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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 mai 2019 25 min

Européennes : "La seule réponse à l'extrême droite c'est l'écologie" affirme Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot, vous êtes donc le troisième homme surprise de ce scrutin des Européennes avec près de 13,5% des voix, vous vous y attendiez ?

0:13
Yannick Jadot

Oui, y compris dans votre matinale, je l'ai souvent répété, l'écologie et le retour que nous avions sur le terrain de cette campagne que nous avons lancée en septembre, les retours étaient très bons, on voyait aussi une volonté très forte des Françaises et des Français de pouvoir voter pour un vote pour, un vote pour des solutions, des solutions écologistes, et puis vous savez, on n'a jamais triché dans ce scrutin, c'est un scrutin européen, on a parlé d'Europe, nous sommes écologistes, on a parlé d'écologie, les Françaises et les Français attendent des réponses à leurs difficultés comme à leurs aspirations et on y a répondu positivement, donc je crois que le pari que nous étions donnés, nous l'avons atteint.

0:58
Présentateur

Il y a quelques jours encore, Yannick Jadot, les sondages vous donnaient aux alentours de 8 ou 9%, c'était le cas encore il y a moins d'une semaine, qu'est-ce qui s'est passé pour vous à la fin de cette campagne ? Est-ce que soit les sondages se trompaient ou est-ce qu'il y a eu un déclic dans l'opinion ?

1:09
Yannick Jadot

Les sondages se trompaient incontestablement parce que je vous dis, le retour qu'on avait du terrain était beaucoup plus positif que ce que nous donnaient les sondages, mais on le sait dans cette élection européenne, on le voit élection européenne après élection européenne, il y a eu une cristallisation de l'électorat sur la dernière semaine, c'est pour ça que encore ces derniers jours, je vous promettais un très beau score des écologistes et nous l'avons obtenu.

1:33
Présentateur

Et est-ce que Yannick Jadot, ce vote en votre faveur, en faveur de la liste écologie, c'est aussi un vote générationnel ? Vous êtes a priori en tête chez les moins de 35 ans, est-ce que cette dimension-là est importante à vos yeux ?

1:43
Yannick Jadot

Elle est essentielle, parce que la jeunesse c'est l'avenir, et que cette jeunesse qui s'est mobilisée justement pour que son avenir, qui est notre destin, ne soit pas décidé par d'autres, c'est notre plus belle surprise, c'est notre plus beau enthousiasme.

Mais il va falloir, l'Europe, on a une campagne très courte, nous cette Europe-là, il va falloir la faire vivre, il va falloir construire de nouveau la confiance entre les citoyens et l'Europe, et c'est pour ça que, dès hier soir, j'ai proposé que se mette en place un comité citoyen de surveillance de l'Europe, qui, des acteurs de la société civile, des syndicats, des chercheurs, des personnes venant d'entreprises, des associations et des citoyens, puissent tous les mois dire aux Français, en transparence, ce qui se passe, quels sont les enjeux, et potentiellement mobiliser l'opinion publique pour que les Françaises et les Français soient acteurs des politiques européennes.

2:42
Présentateur

Yannick Jadon, on va revenir longuement, si vous le voulez bien, sur ce qui sera votre rôle désormais d'eurodéputé au Parlement de Bruxelles et de Strasbourg, on n'oublie pas qu'il est un peu chez nous, le Parlement européen, mais d'abord les leçons nationales de ce scrutin, avec celle qui est arrivée en tête hier, c'est Marine Le Pen et la liste du Rassemblement national, je vous propose de l'écouter.

3:01
Invité

Compte tenu du désaveu démocratique que le pouvoir subit ce soir, il appartiendra au président de la République d'en tirer les conséquences. Lui qui a mis son crédit présidentiel dans ce scrutin, en en faisant un référendum sur sa politique, et même sur sa personne.

3:16
Présentateur

Est-ce que c'est un échec pour Emmanuel Macron ? Ce scrutin est la première place de Marine Le Pen et de la liste de Jordan Bardella ?

3:22
Yannick Jadot

1. La place qu'occupe l'extrême droite dans notre pays, c'est un échec depuis de nombreuses années. J'allais dire depuis 2002, depuis qu'on a eu la première grosse alerte sur l'extrême droite, le second tour Chirac-Le Pen. Ceux qui ont dirigé ont justifié trop souvent leur renoncement, leur inaction, leur résignation en disant « Mais ok, vous n'êtes pas content avec moi, mais vous allez voter contre l'extrême droite ». Et ce faisant, tous ces dirigeants, et Emmanuel Macron compris, ont banalisé l'extrême droite, en ont fait finalement une option crédible. Bien sûr !

