Bonjour chez vous ! du 24 septembre 2026
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 29 %Attaque 6 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Vous irez rencontrer le pape, vous.
- 5:38OuverteRéponse directe
Comment vous l'avez trouvé ? Qu'est-ce qu'il dégage ?
- 8:52OuverteRéponse partielle
Il y a une brouille entre Emmanuel Macron et le pape ?
- 10:32OuverteRéponse directe
Est-ce que vous comprenez qu'Emmanuel Macron n'assiste à aucune des messes ?
- 31:31OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on peut dire qu'on est dans un changement d'époque voire de civilisation ?
- 33:04OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on est à un stade où on a tourné la page de l'ancien monde mais on n'est pas encore complètement installé dans le nouveau ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:30PrésentateurChiffre
« le chèque de 100 euros n'est pas suffisant pour les automobilistes qui font le plein deux fois par semaine pour aller travailler. »
- 5:22PrésentateurChiffre
« Une visite estimée à 27 millions d'euros. »
- 20:28PrésentateurChiffre
« 216 000 victimes mineures d'agressions sexuelles ou de viols commis par des religieux. »
- 33:24Locuteur 4Chiffre
« Les guerres sur la planète ont tué cette année 240 000 personnes en tant que grand Gaza et l'Ukraine. »
- 34:02Locuteur 4Chiffre
« L'alcool et le tabac, c'est entre 40 000 et 30 000 par an. »
- 35:02Locuteur 4Chiffre
« 91 % des maires ont été réélus. »
- 35:29Locuteur 4Fait
« On dit qu'il faut voir 40 personnes par jour pour être bien. »
- 36:10Locuteur 4Fait
« Le Président, le Premier ministre canadien disait, il y a la Chine et les États-Unis et après, il y a la France et le Canada. »
- 36:22Locuteur 4Fait
« Il n'a pas entraîné l'opinion publique. »
- 36:40Locuteur 4Chiffre
« On est 25% en train de télétravail. »
- 36:58Locuteur 4Chiffre
« On est 2 millions à avoir des voitures électriques, électriques ou hybrides. »
- 37:01Locuteur 4Chiffre
« On est 1 million à rouler avec l'autre essence, l'éthanol. »
- 37:49Locuteur 4Fait
« Je pense effectivement que le deuxième mandat, mais comme souvent, les deuxièmes mandats sont mauvais. »
- 38:24Locuteur 4Chiffre
« La CFDT, c'est 700 000 adhérents. »
- 38:28Locuteur 4Chiffre
« La CGT, c'est à peu près autant, enfin un peu moins. »
- 43:13Locuteur 4Chiffre
« On perd 1,7 million de bébés en ce moment, à peu près, sur les 10 ans. »
- 43:53Locuteur 4Chiffre
« Il y a 39% des étudiantes qui déclarent qu'elles n'auront jamais d'enfants. »
- 44:37Locuteur 4Fait
« Je suis partisan de la binationalité généralisée. »
- 48:47Locuteur 4Chiffre
« 80% des Français disaient mais le drapeau français. »
- 49:10Locuteur 4Chiffre
« Il y a 6 000 personnes condamnées pour des crimes racistes ou autres, des viols, des choses comme ça. »
- 49:49Locuteur 4Chiffre
« 70% des gens vivent en dehors des grandes métropoles. »
- 54:43Locuteur 5Chiffre
« Plus de 4 900 établissements sont en défaillance au niveau national, soit 7% de plus qu'en 2025 sur la même période. »
- 55:13Locuteur 5Fait
« Beaucoup d'établissements sont écrasés par les charges. »
Temps de parole
- Présentateur42 %
- Locuteur 919 %
- Locuteur 418 %
- Locuteur 78 %
- Locuteur 34 %
- ?2 %
- Locuteur 62 %
- Locuteur 52 %
≈ 13 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, je suis très heureuse de vous retrouver. Comme tous les jours, on fait le point sur les sujets qui concernent votre quotidien et l'actualité dans nos régions. On regarde le programme de ce jeudi 24 septembre. Dans 24 heures, le pape pose le pied sur le sol français. Une visite de 4 jours à Paris, Lourdes et Metz, des centaines de milliers de fidèles attendus. Le pape, qui a refusé une visite d'État, Emmanuel Macron, qui n'assistera pas aux différentes messes. On va en parler avec le sénateur LR, Christian Cambon. Bonjour, merci d'être notre invité. Vous irez rencontrer le pape, vous.
Vous nous en parlerez dans quelques instants. Et puis c'est l'autre événement du week-end, les élections sénatoriales. Le Sénat qui sera renouvelé de moitié dimanche. On vous dira tout des enjeux de ce scrutin. Le dernier avant la présidentielle, à quoi ressemblera le nouveau Sénat ? L'alliance RN-UDR aura-t-elle un groupe débat ? Dans une heure avec nos éditorialistes, Mickaël Darmon, Aurore Malval et la presse quotidienne régionale, représentée par Jefferson Desports de Sud-Ouest. Et puis on verra également les sénatoriales,
c
'est la une de nos régions. Notre dernier reportage au cœur de la campagne, ce sera dans les bouches du Rhône.
Après
dix ans de quinquennat Macron, la France est-elle prête au bouleversement du monde ? Révolution climatique, révolution féminine, révolution de l'IA. Nous traversons un changement d'époque que décrit le sociologue Jean Viard, qui estime que la politique est en retard sur ses bouleversements sociétaux. On en parle avec lui dans une demi-heure. Voilà pour le programme. Nous sommes ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous.
Et
d'abord le journal avec Audrey Vuittas. Bonjour Audrey. Bonjour Auriane. À la ligne de ce jeudi 24 septembre, le premier débat des candidats à la primaire socialiste. Il y en aura trois en tout à sept mois de l'élection présidentielle. Les candidats à la primaire de la gauche ont conforté leur ligne politique avec déjà un point de friction, une alliance ou non avec la France insoumise. Céline Schmitt.
De
trois heures de débat et un sujet qui a cristallisé les tensions.
Quand
on a un problème avec une formation politique, avec son dirigeant,
on
en tire les conséquences.
On
ne dit pas un jour,
plus
jamais Jean-Luc Mélenchon, comme ça a été fait au moment des élections municipales, après les propos au Roland antisémite où c'était dit par le parti socialiste, il n'y aura plus d'accord avec la France insoumise. Et au moment où ça a lieu, au moment des élections municipales, au moment des élections municipales, on regarde ailleurs.
Dès les premières minutes, Jérôme Gatch-Déguen, un front républicain incluant les insoumis contre l'extrême droite, n'aurait selon lui aucune chance d'aboutir. Une ligne anti-LFI défendue également par Raphaël Glucksmann, candidat place publique.
Il
faut
être
net et clair et le dire maintenant. Il n'y aura pas aux présidentielles d'accord avec la France insoumise et il n'y en aura pas non plus
aux
législatives.
Au
centre des critiques, Olivier Faure, cofondateur du nouveau front populaire pour les
législatives de 2024. Le défenseur de l'Union de la Gauche maintient son cap et se veut pragmatique.
Moi, je
pose simplement une question simple. Parce que, contrairement à ce que vient de dire Jérôme, moi, ça m'intéresse à un groupe parlementaire. Parce que si ce n
'est
pas un groupe parlementaire de gauche, c'est un groupe parlementaire d'extrême droite qui sera plus important. Et que ça, la vie des Français, elle va changer. Et que le danger, pour moi, il est d'abord celui de l'extrême droite.
Une ligne défendue également par Emmanuel Morel, qui reconnaît tout de même un problème avec LFI.
« En
face,
s
'il y a les fascistes, si on n'est même pas capable de
se rassembler à gauche, et même d'aller au-delà, je suis désolé, mais je me pose des questions sur ce qui fait le sens de notre engagement.
»
Face à son camp divisé, Ségolène Royal joue le trait du nul.
«
La dynamique d'une présidentielle,
ce
n'est pas d'ostraciser telle ou telle partie. Plus vous faites d'obsessions sur LFI,
plus
vous les remettez au centre du jeu.
»
Les électeurs ont encore deux semaines pour trancher. Le premier tour aura lieu les 9 et 10 octobre prochains. Face à la flambée des prix du carburant, Emmanuel Macron s'exprime ce soir à 20h. «
Un
exercice qui s'avère d'ores et déjà compliqué. Emmanuel Macron va devoir rassurer les Français alors que les prix des carburants s'envolent à la pompe. Il devra expliquer le contexte international, préciser ses actions aussi pour tenter de contenir les prix, même si dans son entourage, on concède déjà que le chèque de 100 euros n'est pas suffisant pour les automobilistes qui font le plein deux fois par semaine pour aller travailler. »
Xi
Jinping reçu avec les honneurs par Donald Trump. « Dîner d'État, thé privé, visite des archives nationales. Le président américain déroule le tapis rouge à son homologue chinois. Pendant trois jours, les dirigeants des deux superpuissances mondiales vont évoquer la question de l'Iran, de Taïwan, leurs différents commerciaux aussi. C'est la troisième fois qu'ils se rencontrent en un an. La Chine semble avoir réussi à instaurer un rapport de force avec Donald Trump.
» Et
puis, on termine avec ces images. On va en parler. Paris-Messe-Lourdes qui se prépare donc à accueillir le pape. Une visite XXL de quatre jours qui démarre demain. Metz géante, je vais y arriver, sécurité hors normes. Programme marathon et engouement populaire. Le pape passera par Paris, Lourdes et Metz. Des centaines de milliers de personnes sont attendues dans chacune des villes. Une visite estimée à 27 millions d'euros. C'est Emmanuel Macron qui ira accueillir le souverain pontife à l'aéroport demain à Orly. Même s'il a promis, il n'assistera à aucune messe. Merci Audrey. On va en parler tout de suite de cette visite du pape.
Vous nous parlerez, vous, dans quelques instants, de la diplomatie papale. On revient sur cette visite avec vous, Christian Cambon. Christian Cambon, vous êtes sénateur à l'air du Val-de-Marne. Vous êtes l'envoyé spécial du président du Sénat pour les relations internationales. Le pape qui arrive donc en France pour une visite de quatre jours. Veillez au Stade de France demain. Grande messe sur la Concorde et les Champs-Elysées.
C
'est samedi puis dimanche, il se rend à Lourdes. Lundi à Metz, où il prononcera un discours sur l'Europe, une visite et des chiffres. 600 000 personnes pour la Metz à Paris, 150 000 pour celles à Lourdes, 15 000 forces de l'ordre mobilisées. Et une tonne, est-ce que vous savez ce que c'est ?
Des hosties.
Bravo, Christian Cambon, c'est le poids des hosties préparés pour les célébrations.
Une
visite religieuse, mais aussi diplomatique d'un pape américain qui n'apprécie pas beaucoup Donald Trump. On va en parler. Je voudrais qu'on commence par regarder une photo, Christian Cambon. Cette photo, c'est vous, avec le pape. Racontez-nous.
Oui,
c'est une photo évidemment très émouvante pour moi. Dans ces responsabilités que j'ai auprès du président du Sénat, j'ai été en charge en octobre dernier d'organiser l'audience privée que le pape Léon XIV a accordée au président du Sénat. Et nous sommes sur cette photo à un moment particulièrement émouvant puisque c'était à l'échange de cadeaux et j'avais personnellement souhaité faire un cadeau au Saint-Père. Et je lui ai offert un livre très ancien, un traité du Concile de Trente, une édition de 1643 que mon père des femmes avait léguée dans sa bibliothèque. C'était un bibliophile averti.
Et
donc je lui ai offert ce livre qui l'a beaucoup intéressé et qui maintenant est à la bibliothèque Vaticane, ce qui, pour le souvenir de mon père, est une chose importante. C'était un petit moment important, mais qui m'a permis d'avoir ce contact plus direct avec le Saint-Père.
Alors justement, comment il est ce pape ? Comment vous l'avez trouvé ? Qu'est-ce qu'il dégage
? Beaucoup
de douceur, beaucoup d'attention. Il écoute.
Le
regard, comme toujours, est tout à fait perçant. Et j'ai trouvé quelqu'un, évidemment... Vous savez, quand vous allez à une audience privée,
il
y a tout un protocole particulier. Vous vous préparez, en quelque sorte, à avoir
vos
personnages. Puis après, vous avez des entretiens. C'était le président du Sénat qui avait des entretiens. Puis après, la délégation a été élargie. Et
moi,
j'ai ressenti quelqu'un à la fois de lumineux, de serein, et qui prêtait beaucoup d'attention à ce qu'on lui disait, aux questions qu
'il
nous posait, avec déjà un effort qu'il avait fait pour parler en français. Je pense que nous allons être très surpris, puisqu'au départ, on pensait qu
'il
ne parlait pas français. Nous, il nous a déjà parlé en français. Je crois qu'il va parler encore beaucoup mieux en français, cette fois-ci.
Il a une grand-mère normande.
Il a une grand-mère normande. Il a des ascendances en Louisiane, en Guadeloupe. C'est un mélange qui est quand même sans bon la France, quelque part, même si ça date d'un certain temps. Et puis ce nom prévôt, qui est quand même un nom de chez nous.
