Jean-Philippe Tanguy : "Stop aux grèves le jour des départs en vacances !" (Sud Radio)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:54OuverteRéponse directe
Je vais vous parler du budget, puisque vous êtes spécialiste, entre autres, des questions budgétaires.
- 1:38FerméeRéponse partielle
Si j'ai bien compris, vous allez me dire et confirmer, nous allons, sur les 40 milliards, nous allons proposer deux tiers d'économie, deux tiers de ces 40 milliards.
- 1:56FerméeÉludée
C'est ce que vous a dit Amélie de Montchalin ?
- 2:55RelanceRéponse directe
Lesquels ?
- 3:23FerméeRéponse directe
Donc les compétences des régions seraient transmises au département ?
- 3:26RelanceRéponse directe
C'est une centralisation quand même, ça non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09PrésentateurChiffre
« Le gouvernement va nous annoncer pour 2026 un programme budgétaire, si je puis dire. Au moins 40 milliards d'économies à trouver. »
- 1:14PrésentateurChiffre
« La Cour des comptes dit, oh là là, 40 milliards, mais beaucoup plus ! Plus de 100 milliards en 5 ans, que dit François Bayrou ? »
- 1:23PrésentateurFait
« L'effort sera demandé à tous les Français. »
- 2:08Invité politiqueChiffre
« Aux dernières élections législatives, vous m'aviez reçu, moi j'avais annoncé 100 milliards à trouver. »
- 2:34Invité politiqueChiffre
« Sur l'annulation de crédits au niveau européen qui permettra à la France de ne pas avoir à verser 7 milliards d'euros l'année prochaine et encore 10 milliards en 2027. »
- 3:16Invité politiqueFait
« Donc les compétences des régions seraient transmises au département ? »
- 4:42Invité politiqueChiffre
« On dit souvent qu'il y a 500 000 élus locaux en France. »
- 6:00Invité politiqueChiffre
« Et que, d'une part, il faut redresser les comptes publics parce qu'il y a encore deux ans. Et que deux ans de déficit, ce sont des centaines, c'est plusieurs centaines de milliards d'euros de dettes qui vont encore se créer. »
- 6:19Invité politiquePromesse
« Ce n'est pas de hausse d'impôt. »
- 6:31Invité politiqueFait
« On va désindexer les retraites. »
- 6:33Invité politiqueFait
« On va dérembourser des médicaments. »
- 9:27Invité politiqueFait
« C'est les Françaises et les Français qui, après une année de travail, veulent partir en famille. »
- 13:54PrésentateurChiffre
« visa, long séjour, moins 7% depuis qu'il est ministre de l'Intérieur. Admissions exceptionnelles au séjour des immigrés, moins 30%. Interpellation d'irréguliers, plus 18,8%. Éloignement, plus 15% depuis qu'il est ministre de l'Intérieur. »
- 14:16Invité politiqueChiffre
« l'immigration n'a jamais été aussi haute. Je crois plus 3% des titres d'admission, en particulier l'Algérie, pour qui c'est vraiment toujours la porte ouverte pour les Algériens et leur régime. »
- 15:05Invité politiqueFait
« Ce qui est indispensable, c'est de donner du travail aux Françaises et aux Français qui sont au chômage. »
- 17:26Invité politiqueChiffre
« Le problème, c'est que ça crée de l'électricité 15 % du temps. »
- 18:35PrésentateurFait
« le Pentagone reconnaît que dans 2 ans, l'Iran aura la capacité de fabriquer une bombe nucléaire. »
- 20:38PrésentateurChiffre
« les 50% de droits de douane que les Américains veulent infliger à l'Europe. »
- 22:41PrésentateurFait
« Ce jeune homme de 18 ans interpellé pour terrorisme et écroué à Saint-Étienne soupçonné de vouloir commettre un attentat. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy74 %
- Présentateur26 %
≈ 5,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme et membre du bureau politique du Rassemblement National.
Jean-Philippe Tanguy, bonjour. Bonjour et merci de votre invitation. Bien, merci. Ça me fait plaisir d'être là quand même, si vous me permettez, deux minutes avant le 4 juillet. Parce que moi je voudrais vous rendre hommage quand même à quelque chose de très important pour moi, c'est la liberté de parole. Oui. Et vous savez que j'ai travaillé pendant longtemps avec M. Dupont-Aignan. Oui. Et il y a un moment où les idées qu'on défendait les souverainistes, elles n'étaient pas, comment dire, très populaires. On ne les entendait pas beaucoup et notre famille politique a failli disparaître. Et je me souviens qu'en 2012, on n'avait pas beaucoup la parole, mais on avait la parole avec vous.
