Face-à-Face : Éric Coquerel - 19/01
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, face à face, Néhila Latrousse.
Il est 8h33 sur BFM TV et RMC, mon invité ce matin, Éric Coquerel. Bonjour. Bonjour. Député de la France Insoumise, vous êtes aussi président de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale. Vous avez peut-être des informations à ce titre sur l'augmentation à venir des tarifs de l'électricité. Je vous poserai la question d'abord.
Non, allez-y, allez-y.
On va y arriver à l'augmentation des prix d'électricité. D'abord, je voudrais dire un mot de la situation à Saint-Denis, dans votre département, dans la ville plus précisément de Saint-Denis, où depuis hier, la présence policière a été renforcée. Les attroupements sont interdits. Les habitants choqués par l'ultra-violence après plusieurs rixes ces derniers jours. Et la mort d'un adolescent mercredi soir poignardé sur les quais d'un métro. Comment est-ce qu'on arrête la violence, Éric Coquerel ? 14 ans. Comment on enraye ce cycle de la violence ?
Écoutez, la question de violence liée au Rix, je n'ai pas les détails de l'affaire, mais il y a eu plusieurs événements à Saint-Denis ces derniers jours. Parfois, ça part de raisons mineures. Et après, il y a un essai d'entraînement de groupe. Les réseaux sociaux jouent aussi un rôle.
Vous êtes d'accord avec le président là-dessus ? Il y a un effet d'entraînement ?
Chacun pourra le constater. C'est-à-dire que les réseaux sociaux multiplient, démultiplient ce qui a toujours existé. Les affrontements entre des bandes de jeunes dans les quartiers, ça a toujours existé. Si vous regardez les informations, ce n'est pas nouveau. Simplement, maintenant...
Ils sont très jeunes, il y a des morts.
Ça prend, c'est très jeune. Il y a des morts, c'est-à-dire qu'il y a un armement qui est supérieur. Et puis, les réseaux sociaux multiplient ça. Voilà. Donc, on connaît l'effet des réseaux sociaux. Je ne sais pas, vous faites partie certainement de listes des fois à WhatsApp. Vous apercevez que les gens ont tendance des fois à faire des choses sur les réseaux sociaux qu'ils ne feraient pas dans la vie normale à dire des choses. Bon, là, ça accentue les choses. Mais qu'importe. C'est un phénomène. Moi, je l'ai traité à plusieurs reprises. On a fait un colloque à l'Assemblée là-dessus.
Notamment avec quelqu'un qui s'appelle Camara, dans le Val-d'Oise, qui a une association qui travaille là-dessus, sur ces questions-là, pour essayer d'anticiper les choses, pour essayer de faire de la formation, de la prévention. Et c'est vrai que c'est un phénomène qui se développe, qui est extrêmement grave, ne serait-ce que parce que perdre sa vie à 14 ans... Bon, évidemment, celui qui est mort, c'est absolument terrible. Ses parents, c'est terrible. Mais celui qui a commis l'acte il a 20 ans, je veux dire, sa vie est foutue aussi.
Le maire de la ville dit aux parents, gardez vos enfants à la maison.
Oui, là, pour l'instant. Là, c'est une mesure conservatoire.
Vous vous joignez à cet appel ?
Oui, parce qu'en fait, lui, ce qu'il souhaite pour l'instant, c'est de l'apaisement. C'est-à-dire, par exemple, il a pris une mesure anti-regroupement pour simplement donner une assise juridique pour que les policiers puissent intervenir, pour que ça se calme. Mais après...
Vous êtes favorable à ces mesures ? Vous êtes d'accord ?
Là, il faut faire baisser le thermomètre, bien sûr. Là, pour l'instant, il faut que ça s'arrête. Mais par contre, il faut régler les problèmes à long terme. Et à long terme, ça se passe avec de la prévention, de la formation, plus de moyens dans les écoles, plus de moyens pour les travailleurs sociaux qui, souvent, ont vu leur poste réduit ces dernières années. Plus de policiers, aussi ? Je pense surtout que... Des policiers, il y en a beaucoup, déjà. On est un pays dans lequel il y a beaucoup de policiers, il y a beaucoup de présence policière. Donc, la question, là, maintenant, c'est pas tant de... C'est d'anticiper les choses.
