Otage des djihadistes, face à la mort pendant 2 ans. Olivier Dubois [EN DIRECT]
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 2 %Défensif 81 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Vous pouvez vous présenter succintement ?
- 2:00OuverteRéponse directe
L'assurance mondiale, l'assurance rapatriante, ça s'est bien passé ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Le papier, vous comptiez le vendre combien ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Votre femme elle fait quelle tête quand vous lui annoncez le sujet ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Vous avez prévenu quand même le Quai d'Orsay ? Vous allez faire des bêtises ou pas ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Quand on se retrouve, comment ça s'est passé les premiers instants ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Olivier DuboisFait
« Le papier, vous comptiez le vendre combien ? »
- 7:00Olivier DuboisFait
« L'assurance mondiale, l'assurance rapatriante, ça s'est bien passé ? Non, j'avais oublié de l'apprendre. »
- 22:00Olivier DuboisFait
« Service militaire, vous avez été quel âge ? Non non, j'ai été réformé. Réformé quoi ? P4. »
- 36:00Olivier DuboisChiffre
« Entre 18, le plus vieux à la trentaine, début de la trentaine à Bouillousouf. »
- 40:00Olivier DuboisChiffre
« Je serai seul pendant 5 mois avec eux. »
- 50:00Olivier DuboisFait
« Le thé est très sucré. Chary. »
- 56:00Olivier DuboisChiffre
« En tant que français, moi je vaux 100 millions, pas moins. »
- 58:00Olivier DuboisFait
« Si tu as de l'argent, tout s'arrête. Si tu as de l'argent, tout s'arrête, on te libère, c'est fini. »
- 0:15Fait
« Wagner ça arrive fin décembre 2021 début 2022 et moi j'en entends parler alors il y a du temps, j'aurai une radio d'ici là j'en entends parler à la radio, je le découvre voilà comme eux mais ça les a jamais vraiment inquiété, ils y croient pas et quelque part moi j'y crois pas non plus »
- 0:45Fait
« Bah parce que les mercenaires n'ont pas le droit international à respecter. Non mais qui pas le droit mais il faut quand même du renseignement, faut quand même pouvoir est-ce qu'un un un mercenaire de Wagner peut détecter au milieu d'une foule de Touareg dans un village Toareg qui est djihadiste, qui est un ex-rebelle, qui est commerçant qui vend des chameons ? »
- 6:00Fait
« Je reconnais les deux jihadistes qui me gardaient. Je vois la moto qui passe. OK, ils m'ont pas vu, c'est cool. »
- 10:00Fait
« Il y a 12 hommes, on est fin août 2021, 12 hommes patibulaires qui semblent revenir d'un long séjour dans le désert. Quand on croise leur regard, ces gars-là sont sérieux. »
- 10:00Locuteur 1Chiffre
« Le pèlerinage, ça coûte quand même vraiment cher. »
- 14:00Locuteur 1Fait
« On va faire une vidéo rapide pour répondre mais cette vidéo n'est pas pour ta famille, elle est pour ton gouvernement. »
- 16:00Locuteur 1Fait
« Écoute inchallah dans 14 jours si tout va bien tu vas être libéré. »
- 2:00Fait
« Ah ben il nous surveille bien sûr, ils nous disent de le faire et puis nous voit. »
- 4:00Fait
« Je crois que la première fois ça a été toute une après-midi. »
- 6:00Fait
« Il y avait encore des cacahuètes à deux balles sur la table. »
- 8:00Fait
« Oui, évidemment vous avez le trombinoscope. »
- 10:00Fait
« Non mais non, ça ça reste totalement opaque. »
- 12:00Fait
« Je pense que c'est mon fixeur. »
- 18:00Fait
« Non même pas. »
- 22:00Fait
« Non mais non faut faut faut. »
- 24:00Fait
« Ah moi j'étais j'étais futé quand je suis revenu. »
- 26:00Fait
« Je pense que oui. »
- 28:00Fait
« Tu leur dirais quoi au piou piou journalistes qui font euh la lettre les lettres et qui font la blab bla ? »
- 30:00Fait
« Ah mais l'indicateur c'est pas l'indice de détestation, c'est ce qu'on peut faire. »
- 32:00Fait
« J'ai ma sélection de médias. Lesquels ? Ah, ça va, c'est tous les journaux à peu près, le monde, Libération, le Point euh La Croix beaucoup. »
- 34:00Fait
« Ne recrutez pas votre fixeur sur Facebook. »
- 36:00Fait
« Au départ c'était 1 an et puis et puis bon pour des pour différentes raisons, on est resté plus longtemps. »
- 40:00Fait
« Je pense que c'est fantastique. »
- 42:00Fait
« Fantastique. J'ai jamais vu un ciel aussi euh aussi beau, aussi étoilé. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique] Olivier Dubois, bonsoir. Bonsoir. Nous vous recevons pour une chaîne internet qui s'appelle Syerview.
Nous sommes en direct. Est-ce que vous pouvez vous présenter succintement ? Oui.
Alors, je m'appelle Olivier Dubois, je suis je suis journaliste. J'ai commencé par des sujets de société. Ensuite, j'ai été en Afrique.
Je suis resté 8 ans au Mali et pendant cette période là, j'ai travaillé pour un hebdomadaire local et puis après, j'ai été correspondant pour des médias français. Et j'ai une petite particularité, c'est que les deux dernières années, j'ai été kidnappé au mains d'Alqedaïda pendant 700 son jours, c'est-à-dire quasiment 2 ans. Ça a dû être joyeux, ça a dû être gratiné.
Non, je dirais pas ça comme ça. Je dirais pas ça comme ça. L'assurance mondiale, l'assurance rapatriante, ça s'est bien passé ?
Non, j'avais oublié de l'apprendre. Ah, on rentre directement dans le sujet. Alors, alors OK.
Euh séquestrer, enlever euh comment ça se passe quand on est journaliste ? fait d'abord le périmètre extérieur. Euh, il y a une assurance, il y a un médiateur dans l'assurance, il y a un négociateur dans l'assurance, il y a un fond d'indemnisation des des journalistes le temps que ça dure.
Comment ça se passe ? Bah, il y a rien de tout ça. Moi, j'étais un indépendant, j'étais un pigiste.
Alors, on est seul, on au niveau de voilà, c'est c'est pas c'est pas quelque chose où on est baqué, on a pas une rédaction derrière nous. Et il se trouve que sur ces sujets, c'est-à-dire interviewer un chef dijihadiste, euh j'avais eu un refus de ma rédaction, de mes rédactions même à l'époque. Donc c'est quelque chose que j'ai fait totalement en autonome, en indépendant, quoi.
Et le papier, vous comptiez le vendre combien ? Bah j'avais pas j'avais pas vraiment d'idée, mais le vendre le vendre un bon prix et pas forcément pour des journaux français puisque j'avais pas leutorisation. Alors, je pensais peut-être à d'autres médias, des choses comme ça, mais j'avais pas vraiment pensé.
L'idée c'était plus de ramener cette interview, c'était déjà l'exploit et puis après on verrait combien ça vaut ce genre de papier. Bah tout dépend qui quelle était la cible qui était la cible. Alors un chef djihadiste Abd Abdouahbaka qui était un chef du gennim qui était qui est toujours un chef du gnim et qui était dans le nord et qui était quelqu'un qui était la la tête de pont le fer de lance des combats qu'il y avait entre Al-Qaïda à l'époque et puis l'État islamique au combien ça vaut ça ?
Alors au prix, je peux pas vous dire euh j'ai même pas je crois pas de souvenir avoir pensé à une somme en me disant mais tiens celui-là j'en tirerai tant et tout. J'ai pas vraiment pensé en fait. L'idée c'est déjà de le faire le le premier.
Mais votre femme elle fait quelle tête quand vous lui annoncez le sujet ? Alors euh elle me connaît un peu. C'est pas la première fois que je fais des reportages en dehors de Bamaco de ce style.
Enfin de ce style plutôt plutôt dangereux. Elle me connaît, elle sait elle sait voilà, elle sait que c'est vendu avec. Donc elle évidemment elle me elle est un peu inquiète mais elle me laisse faire.
Je parlais euh en faisant une bouteille d'assurance rapatriment et des choses comme ça. Euh normalement euh quand il y a une salle de rédaction derrière vous, il y a une petite assurance, il y a un négociateur qui est dans le coin. Bon ça ça a été balayé d'un verre de la main.
Vous avez prévenu quand même le quiet d'orsc ? Vous allez faire des bêtises ou pas ? Alors c'est c'est moi d'habitude quand je faisais ça, je ne prévenais personne et il se trouve que quelques mois avant, j'avais fait un reportage, j'étais embarqué dans une milice d'Agon qui s'appelle Dambassagou dans le centre du Bali et en revenant l'ambassade m'avait appelé, m'avait dit : "Écoute, très bien, tu fais tes choses à toi, mais la prochaine fois que tu fais quelque chose comme ça, on aimerait au moins être au courant." Et et cette fois-ci, je me suis décidé avant de partir donc à Gao pour cette interview les appeler.
Donc juste un appel, en fin d'après-midi, je me souviens la veille pour leur dire "Écoutez, je pars mais tu es avec une ONG ? Non, je suis tout seul mais on te déconseille de le faire. J'écoute et puis je je l'ai pas fait parce que évidemment que à l'époque quand on sort de Bamo, on déconseille à tout journaliste de le faire.
Donc c'est c'est quelque chose d'habituel et en même temps voilà. Avant de rentrer dans le détail de comment, pourquoi par qui et et ainsi de suite et l'expérience sur place et l'after et peut-être le rentrer dans le détail. Le qued d'orsais dans ces cas-là euh ils vous déconseillent, ils vous interdisent, ils préviennent nos copains qui sont dans le coin histoire qu'ils gardent un œil sur vous.
Ils ont suffisamment de renseignement sur ce que ils vous demandent des faveurs, pas de faveur, des choses comme ça. Bah je sais pas, moi j'ai eu que qu'un fonctionnaire de l'ambassade qui a appelé en numéro privé ou en numéro. Alors, j'imagine que quand il sait que je je veux faire ce projet, que je vais partir le lendemain, il prévient qu'il doit prévenir.
Mais je sais pas comment ça se passe. Enfin, je sais un peu comment ça se passe de la part du MA parce que le lendemain matin, Ministère des affaires étrangères, voilà, le lendemain matin, quand je serai dans l'avion, je reçois un mail que je ne peux pas lire, je suis dans l'avion me déconseillant formellement d'y aller. Mais mais j'imagine oui qu'ils ont sonné, ils ont tiré les sonnettes d'alarme et à Bamako et à Gao, sachant que j'allais partir là-bas le lendemain.
Quand on se retrouve euh je vais vous demander en fait de nous décrire comment ça s'est passé les premiers instants. Les premiers instants. Euh comment ça s'est passé ?
Alors les premers il y a plusieurs premiers instants. Quand j'arrive à Gao ou quand j'arrive à Gao, j'arrive en fin de matinée. Il fait très chaud, je me souviens.
Mon mon fixeur est là. Euh un fixeur, c'est le local qui connaît les gens. C'est l'intermédiaire indispensable quand on va dans une zone qu'on ne connaît pas et qu'on doit frayer avec des gens qu'on ne connaît pas et qui sont plutôt dangereux.
C'est celui qui organise tout et qui qui rend la chose possible si vous voulez. Euh alors non, je l'avais pas, il y avait pas d'argent, je l'avais pas payé, il y avait rien. C'est quelqu'un qui travaille depuis un certain temps, mais c'est lui qui a tout organisé.
Il travaille gratuit, il fait quoi ? Euh dans mon cas, en tout cas, je le payais pas. C'est pas quelqu'un que je payais.
C'était c'était un comptax. On avait une sorte de modus. Je l'ai pas payé pour pour ce cette interview là.
Vous l'avez criblé le fixeur un peu avant ou pas ? Ah b, on se connait depuis un moment. Euh on a on avait traversé pas mal de choses.
C'était limite un ami, je connaissais bien et donc voilà. Donc c'est lui qui me récupère quand j'arrive à Gao. On est en fin de matinée.
La première des choses qu'on fait, c'est aller à l'hôtel. Je dis pose mes affaires, je dois me préparer encore là-bas. Je suis vraiment dans dans mon interview hein.
Je suis déjà vraiment dedans. Je suis vraiment sur mes questions. On mange ensemble.
Alors, je sais pas si je rentre dans les détails mais déjà il y a un premier un premier je dirais coup de théâtre, un premier rebondissement, c'est qu'il me il me dit "Écoute Olivier devait venir avec moi, c'est lui qui devait assurer la la traduction. Il me dit "Écoute Olivier, je ne viens pas." Ils m'ont appelé, ils m'ont dit que je je ne viens pas.
Donc là, évidemment, ça met un arrêt tout de suite. Je sais pas si on doit continuer. On avait prévu des des filets de sécurité.
Si je le sentais pas ou s'il y avait un problème, je pouvais l'idée c'était de m'amener au camp des des forces maliennes. Et je me pose la question, on est si près du but en même temps et et il vient pas. Donc je sais pas comment la traduction va être assurée.
Me rassure. Me dit bah écoute c'est eux qui qui ont prévu le coup. Mais mais voilà parlait pas le le langage par pas je parle je parle pas Bambara, je parle pas arabe, je parle pas de Tamchèc, je parle français et je me débrouille en anglais et euh et donc oui là là il y a une vraie enfin il y a un vrai moment d'arrêt et puis je me dis voilà c'est lui qui a tout organisé.
Je dis est-ce que je peux voilà qu'est-ce que tu en penses toi ? On arrête on continue et il me dit écoute je pense qu'on peut y aller. Il me donne des arguments qui pour moi tiennent la route à ce moment-là.
Le premier des arguments, c'est qu'il doit voir la personne que je dois interviewer, ce chef djihadiste après l'interview parce que ce chef dijihadiste me dit-il est diabétique et de lui faire sa piqûe. Et puis ensuite, il me rassure en me disant mais écoute, tu sais toutes les portes qui sortent de Gao sont gardées par des militaires. Ça m'étonnerait qu'il te kidnappe comme ça et qu' te Ça me suffit en tout cas.
Et on on continue. Et vous l'avez coulé dans le béton depuis ou pas ? Non, j'ai rien fait.
J'ai rien fait. Mais c'est pas l'envie qui en manquait ? Non.
Non. Il y a pas de de volonté agressive de le couler dans le béton quoi. Mais par contre de d'avoir des réponses à mes nombreuses questions.
Ouais. Mais faut commencer, il faut il faut le couler mais jusqu'au genou. Ouais.
Alors c'est et à partir du genou, on pose des questions. Ouais. Ça ça permet au moins d'avoir des réponses.
C'est clair. Ça permet qu'il partent pas. Il partent pas.
Moi je sais pas mais en tout cas j'ai des tas de questions. J'ai plus de rancune, c'est fait. J'ai eu le temps d'y penser quand j'étais là-bas mais par contre j'ai le droit d'avoir des réponses à mes questions.
Ouais il habite toujours sur place. Alors, aux dernières nouvelles, il est toujours sur place, il est toujours au Mali. J'ai pas trop de nouvelles, mais aux dernières nouvelles que j'ai eu, il était toujours à Gao, toujours au Mali.
On a des copains là-bas si vous voulez, on peut lui poser des questions. Il travaille dans Vous avez des copains là-bas ? Revenons, revenons à notre sujet.
Donc, on se retrouve dans un 44. Il y a pas le traducteur. Alors oui, donc OK, là on a fait un bon mais oui, on se je me retrouve dans dans un pickup trois jihad de derrière, je me souviens, je suis à côté donc je suis en passager, il y a un conducteur et puis on quitte Gao et on on quitte Gaoo à toute berzingue, à toute allure et on sort de Gao rapidement et il y a un événement moi que je note qu'on m'expliquera après, c'est quand on sort de Gao, on est croisé par un pickup qui est exactement comme le nôtre.
Les gens à l'intérieur sont exactement comme le conducteur. Enfin, ils sont en toir quoi. Hux V6 Toyota couleur crème et et j'ai l'impression que les gars quand on les croise, ils nous voient, ils sont surpris quoi.
Euh voilà, j'ai l'impression qu'ils sont surpris mais moi j'y prends pas garde, je suis à fond sur mes questions et on m'apprendra quelques jours plus tard donc après après que j'ai été kidnappé que c'était un groupe de l'État islamique me disent-ils qui nous ont pris en chasse et qu'il y aurait même eu des coups de feu. Et j'étais totalement, enfin moi j'étais totalement dans mes questions. Je n'ai rien entendu.
Par contre, j'ai senti le coup d'accélération dès qu'ils nous ont pris en chasse, ça. Oui. Après, alors après donc euh moi je suis dans mes questions, mais c'est vrai qu'on roule, on roule et la fenêtre que j'ai avec ce chef Di 45 minutes hein.
Ça devait être dans Gao, on est déjà à l'extérieur de Gao. Et et je devais rentrer, on avait on avait convenu ça avec mon fixeur 2h plus tard. Donc le temps passe, on roule. même si je suis dans mes questions, je commence un petit peu à m'inquiéter par rapport au à l'heure quoi qui file.
Et je me tourne vers mon le le conducteur, je dis "Mais écoute, excuse-moi, mais euh moi si mon fixeur n'a pas de mes nouvelles dans 2 heures, il sait quoi faire et ce qu'il doit faire prévenir les forces internationales, prévenir ma famille, enfin voilà." Et il a pas l'air d'être inquiet. Il me fait signe que après et moi en même temps, même si je sens monter quand même une sorte d'angoisse un peu sourde, je me dis "Bon, c'est des jihadis, ils vont pas être là où on les attend.
C'est le rendez-vous état, je sais pas. 16h et ben ils me receverront ce soir, il me ramèneront demain matin. Voilà pour leur sécurité, pour la mienne.
Enfin bon, je m'explique ça comme ça. On roule à toute allure pendant encore quelques heures et au bout au bout d'un moment, on s'arrête, on s'arrête, il y a quelqu'un qui qui ouvre la portière, qui me bande les yeux, on me sort du véhicule, on me déshabille, on me met dans un autre véhicule, donc on me met un chèche. On met une autre tenue Tourag que j'avais déjà parce que je devais avoir une tenue Tourarg, c'était le préalable pour aller les voir.
On m'enmène une seconde, on me fait monter dans un second véhicule et quand je monte dans ce véhicule, le conducteur qui s'assoit à côté de moi, il y a un passager, il a un second donc ahad dit j'imagine que ça soit à côté de moi, il me dit écoute, c'est là où il m'apprend que je suis kidnappé. En français, en anglais, en arabe, en commun, en français. En français, les deux parlent français.
Euh parle français, il parle français bien, genre de chez nous. Ah oui oui. Non, il parle français bien.
Il parlent français très bien. Et il me font comprendre qu'il me détiennent que je suis captif et que c'est maintenant une ma situation est entre les mains de ma famille et de mon gouvernement. Et euh et puis là, bon bah là ça là c'est c'est le c'est le choc quoi.
C'est le choc. On passe par quel état ? On passe déjà il faut faut faire face à la nouvelle en sachant qu'on est les yeux bandés et ainsi de suite.
Ouais ouais je suis les yeux bandés, je suis encadré et on part directement. J'ai je je j'ai j'ai des liens au au poignet. On il y a il y a un choc d'abord on réalise pas quoi.
Moi je bon pour pour en résumer un petit peu euh on a on a 2 mois 3 mois de d'aller-retour de messages avec eux via mon fixeur. J'ai réussi à avoir un sauvecit euh un laisser passer qui me permet d'être amené là-bas et de revenir. Donc c'est le choc c'estd tamponner pas tamponner.
Non non. Alors il y a pas de tampon et puis il y a pas de document type, on connaît pas ça quoi. Mais on sait que quand on va aller voir ces gens-là, vous avoir ce type de papier, il faut se faire délivrer ce papier là que normalement c'est une garantie sur leurs paroles de de vous ramener en sécurité.
Et c'est pas ce qui se passe. Je suis kidnappé, j'ai l'impression d'être d'y être allé les les les bras les bras en avant quoi. Mettre totalement engouffré là-dedans.
Donc il faut réaliser ça. Puis tout de suite il y a une peur qui qui arrive quand même qui qui est très rapide. C'est savoir qui vous détient.
Qui vous détient ? On est dans une zone où ça peut être Al-Qaïa, ça peut être l'État islamique. Moi, j'ai bibonné enfin par mon métier par parce que je couvre ces groupes là de vidéos de de films de propagande et de vidéos où on voit des exactions, des choses très très violentes, des assassinats à l'écran et euh et j'ai tout de suite peur.
Je me dis si c'est l'État islamique, je suis pas sûr d'être vivant le soir dans dans les heures qui vont suivre quoi. Donc c'est c'est ça que je ressens tout de suite. Et il y a il y a énormément de choses.
Vous êtes bombardé de de de penser. On pense à sa famille, on pense à ses parents, on pense à ce qu'on vient de faire. On sait pas et puis on sait pas de quoi la minute l'heure d'après va être faite.
Tu es pas du genre à te faire des blagues pour te détendre ? Genre c'est surprise surprise. Ouais.
Non là il y a pas de blague. Il y a pas de blague. Et puis incapacité à me détendre c'est impossible.
Enfin je veux dire je sais pas on sait pas où on va. Donc qu'est-ce qui est passé par la tête ? C'est dès qu'ils vont m'enlever le le bandeau, ils vont m'enlever les liens.
Je vais en désarmer trois, je vais en buter trois, je avec le 44. Euh la cavalerie va arriver. Non, j'aurais l'occasion de fantasmer beaucoup sur ce genre de truc.
C'est-à-dire parce qu'il y aura des occasions, il y aura il y aura des armes qui traînent, il y aura des brèches, il y aura des moments, il y aura des failles. Mais euh mais il y a toujours cette question d'ce que ça marche quoi dans un film ? Ça semble clair.
Une rafale, tout le monde tout le monde tombe quoi dans laé. Tu as une formation aux armes ? Non, je fais des arts martiaux.
J'ai fait alors j'ai fait de la boxe, j'ai fait du judo et là je pratiquais le bagoisan qui un sport interne chinois à l'époque. Mais mais enfin ça ça dans tous les cas, c'est pas voilà, c'est pas suffisant. Enfin, faut fautincre sa peur aux armes pan.
Non, jamais. J'ai jamais touché une arme. Service service militaire, vous avez été quel âge ?
Non non, j'ai été réformé. Réformé quoi ? P4.
Non non non. C'était une période un peu transitoire. Vous avez plus trop besoin.
C'était un an avant que ça s'arrête. Peut-être 82. Donc j'avais un problème de vision et d'audition.
C'est que j'ai bluffé un peu l'audition mais ils m'ont pas retenu quoi. Et c'était cool. Ça m'allait.
Donc euh ouais donc non, on pense pas du tout à ça. Enfin à ce moment-là en tout cas, je pense pas du tout à ça. Je sais moi, c'est surtout ce qui va arriver après.
Et la question parce qu'on a tous vu le film Teken, la gamine qui est au téléphone et qui dit il y a son père au téléphone et le père lui dit compte combien de distance si tu vois des bruits pas des bruits sur le chemin pour pouvoir te repérer. C'est passé par la tête ça naturellement. Après ça viendra après.
Là vraiment c'est la terreur, c'est la surprise, le choc, la terreur et puis les conséquences. commence à avoir une pensée sur les conséquences que ça va avoir. C'estàd la famille, je verrai plus mes enfants, je rentre pas ce soir et puis on rentre dans un truc dans une inconnue.
Puis moi j'ai travaillé sur les otages, donc je sais ce que ça implique. Euh c'est-à-dire que le mon gouvernement va être mis dans la chaîne, ma famille va être prévenue. Le 10 2 jours après, je devais prendre un avion, c un samedi, le samedi 10 de mémoire pour rentrer sur Bamaco.
Je sais que je serai pas dans cet avion. C'est ça en fait qui qui me traverse. C'est ça qui me qui me bombarde à ce moment-là. première nuit, ça je m'en souviendrai toujours de cette première nuit.
Euh alors d'abord donc on m'amène en voiture, on m'amène dans un lieu où il y a plein de gens, ça sent la bouffe, ils vont ils vont étranger toujours les yeux bandés. Euh oui, j'ai les yeux bandés. Sauf là, on m'enlève mon bandon, mais sur un tapis, moi je me souviens qui m'a marqué.
Le truc qui m'a marqué, c'est bête mais c'est les bousses de vache, les crottes de chèvre qu'il y avait tout autour de moi. C'était sale. C'était j'osais pas avancer.
La nuit commença à tomber. Il y a plein de gens, ils ont fait à bouffer. J'ai rien pu avaler et il y en a certains qui ont essayé de me rassurer mais euh mais bon je enfin j'avais l'impression d'être sourd en fait et d'avoir plein de gens qui me qui me parlaient autour euh parce que parce que pas de maîtrise de la langue parce que non parce que on est dans un sorte de de de de combat intérieur quoi.
On on doit on réalise pas enfin on doit réaliser on réalise pas et puis on sait c'est toujours cet inconnu. On sait pas ce qui va se passer. C'est des tas de gens qu'est-ce qu'ils vont faire une heure après ?
Ils vont vous prendre, vous mettre à genou, vous tirer une balle dans la tête, vous savez pas. Donc on est on est vraiment à l'intérieur. On se on a j'arrivais pas à écouter ce qu'on me disait.
J'arrivais pas. Et euh ça a duré, je crois, on est resté 1 heure, quelque chose comme ça dans ce en plein désert là comme ça. Puis on me met sur une moto, on file dans la nuit.
Je me souviens de la voûte étoilée. Alors là, je vois plein d'étoiles. C'est à la fois magnifique et terrible parce que j'ai fait un papier avant.
J'ai travaillé sur un sujet avant sur les drones et il y a eu on sort de Bunti, il y a eu la bavure française de l'armée française de la force barcan qui est présente sur le terrain à Bunki et euh voilà, je me dis on est seul dans la nuit, je suis avec des djihadistes, il y a peut-être un drone qui est en train de nous suivre, j'ai peut-être une cible, il y a peut-être une cible sur cette moto. Et je peut-être il passer connement, enfin je veux dire bêtement comme ça. On roule 10 minutes, ils mettent, on s'arrête, il traînent une chaîne en métal autour d'un petit arbre, enfin d'un arbre assez solide mais petit.
Je me souviens, ils mettent une natte et puis se mettent à 60 70 m de mois et puis on me laisse comme ça. J'ai pas de couverture, j'ai rien dans la nuit, il y a plein de bruit, je sais pas ce qui va se passer. Je dors pas cette nuit-là, je dors pas du tout.
Pas de papier toilette. J'ai même pas pensé à pisser ou chier du tout. C'est marrant.
C'est alors pour le coup Ouais. Non non non. et et je redoute le lendemain matin.
La rigueur la nuit c'est comme même si je j'ai peur des bruits, j'ai peur de cette nuit que je connais pas, je suis pas dans ma chambre, je suis dans rien. Qu'est-ce qui va se passer demain matin ? Ils vont voilà, qu'est-ce qui va se passer ?
Qu'est-ce qui m'attend le long de ma matin ? Et ça ça m'empêche de dormir ça. Les bruits dans la nuit, tout ça m'empêche de dormir.
Quel type de bruit ? Bah vous avez le vent dans les arbres, vous avez pu ça rampe, il y a il y a c'est le désert hein, il y a une vie, il y a une voyez, il a des insectes, il y a plein de choses. Euh puis il y a eux aussi qui sont là.
Euh euh voilà, il il y a tout ce cet environnement que je connais pas quoi et que je je ressens comme ça, que je prends brutalement. Euh enfin, c'est impossible de dormir. C'était impossible de dormir ce soir là.
Lendemain matin, bah le lendemain matin, moi je je me réveille pas, je suis réveillé. Euh eux, ils se lèvent tranquillement. Ils font le thé euh et puis je sais pas font la prière.
Oui, ils font la prière aussi. Et puis je sais pas de temps après, il y a un pickup qui arrive avec deux autres. Je me souviens des yeux rougis, moi.
C'est ça. Parce que faut faut bien imaginer que les gens que j'ai autour de moi se découvrent très peu le visage. Donc vous avez une fenêtre comme ça de tissu, vous avez des yeux rougis parce que quand on roule dans le désert, vous avez l'air qui vous arrive, ça vous rougit les yeux.
Mais c'est impressionnant. Vous vous dites pas ils sont rougis par le vent du désert parce qu'ils roulent. Vous dites parce qu'ils sont voilà, il y a de la haine, ils sont injectés de sang, ils vous en veulent quoi.
Et je me souviens de ça, c'est un truc qui m'avait marqué, enfin qui a renforcé ma peur et ma terreur à ce moment là. Et puis vous êtes un automate, vous bougez. Quand on vous dit de bouger, vous vous assz là, on vous dit de vous asseoir et vous essayez de guetter, d'anticiper le prochain mouvement parce que vous avez l'impression que ce prochain mouvement, il va vous mener au trépas.
C'est que ça en fait, c'est la période de terreur. Moi je dis les trois premiers jours, tr qu premiers jours de ma captivité, c'est la période de terreur, hein. Je voilà, je suis pas je suis pas à l'aise.
Je sais pas comment me comporter, je sais pas quoi dire. Euh je je suis pas bien. Je suis pas bien du tout.
Là, on fait quoi ? On fait sa prière. Alors moi je prie pas, je pense pas à prier.
Pas d'amis imaginaire. Non. Euh on est il y a juste je crois c'est à partir du 3e jour, il y a un ral de cet état-là et puis on s'habitue à tout hein aussi 3 jours, on commence à s'habituer quand même.
On a passé la 3è nuit, on commence à ils ont le même fonctionnement et et là je me dis c'est pas possible je bon je sais pas ce qui se passe. On on déjà on se rassure aussi. Je me dis t'inquiète pas c'est une erreur.
Petite Katyba ils savent pas ce qu'ils font. Ils ont entendu qu'un français venait à Gao. Tiba, ça veut dire c'est unité jadis si vous voulez euh autonome ou pas.
Ils ont ils ont entendu qu'un français, ils ont eu vent qu'un français venait à Gao. Les idiots, ils sont venus le kidnapper alors que savait pas que j'étais en deal avec un chef et que je devais l'interviewer, que j'avais en plus une autorisation. Donc les choses vont s'arranger, je vais leur en parler, ça va aller.
Ça c'est ce que je me dis pour me rassurer. Et puis après, je je peux pas rester dans cet état là. Ça m'empêche de réfléchir.
J'ai la tête qui bourdonne parce que j'ai 10000 questions. Il faut se reprendre. Il faut se reprendre.
Puis on reste du temps sur une ade. Vous faites rien quoi. Vous attendez, vous faites rien.
Et il faut que je me reprenne. Il faut faut que ça faut faut que j'arrive à à avoir une impulsion et ça va être le sport d'abord parce que j'ai du temps et je me dis de Dieu hors de question qu'on me crache dessus, qu'on me frappe ou si ça arrive, faut que je puisse répondre, que je parte avec pas, je sais pas. Mais voilà et je me dis je vais faire du sport.
Moi, je fais du bagou chez les arts martiaux, mais j'ai arrêté depuis un moment. Je suis dans une vie un peu confortable, j'ai pris du poids vraiment et et je me dis là, il y a du temps, il y a des heures euh voilà, je vais faire du sport. Et quand il me voi commencer à pratiquer la première fois, je dois prétexter que j'ai mal au genoux, euh que j'en ai besoin pour ma santé et cetera.