C'est incroyable que ce président qui a fait sa campagne présidentielle, très largement sur l'Europe, soit tombé dans le même piège que ses prédécesseurs, « Moi ou le chaos », la scène nationale, le duel quasiment mano à mano, Macron-Le Pen, tout ça a, encore une fois, banalisé l'extrême droite. Parce que pour tous celles et tous ceux qui ne se retrouvent pas dans la politique du président de la République, le message qu'il leur a envoyé en permanence par le pouvoir, c'est « Si vous n'aimez pas ma politique, il n'y a qu'une seule alternative, c'est l'extrême droite ». Et ça, c'est extrêmement dangereux. L'extrême droite, elle ne se combat pas pendant les scrutins électoraux.

Elle se combat tous les jours, sur le terrain. J'ai plusieurs fois évoqué dans cette campagne les visites qu'on a pu faire dans certains quartiers, et notamment dans les quartiers nord de Marseille. Quant à l'écologie dans les quartiers nord de Marseille, ils l'exigent matin, midi et soir. Ils veulent qu'on rénove leur logement, ils en ont. Ils ne supportent plus la précarité énergétique, ils ne supportent plus les gommages sur la santé. Vous voulez que l'écologie est une réponse aussi au vote RN ? Mais c'est la seule réponse. C'est la seule réponse.

Quand on ne combattra le Front National pas en disant « Votez contre, votez contre, votez contre », on ne combattra le Front National qu'en cassant à la racine ce qui l'alimente. Et ce qui alimente le Front National aujourd'hui, au-delà d'une base, je ne sais pas combien elle est dans les démocraties, de 10-15% de personnes qui sont quand même plutôt racistes et qui sont dans le truc. Mais le passage à 25%, c'est du désarroi social.

5:38
Présentateur

Justement, Yannick Jadot, on l'a vu tout au long de la crise des Gilets jaunes depuis plus de 6 mois. On a vu certains opposer ce qu'on appelle la fin du mois, l'urgence de la fin du mois et la fin du monde, l'urgence écologique. Vous vous dites que c'est en combattant l'urgence écologique qu'on réussira à faire reculer, y compris le Front National, alors qu'on voit que le Rassemblement National aujourd'hui a des résultats extrêmement forts, justement dans des catégories populaires, qui sont d'abord préoccupées par la fin du mois.

6:05
Yannick Jadot

Prenons l'exemple de Grande-Synthe, où est encore maire quelques jours, Damien Karim, puisqu'il était avec nous au Parlement européen. Il a l'un des votes Front National les plus faibles de la région. Et nous savons à quel point dans les Hauts-de-France, le Front National ou le Rassemblement National fait de très hauts scores. Pourquoi ? Parce qu'il a mis en place une rénovation urbaine. Il a mis en place les cantines bio. Il a mis en place le minimum social garanti qui fait que personne n'est sous le seuil de pauvreté. Il a mis en place les transports gratuits, qui fait qu'aujourd'hui, il a doublé l'utilisation des transports publics.

Et un certain nombre de familles peuvent se passer de la deuxième voiture et donc économiser 4-5 000 euros par an. Et donc, c'est parce que justement, on traite au quotidien les problèmes sociaux à travers l'écologie qu'on casse les racines du Front National. Et c'est pour ça que parfois dans cette campagne, j'ai utilisé cette sorte d'alternative écologie ou barbarie. Mais on voit bien que cette technocratie libérale qui réunit ceux qui ont échoué à gauche avec ceux qui ont échoué à droite et qui appelle toujours à se résigner, à renoncer, à voter contre, et bien ça, ça alimente l'extrême droite et que la seule réponse à l'extrême droite aujourd'hui, c'est l'écologie.

7:23
Présentateur

Yannick Jadot, tête de liste d'Europe Écologie Les Verts aux élections européennes est avec nous jusqu'à 9h. On va s'interrompre quelques instants pour le rappel de l'actualité à 9h moins 20. Voici David Doba. Et bien évidemment, de très nombreuses réactions après les résultats des élections européennes. Comme d'habitude, il y a ceux qui ne cachent pas leur joie et ceux qui, en revanche, ne cachent pas leur déception. C'est le cas notamment de Gérard Larcher qui évoque un échec devant les 8,5% de François-Xavier Bellamy. Valérie Pécresse conseille d'ailleurs ce matin à Laurent Wauquiez de démissionner.