Donc, je vous dis, ça passe par l'école, moyens à l'école, des moyens à l'école, des moyens à l'école, réduire le nombre d'élèves par classe, et puis, par exemple, donner des moyens aux associations et des associations qui travaillent très bien sur ces questions de prévention, qui essayent d'anticiper. Voilà, c'est ça où il faut mettre le paquet. Embauchons des travailleurs sociaux. Je vous assure qu'ils font un boulot formidable. Ils ne sont pas suffisamment reconnus.
Emmanuel Macron, lors des émeutes de l'été dernier, avait parlé de décivilisation.
Oh, ça, il faut arrêter avec ça. Cette espèce de vision très décliniste, c'était mieux dans le passé. Moi, j'ai regardé un petit peu, justement, toutes les informations des 30, 40 dernières années, que ce soit les rixes à la sortie de boîtes de nuit haute, ça a toujours eu lieu. Ça a toujours eu lieu. Donc, arrêtons d'avoir cette vision des grands mots comme ça qui laisseraient penser que maintenant, on a une jeunesse disciplinée. Non, on a des phénomènes dans un contexte social difficile, liés aussi parfois à la déscolarisation. On a des phénomènes graves qu'il faut traiter.
Et ça, ça se passe par, je vous dis, avant tout, l'éducation, la formation et des moyens dans tout ce qui est animateur, prévention.
D'un mot, vous serez au rassemblement à Saint-Denis ?
Bien sûr, j'ai au rassemblement en hommage à ce jeune et puis surtout pour porter soutien à la famille qui se retrouve dans un état terrible.
Éric Coquerel, j'en viens au prix de l'électricité. Traditionnellement, ils augmentent au 1er février. C'est dans 13 jours. Et on ne connaît toujours pas l'ampleur de la taxe. Le gouvernement dit que ce ne sera pas plus de 10%. Je rappelle, vous êtes président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Il y a quelques instants, vous me dites, mais moi-même, je ne sais pas, en tant que président de la commission des finances, si ce sera 3, 4, 5, 7, 8% dans 13 jours.
Oui, mais dans 13 jours, ça tombe bien. Il paraît que c'est la discussion de politique générale de Gabriel Attal. Donc on va peut-être savoir ce que veut nous dire ce gouvernement. Même si on a pu comprendre qu'en réalité, Emmanuel Macron a déjà fait la déclaration de politique générale de son gouvernement il y a deux jours à la télé. Vous n'avez aucune information ? Non, j'ai des informations qui circulent dans les médias. J'ai cru entendre des déclarations plutôt de Bruno Le Maire dans ce sens. Bon, plus de 10% au niveau de l'énergie, ça serait terrible. Et moins, plus 5, plus 6 ?
Il faudra une augmentation de toute façon ?
En tout cas, attention, on ne va pas faire une augmentation qui est plus forte que les revenus des Français aujourd'hui.
Qu'est-ce qui est acceptable pour vous ?
Je vous dis, attendez, j'explique pourquoi. C'est qu'il y a deux raisons à l'inflation. D'abord, c'est partie de la question énergétique et après, c'est partie de la marge des entreprises dans le secteur agroalimentaire, services. Et le problème, c'est que le pouvoir d'achat des Français baisse. En tout cas, des salariés baissent.
Donc, il y a de l'énergie et de l'inflation dans l'alimentaire.
Oui, le pouvoir d'achat des Français baisse. Or, il faut savoir que, qu'est-ce qui explique qu'en France, on s'en sente un peu mieux qu'en Allemagne au niveau de la croissance sur l'année ? 0,8% de croissance, alors que les Allemands sont bien plus loin. C'est la consommation populaire qui arrive à supporter encore un peu l'économie. Elle a complètement fléchi au quatrième trimestre.