Il laisse passer et ça va devenir une sorte de routine euh à partir du 4e 5e jour, faire du sport tous les matins. Et je me rends compte queeux n'en font pas. Eux, ils font pas sport du tout.
Ça m'étonne. Moi, je je suis resté un petit peu sur les camps d'entraînement comme on voyait en Afghanistan. Voyez, les mecs, ils font des trucs dingues, paramilitaire et tout et ceux-là non, ils se lèvent, ils sont plutôt ls, levés.
Bon, c'est des jeunes hein qui m'encadent en 24, je dirais. Ouais. Entre 18, le plus vieux à la trentaine, début de la trentaine à Bouillousouf.
Et je peux tout couper le c'est quel profil mis à part que ce soit 24 25 ans ? C'est du blédard local, c'est du blédard de chez nous, c'est du blédard de c'est des toeg, c'est des gens du cru de la région de Kidal. Euh, ils sont ils sont cornaqués par un chef qui lui est plus âgé.
Il me dira plus tard qu'il a connu les prisons maliennes, qui faisait partie des des dijihadistes qui ont été délivrés lorsqu'il y avait eu la la transaction avec Sophie Pétrona et Sommet la Sissé. Il faisait partie de ces djihades là. Euh et c'est lui, c'est lui le chef quoi.
Mais sinon c'est des c'est des jeunes qui entre 18 et 24 ans et c'est des des des des toeg du coin. Ils ont arrêté l'école, ils ont jamais été à l'école. C'est c'est des bergers quoi.
Alors ça je l'apprendrai plus tard. Il y a différents profils mais en gros oui, il y a pas eu d'école où il y a eu l'école du désert, l'école sous les arbres. C'est c'est des médras hein, c'est des c'est des écoles coraniques.
C'est du cours qui est dispensé comme ça par un imam sous les arbres. Et je me rends compte très vite que le Coran, c'est euh c'est ça hein, c'est leur éducation. Ils ont appris à lire, à écrire avec le Coran et surtout ils croient, enfin, ils sont vraiment dans le Coran quoi.
Moi, je suis vu comme un infidèle, quelqu'un qui vient de de voilà un coufard, un infidèle. Donc c'est comme ça qu'il m'appelle. Et donc je suis comme le Coran me décrit.
Euh c'est comme ça qu'il me considère au départ. Tu décrit comment ? Bah je suis quelqu'un qui suis, je suis un aposta.
Je suis quelqu'un qui associe d'autres déités à Dieu. Je suis quelqu'un qui on ne peut pas faire confiance, qui veulent Je suis quelqu'un qui est pas dans le droit chemin parce que je ne crois pas en Allah et c'est un gros gros problème. C'est le problème que j'ai.
C'est un problème pour eux. Ils ont essayé de te convertir ? Pas tout de suite, ça va venir plus lentement.
Ça m'en a des discussions. Je reviens un petit peu pour qu'on comprenne un peu cette transition. 3 4 jours, il faut plus que la terreur, faut faut que je trouve un un palliatif, quelque chose pour parer la la terreur.
Ça va être le sport et au bout d'un moment, il va y avoir un second truc qui va venir, c'est me dire il faut faut que je change le le ce que ma façon de percevoir la situation. Ça c'est très important. Et alors pour être un peu clair, non seulement il faut que je change ma façon de percevoir la situation et en même temps il y a une sorte de rancune qui monte en moi parce que j'ai l'impression d'avoir été trahi quand même pour le fixeur.
Euh non non, je parle alors justement je pense pas du tout à mon fixeur. Mon fixeur il a rien fait pour moi pour le moment. Je travaill par eux.
J'ai un sauvecit. Euh ils doivent me rab en sécurité. Ils en profitent pour me kidnapper.
OK, je suis l'idiot du village, je suis le con du game parce que je m'engouffre dans le truc. Mais en même temps, ils respectent pas leurs paroles. Donc ça ça fait monter une sorte de ouais de sentiment d'injustice, de rencœur, quoi.
Et donc je me dis il faut que je change de perception, je travaille sur ces sujets-là. Euh OK, je suis au boulot, OK, le l'interview continue. Euh voilà, je continue à faire mon travail et donc tous les matins, je me lève avec cette idée-là.
Mais pour faire son travail, il faut avoir un but quoi. Et moi, il y a énormément de questions que j'ai généré, enfin que j'ai j'ai engrangé depuis que je travaille sur ces sur ces groupes-là et que je meurs d'envie de leur poser. Donc en gros, c'est leur poser des questions, essayer d'avoir même des choses.
Alors, je sais pas, par exemple, je je pense là maintenant à un chef djihadiste euh qui s'est fait euh qui s'est fait tuer en 2016 qui s'appelle Cheragaousa en sortant d'un cas d'Ainusma. Bon ben, je veux savoir qui l'a tué. Il y a énormément de rumeurs là-dessus.
Je suis pas sûr d'avoir de réponse. Je sais pas comment outrepasser la barrière de la langue mais ça donne un but. et des but comme ça, je vais m'en fixer l'état.
Donc le sport, continuer à investiguer, observer, voilà pour s'occuper et puis après petit à petit aussi se mettre peut-être parce que c'est nourri par la colère, se dire "Tu n'as rien fait, c'est eux qui ont besoin de toi, c'est pas toi qui a besoin d'eux, tu n'es pas en faute, ne t'incrimine pas, ne te culpabilise pas." Donc l'idée c'est d'inverser d'inverser la vapeur et petit à petit, bon malin, je vais y arriver. Donc le profil des joliers 24 25 ans, l'école de sous les arbres, sous les acacias, leur leur mode de communication c'est quoi ?
C'est sûrement pas téléphone satellite. Non, c'est quoi ? C'est la téléphone satellite, il y en aura.
Ça viendra plus tard. Et c'est euh j'en ai vu dans les mains des chefs hein des des supérieurs. Eux ils ont des téléphones, ils sont tous en mode avion hein.
On a interdiction sur le camp d'activer enfin d'enlever le mode avion et c'est de la radio. C'est beaucoup de radios radio Motorola, des radios de marque chinoise. Il ils communiquent qu'avec des radios des Toky Walky.
Chiffré ou pas chiffré les Toky ? Je ne sais pas mais s'inquiète pas trop. Moi moi ça m'a quelque chose qui m'étonnait.
Je dis mais attends toutes ces conversations Toky Wolk il les utilisent et qu'ils savent que c'est sécurisé. Enfin sécurisé dans le sens on peut pas les on peut pas les capter. Et euh enfin, ils avaient l'air très sûr de leur moyens de communication.
Puis tout, ils ont toute une sorte de relais. Tout ça est très organisé. Tout est centralisé dans ce qu'ils appelle un Rizou qui est un peu le le chef messager, celui qui dispense en même temps les informations.
Puis ils ont des relais comme ça. Apparemment, ça peut embrasser 80 km 80 à 100 km où une information peut voyager très très vite. 3è jour. 3è jour.
Donc c'est ce que je disais, je commence à reprendre du poil de la bête avec le sport et en me arrivant à me convaincre qu'il faut que je change d'état d'esprit. Pardon, faut que je change d'état d'esprit. Faut pas que je je me considère comme un otage journaliste, mais un journaliste qui est otage ou un journaliste qui fait son boulot.
Nous, moi je vais ouvrir une parenthèse. Nous, on avait vu que tu étais abonné à notre compte Twitter. Et comment vous avez fait pour voir ça ?
Parce que je Bah, quand tu es abonné sur notre compte Twitter, il y a marqué "Vous". Oui. Oui.
Mais j'ai pas de compte Marqué Olivier du bois. Si si si. Olivier du bois je te montre c'est comme ça que je t'ai contacté au fait hein.
C'était peut-être pas toi. Et donc on voit Olivier Dubois vous suit et là on se dit merde il y a un membre de la communauté qui est dans le dans le caca. J'ai toujours aimé votre émission et donc le le nous on a essayé de mettre un peu la pression au qui est d'ors pour qu'il s'intéresse toujours à à ton dossier.
Du moin qu'il te laisse pas tomber. continue les gamins, le mode organisationnel, ils te font bouger souvent, c'est tous les combien de temps ? Il y a d'autres personnes, tu es tout seul, tu es en première classe, pas en première classe.
Euh alors, il y a il y a Tu manges, comment ça se passe ? Comment voilà, c'est la découverte, c'est la découverte de la captivité de comment on vit dans le désert. Alors bon, je dors sur le sol, je expliqué.
J'ai pas de couverture, j'ai une natte, je mange comme eux. Donc les premiers temps, c'est une chèvre qui vient, elle est zigouillée, il la dépaisse, on mange de la viande. Je me souviens d'un j'ai les souvenirs d'un c'était c assez primal comme truc.
Donc le la viande est dépaissée, ils mettent tout ça dans une cocotte, du sel, de l'huile. Allez, peut-être qu'il y avait un peu d'ariss dedans. Vous fermez la cocotte, vous laissez cuire, puis vous avez de la viande qui est bouillie, quoi.
Puis tout ça dans un grand plat en métal. Tous les djihadistes sont là. Je suis autorisé à manger avec les jihadistes et on fait bien comprendre, on fait bien comprendre que que c'est pas normal.
Ils ont l'impression de manger comme avec un chien. C'est comme dira, on t'accepte mais on a l'impression de manger comme un chien et je dois vraiment manger dans la portion qui m'est qui m'est donné quoi. Et et puis et puis on est là et puis on mange cette viande.
C'est que de la viande quoi. Je me souviens, ça m'avait marqué ce truc là. Je sais pas. très primal, très très carnacie, très un truc très donc de la viande fraîche les premiers jours, après on sèche cette viande parce que sinon elle pourrit, on est dans le désert, on l'ouvre comme on dit, on la on les file quoi, on la fait tenir sur le bout de sur le gras et puis on la met sur des branches, elle sèche et on peut la réactiver en la mettant dans l'eau.
Euh l'hygiène, je me lave pas hein, moi je crois que je me suis pas lavé avant, je suis pas lavé pour une dizaine de jours he j'ai l'impression. À ce moment-là, euh ils boivent beaucoup de thé. Très vite, je me dis le thé, c'est pas pour toi, c'est très sucré.
Comment on dit le thé ? Chary. Cha le thé est très sucré.
Chary. Ah ouais, le thé est très sucré et il y a un problème de diabète, on va et je me dis tout de suite, si tu commences à tu sais pas combien de temps ça va durer, mais si tu commences à boire du thé comme ça, comme ils font trois quatre fois par jour, c'est pas bon. Et je fais du sport par ailleurs, donc je refuse le thé.
Ce qui est c'est un peu bizarre pour eux parce que le thé ça autour du thé, on discute, ils viennent avec un verre de thé, ça permet de et je refuse ce verre de thé. Donc ça c'est un peu comme refuser un peu refuser un peu le contact quoi. C'est du thé en poudre ou du thé en feuilles ?
C'est des petits paquets de thé. C'est du thé en feuilles mais limite comme de la poudre hein. Le premier est très amer, le second est un peu plus sucré mais amer et le troisème est doux et très sucré.
Euh je crois j'en ai bu à ce moment-là deux fois puis après j'arrêterai. Je vois plus du tout de thé. Euh on vit on vit à l'extérieur queles que soient les conditions climatiques et euh et puis surtout on observe quoi moi j'observe beaucoup.
C'est la découverte euh comment ils vivent, comment se passe une journée type pour eux et je me rends compte très vite euh qu'ils sont assez oisfs sur le concoin en fait. Euh c'est pas moi je m'attendais à avoir des patrouilles, je m'attendais à avoir quelque chose de très carré et cetera. Non non, ça se lève gentiment 9h enfin d'abord à 5h30 du matin, ça fait la prière mais ça va tout de suite se recoucher après.
Moi quand j'entends la prière, je suis au zagé, je sais pas ce qui va se passer, je m'endors pas. Ça fait juste la prière ou ça fait les ablutions ? Oui, enfin quand je dis la prière, c'est tout, c'est tout ça.
On fait pas la prière sans sans sans sans ça, sans les ablutions. Ça va se recoucher euh 8h30, 9h, ça émerge. Le thé, tranquillement, ça discute hein.
Le soleil monte, ça discute. Donc il y a pas les patrouilles, il peut y en avoir peut-être en milieu de journée comme ça, en fin de journée. Euh, ils veulent garder une distance entre moi et eux.
C'est ce qu'ils me disent. C un coufard, voilà, comme si j'étais un peu contagieux. Ils viennent me voir quelque fois comme ça mais je suis surveillé de loin.
Donc ça déjà c'est quelque chose qui va assez me surprendre. Ça parle français ou ça parle entre machec ? Mais quand il te parle à toi ?
Alors moi, le groupe avec qui j'étais en premier parlait quasiment pas français, sauf le fameux le chef qui va rester les premiers jours avec nous, Abou Youssouf, qui parle français puis après il part. Et euh si il y en a un autre qui parlait français, Farok, je me souviens un petit jeune, il devait avoir 21 22 ans et lui parlait français. C'est avec lui que j'ai posé enfin c'est à lui que j'ai posé les questions.
Il parlait français euh du coin ou il parlait français ? Ah non, français bien. Lui il a je me renseigne un peu sur lui.
Il a été à la fac, il a été au Burkina, il a fait des études. C'est quelqu'un qui est, c'est quelqu'un qui sait écrire le français, qui sait le parler. Il va même me poser des questions sur les séries télévisées qui regarde lui aussi et c'est lui qui va devenir mon interlocuteur.
C'est à lui que j'ai posé les questions dont je parlais. C'est avec lui que je vais faire. je vais pouvoir accomplir un peu mon boulot de journaliste au départ et on on va pas se sympathiser mais il il comprend que je connais un peu leur leur nébuleuse que je m'intéresse à ça et ça lui fait évidemment aussi plaisir de parler de ça.
Donc on va pouvoir avoir des échanges et je vais pouvoir apprendre un peu plus qui ils sont ces jeunes et euh et petit à petit ça va se faire comme ça. et moi très vite, il y a un sujet qui va qui va je dire supplanter les autres, c'est l'assassinat des deux journalistes de RFI Gl du po de Verlon parce qu'ils ont été tuésid kidnapper, ils ont été tués malheureusement et que je me dis si je peux comprendre pourquoi ils ont été tués, ça peut peut-être être une manière pour moi d'éviter que ce destin funeste m'arrive aussi quoi. Et et très rapidement, il va il va s'ouvrir, enf, il va me dire "Écoute, c'est un secret que pour vous." Il y a une intervention aérienne, certaines disent terrestres mais lui dit aérienne. "Les djihadistes ont été acculés et ils ont tué les deux journalistes de vérifier." Donc bon, il me dit ça et je peux donc voilà, il y a une possibilité de parler avec lui.
En parlant avec lui, il y en a d'autres aussi que ça intéresse qui parlent pas la langue. Je me souviens qu'on utilisait euh Google Translate à l'époque quand j'avais à un moment fait toute une soirée Google Translate et je peux poser des questions qu' une connexion internet. Ah non, pas de connexion internet.
Non non. OK, je pense on peut l'utiliser connexion, je crois. Et on arrive à échanger un petit peu comme ça.
Je commence à à voilà pour un peu profiler on va dire mes gardes qui sont à cette époque là au nombre de 4 5 5. Toi tu es toujours tout seul ? Je suis toujours tout seul.
Je serai seul pendant 5 mois avec eux. Ouais, je serai alors il y aura différentes équipes mais je serai seul pendant 5 mois. Donc ça se passe comme ça, c'est les 10 premiers jours.
Il y a le sport, il y a une volonté d'en apprendre plus sur eux et puis en même temps de d'en apprendre plus en gros sur comment ils fonctionnent et cetera. Rapidement les questions vont déranger parce qu'on a un résoud donc un informateur qui vient, il se rend compte que je parle aux jeunes et l'ordre leur est donné de plus me parler. Et puis je vais avoir un ceux qui m'ont kidnappé reviennent aussi, je connais leur nom, c'est Mossa pour celui qui conduisait qui m'a appris que j'étais j'étais kidnappé.
Et puis le passager qui s'appelle qu'on nomme le caucasien la la cacaocase qui s'appelle la cacaocase. est blanc euh il ressemble à un caucasien donc on l'appelle comme ça, on le surnomme comme ça et et je vais avoir des difficulté avec l'un de avec Mosa qui lui est tout de suite très vite convaincu que je suis pas je suis pas venu à Gao pour rien, que je suis pas là au hasard et que je je travaille certainement pour les services français euh ou que je suis un agent de Barcane et que voilà je suis là pour avoir des informations et que je suis une sorte de de de d'agent qu'ils ont capturé un agent. Il t'a dit pourquoi ?
Euh non, je sais pas pourquoi mais c'est quelque chose qui me fait très peur parce que je me dis je suis déjà journaliste et déjà voilà, je suis journaliste, j'ai été kidnappé mais si on prend pour un agent là, ma vie est vraiment en danger. Euh et je je je vais m'employer, essayer de les convaincre du contraire quoi. C'est quelque chose qui me fait vraiment peur.
Je suis pas un agent, je suis un journaliste. Allez sur internet, allez regarder tel site, tel site, vous verrez mes articles. Je suis journaliste.
Ils vont se renseigner. Ils vont se renseigner. Mais lui il reste convaincu que je suis un agent.
Et au bout d'un moment, je crois que Pourquoi il reste convaincu ? Parce que certains services utilisent les ONG, les journalistes comme source d'information, source de questionnement sur zone. Ouais. euh et que ils ont ils ont terni l'image des ONG et l'image des journalistes.
Et c'est pour ça que les ONG et les journalistes deviennent des cibles ou c'est parce que tu es un peu costaud, tu es un peu carré euh que euh le Mali c'est le trou du cul du monde. Qu'est-ce que tu aurais Qu'est-ce que tu t'emmerdes à Bamako à faire des papiers sur Bamo, quoi. Moi moi je pense qu'il y a le fait d'être journaliste déjà c'est une couverture comme vous l'avez dit c'est une couverture déjà ça peut être une couverture pour d'autres activités d'autres un autre métier.
Faire du ménage. Voilà et puis il y a le quoi faire du ménage. Faire du ménage pour un journaliste.
C'est porter un sujet pour des intérêts. C'est ça. Ah d'accord.
OK. Oui oui enfin je pensais même pas à ça journaliste comme couverture en étant en étant un agent ou quelque chose comme ça et je pense aussi que le fait que je commence à faire du sport que je fasse des arts martiaux ça les met direct sur la piste militaire et il y en a qui me le diront mais tu es pas journé mais pourquoi je dis mais tu fais tu fais tu fais des trucs là tu tu fais tes machin tes arts martiaux mais alors les journalistes font pas d'arts martiaux les militaires font des arts martiaux et j'ai essayé bon j'ai beau essayé de les convaincre ça ne fonctionne pas ils sont convaincus et ça va monter à un point au bout d'un moment où excéder, je crois que c'est la peur qui me fait parler à ce moment-là, je traite ce mot ça de con parce que je vois que ça ne porte pas. Ce que j'essaie de lui dire ne porte pas.
Et et là c'est voilà là sa réaction est très froide d'un coup. Je suis allé vraiment loin. J'ai l'impression que je vais y passer.
Vraiment loin ? Comment ? Ben dans le sens j'insulte un de mes jeiers quoi.
Euh j'insulte comment ? Il comprend pas un mot. Ah si si, il parle français.
C'est l'un des deux qui était dans la voiture. Il parle très très bien français. Il comprend ça et je l'insulte est entouré de ces hommes et je l'insulte comme ça devant ces hommes et c'est c'est sorti comme ça.
Enfin, vous avez peur, vous êtes excédé, vous ça porte pas ce que vous dites. Vous voilà. Et euh et là, son regard change du tout au tout tout.
Et puis mes conditions de détention à partir de ce moment-là aussi, il veut vraiment que la règle soit respectée. La règle veut qu'un coupard soit très éloigné du groupe qu'il garde. C'est à peu près 100 m, qu'il soit enchaîné nuit et jour. il veut qu'on rationne ma nourriture.
Il lance ces ordreslà et puis il part avec son son collègue le caucasien et ça va pas être respecté par les petits jeunes qui étaient avec moi parce qu'on avait j'avais posé des questions, on avait réussi un petit peu à discuter. Ils vont pas appliquer ça, ils vont même pas m'enchaîner le soir. Je leur dis mais c'est bizarre, vous m'enchaînez pas.
Ils me disent non, on te fait confiance, on te fait confiance. Et ça va activer un petit déclic dans ma tête ça. Cette confiance, le fait qu'il soit oisf sur le camp qui qui est des farilles.
Il y a des fois il je sais pas, il va il va il va pisser derrière un fouret, il laisse son arme, enfin il y a des choses comme ça. Et il faut que je m'active en dehors du sport parce que c'est bien beau d'essayer de faire le journaliste, d'essayer de faire du sport, ça suffit pas sur sur une journée. Et je me mets en tête de commencer à à circuler un peu dans le camp et de circuler de plus en plus loin, de dire voilà de de m'éloigner.
Et c'est une façon pour moi aussi de repérer, de savoir ce qu'il y a autour de moi, euh s'il y a des pistes, si j'entends des bruits, s'il y a des camions, des choses comme ça. Le camp, le camp se résume à quoi ? 2 4 4 euh tris trois dates par terre.
Peut-être que j'explique où est le camp. Le camp, c'est quoi ? En plein désert, mais vous avez des euh ce qu'ils appellent des wadiis, des sortes de poches comme ça végétales, des sortes de mini forêts euh euh dans lesquels on est hein, on est on est planqué sous les arbres en faitin.
Donc et puis quand vous sortez de là, vous avez le désert de cailloux ou ou de sable. Et moi, je vais élargir ça petit à petit pour aller voir ce qu'il y a, essayer d' guetter, essayer de trouver un véhicule. J'ai l'impression qu' idiotement qu'il y a des pistes et qu'il va y avoir des véhicules qui vont qui vont qui vont passer quoi.
Mais ça va marcher et ça ça va me conforter. C'est-à-dire qu'il y a une possibilité parce qu'ils font de la sieste aussi de petit à petit comme ça s'éloigner et d'aller partir en reconnaissance. Et ça va jouer un petit peu dans ma tête en me disant mais écoute, il y a peut-être l'opportunité, la possibilité de de t'enfuir.
J'ai pas encore cette idée-là mais c'est une possibilité. Moi, je suis sur un autre scénario à ce moment-là. J'ai toujours l'impression qu'ils se sont trompés.
Donc, il me faut prévenir leurs autorités, leurs supérieur qu'en fait, ils se sont trompés. Donc, je demande d'avoir du papier, un stylo, on me les donne et je suis une lettre de trois pages que j'adresse à l'émire d'Al-Qaïda au Sahel, il y a d'Agrali et je plaide ma cause en disant "Écoutez, vous m'avez invité, il faut le respect de la parole donnée, vous m'avez kidnappé. Je comprends pas pourquoi.
C'est peut-être une erreur de leur part, mais dans ce cas-là, pas en dédommagement, mais accepter puisque je devais interviewer un de vous chefs régionaux, répondez à mes questions. J'inverse le truc. Euh, j'essaie d'avoir Ouais. de demander plus quoi.
Il faut il faut faut que je me paye. J'ai envie de dire sur le il faut que j'inverse la chose. Je pense que c'était ça surtout. et je fais je transmets je leur transmets cette lettre qu'ils envoient certainement à leur émir et je n'ai aucune réponse.
Je pensais avoir une réponse 3 à 4 jours après. Rien ne vient. Donc je prends mon malin en patience, je m'occupe comme je peux mais j'ai pas de réponse.
Donc ça c'est au bout de combien de mois ? Non, ça c'est pas au bout de combien de mois hein. Euh la lettre euh les événements si tu veux de la première semaine, c'est donc il y a la phase de terreur, je 3 4 jours après, je me dis qu'il faut que je fasse du sport, il faut que je me reprenne, il faut que je je change de paradigme par rapport à la situation et puis après il y a cette idée de la lettre, c'est les 10 premiers jours, c'est dans la les les 10 premiers jours, je dirais pas de retour.
Là, tu te dis ils sont 4 C pour me surveiller. Ça commence à être intéressant. Ils sont 4 c pour me surveiller et ils vont passer au bout d'un moment, ils seront plus, ils seront h voire une dizaine.
Un matin dans la journée, il commence le le le wadi, on se trouve sous les arbres euh au-dessus dans le ciel, il y a des patrouilles de de drones. Alors, au début, c'est rien. Puis ça repasse les drones, c'est ça, hein.
Ça passe, ça revient, puis après ça circule autour d'une zone qui les intéresse. Et là, il y a commence à avoir une petit vent de panique qui les prend. Euh, il passe des appels àoky Walky.
On est vite rejoint par des d'autres jihadis, je sais pas d'où ils sortent en moto et puis on file on file euh on doit rouler je sais pas 1 heure à peu près on se retrouve en plein désert dans un autre endroit. Ils ont des armes lourdes à ce moment-là avec eux. Ils ont alors un PKM, moi je me souviens d'un PKM euh je crois que c'était qu'un PKM.
Chacun est armé de Kalashnikov. J'ai pas vu d'armes de point. Ils sont nombreux et ils sont sur les dents.
Je sens qu'ils sont voilà, ils s'attendent à ce qu'il y ait quelque chose. Euh on va rester de tr jours dans cette zone là et puis après on va regagner un autre endroit, le dispositif va s'alléger, ils vont rester 4 c avec moi et la captivité va continuer comme ça. Et ça c'est dans les Ouais. 15 premiers jours, ça arrive à peu près au bout du 10e jour, je pense.
Bon là, tu te dis euh qui dors ils doivent s'activer un petit peu. Mon fixeur a dû donner l'alerte. Le plan A, plan B, plan C ont dû donner l'alerte.
Euh, j'ai pas de radio, j'ai pas de moyen de savoir ce qui se passe. J'imagine, je sais que j'étais pas dans l'avion le 10 le samedi d'Ortur Bamaco. Je sais aussi que ma compagne avait des directives au cas où ce genre de situation allait se passer.
Donc, je sais que bah le Kidor, le mae est au courant. Je sais que ma famille est au courant normalement. Après, je sais pas quelle réponse il donne à ça.
Je sais pas comment ça se passe. Mais c'est vrai quand j'entends la première fois des drones passer au-dessus de moi, je me dis bah tiens, c'est peut-être une réponse, peut-être qu'il y a quelque chose. Quand je les vois sur les dents, je dis bah tiens, peut-être que ce soir il y aura je l'espère, il y aura une intervention.
Elle ne vient pas, il se passe rien. Donc tu as pas de montre, tu apprends à lire le soleil et tu ça va venir un peu après ça le soleil mais rapidement il faut Ouais. Moi, il y a il y a un réflexe qui se met en route tout de suite.
Ça je m'en souviens et ça c'est au bout du 4e jour. 3 4 Ouais. 4e jour, je dirais c'est "Je sais que je vais perdre les dates.
Euh je sais que j'ai pu savoir et puis il me il me provoque un peu." On est quel jour ? Tu sais quel jour on est ?
Hein ? Ils veulent jouer de cette confusion. Enfin, ils aiment voilà se meter un petit peu ce et et je me répète la date tous les jours.
Ça c'est un c'était mon rituel du matin me levant me donner la date exacte tous les jours. On est je sais pas alors donc le le 10 avril 2021, on est le 11 avril et trois fois. Trois fois parce qu'au bout de trois fois, il paraît qu'on mémorise et je me fais ça tous les jours pour pas être déboussolné.
Ça va les étonner d'ailleurs quand il me pose la question, je peux répondre exactement la date. L'heure, pas encore mais après ça vient le soleil c'est quand même assez facile. Vous commencez à avoir l'heure aussi et puis à savoir où est l'ouest, où est où est l'est, où est le nord, où est le sud.
Ça aide quand on se déplace. Vo là, ils ont compris que tu étais pas militaire. Ça va mettre 1 an pour que le ils acceptent enfin ou ils croient enfin que je ne suis pas un militaire.
Ça va être à peu près un an parce que je pense qu' ils sont renseignés enfin petit à petit parce qu'au départ alors oui, j'ai pas dit moi je subis des compressions. Donc la personne le fameux Mos là qui a un supérieur sur le camp, ça se voit très vite et qui croit que je suis un agent va se renseigner et va revenir une autre fois en me disant écoute on sait que tu as deux bureaux à Bamaco. Écoute mon gars, moi je suis pigiste.
Deux bureaux c'est le luxe. J'ai pas deux bureaux à Bamac aussi. Si il y a un bureau où tu reçois où tu reçois les gens et un autre où tu il t'amènes les informations, les documents machin et cetera.
Mais ça crée une peur très forte chez moi parce qu'il me disent on a parlé à des gens qui te connaissent. Donc c'est peut-être quelqu'un dans mes contacts qui désinforme. Mais cette désinformation elle peut avoir des un effet terrible sur le terrain là où je me trouve.
Je veux dire c'est elle crédibilise le fait que je suis un agent. Et ça c'est quelque chose qui me fait très peur. Je me demande tout de suite qui dit ça et comment je peux me sortir de là.
Donc là ils disent tu as une sacrée couverture parce que bon tu as deux bureaux. On voit que tu es journalistes que tu fais des papiers et ainsi de suite. Il me montre des documents aussi.
Enfin, il me montre des documents, il me montre pas mais il me parle de documents. Donc ça veut dire qu'ils ont eu accès à à mon téléphone ou je sais pas. Il me montre un document où je suis sur la photo avec un leader d'un d'un groupe armé, d'un groupe ex-rebelle de l'exrébellion et c'est qui est un de leurs ennemis qu'il recherche activement et ça aussi ça devient un problème.
Donc tu connais ce ce chef du groupe armé donc tu peux nous dire où il est. C'est un ami à toi donc tu tu travailles avec lui hein parce que nous on sait que lui travaille avec les Français. Enfin bon et ça amène toujours, ça vient nourrir cette réputation que j'ai cette idée que je suis un agent au service de la France.
Toi tes justifications par rapport à ça c'est quoi ? Tu leur dis euh bah elles sont minces. Moi, pour moi, c'est voilà, je suis journaliste, je publie aller sur internet, je leur donne même des noms d'articles, allez sur tel site, tel site, allez voir dit SV.
Non. Non non, c'était pas Non non, c'était pas Ça marche bien hein. Et euh et ça marche pas.
Enfin, je le fais, je sais pas s'ils l'ont fait mais en tout cas ça marche pas. Au départ quand je leur dis ça, c'est pas Je crois même qu'une fois on a prétexte "Oui, mais ça ça peut être des faux articles, ça peut être ta couverture, on a pu mettre des faux articles." Enfin, je me sens je me sens acculé quoi.
Je vois pas de porte de sortie par rapport à ça. Tu as pas essayé un peu de casser du sucre sur le dos de tes confrères ? Non.
Non mais je me souviens d'une discussion, je crois que je le mets ça aussi dans le livre, je me souviens d'une discussion avec eux. Enfin, c'est eux qui comment le livre ? Prisonnier du désert, 700 jours en main d'Al-Qaïda.
Et il y en a un après-midi comme ça, il va vers moi, il me dit "Mais tu as de l'argent toi ?" Et j'ai dit "Eh bon non, enfin pas plus que ça. Il se trouve que je devais emménager dans une maison avant d'être kidnappé.
Donc bonne partie de l'argent était parti en caution, ameublement, machin et cetera. Et il me dit "Mais si tu dois avoir de l'argent, tu es français, tu as de l'argent. Euh et je tente un truc, je dis "Ouais 3000 € ça va." Les clad me dis "Non, non, beaucoup beaucoup beaucoup plus." Il me dit "Si si tu as de l'argent, tout s'arrête.
