Présidentielle 2027, M. Le Pen, fin de vie : Yaël Braun-Pivet s’exprime
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il n'y a aucun enrichissement personnel, mais il y a un détournement de fonds publics. C'est grave. C'était manifestement systémique.
J'ai cru comprendre que les Français, à travers toutes les études que l'on peut lire, sont très attachés à la probité de leurs élus. - A.-E.Lemoine: Ils pourraient élire pour la 1re fois une présidente de la République condamnée. - Y.Braun-Pivet: S'ils le font, ils le feront en connaissance de cause.
Je pense que la probité reste une priorité pour nos compatriotes. - A.-E.Lemoine: Dans le dernier sondage Ifop publié hier, la dirigeante du RN gagne 4 points par rapport à la mi-juin pour se situer à 36 % d'intentions de vote.
E.Philippe obtient 19 %. C'est un pari gagnant que fait M.Le Pen en se présentant malgré cette condamnation? - Y.Braun-Pivet: On est en juillet 2026.
L'élection présidentielle est en avril et mai 2027. La campagne va commencer. Je crois en la politique.
Une campagne sert à porter des idées, une vision, à convaincre et à confronter les visions qui s'opposent. La campagne va commencer. C'est une mise de départ. - A.-E.Lemoine: Ca pourrait donner le sentiment que les Français ne lui tiennent pas rigueur de cette condamnation. - Y.Braun-Pivet: On verra bien.
Je crois en la politique. Je crois en la campagne. Je suis convaincue que le projet pour la France de M.Le Pen est mauvais pour notre pays, qui va le diviser et dresser les Français les uns contre les autres.
Il n'a rien à voir avec ce qu'est notre pays. Nous allons pouvoir le démontrer dans le cadre d'une campagne électorale. - P.Cohen: On va écouter 2 candidats du bloc central, 2 anciens Premiers ministres, qui disent à peu près la même chose: vivement qu'on parle du fond.
C'est E.Philippe et G.Attal qui réagissent à la candidature de M.Le Pen. - G.Attal: On ne peut pas dire que ça arrange qui que ce soit de voir un tel affaiblissement de la fonction présidentielle et une prise en otage de la campagne présidentielle.
Je préférerais qu'on parle de fond. La situation évite d'avoir à parler du fond du programme du RN. - E.Philippe: Madame Le Pen est désormais pour l'Europe.
Je dis que ces questions sont des questions sérieuses pour la France de demain. Elles sont sérieuses pour nos enfants. Je veux les traiter sérieusement. - P.Cohen: Pour l'instant, vous ne soutenez aucun candidat. - Y.Braun-Pivet: Je n'ai pas changé. - P.Cohen: Est-ce que ces deux-là peuvent attendre janvier ou février, c'est en gros l'accord qu'ils ont passé, pour se départager?
Ca vous semble un calendrier raisonnable? - Y.Braun-Pivet: Non.
C'est trop tard, évidemment trop tard. Mais surtout, c'est pas une question de personne. Quel est le projet qu'on porte ensemble?
Qu'ils se rassemblent, c'est la base. Pour porter quel projet? En ce moment, des idées différentes émergent, des désaccords, sur la question des retraites, par exemple.
Ce n'est pas possible. Pour porter une vision et un projet pour la France, il faut convaincre les Français. On ne peut pas avoir 12 projets qui se fassent concurrence.
C'est une question de personne, mais avant tout une question de projet. Discutons pour voir quelle est la vision et le projet que nous portons pour la France, avec un regard lucide sur ce que nous avons fait. J'entends que tout sera nouveau et qu'on ferait table rase.
Ce n'est pas la vision que j'ai. Ca fait 10 ans que nous sommes aux responsabilité. Nous n'aurons aucune crédibilité vis-à-vis des Français si nous ne leur disons pas "ça, nous l'avons bien fait et nous en sommes fiers".
Par exemple, le budget de la défense. Nous avons baissé l'impôt sur les sociétés. Nous avons de la réussite de la politique de l'apprentissage.
Après, il y a aussi des choses qu'on n'a pas bien faites et sur lesquelles on a échoué. On pense à la réforme démocratique. On n'a pas fait le non-cumul des mandats... - P.Cohen: Il faut un droit d'inventaire? - Y.Braun-Pivet: C'est important.