Et c'est important. Moi je m'en souviens, j'étais jeune, et moi je me souviens que la liberté de parole c'est sacré. Et il n'y a pas beaucoup de gens qui la défendent, donc je voulais vous le dire ce matin.
Eh bien ça me fait plaisir, Jean-Philippe Tanguy, parce que la liberté de parole, je suis d'accord, quelle que soit la parole, elle est cette... On n'y touche pas. On n'y touche pas. Alors, vous avez votre liberté de parole. Je vais vous parler du budget, puisque vous êtes spécialiste, entre autres, des questions budgétaires. Le gouvernement va nous annoncer pour 2026 un programme budgétaire, si je puis dire. Au moins 40 milliards d'économies à trouver. On attend les annonces de François Bayrou. La Cour des comptes dit, oh là là, 40 milliards, mais beaucoup plus ! Plus de 100 milliards en 5 ans, que dit François Bayrou ? L'effort sera demandé à tous les Français.
Et il vous propose, hier soir vous avez rencontré Mélie de Montchalin. Oui, pendant plus d'une heure. Pendant plus d'une heure. Et le gouvernement vous propose d'avancer vos idées. Si j'ai bien compris, vous allez me dire et confirmer, nous allons, sur les 40 milliards, nous allons proposer deux tiers d'économie, deux tiers de ces 40 milliards. Et l'opposition devra nous proposer le complément. C'est bien cela ? C'est ce que vous a dit Amélie de Montchalin ?
Alors, ces ordres de grandeur-là, non. Mais effectivement, on a discuté, et c'est normal d'ailleurs, le Rassemblement National, on aspire à gouverner. Donc, si on aspire à gouverner, on doit proposer le rétablissement des comptes publics. Et aux dernières élections législatives, vous m'aviez reçu, moi j'avais annoncé 100 milliards à trouver. Donc, moi j'étais dans la bonne étiage avec Jordan Bardella. Et donc, on a fait proposition sur le contrôle, évidemment, de l'émigration et les restrictions au coût de l'émigration. On a proposé une année blanche européenne. C'est-à-dire qu'avant de demander une année blanche aux Français, demandons à l'Union Européenne de serrer la ceinture.
J'ai fait des propositions très concrètes et très techniques. Sur l'annulation de crédits au niveau européen qui permettra à la France de ne pas avoir à verser 7 milliards d'euros l'année prochaine et encore 10 milliards en 2027. J'ai été écouté, je ne sais pas si j'ai été entendu, mais au moins, j'ai pu exprimer jusqu'au bout mes réflexions. La lutte contre le millefeuille territorial, avec enfin la suppression de deux échelons, ça devient urgent de simplifier tout ça. Lesquels ? Les intercommunalités et les régions. Sur le conseil régional. Suppression des régions. Oui. Régions, parce que si vous voulez, régions, on a l'impression qu'on va supprimer la Normandie.
Les gens à la même Normandie. Évidemment, ce n'est pas supprimer la Normandie, le territoire. C'est supprimer le poste de conseil régional, toutes ces administrations qui ont été régionalisées, renvoyer au département qui sont les champs de proximité, d'efficacité. Et on peut travailler entre les... Donc les compétences des régions seraient transmises au département ? Exactement, au parti et aussi au préfet. Oui. Il y a quand même une recentralisation, une reconcentration à faire au sein des préfets.
C'est une centralisation quand même, ça non ?
Oui, oui, c'est une forme de centralisation.
Vous êtes centralisateurs.
On est pour donner les bonnes compétences aux beaux endroits. Il y a par exemple la compétence sociale bien exercée par les départements. Moi, je le vois dans la politique du handicap, où il y a un vrai besoin de proximité dans la Somme par exemple. Mais il y a d'autres politiques qui demandent de la coordination de la part des préfets. Par exemple, la réindustrialisation. On voit bien que ça marche que quand les préfets s'en occupent parce qu'il y a trop de sujets à coordonner. D'ailleurs, je vois que ça va dans ce sens-là, sauf qu'ils ne suppriment pas. C'est-à-dire qu'il y a un peu aujourd'hui de recentralisation vers les préfets, notamment pour les usines.
Mais on voit qu'ils maintiennent les structures parallèles dans les régions. Vous êtes anti-régionaliste ? Je pense que c'est à la fois trop grand et trop petit. C'est-à-dire que ça a créé des baronies, des dépenses somptuaires. On voit qu'il y a même des ambassades, que les régions parfois créent des ambassades à Paris ou à l'étranger. Tout ça a créé un peu des barons et c'est très dangereux. L'histoire de France, vous savez aussi, c'est depuis Richelieu et même avant, la lutte contre les baronies. Elle a tendance aux élites françaises à se constituer un peu des fiefs et c'est les Français qui payent. Et je ne crois pas que les Français étaient très contents des résultats des régions.
