?
- 16:03OuverteRéponse directe
La crise du pouvoir et des institutions valide-t-elle la nécessité de revoir la Ve République ?
- 22:43OuverteRéponse directe
En quoi une politique de transition écologique pourrait-elle résoudre les problèmes actuels ?
- 30:29OuverteRéponse directe
On sent bien qu'il y a beaucoup de convergence entre vous, mais comment passer des critiques à du concret ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Invité politiqueChiffre
« 50 milliards d'économies sur les dépenses de l'État, des collectivités territoriales, et les dépenses de la sécurité sociale sur 3 ans. »
- 3:18Invité politiqueChiffre
« 85% des bénéfices sont redistribués sous forme de dividendes aujourd'hui. »
- 4:01Invité politiqueChiffre
« Les collectivités territoriales, on va leur réduire les dotations de 3,7 milliards. »
- 4:28Invité politiqueChiffre
« Les dépenses de santé vont baisser de 4 milliards. »
- 5:39Invité politiqueChiffre
« Quand vous faites 4% au lieu de 3% de déficit, ça veut dire que vous avez 1% de PIB en plus de marge de manœuvre budgétaire. 1%, c'est 20 milliards. »
- 6:10Invité politiqueFait
« Valls vient de négocier avec Merkel, avec l'aval de la Commission européenne, qu'on ne fera pas 3% de déficit jusqu'en 2017. »
- 10:46Invité politiqueFait
« Est-ce que ces 214 milliards ont servi à créer de l'emploi ? Non. »
- 43:25Invité politiqueFait
« Il a une majorité à l'Assemblée avec du rouge, du rose, du vert, il s'appuie dessus. »
- 50:35Invité politiqueFait
« Les recettes néo-kénésiennes à l'ancienne ne permettent pas de répondre aux défis contemporains. »
- 56:50Invité politiqueFait
« la gauche qui est au pouvoir aujourd'hui »
- 57:03Invité politiqueFait
« le PS a plongé »
- 58:24Invité politiqueFait
« la justice c'est protéger les faibles contre les forts »
- 58:31Invité politiqueFait
« Manuel Valls il fait des démonstrations d'autorité mais contre qui contre les chômeurs »
- 58:47Invité politiqueFait
« ce gouvernement il est faible avec les forts et fort avec les faibles »
Temps de parole
- Clémentine Autain24 %
- David Cormand21 %
- Thierry Foucaud21 %
- Liem Hoang Ngoc18 %
- Présentateur10 %
- ?6 %
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Pour
commencer, on s'intéresse déjà un petit peu aux questions de fond. Je le disais, beaucoup de critiques sont émises sur la politique du gouvernement. Il y a aussi beaucoup de scepticisme dans la population sur la possibilité de faire autrement. Donc peut-être que je vais commencer par me tourner par Verliemou Indonac, qui est économiste, pour qu'il nous explique un petit peu quelles sont, d'après vous, les lignes de rupture possibles avec la politique économique du gouvernement aujourd'hui, et quelle autre politique économique est possible.
Bonjour
à tous.
On
va commencer par faire de
l
'économie.
On
va faire marxiste.
On
va commencer par l'infrastructure.
L
'infrastructure, c'est le partage du gâteau. Et
ce
que les gens mangent détermine en grande partie leur conscience politique. Donc on va commencer par là. D'ailleurs,
il
y
en
a encore plein à table. Vous pouvez leur dire de venir.
Bon.
Alors, en termes de partage du gâteau, je l'ai dit à vos confrères de l'Humanité sur une vidéo, c'est pas une politique de gauche
qui
est en train d'être appliquée. Quand vous transférez 41 milliards
en
faveur des profits sans contrepartie,
et
que, d'un autre côté, vous gêlez les salaires,
pas
seulement dans la fonction publique, mais dans l'ensemble de l'économie, parce que, quand vous gêlez les salaires dans la fonction publique, ça produit un effet vitrine dans la négociation de branches et d'entreprises du secteur privé. Tous nos amis syndicalistes le savent.
Donc,
j'ai des salaires. Et puis, 50 milliards d'économies
sur
les dépenses de l'État, des collectivités territoriales,
et
les dépenses de la sécurité sociale sur 3 ans,
on
ne peut pas dire que ce soit vraiment une politique de gauche. Et tout du moins, ce n'est pas ce à quoi on s'attendait
quand
on a viré Sarkozy en 2012.
Alors, au
moins si ça marchait,
et
ça ne marche pas, c'est la même politique qui est appliquée
dans
tous les autres pays de la zone euro, et qui mène celle-ci, aujourd'hui, au bord de la déflation. Alors, la déflation, c'est quoi ? C'est le fait qu'on a tellement comprimé les dépenses publiques
et
privées,
que
la demande est insuffisante, et que les prix sur certains marchés commencent à baisser. C'est ça. Et la déflation, c'est le symbole
d
'une insuffisance de demande qu'on ressent lorsque l'INSEE questionne les entreprises, qui répondent que
80
% d'entre elles souffrent d'un problème de carnet de commande, alors que seulement 20% ont un problème de coût du travail. Alors, le résultat de cette politique,
moi,
je vous le parie d'emblée, c'est qu'il n'y aura pas de relance de l'investissement, parce que les entreprises n'ont aucun intérêt à investir aujourd'hui. Surtout que 85% des bénéfices sont redistribués sous forme de dividendes aujourd'hui. Donc, cette politique de l'offre, c'est de l'eau versée dans le sable, c'est de l'eau versée dans le sable, sauf pour les dividendes des actionnaires. Et puis, d'un autre côté, la compression de 21 milliards de dépenses publiques cette année, 17 milliards prévus l'année prochaine et à nouveau 17 milliards en 2017, ça va nécessairement provoquer un effet récessif avec une montée du chômage et des déficits qui ne se réduisent pas.
Je vous donne deux exemples. Les collectivités territoriales, on va leur réduire les dotations de 3,7 milliards.
L
'ajustement ne se fera pas sur le fonctionnement, parce qu'on ne va pas pouvoir,
entre
guillemets, se débarrasser des fonctionnaires territoriaux. Donc,
l
'ajustement se fera sur quoi ? Il se fera sur l'investissement public. Donc, l'investissement public va baisser, et ce sont tous les projets d'infrastructure qui vont être mis en sommeil. Enfin, les dépenses de santé vont baisser de 4 milliards. Personne ne le dit, ça. Ça va concerner les hôpitaux en premier lieu. Et comme vous savez, l'état des hôpitaux, il suffit de se promener dans les services d'urgence, vous vous rendez compte que ça va être catastrophique. Donc, je n'allonge pas la liste. Nous savons tous que cette politique est absolument inefficace sur le plan économique et catastrophique sur le plan social.
Sur le plan politique, je ne vous le dis même pas, on en parlera tout à l'heure. C'est une catastrophe pour la gauche, il y a de quoi être infligé. Alors, est-ce qu'on pouvait faire autrement
? Parce
que comme on n'a que 5 minutes chacun. Oui, on pouvait faire autrement.
La
dette.
La
dette, c'est quand ça les arrange.
Le
discours anxiogène sur la dette.
Quand
ça les arrange, dans le sens où, quand il s'agit de trouver de l'argent pour le pacte de responsabilité, ils le trouvent. Et d'ailleurs,
personne
ne sait que lorsque la France a négocié le report de 2 ans
du
calendrier de réduction des déficits,
c
'est-à
-dire
qu'au lieu de faire 3%
en
2012 et en 2013, on était autorisé à faire un peu plus de 4%. Quand vous faites 4% au lieu de 3% de déficit, ça veut dire que vous avez 1% de PIB en plus de marge de manœuvre budgétaire. 1%, c'est 20 milliards. 20 milliards, vous pouvez en faire quelque chose.