–
Sa venue n'est pas une visite d'État, mais une visite apostolique. Pas de dîner, donc du coup d'État avec Emmanuel Macron, dont il a refusé qu'il lui présente également personnellement les travaux de Notre-Dame. Il y
a
une brouille entre Emmanuel Macron et le pape
? – Une
brouille, je n'en sais rien. Il y a un vrai différent politique que le pape du reste avait évoqué auprès du président Larcher quand nous l'avons vu, à savoir la loi de fin de vie. Il y a quand même eu un texte qui a eu le soutien très large du président de la République et qui vise quelque part, on va faire court, à réintroduire un peu l'euthanasie dans notre droit français.
Et
ça, l'Église… –
Et ça ne figure pas
tel quel dans le texte.
– Voilà, l'Église ne peut être que contre. Et donc là, je pense qu'il y a une difficulté, j'allais dire, politique. Je ne pense pas qu'il y a des difficultés personnelles parce que ce n
'est
pas le genre du pape et je ne pense pas que c'est le genre du président de la République. Mais en l'occurrence, il y a des différents, oui, qui peuvent exister. –
Sur
la fin de vie, sur l'EVG dans la Constitution ?
– Sur l'EVG dans la Constitution, cela avait déjà été une première difficulté qui avait été très mal ressentie. Et on a vu tout au long de la discussion et les différentes étapes à Sommet national Sénat sur la fin de vie que l'Église de France, mais même Rome, ont alerté les parlementaires qui étaient en responsabilité d'examiner ce texte. Et là, il y a une position qui est très différente.
Et je pense que
le pape va en dire un mot parce que, d'abord, le thème de son voyage,
c
'est le monde… –
Pour
que le monde ait la vie. – Pour
que le monde ait la vie. – Il
y
a un double sens dans
ce
mot, il y a un double sens.
– C'est un
message envoyé à Emmanuel
Macron ? – Je
pense, je pense, ça
n'est
pas arrivé par hasard.
– Est-ce que vous comprenez, du coup, qu'Emmanuel Macron n'assiste à aucune des masses
? –
Écoutez, c'est son choix, il y avait plusieurs possibilités. On est dans un État laïque, donc il n'y avait pas d'obligation, mais il aurait pu y avoir une présence respectueuse. Madame Macron sera présente, le Premier ministre sera présent. Bon, alors après, toutes les interprétations sont possibles. Voilà, c'est… En revanche, la République va faire ce qu'elle doit faire, l'accueil au Palais de l'Élysée, le Président de
la
République sera aussi dans la dimension beaucoup plus géopolitique, dont on dira peut-être un mot à Metz, parce que Metz est aussi un vrai symbole. Mais bon, après, il y a un choix qu'a fait le Président de la République, je le respecte.
– Mais
pourtant, Emmanuel Macron, au début de ses mandats, on était en 2018, il a prononcé un discours au Collège des Bernardins, prononcé devant la Conférence des évêques de France, au cours duquel il avait appelé à réparer le lien abîmé entre l'Église et la République.
Il
était un Président papophile. Comment, du coup, on en est arrivé à cette situation ? C'est uniquement la fin de vie ? Les textes qu'il a défendus
?
– Je n'ai pas, en vérité, de renseignements très précis sur ce qui a pu se passer. Je crois qu'effectivement, il y a aussi un petit différent sur l'organisation de cette visite, car l'Élysée souhaitait une visite d'État. Une visite d'État, c'est un chef d'État avec un certain nombre de moments, de rites qui ne convenaient absolument pas à un pape, d'une manière générale, et à celui-ci en particulier. Bon, que le pape, à son arrivée, passe les troupes en revue alors qu
'il
va tenir un langage de paix, je pense que c'était un peu décalé. La décoration qu'on voulait lui remettre, le pape ne reçoit pas de décoration. Et le dîner d'État, le pape n'a sans doute pas souhaité venir banqueter à Paris. Bon,
voilà.
Alors, est-ce que tout ceci a entraîné des petits agacements dans les entourages
?
Je pense que le sens et la signification de tout ça, et pour le président de la République, et pour le pape, et pour la France, et quand même ailleurs.
–
600 000 personnes, on le disait, attendues pour la
messe à Paris, minimum. Alors, c
'est un peu compliqué, il faut s'inscrire avant, Laurent Nunez l
'a
redit hier, si vous n'avez pas le QR code,
vous ne pourrez pas y aller. –
Oui, mais
ceux qui vont
venir, pourront venir aussi. C'est les instructions qui ont été données hier.
– Bon, parfait. 150 000 personnes à Londres, tout ça pour dire que…
–
Lourdes. – À Lourdes, pardon. La ferveur catholique, elle est toujours présente, même si, pardon, on est un peu loin des chiffres de Jean-Paul II. Jean-Paul II, quand il était venu à Paris, c'était au JMJ, au Journée Mondale de la Jeunesse, en 1997, il y avait 1,2 million de
personnes.
Mais c'est plus que Benoît XVI, qui en 2018 avait réuni 260 000 fidèles. Il y
a
un regain de ferveur catholique ?
– Je crois que c'est peut-être, du reste, le motif fondamental de la venue du pape. C'est ce qu'a raconté la semaine dernière le cardinal Aveline, l'archevêque de Marseille, où il a fait part de l'interrogation du pape sur le regain de foi, notamment parmi les jeunes qui se rassemblent. Vous avez vu que ce qui va se passer vendredi soir au Stade de France, 80 000 places, elles ont été réservées en deux heures, ce qui montre quand même un afflux. Il y a des milliers d'autres jeunes qui souhaitaient entrer. Et par ailleurs, il y a une progression tout à fait extraordinaire qui s'est multipliée par trois du nombre de catéchumènes,
c
'est-à
-dire
d'adultes, qui demandent le baptême. – Plus
de 28
%.
– Voilà, alors qu'il y a eu quand même une vraie crise du catholicisme en France, ça avait commencé du reste par la parole de Jean-Paul II, France, qu'as-tu fait de ton baptême ? Et puis il y a eu cette crise des abus sexuels qui a quand même porté une très lourde atteinte sur l'Église catholique en général, en tous les cas sur ceux qui en avaient été les auteurs. Et puis il y a en France, comme du reste dans d'autres pays d'Europe, une forme de désaffection pour le culte, la présence à la messe, etc. Et puis il y a ces phénomènes nouveaux, de plus en plus de jeunes sont intéressés.
On voit par exemple à la Pentecôte le pèlerinage à Chartres qui maintenant devient une institution et emmène à pied des milliers de jeunes vers la cathédrale de Chartres. Il y a ces baptêmes, donc il y a une interrogation. Et le pape se dit que, enfin se dit, j'imagine qu'il se dit que la France n'est pas totalement perdue pour le catholicisme et qu'il y a peut-être un renouveau qui t'en passe de naître. Et puis je crois que le pape arrive aussi à un moment où d'abord ce pays est quand même dans une situation un peu particulière, se demande quel est son avenir. Nos jeunes, on le voit dans nos communes, ils cherchent un sens à leur vie.
Ce rassemblement, ils ne savent plus très bien, avec cette irruption de l'IA, des réseaux. Ils ont en fait tous les jours une pensée déjà toute prête à servir et ils s'interrogent aussi sur ce qu'ils sont venus faire sur Terre et ce qu'ils vont devenir. Et je pense qu'une autorité morale comme le pape, qui va élever le débat, il va dire des choses. Il va dire des choses.
Donc je
crois que cette visite a un intérêt, c'est un honneur pour notre pays, mais c'est aussi un intérêt pour l'instant ou la situation dans laquelle se trouve notre pays.
Et
on le disait, des centaines de milliers de fidèles attendus avec des questions forcément qui se posent en termes de sécurité. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, était l'invité hier du 20h de France. On l
'écoute.
Il y
aura
évidemment un barriérage, il y aura une bulle de protection autour de la Papamobile. Donc voilà, tout ça sont des dispositifs que nous avons l'habitude de mettre en place. Il y aura donc un dispositif de protection à la fois à terre, autour du Saint-Père, dans le public évidemment, et puis aussi on pense évidemment aux points hauts où il y a des tireurs de précision qui seront disséminés sur certains points. Il n
'y a
pas de menace caractérisée sur la visite du Saint-Père.
Vous n'avez pas reçu de
menace particulière. Il
n'y
a pas
de menace caractérisée, mais il y a toujours évidemment une attention permanente des services de police, et notamment aussi en amont des services de renseignement. On n'a pas détecté de menace particulière, mais il
y
aura un gros dispositif policier de protection.
Qu'est
-ce que vous en dites, question
quand même ?
Je trouve que c'est plutôt bien. La visite coûte évidemment beaucoup d'argent, 27 millions, mais l'immense majorité de cette somme est couverte par l'Église catholique et par les dons qui affluent. On a tous été sollicités pour participer à cette fête. Il faut bien évidemment, quand on reçoit un pape et que des centaines de milliers de gens vont l'entourer, il faut qu'il y ait des écrans, il faut qu
'il
y
ait
des barrières, il faut qu
'il
y
ait
un service d'or. L'État prend sa part de responsabilité, qui est la sécurité.
Sur la sécurité, voilà. 14 000 forces de l'ordre mobilisées. Est-ce que vous comprenez qu'il y
a
quand même des interrogations en période de restriction budgétaire sur le coût que ça va mobiliser
? Oui,
mais
globalement, encore une fois, les comptes vont être publiés parce que l'Église de France a dit qu'elle mettrait tout sur la table. La plus grande partie de ces sommes sont à la charge de l'Église de France et c'est du reste tout à fait normal. Maintenant, un État comme la France doit prendre en charge la sécurité. Vous savez, quand Donald Trump vient en France, si vous voyez ce qui est dépensé, je peux vous dire que c'est certainement tout autant si ce n'est plus. Bon, voilà. Imaginez à l'inverse ce qui se passerait si une tentative risquait de mettre en péril ou la vie du pape ou celle de sa suite. On aurait l'air malin vis-à-vis du monde.
Donc, je pense qu'on doit faire notre devoir, rien que notre devoir. Et puis, il
y
a la sécurité des pèlerins, des gens qui vont être là aussi. Ce sont des Français, ils ont le droit d'être tenus en sécurité.
Et après deux jours à Paris, on le disait, le pape se rendra donc à Lourdes. On va en parler avec Pauline de Torsiak. Bonjour, merci d'être avec nous. Journaliste à RCF Notre-Dame. Pauline, la visite du pape à Lourdes, forcément, elle est très symbolique.
Oui,
la visite du pape à Lourdes, vous avez raison, elle est très symbolique parce
que
Léon XIV se rend d'abord vers la grotte. Il va arriver samedi soir après,
vous
l'avez dit, une étape très intense à Paris où il y a évidemment beaucoup de rendez-vous. Et là, il va se recueillir devant la grotte où la Vierge Marie est apparue à Sainte-Bernadette. Et il y va comme un pèlerin, il va toucher la pierre de la grotte, il va boire un verre d'eau, l'eau de Lourdes, l'eau miraculeuse. Il va faire un petit peu comme tous les pèlerins et tous les malades qui viennent par millions chaque année se recueillir à Lourdes. Donc ça,
c
'est la première étape qui est assez importante. Et puis, il va rencontrer aussi des malades le lendemain, 500 malades. Ça va être évidemment un moment où il y aura beaucoup d'émotions.
–
Et un mot, parce que Pauline,
c
'est important, mais on va insister, Léon XIV, il a prévu de rencontrer les victimes d'abus sexuels au sein de l'Église.
–
Exactement, ça c'est une étape qui va être très importante. Il va rencontrer sept victimes d'abus sexuels dans l'Église, ça sera dimanche après-midi. Et alors,
on
lui a reproché de rencontrer que sept victimes. Mais pour lui, c'était important d'avoir une rencontre plus intime, plus personnelle, interpersonnelle avec les victimes d'abus sexuels pour discuter avec elles, les écouter. Il avait déjà fait ça d'ailleurs en Espagne. On se souvient qu'il avait rencontré aussi des victimes d'abus sexuels cis, je crois. Et en fait, c'est à la fois une volonté d'écouter, de dialoguer avec elles.
Elles
seront assez représentatives de toutes les victimes d'abus sexuels. Il y aura d'ailleurs une des victimes de Bétharam, vous savez, cette école catholique qui est dans la région, dans le Béarn, où il y
a
eu pas mal de scandales d'abus sexuels. Et en fait, ce qui est intéressant aussi, c'est quand on regarde l'impact que ça peut avoir, ces rencontres avec ces victimes, on peut voir qu'en Espagne, par exemple, derrière, ça a permis à des personnes de finalement faire des signalements, une cinquantaine de signalements qui n'avaient pas été faits. Donc voilà, ça libère aussi la parole
et
en ce sens, c'est aussi important. – Merci beaucoup, merci Pauline Dautorsiak d'avoir été avec nous, journaliste à ARCF Notre-Dame Christian Cambon. C'est important qu'il rencontre aussi les victimes d'abus sexuels. On rappelle juste les chiffres de la CIAZ, la commission indépendante sur les abus sexuels à l'Église, 216 000 victimes mineures d'agressions sexuelles ou de viols commis par des religieux.