Mais des intercôts, il ne faut pas oublier parce qu'il y aura bientôt les maires. Et je sais aussi que vous leur donnez la parole sur Sud Radio depuis longtemps. Les maires du terrain qui ne coûtent rien avec des élus bénévoles. On dit souvent qu'il y a 500 000 élus locaux en France. On a l'impression que ça coûte clair. Non, c'est 500 000 élus bénévoles. Moi, je ne suis pas bénévole. Moi, je suis payé et je suis bien payé pour être député. J'ai de la chance. Il y a 500 000 élus bénévoles sur le terrain. Non seulement, ils ne sont pas payés, mais souvent, ils payent pour entretenir les communes. Ils passent la tondeuse gratuitement. Ils entretiennent les digues. Ils désherbent les jardins.
Et personne ne leur dit merci. Moi, je leur dis merci.
Bien, le budget, c'est pour vous, oui ou non, si je puis dire. Le budget, c'est censure ou pas censure. Vous vous prononcerez, vous ferez tomber le gouvernement sur le budget, pas sur un autre sujet. Ah si, la politique énergétique est plus sûre sur la table.
Parce que moi, on entend beaucoup de choses aussi dans les rumeurs à Paris.
Vous êtes favorable à une censure. Aujourd'hui. Vous allez attendre, évidemment, les propositions budgétaires. On est bien d'accord. Mais aujourd'hui, vous dites oui à la censure.
Moi, écoutez, la situation est tellement grave. Moi, je suis dans le respect. On est convocés. Enfin, on est convocés. On est invités par le gouvernement à donner des propositions. Si je vais au nom des Français en disant à la télévision ou à la radio, oui, oui, on va discuter. Alors qu'en fait, mon seul objectif, c'est de censurer. Eh bien, ce n'est pas honnête pour les Français. Et les Français dans ce cas-là, on le dit aux gens. Et on dit au gouvernement.
Donc, la censure n'est pas automatique.
On fait comme les insoumis. On fait comme les insoumis. On dit quoi ? Que dise le gouvernement ? C'est nul. On censure. Moi, je pense que ça n'a pas d'intérêt. Parce que la situation est grave. Et que, d'une part, il faut redresser les comptes publics parce qu'il y a encore deux ans. Et que deux ans de déficit, ce sont des centaines, c'est plusieurs centaines de milliards d'euros de dettes qui vont encore se créer. Donc, si on peut arrêter la machine infernale, écoutez, c'est la responsabilité de tout le monde de le faire. Donc, on fait des propositions. Si elles sont entendues, on verra. Par contre, il y a des lignes rouges très claires. Ce n'est pas de hausse d'impôt.
Les Français paient trop d'impôt. Les classes moyennes et populaires paient trop d'impôt. Mais aussi des impôts déguisés. Parce que ça, vous connaissez bien sur Sud Radio aussi. Vous l'identifiez souvent. Ce n'est pas des hausses d'impôt. Mais c'est indirect. On va désindexer les retraites. C'est une hausse d'impôt. On va dérembourser des médicaments. C'est une hausse d'impôt puisque vous payez des cotisations et vous n'avez rien en face. Donc, on ne veut pas que les Français paient injustement les efforts. Il y a tellement d'efforts à faire sur la bureaucratie, sur les gaspillages, sur l'Union Européenne, sur l'immigration, sur les normes. Déjà, quand on aura fait le ménage, on verra.
Mais je peux vous dire qu'il y a de la marge.
Bien.
Pas censure automatique. Donc, on est bien d'accord. Non, parce que c'est un manque de respect pour les Françaises et les Français. Le Parlement, il a été élu. Il ne tombe pas du ciel. Les Françaises et les Français, ils ont voulu cette géographie politique. Moi, je le regrette. Je pense que Jordan Mardella méritait d'être Premier ministre et qu'on aurait pu faire des choses très urgentes pour la France. Mais c'est ainsi. Et moi, je me soumets au vote populaire. Et donc, j'essaie de trouver des solutions. Par contre, comme on l'a fait avec M. Barnier, qui avait mis 40 milliards d'impôts sur la table, ce sera non.
Bien. Jordan Mardella, qui, lui, appelait à une présidentielle anticipée. Il l'a dit publiquement. D'ailleurs, il a changé d'avis, puisque maintenant, il demande une dissolution. Oui, on demande un peu les deux.
