CONGRÈS DE LA DEMEURE HISTORIQUE 2018 - FRANÇOIS-XAVIER BELLAMY
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:08François-Xavier BellamyFait
« mon éditeur pour qui j'ai une amie qui est très cher ne voulait pas de ce mot c'était une forme de repoussoir pour lui il y avait deux meurt mais qu'est ce que c'est alors tout le monde va vous traiter de demeurer ce que j'avais fait sans beaucoup de politesse quand j'étais venu vous rencontrer »
- 3:51François-Xavier BellamyFait
« il y avait deux meurt mais qu'est ce que c'est alors tout le monde va vous traiter de demeurer ce que j'avais fait sans beaucoup de politesse quand j'étais venu vous rencontrer et puis ensuite on va vous prendre pour un impôt est incompréhensible dont il faut appeler votre livre éloge de l'immobilité ou bien quelque chose de ce genre »
- 4:33François-Xavier BellamyChiffre
« nos responsables politiques s'occupent du patrimoine historique de jours par an à l'occasion des journées du patrimoine et que les trois 63 jours restants sont consacrés à l'oublier avec soin »
- 5:18François-Xavier BellamyFait
« nous sommes nous pas rentrer dans un monde de disruption n'y at-il pas autour de nous une fascination pour dans le flux de la mondialisation l'innovation le changement le mouvement la transformation »
- 18:11François-Xavier BellamyFait
« le propre du monde que nous connaissons c'est que c'est un monde d'uniformisation d'indifférenciation et c'est le drame de la mondialisation que à la faveur du flux et du mouvement perpétuel elle a contribué à l'indifférenciation du monde à l'uniformisation du monde »
- 23:01François-Xavier BellamyFait
« il faut que le monde ne se réduisent pas à une forme d'un différenciation et qu'est ce qui empêche le monde de devenir indifférenciée sinon le caractère singulier de ses manières d'habiter le monde dont témoigne la demeure »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
maintenant passons aux choses sérieuses françois xavier est ce que vous voulez vous extraire du pilier kivu masque je ne sais pas vous n'avez pas répondu vous voulez rester debout vous êtes plutôt à l'aise à six a un peu changé ah si le bout des mails alors vous aviez fait un tabac il ya deux sens je raconte l'anecdote pardon pour ceux qui le connaissent j'avais avoué mon inculture et en août 2016 je n'avais pas encore lu de bel ami d'ami j'ai lu depuis évidemment les déshérités et je vous ai appelé en plein mois d'août au risque de vous déranger en vie grâce à quelqu'un qui m'avait dit il faudrait faire venir françois gré des belles années effectivement cette personne avait raison vous avez fait ce qu'on appelle un tabac en nous parlant avec le regard du philosophe qui cette ouverture sur le temps et ce recul et puis lorsqu'on s'est revu récemment avec gilles taillon lato vous nous avez dit tiens mon prochain ouvrage va s'appeler demeure il ya peut-être un lien entre les deux vous allez nous l'expliqué ça va ça va nous faire plaisir en veut je vous avais écrit des tas de choses mais je vais je vais pas les lire mais il ya quand même une phrase que vous écrivez en pages 14 et que j'ai trouvé très belle vous citez saint-exupéry d'abord et puis ensuite vous dites on ne s'invente point de vieilles maisons de famille on trouve à se reloger peut-être mais ce qu'il faut de temps pour qu'un logement deviennent demeure cela rien ne le remplace moi j'ai trouvé cette phrase ça pourrait être la la la la ligne enfin la baseline de la demeure historique c'est absolument extraordinaire voilà donc je crois et puis vous aviez alors je suis partant pour faire le lien également avec votre précédente intervention vous aviez dit à ce moment-là qu'est ce qui relie puisque c'était le thème de notre congrès 2016 innovation et dynamisme à demeure historique donc c'est un peu finalement en écho le thème de votre ouvrage c'est finalement est-ce que c'est pertinent de demeurer au sein d'un monde dont la clé et le mouvement permanent donc je vous laisse la parole en vous remercie encore infiniment de nous accorder tant de temps
[Applaudissements]