Et des dispositifs qui aidaient à maintenir cette consommation, mais dont il faut sortir, Dixit, y compris la Cour des comptes. Il faudra une augmentation des prix de l'énergie ?
Eh bien non, je crois qu'il faut regarder d'abord le pouvoir d'achat des Français. Alors, la meilleure manière de faire, ce serait par exemple d'indexer les salaires sur l'inflation. C'est-à-dire de faire en sorte que les salariés, les Français en général qui produisent des richesses, gagnent plus d'argent, mieux leur vie. Pour l'instant, ce n'est pas la politique du gouvernement. Non, on va y venir, ce n'est pas la politique du gouvernement.
Le politique du gouvernement, c'est toujours de faire des cadeaux plus riches et dans la partage de la valeur ajoutée, ce n'est pas vraiment s'intéresser aux salaires si ce n'est à des primes d'activité qui, en plus, pratiquent qu'il n'y a pas de cotisation. Mais c'est ça qu'il faut faire. Mais tant que ce n'est pas fait, gare à l'inflation. C'est pour ça que nous, on est proposé de bloquer les prix au niveau alimentaire et une telle augmentation de l'énergie, ça va mettre en précarité énergétique beaucoup de nos concitoyens qui pourront plus se chauffer avec tous les problèmes qu'on connaît aujourd'hui.
Mais sauf qu'aujourd'hui, Eric Coquerel, ce que le consommateur ne paye pas, c'est le contribuable qui le paye puisque les prix de l'électricité bas, c'est en raison d'une taxe qui avait été baissée, qui va être réaugmentée. Mais qui a été baissée il y a deux ans pour maintenir les prix au plus bas pendant la crise énergétique. C'est la même poche à la fin. Le consommateur ne peut pas être contribuable.
Je ne vais pas en aller en détail, mais on a un système de l'énergie en Europe que le chef de l'État l'avait lui-même dénoncé, qui est aligné sur la question du gaz, qui n'est pas bon. Donc il faut revoir ça. Moi, je vais vous dire une chose. Mais à la fin, c'est la même personne qui paye. Si on n'avait pas dérégulé l'énergie qui a comparativement montré été égale à une augmentation en réalité du prix de l'énergie, on n'en serait peut-être pas là. Parce que l'énergie, c'est un besoin bien fondamental. Personne ne peut en être privé pour se chauffer, pour s'éclairer, etc. Et je crois que la question, elle se pose là.
À force d'avoir dérégulé ce que veut encore faire le chef de l'État, si j'ai bien compris, eh bien, on en arrive à ce système. Donc il faut peut-être revoir de fond en comble ce problème.
Éric Coquerel, vous parlez des salaires. Est-ce que vous avez entendu ce cri lancé par Emmanuel Macron à Davos, au patron ?
Non, non. Qu'est-ce qu'il a dit ?
Il leur a dit, nous n'avons pas assez de bons emplois bien payés. Et la réponse ne dépend pas seulement des dirigeants politiques, mais aussi des entreprises. Aidez-nous à donner de l'espoir aux classes moyennes. Est-ce que vous êtes d'accord avec le constat ?
Le constat, oui.
Pas assez de bons emplois bien payés. D'accord. Et la solution, c'est aux entreprises d'augmenter, pas aux dirigeants.
Lui, il peut aussi prendre des décisions. Il peut, par exemple, décider aussi que désormais, les salaires sont indexés à l'inflation tant que l'inflation remonte. Par exemple, c'est une façon d'augmenter les salaires. Je vais vous en donner une autre proposition. Il prépare exactement à faire l'inverse de ce qu'il dit. Il y a une loi qui se prépare qui va encore casser le code du travail où, de façon à ce que le SMIC, que les salaires ne soient pas rattrapés par le SMIC, on va peut-être adapter le SMIC à chaque branche. C'est-à-dire que dans les branches où les salaires sont faibles, on va peut-être baisser le SMIC. Il y a une autre solution. On va baisser le SMIC.
Oui, c'est ce qui est pour l'instant dans les cartons. C'est-à-dire qu'on n'aurait plus un SMIC au niveau national.