Donc, je ne suis pas sûr qu'il ait changé d'avis. C'est-à-dire que vous demandez les deux ? C'est-à-dire que plus vite Marine Le Pen arrive à l'Élysée, mieux c'est. Et plus vite Jordan Mardella arrive comme Premier ministre, mieux c'est.
Oui. Plus vite Marine Le Pen arrive à l'Élysée, en fonction de son calendrier judiciaire, évidemment.
Oui, mais nous, nous pensons que, dans l'attente, Marine Le Pen est innocente et qu'elle le prouvera vite. Donc, vous demandez une présidentielle anticipée. Mais ça veut dire qu'il faut être cohérent. On ne peut pas... Là où Jordan Mardella avait raison, c'est qu'on ne peut pas dire aux Français que M. Macron doit rester au pouvoir parce qu'on serait gênés. On n'est pas gênés. Marine Le Pen, elle est innocente. Donc, la logique, c'est que M. Macron doit partir le plus vite possible. Elle est innocente, nous verrons bien. Oui, moi, je pense qu'elle est innocente. Nous verrons bien. Moi, je pense qu'elle est innocente. J'affirme qu'elle est innocente et je la défends.
Voilà, et je la défends matin, midi et soir. Et je suis fier de la défendre parce que c'est une honnête femme injustement accusée. On ne va pas rouvrir le procès. Mais moi, je ne lâcherai rien sur l'innocence de Marine Le Pen.
Parce que nous ne sommes pas des procureurs ni des juges. Mais Jean-Philippe Tanguy, ça veut dire que vous demandez le départ d'Emmanuel Macron. Bien sûr qu'on demande son départ.
Il est incompétent, il est dangereux pour la France. Plus vite il part, mieux c'est.
Vous demandez son départ.
Mais Marine Le Pen a toujours demandé. On a toujours demandé que M. Macron devait partir. Là où il y a des malentendus, c'est qu'il y a des gens qui demandent la destitution de M. Macron. Et c'est vrai que nous, on ne veut pas entamer la destitution. Pourquoi ? Parce que ça ne marche pas. Il ne va pas partir de lui-même. On pourrait faire une pression politique. Mais il pourrait en tirer les conséquences de son incapacité. Mais pourquoi ? Parce que j'entends ici ou là, il faut dire sur le réseau social, destitution de Macron. On ne peut pas le destituer puisque le Sénat ne votera pas. Donc ça ne sert à rien de faire des promesses aux Français qu'on ne peut pas tenir.
Moi, j'en ai assez d'entendre des. C'est facile de dire, oui, destitution, renvoyez-les. On ne peut pas le voter. Mais ça ne sert à rien de promettre aux Français des choses qui n'existent pas.
Grève des contrôleurs aériens intolérable, disent les compagnies aériennes.
Vous aussi ? Ce n'est pas les compagnies aériennes. C'est les compagnies aériennes, je m'en fiche. C'est les Françaises et les Français qui, après une année de travail, veulent partir en famille. Vous savez à quel point un billet d'avion, comme un billet de train d'ailleurs, ça représente parfois et souvent un poids très important dans le budget des ménages. Parfois, les familles économisent un an pour pouvoir se payer un billet d'avion. Et on leur dit, non, vous ne partez pas. Donc, ça suffit de faire des grèves le jour des départs ou pendant les départs en vacances. On peut faire grève presque toute l'année. Il y a plein de moyens de se faire entendre.
Moi, je suis très attentif aux droits sociaux. Bon, les contrôleurs aériens, ce n'est pas les plus maltraités de France entre nous. Au niveau social, c'est un travail difficile. C'est une responsabilité parce que vous avez la vie déjà en main. Mais on peut défendre ses droits, avoir conscience aussi qu'on n'est pas maltraités quand même par rapport aux autres Français, mais les respecter et ne pas faire grève pendant les départs en vacances. Ce n'est pas les oligarques qui sont gênés quand les contrôleurs font grève pendant les vacances. C'est comme le métro, les bus, les services publics. C'est les honnêtes gens. C'est les classes moyennes.
Donc moi, j'ai toujours dit avec d'autres, à ceux qui font grève, pour avoir le soutien du peuple, et le soutien du peuple, vous l'aurez si votre cause est juste, faites grève contre les oligarques, bloquez ceux qui dirigent la France et n'allez pas embêter les classes moyennes qui bossent.
Jean-Philippe Tanguy, vous avez une cible en ce moment à l'Assemblée Nationale, c'est Bruno Retailleau et dans tous vos discours au Rassemblement National.
Vous reconnaîtrez que moi, j'ai toujours dit.
Alors, Bruno Retailleau s'est adressé à vous. Vous me qualifiez de nombreuses attaques et voyez-vous, j'y vois plutôt une marque d'intérêt. Voilà ce que vous a dit Bruno Retailleau.