Pour Nadine Morano, qui était sur France Info, Laurent Wauquiez n'est pas dans cette perspective. Autre réaction, celle d'Alexis Corbière, le député de la France Insoumise, lui aussi, ne cache pas sa déception. Et parle d'échec. Manon Brie et ses colistiers sont quasiment à égalité avec la liste PS Place Publique. De liste qui recueille respectivement 6,3 et 6,2% des voix. Je rappelle que le scrutin a été remporté par la liste de Jordan Bardella. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 23,3% des voix. Et devant celle de Nathalie Loiseau, de 0,9 points. Les prémices de la création d'un mastodonte de l'automobile semblent se dessiner.

Pierre Kressler fait une proposition de fusion à parité avec le groupe Renault et ses partenaires. Les discussions sont à l'ordre du jour d'un conseil d'administration. Le rapprochement, si le rapprochement aboutit, on insisterait alors à la naissance du 3ème groupe automobile mondial. Et puis après l'Assemblée nationale, le Sénat examine aujourd'hui en première lecture le texte encadrant la restauration de Notre-Dame de Paris. Certains dénoncent une loi d'exception rédigée dans la précipitation. En commission, les sénateurs ont déjà supprimé l'article controversé habilitant le gouvernement à déroger, si nécessaire, aux règles d'urbanisme, d'environnement et la préservation du patrimoine.

France Info, toujours avec Yannick Jadot jusqu'à 9h sur France Info, Isabelle Labéry vient de nous rejoindre. Bonjour Isabelle, j'allais dire bonsoir. Bonjour Marc. Il est 8h42, tout va bien. Rédaction internationale de France Info, vous allez tenter de faire quelque chose d'extrêmement compliqué ce matin. C'est nous expliquer à quoi ressemble le nouveau Parlement européen tel qu'il est sorti des urnes hier. Alors, une première chose peut-être à expliquer, c'est que c'est vraiment la fin du bipartisme, du duopole qui régnait depuis 40 ans sur cette Assemblée.

Les conservateurs restent le groupe le plus important, mais ils sont en recul d'une quarantaine de sièges, exactement comme les sociodémocrates, les partis de gauche et centre-gauche. Et ça veut dire qu'à elles deux, ces deux formations ne sont plus en capacité d'assumer, d'emporter la majorité. Elles vont donc devoir se trouver des alliés. Où est-ce qu'elles vont les chercher ?

D'abord du côté des centristes et des libéraux, qui comptent désormais une centaine d'élus, grâce à l'apport des députés de La République en marche, et qui deviennent, ces centristes et libéraux, la troisième force de l'Assemblée, et qui deviennent donc ce groupe pivot auquel aspiraient les macronistes pour poser sur les décisions. D'ailleurs, l'une de ses représentantes, qui est l'actuelle commissaire européenne à la concurrence, Margrette Vestager, rêve déjà de transformer l'essai. Et hier soir, elle s'est positionnée pour la présidence de la Commission européenne. Il y a un autre groupe pivot qu'on n'attendait pas, évidemment, c'est celui des écologistes, qui gagnent une vingtaine d'élus.

Combien sont-ils ? 23, selon les dernières estimations du Parlement. On va passer à 75%. Voilà, vous êtes à 51, vous passez à 75 eurodéputés écologistes, Isabelle. Oui, progression spectaculaire, qui s'illustent par exemple en Allemagne, où les Verts deviennent la deuxième force politique, juste derrière les conservateurs. Donc ça veut dire que les Verts vont aussi vouloir pousser leur pion dans ces longues semaines de tractations qui arrivent pour négocier et former une majorité au Parlement. On parle aussi de la droite, de l'hémicycle, les eurosceptiques, les nationalistes. Ils étaient promis à une forte progression.

Ils affichent des scores en très net hausse et occupent à peu près un quart du Parlement. Mais ils restent très divisés, aux antipodes parfois sur leurs relations avec la Russie ou les questions économiques. Ils sont toujours à ce stade répartis en trois groupes différents et de toute façon sont hors jeu pour la répartition des postes clés. Merci Isabelle Labéry. Beaucoup de choses dans ce que vient de dire Isabelle, Yannick Jadot. Tout d'abord sur le poids des écologistes aujourd'hui dans la nouvelle Assemblée. C'est à la fois beaucoup, 75 et très peu, ça représente 10% du Parlement européen. À quoi vont servir les écolos à Bruxelles ?

