Amélie de Montchalin, invitée de RTL du 13 mai 2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous êtes sûr que pour intéresser les électeurs français, le meilleur moyen soit de résumer l'enjeu à un choix binaire pour ou contre le Rassemblement national ?
- 1:30FerméeRéponse directe
Si on est très rigoureux, la perspective de voir les nationalistes européens prendre le contrôle du Parlement européen, ce risque-là, il n'existe pas aujourd'hui ?
- 3:03FerméeRéponse directe
Est-ce que vous êtes fédéraliste ?
- 3:37RelanceÉludée
La démocratie en Europe, elle n'existe pas ?
- 3:48RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous n'êtes pas en train de rééditer une stratégie électorale qui avait démontré son inefficacité à la dernière européenne ?
- 4:21OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites sur l'immigration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Est-ce que la France veut continuer de faire avancer le projet européen et va avoir de l'influence ? »
- 0:58Invité politiqueFait
« Ce que propose le Front National, c'est tout simplement de détricoter l'Europe et c'est surtout d'arrêter de faire en sorte que la France puisse y avoir une voie. »
- 1:04Invité politiqueFait
« Si vous regardez ce qu'ils ont fait, ils ont voté contre tout. »
- 2:34Invité politiqueFait
« Quand je vais au Parlement européen, Strasbourg, et qu'aujourd'hui, de 2014 à 2019, la première délégation, c'était Front National, la France perd énormément d'influence. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Elle perd énormément d'influence parce qu'elle ne peut pas peser intelligemment et de manière efficace entre le PPE et le SND qui ont pendant des années co-géré tout ça, fait leurs petits arrangements. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Qu'est-ce que pense Marine Le Pen du fait d'avoir une politique de la concurrence rénovée qui nous permette d'avoir des fusions comme Alstom-Siemens et de pouvoir vraiment nous protéger contre la Chine et les États-Unis quand ils s'attaquent à nos marchés publics ? »
- 4:42Invité politiqueFait
« Frontex a plusieurs missions. D'abord celle de mieux protéger nos frontières extérieures quand les États ont besoin d'aide. »
- 5:04Invité politiqueChiffre
« Mais sur le renforcement des frontières, ce qu'on a voté au Parlement, déjà, 10 000 hommes en plus. »
- 6:03Invité politiqueFait
« Mais pour qu'elle soit opérante, il ne faut pas que les gens puissent passer d'un pays à un autre pour faire des demandes qui ne sont en fait pas des demandes d'asile. »
- 7:50Invité politiqueFait
« Quand Laurent Wauquiez, hier soir, nous explique que sa préoccupation, c'est l'élargissement et la lutte contre l'islamisme, l'élargissement, la France a porté jusqu'à maintenant une parole très forte en disant que l'Europe n'était pas prête. »
- 8:07Invité politiqueFait
« C'est une fake news, c'est une fausse nouvelle. »
- 9:30Invité politiqueFait
« Les règles d'éligibilité au niveau européen ne sont pas fixées par la France. »
- 10:25Invité politiqueFait
« Le président est très clair. Le climat, les frontières et la prospérité économique et sociale. »
- 11:33Invité politiqueFait
« Déjà, grâce à la loi qui a été votée il y a quelques semaines, les plateformes numériques en France vont payer un impôt. »
Temps de parole
- Amélie de Montchalin66 %
- Présentateur28 %
- ?4 %
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Matin
Yves
Calvi 7h43, excellente journée à vous tous qui nous écoutez. Elisabeth Martichoux, vous recevez donc ce matin la secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes, Amélie de Montchalin. Et merci beaucoup d'être sur RTL ce matin à l'occasion de cette spéciale européenne dans cette matinale d'RTL. Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour. Les jeux seront faits dans exactement 15 jours, on tirera les leçons du vote. En attendant, est-ce que vous êtes sûr que pour intéresser les électeurs français, le meilleur moyen, Amélie de Montchalin, soit de résumer l'enjeu à un choix binaire pour ou contre le rassemblement national comme l'a fait Emmanuel Macron jeudi dernier
? Vous savez, l'enjeu, au fond, sur la scène européenne, je ne
sais
pas s'il est binaire, mais il est assez simple. Est-ce que la France veut continuer de faire avancer le projet européen et va avoir de l'influence ? Ce que propose le Front National, c'est tout simplement de détricoter l'Europe et c'est surtout d'arrêter de faire en sorte que la France puisse y avoir une voie. Ça fait quelques années que la première délégation au Parlement européen, le plus grand nombre de députés, était Front National. Si vous regardez ce qu'ils ont fait, ils ont voté contre tout. Et donc nous, ce qu'on dit, ce n
'est
pas juste une question de savoir si c
'est
le Front National ou en marche. Ce qu'on veut, c'est est-ce qu'on veut être des pro-européens qui faisons avancer l'Europe ? Ou est-ce qu'on veut être finalement un pays qui considère qu'entre nos frontières, on va régler tout seul les questions de terrorisme, de migration, de climat, de régulation sociale, de protection de nos entreprises contre la concurrence chinoise et américaine ?