Qu
'est-ce qu'on en a fait ? On les a affectés intégralement au CICE, au Crédit Impôt Compétitif de l'Emploi, avec le résultat qu
'on
sait, puisque la production industrielle s'est effondrée de 4% cette année. Comme quoi, ça a vachement marché. Et là, on continue, on vient de négocier. Ça, personne ne l'a dit. Quand je dis on, c'est Valls vient de négocier avec Merkel, avec l'aval de la Commission européenne, qu'on ne fera pas 3% de déficit jusqu'en 2017. Ça veut dire que concrètement, on va disposer de la même façon de 20 à 30 milliards de marge de manœuvre en plus tous les ans pour la politique économique. Et qu'est-ce qu'on en a fait ?
On
a fait le pacte de responsabilité avec les fameux 41 milliards affectés au profit des entreprises. Donc vous le voyez, en termes budgétaires, on ne
va
pas nous faire la leçon. Il y avait des marges de manœuvre budgétaires qui sont d'autant plus grandes qu'aujourd'hui, la dette publique française se finance à des taux d'intérêt quasiment négatifs. On se finance
à
1%, en dessous de 1% de taux d'intérêt. L'inflation est aujourd'hui aux alentours de 1%. Donc on se finance quasi gratuitement aujourd'hui pour financer le budget de l'État. Donc il faut arrêter de dire qu'il y
a
une pression insupportable des marchés pour que les États soient rigoureux ou tout ce que l'on veut. On n'est pas rigoureux. On dilapie de l'argent public aujourd'hui dans des politiques qui n'ont pas d'effet. Et on aurait pu disposer cet argent pour en faire autre chose. C'est ce que les frondeurs ont dit.
Dans
leur plateforme de l'appel décent, ils ont tout simplement expliqué que les fameux 40 milliards, eh bien on pouvait en redéployer 16,5 milliards vers la redistribution, 5 milliards vers l'investissement public, et puis 2,5 milliards vers les emplois aidés, sans négliger la situation des petites et moyennes entreprises. Donc ça, c'est des propositions qui avaient été faites
au
moment de la loi de finances. Je termine là-dessus. Nos frondeurs n'ont pas été entendus, vous le savez. Dans la Ve République, il y a une pression forte des institutions qui fait que le plus qu'ils aient pu faire, sans doute, ça a été de s'abstenir. Ils n'avaient pas de plan B qui les aurait conduits à voter contre et à sortir de la majorité pour discuter avec d'autres le fait de pouvoir faire autre chose actuellement après. De ça, on en discutera sans doute pendant le débat tout à l'heure. Mais il y avait des propositions qui étaient sur la table. Dans la Ve République, c
'est
le président de la République qui est maître du jeu, malheureusement. Il ne les a pas écoutés, les frondeurs. Il a imposé à sa majorité de voter le doigt sur la couture du pantalon. Et voilà, la situation est telle qu'aujourd'hui, eh bien, on se retrouve un petit peu dans la nasse à se demander, aujourd'hui tous ensemble, comment on fait pour sortir de l'ornière.
Merci. Merci, Lime. Alors, pour prolonger cette réflexion sur la question économique, Thierry Foucault, vous êtes le vice-président du Sénat. On est en plein débat budgétaire en ce moment au Parlement. Quelles sont les pistes que vous avez pu proposer au gouvernement ? Puisqu'on sait que les parlementaires francs-gauches se sont opposés au gouvernement en votant contre le budget. Quelle autre piste avez-vous pu proposer et quels seraient les grands traits pour vous d'une autre politique écologique
?
Merci et bonjour. Lime, c'est comme ça qu
'on
dit. à parler à l'instant du partage du gâteau. Je m'exprimerai peut-être un peu autrement même si je partage ce qu'il a dit. La problématique d'aujourd'hui,
c
'est que l'argent va à
l
'argent. Et
il
y a une sorte de transfert.
C
'est-à-dire que c'est des vases communiquants
qu
'on prend en bas pour donner en haut.
Alors, pour
ne
pas
répéter ce qu'on a dit,
je
vais prendre quelques exemples. Lorsque l'on sait qu'entre 1993 et 2012, il a été versé 214 milliards
d
'exonération sociale et fiscale en direction du patronat français.
Je
dis cela c'est parce que c'est l'économie d'une démonstration. 93, 3 millions et quelques milliers de chômeurs. 2012, 5 millions de chômeurs. Est-ce que ces 214 milliards ont servi à créer de l'emploi
?
Non.
Non.
En 93, je pourrais donner d'autres chiffres.
La
part de la cotisation patronale était supérieure à la part salariale.
Aujourd
'hui, elle est différente.
Je
dis cela parce qu'on est en même temps
à
travers cette conception économique, on est
sur
un modèle de société.
On
est
dans
l'idéologie et dans ce que vous, nous, et tout le monde nous entendons aujourd'hui, à savoir qu'il faut toujours plus
et
à savoir que ça ne règle pas les problèmes.
Ça
ne règle pas les problèmes.
le
fait d'exonérer n'a pas arrivé des problèmes.
Au
contraire, il les a accentués
et
de dire en même temps que ce n
'est
pas toujours un problème de dépense, que c'est un problème de recette. Parce que,
et
j'en viens là pour ne pas raconter la même chose, quand on s'aperçoit que dans les recettes de l'année pour le budget 2015,
l
'année dernière, l'impôt sur les sociétés, c'était 44 milliards. Cette année, c'est 33.
C
'est-à-dire 11 milliards de moins.
C
'est-à-dire qu'en plus
de
ce que Lee m'expliquait par rapport à la question du CICE, qui est de l'argent en gros qui est foutu en l'air,
on
va le dire comme ça, il y a encore d'autres diminutions
qui
vont vers le capital.
ça
veut dire qu'il y
a
des moyens pour une autre politique,
c
'est-à-dire pour faire autre chose. Alors quand on parle du CICE, je le disais cela ce matin, on ne voudrait pas mettre de l'argent public pour l'entreprise, notamment pour relancer l'industrie en France.
Mais
faudrait-il que cet argent serve à quelque chose
? Qu
'elle serve à la formation, qu'elle serve à l'emploi, qu'elle serve à la production. Or, on s'aperçoit aujourd'hui,
et
je sais qu'un peu dans toutes les fédérations, beaucoup d'élus, etc., moi-même, j'ai été au préfet, pour demander ici dans le département, parce que c'est 87 millions qui sont distribués et à quoi servit cet argent, pour l'instant, on n
'a
pas de réponse. L'autre jour, j'ai rencontré un patron de PME et on discutait de cette situation et il me disait « Moi, ça ne me sert à rien,
je
vais avoir 8 000 euros.
Mais
avec ces 1 000 euros, je ne peux pas embaucher, je ne
peux
pas acheter de matériel. Mais bon, je vais les prendre, je vais les garder. » Voilà. Donc, ce n
'est
pas fait pour les PME, c'est fait pour les grosses entreprises. Donc, cette question de l'argent est une question fondamentale.
Je
dis cela parce que
d
'un côté, on prend et de l'autre côté, on donne. Hollande a été élu sur un programme qu'il a déchiré,
qu
'il a piétiné, parce que, par exemple, pour ceux qui ont besoin d'aide juridictionnelle, ils pensaient que ça allait changer.