11:25
Yannick Jadot

Comme d'habitude, à défendre l'environnement, la santé, les libertés. Et on a eu beaucoup de succès à 52 parce qu'on est un groupe extrêmement cohérent qui défendons le même projet. Et on a défendu le même projet pendant cette campagne. Et donc on va continuer à peser pour faire que l'Europe aligne ses politiques publiques sur le 1,5 degré maximum de réchauffement. On va rentrer dans la négociation d'une nouvelle politique agricole commune. Est-ce que ça continue à être une politique qui fait disparaître les paysans et utilise énormément de pesticides ? Ou au contraire, c'est ce que nous allons porter, la sortie des pesticides et le revenu des sangs des paysans ?

12:03
Présentateur

Pour peser, il va falloir, Yannick Jadot, que vous passiez parfois des alliances. Alors avec qui ? Avec les sociodémocrates ? Avec le groupe centriste et libéral ? Avec le PPE éventuellement ?

12:10
Yannick Jadot

Pour nous, ça a toujours été, dans l'exercice de nos responsabilités au Parlement européen, ça a toujours été autour de projets. Ça n'a pas trop de sens aujourd'hui, cette coalition des groupes. La question, c'est qu'est-ce qu'on fait de l'Europe ? Qu'est-ce qu'on met en avant ? Quelles sont nos priorités ? Et c'est sur cette base-là qu'on essaiera de rassembler au maximum les parlementaires européens.

12:32
Présentateur

Il n'y a pas d'interdit. Vous pouvez, au cas par cas, si les thèmes vous semblent importants, si les positions des autres groupes vous semblent suffisamment proches des vôtres, vous aligner avec tout le monde, à part les europhobes et les eurosceptiques. On ne s'aligne pas au Parlement européen.

12:44
Yannick Jadot

Trouvez un accord. Pardon, c'était pas le long terme. Pas un seul groupe n'est majoritaire. Donc quand vous gagnez au Parlement européen, c'est que des députés d'autres groupes vous rejoignent sur ce que vous considérez de votre priorité. Donc c'est comme ça qu'on va continuer à travailler.

12:59
Présentateur

Justement, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François Drugy, les élus de la République en marche, on le disait, vont siéger au sein du groupe de l'aide DLE, les centristes et libéraux au Parlement européen. Eh bien, François Drugy, il vous tend la main. Il explique que vous avez vocation à travailler ensemble.

13:13
Invité

La question qui est posée clairement à Yannick Jadot et à ses amis, qui ont été élus députés européens ce soir, c'est qu'est-ce qu'ils vont faire demain au Parlement européen ? Parce qu'ils n'ont jamais répondu à cette question pendant la campagne européenne. Et moi, je pense que leur vocation, c'est de travailler avec nous. C'est de travailler avec les progressistes pro-européens, car je pense qu'ils sont pro-européens, et que pour faire avancer l'écologie en Europe, eh bien, il faut se mettre au cœur d'une majorité. Il ne faut surtout pas se mettre dans la marginalité. Yannick Jadot, ça vous a fait sourire.

13:39
Yannick Jadot

Oui, ça me fait rire, parce qu'il ne peut pas autant ignorer le fonctionnement du Parlement européen et la place qu'occupe le groupe vert. C'est nous qui avons toutes les avancées sur l'environnement, la santé et les libertés. Protection des données personnelles, lanceurs d'alerte. Le groupe que vont rejoindre les députés En Marche, c'est quand même le groupe qui soutient tous les accords de libre-échange. C'est le groupe qui nous a combattus sur toutes les grandes avancées écologiques. Donc, c'est à eux.

14:06
Présentateur

Donc, il est hors de question que vous entendiez avec eux.

14:08
Yannick Jadot

Pardon ? Il est hors de question que vous entendiez avec eux, au Parlement européen. Mais on ne va pas faire de coalition avec les libéraux. Si, à un moment donné, quand on se bat sur les énergies renouvelables ou quand on se bat sur la réforme de la PAC, ils viennent sur nos positions, tant mieux. Mais franchement, les libéraux, aujourd'hui, au Parlement européen, et c'est d'ailleurs, ça a été le gag de cette campagne, de dire qu'il y a la coalition, les socialistes et les conservateurs. Pardon, les libéraux ont toujours été dans cette coalition-là. Donc, c'est à eux qu'il va falloir sacrément bosser pour trouver le début d'une cohérence.