La question, c'est
stop ou encore ? Si on est très rigoureux, si on est très honnête,
et
vous l'êtes sans doute, la perspective de voir les nationalistes européens, dont le Rassemblement national, prendre le contrôle du Parlement européen, ce risque-là, il n'existe pas aujourd'hui. Je
ne
sais
pas s'il n'existe pas, j'entends
M. Berlusconi,
M. Orban, M. Salvini, Mme Le Pen faire des meetings communs toute la journée et expliquer que de l'intérieur, d'ailleurs, avec leurs amis britanniens qui peut-être vont entrer au Parlement européen, ce qu'ils ont envie de faire, c'est de tout déconstruire à
l
'intérieur. Qu'est-ce qui compte pour nous ? On veut de l'influence, c'est-à
-dire
qu'on veut pouvoir retrouver une voix française, on veut une équipe qui travaille avec des gens compétents, des gens qui ont envie de travailler et qui travaillent aussi en cohérence
avec ce que portent le président
et les ministres. Et donc vous avez besoin d'un nombre maximum d'élus,
on
l'a bien compris. Mais quand il a parlé à la première personne, Emmanuel Macron, jeudi dernier, vous y étiez, au sommet européen de Sibiu, je ferai tout pour qu'on soit premier devant le Rassemblement national. Un président ne peut pas se comporter comme ça, c'est ce que lui a répondu Marine Le Pen. Il est sorti de sa fonction, a-t-elle encore martelé hier
sur
BFM ? Moi, ce que je peux vous dire, c'est que quand je vais au Parlement européen, Strasbourg, et qu'aujourd'hui, de 2014 à 2019, la première délégation, c'était Front National, la France perd énormément d'influence. Elle perd énormément d'influence parce qu'elle ne peut pas peser intelligemment et de manière efficace entre le PPE et le SND qui ont pendant des années co-géré tout ça, fait leurs petits arrangements. Et au fond, comme le FN n'était jamais là et votait contre tout, la France en tant que pays, en tant qu'État membre, et je ne suis pas une fédéraliste ou une eurobéate, je pense que les États ont un rôle à jouer.
Vous n'êtes pas pour des États-Unis d'Europe
?
Mais je ne suis pas pour des États-Unis d'Europe,
je suis pour des États... Moi, je vous pose la question. Est
-ce que vous êtes fédéraliste
? Bien sûr que non.
Je suis pour que des États, ensemble, avec des institutions fortes et de manière démocratique, travaillent comme on l'a construit. Il y a à la fois le Conseil des ministres et le Conseil européen qui représentent les États. Il y a la Commission qui fait des propositions. Et puis, il y
a
un Parlement européen qui a été beaucoup renforcé pour sortir de la vision un peu technoïde et ultra-libérale qui était celle d'avant 2005. Sauf que pour ça,
il
faut que les gens votent. Et puis, il faut qu'ils envoient des gens qui sont prêts à travailler. Si
vous envoyez des gens qui votaient
contre tout ou qui ne sont jamais
là, en fait, la démocratie en Europe, elle n'existe pas. Amélie Manchin, vous vous souvenez de ce qu'a donné en 2014 cette dramatisation face au risque FN en 2014 ? Ça n'avait pas fonctionné. Ils sont arrivés devant. C'était le premier parti. Est-ce que vous n'êtes pas en train de rééditer une stratégie électorale, une tactique qui avait démontré finalement son inefficacité
déjà à la dernière
européenne ?