Si tu as de l'argent, tout s'arrête, on te libère, c'est fini." Et je lui dis "Bah non et puis je sors comme ça spontanément, j'écoute moi non, je suis pigiste, je travaille pour des médias, je suis pas Serge Daniel." Elle me dit "Qui." Serge Daniel qui est un grand journaliste malien et il me dit "Ah Ser, tu sais où il habite ?
Tu sais où il est ? Tu peux tu peux nous aider, nous donner l'information et dans ce cas-là, on peut faire l'échange. On te on te libère et on prend Serge Daniel qui a de l'argent.
Je suis à bassourdi par ce truclà et voilà. Donc ça combien ça vaut un notage français euh paumé dans le désert ? Alors il y a il y a il y a une sorte d'argus.
Moi je l'apprendrai plus tard. Ça tout dépend de la nationalité. En tant que français, il m'informe de ça.
En tant que français, moi je vaux 100 millions, pas moins. Un italien 5 millions, je serai après plus tard. On en parlera certainement avec un africain du Sud, un sud-africain euh allez 6 millions au départ mais ça peut descendre à 3 millions.
Ils ont une sorte de de de d'argus de des des savent à peu près c'est pas la première fois hein. Ils ont ils ont reçu des rançons. C'est bizarre, on voit pas d'otage russes.
D'otage russes. Alors on en parlera après. Des otages russes.
Tu Wagner, c'est ça ? Non non. Des Russes journalistes qui se sont kidnappés.
Ah non bah non. Tu sais pourquoi ? Non non non.
Pourquoi c'est dangereux de payer de de prendre un russe en Afrique ? Euh pourquoi c'est dangereux ? Je sais pas le FSB ou le comment ils appellent ça le service extérieur le grou.
Ouais. Ouais. Gru.
Ils viennent chercher qui ? Ils viennent chercher la sœur du djihadiste, le père du djihadiste, la mère du djihadiste, l'imam du djihadiste et ils font bah c'est très simple. Ah ou première semaine, on va t'envoyer les mains puis on va voir si notre compatriote ressort.
Ah c'est une stratégie la peur de changer de camp. Eux, ils font très peur, ils font beaucoup d'exaction. Il faut faire donc plus d'exaction pour que la peur change de camp.
Mais ça c'est pas merde la DGSE, c'est pas c'est pas c'est pas que la Panagé russe mais ça c'était une stratégie sur le terrain qui était qui était là au Mali en tout cas à l'époque où où j'y étais qui était parler des popof un peu ou pas du tout ? Ça va venir après ça parce que Wagner ça arrive fin décembre 2021 début 2022 et moi j'en entends parler alors il y a du temps, j'aurai une radio d'ici là j'en entends parler à la radio, je le découvre voilà comme eux mais ça les a jamais vraiment inquiété, ils y croient pas et quelque part moi j'y crois pas non plus mais comment une force mercenaire pourrait faire ce qu'une force régulière comme l'armée française la force barcagne qui connaît hein la la force bacane n'est pas arrivée quand quand qu'en 2014 la France est là depuis un moment elle a ses réseaux elle sait faire c'est une armée elle était équipé, comment pourrait-il faire mieux ? Donc j'y crois pas moi non plus.
Bah parce que les mercenaires n'ont pas le droit international à respecter. Non mais qui pas le droit mais il faut quand même du renseignement, faut quand même pouvoir est-ce qu'un un un mercenaire de Wagner peut détecter au milieu d'une foule de Touareg dans un village Toareg qui est djihadiste, qui est un ex-rebelle, qui est commerçant qui vend des chameons ? Le fait de pas de respecter pas les droits de l'homme, toi tu es capable de le faire ?
Euh alors ça va ça va venir ça va venir petit à petit parce que ils ont il y a les motos, il y a la il y a beaucoup de choses mais euh mais je crois que c'est c'est très compliqué et c'est pas je pense pas que les Russes soient plus forts que les Français là-dessus. Euh tu vas m'excuser une seule une petite seconde si tu m'as fait boire trop de café. Il faut que j'aille faire un petit tour juste une seconde.
Je vais te poser une question. Tu sais que je t'entends euh je vais te poser une question et tu vas me laisser 30 secondes ou même 45 secondes tu vas meubler pendant que je vais t'abandonner. Parle-moi de parle-leur à partir de quel moment tu t'es dit je me barre ?
Tu t'es mis en mode prison break à dire la petite agrafe, je vais la mettre dans ma poche. Ça, je vais le mettre dans ma poche. Le stylo, je vais le mettre dans ma poche.
Je vais faire un trou sous ma paillasse pour planquer tout ça. Et je vais me faire un plan à analyser Youssouf qui part à telle heure, qui fait sa sieste à telle heure, qui mange machin. S'il y a une plante du désert que j'ai appris, je vais me faire un petit cocktail que je vais mettre dans la marmite, ça va tous les faire dormir ou je vais ramasser des aiguilles, je vais lui planter dans la jugulaire, je vais essayer de me barrer.
Je te confie le le crachoir juste une infiniment désolé mais c'est c'est ta faute. Trop de café. OK.
D'accord. Bah tout part d'une tout part d'une information en fait que je vais obtenir d'un chef dihadiste qui me garde qui m'a gardé pendant 15 jours qui s'appelait Alassan. Et ce ce chef djihadiste en fait il me donne la réponse que j'attends ou du moins il m'informe sur une réponse que j'attends.
Cette réponse c'est celle de la lettre que j'ai envoyé à cet émir d'Al-Qaïda il d'Agrali et il me dit "Écoute la lettre on l'a bien reçu mais euh ici les réponses mettent du temps. Tu es un français on n' pas votre tempo. Peut-être que voilà pour l'instant ils te font pas confiance et il m'explique qu'en gros faut laisser passer 5 6 mois et que dans 5 6 mois si tout va bien il pourra pousser pour moi relancer en gros cette lettre et je je comprends tout de suite que je vais rester 5 6 mois encore au tâage dans ces conditions de vie avec eux et c'est là je crois que c'est ça le déclic qui me fait me dire OK maintenant il faut que je trouve une autre voie de sortie une autre sortie il faut que je repère faut que j'observe pour pour m'évader et ça va devenir une sorte d'obsession.
Je crois que ça a commencé le lendemain où j'apprends ça directement le lendemain. Je me souviens que c'était la fête de Laï. Ouais, c'est ça.
C'est la fête de Laï. Donc ils se sont occupés sur le camp, ils se font à manger, ils ont des euh ils mettent des beaux basins, c'est la fête, pour se pour se détendre et pour se divertir. Ils tirent sur des sur des canettes, sur des bouteilles et puis après ils font la sieste.
Et ça va être ma première action, on va dire euh pour dans dans l'idée de m'évader. Et cette action, c'est euh de l'endroit où je suis, me rendre au pickup qui est à peu près à une centaine de mètres pendant qu'ils dorment, ils sont au milieu et euh essayer d'aller jusqu'au pickup pour trouver une clé parce que j'ai une chaîne quand je dors le soir, une clé de serrage, la ramener, la planquer et puis le soir quand ils dormiront pouvoir pouvoir m'évader. Et je crois que c'est la première action que je fais en fait d'évasion et ça va ouvrir toute une séquence que j'appelle dans le livre justement voilà la séquence des évasions.
J'ai tenté quatre fois de m'évader et tous mes efforts vont être tournés vers ça. Tous mes efforts vont être tournés vers ça. Quelles étaient les mesures de rétorsion quand tu te faisais attraper ou quand je me suis jamais fait attraper sauf la dernière fois.
C'est-à-dire moi, j'ai dû faire quatre tentatives d'évasion sèche. J'ai envie de dire. Bon, les trois premières, je revenais parce que j'étais pas prêt différentes raisons.
La première elle était elle était c'est arrivé de façon impromptue. La personne qui doit m'enchaîner le soir n'a pas de clé de serrage. Il fait un mic mac rapide pour me faire croire qu'il sert mais je comprends qu'il en a pas.
Donc il part, j'ai dans l'idée de m'évader depuis un moment hein, depuis maintenant quelques semaines, mais je suis pas prêt. J'ai pas j'ai pas mis deux trois gâteaux de côté, j'ai pas assez d'eau et euh et puis commence le le ciel est d'ancre, il commence à pleuvoir. Mais je je dois saisir l'occasion, tant pis, j'y vais.
Je me libère de ma chaîne le soir facilement, elle est pas serrée, je j'arrive à sortir de la forêt dans laquelle on est, qui est au milieu donc d'un désert. Il faut savoir que la plupart des arbres dans les Wadis, c'est des arbres à piquants. C'est des piquants très voilà.
Et ça ne pose pas de problème parce que la terre est meuble. On est sous les bois, on est dans le sous-bois. Mais dès que je sors c'est un désert de cailloux, on a des sandales.
J'ai des sandales et toutes les épignes qui se sont logés dans mes sandales à ce moment-là, elles me torturent les pieds, me vrigu les pieds, elle me elle me transperce les pieds. Et il y a une question de temps, quand on s'évade, faut pas mettre 3 he pour faire 100 m, quoi. Et là, je comprends que ça va être compliqué.
Ça divise ma vitesse de mouvement par deux ou par trois et puis je pompe l'eau que j'ai. J'ai qu'une moitié de bouteille, j'ai pas j'ai pas prévu et je je pompe je pompe l'eau et au bout je sais pas ça a dû durer, j'ai dû j'ai dû essayer comme ça 30 40 minutes. Puis au bout d'un moment je rentre, je peux pas, je sais que ça va pas marcher parce que moi la distance le peu de distance que je vais faire le lendemain matin, même quand ils vont se réveiller, même si j'ai allé 3 4 heur d'avance, ils prennent la moto en 20 minutes, ils sont sur moi et donc je rentre, c'est la première grosse déception.
Je rentre, je je pas je rentre tard et puis il y a la peur aussi enfin il y a une situation assez spéciale, c'est que je rentre dans une forêt. Donc il faut imaginer, vous êtes dans un désert, vous avez une grande forêt qui s'ouvre devant vous. Je me souviens qu'il y avait une colline et euh vous ne savez pas où vous dormez dans cette forêt.
Dans quel point, on sait pas parce que l'idée c'était de partir, pas de revenir. Et heureusement quand je m'entraîais, je m'entraîis en face de cette colline. Donc je savais que si je faisais le tour du bois et que je me mettais face à la colline et plutôt dos à la colline en continuant tout droit et en tournant comme ça dans pleine nuit he nuit noire, je devrais tomber normalement sur l'endroit où je dors.
Et alors on est dans les sous-bois, ça craque, il y a des branches, il y a plein de choses. et je vais mettre je sais pas pour sortir du bois j'ai dû mettre allez un quart d'heure 20 minutes pour rentrer. Je vais mettre 2 he ou un truc comme ça parce que vous faites j'étais obligé de faire des pas faut pas qu'il y ait ça c'est des pas donc il faut qu'il y a on attend tu marches comme danse.
Ouais voilà un peu. Voilà c'est un peu ça et ça ça met du temps et il y a le stress il y a des bruits puis on a peur d'être tiré dans la nuit. Eux s'ils entendent ça ils se réveillent puis ils ont l'ordre hein.
Je l'apprendrai plus tard. euh s'il y a du bruit dans la nuit, s'ils entendent quelque chose, ils tirent d'abord, hein. Donc c'est c'était c'était c'est le premier échec d'évasion euh de mon fait et euh qui va mener à d'autres.
Alors il y a d'autres évasions. La deuxième fois, j'annule aussi parce que j'ai repéré pendant la journée la route et cetera. Je fais toujours ses balades, hein, sous prétexte de me dégourdir les jambes.
Je fais ses balades, je repère la route et je découvre une route au bout d'un moment. Et je me dis c'est génial, c'est un peu long pour y arriver mais je la repère. Mais je la repère de jours et je m'évade de la nuit.
Et la nuit, c'est pas du tout pareil que le jour. Je reconnais pas les routes, je me perds. Ça, je fais énormément de bruit.
Je comprends aussi qu'il y a pas forcément que notre camp, c'est un bois dans lequel vont les djihadistes. Nous, on est dans un camp mais il peut y avoir un autre camp de djihadiste à côté. Et là, ça me paralyse.
Finalement, au bout de 2 heures et quelques, j'arrive à trouver cette fameuse route et quand je l'emprunte, elle est elle est jonchée de détritus, d'arbus qui me signale en gros qu'elle a pas été empruntée depuis longtemps. Donc, il y a aucune chance de trouver un camion, un véhicule, une moto qui passe par là qui pourrait me prendre et m'amener comme je l'espère au camp des forces internationales en très peu de temps. Donc là, je rentre pareil.
La troisème fois, on a bougé. Alors, il faut savoir qu'il y a une succession. tous les 15 jours, il se relève, hein, on bouge, hein, j'ai pas dit ça.
Et euh il y a une une occasion qui va qui va faire le laron, qui va me permettre de de faire ma troisème évasion, c'est qu'on me donne, je sais plus pourquoi, on me donne une bâche. Ah oui, c'est pour la saison des puis on me donne une bâche en plastique et moi, faut que je me prépare le soir. J'ai pris un pantalon que j'ai noué qui me sert de sac à dos dans lequel je mets un peu de bouffe, un peu à boire des bouteilles.
Et bon, je peux pas faire ça au grand jour. Faut oublier que si je suis là, eux sont à quelques cinquantaines cinquantaines de mètres et qu'ils ont eu sur moi. Et je je fémine de me construire une cabane et j'utilise cette bâche pour faire un toit, ce qui me permet de me cacher d'eux et le soir pendant qu'ils dorment, je me mets à genou lentement.
Alors tout ça prend énormément de temps, faut pas faire de bruit. Lentement, je charge mon sac, je me prépare, je me mets à genou et au moment, alors ça prend au moins une heure. Au moment où je suis prêt à sortir de cette cabane de fortune, il y en a un qui se lève, il va pisser.
Don, je dis "OK, je reste je reste à genou." il va pisser, il va aller se rendormir. Et je l'entends qu'il se remet sur sa date, il sort son téléphone et puis il commence à à rester sur son téléphone.
Et là, j'attends, j'attends, la fatigue vient, le stress et je me sens, j'ai plus la force, je me sens plus capable de le faire. C'est trop tard aussi parce qu'il y a un certain temps hein, il se lève à 5h du matin pour les ablutions, 5h30 pour pour prier. Donc en gros le timing c'est vous quittez le camp à 10h, vous avez en gros le maxi maxi jusqu'à 1h du matin pour trouver un véhicule parce que c'est ça l'idée hein, c'est en 5 points les plans d'évasion et si c'est pas le cas il faut vraiment commencer à s'inquiéter parce qu'on est là dans la partie matinée, il est 1h 2h du matin dans 3h ils sont ils sont levés.
Comment qu'est-ce que je fais ? Et donc là je suis trop fatigué, j'abandonne. J'apprends aussi sur le camp toujours.
Je pose des questions, je je m'habitue plus. Euh, j'enlève parce que j'ai bien compris le coup du bruit des des craquements sous les bois. Donc, petit à petit pour la 4e évasion, je nettoie sans avoir l'air de nettoyer.
Je je prétextais que j'avais besoin de d'aller chier ou d'aller pisser loin. Ça me permettait d'aller beaucoup plus loin, de de pousser les branchages et tout et cetera. Donc, je construis euh bon, normalement la route qui va me permettre de me barrer.
Et surtout, j'écoute j'écoute les véhicules, j'écoute les camions. Euh, ils sont là, il y a une route donc qui passe par là et tout et cetera. Il se trouve que il y avait du bruit.
Les camions, vous les entendez beaucoup au début du mois et à la fin du mois. Début du mois, milieu, 15 jours après, milieu du mois, fin du mois. Je pense que c'est le roulement des approvisionnements qui viennent d'Algérie, qui viennent du Niger, qui viennent de Mauritanie dans les petites boutiques qui est un peu partout, hein.
Donc, je savais à peu près la date pour ça. Et et donc le la 4e évasion, elle est préparée celle-là. Je suis avec des bons dormeurs, les mecs dorment bien.
J'ai fait le test quand il dormait, je me suis rapproché comme ça pour demander quelque chose de l'eau et cetera et je suis au-dessus d'eux. Il y a les armes pas loin et il y a rien. J'ai super ceux-là ils dorment, c'est fantastique.
Et le soir venu de cette 4e évasion, je sors, paf, sans problème. Pas de bruit dans le sable parce que j'ai enlevé, j'ai préparé la voie. Euh et puis j'y vais, je pars et je me rends vers l'endroit où je crois qu'il y a une piste et où devrait y avoir des camions.
Euh j'y arrive à rien, il y a rien du tout. Mais par contre, j'entends des camions beaucoup plus loin. Je me dis merde, qu'est-ce que je fais ?
Donc j'y vais, je prends la route et puis j'ai beau marché, j'ai beau marché, il y a pas de pistement, il y a plus de camion et je sais plus comment m'orienter. Je suis perdu, je sais plus où est le camp. Je me demande si je vais pas tourner en rond et revenir comme un comme un con sur le camp.
Je sais pas m'orienter avec la lune. Donc idiot, je suis la lune. J'ai qu'à suivre la lune mais la lune elle fait tourner en rond.
Tu es journaliste toi, c'est sûr. Et au bout d'un moment, je suis crevé. Je suis crevé et j'ai une petite couverture rose fuchia, je me souviens avec moi.
Ouais. Ouais. Je l'étale au pied d'un arbre.
Puis je me dis, je vais dormir de 3h, je suis vraiment crevé. Et demain matin très tôt, demain c'est mort hein, je sais que c'est mort. Euh demain matin très tôt quand il fait l'a j'y verrai clair, j'aviserai une montagne, un wadi puis j'irai me planquer quoi.
Et je dors pas de la nuit parce que je sais que c'est mort. J'ai dépassé la le truc. Ils vont se réveiller dans 3h.
La première chose qu'ils vont faire c'est prier puis après ils vont aller m'enlever ma chaîne, ils vont aller sous ma tente et puis ils vont voir qu'il y a personne. Donc au petit jour blè dès que le le le soleil se lève, je suis debout. Il faut plan faut me planquer.
Faut faut faut que je me planque. Je marche, je marche et je vois une j'entends des grondements et je vois une un nuage de poussière au loin. J'arrive pas à le croire et c'est un camion ce que j'ai cherché toute la nuit, je le découvre au matin.
Alors là, je cours vers la piste. Le camion arrive, un gros camion, je me souviens, je l'arrête. Euh je je vais à la fenêtre, il y a deux je me souviens deux un conducteur, un passager, le passager, un chèche vert.
Je rougis, il me regarde, il semble super étonné. avec ta couverture fuchia. Ah non, la couverture est rangée et d'ailleurs mon j'avais planqué mon balluchon dans un ta et je je suis sur le bord de la piste et puis je commence à leur dire s'il vous plaît prenez-moi avec vous, prenez-moi avec vous et cetera et puis le le bon je vois qu'il parle pas français, je fais quelques mots que j'ai j'ai pu grappiller avec eux et c'est hatif ça veut dire prisonnier.
Atif monde et je dis flin sur flin surfatif. Et là les mecs changent totalement de regard. J'ai l'impression que j'aurais pu peut-être les convaincre mais là il change de regard direct.
Le regard change totalement. Il me fait "Ah non non non non non." Et puis là, j'ai une peur qui me prend d'un coup.
Je me dis "Ces gars-l, je sais pas qui sont, je sais pas s'il travaillent avec les autres. Ils ont une radio, je sais pas ce qui va se passer et j'ai qu'une envie, c'est me tirer." Donc il continue, je passe par le tailli puis je vois que le le mec où si chèche vert regarde ma direction.
Je prends mon balluchon puis j'avise une sorte de colline. Il y en a beaucoup comme ça, des collines de sable ou de Et je me dis "Je vais aller là-bas. Je vais griller mes dernières forces, l'eau que j'ai, je vais aller là-bas et puis je vais me planquer et quand parce que le soleil commence à monter hein, faut faut c'est le désert.
Donc à midi, on se planque, on se met sous l'ombre normalement. Là, je sais que je vais pas pouvoir marcher comme ça indéfiniment. Je grille mes ma dernière mes derniers ma dernière énergie à aller sur cette colline.
Je suis vraiment crevé. Je me mets sur le versant, j'avise des taillis, je me mets dessous, je je mets ma ma couverture rose, je m'étale dessus. Je suis vraiment crevé.
Je me dis je vais puis j'ai plus à boire, j'ai plus trop à boire, j'ai plus trop à manger et je sais pas, peu de temps après, j'entends des brombissements, enfin j'entends une moteur d'une moto quoi et je suis je suis quasiment sûr, instinctivement, je je suis quasiment sûr ce sont ils doivent faire des patrouilles pour me trouver. Et je me lève comme ça pour voir et je vois une moto qui vienne dans mon sens. Je suis sur une pente, hein, sous détaillé mais sur une pente.
La moto passe, alors je me je me plaque sur le sur la couverture. La moto passe à côté, je me souviens, je les vois passer et je les reconnais. Je reconnais je reconnais les deux jihadistes qui me gardaient.
Je vois la moto qui passe. OK, ils m'ont pas vu, c'est cool. Et puis bon ben vous prenez de la hauteur, vous son en moto, il il tournent, ils redescendent.
Il suivaient les traces, c'est des pisteurs. Et puis là, il voit un gars même sous les taillis étalé sur une couverture fuchia, quoi. Et euh tu prends un coup de cross, tu fais qu'est-ce qui se passe ?
Bah il déboule. Moi je me souviens tout va très vite he moi dès que je les vois débouler alors j'essaie de les enfin le mec déboule il sort de sa moto, il cherche son son sac àov et il vient vers moi. Là j'éclate en song non mais non enfin tu vois je enfin c'est très émotionnel on va dire très émotionnel et il veut rien entendre je me souviens que là mes lunettes ont été cassées on m'a on m'a mis un chèche autour des yeux et puis on me on me fait mettre à genoux je me dis c'est l'exécution quoi. et j'entends l'arme qui se charge et puis rien ne vient après.
Moi, je me souviens d'avoir pensé à un truc, c'est assez dingue dans ces situations là. Euh moi ce qui me faisait peur, c'était voir le fusil braquer sur moi et attendre le coup de feu. Mais par chance, ils m'ont mis le bandeau sur les yeux.
Donc je ne vois rien et une balle, ça va vite. Au moment où j'entendrai boum, je serai mort quoi en fait. Et je me dis c'est bon, c'est cool ça.
Je vais pas voilà je vais pas te confronter à ça. Au moment où ça va, c'est fini, tant pis. Voilà, c'est fini.
C'est rapide et rien ne vient. Rien ne vient. Et euh et j'entends j'entends après qu'on me dit ha qui en ve dire tiens tiens et je comprends pas.
Et comment tu dis en arabe ? En arabe je sais pas. En Tamashek c'est roda roda roda.
OK. Bon là c'était c'était du tamc et tiens tiens comme si on tendait quelque chose. J'ai les yeux bandés et puis je sens le contact la peau, l'outre l'eau fraîche et je peux pas la prendre.
J'éclate en sans l'eau. Là, je me je mefie sur le sable. On me on me prend comme un paquet, on me met derrière une moto, on part vraiment très vite.
Je je manque de tomber de la moto. Je pense que là, ils étaient super énervés, ils en avaient rien à [ __ ] Et je me demande si on m'amène à la mort. Mais je me dis en même temps parce que c'était quelque chose, ça j'ai oublié d'en parler, mais évidemment quand on fait une tentative d'évasion, on essaie d'estimer à peu près les chances qu'on a.
Et bien sûr, le pire, que se passerait-il si je me fais attraper ? C'est ce qui m'arrive là. Et je me dis mais mon raisonnement c'était OK, tu as de la valeur, ils veulent te monayer, ils veulent faire quelque chose avec toi et cetera.
Est-ce qu'on tuerait quelqu'un qui vaut ? Ils m'ont dit 100 millions. Est-ce qu'on est-ce que vous tueriez quelqu'un que vous avez kidnappé qui vaut 100 millions ?
Bah moi, j'ai envie de dire non, mais j'en sais rien parce que en même temps, j'ai travaillé leur confiance et tout et cetera. Et ils vont me ramener au camp, ils vont me balancer dans la tente. J'ai plus une chaîne mais deux chaînes qui vont sceller avec de la colle glue et du sable.
On m'enlève, j'ai plus de chaussures. Faut faut se rappeler que sous les les sous-bois, c'est que des épines. Impossible de marcher si vous avez pas de godasse he dans ce trucl.
J'ai plus d'eau. Euh j'ai j'avais une tente qui m'a permis de faire mes préparations sans qu'il me voit. Il dépilote toute la t, je je suis central, on ne voit que moi.
Et puis le le le le traitement va totalement changer. Là, je les ai trahis. Surtout, je crois qu'ils m'en veulent parce que ils s'y attendaient pas.
Ils s'y attendaient pas. Je pensais pas que j'étais capable de de de voilà, j'étais plutôt voilà, je je faisais l'échange, je posais des questions, j'étais curieux, je faisais ce qu'on me disait de faire et ils sont été trahis. Ils ont été trahis par un coufard, par un infidèle.
Et ça ça c'est je pense que c'est ça que les amis vraiment rognent. Et on va très vite me signifier que si je refais quelque chose comme ça, on me le dit, c'est c'est je suis zigouillé tout de suite là, il y a pas de seconde chance. Et bon, évidemment que je prends ça en considération.
Je suis très en colère aussi en même temps d'avoir échoué encore de de me retrouver pire encore pire au même point mais dans un une situation pire et euh ouais je me souviens d'une grande grande colère et ils me mettent deux chaînes aux jambes. Je me souviens pour que éviter que je m'entraîne. Maintenant ils veulent plus que je m'entraîne, il y a plus de sport, il y a plus de passe droit, il y a plus rien.
Et je prends un malin plaisir à m'entraîner avec les deux chaînes. Ça je me souviens de ça. Gling gling gling gling.
Le bruit de la chaîne. Ouais, le clicit de la chaîne. Ça, je connais bien le clickit de la chaîne.
Et euh tu sais comment tu reconnais un homme libre ? Ben, il a pas de clic avec lui, je pense. Non, reconnait un Il a pas de chaîne en fait.
Euh et là, je rentre dans ce que j'appelle une période où où il y a il y a beaucoup de méfiance, de défiance envers moi. En fait, je suis je suis vraiment je suis très mal vu. On me laisse on me sert au cordau.
Vraiment, on voilà, ils me font plus du tout confiance. On vient me visiter deux à trois fois dans la nuit avec une lumière dans la gueule pour voir si je suis toujours là. Euh avant avant tout ça, tu avais intercepté une lampe de poche pour faire des signaux dans la nuit.
Alors ouais, j'ai passé un peu parce qu'il y a énormément de choses tout ça énormément pr des notes sur des bouteilles de lait. Comment ça se passe ? Alors, il y a beaucoup de choses.
Ouais, la lampe de poche, je l'ai eu euh Ah oui, la lampe de poche, ça vient de la bouffe parce qu'ils sont réglés euh au niveau du temps et le soleil se couche tôt à 18h30 tous les jours, le soleil se couche et sort de la bouffe à à 19h. Donc, non seulement la bouffe est dégueulasse, mais en plus vous mangez comme un animal dans l'obscurité et ça semble rien comme ça. Mais le problème c'est pas la bouffe est dégueulasse, vous mangez dans l'obscurité très bien mais après il faut vous séparer.
Faut mettre de la distance entre l'euge dans laquelle vous avez mangé et l'endroit où vous dormez. Parce que vous êtes en pleine nature, ça grouille d'insectes. Si vous si je dors là et que je mets une assiette là, je suis un casse-croûte.
Et donc laver une assiette dans le dans le noir, c'est pas possible. à tel point et tellement dormir relativement bien est important pour moi, je refuse de manger. Donc au bout d'un moment, ça devient un problème.
Il dit "Mais donnez-moi une lampe de poche que je puisse bouffer. Au moins je peux laver, balarguer le truc." Enfin voilà, je vois ce que je fais quoi.
Puis même au-delà de ça, vous faites tomber des miettes, c'est pareil. Il faut vous faites tomber des miettes de pain, des miettes de riz ou je sais pas quoi, de semoule, machin et cetera. C'est pareil, ça fait venir des fourmis.
Il y a toutes sortes de trucs, toutes sortes de fourmis là-bas, toutes sortes de machins. Donc ça devient vraiment un problème pour moi. C'est pour ça qu'il m'offre une de poche.
Et c'est l'OM de poche, ça va me permettre, c'est vrai parce que j'ai fait quatre évasions, mais j'ai fait aussi après des tentatives de reconnaissance. Je m'évalais pas sèchement comme ça. Je Il y avait il y avait une un système, c'est des dormeurs, il dormait.
Donc le soir, j'avais la possibilité à force de faire du sport, petit à petit, le boulon où j'avais à la chaîne se dévissait. Donc au bout d'un moment, par surprise, je suis capable de me délivrer à volonté quoi. Donc le soir, j'allais faire mes reconnaissances et qui dormait.
Je montais sur la colline pour voir aux alentours avec l'idée que j'aurais peut-être vu des feux, un village, un campement, que ça aurait été mon ma boussole quoi. Puis il y a rien, on était en plein désert donc il y avait rien du tout. Donc je faisais des reconnaissants, je sortais la nuit et avec ma lampe de poche une fois quand on était planqué, il y avait des patrouilles pendant toute la nuit euh de drones, je pense de d'avion dans le ciel.
Donc je me suis éloigné du camp, j'ai pris ma lampe de poche. Je connais pas le morse mais je faisais des signaux. Ben non, tu le connais j'espère.
Non, toujours pas. C'est marrant ça. Je m'étais promis je m'étais promis de la prendre en plus.
Comment on va te la prendre ? Comment tu fais SOS en morse ? Ah je sais pas, je savais pas.
Trois petits coups, trois grands coups, trois petits coups. Trois petits coups, trois gros coups. Trois petits coups.
Bon ben si jamais ça se reproduit, j'auraiis ça en tête. Et euh et après tu cries Macron destination. et euh et je fais ces signaux et bizarrement comme quoi j'avais vraiment pas de chance, j'avais la la chouon comme on dit au moment où je l'ai fait, il y a plus rien, il y a plus rien dans le ciel, il y a plus aucun briller.
Donc j'essaie de faire des signaux machin. Bon, je rentre euh sous sous sous mon abri, c'est sous un arbre et et au moment où je me mets sous l'arbre, évidemment, ça repart comme la pêche. Ouais.
Ouais. Et euh et euh ce que je faisais la journée aussi, c'est donc faut faut savoir, on a je crois que ça s'appelle des borax si je me souviens bien, c'est ces grands arbres à épine. Vous êtes carrément, ils vous mettent sous l'arbre et vous êtes carrément sous un toit d'épine, hein.
C'est comme un parapluie d'épines. Et donc moi je me je me forais la journée parce qu'on a que ça à faire. Moi j'étais toujours dans tourner vers l'évasion, la préparation d'enlever toutes les épines pour me forer un passage pourir sortir de l'autre côté de l'arbre, paf, sur du sur du sable, l'étend du sable, puis me barrait puis je rentrais par ce petit tunnel.
Mais il fallait qu'il y ait aucune épine qui qui me transpers, qui machin et cetera. Donc ça ça a été un ça me fait penser à ça. Ça a été un gros focus.