Parce que tout ce qu'ils nous ont raconté dans la campagne n'a rien à voir avec ce que fait le groupe libéral au Parlement européen. Mais, nous avons une responsabilité collective à sortir l'Europe de l'ornière. Et pour nous, le très fort score des écologistes en Allemagne, au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Belgique et en France, on voit un signal que le centre de gravité de la politique européenne est en train de bouger, qu'il y a à côté du pôle populiste et du pôle libéral, il y a maintenant le pôle écologiste. Et c'est un signal pour le Parlement européen comme c'est un signal national. Question d'Isabelle Labéry.

15:16
Présentateur

Mais sur quel dossier est-ce que vous allez défendre vos vues et vos positions dans cette prochaine mandature ? Ce sera quoi ? Essayer de nouveau de se battre sur le glyphosate, sur la politique agricole commune, sur des dossiers plus sociaux ? Quelles sont vos priorités ?

15:28
Yannick Jadot

Je l'ai dit, on a la question du dérèglement climatique. Aujourd'hui, l'Europe n'est pas à la hauteur, y compris ne respecte pas l'accord de Paris. Donc, il va falloir remettre très sérieusement de l'ambition climatique. Et cette ambition climatique, elle se traduit très concrètement. C'est l'investissement dans l'isolation des logements. Je parlais tout à l'heure de précarité énergétique. On peut parler d'emploi sur tous nos territoires. C'est évidemment les énergies renouvelables qui nous rendent aussi indépendants de Poutine, de Trump et des dictatures du Golfe. Et puis, vous l'avez mentionné, c'est la réforme de la politique agricole commune.

On a aujourd'hui le premier budget européen qui conduit dans notre pays à un suicide de paysans tous les deux jours, un tiers des paysans qui n'ont pas 350 euros par mois pour vivre et des pesticides dans notre environnement, dans nos organismes, dans nos assiettes. Et ça, ça ne peut pas être un modèle durable. Donc, nous allons porter la sortie des pesticides, l'interdiction du glyphosate, mais un revenu décent pour nos paysans, l'installation. La Commission propose une baisse

16:32
Présentateur

du budget de la PAC, concrètement.

16:34
Invité

Est-ce que c'est inacceptable pour vous ou est-ce que c'est envisageable ? De baisser le budget de la politique agricole commune ?

16:38
Yannick Jadot

C'est en lien avec le Brexit. On ne sait pas aujourd'hui. Toutes les projections qui sont sur la baisse du budget européen, en réalité, on n'en sait rien parce qu'on ne sait pas dans quelles conditions sortent les Britanniques. Vous n'en faites pas une question de principe. Si encore, ils sortent. Donc, pour nous, évidemment, on défend ce budget-là, mais on défend aussi la solidarité. On défend la recherche et l'innovation. On défend, si on veut défendre, un Erasmus++++ où tous les jeunes peuvent faire du sport, de la culture, de l'associatif, de l'apprentissage en Europe, il faut des moyens. Donc, il faudra peut-être baisser la PAC.

Mais le sujet de la PAC, c'est la qualité, ce n'est pas la quantité. Aujourd'hui, 80% des fonds de la PAC vont à 20% des agriculteurs les plus riches. Donc, de toute façon, on a un enjeu majeur

17:21
Présentateur

de qualité de la politique agricole commune. Yannick Jadot avec nous jusqu'à 9h sur France Info. Il est 9h moins 10 pour l'heure. David Doba, pour le résumé de l'actualité. Emmanuel Macron ne changera pas de cap. Il devrait même intensifier l'acte II de son quinquennat. Déclaration de l'Elysée hier soir après la proclamation des résultats des Européennes. Avec 23,3% des voix, le Rassemblement national devance donc de 0,9 point la liste soutenue par le chef de l'État. Mais la surprise de la soirée, ce sont les 13,4% d'Europe Écologie Les Verts. Les Républicains connaissent la pire défaite de leur histoire. Leur liste affiche ce matin 8,4%.