Les Français attendent un message de vérité. Il faut qu'on leur explique pourquoi on ne l'a pas fait. Je suis aux responsabilités.
C'est aussi mon job de faire cet inventaire. Je n'attends pas qu'eux le fassent. Ils doivent le faire, mais moi aussi et tous les responsables de la majorité, sinon nous n'aurons aucune crédibilité pour demander aux Français de nous faire à nouveau confiance. - A.-E.Lemoine: Le Sénat a rejeté pour la 3e fois la proposition de loi sur l'aide à mourir.
G.Larcher, président du Sénat, a promis dans une interview au "Figaro", de saisir le Conseil constitutionnel sur ce texte pour lequel l'Assemblée nationale aura le dernier mot mercredi prochain. Il rappelle que le gouvernement a toujours la possibilité de le suspendre avant mercredi, avant le vote définitif à l'Assemblée.
C'est de l'obstruction? - Y.Braun-Pivet: Non.
Chacun est dans son rôle. Saisir le Conseil constitutionnel, c'est très bien. Il y aura des parlementaires, des députés et des sénateurs qui le saisiront.
Peut-être aussi le président de la République. Sur un texte aussi grave et aussi lourd, il faut s'assurer que nous avons bien légiféré. Le regard du Conseil constitutionnel m'apparaît comme très important et précieux.
Ensuite, il y a une procédure parlementaire. Le gouvernement n'a fait que suivre la procédure. Dans le cadre de cette procédure, l'Assemblée nationale a le dernier mot pour une raison très simple: nous sommes les élus du peuple.
Nous sommes élus au suffrage universel direct. Nous avons réussi à délibérer sur ce texte. A plusieurs reprises...
J'ai présidé beaucoup de débats...
Je suis très fière de l'Assemblée nationale. Elle a réussi à débattre sereinement, à respecter les convictions de chacun. Nous avons adopté, jusqu'à présent, un texte qui m'apparaît rigoureux et équilibré.
J'espère que nous le voterons la semaine prochaine. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il n'y aura pas d'interruption de la procédure législative. Le texte est inscrit.
Le vote a été décidé. Il aura lieu mercredi prochain. - P.Lescure: Sujet qui reste inflammable entre ceux qui sont pour et ceux qui sont contre.
Une polémique a éclaté hier soir après la publication d'un article du "Figaro" révélant l'organisation d'une réception quelques heures après le vote, au ministère de Relations avec le Parlement. Un conseiller a relayé l'initiative aux membres de la convention citoyenne sur la fin de vie. Il évoquait un "cocktail de célébration".
Indignation de B.Retailleau. La rencontre va être reportée.
Vous êtes très favorable à ce projet de loi. Il faut laisser faire le chemin parlementaire? - Y.Braun-Pivet: C'est un sujet trop lourd.
On voit bien que certaines consciences sont bousculées. Celles aussi qui sont favorables à l'aide à mourir. Ce ne sont pas des décisions faciles et ce n'est pas un vote facile.
Je ne connais aucun parlementaire qui ne se soit pas interrogé aux tréfonds de sa conscience pour décider du chemin qu'il allait prendre. Evidemment que ça n'est pas un vote que l'on célèbre. On ne le fête pas.
C'est un sujet trop lourd. On va permettre à des gens atteints de maladies graves et incurables, qui souffrent de souffrances qui ne sont pas apaisables...
Evidemment qu'on ne célèbre pas cela. Il faut simplement se satisfaire, peut-être, d'un travail accompli du mieux que nous pouvions. Nous avons essayé, en tant que parlementaires, de prendre en compte cette situation terrible dont tout le monde a connaissance.
Gardons de la gravité sur ce sujet, que l'on soit pour ou contre. Avançons. - A.-E.Lemoine: C'est la chronique d'A.Lambret. - A.Lambret: C'était l'une des vitrines de la politique antistups du gouvernement: ce quartier ultra sécurisé pour isoler les narcotrafiquants les plus dangereux.
En particulier à Condé-sur-Sarthe, un quartier présenté comme un modèle pour l'exécutif. Non, selon la contrôleuse générale des prisons. D.Simonnot a effectué une visite surprise en mai.