Je sais plus quel était un J'ouvre une parenthèse. Donc toi ça fait combien de temps que tu travaillais au Mali à l'époque ? Ça faisait quoi ? 8 mois, 1 an 6 ans ?
Donc tu es tu es déjà tropicalisé, la bouffe locale te fait plus peur, tu manges dans la rue. Ça rien à voir avec la bouffe que j'avais là-bas. D'accord.
C'est le sud. Moi je suis dans je suis dans le je suis dans le sud, je suis à Bamco. Et donc là tu te retrouves avec la bouffe du désert.
Ouais. Tu as été malade une fois chèvre la dicentie. Ils t'ont donné des médicaments, pas de médicament.
J'aurais pu écrire, je l'ai pas fait parce que se torcher dans le désert. Ah non, même pas. C'est pas torcher, on se torche pas dans le désert.
On fait ça à la tourg hein. C'est soit avec de la flotte, si on en a, soit avec du sable. Mais euh non, on aurait pu, on en a parlé en plus avec mon codétenu, avec le le Sud-Africain, on j'aurais pu écrire un chapitre rien que sur euh couper les ongles, non sur les déjections, sur le fait d'aller d'aller chier dans le désert et surtout le parce qu'on sa qu'il y a un bouquin qui fait la même chose en forêt hein et c'est vendu à des millions d'exemplaires.
C'est vrai he je savais pas du tout parce que on ce qu'on mange évidemment a des effets sur nous. On a été malade incalculable de fois par le gras. Moi quand je dis c'est moi et mon codétenu, mon compagnon d'infortune Rert Jacobus Vivent, le citoyen sud-africain que je rejoindrai dans une prison, on en parlera peut-être après, une prison dans le désert.
Et donc ça c'est un effet sur nous cette bouffe. Évidemment, moi j'ai enfin je n'ai jamais défqué de la sorte dans ma vie. Vous voyez des trucs de dingue avec des couleurs et enfin c'est c'est c'est dingue.
C'est vraiment dingue. Et ça nous étonnait à chaque fois. On on com c'était c'était fou.
C'était fou. Tuas jamais fait l'Inde ? Non.
Tu devrais essayer. C'est pas mal. Ouais.
Alors ça doit être un peu pareil parce que c'était vraiment très très spécial. Vraiment très très spécial. Non non, on est malade.
On est malade. Et quand ça devient un peu important, quand ils sentent que c'est important parce que c'est eux qui le jugent, ils vont chercher des médicaments. Mais ça met un certain temps.
Les médicaments viennent d'Algérie généralement ou alors c'est peut-être quelqu'un, un chef qui en a. Puis on vous amène pas des médicaments spécifiques, on vous amène un sac de médicament avec plein de trucs dedans et il faut trouver son petit bonheur. Euh l'amoxicyine, c'est le truc, je pense le médicament antibiotique, l'un des médicaments qui utilise beaucoup et qu'on qu'on a que j'ai pu avoir.
Moi, j'ai eu des problèmes de peau, j'ai eu des problèmes gastriques assez dingues. Je j'avais la la chaîne qui tapait sur le la cheville. Donc ça me crée des vous savez des boutons qui deviennent des gros boutons pu quand vous c'était une des peurs d'ailleurs que si si on est malade si on est blessé si on est mordu par un serpent si on est piqué par un scorpion et cetera, c'est c'est pour vous comme on dit he c'est pour vous et Allah donc il y avait pas que la peur d'être avec eux de s'en sortir et cetera, c'était aussi survivre par par rapport à cet environnement qui était qui était hostile.
Donc en terme en terme euh de maladie, tu amènes un un sac de médicaments, tu as regardé ce qu'il y avait dedans, si c'est écrit en français, pas en français, comment ça se passe ? Non non, on a bah c'était avec un paramédique euh je dois le dire. Rertobus RERT Yobus Vy Venter est un paramédique sur l'infirmier quoi.
Donc il connaissait les médicaments, il avait des notions de soin et cetera et lui à chaque fois il lisait puis on avait envie de lire, il lisait les posologies, il lisait tout quoi. Donc on savait d'où venait mais on faisait ça pour tout hein, même pour le lait, pour la bouffe, d'où ça vient et cetera. Donc on on lisait tous les médicaments, tout toutes les la notice des médicaments.
Il y avait rien pour les faire dormir ? Non, mais une fois parce que moi je ce que je cherchais dans les euh dans les sacs de médicament, c'est s'il y avait du tramadol et euh tramadol genre en mode captagon ou en Ouais. Ouais.
Enfin le quelque chose, une sorte d'analgés, quelque chose qui vous fait aussi tenir. Voilà. Et euh et j'en ai alors j'en ai parlé, j'ai parce que je vais interviewer des toujours dans cette idée des journalistes, je vais arriver parvenir à interviewer des diadistes et je demandais mais est-ce que vous prenez du tramadol ?
Parce que nous, c'est ce qu'on se dit à Bamaco, c'est ce qu'il se dit. Voilà, il me dis non pas du tout. Écoute, on boit pas d'alcool, on fume pas, c'est pas pour prendre des des médicaments.
Mais pourtant, une fois après, un an après, je trouverai dans un de ces de ces sacs du tramadol. Et je dis "Ah, c'est marrant mais alors vous prenez du tramadool." Et je me souviens que le dijihadis qui était là l'a pris avec non, il l'a pris tout de suite.
Alors, je sais pas, peut-être que c'est pas ça n'est pas euh voilà, ils ne doivent pas en prendre mais peut-être que certains d'entre eux ils ont recours, je n'en sais rien. Mais il y a eu voilà ces deux ces deux choses. Donc ton codétenu, tu veux en parler ?
Ouais. Grande rencontre euh août août 2021 après la mauvaise réputation, après les après les évasions. Je peux te couper ?
Ouais. Le fait que tu sois noir, est-ce que ça t'a aidé sur place ou pas ? Le fait qu'il te mettent des chaînes tous les matins, tous les soirs, est-ce que ça t'a rappelé l'esclavage et ainsi de suite ?
Alors ça c'était Ouais. Ça c'est ça t'a ça t'a donné de la force. Ça m'a plombé.
Ça m'a plombé. Oui. Oui.
Ça m'a plombé. Ça m'a plombé parce que j'avais j'ai été kidnappé euh en y allant hein. J'ai j'ai été kidnappé, je suis enchaîné, j'ai l'impression donc déjà fait une belle connerie et en plus je me débrouille pour me mettre peut-être dans la situation des ancêtres amants ont dû connaître un siècle ou de et je trouve ça totalement Guadeloupéen.
Moi je suis je suis je suis Martiniquet. Martiniquet. Ouais, mais tout ça c'est la même.
Enfin, je veux dire, j'ai l'impression de revivre ça. C'est ça c'est dingue. Et d'ailleurs c'était un c'est un point de bras fort à la Martinique.
C'est un point d'honneur que je me mettais de pas m'enchaîner moi-même parce qu'au bout d'un moment, au départ, ils viennent de vous enchaîner puis après bon, on commence à se connaître donc ils sont un peu de vibant. Ils vous balancent les clés comme ça. Et je me suis jamais enchaîné.
Jamais jamais jamais jamais jamais jamais jamais. Et c'était par rapport à ça. Le fait que tu sois noir, ça les a ça leur a posé des problèmes ou pas ?
Non, j'ai pas en tout cas je l'ai pas ressenti. Ça a pas été un avantage. Ça a pas été un désavantage.
Si on les écoute, eux, ils me disent "Mais noir blanc, on s'en fout. C'est musulman." Voilà, cétait musulman.
Les musulmans, ils ont pas c'est pas une question de couleur, c'est question de religion. Avant qu'on parle de ton codetu, on va parler religion. Il priait quatre fois, cin fois, six fois, h fois par jour.
Les fois par jour. Il priait en quelle langue ? Ah, en arabe.
Comment ? Comment ça fait ? Oh, bismillah.
Alors, bismillah. Al hamdillah. Voilà, la prononciation, je l'ai pas.
Ils vont essayer d'ailleurs de me faire de me faire prier aussi. Oui. Oui.
Priq fois par jour. Ce qui est assez intéressant là-dedans, c'est que le savoir du Coran est très important. On pourrait croire que c'est le savoir guerrier, savoir tirer aux armes et cetera.
Non, non, c'est surtout ce qui est important, c'est connaître le Coran. Ils savent lire ou il l'an non parce qu'on leur a répété 25 fois sous l'arbre. Alors, il y a les deux.
Il y en a qui qui connaissent les textes mais ils veulent lire au bout d'un moment. Moi, j'ai vu des jeunes des jeunes djihadistes enseignés à des djihadistes plus âgés, quoi. Ça c'est marrant.
Et d'ailleurs, l'autorité peut être comme ça conférée à celui qui connaît le Coran. Donc, vous avez un jeune Talibé, un jeune djihadis qui a 18 ans mais qui sort de la Brasa, qui connaît le bouquin quasiment par cœur. Et alors lui, il est très respecté.
C'est lui qui mène la prière, met la calik en face de lui. Il est devant, les autres sont derrière et c'est lui qui mène la prière vers la mec. Ouais.
Ouais, la mec. Est-ce que ça prend d'autres forme ? Est-ce qu'il y en a un qui est venu un jour avec un Coran en lui disant "Vas-y, mon frère, je vais t'apprendre, je vais te mettre sur la bonne voie.
Comment ça se passe ?" C'est arrivé, c'est arrivé à l'automne 2021 la première fois. J'ai un Tu as sorti du saucisson, on va faire un apéro seulement.
J'ai un un dhadiste qui vient sur le camp et il vient me voir moi et il me dit comme ça tu toi toi tu vas te convertir, toi je vais arriver à te convertir. Et il me donne le Coran en m'expliquant bien parce qu'on est en pleine nature hein, comment je dois faire. Je dois le mettre sur des branches en haut.
Je dois me laver les mains, faire des ablutions avant de le toucher. Enfin, j'ai tout un rit à à effectuer avant moi, l'infidèle de toucher ce livre. Et il me dit, "Tu vas le lire et je reviendrai te revoir." Tu vas le lire en quelle langue ?
En français. On me l'amène en français. On va toujours amener des corps en français.
Et alors, c'est un Coran en deux parties euh que j'ai eu cette fois-ci, donc j'ai que les 35 premières sourates. Il me dira qu'il me ramènera il m'amènera les autres après et qui va repasser et qu'on va discuter et qui me dit "Toi, tu vas toi tu vas te convertir." Tu as donné un nom musulman ?
Oui, on va me donner un euh ça disparaît, ça s'efface. J'ai eu dans les premiers jours la caucase dont j'ai parlé, le caucasien va me donner un nom musulman. J'ai plus le nom là trop.
Mais on va m'en donner. Ouais. Après, ils vont t'appeler Zitoun.
Alors, Zitoun c'est spécial. Zitoun c'est Zitoun c'est spécial et c'est c'est quelque chose d'important parce que c'est un grand déclencheur pour moi. Ils m'ont ouvert une porte en fait.
Ça m'a donné une une possibilité de vivre cette captivité mieux. Mon nom est Olivier et eux ils le prononcent mal. C'est Olifieux, Olivia, Olivier.
Enfin, c'est c'est au bout d'un moment, c'est c'est agaçant, quoi. Et puis ils ont toujours ce enfin, ils comprennent pas ce nom, ils comprennent pas qu'on s'appelle comme ça, comme si c'était je sais pas comme si vous disiez, je sais pas, je m'appelle merde ou je sais pas quoi. Enfin, donc c'est agaçant.
Et euh et au bout d'un moment, je me souviens quand j'étais au lycée, j'avais un pote marocain qui me surnommait Zitouni. Zaitoun et je me souviens que ça veut dire Olivier. Je dis "Mais tiens, mais non, Zaitoun." Et là, ils sont tous étonnés. "Ah, Zaoun !
Zaitoun ! Zaoun ! Et ça c'est et au moment où je dis ça, je comprends en même temps que je me suis offert, je je me suis donné la possibilité de de comment dire ça ?
De créer une sorte de d'altère ego. C'est-à-dire à partir de ce moment-là, ils vont que m'appelerun qui n'est pas mon nom. C'est comme si je vous appelle Henri alors vous appelez un autre nom.
Donc il parle à quelqu'un d'autre et ce quelqu'un d'autre ça va être pour moi, je vais le déterminer l'otage en fait. Et moi je vais être ça ça me donner une position d'observatoire par rapport à Zetoun qui est Zetoun est la personne qui est qui est retenue. C'est la personne qui estage et Olivier Dubois est caché derrière Zetoun et peut voir ça donc avec une sorte de décalage.
Et ce nom qui est rien comme ça, ça va permettre ça et ça va ça va renforcer ma résistance pour le reste de la captivité foncièrement. La première année, tu as fêté le premier de l'an le 14 juillet Noël. Comment ça s'est passé ?
La première année ? Le premier Noël, je le passe avec donc Rert, le sud-africain dans les sables. On est dans un wadi sous les bois.
Il fait très froid dans le désert. Et oui, ouais, on va je vais mettre un point d'org à à fêter Noël et le nouvel an. Quand quand je dis fêter, c'est-à-dire que les pâtes, les macarons, les macarons macaronis sont un peu meilleurs que la veille et qu'on a, je crois qu'on peut boire un peu plus de thé ou qu'on a un peu plus de café.
Mais on voilà, on on se je me souviens qu'on a organisé un pique-nique quoi. On a pris les nates, on s'est mis sur le sable rayon de soleil où il faisait chaud et puis on a essayé de de pas penser à tout ça et de passer un bon moment. 14 juillet.
Non, alors ça je non non non mais j'ai rien contre le 14 juillet. Mais alors, j'ai pas pensé hein. Le le Noël, ça me faisait penser à ma famille hein.
Ça me faisait penser à mes enfants, ça me fait penser au sapin, à la bûche. Moi j'adore bouffer, j'adore cuisiner et ça ça raisonnait en moi. 14 juillet un peu moins quand même.
C'est quoi ton pl signature maintenant ? Oh, j'en ai tellement actuellement là, c'est des ramenes. J'appré faire des ramenes il y a peu de temps.
Très bon. ton j'allais dire ton colloque de Wadi les présentations ensuite se retrouver quelqu'un qui peut parler anglais avec toi. Qu'est-ce que tu as pensé tes émotions ?
Qu'est-ce que tu as ressenti ? La première fois que j'ai rencontré, bah je suis super étonné en fait parce que j'arrive alors il faut faut bien comprendre ça. Je passe des différents à au bout d'un moment on vient me chercher en voiture de gros djihadistes.
Les premiers gros des gros djihadistes gros enfin obèse. Obès ouais. Tu connais le proverbe africain ?
Non, méfie-toi du gros. Ah bah pour le coup, j'ai pas eu de problème avec eux. Quoi que j'en aurai avec d'autres après.
Mais ils sont Je suis assez étonné parce que pour moi, ils sont voilà, ils sont plutôt fites, ils sont plutôt mainres, mince. Et eux me transportent, sont chargés de venir me prendre pour m'amener, je le sais pas encore, dans ce qui sera une prison dans les dunes de sable. Et on n'est pas seul, on sera 11.
Donc moi, je ne le sais pas encore, le sud-africain et puis des des toeg des Tamaschek. Des toarg prisonniers. Ouais.
Ah ouais. et euh prisonnier euh moins bien traité que nous. C'estàd que nous on a une tente, eux ils ont des morceaux de toiles et des morceaux de bois des bruittois.
On est dans les dunes hein, donc on est sous le soleil. Nous on a une tente genre tente euh euh tente humanitaire voyez on peut rentrer à h dedans. On a ce gen heure de tente là avec des coû plus cher.
C'est limite c'est luxueux hein. Au milieu de ce désert quand on voit eux les conditions, eux ils ont un look je dirais Guantanamo. C'estàd qu'ils sont enchaînés pour certains autour du cou.
La taille, ça rejoint les poignets, ça descend au aux chevilles. Est-ce que qui ils connaissent le coin ? Est-ce que ils connaissent le coin ?
Ils sont plus apt à se bar. Non, je crois que c'est c'est par rapport à ce qu'ils ont fait rapidement. On va nous dire quand j'arrive dans cette prison, donc on on va nous dire que ce sont des jazzous, des informateurs et ça c'est vraiment très très mal vu.
Des gens qui ont qui ont renseigné Barcan, qui ont trahi, qui ont parlé. Et puis il y a aussi semble-t-il des contrebandiers et aussi nous diton des gens de de l'État islamique. J'arrive dans cette prison euh je sais pas où me mettre et l'un des des diadistes me dit "Est-ce que tu parles anglais ?" Je dis "Ouais, un peu." Et il me dit "Pece que lui aussi." Et puis il me désigne un justement une toile avec quatre pauvres bâtons comme ça, un m de haut avec un mec qui est glissé que je vois pas qui est dans l'ombre et et euh il me dit "Va voir, il parle anglais." Donc je vais voir, je excuse me, excuse me, you speak English ?
Et j'ai une sorte de géant qui s'extirbe comme ça du du du du de de sa couche de dessous cette toile faire plus d'un80 barbu yeux bleus enfin un nordique au beau milieu du désert quoi. Et je le vois je le reconnais pas je le reconnais pas dans le sens où je me souviens quand même des des des otages que détient Al-Qaïda à cette époque et lui je le remets pas, je sais pas qui c'est. et euh il se présente, c'est Rertakobus Vivent, le sud-africain et c'est la première fois que je le rencontre.
C'est comme ça que je le rencontre. Donc je suis super étonné. On n pas beaucoup le temps de parler.
On n pas beaucoup le temps de parler. On en gros on me dit où il faut que j'aille dormir lui on le renvoie à sa couche sous sa sous sa bâche et c'est le lendemain matin vraiment qu'on va pouvoir échanger et discuter et on le charge parce que j'arrive dans ce camp il y a moi et puis il y a la tente avec et on le charge de monter cette tente. Alors, on monte une tente qui est très grande au milieu de ce camp de prisonnier, étonnant un peu quand même les autres.
Et puis on arrive à convaincre les gars pour que lui arrête de dormir dans dans ce qu'il ce qu'il avait là et qu'il vienne dormir dans la tente avec moi. Et là, on va commencer à se connaître. Il va m'expliquer donc que il a été kidnappé le 3 novembre 2017 en Libye en se rendant parce qu'il travaillait pour une station électrique.
Lui, il est infirmier. Donc, c'était l'infirmier de la station en fait. Et sur la route, le menant à la station électrique, il va se faire il va y avoir une embuscade, il va se faire kidnapper, il va rester 8 mois à peu près avec une bande mafieuse, des bandits qui vont pas réussir à le le monayer.
Il était avec des Turcs qui eux vont être monayés et puis après ces bandits l'ont vendu avec des armes à Elkaida donc auim groupe de soutien à l'islam aux musulmans qui vont le ramener au Mali. Et il savait il savait quasiment rien quand je je le rencontre. Il savait un peu qu'il était au Mali mais savait pas qu'il détenait. connaissait pas ce pays et posait pas de questions.
C'est ça qui m'étonne moi qui me qui me stupéfie quand je le rencontre, c'est qu'il a accepté son sort et euh et qui veut s'en sortir comme ça. Il se dit bien qu'un jour quelqu'un viendra le chercher, qu'un jour il sera libéré et il attend. Il est docile, il fait ce qu'on lui dit.
Et moi je suis dans une dynamique tout autre. J'ai tenté de m'évader, je me suis fait attraper, on m'a menacé de mort. Je je je veux leur foncer compagnie mais ça va même plus loin.
Je veux leur foncer compagnie à 8 du mois parce que je me suis fait kidnapper le le 8 avril 2021. Tu pousses le bouchon un peu loin Mais non, mais il fallait fallait que je rende le je qu'à l'époque c'est c'est Zaun, c'est un autre personnage vraiment ça me fait froid dans le dos quand j'y pense mais il fallait que je leur rendre leur modé de la pièce, c'était ça le truc. Et donc j'avais j'étais j'avais le cerveau en ébullition, observer, regarder, trouver les failles et cetera.
C'était ça tout le temps. Et ça va être contagieux. Je vais alors ça va pas se faire facilement mais je vais le le l'amener à penser un peu comme ça et être un peu plus proactif et moins moins moins attendre.
Quand tu discutes en anglais avec lui, c'est un soulagement pour lui ? C'est pas un soulagement soulagement de de qu'il est quelqu'un enfin qui parle autre chose que Ouais. Si si si il me le dit rapidement.
Bah oui puis il parle pas en fait. Enfin il parle assez joli quand il va chercher à bouffer quand il parlait la langue locale ou pas du tout. Il avait fini par apprendre il avait une trousse de secours pour parler arabe un peu tchèc.
Ça a beaucoup m'aidé d'ailleurs parce que moi je continue à vouloir leur poser des questions. Je continue Comment on dit comment ça va ? Oh est-ce que je m'en souviens comment ça va ?
Non je m'en souviens même pas. dit bonjour. Euh marhaba, on disait maraba ou balire.
Maraba Ouais, c'est baler aussi je crois. Ouais. Ouais.
Enfin, on voilà, on avait moi au bout d'un moment d'ailleurs, je vais me faire un lexique quand j'aurai du un stylo et du papier, je vais me faire quelques mots comme ça que je peux dire. Et donc voilà, il on il est là depuis longtemps, il connaît, il sait comment ces gens-là fonctionnent et il peut leur parler. Enfin, bon, il peut tenir une conversation simple.
Et moi, je vois tout de suite la possibilité de via son entreprise pouvoir poser des questions non seulement évidemment à nos joliers, mais aussi surtout aux gens qui nous entourent, aux autres prisonniers. Les autres prisonniers en dehors des Toirg, il y avait d'autres nationalités ? Ça, on a pas réussi à le savoir.
La plupart des gens avec qui, je pense que la plupart des gens qui étaient avec nous étaient des toeg sauf un qu'on pouvait pas parler qui était le fameux 10-on de l'État islamique qui avait des rapports très orageux avec eux. Pour expliquer un petit peu, on a une distribution de bouffe deux fois par deux fois par jour et en plus de ça, vous avez le lait le matin, le lait en poudre, une sorte de grande en caclon là comme ça et puis ils font la ronde comme ça et à chaque fois qu'ils allaient voir un mec qui est derrière qui avait la radio, c'est pas rien d'avoir la radio, vous êtes un otage privilégié quand vous avez la radio, il avait la radio, il écoutait le réfil le matin, c'était le premier à prix avant tout le monde. Et à chaque fois qu'ils qu'ils av elle lui amené à bouffer, il s'engueulaiit avec ses joliers.
Il y avait des discussions mais ça t'empêtait vraiment quoi. Et nous on nous a dit celui-là missis mauvais lui. Il est mauvais mauvais.
C'est état islamique pas bien pas bien mauvais. Et on l'a jamais vu. On a jamais pu lui parler parce qu'on va se faire on va organiser ça euh essayer de parler à à tous les gens qui est autour de nous et qu'on a en visuel.
Tu as repéré des profils qui pourraient eux être militaires ou pas ? Alors moi je ce qui m'intéresse enfin très rapidement en m'entraînant le matin, je me rends compte que ces gens-là discutent entre eux, ils se parlent euh ils ont un système assez élaboré de de sign et ça évite ça ça éveille tout de suite quelque chose dans ma tête quoi. Je me dis mais de quoi parle-t-il ?
Et et je me dis mais imaginons qu'en se parlant il se coordonne pour s'évader comme moi je veux le faire. Que ferait-il de nous dans ce cas-là ? et on en sait rien.
Et je pose la question à R, je dis "Mais est-ce que tu les connais un peu ? Est-ce que tu me dis ah non non surtout pas. Les gardes m'ont dit de ne pas leur parler, je leur parle pas." Et là je dire écoute écoute, on va totalement changer ça.
Faut qu'on parle avec eux, faut qu'on communique avec eux, qu'on sache ce qu'ils ont dans la tête parce que imagine qu'ils veulent qu'ils veulent faire quelque chose. Enfin, il faut qu'on soit au courant de ce qui se dit quoi, ne serait-ce que pour notre sécurité. Et donc, on va rentrer en contact avec eux.
On certaines personnes seront du MNLA, le mouvement national de libération de la Zawad, un groupe rebelle, ceux qu'on qui vont lancer l'insurrection avec les djihadistes en 2012. Il y a des membres du MNLA, il y a des contrebandiers mais on comprend très vite que oui, en effet, ils discutent avec des signes parce qu'ils ont l'intention de de s'évader. Ils sont nombreux hein, ils sont cinq à vouloir s'évader.
Les gardes qui nous qui nous gardent sont quatre. Ils dorment la nuit. Le seul obstacle à leur plan, c'est la clé de serrage.
Il leur faut une clé de serrage et la seule personne sur le camp parce qu'il est totalement docile, il est pour eux non agressif et il fera jamais rien, c'est RERT qui la journée n'est pas enchaînée et qu'il peut se déplacer partout dans le camp. Il peut se déplacer. Moi, je je me suis évadé, je suis enchaîné à une roue de camion, une jante de camion.
Donc je n'ai pas je n'ai pas sa faculté de mouvement. Et donc ils veulent que RERT il nous voilà, il nous demande, il demande à RERT. En gros, quand il y a la fameuse ronde du lait, donc ils vont disparaître à un moment derrière les dunes.
Nous on est alors pour bien expliquer, il y a le leur tente à eux qui est arriimé comme ça avec des grands câbles et nous on n'est pas loin, on est on est vraiment à côté. Donc pendant que sont dans les dules en train de de distribuerles, les bah RERT pourrait courir, aller sous la tente, trouver cette clé de serrage, revenir et puis on les on la lancerait, on les ferait passer, il se la ferait passer. À la nuit, tout le monde se lève, on subjugue les gardes et puis et puis et puis bastard.
C'estàd vous les butez enf. Non non non non pas. Alors ça c'était je me souviens une grande discussion avec lui parce que je dis mais attends OK on les aide parce que ça tient sur nous en fait leur plan.
C'est pour ça que ça nous donnait un peu de de pouvoir. Leur plan tient sur nous puisquon est les seuls tu es le seul en fait free agent la seule personne qui peut se déplacer quoi. Mais le problème c'est qu'il faut qu'on ait des garanties.
La première des garanties c'est de savoir ce qu'ils veulent faire. Moi je tiens pas même si c'est les je tiens à tuer personne. Et deuxièmement qu'est-ce qu'ils vont faire de nous ?
Faut qu'on ait des garanties par rapport à ça. Non, il faut faut qu'on ait des garanties par rapport à ça. Et on essaie d'en avoir.
Il y a la barrière de la langue, c'est pas c'est pas compliqué mais nous disons vous viendrez avec nous, on partira, on se rend compte rapidement qu'il y a que deux motos. On sera donc sep c'était ça à peu près 7 se sep 7 sur deux motos. Il y en a qui vont rester qui qui vont rester à l'heure et à l'indienne ça charge hein.
Ouais bon je sais pas mais en tout cas c'est voilà c'est pas c'est pas clair et et donc on on est on est vachement en discussion avec eux pour essayer de de voilà de savoir quelles sont vraiment leurs intentions. Euh donc il y a ce plan sur la clé de serrage, on commence à déclencher un plan, on est prêt à le faire, RERT est OK pour le faire et au moment le la journée où ça doit se passer, le matin ça doit se passer, la veille, ils arrivent avec les jihadistes arrivent avec trois pickup parce que évidemment ils sont pas ils sont pas bêtes. Ils ont vu que ça discutait, il ils pensent pas qu' qu'on discute avec eux.
Ça c'est cool. On a eu peur de ça et ils prennent tout le monde et ils changent tout le monde. Ils éparpillent tout le monde derrière des dunes.
Ils éparpillent tout le monde. Donc le plan tombe à l'eau. Mais malgré cela, au bout d'un moment, ça va recommencer de façon très éloignée, mais ils vont reprendre le truc et cetera.
Et un événement aussi qui qui arrive à ce moment-là, c'est qu'il y a 12 hommes, on est fin août 2021, 12 hommes patibulaires qui semblent revenir d'un long séjour dans le désert. Quand on croise leur regard, ces gars-là sont sérieux. Enfin, je vraiment je on a l'impression qu'ils ont euh je je suis pas dans des petits gardes du cru qui sont là machin et cetera.
Ceux-là, ils viennent faire le coup de feu, ça se sent. C'est c'est une une chose de constitué. Une douzaine d'hommes qui arrivent, on les on les on les surnommera d'ailleurs, je r les a nommé en anglais de Phil C12, excusez-moi, le Phil C12. et ils viennent sur le camp et se mettent non loin du camp derrière les dunes.
On sait pas pourquoi ils sont là, on sait pas ce sont des renforts, mais eux déjà ils vont amondruir toute véléité de vouloir de vouloir s'évader et partir dans la nuit. En terme de libération de RFI, des messages de ta famille à la radio, comment ça se passe ? Tu as commencé déjà par entendre des messages à la radio ?
Pas à la radio ? Comment ça s'est passé ? Moi, je demande très vite la radio.
Euh, je la demande très vite. Je vais la voir pendant un moment quand je suis gardé justement par ce chef djihadiste dont je te parler qui a qui est d'accord enfin qui me dit qui me donne la réponse de la à la lettre que j'ai envoyé. C'est trop tôt, faut attendre 5 6 mois et c'est lui qui va déclencher en me disant ça le la lettre que tu as envoyé sur le fait qu'il soit planté.
Voilà. OK. Euh lui il il écoute RFI, il parle français, il écoute RFI, il écoute aussi des radios arabes, il me dit "Bah si tu veux, moi j'écoute RFI à partir de 18h avant tu peux écouter la radio." Donc j'ai la radio pendant 15 jours où je serai avec lui.
Après plus rien, je demande la radio, ils veulent pas. Et puis après quand je me suis évadé, il y a même pas question d'avoir une radio. Bon mais il y a il y a il y a un un point faible, je dirais, je sais pas si je peux dire ça un point faible, mais il se relève, c'est pas les mêmes mecs qui sont tout le temps là.
Donc vous pouvez faire la même demande. Ce sera la même chose pour le papier, pour le stylo. Vous pouvez faire la même demande à à différents gardes.
Les premiers le la première équipe de garde vous disent non. OK, Clan Lanten 15 jours après, même question. Non, non, puis un jour c'est oui quoi.
Hop, vous avez un stylo. OK, deux trois fois comme ça, hop, vous avez du papier. OK, donc c'était une sorte d'usure comme ça.
On redemandait, redemandait, redemand. Et moi je faisais ça quand j'étais dans cette prison pour la radio jusqu'au jour où il y a un diad qui vient sous ma tente, il me dit "Etu as eu la radio ?" Je suis super étonné.
Je dis "Piens, il doit pas être au courant." Je dis bah non non non non ok tu vas la voir cet après-midi. Tu vois la radio et part et en effet dans l'après-midi, j'ai une radio, je sais pas du tout pourquoi et il y en a un autre qui revient après avec des piles et on se retrouve avec Rert sous notre temps à pouvoir écouter la radio.
Je comprendrai plus tard qu'ils ont ils ont eu des messages de ma famille certainement sur voilà dans les médias et qui se sont dit OK dans ce cas-là l'otage doit avoir une radio pour savoir que que sa famille tente de communiquer avec lui. Donc c'est comme ça, c'est comme ça que je je vais commencer à me reconnecter avec le monde à pouvoir donc écouter évidemment les informations du monde, avoir des messages pour la première fois c en octobre le 8 octobre 2021 de ma famille. Donc j'entends qu'ils sont mobilisés, j'entends qu'ils sont là, qu'ils sont au courant évidemment et surtout des des informations de ce qui se passe dans le pays à leur niveau.