monsieur le président chers amis d'abord c'est moi qui vous remercie de votre accueil et du grand honneur que vous me faites en invitant une nouvelle fois parmi vous pour ce congrès de la demeure historique et je commencerai simplement en vous disant de tout coeur ma profonde reconnaissance parce qu'on est fait le rendez vous que nous avions vécu il y a deux ans n'a pas été indifférent pour moi et j'étais à l'époque déjà en train de mûrir ce qui est devenu ce livre que vous venez d'évoquer auquel j'ai donné ce nom demeure nom qui n'est pas du tout étranger à les changes que nous avions eu de fait ce mot me tenait à coeur depuis très longtemps il m'habitait profondément et à travers l invitation que vous m'aviez fait j'avais trouvé l'occasion miraculeuse de pouvoir méditer ce mot méditer ce terme ce que nous avions fait ensemble et ceci m'a permis de pousser auprès de mon éditeur l'idée de constituer ce livre sous ce nom de demeures ça a été un débat homérique parce que mon éditeur pour qui j'ai une amie qui est très cher ne voulait pas de ce mot c'était une forme de repoussoir pour lui il y avait deux meurt mais qu'est ce que c'est alors tout le monde va vous traiter de demeurer ce que j'avais fait sans beaucoup de politesse quand j'étais venu vous rencontrer et puis ensuite on va vous prendre pour un impôt est incompréhensible dont il faut appeler votre livre éloge de l'immobilité ou bien quelque chose de ce genre et là tout le monde comprendra mieux je tenais beaucoup à ce mot de demeures et je tenterai de de vouzan de vous en donner quelques quelques raisons au cours de cette rencontre mais vous m'avez demandé de réfléchir sur l'avenir de la de la demeure et c'est le thème de votre de votre congrès sur la place de la demeure historique dans l'avenir et de fait c'est ce que nous avions eu l'occasion de partager ensemble lorsque nous nous étions vus il semble que cette place ne soit pas du tout évidente vous m'avez écrit monsieur le président pour me présentés plus en détail le thème de ce congrès et vous m'avez dit avec un mot un peu désabusé que nos responsables politiques s'occupent du patrimoine historique de jours par an à l'occasion des journées du patrimoine et que les trois 63 jours restants sont consacrés à l'oublier avec soin temps pendant lequel vous êtes en première ligne pour tenter de sauver ce patrimoine et cet héritage dans une forme d'indifférence généralisée et parfois même avec le sentiment d'une hostilité vous l'évoquez à l'instant cette hostilité dont on pourrait avoir le sentiment qu'elle sourds de nos territoires elle-même mais l'hostilité plus grande encore quand elle vient de nos gouvernants quand elle vient de notre état qui semble résolu à paralyser ou à compliquer la tâche de ceux qui tentent concrètement humblement de tenir debout ces quelques pierres qui sont si mal comprise souvent de ceux qui nous gouvernent alors quel avenir pour la demeure historique et quel avenir en particulier pour la demeure historique dans un monde qui vous le disiez à l'instant semble tout entier consacré à la passion du mouvement à la fascination pour le changement après tout nous sommes nous pas rentrer dans un monde de disruption n'y at-il pas autour de nous une fascination pour dans le flux de la mondialisation l'innovation le changement le mouvement la transformation jeu j'ai changé il ya quelques jours avec les représentants d'une très grande entreprise américaine que nous connaissons tous un réseau social dont l'influencé est aujourd'hui majeur et qui me disait en me parlant de cette question du mouvement mais enfin voyons quand même nous n'allons pas à retourner au moyen-âge avec un ton de condescendance radical et nous étions juste au pied de la tour saint jacques en plein milieu du paris médiéval et je leur disais mais est ce que nous nous rendons compte de tout ce que nous devons au moyen-âge est ce que en employant ces termes qui manifeste une forme de superbes à l'égard de notre passé nous sommes capables de reconnaître ce que nous devons à notre passé quelle place peut bien avoir ce qui demeure historique quelle place peut bien avoir la demeure historique dans un monde qui ne cesse de changer qui ne cesse de se transformer il me semble que cette place est décisive et pour au moins trois raisons que je voudrais évoquer brièvement avec vous parce que c'est vrai nous vivons dans un monde de mouvements d'innovation de changement mais que ce monde de mouvement et d'innovation a besoin de ce qui demeure d'une part parce que ce qui demeure est la condition de notre capacité d'habiter le monde et de notre rapport à l'espace qu'est ce monde dans lequel nous sommes d'autre part parce que ce qui demeure est la condition pour pouvoir habiter ce monde dans sa temporalité et que la dimension historique de la demeure et ce qui nous inscrire dans une histoire et troisièmement parce qu'enfin dans l'expression de la demeure et dans la générosité que vous manifestez l égard de ce qu'il y a deux gratuits dans la demeure historique il y a quelque chose qui me paraît porter le témoignage le plus essentiel qu'ils soient de l'humanité de l'homme et c'est sur ces trois raisons que je voudrais revenir brièvement la première de ces raisons et celle qui est liée à l'espace dans lequel nous sommes nous avons rêvé qu'à l'occasion de la mondialisation qui semblait devoir défaire toutes les barrières toutes les limites toutes les frontières nous avons rêvé que le monde allait devenir un village