Pour
ceux qui avaient besoin d'argent
d
'augmenter les budgets de la santé, parce que c'est vrai, c'est 4 milliards en moins, ça devait changer. Les collectivités, ça devait changer. Alors aujourd'hui, moins de 4 milliards en ce qui concerne la santé. Moins 11 milliards en ce qui concerne les collectivités. Et je m'arrête là.
Mais
les collectivités,
ça
investit.
Ça
investit, les collectivités. Moins 11 milliards,
c
'est demain, des logements en moins, des salles de sport en moins, de la politique en moins, et du personnel en moins.
Dans
une période où d'ailleurs, le chef du point d'un 10 est gelé, et cela, depuis 5 ans, je crois, ça a commencé avec sa preuve.
Donc
de dire que le problème, il n'est pas dans la dépense, là encore, il est dans la répartition,
dans
les choix qui sont opérés
par
rapport au budget.
L
'Europe
a
demandé les 3%, 50 milliards. Vollande qui devait renégocier le traité de la parole de dossier,
qui
était contre la règle d'or, il est pour. Donc on s'inscrit
d
'ailleurs dans quelque chose complètement antidémocratique parce que les Français ont voté contre le traité. On a fait le contraire. Et on s'inscrit là-dedans. Et là, aujourd'hui, on est sur 50 milliards et je sais que l'Europe va demander plus et que très certainement demain, dans la loi de finances rectificatives, il va y avoir d'autres propositions gouvernementales qui vont arriver. Donc si je dis tout cela, c'est
qu
'il y a des moyens de faire autre chose avec cet argent-là dans une autre conception
de
la répartition de l'argent et de la répartition des choix. Parce que, avant tout, et vous regardez les débats télévisés, etc., on vous parle des débats conjoncturels, des débats structurels, le centième de ceci ou de cela, mais on ne
vous
parle jamais de l'humain, on ne vous parle pas du bataillon de plus de 5 millions de chômeurs, etc. Donc ça, nous avons une autre conception, une conception progressiste. Donc il faut utiliser cet argent-là pour faire autre chose et cela est possible.
sans
quitter complètement les questions économiques, un des éléments de la période et aussi le grand discrédit du pouvoir, et Guillaume l'évoquait, les députés critiques, aujourd'hui, ont du mal à aller au bout de leur démarche, étant donné que
tout,
dans les institutions de la Ve République, est dans les mains du président. Donc on a aujourd'hui un pays très mécontent et un président qui continue à mener sa politique. est-ce que ça, Clémentine Auton, est-ce que ça, ça ne valide pas ce qu'on a beaucoup entendu dans la campagne du Front de Gauche en 2012 sur la nécessité de revoir de fond en fond de la République et d'aller vers une décision de
la
République ?
C'est clair qu'hier soir, j'avais encore à commenter l'affaire Kader Harif après présomption d'innocence, etc. Mais enfin, quand on en est au 250e épisode de la République irréprochable, c'est évident que la question se pose du système lui-même et pas simplement de la moralité de tel ou tel. Et d'ailleurs, le débat est fort mal posé parce que c'est comme pour les retraits de chapeau où on demande à chaque fois les retraits de chapeau, on dit, il n
'a
qu'à pas l'apprendre, on en appelle à la morale individuelle et non pas à des normes, à des règles qui permettent d'avoir un système qui contredise ce type de pratique individuelle. Donc, évidemment, nous sommes dans un État, la République, la France, est dans un État qui nécessite une rupture démocratique et je pense même que c'est le début de... comment dire... le début pour arriver à renouer avec la majorité des citoyennes et des citoyens qui ont atteint un niveau d'écœurement de défiance à l'égard de la politique et des institutions qui dépasse même le simple écœurement de François Hollande.
Quand vous avez regardé, je ne sais pas comment ça s'est passé ici, la polémique qu'il y a eu autour des journées du retrait à l'école. Moi, dans ma ville, à Sevran, il y
a
eu un jour 25% d'élèves qui ont été absents parce qu'on a raconté du bouche à oreille des choses hallucinantes sur la BCD de l'égalité.
Ce
qui veut dire que l'institution arrive à un point de délégitimation qui fait que le bouche à oreille est supérieur au crédit même de l'institution. Donc, il
y
a le politique en haut mais je dirais que la crise est beaucoup plus profonde. Elle atteint une crise de régime, une crise institutionnelle qui appelle une rupture et seule celle rupture pour remettre en mouvement l'ensemble de la société pour mener des politiques qui soient des politiques différentes. Donc, cette sixième république puisqu'on est dans la cinquième, ce serait une sixième république. Il faudrait un processus constituant. Il faudrait aller vers un système qui fasse plus de place aux législatifs et moins aux exécutifs qui permettent à de plus en plus de citoyens, de mouvements associatifs de prendre part à la décision publique.
Et ce qui s'est passé à Sylvain, soit Notre-Dame-des-Landes, est une illustration aussi de ce système où de l'Union européenne au moindre projet local, la gouvernance a pris la place. La gouvernance, c'est quoi ? C'est l'heure de l'alliance entre la technocratie et de l'autre côté, une petite élite de dirigeants qui décident à la place des citoyens. C'est un mot qui est un mot piégeant parce qu'aujourd'hui, il domine et il fait que la majorité des citoyens se sentent
totalement
exclus de la décision publique et ça, ça n'amène évidemment qu'à la crise, qu'à des crises multiples qu'il faut prévenir et pour les prévenir, il faut ce changement radical qui est une nécessité. Je pense que le gouvernement est très très loin de la prise de conscience de cette nécessité de rupture sur le plan démocratique et ça va avec tout le reste.
Je dirais qu'aujourd'hui, le problème que nous avons, c'est de sortir la souris qu'est le gouvernement de la roue dans laquelle il tourne, qui est une roue qui est imposée par le cadre de l'Union européenne, la règle d'or, l'objectif de réduire la dette, etc., et tout ce qui s'ensuit, l'austérité qui va avec, parce qu'au-delà, rien ne peut sortir. Aucune solution ne peut être à niveau des crises que nous traversons. Vous prenez sur toutes les questions, toutes les questions, nous allons dans le mur. Sur les services publics, évidemment,
sur la
protection budgétaire. Vous avez un système où cette austérité est fait au nom de la dette, mais en réalité, non seulement elle accroît les inégalités sociales, mais en bout de course,
la
dette est creusée et la Grèce est un exemple maximal. Vous savez qu'après neuf plans de rigueur de mémoire, la dette, les déficits publics ont explosé de 130%. Donc ça ne fonctionne pas du tout.
C
'est un système qui ne marche pas. Mais pareil sur le chômage. Sur le chômage, si vous n'avez pas des mesures ambitieuses de partage du temps de travail, de sécurisation des parcours professionnels, de lutte contre les formes précaires de salariats, à ce moment-là, vous continuez toujours en la même chose. C'est-à
-dire
un système qui marche en boucle et on fait Cotter sur jambes de bois avec deux, trois bouts de contrat aidé ici ou là. On essaie de lutter contre des plans de restructuration mais on n'a pas la main mise. Si vous voulez un projet industriel qui pourrait s'appuyer sur la transition écologique, alors il faut qu'il y ait une maîtrise publique. Or, l'État passe son temps et encore là ces dernières semaines à se déposséder lui-même des entreprises majeures qui pourraient lui permettre d'avoir un outil industriel et de piloter cette affaire-là. Dans à peu près tous les domaines, le cadre mental est totalement restreint et on est en train de poser quelques...