–
Tout à fait, tout à fait. Ça a été un volet absolument dramatique dans l'histoire de l'Église de France. Ça
a
blessé du reste tous les catholiques de savoir que de telles pratiques avaient eu lieu. Je pense que le pape, en accueillant avec discrétion et tact une délégation, le fait comme il convient de le faire. Il considère aussi que c'est un problème que chaque Église nationale a à régler, en l'occurrence l'Église de France qui l'a fait, avec la commission de Jean-Marc Sauvé. Il y
a
eu beaucoup d'indemnisation, ça a coûté du reste très cher à l'Église catholique, et à la fois en réputation et en argent, puisqu'il
y
a eu des dommages et intérêts. Je crois que le pape a tout à fait raison de faire ça. J'observe du reste que pendant son voyage, il va consacrer du temps aux malades, le fait d'aller voir les malades. Il va aussi visiter à Paris un centre d'accueil pour migrants. Il y a des gestes comme ça qui ne font pas l'objet de commentaires importants, mais qui, de mon point de vue, sont très importants dans le contenu de ce voyage, qui n'est pas uniquement de la montre et des foules.
Il y a aussi des moments où le pape vient à la rencontre de ce qu'est la France et de ce qu'est l'Église de France, avec tous ses travers, toutes ses difficultés, et puis aussi les évêques, il va rencontrer à Notre-Dame, aussi tous les évêques. Je pense que ce voyage a été bien construit, et puis il y aura évidemment la partie de Metz.
Et on va en parler tout de suite. Le pape qui doit prononcer un discours sur la paix en Europe. Audrey, ce sera lundi à Metz, en présence des chefs d'État et de gouvernements européens et des représentants des institutions. Il enfile là sa casquette de leader politique. Un discours qui sera forcément scruté, d'autant que Léon XIV l'a prouvé ces derniers mois. Il assume de prendre part au débat international sur l'Ukraine. Il demande un cessez-le-feu. Il s'enquiert du sort des Palestiniens à Gaza. Il appelle à désarmer l'intelligence artificielle.
Et face à son compatriote Donald Trump, il assume de parler guerre et diplomatie, ce qui a déjà donné lieu à des échanges musclés à distance entre les deux hommes. C'était en avril dernier à propos de l'Iran. Écoutez.
On
m'a dit que le président Trump a récemment déclaré qu'il souhaiterait mettre fin à la guerre. Espérons qu'il cherche une porte de sortie.
Je
ne suis pas un grand fan du pape Léon. C'est quelqu'un de très libéral et c'est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité. Je n'ai peur ni de l'administration Trump, ni de parler haut et fort du message de l'évangile. Nous ne sommes pas des politiciens. Nous ne cherchons pas à faire de la politique étrangère, comme ils l'appellent. Mais je crois que le message de l'évangile, la leçon des artisans de paix, est le message que le monde a besoin d'entendre aujourd'hui. –
Alors
vous l'avez entendu, le pape estime qu'il n'est pas un politicien. D'ailleurs, pour sa visite en France, vous l'avez dit, il a décliné plusieurs éléments du protocole d'une visite d'État, la Légion d'honneur, le dîner présidentiel. Il n'empêche, il est un chef d'État, un petit État, certes, le Vatican. Et puis là aussi, une force diplomatique. Ses faits et gestes sont scrutés par 1,4 milliard de fidèles. Alors là, il va faire son discours à messe, son discours sur l'Europe. Il n'a pas forcément beaucoup évoqué l'Europe. Qu'est-ce qu'il peut dire
? –
Je pense qu'il va tenir un discours très fort, qui va être un discours à la fois pour la paix, car n'oublions pas que c'est l'équation personnelle de ce pape. Ce sont ses premiers mots. Sitôt son élection lorsqu'il apparaît au balcon de Saint-Pierre, il dit « la paix soit avec vous » et il le répétera dans plusieurs langues et dans tous ses voyages, il en fait un fondement. Et je pense que dans les temps que nous vivons,
où
quand même les conflits se multiplient tous les jours, on ne voit aucun espoir ni en Ukraine ni au Moyen-Orient, mais on pourrait parler de l'Afrique, du Darfour, etc. Heureusement que nous avons dans ce monde un homme qui ne représente effectivement pas les intérêts politiciens des uns et des autres et qui dit « entendez-vous ». Et le choix de Metz est très important puisque Metz est très marqué par la personnalité de Robert Schumann.
Un des artisans
de… Robert Schumann, qu'est-ce qu'il a fait avec le chancelier Adenauer et avec de Gasperi,
l
'italien ? C'est trois démocrates chrétiens qui avaient connu l'Europe des frontières qui bougeaient. Je rappelle que Robert Schumann est né, il était allemand quand il est né. Et de Gasperi, il a siégé au Parlement austro-hongrois avant de devenir président du Conseil italien. Donc ce sont des hommes qui ont connu le temps des empires. Et ils se sont réunis ensemble pour dire « assez la guerre » et on va essayer de construire la paix, mais non pas pour que les combats s'arrêtent, mais pour que les gens coopèrent ensemble.
Et le grand, de mon point de vue, le grand héritage que nous laisse Robert Schumann et que peut-être le pape va rappeler, c'est pas simplement arrêter la guerre, mais essayer de travailler ensemble, essayer de construire ensemble. Ce qu'avait fait Robert Schumann avec le charbon et l'acier, parce que le charbon et l'acier, c'est un élément de guerre. C'est ce qui permet de construire des armes. Et c'était l'idée, si on le fait ensemble, si on produit ensemble l'acier et le charbon, on n'ira plus vers la guerre de pays
pour pays. – Mais il y a besoin de ce
message au dirigeant européen ?
– Ah, je pense, je pense, oui. Je pense qu'il y a besoin de ce message. Le message du reste,
il
va aller au-delà de l'Europe. Il va s'adresser au monde. Le pape, il va choisir effectivement cet endroit pour parler aux Européens, parce que l'Europe pensait vivre depuis près de 80 ans la paix. On s'aperçoit que la guerre est quand même à 3 heures de Paris. Et personne ne sait aujourd'hui comment la guerre en Ukraine se terminera. Et le pape est une voix, c'est une voix très forte, elle rayonne beaucoup, mais on a besoin de ces hommes-là. Il y a tellement de dirigeants qui n'ont que des discours de guerre, que des discours de violence. Il faut que cet homme-là soit entendu. Et je trouve que le choix de Metz est un choix vraiment très subtil.
– Il faut canoniser Robert Schumann
? –
Écoutez, je ne siège pas dans l'instance à Rome.
– Non, mais le pape
François
avait un peu
lancé le processus. Il a déclaré vénérable en
juin de 1911. – Il l'a déclaré
vénérable, il faut expliquer, parce que vénérable, ça peut avoir plusieurs appellations, mais en l'occurrence, c'est le début d'une procédure. C'est-à-dire, ce qu'il faut se souvenir, on ne parle plus tout à fait maintenant aux jeunes de qui ont été ces hommes. On doit à Robert Schumann, comme on le doit à Jean Monnet,
à
Danoër, etc. La constitution d'une vraie Europe. C'était un très grand chrétien et un très grand catholique, et qu'il l'a fait avec énormément de modestie. Donc il a mis, si vous voulez, ce qui est intéressant, et ce que le pape a voulu souligner en choisissant Metz, c'est qu'il a présenté l'exemple d'un homme qui vit son catholicisme et qui le met au service de la paix. Et ça, c'est bien, parce que M. Poutine, il va faire tout un tas de signes de croix, vous l'avez vu, dans des églises orthodoxes. Le président Trump n'arrête pas lui non plus de montrer des signes vis-à-vis des évangélistes. Est-ce que ce sont des hommes de paix ? C'est ça, le sujet.
Et
d'autant qu'il
y a
un pape, Audrey, qui a joué un rôle politique majeur dans l'histoire. Oui, le Polonais Jean-Paul II a été l'un des visages de la chute du communisme qui renforce l'idée que le pape pourrait être un leader politique. En 1979, un an après son élection, il retourne dans son pays et appelle les Polonais à ne pas oublier leur identité, leur liberté et leur dignité. Vous voyez ici une image, c'était en 1979. Un an plus tard, naît le syndicat Solidarnosc, le grand syndicat indépendant qui défie le régime communiste. Jean-Paul II lui apporte à l'époque son soutien moral. Alors certes, il n'a pas fait chuter le communisme à lui tout seul, mais il a contribué à créer un climat moral spécifique.
Selon vous, est-ce que le pape est un leader politique
? Il
est un leader politique au bon sens du terme, c'est-à-dire que ce n'est pas un leader politicien, mais c'est un leader qui, par son importance, par le nombre de personnes qu'il représente, 1,4 milliard, il y a peu de gens qui… Enfin, si, il
y a
peut-être le Chinois, mais enfin, pas dans un tout autre contexte. Mais moralement, il n'y a aucune personnalité qui a cette importance. Donc, c'est un observateur très attentif. Je rappelle, puisqu'on parlait tout à l'heure de la diplomatie vaticane, moi j'ai rencontré à plusieurs reprises le cardinal secrétaire d'État du Vatican, c'est l'État le mieux renseigné au monde, puisque depuis le petit curé de campagne jusqu'au Saint-Siège,
il
y
a
une espèce de chaîne de renseignement qui fait qu'ils savent exactement ce qui se passe dans le monde. Et donc, je pense que le pape a un rôle qui est très difficile, parce que les églises ne sont pas les mêmes. L'église américaine du Nord n'a rien à voir avec l'église d'Amérique du Sud, qui ne ressemble pas vraiment à l'église d'Afrique. Et je crois qu'il porte tout cela, et que son rôle est attendu. Du reste, à plusieurs reprises, ça
n
'a pas été accepté. Mais il avait proposé que le Vatican serve de lieu de négociation entre la Russie et l'Ukraine, par exemple.
– Juste un dernier mot, Christian Campon, et ça va faire le lien avec ce qu'on est en train de dire, c'est une phrase du cardinal Bustillo qui dit « Jean-Paul II a réveillé l'Est, je pense que le pape Léon va réveiller l'Ouest et l'Occident ». Vous êtes d'accord avec ça ?
– Oui, je suis tout à fait d'accord, parce que plus que jamais, l'Ouest et l'Occident ont besoin de retrouver le chemin des valeurs, des valeurs de vie commune, des valeurs religieuses aussi pour ceux qui se sentent concernés, et je pense qu'on a besoin dans ce monde qui est d'une violence absolue, où l'intelligence artificielle va remplacer nos cerveaux bientôt. Il faut qu'effectivement, des hommes, et du reste, la seule encyclique que le pape ait publiée, c'est sur l'intelligence artificielle, ce qui montre qu'ils sont vraiment très attentifs à ce qui se passe.
Ce ne sont pas des gens qui vivent dans des palais avec des tableaux et des croix, ce sont des gens qui savent très bien ce qui est en train de se passer dans le monde, et ils essayent
de
nous donner un chemin. Vous savez, c'est comme le pêcheur, la nuit, il sait où sont les étoiles, alors il peut suivre l'étoile ou il peut partir à l'autre sens, mais il sait qu'il
y a
des étoiles qui montrent le chemin. Je pense que le pape,
c
'est un petit peu son rôle.
– Merci Christian Cambon. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Audrey, dans 20 minutes, la revue de presse régionale. – Oui, on parlera des coulisses de cette visite papale. – Oui, voilà. Et on va reparler tout de suite de la révolution de l'intelligence artificielle. C'est le sociologue Jean Viard qui nous rejoint. –
Merci
Christian Cambon. Jean Viard, je vous en prie, installez-vous. Changement climatique, révolution de l'intelligence artificielle, montée des populismes, le monde bascule après 10 ans de macronisme.
La
France est-elle prête à faire face à ces bouleversements ? Faut-il céder au déclinisme et au catastrophisme
?
Pour en parler, nous recevons Jean Viard. Bonjour. – Bonjour.
– Merci
beaucoup d'avoir accepté notre invitation,
sociologue
et auteur de ce livre. Une époque passionnante mais redoutable. C'est aux éditions de l'Aube et on va en parler avec la presse régionale représentée ce matin par Christelle Bertrand du groupe La Dépêche. Bonjour Christelle. – Bonjour Aurélien. – Bonjour Jean Viard.
–
Jean Viard, pour commencer, est-ce qu'on peut dire qu'on est dans un changement d'époque voire de civilisation ?
–
Ah oui.
Moi
je dirais, il
y
a les fondements de l'Empire romain, il y a la renaissance et il
y a
aujourd'hui.
Il
y a trois grandes ruptures. La première, c'est dans le monde romain, donc on devient chrétien, individu, fin de l'esclavage. La deuxième, c'est l'ouverture à l'Amérique. On apprend à traverser la mer mais c'est aussi la renaissance
et
c'est Borgia. Borgia, on a. On a à New York, en gros c'est le même style quoi.
Ce n'est
pas des idiots mais c'est des personnages explosifs. Et puis aujourd'hui, la nature a pris la main sur notre histoire. Regardez cet été, il pleut et comme on fait, ça chauffe et tout et les hommes, ils courent derrière et les politiques, on peut les ajourner toute la journée mais bon, ils ne
vont
peut-être pas assez vite mais bon. Et puis, il
y a
l'explosion du patriarcat,
le
fondement de la natalité, le nouveau statut des femmes, rejet des hommes et vous voyez bien que sur ces deux ruptures anthropologiques, vous avez un contre-attaque violent, Trump en est l'exemple, mais Poutine,
ils
sont tous, quand vous regardez le gouvernement chinois, c'est que ce ne sont que des ingénieurs habillants noirs. Je crois qu'il y
a
une femme au fond dans le coin de la Réunion et puis la troisième rupture,
c
'est Lya, qui est géniale mais qui nous insécurise, qui supprime des emplois dans certains secteurs, on ne sait pas. Donc, on est dans la même époque, c'est ça qu'il faut se dire, on change de monde, il faut le raconter aux gens parce que dans toutes ces époques, moi je suis un lecteur d'un genre quelque chose, quelqu'un, vous ne le lisez pas, c'est Béat Stabolski qui écrivait en roi qui est mort en 56, donc vous voyez, ce n
'est
pas très con, et qui disait déjà dans ces époques-là, les contemporains ont peur et les descendants disent que
c
'est des époques formidables, c'est ça qui se passe.