Je
peux vous parler, par exemple, de choses concrètes. Qu'est-ce que pense Marine Le Pen du fait qu'après travail égal, salaire égal sur le travail détaché, on veuille notamment aligner nos cotisations sociales pour qu
'il
y
ait
plus de convergence et moins de concurrence déloyale au sein de
l
'Union européenne ? Je ne sais pas. Qu'est-ce que pense Marine Le Pen du fait d'avoir une politique de la concurrence rénovée qui nous permette d'avoir des fusions comme Alstom-Siemens et de pouvoir vraiment nous protéger contre la Chine et les États-Unis quand ils s'attaquent à nos marchés publics
? Qu'est-ce que vous dites
sur l'immigration ? Marine Le Pen hier aussi, elle a encore interpellé votre parti sur la question des frontières en disant qu'ils veulent renforcer Frontex, mais finalement les hommes de Frontex sont des hôtesses d'accueil. Ils
sont des hôtesses d
'accueil pour tous ceux qui veulent
passer la frontière. Si Marine Le Pen avait regardé ce qui
s
'est
vraiment passé, Frontex a plusieurs missions. D'abord celle de mieux protéger nos frontières extérieures quand les États ont besoin d'aide. Elle a aussi pour mission de réaccompagner à la frontière des personnes qui n'auraient pas le droit d'être en Europe. Mais pour ça, il faut qu'on ait une règle de l'asile commune. Si vous n'avez pas la même politique d'asile en France, en Italie et en Grèce, ce qui se passe,
c
'est qu'un pays peut vous dire non. La personne peut ensuite aller
vers un autre pays. Mais d'abord sur le
renforcement des frontières.
Mais sur le renforcement des frontières, ce qu'on a voté au Parlement, déjà, 10 000 hommes en plus. Alors il faut ensuite qu'on se précise encore la date, la montée en charge. Mais 10 000 hommes en plus pour protéger nos frontières, ça peut permettre justement d'aider les pays comme l'Italie et comme l'Espagne qui sont par moments confrontés à beaucoup d'arrivées et qui ont par exemple du mal aujourd'hui à traiter les dossiers aussi vite qu
'ils
le devraient. La France, Frontex et les autres, aident par exemple aujourd'hui en Grèce
à
traiter les demandes qui sont faites en Grèce pour pouvoir les donner une issue qui soit ensuite respectée et qui puisse être appliquée. Ça, c'est notre travail. Ce qu'on veut faire sur l'immigration,
c
'est au fond assez
simple. Comme vous
avez dit, on va remettre à plat Schengen. On ne sait pas très bien finalement ce que ça
veut dire. Ça veut dire deux choses. Remettre
à plat.
Ça veut dire renforcer
Frontex ou
remettre
à plat,
c
'est-à-dire vraiment revisiter de fond en comble les
règles européennes ? C'est deux choses. C'est beaucoup mieux protéger nos frontières extérieures pour qu'il n'y ait pas de voies
qui permettent. Donc ça, c'est un renforcement. Donc ça, c'est un
renforcement. Et ensuite, la remise à plat,
c
'est qu'aujourd'hui, on a 28 politiques d'asile. La Convention de Genève, c'est quelque chose de formidable. C'est une partie des valeurs européennes. Moi, je suis pour que cette Convention, elle soit respectée. Mais pour qu'elle soit opérante, il ne faut pas que les gens puissent passer d'un pays à un autre pour faire des demandes qui ne sont en fait pas des demandes d'asile. Et donc, il faut que le droit d'asile soit extrêmement protégé, soit bien amélioré. Mais pour ça, il faut qu'on ait le même droit d'asile. Sinon, si on vous dit non en Grèce et qu
'on
vous dit oui en France et qu'ensuite on vous dit non en Allemagne, ça n'a pas de sens. Les gens ensuite circulent et donc nous n'avons pas de position claire. Donc, ce qu'on demande, c'est
une
politique d'asile commune, des frontières renforcées et un examen de la situation des personnes à l'entrée sur les pays d'arrivée.