Vous vous intéressez à lui ? Non, je m'intéresse à ses mensonges. À ses mensonges ? Oui, parce que je suis habitué, malheureusement, vous savez. Moi, j'ai grandi avec le traité de Lisbonne. C'est un menteur, Bruno Retailleau ? Oui, il m'en beaucoup. Je le regrette d'ailleurs. Je vais vous donner un exemple. Hier, il a fait une tribune sur la politique énergétique, parce qu'effectivement, les incohérences de son parti commencent à se faire sentir, à lui coûter des voix.
Et donc, il a écrit une tribune, que tout le monde peut lire au Figaro, où il dit, par exemple, que c'est la faute de Ségolène Royal, s'il y a des éoliennes et des panneaux solaires en France qui coûtent très cher aux Français. Et bien, Mme Royal, elle a le dos large. Parce que c'est, vous le savez, c'est le grenelle de l'environnement, de Nicolas Sarkozy, qui a lancé l'invasion à la submersion des éoliennes en France. Donc, mentir à l'oral, c'est une chose. Mentir à l'écrit, s'en est une autre. Donc, Ségolène Royal a une grande part de responsabilité, malheureusement, dans le naufrague énergétique. Mais c'est trop facile de l'attaquer et de mentir par écrit.
Et j'aimerais et j'espère que les journalistes vont rétablir les choses. Parce qu'il y en a marre qu'on puisse écrire n'importe quoi. Tout le monde peut vérifier. D'ailleurs, j'ai mis sur Internet, sur mes réseaux sociaux. Tout le monde peut vérifier. C'est Sarkozy qui avait dit, pour un euro dans le nucléaire, un euro dans l'éolien et le solaire.
Oui. Jordan Bardella l'a dit, Nicolas Sarkozy, lors de leur déjeuner ? Peut-être, mais je ne sais pas ce qu'ils se sont dit. Je vous pose la question, puisque... Ben oui, non, mais... Je ne sais pas. Bon, c'est une petite remarque.
Mais dites-moi. Non, mais par contre, excusez-moi. Vous savez en plus que c'est intéressant de discuter avec ses adversaires politiques. Vous avez un ancien président de la République qui vous invite pour discuter. C'est intéressant. Il faut avoir de l'humilité dans la vie. Il y a des gens qui ont exercé des responsabilités. Même s'ils se sont trompés, même si on a des accords avec eux, il faut écouter l'expérience. Moi, si demain, François Hollande me propose, je ne pense pas qu'il le fera, de discuter et d'échanger, ça m'intéresserait. Parce que même si je ne suis pas d'accord avec lui, c'est toujours intéressant d'avoir des discussions.
Jordan Bardella et pas Marine Le Pen.
Non, alors pour le coup, M. Sarkozy, d'ailleurs, le dit publiquement, a une espèce de vieille culpabilité envers Marine Le Pen, pour une raison simple. C'est que d'une part, effectivement, vu le bilan de M. Sarkozy, on n'allait pas soutenir M. Sarkozy. Alors, il le regrette, mais il n'avait qu'à pas trahir les Français avec le traité de Lisbonne, avoir des records d'immigration, mettre M. Kouchner de gauche, au lieu de passer le Karcher, comme il l'avait promis aux Françaises et aux Français. Donc, on ne va quand même pas s'excuser pour le bilan de M. Sarkozy. Mais M.
Sarkozy, comme beaucoup d'hommes politiques français, en particulier des hommes, il faut bien le dire, c'est toujours la faute des autres.
Alors, pour en revenir à Bruno Retailleau, parlons d'immigration, parce qu'il y a une querelle de chiffres. Les chiffres de l'immigration baissent depuis qu'il est ministre de l'intérieur. C'est le Figaro qui a titré, et des chiffres sont donnés par Bruno Retailleau. Pardon ? Ce n'est pas Libération.
Oui, le Figaro, tous les jours, Retailleau, 2, 4...
Pourquoi le Figaro ? C'est la feuille de propagande de Bruno Retailleau ?
Tous les jours. Tout le monde peut vérifier. J'invite, c'est un très bon journal pour plein de sujets. Mais tous les jours, vous avez le bulletin officiel. Ce n'est pas de la Grande Armée, c'est de Retailleau. C'est le bulletin officiel de Retailleau ? Tous les jours, tous les jours. Tous les jours que Dieu fait. D'où cette tribune sur l'énergie, où il raconte n'importe quoi, où le Figaro ne fait même pas remarquer des choses factuelles que tout le monde peut vérifier.