global c'est à dire un espace de circulation en espace de flux un espace de pure mobilité dans lequel rien ne s'interposent ray au mouvement universelle des biens et les personnes mouvement des biens et des personnes qui de toute évidence caractérise concrètement le monde dans lequel nous sommes jamais nous n'avons eu autant de moyens de déplacement à notre disposition jamais les marchandises que nous échangeons nos produits dans un tel volume est dans une telle importance des trajectoires infinie autour de notre planète jamais non plus nous n'avons consacrer autant d'efforts à tenter de repousser les limites de ses déplacements pour aller toujours plus vite et surtout pour aller toujours plus loin et nous voyons actuellement qu'il est question d'installer des lignes régulières qui viendront desservir la distance entre la terre et la lune et que peut-être demain il est question d'aller jusqu'à la planète mars que nous pourrions colonisé si notre pauvre terre venait à devenir inutilisable bref le monde dans lequel nous vivons est un monde de circulation c'est un monde de mouvement c'est un monde de mobilité c'est un monde qui n'a que peu de considération pour ceux qui ne sont pas capables d'entrer dans la ddt de la mondialisation et d'épouser ce flux perpétuels il ya quelques jours de cela j'ai changé avec les responsables d'une université qui me disaient mais aujourd'hui il est tout simplement impensable pour des étudiants ne pas avoir passé au moins une partie de leurs études à l'étranger le fait de voyager est une injonction à laquelle nous sommes soumis nous ne devons pas demeurer quelque part nous devons bouger nous devons montrer notre dynamisme et notre ouverture en allant sans cesse au delà de cet univers familier dans lequel nous sommes placés et nous avons rêvé que la mondialisation serait l'occasion de devenir précisément des errants de devenir mobiles essentiellement mobiles essentiellement déplaçables nous avons rêvé qu'elle allait abolir toute inscription particulière dans des lieux particuliers au fond il se réalise à travers ce rêve de la mondialisation cette confrontation que le politicien essayiste david good heart a théorisé dans un livre qui s'appelle the road to some more confrontation qui oppose profondément nous dit good heart dans les sociétés occidentales deux types de population d'un côté des élites qui sont décrites par good heart comme étant dans le monde des any where et de l'autre côté des classes populaires qui sont du monde des somewhere les nuers sont ceux qui peuvent voir le monde de n'importe quel point de vue ce qu'ils peuvent regarder le monde de n'importe quel endroit ceux qui ne se ressentent pas comme étant lié à une attache particulière il y a quelques semaines le responsable politique et intellectuel raphaël glucksmann sur un plateau de télévision expliqué et cette formule lui a été beaucoup reproché mais j'ai trouvé pour ma part qu'il y avait là une forme d'aveu infiniment touchante dans sa sincérité il expliquait que comme un intellectuel comme un comme un écrivain français il se sentait beaucoup plus proche de tous les intellectuels toute la classe médiatique politique intellectuel new yorkaise où berlinoise ou londonienne où madrilène que des français de ses propres compatriotes qui vivent est tout prêt de lui de l'autre côté d'une ligne de rer et c'est exactement le phénomène que décrit good heart et il me semble qu'il a d'ailleurs quelque chose à voir de façon tout à fait concrète avec ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui dans les tensions qui traversent notre société française d'un côté le monde de ceux qui nous dirigent de ce qu'ils pensent de ce qu'ils décrivent le monde est caractérisée par cette fluidité par cette mobilité par ce dynamisme qui fait qu'au fond nous sommes essentiellement en mouvement que nous sommes ontologiquement en marche pourrait-on dire mais il ne s'agit pas là d'une forme particulière de sensibilités politiques il s'agit de la cristallisation de tout ce qui lie à d'élite dans notre pays et de l'autre côté il ya ceux qui n'est par la force des choses ne peuvent pas se déplacer parce que leur métier n'est pas délocalisable parce que leur inscription sur un territoire déterminé est marquée par une forme de limite ce qu'ils ne peuvent pas soulever et qui sont l'objet d'une forme de colère de la part des élites une colère qui s'exprime contre ceux qui ne bougent pas assez vite tu ne changes pas assez qu'ils ne sont pas assez et adaptable au monde mondialisé dans lequel nous nous trouvons les nuers et les soeurs ware m'évite godard ne reproche pas aux univers d'être des annuaires il leur reproche seulement de ne pas comprendre qu'il y a une autre vision du monde qu'il est important de prendre en compte