Les les les combats des djihadistes contre les forces internationales, entre eux aussi entre l'État islamique et et Al-Qaïda. Donc on est renseigné, c'est comme si on était un peu renseigné de l'intérieur et je peux essayer, ça nourrit justement ma fonction de journaliste, je peux essayer de corroborer ça avec eux et je ne je me gêne pas pour le faire. Et c'est là où je me rends compte qu'il y a deux euh comment dire ça ?
Deux fluxes d'information. Il y a le fluxe de la radio normal et puis leur fluxe de leur radio des Toky Walky qui est très différent de ce qu'on entend évidemment dans nos radios et qui désinforme pas mal parce que l'idée c'est pas que les troupes sachent qu'une une unité s'est fait décimer par la force barcane ou par les FAMAS dans tel endroit du nord du Mali par exemple. Donc c'est c'est intéressant pour ça aussi.
Les Russes là-dedans. Les Russes alors les Russes ils viennent plus tard, ils arrivent donc à partir de nous, on en entend vraiment parler. Ouais. décembre 2021 début 2022 et on comme eux on prend passe trop ça au sérieux des mercenaires qui vont arriver comment ils vont faire enfin bon eux ils en rigolent un peu quoi.
Ils rigolent déjà beaucoup de l'armée malienne. Euh mais là il l'armée française il rigolent un peu aussi. Non l'armée française il la prennent au sérieux.
Moi je me souviens que c'était quand même quelque chose. L'armée française il la prennent au sérieux. L'armée malienne parce qu'ils ont l'habitude d'attaquer des camps et ces camps sont rapidement désertés quand ils passent à l'attaque hein.
Il y a pas réellement de combat, il y a pas une je dirais une posture hein agressive. Donc pour eux, il voilà, il considèrent que si c'est une cible malienne, un malien, c'est facile. Les Russes euh c'est nouveau, c'est nouveau, mais petit à petit, l'année qui va suivre, on va commencer à comprendre que bon, ça devient inquiétant pour eux notamment parce qu'il y a eu des exactions, qu'il y a eu des choses comme ça.
La prison dans les dunes, c'est une prison en dure, pas en dur, en temp ? Non, il y a pas de dur. Je n'ai pas été Ah si alors une fois sinon je n'ai jamais été dans un bâtiment dur quasiment 2 ans.
Juste une fois avec ce fameux djihadis qui me donne la réponse pour la lettre que j'ai envoyé, on va stationner pendant 2h 3h dans une maison, une construction dans un village. Je pouvais voir à travers les fenêtres des femmes voilées. Je pouvais entendre des enfants.
Il y avait du monde autour dans un un village certainement. C'est tout. Sinon, c'est toujours à l'extérieur, sous les arbres, dans les rochers, dans le sable qui vent, qui les tempêtes, qui qui pleuvent à l'extérieur.
Tu as jamais cherché à savoir après par où tu étais passé, quel camp où tu étais ? Si si, on en parlait beaucoup et il se trouve que Rert avait une mémoire assez phénoménale. Il a été capable de m'expliquer de la Libye, la route qu'il avait pris pour venir jusqu'ici avec des détails et tout.
Je dis "Mais hom de Dieu, si on avait Google Maps, ce serait fantastique de pouvoir retracer." D'ailleurs, si jamais tu t'en sors, pense bien à retenir tout ça et à essayer de toi-même faire la recherche et cetera. Mais euh chaque déplacement, on on regardait le soleil, on savait où était l'est, l'ouest, le nord, le sud, on calculait le temps approximativement, on essayait toujours de de de d'essayer de s'orienter comme ça.
Et puis on va commencer, on va s'enardir un peu, on va commencer à poser des questions autres que journalistique, mais des questions à nos joliers quoi. Et moi au bout d'un moment, il me semble parce que c'est vrai que quand on se déplace, on va on va vers l'est beaucoup, on monte, on va vers l'est et tout. Je dis je me souviens sur une une carte quelles sont les fiefes des djihadistes dans le nord du Mali.
Je dis mais nom de Dieu là au bout d'un moment si on continue on va débarquer en hiver quoi. Donc en gros on doit être peut-être allez Tin et sao hop je dis ça et ils viennent un matin pour voir comment ça se passe sur le camp et cetera. Je dis ah Tinako, on est à Tinako puis là je vois une grande surprise.
Ils sont super étonnés et puis il reprennent après non pourquoi tu dis ça Tin Sako ? Comment tu connais Tinako ? n'importe quoi et c'est voilà on comprend qu'on est dans après comprendre qu'on y est c'est un petit point grain de sable dans un une immensité mais voilà on essayait on essayait évidemment de savoir où on était est-ce que tu as fait murir ou germer l'idée d'aller les dzinguer en pleine nuit ouais ah alors je me souviens pas de la nuit spécialement mais en journée comme je disais il y avait en tout cas dans la première partie même c'est arrivé un peu après mais il y avait des armes, il y avait des possibilités enfin laisser les armes, ils faisaient la sieste, enfin bon, ils allaient pisser, laisser le truc et tout et cetera.
Et j'ai visualisé, j'ai imaginé plusieurs fois comme dans un film d'action, faire une roulade, prendre un fusil, me rétablir, tirer une rafale, tuer tout le monde. OK, déjà foir il veut le faire, vous le faites, qu'est-ce qui se passe ? Vous faites quoi ?
Vous êtes en plein désert, c'est eux qui assurent votre subsistence. Je ne conduis pas, je n'ai pas de permis de conduire. Il y a un pickup.
Bon, tu conduis pas ? Non, je conduis pas. Je ne conduis pas de moto non plus, mais bon, je conduis.
Je sais pas où je vais, je démarre, on trace, on trace, on trace, on trace. Le premier camp, je l'apprendrai plus tard que vous tombez, c'est des sympathisants de ces gens-là. Vous faites pas de pas, enfin je veux dire, c'est et et en plus vous avez commis euh vous avez commis vous avez tué dès l'heure.
Donc là euh enfin l'entreprise euh toute séduisante qu'elle puisse être quand on y pense et quand on fantasme dessus, déjà elle est pas elle est pas c'est pas c'est quelque chose qu'au dessus de mes moyens, c'est quelque chose que je ne peux pas faire et que je ne saurais pas faire. Tu es quelqu'un ? Ouais, tu es quelqu'un.
Tu vises entre les deux yeux ? Mais est-ce que je vise bien ? Si si tu rates, ça se passe comment ?
Le coup est parti, ça a fait du bruit, les gars appliquent. Comment on fait ? Compliqué.
Compliqué. Ça devient super compliqué. Ton colocataire Sudf, il est devenu quoi ?
Alors, c'est intéressant justement sur tirer et cetera. Pour la petite histoire, mon colocataire comme tu dis sud-africain est un militaire. C'est un ex militaire euh 10 ans d'armée B comme médique.
Donc c'est les les troupes de soins dans l'armée. Il s'est tiré en quelle année ? En quelle année ?
Euh il est sorti de là si je me souviens bien. Oh là là la question. Il est plus vieux que toi je crois.
Non non, c'est moi qui suis plus vieux que lui mais de quelques années. On a 3 ans de différence. Euh je veux pas dire de bêtises.
Je crois que c'est la fin des non 94 c'est la fin d' début des années 2000. Je je je plus de j'ai plus de j'ai plus la date exacte. Mais il a 10 ans d'armée en tant que médique après 8 ans d'Afghanistan, il a fait la Somalie, c'est quelqu'un qui sait conduire une moto qui sait conduire un pickup, qui s'est charger une arme.
Il me détaille toutes les armes, il me dit ce qui va ce qui va pas enfin il sait faire tout ça et pourtant il passe pas le pas. Parce que moi au départ quand il me dit ça très vite sous la tente quand je le vois dans la prison, je me dis mais le gars va voilà j'ai j'ai le compagnon idéal. Moi j'ai foiré j'ai foiré mes évasions.
Je suis pas capable de tirer un coup de feu, machin et cetera. Tu as pas foiré tes évasions. Bah la dernière c'est c'est plutôt mal terminé.
Ouais mais il faut il faut être quand même sacrément burné pour pouvoir faire ça. Ouais enfin moi c'est plus au niveau du résultat que je me situe en fait. C'est c'est plus si ça marche parce que tu es dur avec toi-même en général.
Non euh non j'ai la remise en question facile mais après dur je dirais pas ça mais là-bas je l'étais forcément parce que les conséquences elles sont euh Et euh ton pote Sudf et ben lui il a une formation militaire et euh et pourtant non. Pourtant non, il voulait même que je le cache. Eux non, on ne savait pas qu'il avait une le voyait comme un infirmière médique mais il savait pas qu'il avait une formation militaire.
Et lui n'a pas passé le pas dans les occasions qu'on aurait pu avoir et cetera parce que il y a l'après, si vous arrivez à faire ça déjà, c'est énorme. Et après, vous êtes chez eux, on est à peut-être 60 70 km du premier petit village ou campement. Qu'est-ce que vous faites ?
Qu'est-ce que vous faites ? Et non, non, non, non, non. Donc donc voilà.
Donc non, j'ai pu le fantasmer. Ça va durer un temps et puis après ça ça va disparaître. Deuxème année.
La deuxème année c'est différent. La première année on découvre, on teste, on n'est pas au courant, on n pas l'habitude. La deuxième année, on a testé, on a découvert.
Euh tu es plus malade, tu es moins malade. Comment ça se passe là ? Non non, ça ça dépend de la bouffe.
Le gros problème, c'était les les moutons très gras. La graisse nous rendait malade, elle nous faisait gerber. Vous avez des moutons qui étaient très très grailles, vraiment beaucoup de graisse, rien que l'odeur nous nous nous mettait en osé.
Euh la deè année, je je comprends mon environnement, je comprends ces gens-là, je connais leurs habitudes. J'ai tenté de m'évader, ça n'a pas marché. Euh j'ai pas de porte de sortie, je peux plus m'évader, mais il faut que j'en crée une autre.
Et cette porte de sortie, ça va être déjà d'observer beaucoup, mais d'avoir un pas de passe droit, mais que les choses se passent mieux pour moi. Et c'est là où va arriver le Coran justement. Je vais accepter ce je vais pas le lire parce qu'on me dit de le lire.
Je vais le lire parce que ça me donne énormément d'informations sur eux. C'est leur mode d'emploi, il s'y réfèrent tout le temps, c'est leur guide, c'est leur code de vie. Le connaître, c'est d'une part déjà mieux les connaître et puis pouvoir aussi parce qu'il y a des débats possibles, des discussions possibles avec le un peu le haut niveau ceux qui parlent français.
Et je je me rends compte que je me fais baller dans ces débats là. Je suis aussi que bon j'ai pas lu, j'ai pas lu la Bible, rien. Je suis un savoir vraiment basique et même si j'essaie d'argumenter, je vois que ça tient pas quoi.
Et en lisant le Coran, je lis la même chose que et je peux c'est mon but au départ trouver des failles. J'ai voilà générer des débats, des questions couper. C'est tu as enquêté, tu as fait du reportage sur du djihadiste, tu avais pas lu le Coran.
Exactement. Non mais tu es un touriste, toi. Je l'étais.
Non, déconner. Non, non, c'est vrai, je pas j'avais pas eu le Coran de tout. Mais limite c'était pas moi j'étais là pour rapporter les rapports de force sur le terrain, le village qui avait été qui avait été envahi, les exactions, le nombre de victimes, ce genre de choses-là.
Mais je pense qu'il y a Tu t'es dit en face c'est une armée comme une autre. Tu t'es pas dit c'est une armée religieuse. C'est pas une armée, c'est un groupe armée.
C'est un groupe armé. Eux ils se considèrent pas comme une armée euh alors l'armée de Dieu. Oui.
Les soldats de la foire. Oui. Ouais, c'est vrai.
Comment ils disent ? Les soldats soldats de la foire. Ah ouais bah ils sont sur le sentier d'Allah.
Ils ont pris les sur le sentier d'Allah. Euh ouais. Non mais j'avais pas lu le Coran.
J'en avais pas Non, j'avais pas lu le Coran du tout. Et là j'ai l Tu l'as lu parce que tu avais que ça à faire et que tu t'es dit c'est une bonne clé pour les infiltrer. Je le lis alors ouais c'est vrai.
Je le lis d'abord. Je le lis parce que je veux être pas au même niveau queeux, mais je veux comprendre ce qu'ils disent et je veux pouvoir objecter, je vais pouvoir argumenter, je vais pouvoir trouver des failles. Euh et parce qu'au bout d'un moment euh parce que je veux lire aussi mais je me rends compte rapidement qu'en le demandant parce qu'on a j'ai passé un peu ça mais j'ai eu un premier Coran qui j'ai été dépossé ce Coran parce qu'il y a des alertes, on bouge, on laisse les affaires telles qu'elles sont, vous partez et cetera.
C'est moi qui vais demander cette fois-ci le Coran. Et en demandant le Coran, il y a un changement de leur côté dans leur tête. Quelque chose s'active du style bah tiens, il y a peut-être peut-être qu'on peut le sauver celui-là.
Peut-être qu'il va prendre la bonne voie. On va peut-être aussi l'accompagner dans cette voix làà donc forcément on n'est plus voilà ça c'est c'est ils sont ils sont contents de ce qui se passe. Ils veulent m'aider, ils veulent me guider ce que j'ai besoin et cetera.
Il y aura d'ailleurs un cadit qui viendra souvent. Je passerai des heures avec lui me montrer des vidéos, m'expliquer et cetera et cetera. Et moi, je vais lire le Coran. et je vais euh je vais me m'absorber dedans.
Surtout dans la partie avant les textes religieux, il y a la biographie du prophète, il y a le contexte euh politique, les relations entre les différents euh dans dans l'Arabie de l'époque. Enfin, ça ça me passionne. Je trouve ça génial.
C'est comme si je disais un livre d'histoire. Cette partie-là va beaucoup m'intéresser et je trouve qu'elle donne aussi à comprendre ce qui se passe après dans les textes, notamment dans la vie du prophète, le fait qu'il ait perdu euh tous les enfin, il a eu des filles et à chaque fois qu'il y avait des garçons, ces garçons l'amour. C'est c'est ça précède le le moment où il va comme ça er où il va devenir une sorte de par quelqu'un qui voilà et je trouve ça très intéressant.
Moi je le connecte évidemment mais voilà ça enfin tout ça pour dire que ça suscite des questions chez moi et que je que je leur pose quoi. La musique par exemple, j'ai pas j'ai pas lu dans le courant. Cheval sur la lune séparé en deux choses comme ça.
Ouais enfin le paradis aussi beaucoup les Vierges. Voilà les Vierges. Mais alors il y a combien en fait ?
C'est combien de Vierges ? Euh il y a pas de nombre non. Bah pas dans le Coran.
Il y a pas marqué 77 ou je sais pas quoi. Il y a pas il y a pas de nombre. Bah je sais pas.
Bon, en tout cas, moi je pose des questions de ce que je n trouve pas. Il y a pas l'interdiction euh sur la sur alors sur l'alcool, c'est spécial euh l'alcool au départ ou pas ? Bah euh c'est spécial.
Au départ, c'était autorisé et après ça a été interdit. le Coran le dit quoi. Donc c'est je crois devant voilà en fait ce que je comprends rapidement c'est qu'il ne faut pas qu'il y ait un quelque chose qui qui puisse vous écarter de la voix voilà de la foi quoi.
Et l'alcool évidemment est un est un quelque chose qui peut vous écarter de la foi. Quoi d'autre ? Euh sur les femmes beaucoup j'ai posé beaucoup de questions sur les femmes, sur le paradis notamment, c'est-à-dire queon a une description de comment ça se passera au paradis.
Donc les les hommes seront comme ça habillés en verre, on leur viendra leur des femmes de regard chasse avec des longsux viendront leur apporter des boissons. Il y a les les rivières de lait et cetera le date. Et moi je me suis demandé mais comment ça se passe quand on est marié de son vivant ?
C'est une question que j'avais par ex mais ils étaient ils étaient super étonnés de de ces questions. Tu vois ça trop toi tu es pratique toi. C'est ça.
Ben ouais mais je me demandais je me demandais mais comment ça se passe ? Est-ce que les ceux qui ont été mariés de leurs vivants se retrouvent sur ses sur ses sièges et sont service par les ouristes ? comme ça qu'on les appelle voilà à côté de son mari, c'est il y a le mari évidemment qui est servi par cette femme au regard chasse et sa femme est à côté ou est-ce qu'il y a un paradis alors est-ce qu'il y a un autre endroit pour les femmes où elles ont le pendant masculin peut-être pas avec les cheveux longs enfin bon je chercher des tas de trucs comme ça je chercher des tas de des tas de failles pour voilà des failles chez eux ou dans le Coran des des failles non le Coran étant la référence ils disent des choses faut que je les trouve dans le Coran ou quand je comprends pas ça me semble un peu orienté dans le Coran il faut qu'il m'explique C'était surtout ça.
Et euh et vous il voit rapidement que j'ai beaucoup de questions, certaines questions, les collent, ils ont pas de réponse. Ils disent "Mais bon, au bout d'un moment, OK, on va t'amener quelqu'un, on va t'amener un grand imam du djihad et puis il va il va être capable de répondre à toutes tes questions." Alors, je te pose une question entre les deux.
Est-ce qu'ils ont essayé de retourner ? Ils ont essayé de pas de me retourner mais de de faire en sorte que je me convertisse. J'appellerais pas ça retourner.
J'ai pas que tu te convertisses ou que tu te convertisses avec leurs objectifs pour pouvoir ensuite te réenvoyer en Europe. Ça c'était un sujet de débat par exemple. Je dis mais c'est très bien parce que je sentais qu'il voulait que je me corrige mais moi je dis je voilà il y a il y a il y a le Coran, il y a l'islam.
OK, pourquoi pas ? C'est une décision que je prendrai moi. Je pourrais pas la prendre.
Tant que j'ai une chaîne he c'est impossible. Enfin la conversion ça va être très très compliqué si j'ai une chaîne mais justement si tu te convertis la chaîne c'est finie tu es comme nous tu mange comme nous tu es tu es accepté c'est fini et leur dit non non non moi je vais y aller de mon plein de mon plein gris si je fais un pas vers Dieu c'est moi qui le fait et pas parce que j'ai été kidnappé et parce que ça peut être une sorte de porte de sortie comme ça et cetera. Donc ça c'était le c'était le le premier point.
Et l'autre chose aussi qui était qui me qui me posait problème, c'est qu' comme je disais au bout d'un moment, il pouvait pas répondre à mes questions. Il pouvait pas répondre à mes questions. Il y avait pas ça s'arrêtait quoi.
Jusqu'au bout qu'à un moment où je vais rencontrer quelqu'un, une éminent, je sais pas encore qui c'est dans le désert. Ça c'est le début de l'année 2022 et qui est là pour répondre à mes questions et je le sais pas encore quand je lui parle. C'est le numéro 2 de l'organisation qui s'appelle Sédana Guitar et qui est d'abord là pour répondre à mes questions et puis après pour euh pour sur les questions religieuses et pour après euh répondre aux questions plus larges que je pourrais avoir par rapport à ma captivité.
Sur les questions religieuses, c'est parce que ils te l'ont fait venir parce que tu commençais à mettre le doute chez tes joliers. Ils te l'ont fait venir parce que il allait avoir des réponses à ton questionnement. J'ai pas mis le doute chez mes jeuners.
J'ai pas mis le il y a un moment ça me fait penser la question me fait penser à ça avec R on était sous la tente il y avait Abdou Jabar je me souviens le nom il venait souvent nous voir le matin et on a eu un débat sur les dadosis sur ce qu'ils font sur la croyance et cetera il parlait français euh il se débrouill en français et et au bout d'un moment on sait pas pourquoi il se lève et quitte la tente et sort parce qu'on argumentait on argument et je crois que ça je sais pas il voulait plus nous entendre Il fallait plus qu'il nous entende, c'était la parole des coufards devenait trop, je sais pas, trop intense, trop forte et il quitte. Il a ça nous avait super surpris quoi. Comme si ça ça avait été trop loin, il pouvait plus écouter ce qu'on disait.
Le numéro 2, l'iminence grise. Elle se reconnaît, elle se reconnaît pas. Elle se reconnaît par rapport à la différence de tes jolies autour.
Elle se reconnaît parce que l'accoutrement est différent. Elle a un petit livre avec un chapelet. Comment ça se passe ?
Non, il y a tout un il y a tout un processus pour m'amener là-bas. D'abord en moto, après on prend un pickup, on arrive dans une zone, je me souviens des articles, je vois qu'il y a il y a pas les renforts mais ils sont ils sont plus nombreux. On met au milieu comme ça un tapis et on me dit que quelqu'un va venir, on me met une bouteille d'eau et on me dit de patienter là.
Et cette personne arrive. Alors moi j'étais quasiment sûr parce qu'on en avait parlé avant c'était ce grand imam du djihad qui venait répondre à mes questions. Je reconnais pas la personne puis j'avais vu très peu de photos à l'époque.
Je viens de c guitar puis je l'ai pas cabar qui va bien. Oui, il y en a une mais pas l'hyperatose ou pas ? Non non des lunettes aviator ça m'avait marqué un basin lila couleur lilèche gris. il s'assoit et puis c'est après les la séquence religieuse, les questions religieuses qui me dit "Bon, tu as peut-être entendu parler de moi, je m'appelle Sédita et puis là alors là évidemment le nom dit quelque chose.
J'ai écrit là-dessus, je je le situe dans la hiérarchie de l'organisation et je suis super étonné que ce soit lui le grand imam et qui vient répondre à mes questions. Et ça en suscite évidemment chez moi sur ma captivité, sur beaucoup de choses. Et on va euh on va converser un peu. il va m'apprendre des choses qui sont assez euh qui qui m'ont fait Ouais. qui m'ont fait tomber sur les sur le cul à l'époque.
Ouais. Ouais. Genre alors il faut faut revenir à l'avance.
C'est un peu compliqué. C'est expliqué dans le bouquin. C'est un peu d'ailleurs comment il s'appelle le bouquin ?
Un prisonnier du désert 700 jours au main d'Alqedaïda. Et j'ai été gardé pendant 15 jours. La fameuse le fameux djihadiste.
Alors il y a plusieurs choses avec ce djihadiste qui va déjà me donner une réponse négative par rapport à la lettre que j'ai envoyé qui va me dire faut attendre un délai de 5 6 mois. se trouve va être en fait l'assassin des deux journalistes de RFI, la personne. Moi, c'est une question que je pose à beaucoup de deadistes qui me qui me qui me gardent et et c'est un sujet que j'ai voulu aborder avec lui et c'est le sujet sur lequel il veut pas répondre.
J'ai été proche, j'ai vécu pendant de semaines avec cette avec l'assassin sans savoir que c'était lui en fait. Et ça, je l'apprends donc un an plus tard dans le désert de de la bouche du numéro 2 de l'organisation parce qu'il a été tué quelques semaines après qu'il m'est laissé un autre groupe. On est resté 15 jours ensemble. euh par les forces françaises et euh et puis donc là c'est le choc quoi.
C'est comme si j'avais une quête et que j'étais à côté de la solution, à côté de la la personne même qui a été impliquée et que il il les a tué comment les journalistes en question ? Ils ont été ils ont été fusilés. Ils ont été fusilés.
Ils ont été exécutés. Et donc déjà il m'apprend ça, il m'apprend qu'il est mort. et m'apprend ça.
Euh, il y a un autre personnage complexe aussi qui aurait conduit le véhicule lorsque j'étais à Gao, le véhicule qui qui va me kidnapper euh qui lui aussi a été tué. Je la prends quelques semaines auparavant avant le rendez-vous avec ce numéro 2. Et puis j'ai quelques informations sur des tractations avec les Français et pour moi et pour RERT.
Et j'ai aussi, il me donne à ce moment-là une photo de de mes enfants qu' a eu comment ? Euh alors il sépend pas là-dessus, il l'a eu et il me dit "On va faire une vidéo rapide pour répondre mais cette vidéo n'est pas pour ta famille, elle est pour ton gouvernement et on va faire une vidéo où tu vas" C'est le gouvernement français qui a filé la photo au djihadiste. C'est pas ce qu'il dit mais il me dit "On va pas cette cette vidéo n'est pas pour la famille, elle va être La photo en question, elle datait de longtemps.
Elle était sur quel support ? photo photo papier hein, tu as dû être imprimé sur un papier photo, une vraie comme comme du papier photo quoi. Euh photo que j'avais pas vu, c'était mes enfants après euh après que j'ai été kidnappé et euh et donc je fais une vidéo en plein désert avec lui je crois.
Donc on est en Ouais, c'est la tr avant novembre. Ouais, c'est ça. C'est la trisème vidéo.
Il en aura quatre. Combien de temps la vidéo ? Oh, c'est c'est jamais plus d'une minute.
Une minute ? Ouais. Ouais, faut dispenser le message qu'il faut dispenser.
Je m'appelle Olivier Dubois, je suis détenu par un tel. Euh il faut s'il vous plaît faire quelque chose pour moi et cetera. C'est toujours à peu près le même message.
Disp 90 secondes, une minute maximum. On a vu la vidéo du moins une. Tu trembles, du moins tu gigotes de la jambe.
Ouais. Des non des mains ou de la jambe peut-être, je sais plus. La première c'était Oui.
Oui. C'était un c'est un un moment marquant parce que c'est à partir de cette vidéo, je sais que tout ça devient voilà, ça devient c'est ça va être diffusé partout, ça devient public. mon erreur euh ce qui se passe, quelle erreur ?
Bah l'erreur d'être tombé là-dedans, te faire goer. Voilà. Et puis ça va entraîner ma famille, ça va entraîner le gouvernement.
Enfin, on rentre dans un truc qui me dépasse moi. Limite je m'en sortir de mon côté, ça va. Mais là, ça prend ça ça dépasse à mesure.
Ça prend des proportions de dingue qui me qui me dépassent totalement. Et c'est vrai que j'étais très très anxieux à ce moment-là, même si j'essayie de pas le montrer lors de cette première vidéo. Revenons sur ta conversion. ou du moins l'envie qui te qui te du moins leurs envies de te pousser vers les bras de Allah.
Tu as penser à te convertir après ? Pas du tout. C'était une lecture.
Moi moi j'ai moi j'ai pensé évidemment. Bah oui, c'est bien. Euh il faut faut revenir peut-être aux évasions, enfin et aux discussions que j'ai pu avoir avec me dit "Nous, on tue pas les musulmans." Alors je leur donne ça.
C'est arrivé dans le cadre des interview que j'ai pu avoir avec certains et je leur dis "Mais non c'est fou, j'ai des exemples. Vous avez tué des t musul ah oui ? Mais ceuxl ce sont, tu parles certainement de soldat, tu parles d'un mère, d'un village, un truc comme ça.
C'est des gens qui ont épousé la constitution malienne, qui sont du côté du gouvernement malien, qui suivent les lois maliennes. Il y a que la loi de Dieu. Donc pour nous, ils sont hors islam.
Donc nous pouvons les tuer. Bon, OK. Et mais sinon, ils me disent, on n'a pas le droit de tuer les musulmans.
Donc moi, dans les évasions, je m'évade, je me fais attraper. On me dit qu'on va me zigouiller. Donc je me dis peut-être que après avoir observé, avoir bien voilà, être bien prêt à m'évader, faut peut-être que je me convertisse.
Comme ça, si je m'évade et que je me fais attraper, je meurs pas. Ça me fait une sorte de bouclier. Je pense par exemple comme ça.
Tu perds un pied quoi. Voilà. Je me dis aussi euh si je suis vivant et que la chose s'éternise 5 6 ans 7 ans, bah peut-être que je me convertis pour pouvoir être libre.
Et si si je suis libre, ils me disent "Tu auras une tante, tu auras des bêtes, tu auras même une femme si tu veux, tu auras un véhicule et un cascof pour protéger ça." Bah peut-être que dans ce moment-là, alors je pourrais me faire la belle plus facilement. Donc la conversion, elle arrive pas avec une volonté de se convertir parce que je je je sucombe au discours.
Elle vient comme possibilité soit de protéger ma vie, soit de faciliter une une évasion. Revenons au tout début. Le monsieur qui pensait que tu étais un agent secret ou un honorable contributeur, il t'a posé quoi comme question ?
Avec quelle fréquence, quelle cadence ? Il est revenu combien de fois de poser les questions ? Il est venu avec des choses étayant sa position.
Pas du tout. Comment quand ça s'est passé ? Ça a dû durer trois fois.
C'était pas des questions mais des accusation. Je sais que alors le bureau la des photos de moi avec des leaders euh de groupe armé euh et puis tout ce qu'on pouvait lui dire de qui pour désinformer. C'est arrivé trois fois comme ça des c'était des accusations, c'était sûr, une certitude puis avec un regard de voilà, on t'a percé à jour quoi.
Euh il va y avoir cet épisode où l'insulte part malgré moi. Là, il va y avoir un froid à partir de là, il m'a dans le nez, il me parle plus. Enfin bon, voilà.
Et c'est lui qui va m'amener d'ailleurs à l'assassin des des des journalistes de RFI qui s'appelle Bay Gagbo. C'est lui qui va me transporter à eux 15 jours. Je suis resté combien de temps ? 3 semaines 3 semaines 15 jours après.
Mais voilà, il m'adressera plus la parole et ce sera très très dur. On aura un échange d'ailleurs assez assez acerbe, assez dur dans la voiture au bout d'un moment où il me dit, je me souviens très bien, il me dit "Mais toi tu as un souci ?" Je dis "Comment ça ?" Il me dit "Ouais, tu as un souci ?" Je dis "Mais quel souci ?" Il me dit "Tu tu es pas un musulman, ça c'est un souci." Je bah écoute euh très bien, OK, pas de souci.
Euh et euh et je lui dis "Et toi, qu'est-ce que le fait d'être un tu vois, d'être musulman et d'être un djihadiste, comment comment tu vis ça au quotidien par rapport à enfin je lui rends le truc quoi. Tu cherches la merde." Voilà.
Enfin, j'essaie de Quand tu étais jeune, tu t'embrouillais souvent à l'école ? Pas plus que ça, mais enfin normalement. normalement, mais l'idée c'est de je c'est d'avoir un peu de contrôle quoi, un peu de domination quand on peut en avoir et c'est euh moi je tiens euh parce que je fais du sport, parce que j'ai d'être un journaliste, parce que je j'ai des victoires, je fais une meilleure tente.
Voilà, j'essaie de me mettre des challenges que je que je résous, que je remplis et le soir quand je reviens sur Manat, ça me conforte, ça m'aide à traverser tout ça. et on essaie d'avoir des phases de contrôle avec eux. Euh, on en a pas parlé là, mais par exemple une de ces phases de contrôle, c'est l'humour.
Euh, avec mon mon codétenu, au bout d'un moment, on comprend rapidement que ceux les nouvelles les équipes qui arrivent, elles ne elles ne vous connaissent pas. Elles ne savent pas qui vous êtes, elles connaissent pas mon nom. Donc, à partir de là, on peut jouer avec le nom.
Donc c'est plus, c'est plus Olivier, c'est plus tout ça. Alors, ils veulent du fric pour moi. C'est un moment, je suis assez plutôt en colère.