François-Xavier Bellamy, il lui propose pour LR de pérenniser les contrôles aux entrées des frontières intérieures. Ce qui est possible, on l'a vu, il y a des dérogations pour le faire. Tant que les frontières européennes sont encore poreuses et laissent passer les flux migratoires.
Est
-ce que c'est idiot comme proposition ? Ce que nous, on est en train de faire, c'est de faire en sorte que la situation se résolve le plus vite possible aux frontières extérieures.
Et en
attendant.
Mais le
président de la République a très bien dit que si des pays ne jouaient pas le jeu du collectif, nous pourrions imaginer que certains pays soient temporairement exclus de la zone Schengen. Ce qui compte pour moi, c'est qu'on puisse être concret. Les Français, au fond, ils nous demandent pourquoi on vote pour les européennes. Il faut qu
'on
leur montre que ça a un lien dans leur vie quotidienne. Et pour ça, il faut arrêter d'être soit dans le grand mensonge, qui est celui de Marine Le Pen depuis des années, qui est de faire porter à l'Europe toutes les responsabilités, sans jamais y travailler elle-même pour que ça change. Soit être dans une vision que j'appelle un peu romantique, parfois même poétique, quand j'entends François-Xavier Bellamy et Laurent Wauquiez. C'est que d'un côté, ils ont un discours qui est très intéressant sur les valeurs, sur notre histoire. Moi, je n
'ai
rien contre tout ça. Sauf que le problème, c'est que leurs vraies propositions, ce sont des propositions qui sont proches de
l
'extrême droite, qui sont extrêmement réduites. Par exemple
?
Quand Laurent Wauquiez, hier soir, nous explique que sa préoccupation, c'est l'élargissement et la lutte contre l'islamisme, l'élargissement, la France a porté jusqu'à maintenant une parole très forte en disant que l'Europe n'était pas prête, et que nous ne pouvions pas céder à l'ouverture si nous n'avions pas renforcé un certain nombre de politiques avant. Donc c'est une fake news, c'est une fausse nouvelle. C'est-à-dire qu'il
laisse
entendre que vous, vous voulez absolument l'élargissement
à d'autres pays. Et ensuite, il nous parle d
'islamisme, mais on fait plein de propositions. Quand le terrorisme, parler d'islamisme dans la campagne européenne, c'est surfer sur les peurs et c'est faire de l'extrême droite en envoyant un candidat qui est beaucoup plus sympathique, beaucoup plus poétique, beaucoup plus romantique, qui s'appelle Franck Sous-Agrès-Bellamy. Il faut que les gens soient clairs. Qu'est-ce qu
'ils
veulent faire en Europe ? Vous savez, moi je suis ministre
de
l'Europe. Il va falloir qu'ensuite on travaille sur notre influence au Parlement. Il faut que j'en fasse de moi des gens qui ont envie de travailler pour ce pour quoi ils s'engagent. Pas pour nous faire soit des discours, soit comporter des fake news.
Petite parenthèse, tiens Amélie de Montchalin. Pendant la campagne Emmanuel Macron, campagne présidentielle, elle est promis qu'un Français qui n'aurait pas un casier judiciaire viage ne pourrait pas se présenter à une élection. On a appris la semaine dernière que Renaud Camus, polémiste d'extrême droite, condamné pour haine raciale, portait une liste, la 33ème ou 34ème anti-musulman. Il aura le droit de diffuser des clips de campagne, d'ailleurs, comme les autres. Promesse non tenue d'Emmanuel Macron ? Si vous regardez dans le
programme d'En Marche, de la renaissance, de cette alliance que nous faisons pour l
'Europe,
dans le programme Renaissance, il y a toute une partie justement sur la déontologie au Parlement européen pour que ce que nous nous sommes imposés au niveau français puisse aussi devenir ce que nous
nous imposons au niveau
européen. Vous ne l'avez pas imposé au niveau français puisque la promesse n'est pas tenue. Ce candidat qui a été condamné...
Mais parce
que les règles d'éligibilité au niveau européen ne sont pas fixées par la France. Et c'est bien pour ça qu'il faut qu
'on
travaille au niveau européen. C'est typiquement un cas où si on veut que nos valeurs soient au niveau européen, il faut travailler pour le faire. Est-ce que vous regrettez qu'il soit
candidat ?