et que cette autre vision du monde est nécessaire pour reconstruire un véritable dialogue politique pour construire une véritable vision politique parce que derrière la vision du monde qui est celle des univers se joue en fait l'oubli d'une condition fondamentale de l'expérience humaine une condition très mystérieuse est très étonnante si l'on veut bien y réfléchir et qui est la nécessité d'habiter le monde c'est-à-dire de l'habileté à partir d'un lieu qui nous soit familier contrairement à ce que nous avons cru trop longtemps le monde ne peut pas être pour nous un village global pour une raison très simple c'est que nous sommes toujours d'un village particulier nous avons toujours un lien singulier avec un monde précis ce monde dans lequel nous avons grandi qui nous a formés ce monde qui nous a permis de mûrir ce que nous sommes devenus et ce monde là avec lequel nous avons une attache essentiel constitue la racine à laquelle nous demeurons toujours essentiellement attaché ce qui est ici en jeu c'est ce que simone veil appelait le premier des droits de l'âme c'est à dire l'enracinement l'homme participe au monde par un enracinement singulier dans ce mode enracinement je vois une incompréhension possible et qui sans doute a été très dommageable à l'idée d'enracinement c'est que le mot enracinement fait référence par métaphore au végétal et que pour le végétal l'enracinement et l'occasion d'une forme de fixité définitive le végétal qui prend racine reste toujours sur le lieu où sa racine a poussé et la racine est à la fois la condition de sa vie et l'impossibilité de son déplacement nous ne sommes pas des végétaux et les racines que nous poussons dans la culture qui nous a formés ne nous oblige pas à rester toujours immobile elle ne nous contraint pas à une forme de fixité mais enfin c'est une certitude elle polarise nécessairement pour nous le monde elle et non pas seulement la condition de la demeure mais elle est comme condition de la demeure la condition de possibilité du voyage vers l'ailleurs comment pourrions nous aller ailleurs si rien est pour nous un univers familier comment pourrait-il encore y avoir quelque chose au dehors de notre monde connu si nous n'avons pas de monde connu comment pourrions nous distinguer l'ici et le là bas comment peut-il y avoir une expédition vers la bas s'il n'ya pas d'abord dit si et comment pouvons-nous accueillir l'autre chez nous si nous n'avons pas de chez nous c'est l'immense paradoxe de cette vision du monde qui nous a conduit à considérer que la demeure devait être condamné au motif de l'ouverture à l'autre mais comment peut-il y avoir d'ouverture à l'autre s'il n'y a pas de demeure comment la vertu magnifique de l'hospitalité peut-elle se réaliser si nous n'avons pas à quatre murs entre lesquels accueillir celui qui veut venir chez nous et que nous choisissons d'invités il ya là quelque chose qui me semble profondément antinomiques et cette contradiction vient du fait que nous avons profondément oublier cette condition essentielle de l'existence humaine qui est le fait même d'habiter le monde bien sûr que le monde et d'un pur point de vue physique fait de mouvement et de déplacement bien sûr que du point de vue de notre condition matérielle nous sommes en perpétuelle itinérance notre terre tourne autour du soleil et au moment où je vous parle vous ne croyez être immobile que parce que le fauteuil sur lequel vous êtes confortablement assis se déplacent exactement à la même vitesse que vous au milieu de l'univers nous ne croyons être immobile que parce que notre regard est incapable de s'ouvrir à la subtilité des changements qui caractérise notre organisme chaque jour et chaque instant chaque jour de notre vie des millions de cellules de nos corps moeurs et des millions de cellules de nos corps nes et nous sommes en permanence en train de nous renouveler et c'est cela que désigne le fait d'être vivant et tout cela est évident mais voilà nous ne sommes pas que des atomes de matière et nous ne sommes pas que des cellules vivantes nous sommes aussi une conscience active et cette conscience se rapporte monde en ayant besoin d'installer des points fixes d'installer des points de repère et dépendre pères singuliers qui sont la condition de notre rapport au monde qui nous entoure depuis toujours depuis que nous connaissons l'homme et que nous pouvons suivre sa trace nous voyons qu'il est un grand besoin de l'existence humaine et qui est le besoin d'habiter le monde et que dans notre besoin d'habiter le monde nous nous montrons immédiatement déjà très au delà des simples recchi des simples besoins des simples et quiz it matériel de notre existence physique des simples besoins biologiques de notre existence organique nous ne cherchons pas seulement à