Ils veulent du fric. Donc, je me je dis que je m'appelle Griezby, que je m'appelle Jean Larc, que je m'appelle Anglais. Voilà, je leur dis voilà je je leur dis n'importe quoi et ça passe et tuappelles comme ça et ça génère donc derrière chez nous sous cap et on a l'impression d'avoir un petit peu de contrôle.
Tu as pas ici je m'appelle Emmanuel Macron ? Non non non, il y aura il y aura des discussions sur Macron qu'ils aiment pas du tout du genre. Pourquoi ils aiment pas ?
Ah bah Macron c'est le c'est le c'est le chef le chef in commande c'est celui qui a envahi la force française l'envahisseur dans la région de K chez eux c'est l'ennemi à combattre. C'est l'ennemi numéro 1 et il y en a beaucoup qui se gêneront pas pour me dire on va on va aller le déloger, on veut le tuer machin et cetera. Et dans cette notion dans cette notion de contrôle justement, moi j'imagine quand on me dit ça que ben bonne chance quoi.
Ouis. Et j'imagine des scènes où sont éclatés par le service d'ordre de Macron et cetera et cetera. Il faut avoir un petit coup de parchoc du GIGN quand même.
Non, bah ça devrait le faire mais je me dis dans dans tous les cas, je le visualise, je me le dis et ça me voilà ça me ça ça me fait sourire intérieurement et j'ai l'impression que parce qu'ils disent ça pour me déstabiliser quoi qu'il vont désinguer Macron. Ouais. Et toi tuéclates de rire et ben allez-y je peux liser c'est là.
Go. Attends, tu l'auras pas fait au bout du doigt. Les mecs c'est par là donc les lissé c'est par là.
Non non, j'ai pas fait ça comme ça. Mais l'idée c'était de OK, tu me dis ça. Enfin, vous avez parlé de la mec, fallait que ça rooche.
Vous avez parlé de la mec ? Euh, pas plus que ça. Non, ils ont pas fait le pèlerinage.
Ah, les c Non, alors le pèlerinage, c'est compliqué. J'en ai pas rencontré qu'on fait le pèlerinage. Alors, j'ai pas posé la question à des haut niveaux, mais le pèlerinage, ça coûte quand même vraiment cher.
Comment tu sais ça que ça coûte cher ? Oh, j'ai écris des papiers là-dessus. Euh oui oui, on était à Bamaco parce qu'il y a tout un business avec les agents sur Bamaco.
Enfin pas qu'à Bamaco d'ailleurs qui prévoit tout, l'hôtel, les prière où vous allez aller, la bouffe, le téléphone avec le for qui ça ? Les agences pour opérateur. Ouais.
Ah c'est c'est du privé hein. C'est du privé ça. C'est du privé mais ils se font énormément d'argent.
Énormément d'argent. Donc c'est pas de l'argent qu'on ces gens-là dans le désert. Ils ont pas l'argent pour faire ça.
Mais ils font limite plus. Ils sont sur le sentier d'Allar. Ils ont pas voilà, ils sont sur le sentier d'Allah, ils contribuent au rayonnement d'Allah autrement et puis de façon de la façon la plus la plus dure, ils combattent la psychologie.
Tuas alors même si tu n'es pas psychiatre ou psychologue, tu as essayé de voir l'arborescence de leur raisonnement, ce qui les animait autre que Allah, s'ils avaient des frères, des sœurs, si maman était testé beaucoup de fois parce que l'idée c'est d'essayer de les comprendre. Moi, je voulais comprendre comment un parce que c'est des jeunes, c'est un peu des jeunes comme les nôtres hein, ils écoutent de la musique, ils adorent la musique mais c'est pas la même musique, ils vont pas écouter, je sais pas moi, Britney, ils ont pas décalage quand même. Oui, enfin, ils vont pas mais ils adorent la musique.
Ils écoutent beaucoup de musique islamique, de champ islamiques, de champ djihadistes. On était saturé de ça. Ils ont des speakers, ils écoutent ça.
Ils se comportent comme des jeunes. Donc moi ça je voulais comprendre comment on peut on peut basculer comment à cet âge là, moi je me souviens d'avoir eu cet âge là, comment on peut prendre les armes, comment on peut être amené à tuer quelqu'un pour une idéologie, pour un et j'ai posé beaucoup de questions là-dessus. Moi ce que je comprends, c'est que ce que j'ai compris en tout cas, c'est qu'en gros, c'est comme des super-héros.
Il y a pas de super-héros dans le désert, c'est comme des super-héros. C'est-à-dire que c'est mieux que d'être un commerçant, que d'être un bandit, que d'être un je un mercenaire, que de vendre du lait de chameau, de la viande de chameau. Déjà au niveau financier, c'est mieux hein par les rançons, par le par différentes voilà autres captation financières et ils sont ils travaillent pour Dieu.
Ce côté soldat de la foi, c'est reconnu par eux, mais c'est reconnu aussi par quand on est dans les campements, tu as les gamins qui courent derrière les motos, ils saluent, c'est comme des stars parce que ils donnent l'omone, parce qu'ils ils assurent de la sécurité, parce qu' ils redonnent du pognon des rançons au village du coin. Quand bah alors là, c'est remonté un petit peu, faut remonter un petit peu en avant. Faut pas oublier que le Mali c'est un c'est un territoire qui est énorme et le gouvernement n'a pas la souveraineté. il peut pas fournir les services de base sur tout sur tout le pays.
Donc vous avez des endroits dans le nord, dans le centre, enfin loin de Bamaco, vous n'avez pas de policier, vous n'êtes pas de justice, vous n'êtes pas de médecin, vous avez très peu de choses et quand c'est là ça peut être prédateur des fois. Donc c'est c'est très compliqué. Donc il y a une sorte de vide d'état et ce vide, il est comblé par les groupes armés, il est comblé notamment aussi par les jihadistes qui eux se substituent par exemple à la justice qui amène voilà, c'est concret quoi.
Donc ils ont pas la même image qu'on peut en avoir nous. C'est pas la même chose. Là où il y a rien, ils sont là.
Et c'est vrai que il y a pas il y a beaucoup moins d'insécurité, c'est tenu beaucoup moins de trafic aussi dans ces zones-là. Euh donc ils sont Oui. Oui.
Ils sont restants. C'est rassurant. En tout cas, ça vient combler un manque.
Il y a de la sécurité pour eux. Voilà. Et il y a une justice.
Et cette justice, elle est peut-être plus expéditive, peut-être plus brutale, mais elle fonctionne. On n'est pas tombé sur un juge par exemple qui est totalement déconnecté, qui vient de Bamaco et qui va demander à un décamp de lui filer, je sais pas moi, 100000 francs CFA ou plus, enfin 100000 français C. euh je sais pas un demi millillion de francs CFA ou plus pour plaider sa cause et pour le rendre le bon jugement et à l'autre va demander deux fois plus pour il y a pas de ça vous voyez il y a une voilà il y a c'est c'est la loi islamique et elle est elle est la même pour tous elle est rendue comme ça et donc elle est elle vient combler un manque et elle est acceptée par ceux qui qui n'avaient pas de justice qui en étit dépourvus avant l'objectif leur objectif final il t'en ont parlé oui bah il est clair c'est l'objectif d'Alqaïda global mais déjà eux en local, c'est d'imposer la charia au Mali et puis après au Sahel et puis après encore plus.
C'est de toute façon, il y a un seul dieu pour eux. Il y a un seul dieu, une seule croyance. Il faut la charia d'abord en Afrique, d'abord au Mali, d'abord au Sahël et cetera.
Mais c'est que la la charia soit partout. Il y a qu'un seul Dieu. Il faut que la planète se rende compte qu'il n'y a qu'on ne révère qu'il n'y a qu'un seul Dieu.
Et Mahomet son prophète. Et Mahom est son prophète. Comment ils sont financés ?
Mis à part avec les rapines d'otage ? Il y a la zacat. Euh alors c'est le une sorte de taxe d'impôt on va dire qui prélève notamment sur les sites d'orpaillage par exemple.
Il y a le de béton le vol de bétaille dans les sites de béton aussi. Non la taxe de béton non vois pas. Et c'est plus vers la Syrie.
Ah d'accord. Et et voilà. Bon pour pour ce que j'en sais c'est ça principalement.
Là, on arrive 2e année. Ouais, on est début de la 2è année. 2è Noël.
Euh ouais, 35000 games chiass euh il y en a eu pas mal. Il y en a eu pas mal. Tu t'es pas fait piquer par les scorpions ?
Pas de morce. Les petits ou les gros ? Alors, les plis, c'est c'est les plus les plus douloureux.
Ouais. Et il y a le les ados. C anneaux, ça va.
Six anneaux, c'est mortel. Le mieux en avait cinq. euh douleur infemme et puis ça remonte, c'est comme un pic de glace.
J'ai l'impression d'avoir un pic de glace qui progressivement remontait à l'épaule et on m'avait on m'avait dit que quand le pic de glace si s'il atteint le cœur, bon ben c'est fini quoi. Donc vous passez une nuit voilà graduellement estimer l'avancée sans compter la douleur et vous espérez que ça s'arrête. Je s'arrêter à peu près là.
Mais vous avez un bras totalement kilosé, douloureux avec une sorte Ouais, c'est ça. Une sensation de glace douloureuse à l'intérieur de moi. Tu parles les anneaux de la queue ou les anneaux du ventre ?
Non, les anneaux de la queue. Les anneaux de la queue et des scorpions, il y en a partout comme des serpents. C'est un miracle que j'ai été d'ailleurs piqué qu'une seule fois parce que je vais dormir dans des endroits où euh je les vois, je les entends puis c'est une c'est une rapidité le scorpion c'est très très rapide quoi.
Et euh ça va ça va m'empêcher de dormir des nuits, des nuits, des nuits entières. Après, on développe des contesures. C'est pour ça que je parle d'adaptation.
Enfin, je dire c'est que ça les contesures au bout d'un moment parce qu'il y a pas que les scorpions. Là, on parle des scorpions mais des tas de choses sur le sol et dans l'air. Et les contesures, c'est par exemple retrousser son pantalon assez serré, mais vraiment très serré au niveau du moulet, au niveau des bras et puis bien fermé au niveau du cou, mettre la couverture jusque là pour pas que ça rentre et que si quelque chose vous grimpe dessus, le fait que vous ayez les pantalons retroussés, vous allez sentir sur votre peau et vous pouvez intervenir tout de suite quoi.
On était des vrais détecteurs, on était ultra sensibles aux infrarouges. Je veux dire, un truc nous montait dessus. On était tout de suite tout de suite en réflexe.
Tout de suite. Il y a eu des morts pendant que tu étais séquestré. Donc de leur côté.
Ouais, de leur côté. Mais ouais. Des gardes qu'on a eu, des joliers qu'on a eu.
Il y en a un que j'appelle Trench Coach qui avait toujours un long trench coach genre Colombo qui va mourir dans la zone de Talataille dans des combats contre l'État islamique. Ouais. Euh oui oui, il y a eu il y a eu des pertes.
Il y a eu des pertes parce que niveau otage. Non. Alors nous on est deux euh nous on est deux. pas pas nous en tout cas et on on commence à comprendre en 2022 justement qu'il y a d'autresages autour de nous par quand les les rations viennent le pickup est encore plein quand il repart donc on n'est pas loin on comprendra après par des discussions qu'on est pas loin du chef qu'est-ce que ça veut dire pas loin soixantaine centaines de kilomètres du chef qu'on est autour de lui en fait hein euh ouais voilà 2è Noël bah 2è Noël la la même volonté de de marquer le coup en tout cas en ce qui me concerne et puis un événement un peu un peu différent euh pour le deuxème Noël euh une volonté de la part de Rert parce qu' commence commence à en avoir gros sur la patate, ça fait longtemps qu'il est là et lui contrairement à moi, il n'a pas il reçoit pas de message à la radio de sa famille et ça ça ça porte sur le moral et au moins je lu dis écoute il faut créer l'événement quoi.
Il faut créer l'événement, c'est-à-dire qu'on va, il faut leur demanderement, faut inventer une stratégie pour que tu puisses être amené quelque part et passer un coup de fil et avoir ta famille ou du moins communiquer. Et l'idée qui se met en place, c'est de se dire de leur dire "Écoutez, ça fait longtemps que je suis là, vous n'avez pas été capable de négocier ou de me vendre. Laissez-moi vous aider, laissez-moi passer des coups de fil, je parlerai aux personnes qui seront capables de rassembler de l'argent pour que vous puissiez me libérer.
C'est on part sur ce postulat là, sur cette ce scénario là et et ça va marcher. Ça va marcher. Ça va mettre un peu de temps mais ça va marcher.
On veut dire "OK, il va être amené, c'est prévu dans un coin où il pourra passer." Il en a passé trois de coup de fil. On avait répété ça.
On a fait des jeux de rôle. Il y avait le coup de fil à l'ambassade, je me souviens, parce que c'est dans un c'est dans un c'est pas c'est pas on parle pas pendant une heure hein, il a une minute pour exposer un un discours pour pour dire ce qui se passe. Donc c'était l'appel à l'ambassade, l'appel à sa femme et puis les scénarios l'ambassade répond pas, sa femme n'est pas là avoir d'autres numéros. enfin essayer de voilà euh de de parer à à tous les obstacles qui pourraient arriver et de déployer un discours euh clair clair et euh voilà clair et précis.
Tu l'as revu ce monsieur ? Ouais, on s'est revu après sa libération. Il a été libéré en décembre 2023 et on se verra en c'était en avril je crois juste avant que je rentre dans l'écriture du livre.
Je voulais le revoir parce qu'on en a rêvé qu'il vienne en France que moi j'aille le voir en Afrique du Sud et puis pour voilà échanger sur ce qui nous est arrivé parce qu'il y a ma perception il y a de la sienne un bouquin à deux mains. Je il voulait non lui il voulait pas forcément écrire puis il avait l'impression je pense que c'est ça que mon bouquin était un peu le sien dans le sens où c'est une histoire commune sur un an et demi hein. J'étais que 5 mois tout seul.
Donc en gros, alors je sais pas si le livre sera traduit en anglais, je pense pas mais il a il a toujours pas lu le le livre, même si jeen ai parlé, même si on a vécu l'histoire ensemble, donc il sait ce qu'il y a dedans. Mais mais j'aimerais beaucoup qu'il le lise. Si le bouquin est traduit en anglais.
On arrive vers la fin de ton ta détention. Ça se réchauffe, ça se réchauffe pas. Ils te font comprendre que ça arrive de façon euh totalement impromptu.
Enfin, je veux dire, je je moi la veille la veille euh le 6 mars, si je me souviens bien au soir, j'écoute la radio comme tous les soirs et j'entends que le journaliste Wassim Nastre a interviewé Alanabi, chef d'ACMI, grande voilà et bon très bien et qui pose la question. Il lui pose la question, il dit "Mais alors quitte d'Olivier du Bois, qu'est-ce qui va se passer ?" Et Annab répond à ce moment-là, la balle est dans le camp des Français.
Moi quand je reçois cette cette information, je me dis merde, alors il y a pas euh il y a rien ou alors il y avait des négociations mais ça s'arrêtait mais il y a rien qui est engagé quoi. Je prends ça plutôt mal. Le lendemain matin, quelques heures après, il y a un pickup qui arrive sur le camp avec le le chef de zone et deux autres jihadistes qui me prennent à part et qui me font écouter un document audio sur leur téléphone portable.
Et c'est dans ce document audio que j'apprends qu'on me dit écoute inchallah dans 14 jours si tout va bien tu vas être libéré. C'est la voix de Sona Guita, le numéro de l'organisation. Le dit en français.
Le dit en français et euh alors faut que je rétriale un peu. L'autre truc qui me faisait tenir aussi c'est d'obtenir quelque chose qu'on peut pas obtenir c'est-à-dire et que j'ai demandé dans ma première lettre. C'est une interview du chef de l'émire du grand chef.
Et je m'accroche à ça et je reviens à la charge pendant 2 ans là-dessus. Et ça se débloque qu'en novembre 2022 via un message dont je ne sais pas au départ que c'est le message du chef. Je pense que c'est le message du chef de zone et ce message dit écoute si d'aventure tu es libéré avant ta libération nous accepterons de répondre à tes questions.
Et euh et donc la fin du message c'est la Nagita de l'audio, c'est bien sûr nous allons respecter ce que nous avons dit prépare peu de questions. Pas de questions longues sur vous les français, les journalistes français vous faites des questions super longues, des questions courtes, une dizaine, pas plus et nous y répondrons. Je je demande à réécouter le message que j'y crois pas. il il bouleverse le j'ai envie de dire la carapace, l'armure que je me suis je me suis créé aussi dans le sens où c'est formidable.
C'est c'est c'est un rêve qui se concrétise. Et en même temps, je sais pour avoir lu ça, pour avoir traité de ces sujets que de nombreux otages ont dit qu'on leur avait on était venu les voir et qu'on leur avait annoncé mais écoute jeudi prochain mon coco, tu sors tout va bien. Et je me demande si c'est mon tour là.
Enfin, je veux dire en gros est-ce que ça m'arrive pas à moi ? Et ça, c'est le genre de truc qui peut me m'ébranler totalement. Je peux j'arrive bon moment là à traverser ça et à résister et un truc comme ça ça peut me me mettre un coup à la mâchoire et je tombe au sol ou quoi.
Donc je vais y croire sans trop y croire et c'est très compliqué. Et il rajoute ça à la fin. Il me dit "Écoute ce qu'on vient de te dire là, ce que tu as écouté, tu n'en parles surtout pas à ton compagnon et tu n'en parles aussi, ça m'étonne un peu plus, surtout pas aux gardes des gardes.
Ils ont pas à savoir ça." OK ? Et la troisème la troisième chose tout de suite qui me pose comme question, c'est "Est-ce que tu vas rentrer en islam ?
Tout de suite ?" Rentrer en islam en conversion, est-ce que tu vas te convertir ? Et euh je ressors mon mon excuse que j'ai déjà sorti auparavant qui est non, j'ai encore des questions euh la chaîne, voilà. pas pour tout de suite.
Non. Et euh bon, je suis une déception, il me regardent, regarde lourd, tout ça. OK.
Et ils partent. Donc c'est comme ça que vient l'information. Et selon moi, je je ne vais pas euh pouvoir interviewer le chef.
Je par que tu étais pas converti. Je pense que ça a joué parce que plusieurs fois quand je demande à interviewer le chef, on me dit "Mais écoute Olivier, tu es pas musulman, c'est impossible, il faut être musulman." Et moi, je trouvais ça totalement.
Je dis "Mais alors n'importe quoi si je fais euh euh si je fais un je sais pas moi un reportage sur les homosexuels, est-ce que je dois devenir homosexuel ?" Enfin c'est c'est idiot. Je peux poser ça.
Ah oui enfin je j'essayie de donner des exemples. J'essay de donner des exemples. Je c'est pas voilà mais bon pour eux c'était une condition puis moi ça me posait problème enf qu'est-ce qu'on aurait dit d'un journaliste qui se convertit et qui interview enfin c'est n'importe quoi.
Enfin voilà et donc ça ça passait pas. Donc euh je pensais je pensais que ça ne se ferait pas et puis après il y a eu ce message et en gros quand je leur dis que je me convertis pas, je çaaborde mes chance de l'interviewer. Mais ils vont avoir quand même à cœur de répondre à mes questions et c'est le numéro d'eau qui va le faire et qui va venir avec une sorte de surprise inattendue.
Il va venir avec le le chef d'adit que je devais interviewer pour lequel j'ai été kidnappé. Abdallah Galbaka qui sera là lors de cette interview. Tu poses toutes les questions que tu veux ?
Non. J'avais une trentaine de questions. Toute la partie Glen du Poncou de Verlon, les deux journalistes de RFI Sabré veulent pas il veulent pas en entendre parler.
La partie on va dire les questions qui parlent un peu trop de leur organisation, de comment ils sont organisés et cetera et cetera beaucoup sont sabrés. Les questions plus génériques, ils y répondent. Ce qui a l'avantage qui a pu avoir, c'est le off.
C'est-à-dire que ces dernières guitare parle français mais pas très bien. Abdah Gbakal ne parle qu'arabe. Donc en gros, je dois dire lentement les questions à C guita qui les dit en arabe à Abdah Gabaka qui les écrit quoi et eux après partiront, ils répondront, ils me donneront ça sur une carte une carte SD.
Donc OK, très bien, j'aime pas du tout le procéder mais je dit très bien ce qu'on va faire pour être sûr que vous répondez aux bonnes questions, on va se dire je vais vous donner les questions et cetera. Et le fait de donner des questions comme ça avant, ça permet de de faire l'interview, de faire une sorte de préinterview euh nature avant qu'il ait le temps de réfléchir et de l'écrire. Donc j'ai euh j'ai eu des réponses sur certaines des questions que je n'avais pas le droit de poser lors de ce off, on va dire, ou des confirmations, on va dire.
Ouais. Quel DIP ? Bah moi c'était c'était beaucoup de les questions que je voulais le gros en fait le noyau de mon interview c'était ce qui sait comment pourquoi les deux journalistes de la fille ont été tués.
Voilà c'était c'était vraiment savoir ça et j'avais des questions autour meublé pour chauffer comme on dit on balance jamais ses ces meilleures question qu'est-ce qui t'a qu'est-ce qui t'a sorti ? Qu'est-ce qui t'ont sorti ? il a il a confirmé mais là cette fois-ci donc venant d'un d'un haut niveau, ce que j'avais entendu un peu en posant la question durant ces ces les derniers mois, les les deux dernières années.
C'est-à-dire qu'en gros une intervention française les a poussé les aurait poussé euh à supprimer à supprimer les deux ootages. Donc donc voilà donc on a pu j'ai pu comme ça voir et puis moi j'écrivais des notes, je prenais des notes en secret donc dès qu'on s'est séparé je écrit ce j'essayé d'écrire en maximum ce que je pouvais. Tu as fait des notes pendant tout ton Ouais ouais sur n'importe quel type de support quand il alors le coup de je peux avoir un stylo parce que je peux avoir du papier quand ça marchait pas bah c'était sur du support des emballages des choses comme ça tout ce que je pouvais trouver pour écrire du carton c'était ça quoi.
Tu es libéré ? Il te l'annonce la veille le l'avant veille. Non non, je suis je il m'annonce alors oui voilà c'est ça.
Il m'annonce 14 jours avant que je vais être libéré par un message audio. Commence un décompte un compte arbour qui est qui est comme une torture parce que je sais pas si je dois y croire ou pas et je dois rester à flot le jour. Je fais quand même le décompte.
Le jour le 14e jour où ils doivent sont censés venir me chercher. Ils viennent au matin. Il y a une moto qui vient le matin mais c'est pas moi qui viennent voir c'est mon collègue Rert à qui on dit de prendre une couverture et une bouteille et puis il partent.
Et à ce momentlà, je me dis non de Dieu, ils se sont peut-être trompés quoi. Ils se sont peut-être trompés. Je reverrai par Erte.
La dernière fois où je l'ai vu d'ailleurs, je l'ai vu 24 heures avant moi-même d'être vier c'est le lendemain. Lend matin, il y a une moto qui vient pareil pour moi cette fois-ci. Et là, on va rentrer dans le processus qui va m'amener à la libération, qui va durer 4 jours euh où il y a des déplacements, on est rejoint par une trentaine de gars en armes, prêt à en découdre.
C'est des placements longs. Ils suivent une sorte d'itinéraire sur leur téléphone. Il une carte avec des points rouges, je me souviens.
Et on attend, on continue. Voilà, ils sont sur le qui vivent beaucoup. L'un d'eux me dira d'ailleurs ouais, on sait pas, on est quasiment sûr qu'on peut t'amener au lieu de rendez-vous, mais on sait pas comment nous on repart après.
C'est dans le sens où on sait pas si notre sécurité ne va voilà quand on repart après et ça va durer 4 jours. Je vais être je vais être mis en présence. Je vais je vais rencontrer pendant ces 4 jours l'otage d'un otage américain qui lui est là depuis 6 ans qui s'appelle Jeffrey Woodki qui a été cassé par sa captivité euh physiquement mais aussi mentalement.
On va passer ces ces ces 3 jours 4 jours ensemble avant d'être libéré du côté nigérien le 19 mars le 20 mars 2023. 19 mars 2023. Donc ça se passe comment ? qui t'emmène dans un camp, il y a une tente, il y a les Français de l'autre côté, il y a les ballons qui t'attendent avec Salut Olivier.
Comment ça se passe ? On monte dans un il y a deux pickup. un un pickup qui nous amène à la frontière, un autre qui traverse à toute à toute allure et on on file on file et au moment nous avent prévenu, au moment où le mec nous dit de sortir, on doit s'éjecter du véhicule et puis lui il fait d'embarder, il repart tout de suite.
Et c'est ce qui se passe. On se retrouve on se retrouve dans le désert et tout de suite au loin à quelques centaines de mètres, on aperçoit des uniformes de militaires français et c'est le le premier symbole de la liberté, hein. Alors, avant que tu continues cette description, l'Américain était cassé intellectuellement, physiquement, émotionnellement parlant.
Il avait il avait des tocs. Comment ça se passe ? Non, il boit, il est pas en bonne santé, il peut pas s'asseoir tout seul, il a coutume de faire la greffe de la fin pour avoir ce qu'il veut.
Donc il a recours souvent. Euh, il s'est pas mal fait péter la tronche. Il il est cassé, il est cassé dans tous les sens du terme.
Il a pris un vrai coup de vieux et euh il a plus trop d'espoir non plus au moment où on se voit, il jusqu'au bout euh jusqu'à ce que l'avion, le transporteur vienne nous chercher dans le désert, il ne croit pas. il pense que tout peut s'arrêter, que les jihadistes peuvent revenir nous attaquer et il va euh il va réaliser qu'il est libre quand on s'envole, quand on est dans les airs en route pour Niamé et puis là il y a les émotions qui vont sortir et il va il va pleurer pendant une bonne partie du du du trajet. Donc revenons un petit peu à Romobinon.
Là tu es éjecté de ton de ton 44 avec barbu 1, barbu 2 qui fait demi-tour pour éviter de te faire désinguer la tête. Tu vois des des uniformes français en face, ils te font passer dans une tente. Non non, il y a pas de tente, ça se fait à l'extérieur.
Tu dois te déshabiller, pas déshabiller. Est-ce qu'il vérifie que tu portes du plastique sur toi ? Pas du plastique.
Tu dois mettre tes affaires dans un sac poubelle parce qu'il y a de l'entrax sur toi, pas d'entrax. Tu pues tellement la mort que vaut mieux mettre ça à brûler. Alors puer, ça c'est clair.
Euh on a juste avant ça, pendant 2 ans, Pugnette ou pas Pougette la étoile ? Non, il faut garder les questions de fond. Les questions de fond, je comprends.
Ouais, question de fond toujours. Euh non, non, pas de poette. On est entouré de mecs, on a rien qui qui il y a il y a rien d'excitant.
Je donne une petite anecdote comme ça. On avait donc des boîtes de lait qui venaient d'Algérie la plupart du temps. Sur cette boîte de lait, vous avez une famille tout sourire qui est heureuse de prendre son petit- déjeuner euh ensemble et dans les paquets qu'on nous qu'on nous donnait, il rayit la tête de la femme pour donner une idée pour éviter la père.
On on était on était entre mecs. On était entre mecs tout le temps. Tout le temps.
Il y a une scène d'ailleurs. On va on est on est avec Rert, on est on est allongé sur le sable. Et je sais pas.
Bon, il y avait beaucoup de bergers autour de nous et puis on voit une une femme voilée orange avec un voile orange comme une bourcame orange qui se lève comme ça. Elle nous voit, on la voit, on est interdit, on est stupéfait parce qu' c'est pas quelque chose qu'on voit souvent, on quasiment jamais. Bon, moi j'en avais vu une dans un petit village quand j'étais dans cette petite mesure dont j'ai parlé et je me souviens qu'elle elle nous voit semble pas du tout choqué, elle se tourne et elle part au ralenti.
Enfin, dans ma tête, elle part au ralenti quoi. Elle disparaît comme ça au ralenti comme un comme un mirage c'est tellement enfin c'était tellement enfin tellement imprévu, tellement dingue. Euh donc c'est pour dire donc on n pas il y a pas il y a pas de Ouais.
Euh non, il y a pas de pignett. Revenons revenons aux uniformes français. Donc de loin, ils te disent "Levez les bras, pas lever les bras." Salut Olivier, est-ce que tu es chargé ? "Tu es pas chargé ?
Il y a du plastique sur toi ? Tu t'as une bombe ? Comment ça se passe ?" Non, nous par réflexe évidemment, on les voit.
Donc je dis "Ça y est, on est libre. On voit des uniformes français, on se dirige vers eux." Donc là, tu as la bebarde de 3 m de long.
Ah non, moi j'ai pas de bear, ça on en a pas parlé. Rert il l'a. Moi, je la coupais et je prétextais que j'étais quelqu'un qui avait pas beaucoup de poils et que ça poussait pas.
Alors ça c'est ça aussi c'est aspect contrôle et donc on les voit et eux nous arrêtent direct il nous nous crie non stop stop et puis on on avait pas remarqué il nous montre une plateforme une plateforme avec une sorte de séparation et deux sacs poubelles dans chacun des coins. C'est comme une sorte de box mais c'est pas couvert quoi. Et il nous dit vous allez là vous vous déshabillez et vous mettez toutes vos affaires dans le premier sac.
à côté du premier sac, il y a un second sac avec des fringues neuves et vous vous prenez les nouveaux fringues, vous vous habillez et vous venez vers nous. Donc on fait ça là il te surveille ou il te surveille pas ? Ah ben il nous surveille bien sûr, ils nous disent de le faire et puis nous voit.
Enfin, je veux dire c'est le désert, c'est plein. Vous avez ce truc là un peu artificiel comme ça qui est planté au milieu. Donc on est un peu surpris, on y va, on se on se dessape.
Moi, j'ai mes j'ai mes j'ai mes notes sur moi que j'ai réussi miraculeusement à faire sortir et je dis mais c'est pas possible, je vais pas laisser ça dans le sac. Je j'étais quasiment enfin je pensais pas pouvoir les sortir miraculeusement. J'y arrive et je dis non non mais j'ai un truc à apprendre avec moi.
Il me dis c'est quoi ? Je dis c'est des notes, c'est des choses que j'ai pris des photos de mes enfants. Ils hésitent et tout puis je me dis mais merde j'ai réussi peut-être à sortir ça de là-bas et jeis peut-être ne pas pouvoir les amener avec moi.
Et bon ok euh voilà viens avec on change donc on se dessappe, on met les nouveaux vêtements. Les nouveaux vêtements sont trop petits évidemment ils connaissaient pas nos mensurations. Moi j'avais un pantalon qui m'arrivait à mi cuis renseignement français.
Ouais. Alors, je sais pas si on peut dire ça comme ça, mais en tout cas vêtement trop petit. C'est l'ambassade.
Je crois que c'est passé par l'ambassade. C'est quelqu'un d'ambassade qui avait fait les courses la veille ou quelques jours avant. Et euh donc on on marche, il faut imaginer quand on a des vêtements petits en dans leur direction.
On est dans le désert, ils sont deux. Il y a un dispositif, c'est clair. Il y a des des 44 qui cadrent.
C'est vraiment des 44 qui sont là comme si on était au centre d'un carré en fait, je me souviens de ça. Et il y a un médecin qui est là, je pense un médecin des forces spéciales, il a un appareillage qui permet de d'écouter le cœur, de de de l'attention, tout ça. Enfin, on a une sorte de checkup comme ça rapide dans le dans non non non pas ce checkup là.