C'est dans les cartons. C'est le ministre, la nouvelle ministre du Travail qui l'a annoncé.
Dans les mesures, vous avez eu plusieurs annonces en ce sens. Dans les mesures qui sont prévues, il y a des mesures de moins d'indemnisation des chômeurs de longue durée senior. On voit bien que ça va tout. Non, non, non. Ça serait dans la même loi, dans le pouvoir d'achat. Il y a des mesures peut-être qui remettraient en question un SMIC au niveau national qui l'adapterait par branche. Pourquoi ? Pour faire en sorte que dans les branches où les salaires sont faibles, les gens ne soient pas rattrapés. En gros, il n'y a pas une SMICartisation, comme on dit, de l'économie. Mais moi, je propose une autre solution.
Je précise pour nos auditeurs et nos spectateurs, il n'y a jamais eu autant de travailleurs au SMIC en France.
Il n'y a jamais autant de travailleurs pauvres aussi.
Le SMIC a augmenté, je le dis en passant, de 10% au cours des deux dernières années. Ça crée de la frustration puisque ceux qui ont des bas salaires se voient rattraper par le FI. C'est aussi ce qui crée le sentiment de déclassement.
La question, ce n'est pas le SMIC, plus 2% de pouvoir d'achat, pas plus 9, contrairement à ce qu'a dit le chef de l'État. La question, ce n'est pas le SMIC. La question, c'est que les salaires au-dessus du SMIC ne sont pas assez élevés. Pourquoi ils ne sont pas assez élevés ? Parce que depuis plusieurs années dans le partage de la valeur ajoutée, l'argent part vers le capital pour aller vite. Est-ce que vous savez, par exemple, que l'an dernier, le pouvoir d'achat global des Français a augmenté de 0,8 et simplement grâce à l'augmentation des revenus capitales ?
Ce que disent les patrons, ils disent, nous, si on veut augmenter de 100 euros de plus à la fin du mois un salarié, ça nous coûte en réalité 483 euros à l'employeur. Calcul qui a été fait par la direction statistique des ministères sociaux. 100 euros de plus sur une fiche de paye, 483 euros de plus sur l'employeur.
Comment vous expliquez que dans une situation aujourd'hui de situation économique pas compliquée, les dividendes explosent. C'est-à-dire les revenus non investis explosent. On n'a jamais gagné d'argent. Comment vous expliquez que les 5 milliardaires dans ce pays ont vu leur revenu augmenter depuis 87, leur fortune de 87%. Comment vous expliquez que 42 milliardaires, attendez, excusez-moi, 42 milliards ont gagné plus de 230 milliards. Donc de l'argent, il y en a... Oui, mais d'accord. Mais ce n'est pas le problème de taxer. Le problème, c'est comment on redistribue la richesse qui est produite. La richesse aujourd'hui produite, elle part trop vers le capital et pas assez bas les salaires.
Et comment on fait pour rééquilibrer d'après vous ?
Eh bien, par exemple, je vous propose d'indexer les salaires sur l'inflation. Ça serait déjà un début. C'est-à-dire qu'au lieu de faire en sorte que le SMIC monte moins, eh bien, on fera en sorte que les salaires montent plus. Par exemple, on pourrait aussi conditionner les aides aux entreprises qui aujourd'hui sont non conditionnés. On est champions d'Europe des aides aux entreprises. On le dit rarement en France, mais on donne de l'argent à toutes les entreprises. Celles qui, par exemple, vont licencier, celles qui, par exemple, vont faire beaucoup de dividendes au lieu d'investir, ou celles, par exemple, qui n'augmentent pas leurs salariés.
Eh bien, et dont les entreprises qui augmentent leurs salariés au niveau de l'inflation. Ça, ça serait des mesures intéressantes.