Bon, non seulement il y a du recul parce que la politique gouvernementale actuelle, le problème c'est que avant, on n'était pas d'accord avec les politiques menées de Mitterrand, Lionel Jospin, je dis doux mais je pense que ici on doit être assez nombreux à ne pas avoir été d'accord. Mais enfin moi, avec Mitterrand, on avait eu des lois au roux, la vongation de la peine de mort, je ne
vais
pas faire toute la liste, mais enfin, des mesures marqueurs de gauche. Sous Lionel Jospin aussi, c'est vrai que sous Jospin on a privatisé plus que sous Baladur et Juppé Réunis. Bon enfin, il y a eu la CMU, il y
a
eu la parité,
il
y a eu toute une série de mesures qui ont été des mesures les emplois jeunes, etc., qui avaient un marqueur de gauche. On pouvait discuter avec ce gouvernement. Aujourd'hui, ce qui frappe, c'est que les mesures elles-mêmes sont à contre-courant même de ce que serait une politique de gauche. Donc moralité des courses, on est devant cette masse, il faut changer le cadre et je ne vois pas que ce gouvernement ait les clés pour infléchir ou alors à la marche. La question va être de savoir
si
la restriction budgétaire elle est de 50 milliards ou de 30 milliards. Mais là n'est pas la question, il faut changer de modèle de développement, il faut imposer la transition sociale et écologique et ce gouvernement en est bien incapable, d'où notre responsabilité. Merci, Clémentine.
Terminé sur la transition sociale et écologique, la transition est aussi toute trouvée avec David Cormand qui est dirigeant de l'Europe Écologie des Verts. On a entendu ces derniers mois il
y a eu
un débat aussi sur la transition énergétique, une des grandes lois du gouvernement qui a été votée ces dernières semaines. On a entendu les écologistes depuis 2012 dire que le compte n'était pas en matière d'écologie dans la politique du gouvernement. On a même vu Cécile Duflo dire que François Hollande et les socialistes n'étaient foncièrement pas écologistes. est-ce que vous pouvez dire en quoi une politique réellement de transition écologique aujourd'hui pourrait constituer un nouveau cap pour la France et résoudre les problèmes qui nous sont posés
? Oui,
bonjour. Je ne
sais
pas si je vais résoudre tous les problèmes en cinq minutes mais on va apporter quelques éléments de réponse. D'abord sur le débat qu'elle note aujourd'hui sur le changement de cap. On a un sujet c'est que
et
c'était dit par Thierry en disant que le contrat qu'il y avait avec les Françaises et les Français que Hollande candidat a signé avec les Françaises et les Français a été déchiré dès le lendemain d'ailleurs enfin très rapidement avec les élections c'était dit dans notre introduction je crois le TSCG donc j'y reviens pas il y a eu le CICE et le pacte de responsabilité pareil j'y reviens pas et puis la NIE c'est-à
-dire
toute la remise en question du droit du travail et là ça revient sur la fin des 35 heures l'un des autres bilans du quinquennat si j'ose dire j'ose pas ça a été aussi la réduction du temps de travail qui était une avancée tout à fait importante donc on voit bien qu'il y a un faisceau d'indicateurs
qui
font qu'en fait
on
nous dit
vous
savez il n
'y a
pas le choix il y a des lois de l'économie
qui
sont votées par personne mais elles s'appliquent à nous et il faut les accepter on nous dit en fait il n
'y a
pas d'alternative
et
on demande aux citoyens de choisir entre l'austérité façon brosse à poil mou ou l'austérité brosse à poil dur ça c
'est
la droite et il faudrait choisir entre ces deux brosses là
et
la question qui nous est posée à nous qui pensons qu'il faut ni l'austérité molle ni leur austérité dure c'est quel imaginaire ont construit je réponds à votre question
à
Europe Ecologie Les Verts on considère que dans l'imaginaire qu'il faut ouvrir pour apporter des réponses il y
a
la question de l'écologie il y a plein de raisons pour ça mais j'essayais de donner deux
la
première raison c'est que depuis 40 ou 50 ans en matière économique et sociale je ne parle pas du reste mais en matière économique et sociale trop souvent la différence entre la droite et la gauche c'est comment on utilisait les quelques points de croissance
quand
on était de droite on disait les points de croissance on les donne aux entreprises ils vont créer de l'emploi ça va être formidable quand on était de gauche on disait les points de croissance il faut les redistribuer sauf que maintenant il y
a
un truc nouveau c'est qu'il
n'y a
plus de croissance
et
la nouvelle certains pensent que c'est une mauvaise nouvelle moi je pense que si c'est subi c'est une mauvaise nouvelle si c'est choisi ça peut être une bonne nouvelle la croissance elle ne reviendra pas en tout cas pas la croissance telle qu'on l'a connue pendant les 30 glorieuses et qui a été maintenue sous perfusion ou à cause de l'endettement les 30 années qu
'on
suit ce modèle là il a perduré pendant 60 ans en entrant d'assister à sa mort clinique et donc il faut inventer autre chose et c'est quoi l'écologie quand on parle d'économie c'est de dire qu'il faut créer un système une société qui crée beaucoup d'emplois avec une croissance faible et quand on se pose cette question là ça change beaucoup de choses sur la façon dont on conçoit l'économie et dont on conçoit les solutions et l'autre raison pour laquelle l'écologie elle est déterminante c'est pour un truc qui s'impose à nous ça s'appelle le changement climatique
donc
je sais que la question du changement climatique parfois on dit oui mais bon ça a commencé il
y
a longtemps on s'adaptera on mettra des climatiseurs que sais-je on changera c'est
un
phénomène qui va radicalement changer
la
planète aujourd'hui il y a plus d'immigration liée au changement climatique que liée aux guerres et pourtant il y a beaucoup de guerres
et
malgré ça c'est ce qui produit le plus de grandes migrations de gens qui ne peuvent plus vivre dans l'endroit où ils vivent et ça ça va gonfler ça va augmenter et puis ça va avoir des impacts sur la biodiversité vous savez que aujourd'hui on est en train de rencontrer la sixième grande période d'extinction d'espèces depuis le début enfin depuis la naissance de la Terre depuis la naissance de la vie sur Terre donc tous ces enjeux là il faut qu'on les intègre à nos réflexions quand on se dit c'est quelle solution c'est quel changement de cap qu'on veut construire la question aussi qui est très importante dont je veux dire un mot sur la question de la démocratie parce qu'elle percute la question de l'écologie
vous
avez suivi évidemment depuis plusieurs semaines le drame de Sivans
le
drame de Sivans bien sûr c'est une lutte écologiste
mais
c'est aussi une lutte démocratique
parce
que ce qui s'est passé à Sivans
c
'est que quelques élus les élus du conseil général du Tarn
ont
décidé qu'ils étaient légitimes et légales un projet qui ne l'était pas
et
ce qu'on va découvrir dans les semaines qui viennent
c
'est que ceux qui défendaient le droit à Sivans
ce
n'étaient pas les gendarmes
c
'étaient les militants qui s'opposaient à ce projet là il
y a
un scandale démocratique mais qui dépasse ce cas de Sivans mais globalement pourquoi les gens se désintéressent de la politique pourquoi ils se désintéressent de la démocratie ils se disent mais vous ne pouvez rien vous ne pouvez rien pour nous on a bien compris le système il est plus fort que vous vous ne pouvez pas lutter le pouvoir de l'argent c'est trop important vous ne pouvez pas vous lutter contre ça vous ne pouvez pas vous lever contre ça les gens en tirent toutes les conclusions ils disent entre la brosse molle et la brosse dure je ne choisis pas
ou
alors quand je choisis
je
choisis l'extrême droite
parce