On va détailler ces révolutions et les conséquences politiques, notamment la montée des populismes, c'est ce que vous dites dans votre livre. Est-ce qu'on est à un stade où on a tourné la page de l'ancien monde mais on n'est pas encore complètement installé dans le nouveau
? C
'est un passage, ça va durer peut-être une génération. Je veux dire que d'abord,
il
faut qu'on se saisisse du récit. Actuellement, il n
'y a
pas de récit, donc les gens sont paniqués. Ils voient le chaos
et
le chaos est amplifié par les médias.
Je
vais vous donner juste un chiffre. Les guerres sur la planète ont tué cette année 240 000 personnes en tant que grand Gaza et l'Ukraine.
C
'est une bataille de 14-18, la bataille, le chemin des dames. Pourquoi je dis ça ? Parce que les guerres avancent ces 50 millions de morts. Là, c'est monstrueux. Enfin,
on
tue, j'allais dire, que 240 000 personnes, excusez-moi de l'expression, alors qu'on était descendu à 70 000 après la fin de la guerre froide. Mais il faut faire attention. On est une société tellement médiatisée que chaque événement est tellement multiplié qu'on a l'impression que ça explose. Non, ça n'explose pas. On ne vit pas dans un monde orange mécanique. Le nombre de violences n'augmente pas. La drogue, le hachiche, tu as à peu près 42 personnes par an,
on
en parle toute la journée. L'alcool et le tabac, c'est entre 40 000
et
30 000 par an. Et on ne parle que de cela. Vous voyez, comme
on est polarisé. – Oui, c'est ce qu'on me dit dans
le monde. Il ne
faut
pas céder à la peur et aux catastrophes.
– Mais
les gens vous disent si tu veux trouver un coin sympa, viens habiter chez moi à 75 %. Donc, je veux dire, la population n'est pas dans cette guerre civile-là. Après, il y a des gens en difficulté, etc. Je ne dis pas que tout va bien. On voit bien qu
'en
ce moment, les infirmières, elles ne savent plus comment travailler. Donc, bien sûr. Mais on est dans un phénomène médiatique d'augmentation, y compris parce que les médias sont en concurrence et que pour retenir l'attention, si on n'ouvre pas sur un viol, on n'a pas l'audience du public. Excusez-moi tous les jours. Moi, je lis tous les journaux en vitesse, viol, agression, etc. Ça existe, ce
n'est
pas ça. Mais regardez le projet de Mme Dati, ça tient à des mètres carrés tous les jours dans la presse. Bon, ce n
'est
quand même pas tellement la passion du monde. Mais par contre, les innovations scientifiques qui se passent avec Mistral, le nombre de Français qui ont adhéré aux associations explosent. Peut-être parce que, justement, le politique national déçoit, on les comprend, ça s'effondre. Et du coup, les gens s'engagent dans le local. Regardez, 91 % des maires ont été réélus. –
Mais vous dites qu
'il
y a
une forme de repli sur soi, quelque part.
– Oui, mais pas de repli sur soi.
–
Sur
soi-même et sur soi. – Je veux dire, on est
dans une société du double proche. – Sur son proche, voilà. – C'est-à-dire que je passe le plus de temps dans le lien avec les autres humains par le numérique, par mon téléphone, par 25 % des gens qui
sont
en télétravail. La jeunesse, sa culture, elle est numérique. Bon, et on est dans cette société. Et puis après, j'ai besoin de respirer. Donc je sors dans la rue, je vois des gens. On dit qu'il faut voir 40 personnes par jour pour être bien, pour blaguer, dans la métro, l'ascenseur, au marché, pas des gens avec qui on cause et avec qui on repart. Sinon,
on
est… Donc on a une société du proche, ce proche-là, et le deuxième proche, c'est le numérique. Et plus les deux sont écartés, plus vous avez peur. Si vous habitez au fin fond des Cévennes et que vous voyez Marseille à la télé, vous êtes mort de peur. Si vous êtes marseillais,
pfff. –
Est-ce qu'après 10 ans de macronisme, la France est préparée à ces révolutions ? Est-ce qu'il a suffisamment anticipé, adapté la société à ce changement
? – Dans
certains plans, oui. Dans certains plans, non. Soyons clairs. En matière technologique, on a fait, avec Chousse France, tout ça, on a fait d'innovations dans les nouvelles technologies. On est sans doute, le Président, le Premier ministre canadien disait, il y
a
la Chine et les États-Unis et après, il
y
a la France et le Canada. Je pense que c'est vrai. En matière de bataille écologique, il avait dit, mon deuxième matin, ce sera écologique ou ne sera pas. C'est pas qu'il n
'ait
rien fait, mais il n'a pas entraîné l'opinion publique. Et moi, mon but, ce n
'est
pas de juger les politiques, mais on voit bien qu'il n'a pas entraîné. Alors, c'est compliqué parce qu'il
y a
ceux qui hurlent, il ne
faut
plus rien faire,
ce
n
'est
pas la peine, de toute façon, c'est perdu, etc. On voit bien ceux qui disent, on n'a rien fait, les deux sont faux. On fait beaucoup, mais on peut dire qu
'on
ne fait pas assez. Pendant l'exemple, la crise du pétrole, on aurait dû, non pas donner des voitures électriques à tous les gens modestes, mais à tous les gens qui roulent beaucoup. Par exemple, les infirmières, par exemple, les taxis. Et vous voyez, on confond, par exemple, lutte contre la voiture et lutte contre la
pollution.
Moi, je suis pour qu'il y
a
une journée de la voiture électrique en ville, que tous les gens qui ont des voitures électriques,
on
est 2 millions à avoir des voitures électriques, électriques ou hybrides.
Et
on est 1 million à rouler avec l'autre essence, l'éthanol. Donc, on a beaucoup changé en quelques années. On est 25% en train de télétravail. Donc, on ne
va
pas 2 jours par semaine au boulot. Vous vous rendez compte de l'économie qu'on fait en transport ? Alors, on va parler de l'augmentation du prix, mais on ne parle pas de la diminution des transports. Par contre, ceux qui sont obligés de se déplacer tous les jours, ils sont pris en ciseaux et c'est ceux-là qu'on devrait aider.
– Vous l'avez soutenu,
vous,
Emmanuel Macron. Est-ce que 10 ans après, vous êtes déçu ?
–
Ce
n
'est pas que je suis déçu, c'est que si vous voulez, il y a plein de choses, effectivement. Je l'avais soutenu en 2017, tout à fait. Moi, je me j'engage toujours en politique. Je dis toujours pour qui je vote. Depuis 69, j'avais voté pour Jacques Duclos. C
'est
pour dire, vous n'étiez pas né. –
Vous savez déjà pour qui vous allez voter en 2027
? – Quoi ? –
Vous savez déjà qui est candidat d'abord ? Excusez-moi, vous pourrez vous le dire quand je ne
sais
pas
qu'il va le faire.
Non, mais si vous voulez, je pense effectivement que le deuxième mandat, mais comme souvent, les deuxièmes mandats sont mauvais. Pour dire les choses, le premier, attendez, en plus il y
a
eu la crise du Covid, il s'est pas mal débrouillé et tout ça, il y a ses évolutions technologiques et puis si vous voulez, il a remis l'industrie technologique en avant. Ça, c'était bien. Après, il
y a
l'État, il y a d'autres sujets où on voit bien qu'effectivement, ce qui lui manque, c'est qu'il
n'a
pas la culture populaire. Vous voyez ? Ce qui lui manque, c'est que quand il est arrivé au pouvoir, il aurait dit, il est avec Laurent Berger à la CFDT, on n
'en
serait pas là. Et là, on sent bien, j'allais dire, une culture de classe, si on peut dire, qui fait qu'on considère les corps intermédiaires, les syndicats. La CFDT, c'est 700 000 adhérents. Tous les partis politiques n'ont pas 700 000 adhérents. La CGT, c'est à peu près autant, enfin un peu moins, mais on ne
va
pas
en discuter là.
Il a loupé le coche des réformes.
C'est-à-dire qu'il n'a pas la fibre sociale. On ne peut pas gouverner un pays sans la fibre sociale.
Alors vous dites, vous écrivez plutôt que nous sommes entre deux civilisations. Moi, ça m'a fait penser à la phrase de Gramsci qui dit « Le vieux monde se meurt, l'autre tarde à apparaître ». Et c'est entre ces deux que surgissent les monstres. Est
-ce qu'on
est condamnés aux monstres aujourd'hui ?
On n'est pas condamnés, ils sont là. Vous savez, la principale phase totalitaire, c'est après la guerre de 14-18. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé avec tous les sous-officiers qui en avaient pris, excusez-moi, plein la gueule. Rappelez-vous qu'il y
a
eu 50 millions de morts. Effectivement, ils avaient vu leurs copains mourir. Tout ça, tous ces gens étaient détraumatisés. Ils ont pris le pouvoir partout. Que ce soit Staline, que ce soit Hitler. Alors Pétain, ce n
'est
pas vrai, mais Pétain, c'est un peu particulier.
Il
n
'a
pas pris le pouvoir tout seul. Bien. Donc les sous-officiers ont pris le pouvoir au fond. Et ils ont cru qu'ils allaient changer le monde. Les uns étaient communistes, les autres étaient fascistes. En gros, ils ont tué autant de personnes. L'idéologie ne sont pas les mêmes. Mais quand même, on est dans une deuxième phase de même nature. Et effectivement, devant ces bouleversements, il y a une violence qui monte. Et effectivement, il y a des gens qui vous disent « Attendez, on ne
va
rien changer. » Le modèle Trump. Les femmes, non, on les garde sous la couette. Le pétrole, on va bâtir sur le pétrole et on va faire du prix quel que le numérique. Et donc, c'est un monde en chaos. Mais ce chaos, en fait, il est relatif. Donc, c'est ça qu'il faut se dire. Mais on est dans un passage et on est au milieu du guet. Et je ne sais pas combien de temps ça prend. Et
vous craignez que les prochaines
élections présidentielles soient révélatrices de ce chaos ?
Bien sûr. Mais comme ça se passe en Allemagne, partout, vous avez un populisme d'extrême droite qui s'affronte à un populisme d'extrême droite. Regardez Berlin. Vous avez d'un côté Berlin, de l'autre côté Magdebourg et tout. Donc, vous avez à la fois, je ne veux pas associer les filles à Berlin, mais c'est quand même un
peu
la route. New York. Donc, vous avez les deux populismes qui se rattrapent. Le problème, c'est que les autres, les démocrates, doivent comprendre que l'affrontement droit de gauche est terminé. Dans les usines, dans les entreprises, 90% des accords sont signés par la CGT. On n'est plus dans un combat capital-travail. Ce n
'est
pas vrai. Parce qu'en gros, il y a des droits sociaux, des avantages, etc. On pourrait toujours les trouver meilleurs. Mais bon. Par contre, donc les démocrates doivent faire bloc.
Moi,
j'ai été élu à Marseille. J'étais vice-président de la métropole. On gouvernait avec tout le monde, sauf l'extra-droite. Des communistes à la Gaudin. Et je veux dire, ça marchait très bien. Il faut arrêter. Les désaccords ne sont pas à la essentielle. Ceux-là sont secondaires par rapport aux risques totalitaires.
Jean-Bien, on va évidemment revenir sur la montée des populismes parce que dans votre livre, vous expliquez que c'est un peu la conséquence finalement des trois révolutions que vous décrivez. Mais je voudrais d'abord qu'on s'arrête sur ces trois révolutions pour bien les comprendre. D'abord, vous l'avez dit, c'est le climat, la révolution climatique. On l'a vu cet été, les sécheresses, les canicules, les inondations dévastatrices dans certaines régions du monde. La nature a repris et est plus forte que l'homme avec aussi des conséquences sur notre quotidien, sur le logement, sur l'agriculture, sur les transports.
– Parfait. On est dans la situation d'homme préhistorique poursuivi par les ours. Sauf que
ce
n
'est
plus poursuivi par les ours, mais si vous voulez, il ne maîtrise pas son environnement. Il essayait de ne
pas
se faire bouffer. Bon, on est dans la même situation face à la crise de la nature.
Et
donc,
il
faut… Vous voyez, moi, je ne comprends pas qu
'il
n
'y ait
pas un ministère de la protection civile parce qu'il
y
a deux questions. Il
y a
se protéger et puis modifier notre mode de vie pour arrêter de produire du carbone. C'est deux sujets différents en réalité. On n'a toujours pas un ministère de la protection civile. Quand on est avec nos pompiers, là, l'été, il en manque, c'est des bénévoles. Heureusement qu
'ils
sont là, ils font un boulot fantastique. Mais pourquoi il n
'y a
pas un ministère de la protection civile ? Pourquoi est
-ce
qu'effectivement on n'aide pas les gens, on ne leur explique pas parce qu'il y
a
un problème d'explication ? Moi, là où j'habite, il
y
a des bois à côté,
ils
ne sont pas nettoyés. Mais je n
'ai
jamais vu passer un garde-champette.