L'exécutif, Emmanuel Macron en particulier, a une idée, Éric Coquerel, pour augmenter les salaires. Alors, pas partout, dans le public, c'est d'ajouter ou d'augmenter plutôt la part de mérite dans la rémunération des fonctionnaires. Il l'a évoqué lors de sa conférence de presse mardi. Est-ce que vous dites pourquoi pas ? Après toi, un fonctionnaire qui travaille bien, c'est normal qu'il soit mieux payé. Mais ça revient à l'idée
que les fonctionnaires aujourd'hui ne travaillent pas bien et qu'ils gagnent... Mais si, ça veut dire ça. Si vous dites que la manière d'augmenter le niveau de vie des fonctionnaires, c'est de leur donner de l'argent à partir du moment où ils travaillent plus. C'est par exemple le fameux pacte pour les enseignants. On va vous donner de l'argent si vous faites des ordres en plus de devoirs après vos cours. Ça veut dire qu'on estime que vous gagnez assez pour ce que vous faites. Eh bien, moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Je pense, par exemple, le point d'indice des fonctionnaires a été gelé dans ce pays depuis des années.
Donc déjà, payons les fonctionnaires correctement à la hauteur de ce qu'ils font, payons les soignants correctement, payons les policiers correctement, etc. Et après, on parlera éventuellement peut-être de ce qu'ils pourraient gagner en plus. Mais le problème, c'est qu'ils ne gagnent pas suffisamment par rapport à ce qu'ils font aujourd'hui. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on a du mal à recouter les enseignants, du mal à recouter les infirmières, etc.
Vous parlez des infirmières, est-ce que ce ne serait pas normal ? J'imagine une infirmière qui nous écoute ce matin, qui dit « Moi, je suis très motivée dans mon travail, je suis contente d'aller voir mes patients, j'arrive à l'heure tous les jours, je suis enthousiaste. Ma collègue l'est peut-être un peu moins, et ce n'est sans doute pas de sa faute quand on voit, notamment dans l'hospitalier, l'état de l'hôpital. Mais est-ce que ce ne serait pas normal que cette infirmière au final se dise « Ah ben, finalement, j'ai un supplément de salaire ? »
C'est sans doute pas vrai. C'est-à-dire que le Covid l'a montré. Vous n'avez aucun mérite à accéder un peu plus. Chacun sait aujourd'hui, vous allez dans des hôpitaux aujourd'hui. Chacun sait que le personnel soignant, c'est lui qui tient l'hôpital. Et de manière globale, ce n'est pas quelqu'un qui travaille plus que quelqu'un d'autre. Ils font un boulot énorme. Ils ont fait un boulot énorme pendant le Covid, alors qu'ils avaient averti le chef de l'État avant que l'hôpital public était en train de craquer à force d'avoir fait des économies. Ils l'ont fait en se construisant leur propre blouse, etc. Donc c'est ce que vous êtes en train de dire, ils sont méritants, il faut les payer plus.
Non, il faut les payer plus pour ce qu'ils font aujourd'hui. Aujourd'hui, par exemple, ils sont en dessous encore de la moyenne des soignants de l'OCDE. Arrêtons avec ça. On pense que c'est des métiers essentiels. On a raison. On les paye plus. Mais ce dont on parle aujourd'hui par rapport aux infirmières, par rapport aux enseignants, vous savez aussi que 3000 postes ont été vacants au début de l'année parce que les gens n'ont plus envie d'aller faire un métier où ils se retrouvent devant 30 élèves par classe ou 26 en collège et qu'ils ont un métier très dur, mal payé ou qui les oblige en plus à se déplacer très souvent, parfois entre plusieurs collèges. Payons davantage le travail.
Justement, moi, c'est ça que je propose. Non pas de dire on va les payer plus s'ils ne travaillent plus. Payons le travail aujourd'hui plus. Ce qui veut dire qu'au niveau du partage des richesses, je vous le répète, on rémunère un peu moins le capital.