que eux ils disent qu'ils peuvent quand même changer des trucs et en plus ils emmerdent tous les autres
donc
ça c'est un problème démocratique qu'on est en train de rencontrer et auquel il va falloir quand même au delà des petites différences ou des différences importantes qu'on peut l'avoir les uns avec les autres qu'il va falloir commencer à dépasser ces différences là pour apporter une réponse qui ne soit pas uniquement une coalition de rejet on est tous d'accord ici autour de la table sans doute dans la salle pour dire ce que fait le gouvernement c'est pas bien mais au delà de cette coalition de rejet il faut construire maintenant une coalition de projet parce que sinon le projet ça restera toujours les mêmes soit la droite soit la gauche de gouvernement actuelle je ne dis pas au moins à qui on pense soit et là ça serait évidemment le pire l'extrême droite ensuite je ne sais pas où j'en suis mais vraiment pour conclure sur comment on peut trouver quelques solutions dans ce changement de cap et je veux finir là dessus parce que je sais que c
'est
un débat
enfin
c
'est
un truc qui fait débat entre nous
je
veux parler du nucléaire
vous
avez vu il y a quelques jours il y
a
eu une énième annonce d'EDF pour dire que l'EPR de Flamanville il allait encore avoir du retard
il
faut savoir que cet EPR il devait être construit en 3 ou 4 ans il devait coûter de mémoire 3 milliards et demi d'euros là on va atteindre les 10 ans
il
n
'est
évidemment pas fini on a encore reporté et ce n
'est
pas 3 milliards et demi d'euros c'est 9 milliards à votre avis qui les paye ces 9 milliards
? qui
les paye
? est
-ce qu'on n'aurait pas
on
peut être pour au contenu clair moi évidemment je suis contre mais là en termes de dépenses publiques en termes de comment on a utilisé cet argent est-ce que vous ne pensez pas qu'on aurait pu l'utiliser autrement avec une énergie plus localisée avec de l'économie d'énergie on aurait pu faire des progrès extraordinaires et créer de l'activité et de
l
'activité durable tout ça pour dire que tous ces débats qui sont sur la table il faut qu
'on
les pose et qu'on ait un petit peu comme boussole dans cette affaire d'aboutir sur une offre politique alternative qui mette les vrais débats sur la table dont celui de l'écologie mais ce n'est évidemment pas le seul
merci David décidément vous facilitez beaucoup la tâche aujourd'hui vous êtes par ici de coalition du rejet on souhaite coalition de projet à vous entendre tous les quatre on sent bien qu'il
y
a il y a beaucoup de convergence entre vous on a pour autant du mal ces derniers mois à avoir quelque chose de concret qui pourrait émerger de ces critiques et je pense qu'une des questions qui intéresse les français aujourd'hui et le public qui est là c'est comment est-ce que vos voix critiques peuvent devenir une force de construction peut-être que je vais donner la parole à Thierry Foucault sur cette question là puisque ça fait quelques mois voire plus que le parti communiste appelle un rassemblement comment vous imaginez au parti communiste ce rassemblement
avec
quels contours on sait qu'il y
a
des débats des débats politiques sociaux à quoi peut ressembler le rassemblement vous appelez de vos voeux Thierry Foucault
oui
merci c'est à la fois simple et à la fois compliqué
à
partir des éléments qui ont été donnés il y a quelques instants notamment chiffrés je serais tenté de dire que c'est facile de monter un programme
l
'argent existe
une
autre politique
politique
est possible
mais on
est aussi confronté à la vie
c
'est quoi la vie c'est la télé avec ces médias qui se déchaînent pour expliquer que
l
'immigré vient chercher le travail du français que l'immigré se dérange que le chômeur s'il n
'a
pas de travail c'est qu'il ne veut pas travailler voilà
ça
c'est l'idéologie
qui
essaye d'être dominante pour faire en sorte
de
nous tirer toujours un peu plus
sur
le peuple français
et
je voudrais dire qu'à ce sujet on a un travail
et
c'est là que c'est compliqué important
pas
compliqué parce que là on est en train de s'entendre
donc
je pense que
on
peut ensemble
de
façon intimement liée être un trait d'union
mais
en même temps je crois que
il y a
ce que je disais de la TD mais de ce que je pense les gens sur le terrain
ce
matin je faisais l'inauguration de la fête et je disais je lance comme un appel
mais
c'est pas mon appel à moi
c
'est l'appel de notre parti
en
direction des uns et des autres pour aller aider à construire avec les populations
les
aider à construire les aider aussi dans la réflexion les aider à se rassembler pour aller justement vers le projet qu'ensemble on peut mener
parce
qu'il est possible de faire une politique de la santé différente on l'a prouvé tout à l'heure ainsi de suite sur un certain nombre de sujets
et
en ce sens on est d'accord que la politique est pas bonne
on
est d'accord qu'il y ait de l'argent pour faire une autre politique
et
si j'ai bien compris on est d'accord pour y aller ensemble alors bien sûr
il
y aura des sujets à discussion mais
ce
qui nous préoccupe parce qu'on n'existe pas pour nous-mêmes
ce
qui nous préoccupe c'est la situation des gens aujourd'hui dans le pays
de
celles et ceux qui ne peuvent plus manger
de
celles et ceux qui peuvent plus se vêtir qui peuvent plus soigner qui ont des problèmes insurmontables
tout
à l'heure on parlait des questions d'économie mais j'aurais pu donner un exemple je dis souvent je prends cet exemple vous savez le smicard d'hier il payait de la TVA aujourd'hui le smicard d'hier pour la c'est une caricature mais vrai
il
paye plus de TVA il est au chômage
c
'est ça la situation d'aujourd'hui
c
'est
c'est
cela qu'il faut changer
c
'est cela qu'il faut changer
et
ces gens là en même temps ils attendent de nous
tout
en pensant aujourd'hui qu'on n'est peut-être pas capable donc aussi à nous de montrer
qu
'il
y a
une possibilité de se rassembler sur un projet
et
sur des projets et de leur donner l'espoir
de
leur donner l'espoir parce que sinon ça va partir dans l'autre sens
il
suffit de de voir ce qu'il y a dans un certain nombre de têtes
voilà
donc à la fois c'est simple
à
la fois c'est compliqué mais je crois qu'il faut y aller mais c'est pas simplement nous les représentants là de de partis ou d'associations ou de quoi que ce soit
c
'est nous et vous vous et nous
c
'est à dire tous les progressistes ont un travail conséquent à faire
on
va pas laisser Hollande continuer à piétiner le programme à laisser la France dans cette situation tout à l'heure on parlait de l'emploi excusez-moi ce matin je faisais non pas une métaphore Clémentine parlait de 81 de Mitterrand de Jospin et de Maintenant mais celles et ceux qui sont ici
je
donne souvent l'exemple parce que ça a commencé en 81 et ce qu'on a été nationalisé dénationalisé en 82 600 chômeurs en plus ensuite c'était à côté Chapelle d'Arblay
qui
a perdu 700 emplois après ce pas là et ainsi de suite
et
là
sous
le gouvernement Hollande
on
a commencé par Petro Plus qui est aujourd'hui fermé
alors
que ça pouvait rester ouvert
il
suffisait d'investir alors les autres Petro Plus il y en a qui sont ici ils diront 400 moi je disais 500 500 millions mais quand on voit les 40 milliards du CICE des 47 à 33 14 milliards en moins d'impôts sur les sociétés etc. là il y
en
a de l'argent il était possible de mettre ces 500 milliards ou tout du moins de nationaliser provisoirement pour redonner l'élan et de faire fonctionner cette entreprise
mais
en dehors des salariés qui ne travaillent plus bien sûr chez Petro Plus c'est 3500 salariés sur le secteur qui ont été touchés
alors
quand je dis on s'y prend de l'autre bout alors Petro Plus petit couronne et maintenant c'est Grand Couronne qui m'est né qui annonce 200 licenciements
est
-ce qu'on va laisser faire ça ?