Et ensuite la France Insoumise et PS Place Publique, respectivement 6,3% et 6,2%. C'est l'information de la matinée. Fiat Crisclair présente un projet de fusion avec Renault. Le rapprochement donnerait naissance au troisième constructeur automobile mondial avec des ventes annuelles qui pourraient dépasser les 8,7 millions de véhicules. Et puis 200 pompiers mobilisés. Ça se passait hier soir pour venir à bout d'un spectaculaire incendie à Aubervilliers. C'est en Seine-Saint-Denis. Les flammes ont ravagé plusieurs entrepôts de stockage. Il a fallu 4 heures pour en revenir à bout. Quelques habitations évacuées mais il n'y a pas eu le dossier.

Toujours avec Yannick Jadot, tête de liste d'Europe Écologie Les Verts aux Européennes et avec Renaud Delis. Yannick Jadot, vous avez donc réussi une bonne performance, 13,5%. Vous arrivez en troisième position. Est-ce que vous n'avez pas un petit regret si vous aviez réussi à faire l'union, l'union de la gauche avec les forces de gauche ? Peut-être que vous seriez en tête ce matin ? Je ne crois pas. Je crois que c'est l'inverse.

18:55
Yannick Jadot

Je l'ai dit, c'est un scrutin européen. On a parlé d'Europe. Nous sommes écologistes. On a parlé d'écologie. On a fait des propositions. Je crois qu'il va falloir changer toutes et tous nos lunettes d'analyse des paysages. C'est-à-dire que c'est parce que

19:09
Présentateur

vous êtes resté chimiquement pur dans cette campagne que vous avez fait ce score ?

19:13
Yannick Jadot

Le terme chimiquement pur est, je trouve, très détestable. Pardonnez-moi. Moi, ce n'est pas du tout mon sujet. Moi, je vais emmener toute la société sur l'écologie. Mais c'était la question de la cohérence. C'est la question de la clarté. Franchement, est-ce que vous pensez que tous les jeunes qui nous ont rejoints dans cette élection, ils ont envie qu'on recompose la gauche plurielle de 1997 ? Évidemment pas. Moi, ce que je veux... Attendez,

19:37
Présentateur

notre responsabilité... Notre responsabilité... Notre responsabilité... Pour sortir du tête-à-tête entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Est-ce qu'il ne va pas falloir à un moment ou à un autre que vous vous rassembliez, y compris avec d'autres forces de gauche ?

19:48
Yannick Jadot

Il va falloir rassembler les Français autour de valeurs et d'un projet. Ce n'est pas des coalitions de partis qui vont nous permettre de construire une alternative. Moi, ce que je veux, et je l'ai dit pendant toute cette campagne, nos valeurs, elles sont très très fortes. La justice sociale, la solidarité, l'égalité des droits. En mettant l'écologie comme la matrice qui redéfinit l'économie, le social, l'aménagement du territoire. Et c'est autour de tout ça que nous allons travailler dès les jours qui viennent, dès les semaines qui viennent. il faut un grand projet pour, évidemment, les municipales, les régionales et pour 2022.

Mais pour ça, il faut rassembler les acteurs de la société, ceux qui agissent et pas se mettre autour d'une table entre partis politiques du XXe siècle pour se dire, allez, comment on se partage le gâteau et quel est le moyen qu'on promit entre nous ?

20:39
Présentateur

L'un de vos concurrents, Raphaël Glucksmann, qui menait la liste place publique et parti socialiste et donc qui a fait un peu plus de 6% des voix, il vous a lancé un appel hier soir. On l'écoute.

20:49
Invité

C'est ça le message de ce soir. Il y a en France un peuple de gauche. Il mérite simplement d'avoir les appareils politiques qui soient à son niveau. Il mérite simplement d'avoir les forces politiques qui sortent de l'adolescence et qui acceptent de travailler ensemble pour lui donner ce qu'il demande. une alternative sociale et écologique, une opposition crédible.

21:14
Présentateur

Est-ce qu'il est temps

21:14
Yannick Jadot

de sortir de l'adolescence, Yannick Jadot ? Écoutez tout ce discours de la campagne sur les égaux, les adolescents. Écoutez, nous, ce qu'on a fait, c'est que dans cette campagne, on a rassemblé tous les écologistes et on a... Mais vous ne voulez pas

21:28
Présentateur

aller au-delà, c'est que je m'en va. Vous ne voulez pas aller au-delà.