Enfin bon, visa, long séjour, moins 7% depuis qu'il est ministre de l'Intérieur. Admissions exceptionnelles au séjour des immigrés, moins 30%. Interpellation d'irréguliers, plus 18,8%. Éloignement, plus 15% depuis qu'il est ministre de l'Intérieur.
Ça devrait vous ravir. Non, mais parallèle, les chiffres officiels, ceux qui sont vraiment sortis, pas les chiffres qui sortent juste de M. Retailleau quand ça l'arrange, l'immigration n'a jamais été aussi haute. Je crois plus 3% des titres d'admission, en particulier l'Algérie, pour qui c'est vraiment toujours la porte ouverte pour les Algériens et leur régime. Écoutez-moi, si un jour il y a une baisse de l'immigration, eh bien tant mieux. Moi je prends toutes les moins mauvaises nouvelles. Par contre, excusez-moi, si un jour M. Retailleau nous dit au lieu d'avoir fait 500 000 entrées, j'en ai fait 480 000, ce sera toujours 480 000 de trop.
Il y a de la marge. Jean-Philippe Tanguay, l'immigration, Giorgia Méloni en Italie a d'abord régularisé 450 000 étrangers, non communautaires, et puis nouveau décret signé qui autorise 500 000 entrées d'étrangers entre 2026 et 2028 en Italie. En 50 pouvoirs, 1 million de travailleurs extra communautaires accueillis en Italie. L'immigration est indispensable parfois ?
Pas du tout. Ce qui est indispensable, c'est de donner du travail aux Françaises et aux Français qui sont au chômage. Moi, dans ma région, la Picardie, on a un taux de chômage beaucoup plus important que la moyenne. Il y a des gens qui viennent toutes les semaines me voir à ma permanence, qui attendent une formation, qui attendent un travail. Ils veulent travailler. On entend toujours, oui, dans la restauration, dans l'hôtellerie, on a besoin des immigrés.
Mais Giorgia Méloni n'est pas un exemple pour vous.
C'est des Picards. Non, moi je la respecte. Moi je respecte, évidemment, on peut avoir des proximités sur certaines choses, mais je pense qu'elle se trompe en faisant venir autant d'immigrés pour travailler. Il y a des Italiens qui cherchent un travail. Il y a beaucoup de chômage aussi en Italie, notamment des jeunes. qu'il y a tellement de chômage que les jeunes partent de leur famille à 25-30 ans qui cohabitent avec leur famille tellement longtemps qu'ils ne se marient pas et qu'ils ne font pas d'enfants. Et c'est un cercle infernal. Je pense qu'ils se trompent, voilà. Bien.
Dites-moi, si nous parlions des énergies renouvelables... Ah ! On en a un peu parlé avec les mensonges de M. Rossaillon. Vous savez que c'est un sujet moratoire sur les énergies renouvelables. Vous avez voulu ça. Oui. Indispensable. Pourtant, je regardais quand même... Je suis allé m'intéresser de près aux éoliennes marines qui produisent une électricité moins chère que le nucléaire.
Mais non, mais ce n'est pas vrai parce que ça, c'est l'énergie qui sort du moulin, si je puis dire. Mais après, il faut raccorder l'éolienne et surtout, c'est ce qu'on appelle les mécanismes d'équilibre. Le problème de l'éolien... Alors, l'éolien en mer produit plus qu'à l'éolien sur Terre. C'est entre 30 et 40 %. Oui. Mais il y a quand même 60 %. Et ce n'est pas quand vous voulez. Donc, quand il y a des anticyclones et qu'il n'y a pas de vent, c'est surtout les moments où il fait le plus chaud ou le plus froid. Vous avez besoin d'électricité. Et bien, soit il vous faut des centrales à gaz, des centrales à charbon ou surtout, effacer le nucléaire. Il faut un mix énergétique.
Oui, mais un mix, voilà. Parce que les gens, quand on dit mix, ils pensent que oui, ma petite dame ou mon petit monsieur, peut-être bien que oui, peut-être bien que non, ils font un peu de tout. Non. Avant, on avait un mix entre le nucléaire et l'hydroélectricité. Ça fonctionnait très bien. Et surtout, c'était très rentable. Là, ça ne marche pas parce qu'il faut compenser. Ce n'est pas compliqué. Quand vous avez une usine qui ne marche pas 60 % du temps, ce n'est pas très rentable. Un artisan aujourd'hui, un boulanger, s'il a un four et que son four n'est utilisé que 40 % du temps, sa boulangerie, elle va fermer.