nous abriter dans le monde nous ne cherchons pas seulement à nous mettre à l'abri des prédateurs ou des intempéries nous avons besoin d'habiter le monde c'est-à-dire de construire notre demeure et dans ce mot de demeures il me semble qu'il y à déjà et vous l'évoquiez monsieur le président en ouvrant cette cet échange il me semble qu il y a déjà une différence majeure avec la question du logement qui gouvernent aujourd'hui nos politiques publiques le logement est précisément une caractérisation proprement physique le logement c'est ce dans quoi encore mobile vient se loger temporairement un peu comme une balle de flipper lancé dans un flipper vient se loger ponctuellement dans un emplacement réservé à cet effet avant de repartir dans ce jeu du mouvement perpétuel mais l'homme n'a pas seulement besoin de se loger il n'a pas seulement besoin de loger temporairement son corps mobile entre deux déplacements il a profondément besoin d'habiter le monde il n'a pas seulement besoin d'un logement il a un besoin essentiel de la demeure par laquelle le monde prend un sens pour lui qu'est ce que c'est pour nous que le monde qu est ce qu un monde vraiment humain est bien un monde vraiment humain c'est un lieu qui est fait d'un chez soi et d'un ailleurs qui est fait d'un univers connu et d'un univers moins connus qui est fait de la distance entre le proche et le lointain et c'est cela qui fait le monde humain la distance entre le proche et le lointain il faut qu'il reste du lointain et il faut qu'il y ait du proche et il faut pour que le voyage est un sens qu'il nous permette d'aller au contact du lointain mais il faut aussi précisément que ce lointain se distingue de notre univers familier le propre du monde que nous connaissons c'est que c'est un monde d'uniformisation d'indifférenciation et c'est le drame de la mondialisation que à la faveur du flux et du mouvement perpétuel elle a contribué à l'indifférenciation du monde à l'uniformisation du monde j'ai eu la chance de me rendre avec gilles bayan de la tour il y a quelques semaines en grèce c'était pour moi la première fois que je voyage et en grèce qui évidemment quand on a fait de la philosophie constitue une sorte de pèlerinage initiatique c'est un moment très très émouvant mais j'ai été très frappé en arrivant en grèce de me rendre compte que si je n'avais pas su dans quel aéroport j'arrivais pendant plusieurs longues demi heure j'aurais été incapable de dire le pays dans lequel j'étais le propre de la mondialisation c'est qu'elle a uniformisé les paysages qu'elle a rendu un différend les lieux et qu'elle nous rend de ce fait même le voyage presque impossible quand vous arrivez et nous sommes les premiers comme élus locaux à le regretter profondément et avec françois de mazières le maire de verfeil avec lequel j'ai la chance de travailler nous avons fait et français de mazères en particulier à lutter avec toute son énergie pour batailler contre cela mais quand vous arrivez aujourd'hui à la gare versailles rive gauche qui s'appelle maintenant la gare de versailles château en guise de château vous tombez sur un starbucks un mcdonald's c'est un kfc au fond le monde du flux le monde du mouvement le monde du voyage le monde de la mobilité perpétuel a contribué à rendre le voyage impossible pour que le voyage soit possible encore faut-il qu'il y ait un ailleurs mais j'ai toujours été très marqué par cet épisode merveilleux qu'est le voyage en grèce que fait martin heidegger heidegger était un grand penseur de cette distinction nécessaire entre le proche et le lointain praille de guerre le monde humain s'organise en contre et c'est à dire en lieux qui ont chacun et qui évoquent chacun un univers familier un univers de sons de sens de spiritualité un univers de culture bref un monde habité elle nous n'avons pas la même manière d'habiter le monde et il faut qu'il en soit ainsi pour que notre humanité s'enrichissent de toutes les singularités de toutes les différences nous le savons bien notre propre pays est organisée en contré et ça n'est pas la même chose qu une demeure familiale à longwy ou bien dans le sud de la france elle est pas la même chose que le patrimoine de telle ou telle région de france ou de telle ou telle région d'un autre pays d'europe heidegger donc qui pense le monde à partir de cette distance entre le proche et le lointain heidegger qui était terrifiée par la conquête spatiale en disant que le jour où la lune aurait été content is elle ne serait plus vraiment la lune mais juste une annexe de nos déplacements terrestres heidegger qui pensaient qu'il fallait qu'il y ait pour que le monde soit habité quelque chose de familier et quelque chose de mystérieux se voit offrir par son épouse pour leur anniversaire de mariage un voyage en grèce