Je
veux dire, à un moment, il faut aussi pousser les gens à appliquer les règles, etc. On passe d'une culture à une autre. Donc, chacun se dit je vais attendre encore un peu. Ce n
'est
pas cette année que je vais planter. Regardez les Bretons. Moi, j
'ai
une maison en Bretagne et une maison en Provence. En Provence, tout le monde a mis des arbres devant sa maison depuis dix générations. En Bretagne, non. Ben oui, ils vont mettre des arbres devant leur maison. Parce qu'un arbre, c'est quatre climatiseurs
d'autonomisés. Vous
dites, cette révolution, elle doit se faire aussi de manière individuelle. Il ne
faut
pas tout attendre des États. Il faut que chacun prenne sa
part pour s'adapter à ce changement climatique. Dans mes différents
métiers, j'ai été élu à Marseille, j'ai organisé le tri sélectif. Il n'existait pas. J'étais élu, le président m'a dit tu ne
veux
pas t'en occuper. Le type qui s'en occupait avait eu des problèmes. Passons.
C
'est passionnant. Mais maintenant, tout le monde fait du tri sélectif. Mais il y a 15 ans que j'ai fait ça.
À
l'époque, ça n'existait pas. Donc, si vous voulez, on avance très vite en réalité. Le tri sélectif, c'est un très bon exemple. Et la voiture électrique, 2 millions de véhicules hybrides ou électriques, 1 million de voitures qui sont à l'éthanol, la machin. Donc, regardez comme les choses avancent. Mais il en reste beaucoup.
L'autre révolution, Christelle, c'est la révolution féminine. Un autre des grands sujets qui est d'ailleurs abordé par certains candidats à l'élection présidentielle, c'est la démographie. Est-ce que vous pensez que c'est un sujet majeur socialement ? Est-ce que ça va être un sujet majeur dans l'élection ?
Non, parce qu'on perd 1,7 million de bébés en ce moment, à peu près, sur les 10 ans.
À
court terme, c'est une bonne nouvelle parce qu
'on
va pouvoir investir massivement dans l'éducation. Si on laisse le budget à l'éducation, si on diminue à moins d'enfants, non. On a une chance de pouvoir former une génération très bien. Donc, c'est ça qu'il faut faire. Reformer les profs, faire des classes moins nombreuses, etc. Supprimer certaines écoles quartiers, il faut les déplacer les enfants parce que ce n
'est
pas possible. Donc, il y
a
une pensée à
avoir en faisant confiance aux enseignants. sur une
croissance démographique. Notre société, notre protection sociale est basée sur la croissance démographique.
Tout à fait. Mais le monde entier est comme ça. L'effondrement de la natalité,
c
'est lié évidemment au nouveau statut des femmes. Il y a 39% des étudiantes qui déclarent qu'elles n'auront jamais d'enfants. Après, l'amour est une chose compliquée. 30% général des jeunes filles. Donc, il
y
a la montée d'un groupe de femmes sans enfants qui se construisent dans nos... C'est vrai dans le monde entier, sauf au sud du Sahel. Et c'est lié notamment au numérique, c'est lié au téléphone portable, c'est lié au temps qu'on passe dessus, c'est lié à l'augmentation du nombre de gens qui vivent tout seuls, c'est lié au recul du nombre de pratiques sexuelles, etc. Donc, il y a une nouvelle culture du corps, au fond, qui se met en place dans toutes nos civilisations.
– Est-ce qu'il y a
une
forme
de pessimisme aussi
?
– Le monde, il est comme ça. Par contre, est-ce qu'on manque de bras ? Non. Est-ce que dans 100 ans, on aura encore assez d'habitants sur la planète ? On en aura encore plus qu'aujourd'hui. On ne manque pas d'humains, on ne manque pas
de bras. – Non, mais c'est intéressant. – Comment
on les forme ? Où ils travaillent ? Et vous voyez, moi, je suis partisan de la binationalité généralisée. Je pense qu'un Marocain qui vit en France, il est binational, c'est parfait. Un Algérien, pareil. Et donc, il peut revenir,
il
peut circuler, ses enfants peuvent partir. Là, on est arrivé à arriver en France. Ah ben, on ne bouge plus parce qu'on sait que si on retourne, on ne pourra pas revenir. On est un monde de mobilité, qui vient de sortir à l'Assemblée nationale, de gens en France qui n'ont pas de papier. Ce n
'est
pas possible. Je veux dire, à un moment, il faut respecter les règles ou alors il faut modifier les règles si elles ne sont pas adaptées, bien sûr, mais on ne peut pas avoir de la transgression partout.
– Autre révolution, c'est la révolution de l'intelligence artificielle qui fascine autant qu'elle inquiète. On le voit encore hier soir, c'était à l'ONU, le PDG d'Enthropic. Nous allons ralentir autant que nécessaire pour nous assurer que l'IA est sûre. Il faut en avoir peur ou est-ce qu'au contraire, il faut l'apprivoiser avec ce que vous dites, les conséquences que ça doit avoir sur l'éducation de nos enfants, sur le développement de notre capacité de jugement.
– Vous savez, moi j'ai été étudiant à Aix. Aix a refusé le train au moment du train, à la fois parce qu'ils avaient peur que ça foute le feu aux collines et puis parce qu
'ils
ne voulaient pas d'ouvriers dans la ville. Il faut le dire aussi, c'est une ville bourgeoise, ils n'avaient pas envie qu'on mette des gares partout. Bien, n'empêche qu'ils ont mis 100 ans à 100 mètres, la ville a failli mourir. On est dans la même situation. C'est
-à
-dire, c'est normal d'avoir peur
et
en même temps, c'est un outil magnifique. Donc, il va falloir apprendre à en faire un objet démocratique. Le problème, c'est que les leaders de l'IA veulent remplacer la question démocratique. La démocratie, c'est comment on se saisit des technologies, comment on en discute, on vote, on discute à l'ONU, en Europe, en France, les enfants de moins de 15 ans, etc. Et on va faire des bêtises. Moi, quand je regarde la règle à 15 ans, c'est sympa, mais moi j'ai une petite fille qui vit chez moi qui a 15 ans, mais son programme, il est sur le téléphone. Sur l'internet.
Il est sur le téléphone. Donc,
elle me dit, mais comment je fais ? Dites,
c'est pas réaliste en
fait. Si, on peut faire qu'elle regarde que le soir. Enfin, je veux dire, l'école est rentrée dans les machines, mais je ne suis pas spécialiste du sujet. Moi, je crois qu'une chose qu'il faut dire simplement, le cerveau, c'est un truc qui se fabrique. C'est comme un muscle. C'est comme le sport. Il faut faire du sport, il faut lire. C'est la lecture qui construit le cerveau. Il faut qu'on se débrouille pour que tous les jeunes lisent une demi-heure par jour. Comme on veut. Et les garçons surtout. Parce que si ça recule, vous voyez, c'est ça qu'il faut dire. Après le reste du temps, le téléphone portable, est-ce qu'ils ont ça plutôt que nous, on avait d'autres codes, on écoutait, etc.
Mais faisons que chaque jour, on lise une demi-heure par jour et par jeûne. Ça, ça construit le cerveau. C'est comme il faut faire de la natation, de la marche à pied.
Et on en vient aux conséquences politiques puisque c'est aussi un point que vous développez dans votre livre. C'est Révolution qui explique la montée des extrêmes, des nationalistes. Je voudrais que vous nous expliquiez cette phrase qui est écrite dans votre livre. La France tient la clé de l'évolution nationalo-populiste de l'Union européenne avec la présidentielle 2027.
Mais si vous voulez, la France, c'est un pays très particulier parce qu'au fond, on se vit comme un lieu d'expérimentation des pratiques sociales et politiques. Depuis la Révolution française, mais même avant, Luc XIV ne se prenait pas non plus pour un roi de quartier. Donc si vous voulez, on a une fonction particulière, un peu comme les Etats-Unis. Effectivement, on est un pays qui pense le monde en se pensant nous-mêmes. Donc c'est très particulier. Et en plus là, on a des élections. On voit bien que l'extrême droite est en train d'aller partout sur l'Europe. Au fond, qu
'est
-ce qu'on a ?
On
a un monde d'ingénieurs chinois. C'est que des ingénieurs les Chinois. Que des ingénieurs avec le gouvernement chinois qu'ils ont, etc. C'est totalitaire. Mais c'est surtout un monde d'ingénieurs. C'est pour ça que la vie quotidienne n
'est
pas très agréable en Chine. De l'autre côté, vous avez un monde de juristes. Les Américains, tous les présidents étaient avocats sauf Trump. De droite ou de gauche. Enfin, les démocrates ce n
'est
pas des modèles. Nous, on a construit en Europe un modèle social bâti sur l'éducation, sur la culture, etc. Qui est un modèle magnifique. Alors, est-ce qu'il est capable de s'adapter ? Il a plus de mal. On voit bien la question de la retraite. La question du travail. On a plus de mal. Mais en même temps, on a le meilleur modèle. En France, il y a plus de 100 millions de gens qui viennent nous visiter. C'est quand même génial. L'Oréal est une des premières capitalisations mondiales. Les trucs de luxe. Je ne
sais
pas que le luxe me fascine, mais ça veut dire qu'on produit du bien vivre, du bonheur de vivre. On a inventé le Club Med.
On
a inventé tout ça. Mettons ça en avant. Et après, comment avec
ça ? On a
le meilleur modèle, mais il est très critiqué. Les Français n'adhèrent plus à ce modèle.
Mais qu
'est
-ce que vous dites que les Français n'adhèrent plus ? 80% des Français disaient mais le drapeau français.
J
'écoutais hier Laurence Denerveau en avait un débat là-dessus. Non, ce n
'est
pas vrai. Je veux dire, les médias ont ce discours. Mais les Français aiment la France. Et d'ailleurs, vous regardez par exemple sur le problème de l'immigration. Oui, il
y a
un problème avec l'immigration clandestine.
C
'est invident. Ce n
'est
pas vrai. Ce n
'est
pas normal que les OQTF qui sortent de taux ne soient pas virés. Pourquoi il y a 6 000 personnes condamnées pour des crimes racistes ou autres, des viols, des choses comme ça ? Une fois qu'ils ont fini leur temps, ils sont toujours à courir dans la rue. Excusez-moi.
Mais vous dites aussi parce
qu'il y a une poussée des extrêmes, Jean Vier, dans le pays.
Ça
vous ne
peut
pas...
Oui, bien sûr. Vous dites d'ailleurs les extrêmes
servent de refuge à des milieux populaires, déboussolés, peu ou mal diplômés, périurbains suffisants. On en revient au bilan finalement des quinquennats Macron. Est-ce qu'il y
a
une responsabilité d'Emmanuel Macron qui n'a pas su résorber cette fracture territoriale ? C'était sa ligne en 2017. C'était son engagement
de
campagne,
résorber la fracture C'est vrai, mais parce
que c'est un phénomène qu'il y a dans toutes nos démocraties. Je vais vous dire une chose, 70% des gens vivent en dehors des grandes métropoles. L'essentiel dans du périurbain construit depuis la guerre. C'est la grande victoire des milieux populaires. Ils sont arrivés être propriétaires d'avoir une maison avec un jardin, un chien, un chat, un lapin, un arbre. Ils l'ont fait tout seuls. Ce n
'est
pas les politiques publiques qui les ont menées. C'est le milieu populaire à échapper à la prise en charge par les HLM, tout ça. Ils ont pu, grâce au bis salariat, c'est parce qu
'ils
ont eu de salaire, c'est lié à l'emploi féminin, il ne
faut
pas rêver. C'est une réussite magnifique. Toutes nos démocraties s'effondrent du périurbain. Le périurbain vote. Ils ne sont pas structurés politiquement. Là où j'habite, là où je travaille, il y a un million de parisiens, de salariés qui rentrent tous les jours dans Paris avec des CDI. Pourquoi ils ne votent pas sur Paris ? Pourquoi est-ce qu'ils votent ? Je ne
prends
plus l'exemple de Mérue parce que ma fille habite, la malheureuse. Mais je veux dire, pourquoi est-ce qu'effectivement, vous voyez, on n'a pas modifié les règles de la démocratie. Trump n'a gagné aucune grande ville. Londres n'a pas voté pour le Brexit. Barcelone était contre l'indépendance par rapport à l'Espagne. On est dans une crise. Le périurbain, Vous
dites quoi ? Que le périurbain n'est plus représenté politiquement aujourd'hui ?
Pas du tout. Bien sûr, ils votent pour leur commune. Mais excusez-moi, quand vous allez habiter à 30 km de Paris, en fait, vous êtes parisiens de
l
'extérieur. Il faut bien sûr repenser complètement les cartes démocratiques. Mais dans tous nos pays, la situation est la même et dans toutes les régions.
Mais ça veut dire que les
élus nationaux ne sont pas en capacité aujourd'hui de porter les problèmes du
périurbain ? Les élus
nationaux, on les a déconnectés du territoire en pensant que c'était très bien. Résultat... En
supprimant le cumul des mandats, c'est ça ?
Quoi ? En supprimant
le cumul
? Il fallait le faire pour l'Assemblée nationale, mais pas pour le Sénat. Le propre du Sénat, c'est qu
'il
représente les territoires. Donc si vous voulez, là-dessus, on a fait des réformes populistes, parce que les gens le demandaient, mais les gens, ils ne sont pas dans la mécanique.