Euh, on a on a un checkup rapide dans le désert. Coprologie. Non non non, pas du tout.
Non non non non. tous les jours et euh et on fait ça après. Je me souviens, ils ont ils ont été très sympathiques, ils nous ont donné des cacahuètes, ils nous ont donné à boire.
Voilà. Euh attends attends attends, ça fait 2 ans que tu es en prison avec Barbu Barbu et les gars, ils te filent des rations de combat de cacahuète avec du Tang de Ouais, c'était du enfin des jus mais c'était fantastique. Enfin ouais, c'était fantastique.
Cit fantastique. Et puis même pas une petite bouteille de dompé frappé. Faut bien comprendre qu'on est on est bêté.
On est voilà, c'est c'est on passe d'un monde à l'autre quoi. C'est c'est vraiment spécial. Et euh bon mon compagnon Jeffrey lui comme je disais, il croit pas, il regarde, il est à la fu il regarde autour de lui et puis on leur dit mais comment on part ?
Moi je pensais qu'on allait partir en voiture, je savais pas. Il me dit non non, il y a un avion qui va venir nous nous chercher. Je dis mais un avion mais il va atterrir où ?
Et montre là ah je sais pas je sais pas 150 m 200 m de nous. Et on attend 45 minutes, ils nous mettent sur à l'ombre d'un d'un des 44 et en effet, il y a un gros porteur qui arrive qui se pose alors comme une tranquillement dans le désert. Ça crée une véritable petite tempête de sable.
Le ventre s'ouvre, des militaires sortent en armes et puis et puis c'est bon, on monte à l'intérieur. Euh l'avion nous engouffre et puis et puis c'est parti, on s'envole. C'est la fin.
C'est pas la fin. Ah c'est la fin pour moi. C'est la fin.
Mais non tu arrives à Véizi Villacoublé. Ouais mais ça ça compte pas pour moi ça. Non non attends.
Tu arrives à Vilisi Vila Coublé tu as été pris en charge quand même. Oui oui. Quand je dis c'est la fin pour moi c'est la fin de la captivité.
Je sors du désert. Ah oui bah oui je suis mais la captivité dans ta tête elle est tout de suite passée une fois que tu étais dans dans le Transalpe. Comment ça ?
Une fois que tu étais dans l'avion c'est passé tout de suite. Où est-ce que tu as traîné ? Tu as fait des cauchemars après ?
Ah non non. bien quand je dis c'est fini pour moi, je suis extrait de là. Je je suis dans les mains de la France, je suis libre.
Je je vais je vais arriver dans une ville dans un endroit qui est sécurisé. Je vais certainement voir dans quelques jours, dans quelques heures ma famille. C'est la fin d'une d'une séquence qui a quasiment voilà qui a duré quasiment 2 ans.
Je suis en sécurité. Contrairement à mon compagnon, je sais que je suis en sécurité. Je sais que c'est fini.
Je sais que c'est fini. Tu arrives à Visi ? Alors pas tout de suite mais le lendemain.
Ouais le lendemain. Qui est-ce qui t'a fait ton débrief ? On le fait pas le premier jour.
C'est pas le premier jour. Ça arrive quelques jours après. Qui ?
Comment ? Où ? Ah le débrief, il a lieu avec les services français évidemment dans leurs locaux je sais pas 3 qu jours après. 3 qu jours après ou à chaud.
J'ai encore tout ça est très très clair dans ma tête. Ils sont à combien ? Ils t'ont demandé quoi ?
Ils sont à combien ? Il y avait encore des cacahuètes à deux balles sur la table. Non, pas des cacahuètes à de balles.
Euh là aussi très bien reçu. Un véritable repas, une sorte de une sorte de buffet. Puis on s'installe et puis les les cass futes évidemment ils sont ils sont vides de connaître un peu ce qui j'ai vu, ce que j'ai vécu, les endroits où j'ai été.
On essaie de passer ça au crible. Il y a la fatigue mais les souvenirs sont là. Ils sont encore bah ils sont encore vivaces dans mon esprit et j'essaie d'être d'être clair évidemment dans dans ce que je leur dis quoi.
Est-ce qu'ils sont ils sont venus avec un trombinoscope ? Oui, évidemment vous avez le trombinoscope. Euh il y a Oui, oui, évidemment.
Évidemment parce qu'on vu passer en autant de temps, on voit passer énormément de gens quoi. Combien de temps tu es resté dans leur bureau ? Je crois que la première fois ça a été toute une après-midi.
Euh ouais. Je suis arrivé un peu avant le déjeuner puis j'ai dû partir en fin d'après-midi. Ouais.
La deè fois. Ouais, la deuxième fois pareil, ça a dû être je crois deux après-midis, je crois qu'il y a eu trois fois comme ça où vraiment voilà, il fallait dégorger tout ça hein puis revenir parce que forcément ça suffit des questions, des compléments d'information, des choses comme ça. Vous avez un doute sur ta stabilité ?
Ma stabilité mentale, je en tout cas je l'ai pas senti. Est-ce qu'il t'ont est-ce que tu as senti des questions intrusives du genre ils t'ont retourner tu t'appelles machin machin d'après le Coran, d'après ce que tu nous as dit ? Est-ce qu'ils t'ont donné un objectif à faire péter en France de recruteur de par recruteur ?
Non non non non, il y a pas il y a pas eu de question de direct comme ça mais il y a alors je sais pas si la valeur je sais pas si on peut dire ça valeur de test ou quoi mais quand j'arrive il y a l'hôpital il y a a les médias et puis après je me retrouve dans la la résidence de France enfin dans l'ambassade de de France au Niger et se trouve que c'est euh l'anniversaire c'est le jour ma libération coïncide avec le jour d'anniversaire de l'ambassadeur en place à l'époque. Donc il y a du gâteau, des rochers aussi et du champagne. et du champagne et on me tend une coupe de champagne et je bois une je bois une ou deux coupes de champagne ce jour-là.
Je suis très rapidement pété parce que j'ai pas bu d'alcool depuis très très longtemps. Il y a un mec de la DG qui arrive sa valeur enfin sa valeur en tout cas ça montre que j'ai pas voilà. Non ça montre rien du tout.
Mais ça montre que je bois de l'alcool donc déjà je suis pas musul les mecs ils sont fait péter le 11 septembre ils buvaient de l'alcool il se niifaiit ils avaient des buts. Ça s'appelle la takia. Alors c'était pas mon cas pour le coup.
J'ai juste vu ça comme un bon gâteau et puis et puis du et puis du champagne, quelque chose qui change, du lait en poudre, la tadila et de la viande séchée, c'est surtout ça. Revenons au débrief. Ils t'ont dit combien on a payé pour te faire sortir ?
Non mais non, ça ça reste totalement opaque. Tu as demandé au moins ? Bah j'ai pas j'ai pas demandé parce que c'était pas vraiment ce qui m'obubilait hein.
Moi c'était plus voilà. Moi je quand je suis sorti cette histoire, je l'ai mise dans un petit coffre, je voulais plus entendre parler. J'avais ma famille, il fallait que je me consacre totalement à eux.
J'en avais tellement rêvé. Alors après les je les les les la négociation, évidemment que ça va m'habiter mais plus tard. Évidemment que c'est des questions, il y a pas mal de questions d'ailleurs que je me pose.
Mais à ce moment-là, quelles sont les questions que tu te poses à ce moment-là ? Mais il y en a des tas évidemment. Pourquoi ?
Comment, via qui j'ai été trahi, comment les choses se sont faites. Enfin, c'est c'est des questions évidemment. Moi, j'ai un puzzle qui est pas complet.
Le récit du bouquin, c'est le récit de la captivité. C'est pas le récit d'avant. Euh et d'après quoi.
Donc il y a il y a desah après je connais je dire mais d'avant évidemment qu'il y a des tas de questions qui restent en suspend. On en parlait un peu au début. Qui c'est qui t'a balancé ?
Tu sais pas ? Ah je pense que c'est je pense que c'est mon fixeur mais c'est c'est des questions qui restent ouvertes. Je ne sais pas.
On sait pas ton fixeur parce qu'ils ont fait pression sur le fixeur ou le fixeur voulait prendre du pognon. Je pense qu'il voulait prendre du pognon mais ça c'est pas com depuis combien de temps tu le connaissais ? Ça arrive 2018. 2018.
Tu connaissais sa femme ? Non, je n'ai entendu pas. Je connaissais pas.
J'ai pas vu son enfant. Il a un enfant, j'ai pas vu sa femme. Tu es déjà allé chez lui ?
Non, lui est venu chez moi. Et et euh et donc et donc c'est quelqu'un qui pouvait venir chez moi, qui pouvait repartir sur Qu'est-ce qui te l'a présenté ? Euh, je l'ai je Il y a pas eu de présentation.
C'est quand on quand on fait on fait ce métier, évidemment, on suit les réseaux sociaux, on suit des comptes et tout et cetera. Puis je vois c'est une photo en fait. Je vois une photo sur Facebook, quelqu'un dans le nord du Mali qui prend des des malades sous un arbre.
Il y a des intraveuses, des poches de sérum et puis tu as des malades sous un arbre comme ça, comme un hôpital sous un arbre. Et la photo me saisit, j'ai nom de Dieu et puis j'ai pris tout de suite la personne qui a envoyé ses photos et je trouve que c'est lui. Je dis mais comment ça se fait ?
C'est c'est ça, on le voit souvent. C'est il a oui, c'est plutôt fréquent. Puis on commence à discuter.
Je dis mais tu es où ? Tu es basé où ? Ah ouais, tu vas dans ces zones-là.
Alors très bien. OK. Est-ce que je peux me permettre de te rappeler machin ?
Est-ce qu'on peut et puis commence petit à petit à une relation des échanges qui vont faire ça va devenir petit à petit une sorte de de capteur, quelqu'un qui me renseigne sur ce qui se passe et et vu différemment si si tu devais penser contre toi-même, tu as connu un brouteur sur Facebook qui postait sur les réseaux sociaux des trucs qui pouvaient faire marrer ou lui donner de l'importance. Euh euh tu t'es fait fixer mais pas dans le bon camp. Hm hm.
Parce que tu es ça va mettre du temps tout ça. Ah oui, c'est pas c'est pas un bon de ce de cette photo à on a on a vécu des choses ensemble. Fait hamçonner par ton broteur.
Est-ce que en école de journalisme ils t'apprennent à un petit peu à être méfiant ? Euh tu as grandi dans quelle ville ? Il y a beaucoup de questions là.
Moi j'ai j'ai grandi dans le sud de la France. Enfin, d'abord à Crété et ensuite dans dans le sud de la France. Mais pour revenir sur ce que tu disais, est-ce qu'on nous apprend en école de journalisme à détecter et cetera ?
Moi, j'ai pas fait de d'école journaliste, j'ai fait un mentorat. J'étais directement formé par un par un journaliste qui s'appelait Claude Marcilin euh recherchier journaliste canadien québécois. Euh c'est quelque chose qu'on apprend au fur et à mesure ça euh à pouvoir voilà détecter quelque chose, sentir ensuite son instinct quand on fait ce métier là et puis quand on est sur le terrain.
Euh après, il y a il y a une relation qui est plutôt longue. Il y a des échanges longs. C'est quelqu'un qui j'ai déjà travaillé, c'est quelqu'un qui m'a ramené des informations de qualité aussi.
Euh donc il y a pas la méfiance. Combien temps ? En combien de temps ?
C'est de 2017 jusqu'à 2018 jusqu'à 2021 puisque c'est en 2021 que 18 19 20 21 3 ans 100 millions d'euros sur 3 ans ça fait combien par an ? Ça fait un peu plus de 3 millions mais euh c'est un investissement le brouter hein. Est-ce queil y a est-ce que tu as prévenu tes tes copains journalistes que lui était potentiellement vérolé ou qu'on a fait pression sur lui ?
Est-ce que est-ce qu'en sortant de ta captivité, tu as placardé euh sa tête sur ton ta page Facebook en disant euh il va peut-être pas bien ou tu as essayé de le reconacter ? Alors il y a il y a beaucoup de choses. Il y a dans cette histoire de toute façon un excès de confiance.
Un accè un excès de confiance. Mais oui, de ma part concernant mon mon fixeur, je l'ai carence de doute. Ouais, enfin bon, tout les pens mais je veux dire en gros euh en gros voilà je je ne pensais pas pour être ha par lui, je lui faisais confiance quoi, hein.
Et c'est pour ça d'ailleurs que je lui fais confiance pour organiser ce rendez-vous et cetera. Enfin voilà. Tu fais des sports de combat mais est-ce que tu fais des sports extrêmes ?
Non. Tu as déjà fait du parachute ? Non.
La plongée sous-marine en profonde ? Non. La couture à mardi soir ?
Ça arrivé entre une soirée torware et et un un meeting journalistique. Exact. Exact.
Non non, je suis pas de sport extrême mais pourquoi la question ? Quel rapport quand même. Bah tu confies ta vie à un gars que tu connais à peine que tu as rencontré sur Facebook de en 3 ans.
Tu es journaliste h tu travailles dans une zone de pseudoerre ou de guerre. Tu as jamais été chez le gars. Tu connais pas sa femme ?
Tu sais pas où crèche son gamin pour pouvoir le kidnapper et le couler dans le béton ? C'est pas c'est pas ça. C'est pas Ah si ça d'un point de vue et c Je me fais l'avocat du temps.
Oui oui. Non mais je comprends mais moi je répond quand je t'écoute quand je t'écoute mais c'est un c'est un touriste de bleu bit. Ouais.
Alors là tu là là avant avant ta captivité. Non, c'est pas peut-être mais c'est une relation qui s'est bâtie en 3 ans. On a on a vécu une histoire qui était assez compliquée dont j'ai parlé dans trois articles dans le point qui est une une tentative de libération de Sophie Patronin qui je pense est le ferment.
C'est ça qui soude le truc. Et oui oui certainement il y a mais de toute façon si on pouvait prévoir à l'avance quand est-ce qu'on va être trahi la personne qui va nous être qui va nous trahirir ce serait fantastique si on savait tout à l'avance. Au bout d'un moment, quand vous décrétez que vous faites confiance à quelqu'un parce qu'il y a eu des événements, parce que voilà, il y a des échanges, bah vous lui faites confiance.
Euh tu veux pas avoir un un un autre une autre perception du genre si lui il me trahit, je coule sa femme, son gamin, son grand-père, toute sa famille dans le béton puis je le fais doucement. Mais c'est marrant, tu vois quand je quand je me rends là-bas, tu t'es tu es retourné là-bas ? Non, quand je me rends là-bas, quand j'y vais pour cet interview, je me pose pas du tout la question de la trahison de de mon fixeur.
Je suis pas du tout là-dedans. Je suis omnibilé par toute autre chose. Je suis omnibelé par le fait de pouvoir réussir cette interview, de faire de revenir avec les informations que je veux ramener.
C'est ça qui m'omnibule. C'est pas tellement le le truc. Après évidemment, il y a des considérations par rapport à la sécurité.
Évidemment que je me dis que ça peut mal, ça peut ne pas marcher et cetera. Il y a un moment de bascule mais du moment qu'on le fait, on peut pas se triturer. Mais si, on peut pas, c'est où on le fait à fond, on refuse de le faire.
Je lui fais confiance, j'accepte de le faire, je le fais et se passe ce qui se passe. Je me pense pas à sa fille, à une vengeance ou quoi que ce soit. Sinon, ça veut dire que je suis pas dedans.
Je le fais pas. Si si je me dis ça, je reste à Bamo, je bouge pas. Ça m'est déjà arrivé de partir avec des fixeurs.
Je leur fais confiance. Quand quelques mois, moi avant, je fais la même chose dans une milice. Euh, évidemment que ça passe par des fixeurs, çaon.
Ouais, ça passe par un fixeur. Ça passe à quelqu'un qui les connaît. Ça passe.
On doit en plus. Enfin, c'est dangereux d'aller là-bas et euh mais je je je fais confiance à la personne, il y a un facteur risque. Personne ne m'oblige à aller là-bas.
Maintenant, si je veux ramener cette information, si je veux faire ce reportage, je le fais. Après, c'est moi, je le fais ou je le fais pas. Mais je pas durant tout le processus où je le fais me triturer l'esprit, euh angoisser machin et ca on peut pas bosser comme ça.
Personne nous demande de le faire. Je peux le faire au téléphone alors c'est après le risque zéro n'existe pas. On va pas dans ces coins là si on pense qu'il y a un risque zéro.
Enfin, le risque zéro dans ce type là n'existe pas et la preuve, il s'est passé ce qui s'est passé. Donc Visi Villacoublet, le débrief de la DGSE, tu les rencardes un petit peu sur ce que tu as vécu, tu leur as dédicacé ton bouquin depuis. Évidemment, je dois dire ici quand même que euh voilà, je suis très reconnaissant à ces services, à la France en général, au gouvernement de m'avoir sorti de là, mais très très reconnaissant.
Et euh bah oui ou oui c'est c'est enfin est-ce que tu vas dire merci Macron ? Mais on peut dire je peux dire merci Macron je peux dire merci au service parce que c'est réel il faut il faut il faut faut faut bien il y a aucune j'ai pas d'étiquette politique. J'ai pas c'est pas une excuse que je vais trouver ou c'est pas mon paravant pour pas dire merci c'est pas possible.
J'étais prisonnier de djihadistes. Ça a duré quasiment 2 ans. Mon gouvernement, le président en place, les fonctionnaires qui sont sous ses ordres, les services me sortent de la l'armée.
Le Niger aussi, il y a pas que Je ne peux que dire merci. Je peux que dire merci. Je suis là devant vous.
Je suis vivant. Je peux voir mes enfants. Évidemment.
Tu es retourné au Mali ou ils t'ont dit "Tu vite ?" Non, non, je pas retourné au Mali. Non, ils t'ont dit "Tuvite." Bah, évidemment qu'on pas t dit "Tuvite l'Afrique." Ouais.
Puis moi, je savais que je devais je devais l'éviter aussi. Enfin, je veux dire pour moi déjà quand je reviens enfin je dire vous imaginez quand même je revois mes familles, je revois mes parents, je je revois ma mes enfants, je dis bon ben ok ciao dans 2 semaines j'y retourne. Non non ta mère elle te tue ?
Bah je sais pas si elle me tue mais enfin elle a pas eu besoin de me tuer en tout cas parce qu'il y avait déjà une conscience. Enfin je sais d'où je venais quoi. C'était pas l'urgence du moment.
L'urgence du moment c'est de se reconstruire c'est d'être avec sa famille puis essayer de Tu as essayé de reconacter ton fixeur ? Non même pas. Non, j'ai pris des renseignements évidemment.
J'ai pris des renseignements parce que j'ai Tu as pris des renseignements par quel intermédiaire ? Bah par les miens, par mes contacts. J'ai des gens qui connaissent.
Qu'est-ce qu'il fait ? Où il est ? Et cetera et cetera.
Il y a Olivier qui te cherche. Non. Tu as demandé s'il avait changé pas s'il avait changé de voiture, s'il a fait un de plus à sa maison.
L'idée c'est au départ, enfin l'idée c'est pas c'est même pas une idée. Le réflexe c'est quand on sort de ça, c'est derrière nous. le bouquin, le fait d'écrire le livre, évidemment ça remet l'histoire sur scène et on l'a dépi et on l'a des cryptes et tout pour pour pouvoir écrire mais c'était que sur la captivité donc elle le concerne pas.
Évidemment, c'est une conséquence de ce qui s'est passé mais c'est que sur la captivité donc non maintenant comme je l'ai dit c'est un puzzle qui n'est pas complet. Il y a des pièces qui manquent et j'ai l'esprit assez chagrin évidemment pour pour vouloir en savoir plus parce que les questionnements restent là et je veux qu'il partent ces questionnements. Tu en as vendu du coup de bouquins.
Je sais pas, j'ai pas le retour des chiffres mais marqué ton compte en banque c'est important ou ça se passe pas comme ça. On a une avance et puis après on règle ça un an après la sortie. Donc la valoir combien ?
Ah ça je vais pas le dire. La valoir combien ? une certaine somme, une somme certaine 10000 balles, 12000 balles, 30000 balles proche de la fourchette dont tu as parlé.
Peut-être la première 10000 balles, je sais pas. Est-ce que la DGSE t'a demandé de tenir ta langue un certain nombre de mois après ta sortie ? Tenir ma langue sur quoi ?
Sur ta captivité. Si tu si tu avais dessigné des des désigné des cibles le temps de leur laisser faire le ménage. Est-ce que ils sont repartis chercher les djihadistes qui t'avaient Non non non.
Il est clair que les services sagent qu'on va aller devant les médias et qu'on va raconter ce qui nous est arrivé. Ils t'ont pas dit surtout tu dis pas qu'on a lâché 100 millions. Mais non, on a pas parlé du sous d'argent mais ce que je veux dire par là c'est que c'est vrai qu'il faut pas non plus il faut voilà tout tout engarder.
Il faut pas non plus trop en dire parce que il y a pas que le il y a pas que le public français qui regarde. Donc ils peuvent voilà. Bon après il y a un livre qui est sorti.
Alors évidemment, je raconte exactement tout ce qui s'est passé, mais voilà euh ils se corrigent aussi. Euh donc évidemment, ils sont voilà, c'est une recommandation plus un conseil quoi. Quand tu te retrouves à discuter avec tes collègues qui ont un peu plus de bouteilles ou un peu moins de bouteilles qui connaissent la région, nous nous on a un pote qui est reporter de guerre américain.
Ouais. qui a fait le Morovia à la belle époque, tu sais, là où il y avait des crânes qui roulaient un peu partout, des mecs qui avass la méchette tout le temps, qui a qui a bourlingué un peu partout en Afrique. Toi, est-ce que tu as eu des mentors bourlingueurs ?
Bon, ça on le sait. Mais maintenant que tu as un peu plus de bouteilles, est-ce que tu discutes avec les jeunes ? Je leur dis bon bah la prochaine fois ton fixeur tu essayes de repérer où il habite, combien il a d'enfants.
Mais OK sur le je vois que tu es très focus sur la famille comme si c'était une sorte de paravant à danger. Non mais la famille du fixeur. Oui.
Non justement le mec qui te présente son gamin, il va réfléchir à deux fois avant de te [ __ ] dans la merde. Je suis pas sûr. Je suis pas sûr.
Non mais pas du tout. Je peux je peux avoir rencontré sa femme, je peux avoir je sais pas partager du coca ou un gâteau, être à l'anniversaire et cetera. C'est pas ça le truc.
Du moment c'est c'est crapuleux. du moment qu'il veut me traduire pour de me me trahir pour de l'argent, il le fait, c'est tout. Il le fait, c'est tout.
Il se dit pas d'après moi, hein, il se dit pas donc je vais le trahir, donc il va être kidnappé mais il va être libéré donc il reviendra me siment la gueule. Non, c'est pas ça du tout. Non non non.
Mais non mais non, il un peu pas de compte. Ça rentre pas de compte. Il va faire un virement western unionon de 3000 balles et il va mettre un contrat sur la tête.
Moi je pense que c'est plutôt une pensée à court à les maximum moyen terme. Je vais me faire de l'argent. en le en permettant à notre groupe de le prendre qui va me c'est ça.
On est on est dans un truc comme ça. D'accord. C'est c'est je pense que c'est juste ça.
Après que j'ai vu son cousin, son machin et cetera, du moment qu'il a envie de le faire la je sais pas si tu t'es déjà pensé sur les les autres otages. C'est des histoires comme ça qui se sont passées. C'est une trahison des gens qui connaissaient très bien.
Ça s'est souvent passé comme ça. Qui connaissait très bien comme toi avec ton fixeur. Oui.
Ou alors Ou alors quelqu'un avec qui travaillait, quelqu'un qui était un ami de la famille. Je pense aux Italiens qui ont été kidnappés quasiment la même période que moi. C'est c'est crapuleux. c'est il y a il y a de l'argent, il y a quelque chose et entre euh ouais entre sa vie, sa famille et et un occidental, un français, ben c'est vite fait, c'est vite dit.
Je sais pas, peut-être que ton fixeur, il s'est fait euh il s'est fait menacer. Et menacé par qui ? Bah par les mecs qui lui ont dit voilà tu freilles trop avec le français là qui parle beaucoup qui pose beaucoup de questions.
Soit tu nous dis ou tu nous le mets dans le bon 44 à la bonne heure soit parce que nous on sait où tu habites, on sait comment s'appelle tes gamins. Attention. Bah c'est possible.
Peut-être qu'il a été sous présent, on s'en sait rien. C'est c'est les pièces du puzzle dont je parlais qui sont manquantes. Je ne connais pas sa version.
Je ne sais pas pourquoi il l'a fait, avec qui, comment ça, je ne sais pas. Donc après, c'est la porte ouverte. On peut dire "Oui, c'est possible." les jeunes journalistes, tu tu as dû forcément aller dans des écoles de journalisme pour prêcher la bonne parole.
Tu as dû aller voir ton syndicat pour prêcher la bonne parole et ainsi de suite. Tu les as trouvé comment les gamins en face et tu les as trouvé comment dans ton syndicat ? Ils sont ils sont un petit peu affutés ou il ils sortent tous c'est des léou ils ont des des physiques de bad boy ils ont des têtes de bad boy ils ont envie de couler des gens dans le ciment comment ça se passe aucun de tout ça ils sont ils sont évidemment rien de tout ça ils sont ils sont évidemment à l'écoute évidemment que bah c'est c'est une histoire qui est peu commune.
C'est quand même assez assez spécial ce qui m'est arrivé. Euh, ils sont plutôt à l'écoute et ils ont des ils ont des tas de questions. Euh, si je compromets ta question, c'est par rapport à aux bonnes méthodes après sur le terrain ou comment mieux se comporter ou partir de cette histoire pour c'est ça ?
Si je je suis dans le sens Non, évidemment que moi je peux témoigner ce qui m'est arrivé. Après euh c'est c'est bête à dire, mais quand on on quand on couvre ce type de sujet, quand on est dans ce genre de pays et qu'on veut euh aller au plus près pour amener une information de qualité, ça peut arriver. C'est c'est pas systématique.
On peut évidemment se essayer de se préserver de tout, de se garder tout, mais ça peut arriver. Ça peut arriver. Et on est on n'est pas je connais pas de de de détecteur inférieur de trahison.
Alors évidemment qu'il peut avoir des signaux avec le recul. Les signaux, on les voit quand on est dedans. Il y a des choses qu'on voit pas.
Et moi, il y avait des signaux avec le recul. J'écris ce bouquin, je me suis repassé de l'histoire. Il y avait des signaux.
Il y avait des signaux. Il y a eu des deux trois choses. J'en ai parlé d'un, on en a parlé en préambule quand on a commencé l'interview.
Le fait que mon fixeur me dise "Écoute Olivier, je devais venir, c'était prévu. C'était même quelque chose de voilà euh je ne viens plus." Là, à ce moment-là, je peux dire bah stop euh on s'arrête.
Bah, j'ai pas pu le dire. Ça veut dire quoi ? C'était quoi ?
C'était euh l'excitation du sujet, c'était tu tu confies ta chance à ta bonne étoile. Tu as pas vu venir le truc. Le mec, il t'appelle Elle est inéressante ta question.
Le mec, il t'appelle quand même, dit "Bon écoute mec, euh vas-y hein, je suis occupé euh mais vas-y." Bah il le dit pas comme ça parce que là là évidemment là c'était un arrêt comme ça. Mais mais pour répondre à ta question euh sur quoi ça tient ?
On est je suis sur place, ça doit se dérouler dans une heure. Et tous les mecs tous les mecs qui sont sur place depuis 6 7 8 ans, ils sont fleurs bleu comme toi pareil tous. Ah, je sais pas pour eux, je pas parler en leur nom mais je pas parler, je sais pas, je peux pas te dire combien de journalistes se sont fait kidnapper au Mali ces 10 dernières années.
Bon, journalistes occidentaux parce que des journalistes maliens, il y en a eu. Bah, je crois qu'il y a que moi pour le coup. Donc, OK.
Mais tu as pris quoi comme pays un peu crado avant ? J'avais pas fait de pays crado avant. J'ai pas fait de pays Somalie.
Non, non, non, j'ai pas fait Somalie. Moi, j'ai voyagé dans des dans des ce que tu peux appeler des pays des pays dit conflictuels un peu, les pays en temps, l'Asie centrale, le Yémen. J'ai fait des terrains comme ça.
Mais au niveau travail, le Yémen, combien de temps ? Yemen, j'ai fait quoi ? J'en ai passé pas un mois.
J'ai passé un mois au Yemen. Mais tu avais un tour opérator, ça se passait comment ? Non, tour opérateur, non.
Moi je voyage en sac à dos en backpckers, je pars et puis je rencontre les gens, je rencontre la culture, je voyage. C'est ça. C'est ça que j'adorais. un guide du routard dans la poche quoi.
Euh à l'époque c'était plus le planètes mais enfin bonus poom pas guide du routard aussi mais euh mais voilà c'était ça. Mais euh sur pour pour revenir à ta question là par rapport au euh ce moment les signes avantcoureur euh précurseur Ouais. Ouais.
Euh moi je suis et c'est ça l'erreur, elle est aussi là. Je suis obnubilé par le fait de que ça se passe bien et que ça se fasse. Je peux pas, j'ai pas les yeux partout.
J'aurais peut-être dû avoir les yeux partout, mais je les ai pas partout. Je les ai sur l'interview. Pour moi, c'est voilà, je suis plus, si tu veux, pour te donner un exemple.
OK, il vient plus. Comment on va se comprendre ? Comment je vais lui faire comprendre ce ce dont je vais lui parler ?
C'est c'est ça en fait parce que j'ai une fenêtre de tir qui est très courte et que je suis en confiance avec mon fixeur. Tout ça est lié hein. On peut le dépioter après, se dire "Mais oui mais non non non évidemment mais sur les mecs de la DGSE, ils t'ont pas dit ça.
Ils t'ont dit "Mon mec, tu t'es fait emballer par un roublard, ça nous a coûté 100 millions. Bon 100 millions c'est rien parce que comme ça Macron il t'a attendu sur le tarmac de Visi Villacoublé, il a fait quatre photos. Ça vaut bien une couverture de Paris match.
Il faut peser le le pour et le contre sa non ils m'ont pas dit ça mais t'ont pas dit ça la partie avec Macron ils te l'ont pas dit mais non non mais c'est même pas ça c'est ils m'ont pas dit ça déjà d'une part et deuxièmement le roublard qui est mon fixeur s'il faut l'appeler comme ça quelqu'un sous pression et quelqu'un de très fort de très bon c'est pas c'est quelqu'un de très fort mais qui est très fort pour être fixeur ou qui est très fort pour te la mettre à l'envers. Qui est très fort pour la mettre à l'envers. Tu es sûr de ton coup ?
Ah oui oui, je suis sûr de mon coup. Ouais ouais. C'est quelqu'un qui Est-ce que tu as repensé pendant ta détention à comment il te l'avait mis à l'envers ?
Oui oui oui exactement c'est ça. C'est quelqu'un qui sait euh emballer euh le mensonge dans un beau filet de vérité. Il faut pour être un bon menteur, il faut qu'il y ait qu'on puisse se raccrocher à des choses véridiques.
Il sait très très bien faire ça. Tu as donné tu as donné son adresse à des GSE. Mais je l'ai pas son adresse moi.