jusque là rien que de très banal mais comme c'était d'ailleurs rien n'est totalement banale et donc il met dix ans a accepté le cadeau au bout de dix ans il consent à partir en grèce et ils vont faire une croisière avec un couple d'amis qui les conduit jusqu'à la grèce hélas au bout de dix ans d'attentes quand même et d'une semaine de traverser au moment de débarquer en greffe d'un seul coup crise absolue martin heidegger refusent de descendre toute sa vie il avait médité sur la grèce toute sa vie il avait travaillé sur la philosophie grecque mais au seuil de cette découverte heidegger se dit quelle catastrophe il faut que la grèce reste un mystère pour moi il ya quelque chose dans le sens de de la demeure qui suppose précisément que tout ne soit pas aplanies que tout ne soit pas indifférent que quelque chose de singulier puisse rester comme la condition d'un monde qui soit vraiment humain le jour nous dit heidegger le jour le monde ressemblera un espace géométriques neutre et indifférenciée dans lequel nous serons des atomes qui se déplacent de façon totalement abstraite le jour où le monde sera pour nous purement numérisés c'est à dire de l'ordre de l'interchange abl que le nombre représente et où il ne sera plus possible de dire la singularité d'un lieu ce jour là le monde sera devenu inhumain et ne pourront plus habiter et il me semble qu'il ya effectivement quelque chose de parfois inhumain dans nos politiques du logement qui ont tendu à cette indifférenciation au gré d'une forme de mathématisation des politiques publiques répondons aux besoins organisons rationnellement la réponse à une forme d'urgence mais sachons regarder plus loin et sachons reconnaître que le besoin fondamental de l'âme humaine c'est le besoin d'enracinement c'est à dire le besoin de se reconnaître dans un lieu particulier d'un lieu singulier et le besoin que le monde s'organise autour de la pluralité de ses contrées qui font la diversité des lieux et qui font que l'espace humain n'est pas pour nous totalement indifférenciée que l'espace ne ressemblent pas dans notre manière d'habiter à ce que la géométrie nous décrit dans son abstraction scientifique c'est un mystère étonnant que le monde n'est pas pour nous assimilable à un espace géométrique mais pour que le monde soit monde il faut qu'il ne soit pas assimilable à un espace géométriques et pour que le monde soit monde il faut qu'ils soient habités par des demeures et par des demeures historiques c'est à dire par des points de repère par des lieux qui fixe et la singularité de ce monde et qui nous permettent de nous identifier de nous reconnaître proche ou lointain de ne reconnaître chez nous ou d'aller voyager vers l'arrière il faut que le monde ne se réduisent pas à une forme d'un différenciation et qu'est ce qui empêche le monde de devenir indifférenciée sinon le caractère singulier de ses manières d'habiter le monde dont témoigne la demeure la demeure est ce par quoi nous sommes liés attaché un espace particulier qui prend pour nous une signification singulière la demeure est d'habiter et elle est ce par quoi le monde peut être habité c'est ce dont témoigne précisément saint-exupéry que vous évoquez tout à l'heure et votre citation me fait me fait penser à ce texte magnifique et la lettre général x sur laquelle j'ai ouvert ce ce livre demeure dans la lettre général x saint-exupéry réfléchi sur ce qu'il y a de désert de l'homme dans le monde que nous construisons désert de l'homme pourquoi un tel désert de l'homme et bien précisément parce que nous ne savons plus doux nous sommes et il réfléchit en constatant il est à l'époque en 1943 dans un camp américain qu'il a rejoint volontairement pour pouvoir participer malgré son âge avancé à la lutte contre l'allemagne nazie saint-exupéry dans ce camp américain regarde tous les jeunes pilotes qui sont autour de lui tous les jeunes mécaniciens tous les jeunes militaires qui l'entourent et il s'étonne de ces jeunes qui ont traversé les mers qui pourtant ne connaissent pas la nostalgie c'est je le cite c'est la réponse terribles de cette plaisanterie tu vas partir loin loin d'où aujourd'hui ils ne savent tellement pas d'où ils viennent que le lieu qu'ils ont quittée n'était plus qu'un vaste faisceau d'habitude dans ce monde de divorce on divorce avec la même facilité d'avec les lieux et d'avec les choses tout est un cheikh changeable le frigidaire et la femme et la maison à quoi pourrait-on encore être infidèle loin d'où est un fidèle à quoi désert de l'homme ce sont les mots de saint-exupéry dans la lettre général x à quoi pourrait-on être un fidèle lehoucq ils ont quitté n'était plus qu'un vaste faisceau d'habitude tu vas loin loin d'où et bien il y à là le désert de l'homme loin d'où c'est à dire au fond nous ne