Éric Coquerel, je le rappelle, vous êtes président de la commission des finances de l'Assemblée et vous êtes lié à un dossier qui est un parfum de scandale politico-financier. Les conditions dans lesquelles le joueur de football Neymar a été transféré au Paris-Saint-Germain en 2017. Libération et Mediapart accusent le gouvernement d'avoir aidé le club à payer moins de taxes sur ce transfert. Une perquisition a eu lieu lundi au ministère de l'Économie. Et c'est Gérald Darmanin qui était ministre des Comptes Publics à l'époque qui est accusé en quelque sorte d'avoir intercédé. Vous enquêtez, vous aussi, sur ce transfert ?
Ce n'est pas que j'enquête, c'est que j'utilise mes fonctions chez le droit pour demander les documents fiscaux peut-être qui existent selon Mediapart, ce qu'on appelle des rescrits, c'est-à-dire à un moment donné des accords fiscaux qui sont donnés à tel ou tel contribuable parce qu'on estime qu'on va pouvoir baisser les impôts sur telle situation.
Vous avez écrit au ministère de l'Économie mardi
pour avoir tous ces documents.
Et vous les avez eus ? Vous les avez demandé
au plus vite ? Au plus vite. Et puis si on ne me les donne pas, j'irai les chercher. Pourquoi je fais ça ?
Vous irrez au ministère de l'Économie ?
Bien sûr, j'ai le droit de le faire. Mais en général, pour l'instant, j'ai des excellents rapports avec Bruno Le Maire. Pour l'instant, j'ai eu tous les documents que je souhaitais. Donc, je n'ai pas de raison de penser que ça ne soit pas donné. Il y a deux raisons à ça. Il y a d'abord savoir s'il y a eu quelque chose d'anormal. C'est-à-dire que ce n'est pas normal d'avoir des passe-droits de ce point de vue-là permis par amie. Si c'est le cas, c'est un problème. Et puis la deuxième chose, c'est que je m'intéresse beaucoup au sport et au football. Je fais une proposition de loi en ce moment contre la multipropriété aidée par les supporters de Red Star.
Je leur fais un signal, je leur avais promis, qui est un club formidale de Saint-Ouen. Et je m'intéresse au fait de conserver les règles sportives de concurrence éthique dans le football. Or, si vous aidez, par exemple, Paris Saint-Germain à payer moins d'impôts qu'il ne le devrait par rapport à Neymar, vous désavantagez d'autres clubs professionnels. Il y a un problème de concurrence. Et tout ça, il faut s'y attacher. Apparemment, aujourd'hui, on a un peu tendance, le gouvernement a un peu tendance. Il a failli le faire avec un amendement qui permettait à la FIFA de venir s'installer dans une espèce de zone franche, plus d'impôts, de cotisations.
Heureusement, ça a été déclaré anticonsuliel. Ce gouvernement a un peu trop tendance à vouloir adapter peut-être notre fiscalité, je veux dire, aux contingences d'un football professionnel qui devient un peu trop une bulle spéculative et parfois aussi d'intérêt pour quelques États.
Ce que dit Gérald Darmanin, ministre des Comptes Publics à l'époque, c'est que si Neymar n'était pas venu, il n'aurait pas eu de toute façon de taxes du tout de cotisations sociales par la suite de maillots vendus.
C'est la même chose qu'on nous a dit pour l'histoire de la FIFA. Heureusement, on nous a dit on devrait être content que la FIFA vienne. Excusez-moi, non, je suis content que la FIFA vienne si elle paye les impôts d'un mot
que paye n'importe qui. Si je comprends bien.
En tout cas, c'est normal que quand Neymar vient, il y ait des impôts qu'il peut payer à la hauteur. Il y a suffisamment d'argent à la fois pour le club, pour le joueur. Ce n'est pas entendable et ce n'est pas entendable par les autres clubs professionnels français qui ont raison de dire nous, on est désavantagé.
Je rappelle, le gouvernement explique qu'il n'y a rien d'illégal et du côté du Paris Saint-Germain pour rappeler les arguments des uns et des autres. J'évoque un vide juridique puisque les modalités de transfert, la clause libératoire qui existe en Espagne n'existe pas.
Peut-être que ça sera le cas mais c'est mon devoir d'aller observer.