Moi,
je
regrette que... Que
les règles
ont
été respectées. D'abord, je regrette que dans le débat public, des gens puissent dire des choses antisémites, raciales, racistes, et puissent colporter des messages de haine. Je regrette également que des gens se servent d'élections européennes pour aller faire, on voit bien, tout autre chose. Donc, bien sûr que je le regrette. Bien sûr.
Dans la lettre aux Européens d'Emmanuel Macron, c'est l'immigration qui est arrivée. On en parlait il
y a
quelques instants, en tête de chapitre. Dans le programme dévoilé la semaine dernière, c'est l'écologie qui arrive en tête. Pourquoi ? Pour draguer les électeurs écolos d
'évidence
? Parce que ce
sont
deux sujets où la solution ne se trouve pas en
France.
Elle est où votre priorité
?
Le président est très clair. Le climat, les frontières et la prospérité économique et sociale. Alors que ce soit un ou deux, deux ou un, ce qui est sûr, c'est que ce sont deux sujets majeurs sur lesquels, si nous n'avançons pas, si nous n'apportons pas des solutions, les Français, à raison, trouveront que nous leur servons beaucoup de discours et pas beaucoup de résultats. On a, nous, trois objectifs. Effectivement, sur le climat, considérer que nous ne pouvons pas tout seuls en France faire baisser le réchauffement climatique dans le monde. C'est à minima à l'échelle européenne.
Nous considérons que sur les frontières, il faut que nous soyons beaucoup plus solidaires, beaucoup plus responsables et que nous conservions un droit d'asile qui soit vraiment effectif. Et c'est l'honneur de l'Europe de le faire. Et nous considérons enfin que sur la prospérité économique et sur notre convergence sociale, le modèle économique et social européen a beaucoup de vertus. Il doit aussi se réformer parce qu'il
y a
le numérique, parce qu
'il y a
la concurrence extérieure, mais que c'est un des piliers. Si on a fait l'euro ensemble, il faut qu'on puisse continuer à faire des choses économiquement et socialement qui nous aident à atteindre la prospérité et une forme de convergence entre
nous.
À
propos de numérique, hier Yann Brossat, candidat pour le Parti communiste, estimait qu'il fallait conditionner le marché français pour les GAFA à un certain nombre de règles. Est-ce que c'est faisable ?
Déjà, grâce à la loi qui a été votée il y
a
quelques semaines, les plateformes numériques en France vont payer un impôt. Oui, non, mais
je vous parle d
'autre chose. On a compris, on en a beaucoup parlé ici. Là, est-ce qu'il faut conditionner le marché français à un certain nombre de règles pour les GAFA ?
Est
-ce que c'est faisable ? Est-ce que c'est souhaitable
?
On va voter dans quelques semaines une proposition de loi portée par mon ancienne collègue Laetitia Avia qui propose de retirer de manière automatique tous les contenus racistes et haineux d'Internet, notamment sur les réseaux sociaux. Ce sont des règles qui vont s'appliquer aux plateformes. Je ne sais pas très bien ce que ça veut dire conditionner l'accès. D'ailleurs, ce n'est pas Yann Brossat, M. Tompé, c'est Nicolas Dupont-Aignan.
Pardon pour la confusion.
Le question,
ce n'est pas une question de condition, c
'est faisons évoluer notre droit pour que des choses s'appliquent et ensuite, tous les acteurs, qu'ils soient GAFA, français ou quiconque, doivent appliquer le droit. Et donc, nous sommes en train de faire évoluer notre droit pour qu'ils payent des impôts, pour qu'ils retirent les propos racistes et haineux, pour qu'ensuite, ils soient aussi impliqués sur la non-propagation des fake news qui, on le voit, mine beaucoup la démocratie.
Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux affaires européennes qui remplace Nathalie Hibase au gouvernement, secrétariat d'État, était l'invité d'RTL. Je voulais juste vous demander est-ce une bonne candidate ou pas Nathalie Loiseau ?
Oui, c'est
une excellente candidate parce que pour porter la voix de la France,
il
faut des gens qui connaissent l'Europe puisque c'est son cas. Merci à vous.
Et l'intégralité de
l
'entretien était retrouvée.
Amélie de Montchalin