ça
veut dire que même si parfois on a des divergences
qui
ne sont pas je pense insurmontables je pense qu'il faut qu'on se rassemble face à ces situations-là pour justement aller vers des changements et aller vers une politique alors je sais que même dans mon parti il y a parfois des camarades qui pensent oui mais tu nous parles des frondeurs ils vont pas changer etc. mais moi je vois ici des socialistes qui hier avec qui on s'est un petit peu frités comme on dit vulgairement mais qui sont ici aujourd'hui à nous écouter et qui sont prêts à faire des gestes moi je pense pas qu'ils fassent mener la politique de la terre brûlée
je
pense qu'ensemble il faut discuter de présenter et d'en appeler aux populations à faire
et
redonner cet espoir face notamment au Front National
qui
développe la politique qui développe grâce notamment au piétinement de Hollande et au déchirement du contrat
voilà
ce que je voulais dire sur la question de rassemblement il est possible de rassembler il est possible de se mobiliser et je veux pas dire qu'on veut être le centre
ni
le moteur mais en tous les cas on est une pièce importante du moteur
on
entend y contribuer et ce qu'on appelait nos conférences nationales dernièrement c'est l'appel de l'ensemble du parti communiste à aller de l'avant sur ce rassemblement sur ce contenu pour que justement demain ça change
merci
Thierry j'évoquais les frondeurs à l'instant on
sait
qu'il
y a
effectivement un débat qui existe sur qui pourrait se rassembler pour construire cette autre politique il est moins de noc il y a un congrès du parti socialiste qui vient d'être annoncé pendant six mois certains disent que c'est le lieu où pourra se réorienter la politique du gouvernement
est
-ce que c'est votre cas vous qui en même temps que vous participez au débat du parc socialiste avez décidé également de participer au mouvement sixième république initié par plusieurs personnalités dont Jean-Luc Mélenchon où se situe l'issue pour vous du rassemblement pour changer de table
alors ce
qu'on appelle l'effrondeur
pour
rebondir avec
ce
que tu disais
ce
sont les députés
qui
à l'Assemblée nationale ont essayé de relancer le débat
mais
leur action est circonscrite
au
débat parlementaire qui a ses propres limites
et
bon moi je ne
suis
plus parlementaire donc ça me permet de prendre un peu de recul et d'avoir un peu plus de coudées franches et c'est un peu la raison pour laquelle on a créé ce club des socialistes affligés pour déplacer le débat
en
dehors du sénacle du parlement ou dans la cinquième république bon c'est très contraint
alors
quels sont les termes du débat aujourd'hui à la veille du congrès des socialistes quand on essaye de prendre du recul
on
sait tous ici que je pense qu'il
y a
des socialistes dans la salle tu l'as dit
s
'il n
'y
a pas de changement de cap d'ici 2017
moi
je vous le dis clairement il n
'y
a plus de PS
on
va faire des scores dignes du PASOC
grec aux
élections départementales
on
va perdre une grande partie des régions
au
régional
on
risque de ne pas être au deuxième tour de la présidentielle
et
tout ça finit avec un groupe parlementaire dans la foulée réduit à portions congrues
donc
il n
'y a
plus de PS
et
s'il n
'y
a plus de PS
ça
veut dire qu'il va falloir tout reconstruire
et
s'il faut tout reconstruire
il
va falloir discuter
avec
les
Verts avec
le Front de Gauche
dans
toutes ses composantes parce que
ce
dont témoigne notre débat
autour
de cette table
c
'est que sur les questions clés on pense tous la même chose
sur
le refus de l'austérité
sur
la réorientation de l'Europe
sur
la transition énergétique
sur
les questions de société
il
n
'y
a pas tellement de divergences
au
fond
ça
fait l'embryon d'un programme commun
d
'un nouveau programme commun
attendez
je vous parle
ça
se finit en ligne s'il vous plaît
non
je faisais pas référence à Mitterrand nouveau programme si vous voulez moi attendez là je suis ce que je vous dis là qu'on soit clair
si
on discute tous ensemble c'est sans les sociolibéraux c'est ça le vrai sujet donc qu'il n
'y ait
pas de malentendus entre nous si en 2017 ça se passe très mal et qu'on est sur un champ de ruines moi je reconstruis pas la gauche avec ceux qui nous ont foutu dedans c'est pas ça le sujet le sujet c'est tous ensemble ici comment on fait pour refaire un nouveau parti voilà donc moi ce que je vous dis là c'est que s'il n
'y
a pas de changement de cap d'ici 2017
ce
qu'on appelle le cycle d'épiné serait relativement clos et donc il va falloir refaire autre chose avec ce qui restera de la gauche donc autant commencer tout de suite moi c'est pour ça que je suis là ici aujourd'hui c'est pour ça que j'étais à la manifestation la semaine dernière à Paris contre l'austérité et c'est pour ça que je commence à discuter aussi avec ceux qui lancent des mouvements pour la 6ème république alors nous socialistes
pour
éviter le pire
on
est le congrès
on
va le jouer à fond
on
va essayer de faire en sorte de tirer ce parti à gauche
est
-ce qu'on va y arriver
?