Donc, structurellement, si vous voulez, le problème des énergies intermittentes, ce n'est pas qu'elles soient renouvelables. Intermittentes, qui ne sont pas pilotables, c'est qu'il faut compenser quand elles ne produisent pas. C'est pour ça le solaire. Moi, je vois le solaire, j'ai des questions. Moi, je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt. On dit, pourquoi ? Vous êtes contre le solaire, ce n'est pas méchant, c'est des panneaux sur les toits. Le problème, c'est que ça crée de l'électricité 15 % du temps. Entre 10 heures et 16 heures, vous avez un pic de production en France. Et qu'est-ce qu'on en fait de ce pic de production ? On ne va pas ouvrir une usine 4 heures par jour.
Donc, on est obligé d'effacer du nucléaire. C'est pour ça que la facture a augmenté. Ce n'est pas facile à comprendre. Mais paradoxalement, si vous avez des prix négatifs sur le marché européen, à la fin, ça coûte plus cher parce qu'il faut compenser. Et donc, en fait, c'est un système vicieux. De toute façon, les Français ont bien vu, depuis qu'on met des éoliennes et des panneaux solaires partout, que leur facture, elle a doublé. Jean-Philippe Tanguy,
Cécile Collère et Jacques Paris sont emprisonnés maintenant depuis 3 ans en Iran et maintenant inculpés d'espionnage au profit d'Israël. Ils risquent la peine de mort. Je dis bien la peine de mort. À propos de l'Iran, je vous pose la question. À quoi ont servi les bombardements israéliens et américains ? Le régime est plus répressif que jamais. Regardez Collère et Paris, qui sont condamnés à la peine de mort. L'Iran s'est retiré de l'AEIA. Et non seulement ça, mais le Pentagone reconnaît que dans 2 ans, l'Iran aura la capacité de fabriquer une bombe nucléaire. Alors, je vous pose la question. À quoi ça a servi ?
Alors, le risque de surrépression, on l'avait signalé avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. On avait donné l'exemple de la première guerre du Golfe. Saddam Hussein avait été frappé et était sorti du Koweït. Et après, effectivement, il y avait eu un retour répressif et les pays occidentaux n'avaient pas protégé les opposants internes. Donc, on avait alerté sur ce risque. Et c'est dommage, effectivement, et que la France, d'ailleurs, a une responsabilité là-dedans de ne plus être audible, de ne pas avoir fait pression pour éviter les répressions plus graves. Donc, il faut continuer la pression sur l'Iran. D'ailleurs, je note que M.
Macron, après avoir dit qu'il ne le referait pas, a repris contact avec Vladimir Poutine, qui, avec la Chine, est un des seuls régimes à avoir un peu de lien et de pouvoir sur le régime iranien. Donc, il faut continuer la diplomatie pour protéger nos ressortissants. Ceci dit, ils étaient aussi maintenus en prison, et vous l'avez dit, depuis deux ans. Et ça n'avançait pas non plus. Et croupir dans les prisons politiques du régime iranien, c'est une forme aussi, malheureusement, de peine de mort. Il peut arriver des malheurs à tout moment. Donc, nous, on est évidemment solidaires. Il faut absolument reprendre le dialogue avec la Chine et la Russie pour faire pression sur l'Iran avec d'autres.
Par contre, attention, vous savez, la Corée du Nord, un jour, ils ont eu la bombe. Donc, aussi, ne pas intervenir et dire, oui, oui, on discute, on discute, et puis un jour, vous discutez, ils vous mettent la bombe nucléaire sur la table.
Mais quand on intervient, on intervient jusqu'au bout, on n'intervient pas.
Non ? On n'avait pas non plus envahir l'Iran. Moi, je n'ai pas encore les informations, même si, effectivement, vous avez raison, le Patagone a dit ça, sur l'efficacité réelle du bombardement. Moi, je pense que, paradoxalement, c'était la moins pire chose à faire.
La Corée du Nord a fabriqué clandestinement
sa bombe atomique. Enfin, clandestinement, c'était toujours avec des discussions, et il y avait aussi la IUA qui essayait d'intervenir. Et la Chine, pour le coup, avait essayé d'intervenir, elle n'a pas réussi. Donc, moi, une fois plus, il faut continuer les efforts. Moi, je regrette que l'accord historique avec l'Iran n'avait pas été poursuivi, et ça a toujours été notre position. Il faut essayer de renouer les fils. Mais attention, il est évident que l'Iran voulait avoir la bombe le plus vite possible.
À propos des États-Unis, puisque vous faites allusion à Donald Trump, qui avait rompu cet accord, la guerre commerciale, que doit-on faire ? Parce que ça approche, les 50% de droits de douane que les Américains veulent infliger à l'Europe. Quelle réponse doit-on donner ? C'est une réponse européenne, bien sûr.