pouvons même plus aller loin puisque nous mon plus de ou qui constitue le point de départ pour donner sens à nos zoodyssée nous n'avons plus de points fixes qui viennent constituer la différence entre le proche et le lointain entre le familier et l'inconnu et il y à là quelque chose qui fait précisément le caractère inhumain du monde que nous construisons s'il n'est plus habitée par une demeure particulière la civilisation écrit encore saint-exupéry dans cette même lettre la civilisation est un bien invisible puisqu'elle est ce qui lie les choses les unes entre elles elle est le lien invisible entre les choses les choses je m'en fous 10 un texte qui subsisteront ce qui vaut c'est un certain arrangement des choses cette haendel mais c'est aussi la maison et c'est aussi le déjeuner à l'ombre d'un platane dans la ferme provençal la civilisation est un trésor invisible puisqu'elle est l'occasion de ce lien invisible entre les choses les choses ne compte pas ce qui compte c'est le lien entre les cheveux ce qui compte c'est le lien entre les êtres et ce qui compte c'est le lien que les êtres nous avec les choses et c'est ce lien là qu'on appelle précisément la demeure c'est ce lien si mystérieux qui fait qu une demeure est précisément un lien qu'est ce qu'il y a de si magnifique dans la demeure c'est qu'elle nous fait rentrer et je passe maintenant de la dimension de l'espace à la dimension du temps elle nous fait rentrer dans l'ordonnancement des choses qu'est ce que c'est qu'une demeure c'est quelque chose qui échappe là encore à la raison calculatrice qui échappe à la raison mathématiques la demeure est plus qu'une super une somme de pierres une juxtaposition de fenêtres et une addition de tuiles la demeure est plus que la somme des matériaux qui la composent l'amour de la maison dit encore saint-ex l'amour de la maison commence là où en être un et conçu au delà des matériaux qui le composent une maison est plus qu'une addition de pierre et la demeure historique la demeure familiale est beaucoup plus que l'addition des pierres qui la composent si vous êtes rationaliste vous êtes positiviste si vous la regardez avec pure vision du technicien froid et abstrait et bien vous pourrez penser que la demeure est déplaçable recompose abl modelable à l'infini vous pourrez faire comme le font les maniaques chinois le projet de reconstruire le château de versailles en chine après tout il est tout à fait possible avec beaucoup d'argent de reconstruire un château de versailles bis à quelques milliers de kilomètres de là mais précisément le château de versailles est plus que la somme des pierres qui le constituent et n'importe qu'elle demeure familiale la plus simple et la plus modeste n'importe quel faire mériter et reconstruite par la génération qui vous a précédé est plus que la somme des pierres qui la constituent et c'est ce que vous évoquez si justement monsieur le président et qui est si mystérieux est si difficile à qualifier c'est ce qu'on appelle l'esprit du lieu il ya quelque chose là dedans qui échappe évidemment à la mathématisation qui échappe aux calculs au comptage à la comptabilité mais qui de toute évidence fait la force de la demeure et qui est l'esprit du lieu une maison est plus que la somme des matériaux qui le composent est ce qu'il y a de plus dans la maison dans la demeure familiale dans la demeure historique c'est précisément cette histoire comme il est étonnant que précisément en allant en méditant en cheminant sur les travées de du sanctuaire d'apollon adelphe comme il est étonnant qu'au milieu de ces quelques pierres qui reste pourtant l'esprit souffle encore et bien dans n'importe laquelle de votre demeure ce qu'il ya de plus important est ce qu'il faut sauver à travers chacune des pierres que vous tentez de maintenir debout les unes sur les autres ce qu'il faut sauver de plus important c'est l'esprit de la demeure c'est à dire ce qui fait que la demeure est habitée nous ne sommes pas faits d'atomes nous ne sommes pas un amas de cellules et dans notre manière d'habiter le monde ceux ci se manifeste d'une manière étonnante l'inspiration de notre conscience l'aspiration de notre esprit et disons le sans aucune espèce d'actes de théologie et simplement caractérisée par notre désir de trouver un sens dans ce monde par notre inscription dans l'espace et notre inscription dans le temps et dans un temps qui demeurent dans un temps continue qui fait la force des lieux en plein milieu de cette guerre mondiale face au nazisme guerre dans laquelle il donnera sa vie saint-exupéry qui n'était pas un pilote très ordinaire et qui a donné des sueurs froides de façon très répété à la tour de contrôle de la base de la marsa sur laquelle ils étaient situés saint-exupéry décide par une espèce de