inciter le président de la république à changer de cap d'ici 2017 pour éviter le pire parce que s
'il
change de cap il peut le faire sérieusement il peut le faire il a une majorité à l'assemblée avec du rouge du rose du vert il s'appuie dessus il nomme un ou une première ministre qui soit pas valse et qui est un programme de gauche et il applique une politique de gauche avec une majorité de gauche jusqu'à 2017 et là on peut éventuellement se sauver et envisager la suite avec sérénité donc si on gagne le congrès
et
que ça se passe comme ça moi je dis banco maintenant l'autre question qui est posée parce que moi je prends le recul nécessaire
c
'est qu'est-ce qui passe si on perd le congrès si rien ne change dans ce congrès
c
'est une probabilité ça aussi parce que ça fait 20 ans que ce qu'on appelle la gauche du PS essaye congrès après congrès de faire ce que je suis en train de vous dire ça fait 20 ans qu'on n'y arrive pas et donc au bout d'un moment là on est au bord du précipice est-ce qu'on tombe définitivement dans le trou est-ce qu'on fait autre chose donc c'est ça qui va se trouver posé au lendemain des cantonales et à la veille des élections donc moi je vous le dis tout de
suite
si on perd le congrès avec beaucoup de camarades on va se poser la question de faire autre chose
on
va se poser la question de commencer à reconstruire la gauche avec tous ceux qui ici vert, rouge, rose dans la même direction donc voilà alors le mouvement pour la 6ème république moi je trouve que c'est une initiative intéressante parce que ça pose les débats le débat démocratique tel que Clémentine l'a posé tout à l'heure c'est quand même un seul
deux
hommes disons
qui
dans ce pays
ont
décidé d'imposer un putsch idéologique
à
toute la gauche
au
point qu'aujourd'hui les gens assimilent toute la gauche à la gauche de gouvernement
et
se réfugient dans l'abstention donc il
y a
un vrai problème de déficit démocratique nos parlementaires n'arrivent plus à faire remonter les griefs de leurs mandants au sein de la représentation nationale et ça va finir entre la droite et l'extrême droite donc il y a un vrai sujet sur le déficit démocratique et donc toutes les initiatives les plus larges possibles où tous ensemble on peut se retrouver pour envisager la suite collectivement sont bienvenus et donc c
'est
le sens de ma présence ici
merci on va voir si on réussit à avoir un petit peu de temps pour la salle
pour
finir le tour de parole il reste Clément Tinetain et David Carmin Clément Tinetain on imagine que le Front de Gauche qui en ce moment est une période pas forcément la plus visible depuis sa création dans son action on imagine pour autant que le Front de Gauche en tant que tel et les organisations qu'il compose ne vont pas forcément attendre les résultats du congrès du Parti Socialiste pour rassembler et tenter de changer de cap je me trompe
non
c'est sûr on va pas
attendre
bon après on n'est pas forcément tout à fait dans la même situation nous on fait partie de ceux qui pensaient que François Hollande ne promettait déjà pas grand chose quand il était candidat et donc on ne s'est pas raccroché au discours du Bourget nous avons lu les propositions le programme la ligne nous connaissions la petite musique nous savions aussi ce que François Hollande avait fait du Parti Socialiste et ne faut pas l'oublier il a été le premier secrétaire qui a opéré la mue démocrate du Parti Socialiste dans les années 90-2000 et c'est important de l'avoir en tête parce que cette évolution ce changement de nature du Parti Socialiste a auguré les politiques actuelles où on voit bien que trois pigeons qui s'excitent sur Internet et qui représentent peu ou prou le MEDEF ou en tout cas le patronat ont beaucoup plus de chances d'être entendus à l'Elysée que des centaines de milliers de gens qui sont dans la rue pour exiger de sortir des politiques d'austérité donc voilà le gouvernement qui est aujourd'hui à la manœuvre c'est un gouvernement qui se dit de gauche mais qui mène une politique de droite c'est pourquoi la situation devant laquelle nous sommes c'est de reconstituer un pôle attractif audible qui donne du sens aux valeurs de la gauche le mot gauche aujourd'hui il faut se rendre compte à quel point il est totalement déphosphaté par la politique gouvernementale la gauche nous sommes de la gauche la gauche c'est ce que fait le gouvernement il n
'y a
pas de différence avec la droite donc le mot est lui-même abîmé profondément est-ce qu'il faut le laisser tomber moi je ne le crois pas je pense que la polarité droite-gauche va rester opérante qu'elle a du sens mais encore faut-il remplir le mot expliquer et expliquer dans des termes contemporains concrets ce que signifie l'égalité son alliance avec la liberté la volonté d'aller vers plus de justice sociale la bataille pour la démocratie véritable tout ce qui a fait le sens des batailles de gauche c'est-à-dire finalement enfin moi je crois au terme qui peut dire gauche mais qui n'est pas forcément très
très
comment dire très simple mais qui est le terme de l'émancipation c'est ce terme-là que nous voulons faire vivre dans un projet politique qui draine et qui soit capable de rassembler largement
alors
moi je crois que nous avons plusieurs tâches pour arriver
maintenant
à reconstruire les bases d'une alternative de gauche
premier
élément
c
'est que ce nouveau pôle que nous avons à construire cette force politique elle ne peut exister que si elle est à distance de la majorité actuelle gouvernementale et du parti socialiste nous n'aurons aucune crédibilité si nous ne sommes pas différents perçus comme différents de ce que fait la majorité gouvernementale ça ne veut pas dire que dans une période brouillée comme la nôtre il faut mettre un cordon sanitaire comme je dis toujours entre les socialistes qui chez les écolos se posent des questions etc
mais
en même temps pour construire quelque chose de clair en termes de cap et en termes de délimitation de force qui est différente de la politique gouvernementale et de la majorité du PS deuxièmement nous avons à rassembler toutes les composantes toutes les sensibilités sans exclusives de celles et ceux qui contestent à gauche cette politique gouvernementale et qui veulent tend des coudes pour bâtir des majorités capables de gouverner à l'avenir et de disputer aujourd'hui le terrain à la droite et à l'extrême droite la bataille hégémonique est tout à fait fondamentale troisième objectif
je
crois qu'il nous faut inventer il ne
s
'agit pas simplement de revenir aux vieilles recettes de la gauche des années 70 de dire en gros il y
a
eu une parenthèse là ça ne
va
pas donc on va revenir il s'agit d'aller vers et pour aller vers il faut être capable d'inventer enfin de d'inventer de construire d'avoir pour objectif de bâtir une espérance nouvelle avec des termes nouveaux avec un imaginaire qui soit tout à fait pétri du monde contemporain qui parle du et au monde contemporain ça paraît un peu abstrait peut-être à certains d'autres non mais je veux dire que les recettes néo-kénésiennes et là j'abonderai dans le sens de ce que disait David tout à l'heure les recettes néo-kénésiennes à l'ancienne ne permettent pas de répondre aux défis contemporains l'égalité aujourd'hui elle se joue aussi par exemple sur le droit à la ville et sur la forme que prend le capital dans la géographie de nos territoires c'est très important donc ce que je veux
dire
c'est qu'il y
a
des questions qui ont émergé dont nous devons nous approprier pour que notre discours sonne pertinent dans le monde contemporain et que nous ayons voilà une rencontre avec le monde d'aujourd'hui et le dernier point qui n'est pas des moindres c'est que s'il faut rassembler nos différentes composantes etc
c
'est pas simplement l'entente entre l'existant entre en gros ceux du mouvement ouvrier agrémenté de quelques-uns qui viennent d'autres cultures
c
'est dans la société qu'il faut fédérer il faut fédérer tous ceux qui aujourd'hui sont à distance de la politique et sont et forment ensemble le peuple le peuple d'aujourd'hui qui n'est plus là aussi celui d'hier c'est pas simplement l'ouvrier blanc de l'entreprise industrielle des périphéries de première couronne dans les grandes villes telles qu
'on
le voyait au 19ème siècle le peuple d'aujourd'hui c'est la caissière de supermarché qui bosse en 3-8 c'est les jeunes de chez McDo ce sont les immigrés qu'on exploite dans le bâtiment c'est ça c'est les intellos précaires également et donc il faut arriver à fédérer ce peuple là
et