Elle publie un rapport pour dénoncer des tendances systémiques contre les détenus. Un lieu de violences et d'abus de pouvoir. - D.Simonnot: Les surveillants sont jeunes.
On m'a expliqué qu'ils étaient souvent jeunes. C'est pas parce qu'on a peur qu'on doit se conduire comme une ordure. Personne ne doit être traité comme ça en République, quoi qu'on ait fait.
Sinon, on devient plus barbare que les barbares. C'est inadmissible, révoltant. - A.Lambret: Quelques exemples sur la base de témoignages recueillis par la contrôleuse.
Des fouilles à nu, humiliantes, brutales, qui donnent parfois lieu à des attouchements au niveau des fesses et des parties génitales. Des réveils brutaux avec des coups et des cris, quand on allume pas la lumière en pleine nuit pour réveiller les détenus. Il y a aussi des mots racistes ou les chants. "Ici, c'est chez nous, c'est le IIIe Reich.
Les nazis, c'est nous." Des faits commis par des agents cagoulés en permanence, ce qui empêche les détenus de les identifier. Devant la gravité des accusations, G.Darmanin a défendu sa prison.
Selon lui, "les exigences sécuritaires, éthiques sont respectées". G.Darmanin et son entourage précisent que si les agents sont cagoulés, c'est parce qu'ils sont dans une prison où sont détenus les prisonniers les plus dangereux de France.
C'est pour les protéger. Le ministère précise aussi que tous les établissements étaient équipés de caméras de surveillance et que les agents sont équipés de caméra-piétons. G.Darmanin promet néanmoins une mission de contrôle.
En tant que parlementaire, vous pouvez visiter les prisons. Vous vous y êtes rendue en décembre dernier, à Condé-sur-Sarthe. Des surveillants qui chantent "ici, c'est le IIIe Reich, les nazis, c'est nous", ça vous surprend?
La réponse du garde des Sceaux vous satisfait? - Y.Braun-Pivet: Si ces faits sont avérés, ils sont très graves.
Je suis allée dans cet établissement pénitentiaire à 3 reprises. C'est un établissement ultra sécurisé qui, avant d'accueillir la criminalité organisée, accueillait déjà les détenus jugés parmi les plus dangereux de France. Pour faire face, au narcotrafic notamment, nous avons vu que nous avons besoin de systèmes de détention plus sécurisés.
Certains commanditaient des meurtres depuis l'établissement, continuaient à piloter les trafics. C'est la raison pour laquelle on a ces quartiers hautement sécurisés. Il faut trouver le bon équilibre.
Avoir des conditions de détention qui permettent de mettre fin à ces trafics et à ces faits très graves...
De l'autre côté, il faut que les conditions de détention ne soient pas contraires à la dignité humaine, ne soient pas constitutives d'une faute. - A.Lambret: Est-ce le cas? - Y.Braun-Pivet: On a le rapport de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.
C'est très important d'avoir ces paroles très libres pour faire ce type de rapport. Il va y avoir une inspection de la justice. J'ai cru comprendre qu'il y avait un certain nombre de plaintes.
La lumière va pouvoir être faite sur ces faits. Il faut trouver le bon équilibre. On a besoin de ce quartier ultra sécurisé pour lutter contre la criminalité organisée.
Cet établissement, c'est là où il y a eu un attentat. Des surveillants ont été victimes d'armes blanches dans le cadre d'une visite d'une unité de vie familiale. Je m'étais rendue sur les lieux.
C'est terrifiant...
Il y avait du sang partout. L'agression avait été d'une violence inouïe. On n'a pas affaire à des enfants de choeur.
Pour autant, ils doivent avoir des conditions de détention dignes. C'est l'honneur de notre République. Il faut enquêter sur ces faits et trouver le bon équilibre pour préserver l'ordre public en ayant des bonnes conditions de détention.
Et en même temps, des bonnes conditions d'exercice pour nos surveillants, qui garantissent leur sécurité. D'où leur cagoule pour préserver leur anonymat. On peut comprendre.
Autrement, il pourrait y avoir des pressions exercées sur eux et sur leur famille. Il faut voir dans quel univers on est, avec des gens ultra dangereux de l'autre côté.
Yaël Braun-Pivet