Ce
n
'est
pas parce que les gens... Je pense que c'est des erreurs. Mais c'est vrai, mais regardez, c'est dans tous les pays. Macron, il a sans doute fait des tas de trucs pas bien, mais est-ce que l'extrême droite progresse moins vite en Allemagne ? Non. En Espagne ? Non. En Angleterre, il est en tête, l'extrême droite.
Merci Jean Viard. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour nous décrire cette époque, ces révolutions et ces conséquences politiques. Je remontre votre livre à l'antenne d'une époque passionnante mais redoutable.
C
'est aux éditions de l'Aube. Merci beaucoup et merci Christelle.
La une de la
dépêche, c
'est
Léon XIV. Les enjeux de la visite du pape et on va en parler puisque ça fait la une de beaucoup de nos quotidiens régionaux. Audrey, on va reparler du pape puisque la visite en France du pape pour 4 jours, ça fait la une du grande partie de nos quotidiens. Tout à fait, Oriane. Une visite XXL souligne même le Telegram. Vous pouvez le voir ici. Metz géante, sécurité hors normes, programme marathon et engouement populaire. Léon XIV passera par Paris, Lourdes et Metz. Une visite estimée à 27 millions d'euros. À Lourdes, 200 000 personnes sont attendues et d'après la dépêche du midi qui est allée prendre le poule engouement se ressent déjà dans les transports.
Une visite qui intervient, Oriane, dans un contexte sensible pour l'Église, marquée depuis de nombreuses années par des révélations de violences sexuelles en son sein. À Lourdes, le pape recevra cette victime à huis clos. Et la Nouvelle République des Pyrénées s'intéresse, elle, au cuisinier du pape à Lourdes qui est dans les starting blocks qui s'appelle Guillaume Laé et c'est le cuisinier de l'évêque de Lourdes et il va y réaliser son rêve. Il proposera au souverain pontif des produits emblématiques de la gastronomie Bigourdane, du port noir, de la truite des Pyrénées avec un clin d'œil aux racines américaines du pape, une blueberry pie revisité à la Pyrénéenne.
Ça donne envie de grands matins.
Ah ben là, oui.
La ferveur qui semble au rendez-vous est plus surprenante, Audrey. Ça concerne aussi les jeunes. des jeunes qui sont raides dingues du pape, souligne l'aide nouvelle. Mille jeunes axonnés seront d'ailleurs présents au Stade de France pour la veillée organisée à l'occasion de la visite du pape et pour financer leur voyage, ils ont créé un maillot de foot collector Pax Léon vendu au prix de 30 euros. Là, c'est ingénieux. Voilà. Le pape qui sera accueilli vendredi par Emmanuel Macron à l'aéroport d'Orly. Emmanuel Macron qui doit s'exprimer ce soir à 20h. Oui, et d'après le Dauphiné libéré, il va devoir se livrer à un exercice difficile.
Il doit expliquer aux Français pourquoi les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient ont des conséquences directes sur leur vie et notamment sur le prix des carburants qui battent des records dans les stations-service. Mais surtout, il devra les rassurer. Exercice périlleux, Oriane.
Et
on va parler justement du pouvoir d'achat,
de
la hausse des prix du carburant et du pouvoir d'achat en général, y compris chez les restaurateurs. On va tout de suite à Aurillac. Bonjour, Pierre Reynaud. Merci beaucoup d'être avec nous, Pierre, directeur départemental du journal La Montagne dans le Cantal. Pierre, plus de 4 900 établissements sont en défaillance au niveau national, soit 7% de plus qu'en 2025 sur la même période. Quels sont, selon vous, les principaux facteurs qui fragilisent aujourd'hui ce secteur d'activité
?
Déjà, bonjour. En juin dernier, lors d'un déplacement dans le Cantal du chef étoilé Thierry Max, qui est le président de
l
'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, qui est l'organisation patronale des hôtels, cafés et restaurants, avait alerté sur un constat alarmant pour ce secteur d'activité. Il avait avancé le chiffre de 25 fermetures de restaurants par jour en France.
Il
déclarait dans nos colonnes, je le cite,
«
Beaucoup d'établissements sont écrasés par les charges. Nous avons des combats de fonds à mener. L'énergie coûte plus cher, la matière première coûte plus cher, le personnel coûte plus cher. Le secteur de la restauration traverse effectivement une crise économique historique marquée par plus de 4900 établissements en défaillance depuis le début de l'année, soit 7% comme vous rappeliez tout à l'heure de plus qu'en 2025 sur la même période. Les restaurants ont trinqué avec cette hausse des charges, mais ce n'est pas l'unique cause. Il y
a
eu certes l'impact des épisodes de canicule répétés cet été, mais le nerf de la guerre, disait Thierry Marx dans nos colonnes, c'est le pouvoir d'achat. Vous ne pouvez pas inciter les gens à mieux manger ou à mieux consommer s'ils n'ont pas de pouvoir d'achat. Si les salles de restaurants ne sont pas forcément moins fréquentées, les clients dépensent moins qu'auparavant. On se rend compte qu'une chose, c'est que les Français arbitrent leurs dépenses, ils se partagent une entrée ou un dessert ou ne prennent qu'un plat, nous a témoigné cette semaine Franck Chomest,
qui
postule pour prendre la suite de Thierry Marx à la tête de l'UMI. Le pouvoir d'achat des Français est effectivement en verne.
À
l'entrée de septembre, le pouvoir d'achat des ménages s'impose comme une préoccupation majeure. Pierre, sur fond de hausse des prix à la pompe.
Effectivement, le pouvoir d'achat en cette rentrée de septembre des Français n'est pas prêt de s'améliorer avec la hausse du prix des carburants. Le gazole, par exemple, j'ai vérifié hier, s'affichait en moyenne entre 2,37€ et 2,42€ le litre à Aurillac. Et la colère sociale commence à pointer son nez pour preuve demain en fin de matinée. Quatre présidents du comité de commune du nord du Cantal appellent à un rassemblement républicain pour faire entendre la voix des territoires ruraux face à l'inflation grandissante et rappeler que la voiture n'est pas un choix. Elle est indispensable pour travailler, se soigner, étudier, vivre au quotidien.
Et l'équation est très compliquée pour le gouvernement. Comment donner un peu d'air aux Français asphyxiés sans pour autant mettre en péril un budget qui a des plus grandes difficultés à boucler
? Merci
beaucoup. Merci Pierre Henault d'avoir été avec nous.
On
regarde votre une du jour, c'est un autre sujet dans l'ombre des catastrophes, l'entraînement d'une unité de la gendarmerie qui identifie les corps avant de les rendre aux familles à lire Pierre Henault d'avoir été avec nous et bonne journée à vous. La situation, Audrey, qui est aussi très compliquée pour les étudiants. Oui, regardez à Nancy, le succès du repas à 1 euro face à la précarité étudiante fait déborder les restaurants universitaires et met sous pression les personnels du CRUZ. C'est ce que nous explique l'Est républicain. Après une première grève ce mardi, ils annoncent un nouveau mouvement dès la semaine prochaine. Mais la précarité étudiante,
c
'est aussi le logement l'Est républicain met le focus sur les hébergements d'urgence pour étudiants à Strasbourg. C'est une association qui propose des logements pour 13 nuits en moyenne en auberge de jeunesse souvent. Ça, c'est la solution d'urgence pour trouver ensuite une solution pérenne. La demande est telle que l'association lance des appels aux particuliers.
Un
maire d'extrême droite veut rayer de sa ville les références au soutien du FLN. Steve Fortel, le tout nouveau maire d'extrême droite d'Elnes et au sud de Perpignan vient de débaptiser le cinéma de la commune. L'indépendant rapporte que le cinéma René Vautier s'appellera désormais la bobine illibérienne. Pour rappel, René Vautier,
c
'était une figure majeure du cinéma politique, entré en résistance à 16 ans, décoré de la croix de guerre, soutien ensuite au mouvement politique et militaire pour l'indépendance de l'Algérie sans en être encarté. Tout de même trop pour le nouveau maire qui se justifie en disant ne pas vouloir de connotation politique pour son cinéma. C'est la polémique littéraire de la rentrée. Le premier roman de l'Haïtien, Télison Aurélien, C'est ça ou mourir est le best-seller de la rentrée. Il est sur la première liste du Goncourt mais l'auteur est accusé via un compte anonyme sur X, anciennement Twitter, d'avoir écrit son roman en ayant presque intégralement eu recours à l'intelligence artificielle.
Le compte publie d'ailleurs les résultats du logiciel. L'auteur et la maison d'édition grassaient sans défende mais le poison du doute et là, signe le midi libre, le président du Goncourt s'est exprimé même si les éléments apparaissent troublants. Évitons de crier au loup à faire à suivre donc sur cette polémique littéraire. Allez, on termine par les sénatoriales. Là, c'est la toute dernière ligne droite. Les sénatoriales, c'est dimanche et l'Est éclair s'intéresse aux forces aux présences dans l'aube. Huit candidats sont en lice pour décrocher les deux sièges de sénateurs dévolus à l'aube. Voilà, c'est le petit encart que vous pouvez voir sur le côté.
Le département est historiquement ancré à droite et au centre. Pour l'instant, c'est plutôt la droite et le centre. Mais l'ERN, fort de ses succès récents dans l'aube, espère faire des sièges de sénateurs, transformer ça auprès des grands électeurs. Auréane.
Merci
Audrey. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour cette semaine et on va continuer à parler des sénatoriales. Ce sera le thème du débat avec nos éditorialistes et la presse régionale dans quelques instants. Mais d'abord, dernier épisode de notre série sur la campagne dans les départements. Direction les Bouches-du-Rhône. Neuf listes ont été déposées. C'est un record. Huit sièges à pourvoir et la large victoire de Benoît Payan à Marseille pourrait assurer la réélection des trois sénateurs de gauche. Le bloc central a l'air macroniste par lui divisé le président de la région. Renaud Muselier vise une entrée au Sénat. Reportage de Clément Guignonneau et Céline Schmitt.
C
'est une tradition provençale à laquelle les candidats aux élections sénatoriales ne peuvent pas déroger.
Bon
ben c'est parti, on y va. Rencontre avec les maires et plus particulièrement le maire de Pélissane, M. Monteco. Voilà pour le fameux Aïoli.
Brigitte Dévéza est sénatrice sortante UDI. Elle est à la tête d'une liste d'union de la droite et du centre.
On
a le soutien des LR, on a le soutien de l'UDI, on a le soutien de tous les partis finalement et de Gérard Larcher et de la majorité sénatoriale ce qui n
'est
pas rien. Pour nous c'est important. Il faut expliquer aux grands électeurs l'intérêt effectivement de soutenir notre liste.
Elle
fait campagne avec le président de la région PACA, Renaud Muselier. Un temps pressenti en troisième place sur cette liste de la droite et du centre. La sortante Valérie Boyer a finalement décidé de se lancer seule dans la course. Elle a reçu le soutien de Bruno Retailleau.
Mme Deveza c'est une ex-modem UDI comme Renaud Muselier qui est président de Renaissance, le parti de Gabriel Attal. Ce n'était pas possible pour moi qui ai toujours été dans l'opposition à Emmanuel Macron d'être derrière des personnes que je combats depuis toujours.
L'extrême droite n'est pas épargnée par les divisions. On ne compte pas moins de deux listes dans les bouches du Rhône.
27e à Yoli en un mois et demi je n'en peux plus.
Le
sortant Stéphane Ravier espère bien garder son siège. Entré au Sénat avec le Front National il y a 12 ans il n'a pas reçu l'investiture du RN cette année.
Vous êtes présent sur le terrain et que vous défendez le territoire au Sénat
parfois
vous êtes considéré comme un sénateur avant tout avant d'appartenir à une quelconque boutique parisienne.
C
'est Marie-Pierre Calais ancienne LR qui est la candidate officielle du parti à la flamme.
Mes
convictions n'ont pas changé. C'est le parti auquel j'appartenais avant c'est-à-dire les LR qui ont changé qui ont glissé petit à petit vers le centre et donc vers la Macronie chose que je ne suis pas et aujourd'hui donc je retrouve au sein du Rassemblement National mes convictions de droite tout simplement.
Ici dans les bouches du Rhône on l'a vu la droite est plus
morcelée que jamais est également candidat à le maire d'hiver droite de Gardanne Hervé Granier.
Une autre liste compte elle aussi bien peser dans ses élections. Elle se revendique de centre droit et centre gauche et est menée par la sénatrice sortante Mireille Joux.
Je crois que certains élus en ont un peu aussi des querelles politiciennes. Tous les gens qui sont sur ma liste sont dans ce même état d'esprit.
À Marseille nous rencontrons la liste d'union de la gauche qui espère gagner au moins trois sièges sur les huit comme en 2020.
On a un planning à finaliser et il nous reste quelques zones qu'on n'a pas encore couvert.
La sénatrice sortante Marie-Arlette Carlotti est deuxième sur cette liste conduite par le communiste Jérémy Baky. L'union rassemble aussi des écologistes.
On est différents on est dans des groupes politiques différents mais on a toujours travaillé de concert concernant les territoires tout le temps. Ce n
'est
pas pour autant une liste
partisane parce que derrière il y aura beaucoup de maires des femmes bien sûr une liste paritaire c'est évident c'est la loi mais aussi qui couvrent l'ensemble des territoires et qui ne sont pas des gens engagés dans les partis politiques donc vraiment c'est une liste je crois qui représente les bouches du rône.