à l'associer à notre mouvement politique notre mouvement politique doit être le leur et c'est pourquoi et je terminerai là dessus nous n'avons de chance de créer une force nouvelle à hauteur des aspirations contemporaines que si nous nous tournons vers la société la réponse elle est dans la société et je ne crois pas que nos sociétés soient si désespérées qu'on veut bien le faire croire elle est désespérée il y a de la désespérance mais il y a aussi des tonnes de choses qui se passent dans le monde artistique et intellectuel il n'y a qu'à aujourd'hui lire le roman social il n'y
a
qu'à voir les initiatives qui sont prises sur tout le territoire les AMAP le covoiturage tout ce qui se passe parce que les gens sont à la recherche du sens commun ils ne sont pas bouclés derrière leur appartement à double verrou et avec de leur billet déosurveillance ils cherchent le moyen
de
trouver du sens à la vie parce que la république n'a plus de sens parce que la politique n'a plus de perspective et qu'ils aujourd'hui sont esselés éclatés il y a dans l'entreprise des luttes partout beaucoup beaucoup beaucoup de luttes regardez ce qui s'est passé avec les femmes de chambre dans les hôtels c'est énorme ce qui se passe là mais ce n
'est
pas forcément raccordé avec les Petroplus avec Syvins avec Notre-Dame-des-Landes et je n'en parle enfin je ne
vais
pas faire toute la liste de toutes les mobilisations elles sont éclatées atomisées et donc ce que nous avons à faire c'est à donner du sens commun et à fabriquer un cadre politique qui soit suffisamment innovant pour permettre l'implication et pas simplement le temps de coller une affiche l'implication véritable de ce grand nombre qui en a marre et qui a envie de renouer avec l'espérance et avec un imaginaire porteur de transformation sociale et écologique
dans
les convergences possibles dans les mois qui viennent il y a très concrètement une échéance électorale qui arrive d'ici quelques mois vous voyez venir d'avis de Cormand on a eu
cette
semaine dans la presse a été fait écho d
'une
position que vous aviez prise dans votre parti qui appelait à des alliances à l'occasion des élections départementales avec le Front de Gauche Nouvelle-Dôme des alliances en dehors du Parti Socialiste vous pensez que les élections départementales peuvent être une première étape pour un rassemblement
? Oui j
'en sais rien c'est à nous de répondre parce que ce qui a été dit est très abondant j'ai compris qu'il y avait un mot clé qu'il ne fallait pas prononcer c'est programme commun donc je ne vais pas le redire mais je comprends je comprends
je
comprends que l'expression puisse réveiller des traumatismes donc il faut utiliser d'autres termes mais qui veulent dire quand même et j'insiste c'est ce que je disais tout à l'heure ne pas
se
contenter d'être dans des coalitions de rejet mais à un moment construire des coalitions de projet donc ne parlons pas de programme commun si vous le souhaitez mais réfléchissons quand même à si on fait une offre politique alternative ensemble c'est pour faire des choses donc n'appelons pas ça programme on dira qu'on n
'est
pas vraiment en commun mais il y a quelque chose derrière mais pourquoi ça ne peut pas être comme le programme commun parce que les partis politiques ils ont considérablement évolué et d'ailleurs l'image même qu'on renvoie moi je suis un homme de parti politique je l'assume et tout ça je vais vous dire que ce n
'est
pas très sexy à vendre quand on en parle avec des gens déjà pourtant moi c'est le truc écolo c'est plutôt bon sympa les écolos tout ça mais c'est très difficile parce qu'il y
a
un rejet très profond de ce qu'on fait du politique du parti politique en général parce que les gens je l
'ai
dit tout à l'heure ne font plus tellement confiance à notre capacité à faire donc ce que dit Clémentine est très important c'est partir au delà
des
combinaisons pour répondre à votre question d'accord de parti ce qu'il faut mettre au coeur du dispositif et avant le reste c'est la question de la citoyenneté et de l'engagement citoyen c'est ça que nous on a proposé on a parlé de fabrique citoyenne écologiste et solidaire et de partir à partir de ça c'est-à
-dire
tous les gens qui se bougent les fesses pas forcément dans des luttes mais qui sont dans l'association de locataires qui sont bref tous ces gens qui ont envie de réfléchir à comment on peut inventer autre chose les mettre un peu aider participer à mettre ça en mouvement mais ça passe aussi par le fait que les partis politiques qui existent fassent leur job donc ça veut dire construire
ces
coalitions-là que j'ai évoquées dans une petite note interne pour essayer d'avancer là-dessus sur le climat politique dans lequel on est aujourd'hui pourquoi il y a besoin de réinventer cet imaginaire de gauche parce qu'il ne
faut
pas se pleurer pour les gens c'est la gauche qui
est
au pouvoir aujourd'hui
et
nous on peut s'époumonner à dire oui mais non eux c'est eux nous c
'est
pas pareil c'est quand même pour les gens la gauche qui est au pouvoir et d'ailleurs je vais vous dire les amis ça se voit aux élections
est
-ce que vous avez constaté aux élections depuis les déceptions de François Hollande que le Front de Gauche ou Europe Écologie Les Verts explosait dans les scores pas du tout c'est-à
-dire
que le PS a plongé c'est vrai
il y a eu
une appétence et pourquoi
la
politique c'est débattre rassembler
et
convaincre pour rassembler il faut débattre et c'est ce qu
'on
fait aujourd'hui il faut assumer ce temps de débat mais à la fin il faut se rassembler
pas
seulement dans les manifs aussi dans les manifs mais pas seulement
et
pour pouvoir convaincre il faut être rassemblé si on reste balkanisé oui mais lui c'est pas pareil il est sorti du gouvernement après moi ou lui mais non mais sur ce sujet là il est pas tout à fait d'accord ah puis il est suspect avec les industries et bien si on fractionne toujours ce qu'on peut faire ensemble à la fin on rassemblera pas si on veut que l'offre politique alternative porte et c'est le sens du raisonnement que j'ai porté dans mon mouvement c'est que si on veut être écouté si on veut rechoper l'oreille des gens il faut qu'il n'y
ait
pas de friture sur la ligne sur les petites divisions et les petites histoires qu'on a l'habitude de faire tout le temps mais dont il faut sortir et ça c'est très important c'est d'autant plus important qu'aujourd'hui ce gouvernement en plus de tout ce qu'on a dit là il fait beaucoup de mal à l'imaginaire de gauche pour moi qui suis écologiste avant d'être de gauche ce
qui
veut pas dire que je vois pas la différence entre la gauche et la droite quand même pour moi la gauche c'est si on devait résumer en un mot c'est la notion de justice
et
c'est quoi la justice
?
la justice c'est protéger les faibles contre les forts
et
qu'est-ce que fait ce gouvernement aujourd'hui
?
Manuel Valls il fait des démonstrations d'autorité mais contre qui
?
contre les chômeurs
contre
les addistes contre les intermittents
contre
les cheminots
là
il fait des démonstrations de force mais par contre face aux puissants est-ce qu'il fait des démonstrations de force
?
Manuel Valls et ce gouvernement il est faible avec les forts et fort avec les faibles et ça c'est le contraire de l'imaginaire de gauche et donc il faut aussi qu'on réinvente ça pour montrer que nous on fait front les lobbies on se laisse pas faire par contre ceux qui sont plus fragiles c'est pas des gens qui nous prennent à nous notre pain il faut être solidaires avec eux parce que dans la société qu'on traverse et c'est au-delà de la 5ème République parce que c'est partout en Europe qu'il y
a
un rejet du politique donc il n
'y a
pas que la 5ème République qui même si c'est un effet aggravant mais il n
'y a
pas que ça c'est qu'aujourd'hui c'est la grande victoire de l'individualisme du chacun pour soi et quand la gauche a le pouvoir elle ne peut pas reculer d'un centimètre par rapport à ça parce qu'une fois qu'on cède par rapport à ça on sait qu'il gagne et c'est pas forcément la droite républicaine je redis c'est l'extrême droite donc voilà face à tous ces enjeux dans ce contexte il y a l'urgence à faire le pari car c'est un pari il n'y a pas de martingale électorale il n'y
a
pas de grand soir comme ça en claque des doigts on se met d'accord et on va sauver sauf que dans la période d'urgence dans l'urgence dans laquelle on est on a à mon avis la responsabilité de tenter ce pari là
merci à tous merci aux quatre intervenants et bonne fête de l'humanité Normandie à vous qui se prolongent jusqu'à demain merci beaucoup
Clémentine Autain