C'est mon devoir de rappeler aussi les lignes de conduite des uns et des autres. Puisqu'on parle du Paris Saint-Germain, vous avez un avis sur la vente du Parc des Princes au Qatar ?
Moi, je ne suis pas très favorable d'une manière globale à faire en sorte que le sport aide des États dont plus on peut s'interroger sur leur situation démocratique.
Les stades restent à Paris si je vous comprends bien. Éric Coquerel, Jean-Luc Mélenchon a annoncé hier que vous vous rendriez prochainement dans le sud de Gaza à Rafa. Avec qui et pourquoi faire Éric Coquerel ?
Avec une délégation de parlementaire, j'espère. Ça y est, on a l'autorisation des autorités égyptiennes du côté de la France. Tout simplement pour deux choses. Un, pour aller populariser l'exigence du cessez-le-feu pour arrêter le massacre aujourd'hui des Palestiniens. L'ONU parle de risque génocidaire. C'est une sorte
de diplomatie parallèle que vous mèneriez
à Gaza ? D'alerte, non, pas diplomatie parallèle. Avec plusieurs députés de la NUPES, français et européens, l'idée, c'est d'aller là-bas et aussi d'aller voir les associations humanitaires qui travaillent parce que la situation à Rafa est absolument terrible. Vous voulez y aller quand ? J'espère début février.
Parce que certains vous diront est-ce que c'est opportun d'aller apporter un soutien aux populations civiles de Gaza alors qu'il y a encore cette interrogation autour de trois otages français alors que l'hommage aux victimes françaises de l'attaque du Hamas du 7 octobre n'a pas encore eu lieu ?
Excusez-moi, les civils palestiniens sont pas responsables.
Vous allez à Gaza, vous n'avez pas demandé d'aller en Israël ?
La quasi-totalité des 24 000 civils palestiniens de Gaza qui sont morts plus les plusieurs centaines qui sont morts en Cisjordanie qui n'avaient aucun rapport avec le Hamas ne sont pas responsables de ça. Mais vous n'auriez pu demander
d'aller à Gaza et en Israël en même temps ?
Non, mais là, pour l'instant, ce dont il s'agit, je ne peux pas aujourd'hui anticiper le 7 octobre. J'ai dénoncé les massacres du 7 octobre, je dénonce ce qu'a fait le Hamas. Mais aujourd'hui, par contre, il faut arrêter ce qui est en train de se passer parce qu'on parle de risque génocidaire. C'est l'ONU qu'on parle. Ce n'est pas moi, c'est l'ONU. Donc, le devoir quand il y a près de 24 000 morts dans un territoire dont manifestement le gouvernement israélien veut faire en sorte que ça ne puisse plus être une entité palestinienne pour un futur État, c'est de faire en sorte que ça s'arrête.
Je vais vous dire, ce n'est pas seulement dans l'intérêt du peuple palestinien, je pense que c'est l'intérêt du peuple israélien aussi parce qu'on ne peut pas comme ça risquer d'être en guerre contre tous les États de la région, coloniser une autre population pendant des décennies soit sans soi-même quelque part être atteint. Donc, je pense aussi que c'est dans leur intérêt que la paix revienne et la paix, elle commence par le cesser le feu.
Éric Coquerel, en marge des attaques du Hamas, deux de vos collègues se sont retrouvés pris dans une polémique récente dans, je parle de Raquel Garrido et Alexis Corbière, deux députés comme vous de la France Insoumise et de Seine-Saint-Denis. L'appui d'avoir revendiqué son antisémitisme. Ils ont écrit une lettre hier pour demander à ce que l'affaire reste privée. Est-ce qu'elle peut rester privée ?
Il me semble. En tout cas, je ne vois pas pourquoi ça rejaillirait sur eux. Je leur apporte tout mon soutien à mes deux camarades. Je ne vois pas pourquoi ça rejaillirait sur eux. Ils ne sont pas responsables des déclarations de leurs filles. Je trouve que leur lettre est très belle.
Merci Éric Coquerel. Il est 8h53. Bientôt 8h53 sur RMC et BFM TV.
Éric Coquerel