Mais un autre candidat propose une liste dissidente Jean-David Ciotte maire et ancien député PS espère grappiller des voix à gauche et obtenir un siège au Sénat.
J'entends beaucoup les grands électeurs de ces départements de gauche ou du centre ou en tout cas qui sont sans étiquette mais plutôt dans un esprit républicain nous dire nous on va être représentés par des gens comme vous et on ne
veut
pas avoir des gens qu
'on
ne voit pas ou qui sont plus intéressés par des sujets métropolitains ou nationaux.
Enfin la France insoumise présente elle aussi une liste menée par Michel Blanchard-Svoboda une présence qui s'annonce plutôt symbolique au vu du faible nombre de grands électeurs insoumis dans le
département.
Allez
on va continuer à parler de ces sénatoriales c'est le thème du débat avec nos éditorialistes et la presse régionale J-3 avant l'élection quel sera le nouveau Sénat ?
Et
c'est la dernière élection avant la présidentielle.
Dimanche le Sénat sera renouvelé de moitié 178 sièges en jeu alors vous n'êtes pas tous appelés aux urnes loin de là les sénateurs sont élus par les grands électeurs 172 000 au total des élus locaux en très grande majorité des conseillers municipaux des sénateurs élus avec deux modes de scrutin scrutin majoritaire dans les départements les moins peuplés qui ne comptent qu'un ou deux sénateurs scrutin à la proportionnelle dans les départements plus peuplés qui comptent au moins trois élus et puis à noter que le vote est obligatoire pour les sénatoriales et pour les grands électeurs si vous n'allez pas voter 100 euros d'amende on va parler des enjeux politiques de cette élection avec Jefferson Despoirs bonjour Jefferson bonjour
Aurore c'est
vous qui représentez ce matin la presse régionale grand reporter à sud-ouest Mickaël Darmont est avec nous bonjour
Mickaël
merci d'être là et puis Aurore Malval grand reporter au service politique de Marianne bonjour Aurore
merci
également d'être avec nous on va commencer par les enjeux politiques de ces sénatoriales je le disais c'est la dernière élection avant la présidentielle et on parlera tout à l'heure des conséquences de ce vote sur la présidentielle mais d'abord même si le mode de scrutin on le disait un sénat relouvenait de moitié élu par des grands électeurs on est moins dans la réaction politique que quand on élit des députés mais quand même c'est un scrutin en jeu Mickaël
c'est un scrutin à très fort en jeu c'est à
dire
que ça va être la première lecture je dirais au microscope des mécanismes qui sont en train de se mettre en place dans les rapports de force politique pour donc l'élection présidentielle que vous avez évoquée effectivement et qui est en fond avec ces sénatoriales dans une logique de lever de rideau on voit effectivement comment les je dirais l'ombre de choc et les conséquences du scrutin des municipales qui évidemment donne maintenant ça va pas donner son expression aux élections sénatoriales de quelle mesure le paysage politique s'en trouve effectivement modelé et on comprend d'ailleurs à quel point au moment des municipales il est important pour les formations donc en lice à chaque fois si ce n'est de gagner des villes mais d'avoir d'engranger si je puis dire des élus locaux parce qu'il y a à la fin ce scrutin qui certes effectivement renouvelle de manière tranquille puisque c'est par touche qu'à chaque fois la chambre se renouvelle mais qui restitue un tableau qui va être quand même celui une toile de fond une trame pour le grand combat présidentiel qui commence
Oui
effectivement vous l'avez assez bien décrit les élections sénatoriales elles sont un peu à l'image du Sénat c'est-à
-dire
qu'on a effectivement le sentiment en tout cas d'une certaine pesanteur aussi même dans son renouvellement et ça se fait par petites touches les équilibres ne seront pas bouleversés de façon magistrale mais effectivement ça dessine quelque chose alors ce qui est intéressant et je pense qu'on va le voir quand on rentrera dans les cas particuliers c'est qu'on a un petit peu deux enjeux on a à la fois des départements effectivement comme les Alpes-Maritimes comme dans une moindre mesure d'ailleurs le Var vous le disiez c'est intéressant parce que le RN n'a pas gagné Toulon il a quand même gagné énormément d'élus au conseil municipal de Toulon donc ça pèse aussi ça compte aussi et puis vous avez il
a gagné d'autres villes
dans le Var il a gagné Sifour il a gagné effectivement d'autres villes dans le Var la Seine-sur-Mer aussi et vous avez dans d'autres départements des départements où le RN n'a pas réalisé de vraies percées mais par contre bénéficient d'une sympathie ou en tout cas envers des élus non encartés des élus un peu aussi de la ruralité et même parfois ce que j'appellerais peut-être presque un vote caché c'est-à-dire des gens qui ne se déclarent pas ouvertement soutien du RN mais qui peuvent le soutenir lors de ces élections donc ça c'est aussi ça va être intéressant de voir et c'est ce qui donne finalement parce qu'on dit souvent que ces élections sénatoriales elles sont très prévisibles parce qu'on peut mesurer les rapports de force le fait est qu'on n
'est
pas capable encore aujourd'hui de dire pour chaque groupe voilà le RN par exemple peut faire entre ils disent leur prévision il la joue un petit peu modeste je pense entre 9 et 11 à 9 on n'a pas de groupe à 11 on en a un donc effectivement ce sont des enjeux qui sont très importants parce qu'effectivement il faut 10 sénateurs pour avoir un groupe Jefferson là-dessus c'est intéressant sur le ressort du vote parce qu'on le disait ce ne sont pas tous les français qui votent au sénatorial ce sont les grands électeurs les élus locaux est-ce qu'ils votent de manière partisane est-ce qu'il y a un vote caché est-ce qu'il y a d'autres ressorts sachant que la majorité des conseillers municipaux n'ont pas d'étiquette
en
tout cas pour faire le lien avec ce qui vient d'être dit une partie des masques vont tomber dimanche soir notamment sur ce qu'on appelle le fameux vote caché c'est-à-dire les votes sans étiquette et ça va être particulièrement vrai en Gironde parce que c'est la Gironde qui fera ou ne fera pas qu'il y aura un groupe parlementaire RN au Sénat c'est l'un des enjeux majeurs puisque le mode de renouvellement fait qu'en fait les grands équilibres ne changent peu ou pas beaucoup et ce sera encore le cas cette année mais l'intérêt c
'est
de savoir s'il y aura un groupe RN au Sénat donc le dixième siège selon les calculs du RN et ce qu
'on
me disait encore cette semaine il va se faire ou ne se fera pas en Gironde c'est-à-dire sur la candidature Dédjige Diaz la députée de Gironde qui est aujourd'hui candidate au Sénatorial et qui fait une intense campagne de terrain il y
a
eu un premier atterrissage chez les municipales avec un début d'implantation puisqu'ils ont eu une commune mais ils sont rentrés dans plusieurs conseils municipaux donc ça vous fait déjà un contingent d'une centaine de voix il faut aller en chercher un peu plus de 300 encore pour avoir ce fameux siège qui sera le sixième sénateur de Gironde parce qu'en fait l'intérêt de la Gironde c'est que vous avez six sénateurs c'est un des départements qui donne le plus de sénateurs et donc c'est là où vous avez le plus de chance pour le Rassemblement National j'essaie de synthétiser de faire court mais en tout cas c'est là où ça va se jouer et donc pour le RN on va voir ces maires sans étiquette ces grands électeurs sans étiquette se dévoiler si jamais il y a un sénateur RN c'est-à-dire que ce sera le sixième siège ce sera un mini séisme
en
Gironde terre radicale par excellence terre socialiste évidemment en tout cas ça dira quelque chose et ça fera cette bascule pour ce groupe parlementaire ça va se jouer là et donc dimanche soir on va avoir un très gros focus sur
la Gironde mais est-ce que vous arrivez
à percevoir c'est une question difficile pardon que je vous pose Jefferson mais est-ce que vous arrivez à percevoir les ressorts du vote est-ce que par exemple les incendies qui ont lieu en Gironde cet été s'ajoutent dans les ressorts du vote est-ce que c'est plutôt national est-ce qu'il y a des cas particuliers des choses que vous arrivez à sentir chez les maires
ce
qu'on peut dire c'est que la carte électorale si on la colle sur les incendies pour le RN c'est gagnant c'est-à-dire qu'ils sont déjà dans une zone de confort où il y a du vote RN en tout cas ce qu'on peut dire c'est que l'ambition est très forte puisque Marine Le Pen est venue au Porsche qui est la ville sinistrée où il y a eu 183 maisons brûlées elle est venue la semaine dernière et en parallèle à la fin de cette visite au Porsche le soir même au porte de Bordeaux à Saint-Thobain-du-Médoc il y a eu une réunion de Marine Le Pen dédiée au sénatorial et exclusivement au sénatorial avec des élus locaux des maires sans étiquette etc.
tout ça autour d'Edviz Diaz le message est très clair il faut que ce siège émerge et l'ambition de Marine Le Pen a fait cette réunion c'est pour ça donc si vous voulez il y a une vraie pression de ce côté-là Edviz Diaz a réussi à décrocher des maires sans étiquette elle a réussi à construire une liste qui a été parfaitement lue par ses adversaires politiques donc voilà maintenant je ne peux pas vous donner le score mais ce qu'on voit apparaître pour l'instant sauf surprise c'est que ça se jouera à très peu de choses la défaite ou la victoire mais même si ça passe d'un cheveu ça montrera encore le renforcement de cet éterrissage au plan local
et
c'est l'un des enjeux du scrutin Michael l'entrée la constitution ou non d'un groupe RN alors on dit RN mais c'est RN UDR parce que l'UDR a son importance dans
la constitution et
pour parler effectivement des ressorts que l'on peut-être pas toujours voir ou toujours discerner dans une culture politique du Sénat qui est quand même dans le combat feutré derrière les tentures en velours enfin on connaît aussi ce genre de démarche qui fait aussi un peu d'ailleurs les délices aussi de cette maison parmi justement les ressorts du vote il y a aussi des inimitiés personnels il y
a
aussi des vengeance politiques et le reportage que vous avez diffusé sur la situation des bouches du Rhône l'illustre bien il y a un enjeu d'Eric Ciotti qui vient aussi régler ses comptes avec Renaud Muselier
et
de ce point de vue là il est clair qu'il y a une activation de candidats pour pouvoir justement arriver à cette fin là et pouvoir également jouer le rôle de capacité d'organiser et de pouvoir former un groupe avec l'aide de la plateforme UDR
qui
enverra cette fois-ci un message pour l'élection présidentielle parce qu'à ce moment là l'UDR enverra ce message en disant je suis la plateforme d'atterrissage pour les élus LR qui veulent quitter
venir
vers le RN sans aller jusqu'au RN venez chez moi
et
c'est comme cela aussi après les sénatoriens on verra dans quelle mesure Eric Ciotti jouera un rôle président de l'UDR jouera un rôle important ou pas
dans
cette campagne présidentielle comme étant l'allié actif
et
attractif
pour
une partie de la droite au profit de Marine Le Pen
parce
que ça aura des conséquences sur la recomposition un mot sur cet enjeu pour le RN et l'UDR Jefferson parlait de la Gironde évidemment c'est son département vous nous parliez tout à l'heure au nord du Var c'est là que Jordan Bardella a choisi de se rendre dimanche soir c'est de là dont parlera le président du Rassemblement National ça veut dire que c'est aussi là que le RN place ses espoirs de conquête il peut y avoir effectivement le RN espère faire un siège dans le Var et c'est tout à fait possible lorsqu'on lit en tout cas la carte électorale et les équilibres c'est aussi le département qui se trouve être entre les Bouches-du-Rhône d'un côté et les Alpes-Maritimes de l'autre et donc ça permet finalement d'avoir une position assez centrale pour couvrir tout ce Sud-Est qui est déterminant effectivement pour le groupe en tout cas le groupe RN-UDR vous l'avez dit avec des divisions de la droite alors dans les Bouches-du-Rhône on l'a vu dans votre reportage tout le monde est un petit peu divisé il y a à la fois deux listes enfin une liste d'union du centre et de la droite puis une liste aussi avec Valérie Boyer qui n'a pas voulu candidate LR qui n'a pas voulu figurer sur la liste du nom du centre et de la droite et vous avez aussi d'ailleurs pas tout à fait de la même façon pas tout à fait pour les mêmes raisons mais également deux listes dans les Alpes-Maritimes qui sont là deux listes investies par les LR avec à leur tête Alexandra Borkio et Dominique Estrosi-Sassonne justement pour pouvoir tenter d'arracher deux sièges dans ce département qui pourrait fournir un gros contingent d'élus au groupe RM et qui sont deux sénatrices LR
c'est
intéressant que vous parlez des Alpes-Maritimes les Alpes-Maritimes c'est cinq sénateurs c'était cinq sénateurs LR
et
Eric Ciotti a remporté la ville de Nice qui pourrait faire ce qui devrait sans trop grande surprise faire perdre des sénateurs LR est-ce que c'est symbolique finalement les Alpes-Maritimes de cet électorat UDR RN qui grignote finalement les républicains
il
y
a
un côté laboratoire dans tout ce qu'on vient de parler de tout ce que vient de raconter Aurore et Mickaël juste avant c'est ce côté laboratoire sur ce qu'on appelle l'union des droites possibles ces espèces de passerelles qui pourraient arriver on voit bien qu'il
y a
une porosité entre LR UDR et après RN UDR a l'air d'être le sas de décompensation avant le transfert ultime vers le RN donc on verra comment tout ça se formalise mais moi je retiens plutôt ce côté laboratoire parce que l'idée c'est d'envoyer un signal ce que disait Mickaël tout à l'heure c'est
-à
-dire que c'est la dernière élection avant la présidentielle là il y
a
l'occasion d'envoyer des signaux c'est-à-dire qu'on peut avoir quitté LR comme l'a fait Eric Ciotti en claquant la porte monter sa propre franchise tout en s'alliant avec le Rassemblement National là on voit bien qu'il y
a
un espèce de continuum qui est en train de se dessiner est-ce qu'il sera juste limité au Var à cette partie du Sud-Est où est
-ce
que ça peut aller plus loin c'est là où l'atterrissage d'un groupe au Sénat fera sens c'est là où ça en verra des signaux c'est là où on verra si c'est viable ou pas et si c'est acceptable
Sur les Alpes-Maritimes je pense que c'est très intéressant ces départements du Sud où en fait ça montre non pas tant d'ailleurs la porosité de l'électorat mais la porosité du personnel politique c'est-à-dire qu'il y
a
eu un vrai remplacement d'étiquette c'est-à-dire que ce qui d'ailleurs existe déjà dans l'histoire vous avez dans les Alpes-Maritimes des gens qui ont fait des allers-retours assez nombreux entre le RN et les Républicains même le FN et le RPR il
y
a longtemps c'est pas quelque chose du tout qui est nouveau et effectivement vous avez ces mouvements ces mouvements d'élus et le personnel et je dirais les électeurs suivent derrière votent pour des gens qu'ils connaissent ce qui est intéressant dans les Alpes-Maritimes c'est que vous avez quand même une union des droites en bonne et due forme qui gouverne qui dirige le conseil départemental depuis maintenant presque plus de 3 ans avec une majorité UDR LR donc c'est vraiment personne n'en parle ça se passe à bas bruit mais vous avez les LR et l'UDR qui dirigent ensemble cette collectivité donc là ça montre bien
mais parce que
pour expliquer parce qu'Éric Ciotti
est passé à l
'UDR et qu'il a emmené une partie de ce groupe mais
effectivement ils sont
tiraillés entre fidélité à Éric
Ciotti
mais en même temps gardé
leur étiquette à l'air et vous avez quand même
Charles Anginesi qui a d'ailleurs failli participer
qui est le président
du département qui a failli participer à cette liste des sénatoriales qui a finalement renoncé parce qu'il n'a quand même enfin il n'assumait pas en tout cas il ne voulait pas apparaître comme étant sur une liste avec des pardon des candidats RN UDR ne l'aurait pas dérangé
et
d'ailleurs c'est en ça que si on peut comprendre pourquoi Jean-Luc Bernard Delas choisit d'aller dans le Var dans cette région du sud-est qu'on vient d'évoquer qui est celle de ce laboratoire de l'union des droites parce que lui il est pour l'union des droites
Marine
Le Pen a fait campagne en Gironde là où c'est un siège je dirais RN pur qui peut l'emporter et non pas dans une logique l'union des droites et là on retrouve en fait la ligne de clivage à l'intérieur du parti entre les tenants de l'union des droites Jordan Bardella et Marine Le Pen qui se refuse absolument
à
entrer dans cette matrice en disant moi je suis au-delà et au-dessus
prenant
une sorte de dépassement paradoxal qui serait dans une prolongation d'un dépassement politique qu'on a pu entendre depuis une décennie
parce qu'effectivement on le disait en dernière élection avant la présidentielle cette élection elle aura un enjeu évidemment à sept mois de la présidentielle on a parlé de ce que pourrait être politiquement le symbole de l'arrivée d'un groupe RN en vue de la présidentielle Jefferson est-ce que ça pourrait donner une dynamique il y
a
LFI aussi qui espère rentrer au Sénat est-ce que là aussi ça pourrait être un symbole qui donnerait une dynamique aux candidats à la présidentielle
?