21:30
Yannick Jadot

Mais non, on va... Mais la question, c'est... Si, soit on considère que la politique du XXe siècle, elle fige l'ensemble du paysage politique du XXIe siècle. Et il y a une gauche, on s'en fout si elle est productiviste ou pas, on s'en moque si elle est pro-nucléaire ou pas, on s'en moque si elle soutient une agriculture intensive ou pas. Tous les projets autoroutiers d'Europa City, de Lyon-Turin, et puis tous les accords de libre-échange, l'essentiel, c'est le discours et c'est la mousse qu'on fait pendant les campagnes électorales. Ou alors, on considère, comme en Allemagne, comme en Belgique, comme au Luxembourg, comme aux Pays-Bas, qu'il y a un vieux monde.

Le vieux monde, aujourd'hui, en France, il est incarné par Emmanuel Macron, il a rassemblé la gauche qui a échoué avec la droite qui a échoué. Et puis, à côté de ce vieux monde, il y a les populistes qui sont à portée de canon du pouvoir un peu partout. Et bien, si on considère qu'il faut créer une alternative positive, et bien nous, l'alternative qui enthousiaste, c'est l'écologie. J'ai dit ces valeurs. Mais ça ne peut pas être les vieux appareils, ça ne peut pas être les leçons matin,

22:33
Présentateur

midi et soir, et puis ça ne peut pas être la vieille politique. Quand le ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve qui s'exprime peu, il appelle hier soir à reconstituer une force de gauche sociale et écologique, sociale et écologique, et il appelle tous ceux qui croient en la gauche humaniste à œuvrer dès maintenant, vous lui dites non, vous êtes le vieux monde.

22:46
Yannick Jadot

Mais je dis que, moi je constate quand même ce qu'a été la politique de François Hollande pendant 5 ans. Demain, demain. D'accord, mais enfin, moi j'aime bien les gens

22:58
Présentateur

parce qu'ils ne faisaient pas d'écologie.

22:59
Yannick Jadot

Mais ce qu'on veut faire, ce grand rassemblement écolo, est-ce que pour aller de l'avant il ne faut pas déjà pardonner à tout le monde ? Toute une partie de la gauche doit se reconnaître dans ce projet-là qui nous sort du productivisme. Mais quand j'écoute et quand on est aux côtés des jeunes qui manifestent et puis tous ceux qui ont voté pour nous et s'il s'avère qu'effectivement on est la première force politique chez les jeunes, c'est extrêmement enthousiasmant. Mais ils ne nous disent pas s'il vous plaît recomposer le paysage politique du XXe siècle. Ils nous disent portez haut et fort vos valeurs, portez haut et fort, construisez un projet. Et c'est fort,

23:34
Présentateur

en 2022, vous serez candidat donc à la présidence de 2022 ? Mais non, moi je suis député européen là. Vous irrez jusqu'au bout de votre mandat à Bruxelles. Mais mon sujet aujourd'hui, il est... Vous irrez jusqu'au bout de votre mandat ? Mais je suis député européen bien sûr. Et vous irrez jusqu'au bout de votre mandat.

23:45
Yannick Jadot

C'est comme ça que je m'inscris, c'est comme ça que les écologistes sont candidats. Mais si on doit faire quelque chose sur le paysage national et il y a une grande responsabilité qui nous incombe, c'est de bâtir un projet avec les Français, les Françaises, avec ceux qui agissent et pas simplement avec une coalition de forces politiques qui n'ont pas forcément toujours fait

24:06
Présentateur

leur agimento. Yannick Jadot, un mot sur l'actualité. L'autre actualité du jour, c'est le mariage annoncé entre Renault et le groupe Fiat-Chrysler. Est-ce que vous vous réjouissez de la naissance d'un nouveau géant de l'automobile en partie français ?

24:17
Yannick Jadot

Ça peut être un très très beau projet. Vous savez, Fiat et Renault sont quand même spécialisés sur les petites et moyennes cylindrées. Ce sont les voitures qu'utilisent les classes moyennes, les classes populaires et si autour de ce mariage, il y a cette vocation à construire la voiture qui consomme peu et qui pollue peu, alors à ce moment-là, ce sera un bel événement parce que Renault, vous l'avez vu, est aussi plongé dans son propre dieselgate et donc on sait le poids des transports sur la pollution de l'air et sur le dérèglement climatique. Si ça peut être un projet d'innovation automobile, ce sera un magnifique projet.

24:55
Présentateur

Merci à vous Yannick Jadot

24:56
Yannick Jadot

et merci Renault Daly.

Européennes : "La seule réponse à l'extrême droite c'est l'écologie" affirme Yannick Jadot — Yannick Jadot · Pourquijevote