Tu tu connais un peu l'Afrique ? C'est difficile des adresses dans certains pays africains à côté de chez le chrétien est toujours bon club. Voilà un peu vague.
Puis je pense qu'à la rigueur, ils ont peut-être pas besoin de ce que je donne d'adresse particulièrement mais voilà tu les as senti en demande les mecs de la DGSE. Ils sont dit [ __ ] chouette un mec cortiqué qui est journaliste qui a pu faire le trombinoscope étudier leur mode opératoire. Chouette chouette.
Bah, est-ce qu'ils t'ont proposé d'être honorable contributeur la prochaine fois ? Non, mais euh dirait pas ce que tu avais proposé. Bah voilà, déjà mais euh je pense que tous les hôtistes qui sont revenus et qui ont passé du temps avec ces gens-là sont euh voilà possèdent des informations très intéressantes pour ces services.
Évidemment, évidemment, c'est évident. Tu les as senti serein sur le Mali ou pas ? C'est ration.
C'est-à-dire euh la France, on est bien. Non mais on n pas eu ce type de conversation en fait. C'est c'est pas j'ai pas puis moi j'étais pas Tu as cherché à les cuisiner les mecs de la dégation ?
Non mais non faut faut faut Oh mais tu as perdu nos cas de faire un bon pap. Mais certainement mais il faut remettre ça dans son contexte. C'est quelques jours après que je revienne de 2 ans dans le désert.
J'ai pas envie de cuisiner les gens. J'ai pas l'idée de cuisiner les gens. Je suis fatigué.
Je suis déboussolé. Euh, tu as perdu combien de kilos ? Ah moi j'étais j'étais futé quand je suis revenu.
Combien j'ai pris ? Je sais après mais combien j'ai faut pas je devais faire dans les allez avant 85 et après en quelques mois je suis repassé à 95 à 96. Et avant avant tu étais à combien ?
Ah bah avant j'étais plus gros Paris que je me suis mis à faire du sport. Je devais être dans les 92 93 avant je pense. Ouais.
Ouais. Donc ouais, on n'est pas je suis pas je suis pas du tout là-dedans. Moi quand je reviens, je suis pas du tout là-dedans.
Je suis Et maintenant par rapport à quoi ? À les cuisiner ou je sais pas quoi ? Bah maintenant, par rapport à ton fixeur, quand tu t'es repassé le film, comment il t'avait emballé, euh comment tu as passé, il t'a volé 2 ans de ton temps, que tu as failli caner, que tu as été obligé de courir euh à la lumière de même pas la lune dans la nuit avec les serpents, les gerbilles, les scorpions, les épines dans les pieds.
Moi, j'aurais été à ta place mec. Je reviens en France, je me refais une santé, je redescends là-bas, je le découpe en morceaux le mec mais gentiment. On va prendre son temps.
Écraser gentiment. Non non non non non. Écraser non.
Mais pourquoi dans quel but faire ça ? Bah dans le but tu fais pas ça à Sky sans assumer les conséquences mon pote. Moi je dis qu'on fait ça quand on est suffisamment informé de ce qui s'est passé.
J'ai des pièces de puzzle manquantes. Attendons qu'elle soit là. Après moi c'est pas mon style de défoncer et cetera, c'est pas trop le truc.
J'ai pas cette rancune tenace. En fait, je sais pas si c'est pas mon style, mais sur cette histoire là, j'ai pas de rancune tenace. La seule chose qu'on me doit, je pense qu'on me doit, c'est des informations.
C'est répondre à mes questions sur les questions que je peux avoir. Après, voilà. Combien tu gagnes maintenant ?
Combien je gagne maintenant ? J'ai pas Tu es dans une tu es dans une salle de Redc, on t'a proposé de faire des J'ai pas le travail. Je sur des projets personnels.
Quel type ? Quel type de projet ? Documentaire, un projet documentaire.
Puis j'aimerais bien écrire un nouveau livre. On m'a fait cette proposition et j'aimerais bien sortir un nouveau livre. Ton métier de journaliste, ça a évolué à cause de cette expérience là ?
Je pense que oui. Euh, pourquoi tu as fait journaliste ? Ça c'est un métier qui m'a fait rêver depuis que je suis gamin.
Pourquoi ? P la télé non la télé des événements des événements des grands événements géopolitiques comme la suite du mur de Berlin la suite d'héoccou des grands journalistes comme je me souviens Morozi je me souviens de Cyril dieu leveux je sais pas si les gens s'en souviennent il y avait une émission aussi enfin bon j'avais l'impression que c'était voilà des témoins de l'histoire des témoins des moments clés de basculement du monde et je me voyais bien j'ai toujours rêvé d'être à leur place et de faire ce qu'ils font c'est-à-dire pouvoir témoigner de ça pouvoir aller dans des dans des endroits où les gens ne peuvent pas aller et rapporter pour eux enfin je veux dire prendre de l'information pour eux et faire comprendre ça. Ça remonte à Ouais, je sais pas, j'avais 10 ans, 11 ans.
Après, après tu as mûri et après tu es devenu journaliste. Je suis revenu journaliste sur le tard en plus pour le coup, mais c'est toujours resté là. C'est toujours un truc qui m' Et maintenant quand tu te tu regardes au-dessus de ton épaule, ta perception du journalisme du mec qui est là, qui plante la plume dans la plaie, qui fait Alberlandre, la main sur le cœur, informer le public en son âme pour qu'il puisse prendre des décisions en son âme et conscience là draper dans l'étendard de la vertu et de la niche fiscale.
Bon, maintenant que tu regardes ta profession les yeux dans les yeux, h quel regard tu portes sur la profession de journaliste ? Tu penses que les piou piou qui pensent la même chose que toi quand tu avais 12 13 ans et qui se lancent en tant que journaliste, tu leur dirais quoi ? Tu leur dirais 95 % finissent avec une paille lancepierre où tu seras obligé d'être d'un soumis en autocensure par rapport à ton grand touou de la la salle de rédaction ou si tu décides de réellement être un vrai journaliste, prépare-toi à t'en prendre plein la tête physiquement, intellectuellement, te faire neutraliser par x ou y.
Tu tu leur dirais quoi au piou piou journalistes qui font euh la lettre les lettres et qui font la blab bla ? Tu leur dirais quoi ? Je sais pas si je leur diraiis quelque chose de pas enfin comme ça.
Mais moi c'est un métier c'est un métier passion. Moi je pense si on a envie de le faire, on commence piou les petits oiseaux et puis on devient bon. Moi j'étais piou piou et et j'ai commencé petit à petit à devenir expérimenté.
Tu es propriétaire de ton appartement ? Euh non. Continue non.
Et euh donc évidemment c'est un métier enfin surtout comme je le faisais moi en tant que pist et cetera, c'est un métier, il y a beaucoup de précarité mais c'est un métier passion. On fait pas ça. C'est quoi beaucoup de précarité ?
Bah la pige je c'est pas combien la pige ? C'est 300 balles. Tout dépend tout dépend du média.
Mais sur sur un article évidemment sur libération par contre c'est combien sur libération ? C'est je sais plus 150 170 € c'était je crois que ça baissé en plus. Pige qui va te prendre 3 semaines.
Bah on essaie de faire en sorte que ça prenne pas 3 semaines hein. Alors c'est vraiment voilà mais euh mais c'est c'est un métier formidable. C'est un métier formidable.
Mais c'est un métier formidable. C'est un métier formidable. Attends en France ce qu'il y a de plus détesté c'est quoi ?
C'est homme politique, croquement et journaliste. Ah mais l'indicateur c'est pas l'indice de détestation, c'est ce qu'on peut faire. Pourquoi ?
Pourquoi le journaliste est détesté d'ailleurs ? Il avoir beaucoup beaucoup de raisons. Il y a plein de raisons.
Vas-y. Alors s'il y a beaucoup et plein de raisons, donne-mois en trois. Pourquoi il les a testé ?
Parce que c'est devenu peut-être maintenant une sorte de de de de maître à penser, quelqu'un qui qui euh qui donne peut-être un peu trop son avis. Je pense qu'on on on notre boulot, il est là. que ce soit un reportage, que ce soit un article, que ce soit un un en radio, en reportage audio, euh ça c'est pour le public.
Après tout ce qui vient après, le commentaire, tout ce qu'on aime bien beaucoup réagir parce qu'ement plus on parle, plus on parle, plus on donne ses goûts plus on donne ses voilà c'est peut-être ça le problème au bout d'un moment je pense aussi. Puis on s'est rendu compte aussi que bah certains journalistes pouvaient passer de l'autre côté, enfin quand je dis de l'autre côté, c'est biaiser un peu l'information ou être un peu un journaliste de commande et cetera. biaiser un peu l'information biaiser et un peu.
C'est une information, elle est soit vrai, soit c'est un peu plus compliqué hein. On peut faire des omissions. C'est quoi des omissions ?
Bah des omissions comme son nom l'indique, c'estàdire on a met de parler de quelque chose. Il s'est passé ça aussi mais on on éclaire un peu plus t ça. Regarde, regarde par là.
Regarde par là. C'est ça. Moi je pense qu'il y a des il y a des travers, il y a un peu dans tout dans tous les métiers quoi.
Sauf que quand tu es le 4è pouvoir, quand tu as un travers que tu es censé être le phare dans la nuit pour la population qui trime, qui est exposé à des décisions pourries de politiciens. Toi quand tu es censé être le phare dans la nuit en tant que journaliste, c'est une question que je pose souvent aux journalistes. Mais tu mets ça haut déjà, tu mets le phare dans la nuit, tu vois.
Donc c'est tu mets ça très haut mais dans la plie, le phare dans la nuit. Ouais, le phare dans la nuit quand même. OK.
Quand tu as une population qui souffre, que ta corporation fait de la merde, toi en tant que journaliste quand on a chié, qui a découvert les trucs et ainsi de suite, tu as envie de dire quoi ? Moi, je parle pas du fait, attention, moi je sais pas de sac, je pars pas du fait que la corporation est à chier. Euh, je pars pas de ce fait là.
Moi je trouve qu'il y a des choses qui sont superbes au niveau du journalisme. Très très bons journalistes, il a des très bons reportages. Ça continue.
Trois exemples. Trois exemples de quoi ? De bons reportages.
Il faut lire la presse, faut regarder. Trois bons journalistes. Trois bons journalistes.
Tu veux des noms ? Je vais pas en donner. Pourquoi tu vas pas donner ?
Mais non, j'ai pas donné de nom. genre juste trois trois journalistes. Par exemple, moi quand je pense à un journaliste en territoire difficile, je pense à Bob Cohen, je pense à Paul Morera, je pense à des gars à des gars qui savent dire mini personnel.
Mais le il y a il y a une sorte de distinction que je sens là être un bon la distinction que tu fais toi, je pense c'est quoi entre le 12e arrondissement et et Moged ? C'est ça. Être un bon journaliste, c'est pas forcément être parce que les journalistes que tu cité sur le terrain dans une zone de conflit là où c'est dur, là où il faut tri, c'est pas ça forcément c'est pas c'est pas enfin je c'est pas la distinction que je fais he c'est pas l'indicateur que la jungle parisienne c'est sensiblement les mêmes intrigues mais il y a des tas de choses à dire sur Paris faut juste bien le faire d'accord c'est pas le le localier qui parle de je sais pas moi qui parle du vin qui parle du fromage qui parle de la dernière il informe les gens que ça intéresse là où il se trouve pas besoin qu'il y ait des coups de feu qui a une situation politique un peu tendue.
Ma donne-moi trois journalistes. Trois noms journalist. Je donnerai pas de nom.
Je sais qu'il y en a. Il y en a beaucoup. Les gens le savent mais je veux pas donner je veux pas mettre.
C'est pas mon style de mettre toi toi oui toi non. Toi c'est pas intéressant. Je te demande pas non je te demande oui.
Oui bah justement oui. Ni oui ni ni oui ni toi tu es journaliste toi. Non mais il y a il y a je suis pas d'accord sur le le grand sac. la corporation est à chier.
Enfin, c'est pas recevable et puis c'est pas vrai. Non, mais c'est juste c'est pas vrai. Non, mais pour le coup, je pense il y en a encore qui font il y en a encore qui font correctement leur boulot pour aller déterrer les ramorts derrière les placards pour aller informer correctement les gens.
Je suis d'accord avec toi. Et la majeure partie, c'est quoi la majeure partie ? Toi qui dois pas chiens les chiens les merdes sur les trottoirs, le le notes de Fredaggou.
Est-ce que ça quoi ? On a la presse qu'on mérite, on a les médias qu'on mérite. C'est moi je le pense, tu vois.
Donc c'est c'est bien beau de tirer sur les journalistes, mais en même temps, il y a des spectateurs d'avant, il y a des lecteurs et voilà. Et il faut pas croire que tout ça est déconnecté. Un patron de journal c'est très bien ce que ces lecteurs veulent lire.
Un patron de chaîne du journal, c'est très bien aussi. C'est très intéressant ce que tu viens de dire. Ce que ces lecteurs veulent lire. ce qui va plaire au lecteur les papers qui vont marcher.
Tu connais le vieil adage lequel ? On ne donne pas au public ce qu'il veut mais ce qu'il pense. C'est c'est le rôle d'un journaliste de confronter l'opinion publique dans un sens ou dans l'autre.
Oui, c'est c'est son rôle de lui donner en tout cas des éléments d'information pour pouvoir aiguiser son sens critique pour pouvoir faire en sorte qu'il puisse C'est le rôle d'un journaliste d'être sous le robinet du pouvoir et surtout de ne pas avoir de réflexe de Laurence. réflexe de Laurence de déglir. Je sais pas, je sais pas quoi répondre à ça.
Si si tu veux pointer des dérives ou des Il y en a maintenant après c'est la lorniette. Quelle lorniette tu prends ? Si ta lorniette elle regarde que ça, il y a pas de souci.
Maintenant, le scope, il est beaucoup plus large. Moi, je regarde le scope très large. Je regarde pas juste "Ah oui, il a fait ça." Je dis, il y a des mauvais boulangers, il y a des restaurateurs.
Peut-être que je sais pas, il coupent le vin avec de la flotte. Il y a il y a de tout partout. Il y a du bon, il y a du mauvais chez nous aussi.
Mais quel beau métier ! Et il y a des gens qui le font bien, il y a pas de souci. Le boulanger s'il fait un pain de merde, bah personne va l'acheter.
Bah non, tu vas l'acheter. Tu vas te rendre compte que c'est de la merde. Le mec qui fait qui coupe son pinard avec du des grains qui viennent de de tu sais pas.
Le journaliste qui peut planter des graines dans les têtes des gens. Hm hm. C'est autrement plus délétaire qu'un sagouin de boulanger.
Alors, je suis pas tout à fait d'accord là-dessus. On défendler un peu là. Non non mais j'ai pas à défendre la seconde la seconde fond de rupteur et la trè derrière.
Je te donne mon avis euh parce que c'est c'est un peu aussi facile. On n' jamais eu autant d'accès à l'information qu'aujourd'hui. Mais bien sûr le il y a pas de journaliste qui met des graines.
C'est c'est chaque journau ça a toujours existé. Même un journau la presse écrite, ils ont une ligne éditoriale, ils ont une inclinaison politique et cetera. Maintenant, c'est aux spectateurs dans la diversité d'informations qu'ils ont à ne pas rester sur un seul truc.
On a maintenant des gens qui sont abonnés à un truc parce qu'ils aiment bien le présentateur ou parce qu'ils aiment bien la signe. Non, il faut une diversité mais cette diversité, elle existe pour qui veut sur un fait, sur un événement connaître différent voilà connaître qu'il y a de la diversité dans le spectre de la presse française. Ah oui oui oui, je trouve.
Ouais. Tu trouves qu'il y a de la diversité ? Bah c'est il y a beaucoup de reprises.
Est-ce que tu as pas l'impression que celui qui est un peu diverse par rapport au stream général, soit il se fait démonter, soit il est pas payé, soit on lui fait comprendre que s'il va pas dans le courant, bah il oublie de il oublie de venir travailler dans la bonne salle de rédaction. Tu as pas l'impression que le stream c'est toujours dans un sens ? Je te donne un exemple.
Covid-19, je te donne un exemple qu'on a vécu nous. OK. Covid-19 c'est une ville de Tos.
Nous, on est une chaîne de Tos. Les mecs qui nous suivent depuis un certain nombre d'années nous disent "Les gars, nous on est sur place information de première main. Donnez-nous les consignes.
On en a rien à faire du couvre-feu et des Chinois. On parle chinois. On va vous ramener de l'information de première main puisque nos débiles mentaux de de programme sanitaire nous colle des affiches à qui c'est d'ailleurs venu bien venu bien après.
Nous, on a de la formation de première main de terrain de gens qu'on connaît, de gens qu'on a formé, qu'on a qu'on a triangulé pour savoir s'il nous racontait pas de la merde, qu'on a protégé parce qu'on leur a dit "Méfiez-vous, les Chinois, ils vont venir chez vous, ils vont vous démonter vos bécanes." Donc goutte de vernis sur toutes les vis. Méfiez-vous, mettez des trucs pour repérer s'il y a des gens qui viennent chez vous.
On fait remonter que l'épidémie part en sucette, que c'est créneau son triangle information par X médecin qu'on a à disposition sur ce type de maladie infectieuse. Et on continue, on continue, on continue. Et derrière, on a une floppée de journalistes patentés qui viennent nous incendier la gueule alors que les mecs font leur portage depuis Paris.
Ils ont aucune source sur place. Ils ont pas envoyé des mecs dans les quartiers pauvres pour savoir comment les Chinois ils soudaient les portes. Si tu étais pas dans le stream, tu étais soit un conspirationniste, soit un mec qui cherchait à vendre de la peur, soit un agent chinois.
Les chaînes YouTube blacklisté, les comptes qui sautent, les machins, les bidules, les bidules, les bidules. Journaliste à cette époque là, il fait quoi ? Il se mange la langue, il va pas trianguler et puis se dit bon on va surtout pas dire ça.
Comment ça se passe ? Je sais pas tu elle est spécifique ton histoire. Tu t'indiques une dérive là.
Une dérive de quoi ? Covid-19 c'est pas loin hein. Oui.
Non mais d'accord mais bon ok c'est cette histoire. Tu je t'en donne d'autres des derrières. Non non mais tu dois en avoir plein et puis ce qui et puis de la surtout de sources de première main.
Ah mais très bien mais tu dois en avoir plein. Et j'imagine qu'il y a l'autre pendant. Il y a aussi c'est quoi l'autre pendant ?
C'est l' contraire de ce que tu dis c'est des tr des binous pendant la P dans le 12e arrondissement de Paris ou d'aller au syndicat des journalistes comment ça se passe pas capable je suis pas capable d'estimer s'il y a plus d'histoires comme tu le dis je je rentre pas là-dedans. Ce que je dis que ce que je dis juste c'est que tout ça forme le journalisme actuel avec ces avec tout ça forme le journaliste actuel avec c'est ses ses travers comme c'estes bonnes choses. Il y a de il y a de tout.
Il y a de tout et c'est disponible. On te force pas, on te met pas le pistolet sur la tente pour dire "Vas-y, lis ça." Ouais mais on me force à payer les impôts pour payer c'est recul critique.
Faut avoir un recul critique. Il faut avoir une diversité de l'information. Faut pouvoir c'est ça le le truc.
Après il y a comment on fait pour éduquer éduquer les populations ? Bah peut-être que ça ça c'est un vrai sujet et ça doit peut-être maintenant ça devent faut ça devien une vraie considération que ça commence au niveau des écoles. On l' trop c'est trop tard.
C'est trop tard. Ah écoute, c'est trop tard. En tout cas, si on le fait maintenant, le pays est en train de s'effondrer.
On a une balance commerciale qui est en chute libre. On a une balance énergétique qui est en chute libre. Du moins qu'il a toujours été, mais on s'en foutait, on faisait de la dette.
Euh l'argent de l'éducation nationale, bon, c'est ce que c'est. C'est trop tard. Bah moi, je suis pas aussi pessimiste.
C'est pas trop tard. C'est pas trop tard. Non, mais je vois pas comment dire autrement.
C'est Non, c'est jamais trop tard en fait. Il faut non, moi je je crois en ça. Si on veut, il faut éveiller nos enfants dès maintenant avoir un recul critique.
Il faut les faut les les habituer à l'information à pouvoir débunker, à pouvoir Il faut faire ça et c'est pas trop tard. Comment tu fais pour t'informer ? Bah comme tout le monde ?
Bah oui, je vais je vais voir les médias. J'ai ma sélection de médias. Lesquels ?
Ah, ça va, c'est tous les journaux à peu près, le monde, Libération, le Point euh La Croix beaucoup, les pages internationales, les pages Afrique beaucoup sur internet aussi. Après, c'est des comptes, c'est sur les réseaux sociaux, c'est des producteurs d'information, des journalistes. Qu'est-ce que tu lis en ce moment comme livre ou qu'est-ce que je lis en ce moment comme livre ?
J'ai fini euh il y a peu de temps pays. Alors c'est c'est un roman graphique cher pays de notre enfance. Un livre de journaliste.
Un roman graphique de journaliste. Ça commence partout sur France. Cher pays de notre France.
Ouais. De Colomb. Excellent excellent roman graphique sur le service d'action civique le sac.
La police politique de Dogon là. Très intéressant. Tu vois des parallèles avec maintenant ou pas du tout ?
Bah non, on a j'ai pas l'impression qu'on a un service comme le sac actuellement. Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil aux écoles de journalisme ? Alors, tu vois, ça c'est un truc, on est très conseil, il faut toujours donner des conseils.
Je te parlais tout à l'heure qu'on doit donner son avis, donner son conseil, communiquer, dire ce qu'on pense, se positionner. Moi, c'est pas trop mon truc. Maintenant que tu as la légitimité, il y a pas de légitimité.
Tu t'es fait tu t'es fait coffrer pendant 2 ans dans le désert et que tes copains à la gerby et ça me donnerait le droit de donner des conseils. Non mais c'est pas des conseils. Tu regardez les gars, moi je suis j'ai recruté mon physiqueur sur Facebook.
Faut éviter. Je quelle est la question ? Quel conseil tu donnerais au M au piou piou du journalisme qui veulent qui veulent devenir journaliste journaliste ?
Ne recrutez pas votre fixeur sur Facebook. Non, mais ils peuvent le recruter où ils veulent tant qu'il ramènent du bon boulot avec ce fixeur. Qu'est-ce que Qu'est-ce que je devrais dire ?
Euh ouais, ne recrutez pas votre fixeur sur Facebook. Mais non, ça ça pas ça a pas de sens. Puis c'est pas un recrutement, c'est je je je vois une image qui m'interpelle, je veux savoir qu'il y a derrière et il se trouve que cette personne est dans des zones où on ne peut pas aller.
Tout est là. il peut m'informer sur des zones où on ne peut pas aller. Pourquoi tu as décidé de rester 6 7 ans, 8 ans au Mali ?
Au départ c'était 1 an et puis et puis bon pour des pour différentes raisons, on est resté plus longtemps. Moi, je voulais partir au bout d'un an puis au bout d'un moment, c'est un pays qui est attachant, c'est un pays qui est déroutant et puis je m'intéresse vraiment à ce qui se passe là-bas. Il y a enfin il y a tous les ingrédients en tout cas quand on écrit des histoires comme moi et qu'on est journaliste, il y a tous les ingrédients faire des bons papiers quoi.
Etth et puis on rentre dans le pays, on comprend de plus en plus, on on développe plus de contact. Donc donc on allonge aussi. On arrive à la fin de notre entretien.
D'accord. Est-ce que tu as trois livres à conseiller à notre communauté ? Bah je l'ai dit cher pays de notre enfance.
Roman comment s'appelle ton bouquin déjà ? Prisonnier du dessert 700 jours aux mains d'Alqedaïda aux éditions Robert Lafond. Non Michel Lafond.
Michel Lafond pardon. Combien ça coûte ? Euh waouh 19,99 € ou 95.
Allez, redonne deux autres bouquins. Alors, attends euh alors des bouquins que j'ai lu dernièrement parce que moi je relie les bouquins en ce moment. Euh ah oui, euh le grand jeu de Peter Hopkirk, super bouquin.
Et le dernier, qu'est-ce que je pourrais donner ? Ah euh cit madame Madame Saintclaircre, Raphaël Confiant, la reine de la père new yorkaaise. Il y en a trois.
Est-ce que tu es un sujet que tu aimerais aborder avec nous, qu'on a pas abordé sur tout ce qu'on s'est dit là ? Je crois que tu as été assez complet. Alors pareil, il y a des petits trucs.
Mais des petits trucs. Non mais je trouve que le en général le bouquin, je voulais euh ce bouquin enfin ce bouquin amène quand même des petits éclairages assez intéressants, je trouvais et je je les gens facile à lire. C'est presque du pagnol.
Du pagnol. Merci. Côté descriptif.
Alors ça ressemble pas à notre Provence mais tu sais bien décrire. Non non non non. Il y a pas il y a pas de sujet particulier, mais peut-être c'est vrai qu'il y a des des petites des petites choses que je que que je voilà des petits éclairages que je donne sur ce qui a pu se passer au Mali, des choses comme ça ou sur des transactions et tout et euh et c'est vrai qu'on peut on m'a très peu posé Hop là, très peu posé.
Tu me donnes mon livre pourquoi très peu posé de question ? Je voudrais que tu montes la la couverture et je voudrais que tu me lises une page. Waouh !
Que je lise une page. OK. N'importe laquelle.
Euh au hasard. Prendsla, fais vers le milieu. Non, pas le début.
OK. Alors, toute la page et fais-toi plaisir. Ouais, mais une pas ça suffira si je me fais plaisir.
Oui, vas-y. Je suis pas un super lecteur. Alors, c'est le chapitre cal Alassan.
Et pour la petite histoire, c'est assez marrant parce que c'est le premier chapitre que j'écris. J'ai du mal à écrire le premier euh le chapitre 1 parce que c'est l'enlèvement et Alassan, c'est par ça que je rentre dans l'écriture de lien. Alors la tempête de sable épuisée par sa danse folle s'est retirée, laissant les hommes Agars émerger lentement tel des naufragés sur le rivage du désert.
Un calme saisissant enveloppe le camp, un silence déconcertant après le fracas et la violence des rafales qui nous ont malmené toute la nuit. En sortant de sous ma couverture, j'aperçois Marwan qui marche vers moi d'un pas lourd se drappant la tête avec son turbant. Il lève le pouce vers le haut en me lançant un regard interrogateur.
J'acquè de la main. Il me fait signe de me lever et de le suivre. Je m'étire et lui emboitete le pas.
Le sable s'est insinué partout dans ma gorge, sous mes dents. Il irrite ma peau et démange mes yeux. Le chèchant roulait en plusieurs couches autour de mon visage n'y a rien fait.
Les poussières du désert m'ont atteint. Je ressens néanmoins une certaine fierté. C'est ma première tempête de sable dans le grand erg et j'ai bien résisté.
Le turban blanc de Marwan me guide au cœur de ce champ éparpillé sur le ciel. Les murs meurs des tuareg au visage fatigué. s'élève lentement dans l'air matinale.
Leur silhouette érintée et en quête de repère se faufilent entre les pickups garés autour des feux éteints de la veille. Un bois naissant de cli et de de bruit de chaîne danse dans le vent rompant la tranquillité fragile qui régnait. Qu'est-ce que tu penses de l'intelligence artificielle ?
Je pense que c'est fantastique. Tu as écrit ce bouquin avec de l'intelligence artificielle ? Non, j'ai écrit le bouquin avec mes souvenirs, les notes et euh la reformulation a été paria, bah elle a été aussi avec la euh la maison d'édition.
Quel impact ça va avoir sur les journalistes Lia ? Hm, c'est un vaste ce sujet ça. Gain de temps, possibilité d'écrire.
Lia peut faire des tas de choses. Euh, tu dises quoi toi ? Elle peut pas Perplexity, elle peut pas par contre remplacer un homme sur le terrain.
Elle peut pas remplacer encore les émotions. Elle peut pas elle peut pas faire tout ça. Elle peut vérifier si Timara c'est Timoara ou pas avec des erreurs ?
Pour l'instant, c'est pas parfait. Vérifier la fiole d'entrax dans la main de Coline Paul. Le fera pas.
Non, non plus. Non plus. Non non, c'est pas c'est pas c'est pas un fail du tout.
Mais mais c'est vrai qu'elle permet de gagner du temps. Ça peut permettre de faire des tas de choses. Après le reportage reste le reportage, aller au contact des gens, parler aux gens, faire des interviews, investiguer et cetera.
Bah c'est pas tellement, elle peut aller sur les bases de données, elle peut prendre tout ce qu'il y a sur le web mais elle peut pas elle peut pas gérer l'humain, elle peut pas faire ça encore. Quand tu es quand tu étais à Bamaco avant de ta colonie de vacances de où tu mettras une étoile euh pas d'étoiles, tu metteras pas pas cinq étoiles même pas pour non pour la cheèf bouillie avec l'odeur dégueulasse. Même pas.
Non, même pas même pas. Parle-moi du ciel la nuit dans le désert. Fantastique.
J'ai jamais vu un ciel aussi euh aussi beau, aussi étoilé. Enfin, il y a une multitude d'étoiles. On apprend des certaines constellations que je connaissais d'ailleurs.
Tu as vu les couleurs ? Euh non, j'ai pas vu. Euh non, j'ai pas vu de couleur.
Des comme des horreurs boréales, tu veux dire ? En les couleurs dans la Voie lactée. Euh ouais aussi un peu.
Oui, mais j'ai vu surtout une enfin une myiade d'étoiles. Et ce qui est assez intéressant, c'est que les étoiles bougent aussi beaucoup là-bas. C'est pas enfin on croit que c'est des étoiles au départ mais l'activité du ciel en tout cas de satellite.
Oui enfin il y a un peu tout mais ça bouge. Il y a pas mal de choses qui bougent. Est-ce que tu as pas un conseil parce que tu veux pas donner de conseil ?
C'est pas que je veux pas donner de conseil mais après enfin voilà on a on a on est saturé. Tu as 51. C'est peut-être le moment de transmettre.
Mais ça c'est en cours. J'ai des enfants. Est-ce que tu as un conseil pour les jeunes générations ? une bouteille à la mer, quelque chose qui restera impérissable.
Waouh ! Tu places ça tellement. Tu commences avec les enfants, tu crois quoi ?
Je sais pas, quelque chose qui restera impérissable. Non, je veux pas quelque chose qui restera impérissable. Euh non non non, il faut il faut faut vivre sa vie, essayer d'en faire et de se réaliser le mieux possible.
On vit qu'une fois, faut pas l'oublier et faut aller au bout de ce qu'on veut de ce qu'on veut faire. Voilà, il faut pas Ouais, c'est valable pour moi, ça marche pour moi. Après, est-ce que ça marche pour les autres ?
J'en sais rien. Mais mais un temps soit peu, ouais, il faut faut on traverse ça. Autant de traverser au mieux avec ce qu'on veut faire et pas se sentir forcément, même s'il y a des contraintes, même s'il faut vivre, même s'il faut manger et cetera.
Il faut un temps soit peu se retourner sur sa vie à la fin et se dire qu'on que c'était chouette, qu'on a fait ce qu'on voulait et pas être dans les regrets. Voilà, j'ai pas fait ça, j'ai pas vu ça, j'ai pas vu ça. Voilà.
Ton testament maintenant. Non. Non non non, je suis là encore longtemps.
Vivier Dubois, merci. Merci à toi. [Musique] [Musique] [Musique]