Je relativiserais quand même cette dimension sur le côté ça peut être une rampe de lancement pour la présidentielle parce que d'abord les grands équilibres ne vont pas changer il y aura toujours une majorité de droite Gérard Larcher est de nouveau candidat au plateau donc voilà tout ça va quand même se passer ça va être une forme de continuité je trouve que le Sénat pour l'instant c'est un peu quand même le monde d'avant 2017 on a une majorité de droite on a une opposition de gauche dans les votes ça se retraduit de la même manière je prends la loi Duplomb avec la réintroduction des pesticides la droite l'approuve la gauche désapprouve la loi fin de vie la droite détricote le texte le vide de la substance la gauche le soutient en fait on a vu que depuis 10 ans le Sénat est hermétique aux grands changements qui se sont passés à l'Assemblée nationale il est hermétique au macronisme et pour autant ces deux pôles de droite et de gauche n'ont pas servi à faire émerger un candidat ou une rampe de lancement pour la présidentielle le renouveau de la gauche et le renouveau de la droite je mets Bruno Retailleau à part n'a pas servi non mais il n
'a
pas servi de rampe de lancement bon voilà le Sénat avait vécu quand même dans une forme de bulle une bulle spatio-temporelle si je puis m'exprimer ainsi et puis voilà ça n'a pas donné les ressorts pour cette présidentielle-là donc je relativiserais un peu l'impact de cette élection-là pour la présidentielle contre LFI je suis juste une petite parenthèse les pronostics chez LFI c'est zéro
parce
que règlement de compte avec les écologistes mais sauf accident ils auraient un siège en
termes de plaques sensibles dans
le Rhône et chez les français de l'étranger où
ils auraient pu faire des séances en termes de plaques sensibles sur ce qui se passe dans la société dans la vie politique l'arrivée potentielle et possible d'un groupe RN au Sénat montre justement qu'il y a une intégration de
la mutation
politique quand même de ce qui
se
passe donc de ce point de vue-là effectivement il y a quand même cette répercussion
ce qui pourrait éventuellement donner une indication sur l'idée de dynamique ce sera si jamais il y a des ralliements de sénateurs LR justement au groupe RN ou au non-groupe alors ça moi j'y crois beaucoup moins c'est-à-dire que si le RN n'arrive pas à constituer un groupe je doute qu'il soit en tout cas dans un premier temps aidé par des sénateurs LR qui se dirait ah bah tiens finalement je vais passer à l'UDR et je vais les aider à constituer un groupe peut-être qu'en revanche ça arrivera dans un second temps lorsqu'il faudra vraiment jouer la clarification beaucoup plus proche de l'élection présidentielle et que là eh bien vous aurez des ralliements du
personnel politique Mais avant ou après ?
Est-ce que c'est en cas de victoire de Marine Le Pen que
là il y aura une élection
du groupe LR ?
Il peut peut-être y en avoir un petit peu juste avant parce que c'est toujours quand même plus intéressant vous êtes souvent mieux traité quand vous vous ralliez avant la bataille mais ça pourra aussi avoir lieu après parce que évidemment que selon vous souhaiterez vous positionner en tout cas dans la majorité il faudra voir ce qui se passe aussi à la Chambre basse il faudra voir ce qui se passe à l'Assemblée nationale si jamais par impossible vous aviez une majorité si le RN remportait l'élection présidentielle alors là je fais vraiment de la politique fiction mais enfin qui a ses chances d'advenir mais le RN remporte l'élection présidentielle et doit ensuite pour les législatives finalement n'obtient pas la majorité absolue et doit nouer justement des accords et vous auriez peut-être à ce moment-là eh bien effectivement des députés LR qui passeraient ce même mouvement pourrait aussi s'observer au Sénat même s'il peut y avoir aussi le mouvement inverse ou vous aurez au contraire un Sénat comme un peu une chambre de résistance contre cette poussée à l'Assemblée nationale et effectivement pour prolonger ce que vous dites Jefferson le Sénat enfin c'est-à
-dire
le président ou la présidente élue en mai 2027 elle devra composer avec ce Sénat élue en septembre 2026 il n'y
a
pas de possibilité de dissolution ça veut dire qu'elle devra composer enfin que le président ou la présidente devra composer avec une majorité de la droite bien
sûr
mais c'est déjà le cas c'est déjà le cas et à la fin vous savez très bien le dernier mot revient à l'Assemblée donc en fait on a vu émerger la notion de contre-pouvoir à la faveur de commissions d'enquête notamment au Sénat où le Sénat a retrouvé une latitude une expression et une expression en tout cas du biquiamérisme à la française donc on a vu ça mais en dernier recours c'est quand même à l'Assemblée que ça se joue donc la question c'est selon qui l'emportera à la présidentielle en 2027 il y aura vraisemblablement une dissolution pour espérer une majorité si on retombe dans une situation de blocage sans majorité à l'Assemblée on repart comme avant et on se demandera à quoi ça a servi donc l'idée il y a quand même on parlait de clarification tout à l'heure la clarification elle interviendra pas nécessairement ici il faut qu'elle intervienne d'abord à la présidentielle et ensuite on verra ce qui se passera mais le rôle du Sénat aujourd'hui il est parfaitement clair il est parfaitement connu la majorité est stable il y a une vie parlementaire particulièrement claire ici c'est pas le cas à l'Assemblée où il n'y
a
pas de majorité donc là-dessus la situation du Sénat on la connaît l'inquiétude elle est plutôt l'inconnue elle est plutôt de l'autre côté
oui mais il va falloir quand même s'appuyer le président de la République aura besoin de s'appuyer sur le Sénat parce qu'il y a les textes de loi évidemment qui sont navettes entre les deux chambres donc le Sénat sans moins dire et puis il
y a
des réformes constitutionnelles puisque beaucoup dans leur programme ont des réformes constitutionnelles et c'est pas possible de faire une réforme constitutionnelle
ça viendra
un des
points clés ça dépendra de qui
veut
s'engager dans une réforme de la Constitution ou d'un référendum s'il veut réunir le Congrès ou pas mais ça il faut savoir quels seront les programmes et comment enfin celui qui l'emportera tout simplement
mais ça
veut dire difficile de faire sans le
Sénat
difficile de faire sans le Sénat et c'est bien pour ça d'ailleurs que le Rassemblement National en tout cas parle de ces révisions constitutionnelles jusqu'à présent en tout cas même en y évoquant l'article 11 et non pas l'article 89 qui est normalement du coup qui doit servir à réviser pardon la Constitution et qui nécessite justement un vote favorable au Sénat et c'est bien parce qu'ils savent qu'ils ne l'obtiendront pas ils
ne l'obtiendront pas alors que l'autre c'est le référendum alors que l'autre c'est le référendum on comprenne bien
voilà qui doit normalement porter sur l'orgue et la conduite de la politique économique sociale de la nation et aujourd'hui le Rassemblement National persiste à parler de ce référendum direct en se passant finalement de l'accord des chambres
et
quand même elle sait Marine Le Pen qu'elle doit absolument préserver cette chambre c'est la raison pour laquelle récemment elle a dit qu'elle ne comptait pas donc supprimer le Sénat c'était bien le mot en pleine campagne sénatoriale et eu égard
au projet alors qu'on mise un groupe effectivement
juste parce qu'on a parlé on a parlé du RN on a parlé des chances de la France insoumise sur le bloc central là c'est peut-être un petit peu plus subtil mais en fait au Sénat on le disait il y
a
une majorité de la droite et du centre il y a des groupes horizon mais pas que horizon il
y
a un groupe macroniste il y
a
un grand groupe centriste dans lequel siège notamment des UDI des modems bref il y
a
une explosion du bloc central sur les groupes est-ce que c'est aussi un enjeu pour les candidats notamment pour Édouard Philippe de renforcer son groupe au Sénat Effectivement c'est très important en fait alors le groupe enfin le centre règne un petit peu en maître et les équilibres en tout cas entre ce ne sont pas le premier groupe mais effectivement les équilibres entre la droite et le centre vont être scrutés parce que effectivement Édouard Philippe c'est le parti enfin horizon c'est un parti qui s'est constitué justement sur cette réserve des élus locaux des maires et donc de cette expression aussi au Sénat vous avez également François Patria qui était le chef du groupe justement des macronistes qui est mort cette année et du coup et bien ça a fait aussi un petit peu enfin c'est ce qu'ils disent prendre conscience à ce groupe aux autres élus justement de renaissance au Sénat que leur groupe était important qu'ils devaient se mobiliser alors on prédit depuis longtemps la disparition de ce groupe à chaque fois on leur prédit de mauvais résultats en tout cas eux pour l'instant sont quand même confiants sur le fait qu'ils vont réussir à se maintenir mais bien sûr tous
ces équilibres tant qu'on le
rappelle le Sénat est une vlée de moitié donc
ça veut dire qu'il y a des sénateurs qui ne sont pas concernés par le renouvellement
tout à fait merci merci Mickaël merci Aurore merci Jefferson d'avoir été avec nous pour parler des sénatoriales J-3 on vous l'a dit les sénatoriales dimanche journée spéciale évidemment sur l'antenne de public Sénat à partir de midi puis grande soirée électorale à partir de 17h30 à suivre tous les résultats les analyses et les réactions des sénateurs sur notre antenne et puis nous on se retrouve également pour une émission spéciale depuis la salle des conférences du Sénat ce sera lundi 2h de 7h30 à 9h30 merci à tous de nous avoir suivis très bonne journée
Public
Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous
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Merci à
tous
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