Enfin, c'est l'Europe qui a la politique commerciale. Mais déjà, au sein, il faut quand même défendre les intérêts de la France, parce qu'en fait, le commerce avec les États-Unis et la France est plutôt équilibré. Les États-Unis ne sont pas perdants, et on n'arrive pas à le défendre. C'est un avantage par rapport aux autres. Le problème, c'est le comportement, d'une part, souvent, des Allemands, qui a une politique mercantiliste et qui a voulu avoir les États-Unis aussi depuis trop longtemps. Et puis, en plus, ils ne participent pas à la défense commune. Et aussi, les paradis fiscaux comme l'Irlande, qui sont des refuges pour les multinationales américaines.
Et l'Union européenne organise, comment dire, la fraude au sein de son propre marché. On ne fait rien. Donc, Donald Trump, il défend les intérêts américains. Et malheureusement, en face, on ne défend pas les intérêts de l'Europe, en particulier de la France. Donc, Donald Trump, il a été élu. Donc, 50%, on met des droits de douane aussi de 50%. Bien sûr. De toute façon, ce qu'il faut au-delà de ça, c'est quoi, M. Bourdin ? Et vous savez que le Rassemblement National, et Marine Le Pen en particulier, le dit depuis 15 ans. Il faut démondialiser l'économie. La mondialisation de l'économie n'est pas une chance pour les pays européens.
Ce n'est pas une chance pour les ouvriers, les classes moyennes, les entrepreneurs. Ça crée de la concurrence déloyale. Ça crée de la tension entre les peuples. Ça crée des injustices. Ça crée des enrichissements massifs au détriment de pauvres gens qui sont exploitées.
Donc, on interdit les chiites,
on interdit tes moules, on interdit... Ça ne sert à rien d'interdire. Il faut relocaliser. Il faut refaire des huiles en France. Ça ne sert à rien d'interdire les importations. Si on ne les produit pas en France, ça va juste augmenter la facture et les gens, ils auront moins de pouvoir d'achat. Il faut une politique sérieuse, durable. Il faut dire la vérité aux gens. Moi, sur mon territoire, j'ai des friches industrielles au centre des villes parce qu'on a fermé des gens qui savaient travailler et qui faisaient des produits de qualité. Il faut miser sur les gens.
Les milliers de femmes bengalis qui sont mortes, écroulées sous les murs d'une usine textile dégueulasse où c'était de l'esclavage moderne. Donc, il faut arrêter d'organiser l'esclavage moderne et après se plaindre qu'il y ait soi-disant des populistes. Eh bien, il y a des populistes parce que les gens ne veulent pas être exploités.
Jean-Philippe Tanguy, une dernière question. Vous avez vu ce fait divers. Ce jeune homme de 18 ans interpellé pour terrorisme et écroué à Saint-Étienne soupçonné de vouloir commettre un attentat. Il fait partie de la mouvance in-cell masculiniste. Une idéologie anti-féministe. La haine des femmes, ça veut dire quoi, selon vous ? C'est quoi ? C'est un délitement de l'ordre social ? Non, ben, heureusement, ça a toujours existé. Écoutez... Non, ça...
Ça s'intensifie sur les réseaux sociaux. Ah oui, il y a un peu qui est intensifié sur les réseaux sociaux, sans doute, mais qui est des matrises et des courants misogynes. C'est une idéologie. Enfin, je vous rappelle quand même que les Français ont donné le droit de vote aux femmes en 1945. Enfin, que jusqu'à l'Iscard d'Estaing et jusqu'à certaines droites, la femme ne pouvait pas ouvrir un compte bancaire sans le consentement de son mari. Donc, la misogynie en France, malheureusement, ce n'était pas il y a si longtemps que ça. Donc, il faut faire attention. Il y a des courants complètement dingues. Vous savez que moi, je suis pour la dissolution.
Avec Marine Le Pen, on avait écrit à tous les premiers ministres depuis cinq ans pour la dissolution des groupes d'extrême droite et d'extrême gauche, mais aussi d'extrême droite. Les masculinismes, ce sont des idéologies d'extrême droite. Il faut les combattre. Il faut s'en débarrasser. Et puis, il y en a quelqu'un aussi, il faudrait envoyer un optat psychiatrique parce qu'il y en a visiblement qui ont un problème qui n'est pas forcément idéologique, mais il y a un pète au casque parce que pour avoir la haine des femmes, la haine des gens qui t'ont mis au monde, qui te t'ont éduqué, qui sont ton épouse, ta soeur, tes amis, il y a un moment, il faut aussi aller voir un psy.
Jean-Philippe Tanguy