Intervention aux rencontres des entrepreneurs de France sur l'adaptation au changement climatique
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Chapitres
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« Je voudrais saluer d'ailleurs le guide du MEDEF qui je trouve très bien fait sur l'adaptation au changement climatique. »
- 1:21PrésentateurFait
« Et que l'été 2026, inédit, exceptionnel, historique, etc. va tendanciellement être la norme et va même être dépassée. »
- 2:35PrésentateurFait
« C'est d'avoir un coup d'avance par rapport au monde qui vient et au changement du régime économique à l'échelle internationale que la question des limites planétaires impose. »
- 3:57PrésentateurFait
« Il est impossible d'organiser dans notre pays une adaptation sérieuse au changement climatique avec l'instabilité perpétuelle des dispositifs de politique publique. »
- 5:03PrésentateurFait
« C'est-à-dire qu'on est une logique, on dit voilà les standards qu'il faut atteindre, voilà les règles à respecter, on vous fait confiance et on redéploie l'ensemble de la gouvernance actuelle. »
Temps de parole
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Peut-être la première chose que je voudrais dire, c'est qu'on est sur un enjeu et un sujet qui doit maintenant complètement dépasser le périmètre de la commission environnement du MEDEF et qui est en quelque sorte la conversation la plus importante et la plus sérieuse qu'on doit avoir en cette rentrée 2026.
Parce que justement un des problèmes c'est que ces enjeux, que ce soit ceux de l'atténuation ou ceux de l'adaptation, on les a abordés jusqu'ici nationalement parlant, je parle, comme un enjeu sectoriel relevant d'un département ministériel alors que ce sont des enjeux de sécurité nationale, des enjeux de sécurité physique, de sécurité économique, de continuité de la vie de la nation et évidemment de continuité de la vie de vos entreprises. Je voudrais saluer d'ailleurs le guide du MEDEF qui je trouve très bien fait sur l'adaptation au changement climatique.
Mais pour reprendre votre slogan sur le courage, le courage en cette rentrée 2026, c'est de comprendre que notre économie, notre civilisation, notre culture s'est développée dans un climat tempéré qui est en train de disparaître. Et que l'été 2026, inédit, exceptionnel, historique, etc. va tendanciellement être la norme et va même être dépassée. Et donc la question pour moi n'est pas aujourd'hui de venir devant vous en disant il faut que les entreprises fassent un effort, je ne sais quoi. C'est de dire on a besoin aujourd'hui d'une mobilisation nationale autour d'un objectif commun dans lesquels les entreprises sont évidemment au premier plan.
Mais on a besoin d'une mobilisation de l'ensemble de la nation, des collectivités territoriales, des entrepreneuses et des entrepreneurs, de la vie associative, de l'État, etc. qui nous mobilisent et nous rassemblent autour d'un objectif commun comme on a été capable de le faire à d'autres moments de notre histoire. Donc ça c'est le premier élément. Le deuxième, c'est qu'on doit être lucide sur le fait qu'on ne peut pas s'adapter à tout. Et que l'adaptation, ça a été bien expliqué notamment par Juliette Nouel, l'adaptation c'est pas juste un petit ajustement technique en pensant que les choses peuvent continuer comme avant.
C'est d'avoir, là on a globalement à l'échelle nationale quand même plusieurs métros de retard sur ce que nous sommes en train de vivre, c'est d'avoir un coup d'avance par rapport au monde qui vient et au changement du régime économique à l'échelle internationale que la question des limites planétaires impose. Donc voilà.
Et là, troisième remarque que je voudrais faire, alors ça touche les questions de gouvernance que vous évoquiez, c'est qu'en fait, j'entendais, merci à tout ce qui a été présenté sur les dispositifs qui existent, en réalité, par rapport à la question de l'action concrète, qu'on soit entrepreneur ou entrepreneuse, qu'on soit une collectivité territoriale, la question de la capacité d'action aujourd'hui se heurte exactement au même blocage et au même problème que l'ensemble de l'action dans tous les domaines.
Et c'est la raison pour laquelle moi j'appelle à construire ce que j'appelle une république terrestre, dans le sens de la prise en compte des questions de limites physiques, mais aussi d'une république qui est beaucoup plus concrète, beaucoup plus terre à terre. Il est impossible d'organiser dans notre pays une adaptation sérieuse au changement climatique avec l'instabilité perpétuelle des dispositifs de politique publique, des dispositifs de règles du jeu fiscal et social, des dispositifs de normes, c'est absolument impossible.
Et donc sur cette question-là, moi je crois qu'on a beaucoup à partager et beaucoup à se dire, parce que nous avons besoin, et pour moi la question de l'adaptation au changement climatique l'illustre, nous avons besoin d'une règle d'or de la stabilité, d'avoir des règles qui sont peut-être en amont mieux débattues, mieux élaborées, beaucoup plus concertées, quitte à prendre le temps, mais qu'on ne change pas tous les matins, parce qu'on est sur l'exemple même du sujet où l'instabilité chronique des dispositifs de politique publique empêche la capacité d'agir. Ça c'est la première chose. Et la deuxième vaut aussi pour la question des normes.
Moi je ne suis pas partisane de la dérégulation, ça ne vous surprendra pas. Je suis pour des règles qui sont lisibles, qui sont extrêmement claires, mais je suis pour renverser la logique actuelle et passer à une logique de confiance. C'est-à-dire qu'on est une logique, on dit voilà les standards qu'il faut atteindre, voilà les règles à respecter, on vous fait confiance et on redéploie l'ensemble de la gouvernance actuelle, du contrôle a priori, tatillon, de sa complexité, etc.
vers une logique de contrôle a posteriori qui serait beaucoup plus efficace parce qu'on ne peut pas, sur les questions d'adaptation au changement climatique comme dans d'autres domaines, être dans une situation où pour la moindre action et le moindre projet, ça prend des mois, voire assez régulièrement des années. Et donc on voit bien qu'on a en fait au travers de ce prisme qui est maintenant vital pour notre économie et vital pour notre pays et pour son avenir, dans le monde qui vient, on retombe en fait sur d'autres enjeux de politique publique qui sont totalement décisifs. Dernière chose, l'échelle territoriale, elle est centrale.
Elle est centrale, alors le PDG d'Aluminium Dunkerque a pris un exemple avec l'affaire de la ligne de train. Bon, mais les questions d'adaptation au changement climatique, les sites Céveso qui sont exposés aux risques feu de forêt, etc. sont ancrés dans une réalité territoriale. Et donc on n'a pas aujourd'hui à l'échelle locale un cadre de gouvernance extrêmement simple et extrêmement lisible. Il y a le boulot qui est fait par les CCI, il y a les communautés de communes, etc. On n'a pas un cadre collectif qui permet de se mettre tous autour de la table dans une logique de résilience territoriale et de robustesse des entreprises, des collectivités, de l'ensemble des acteurs d'un territoire.
Il faut avoir l'honnêteté de le reconnaître et d'identifier un besoin qui est un besoin stratégique important.