d'impulsion complètement absurde à certains égards mais pourtant tellement sens et de faire un détour par les côtes du sud de la france pour aller voir si sa maison de famille à agay si la maison de famille est encore debout ou si elle a été détruite par un bombardement allemand il risque sa vie pour aller voir si la maison de famille tient encore et il ya là quelque chose qui me paraît infiniment émouvant c'est à dire cet attachement à la demeure qui est l'attachement à tant de souvenirs l'attachement à une continuité historique à tant de moments vécu tant d'expériences traversée l'attachement à tout ce qui a fait ce que nous sommes aujourd'hui et qui habite encore un lieu une demeure n'est pas qu'à un certain nombre de mètres carrés juxtaposer les uns aux autres c'est une histoire toute entière c'est notre propre histoire singulière et dans n'importe qu'elle demeure nous savons bien que chaque pièce que chaque coin de chaque pièce que chaque endroit de chaque de chaque étage est habitée de temps de mémoire de tant de souvenirs habité de temps de passage de personnes qui nous ont précédés qui peut être aujourd'hui ne sont plus mais qui pourtant sont encore présentes mystérieusement dans ce lieu et c'est la raison pour laquelle précisément la demeure et au delà même de tous les souvenirs conscients que nous pouvons avoir le signe de ce qui demeure et de ce dont nous avons tellement besoin pour être ce que nous sommes et pour nous tourner dans le présent vers l'avenir c'est ce qui se vit dans n'importe quelle relation au fond cette formule que vous évoquez tout à l'heure on ne se crée pas de vieilles maisons de famille on la construit pas évidemment 6,6 à gué a été détruite si votre demeure brûle ou si jamais elle s'effondre vous pourrez toujours vous reloger bien sûr mais la vieille maison de famille est ce qu'il faut de temps pour que la demeure pour que la demeure sûr pour que le logement devienne une demeure cela précisément suppose une certaine épaisseur de temps une certaine densité de temps et cela ne se remplace pas cela ne se remplace pas si aguets a été détruite quelque chose d'irremplaçable disparaît avec aguets pour saint-exupéry et ceci rejoint la méditation de saint-ex cette fois ci dans terre des hommes quand il réfléchit sur ce qui se joue pour lui dans la mort de mermoz quand d'un seul coup la viande mermoz ne répond plus et qu'au fil des heures petit à petit on se rend compte qu'en fait il ne reviendra plus que mermoz s'est abîmé quelque part que son avion est tombé et que le vieux camarade est mort on ne se refait pas de vieux camarades on ne remplace pas un vieil ami perdu tout le temps qui a fait l'amitié qui nous allier toutes les bruits toutes les expériences toutes les incompréhensions toutes les joies partagées cela ne se remplace pas eh bien il me semble qu'il en va exactement de même avec tout ce qui a du sens pour nous tout ce qu'il ya de la consistance pour nous tous qui fait la condition de notre vie dans le monde et la demeure évidemment et la condition temporel de notre présence au monde de notre présence au présent et de notre présence à l'avenir qu'est ce qui peut donner un sens à nos projets qu'est ce qui peut donner un sens à nos désirs qu'est ce qui donne un sens à notre mouvement vers demain sinon notre inscription dans ce temps qui dure sinon notre relation avec cette continuité qui demeure pour pouvoir fonder en nous l'énergie et la liberté qui ont besoin de se relier à quelque chose comme un point fixe comme un point de repère et ses points de repères ne se remplace pas à l'envi il ne se change pas il ne sont pas plastique il ne se modifie pas au gré de nos transformation il nous faut habiter le monde pour pouvoir y trouver le lieu de nous aventurer habiter le monde suppose un rapport à l'espace et suppose ce rapport au temps long et enfin ce qui se joue dans la demeure c'est que ce rapport au temps long et précisément l'occasion pour nous de manifester que ce droit fondamental de l'âme humaine ce droit à l'enracinement ce se caractériser s'exprime dans notre manière de construire les demeures que nous formons au fond depuis tout à l'heure nous touchons au tour de tournant autour de quelque chose qui pourrait nous faire paraître pour des anachronismes vivent dans un monde marqué par l'omniprésence du calcul dans le monde de la numérisation dans le monde où dominent les chiffres dans donc dans le monde où la politique elle même s'est donné pour seul horizon le fait d'améliorer le taux de croissance et le taux d'emploi pour les gens qui ne sont pas négligeables mais qui sont devenus exclusif et qui font que tout devrait converger à la fin dans une statistique dans ce monde-là la demeure dit quelque chose qui ne peut pas être calculé et ceci n'est pas à nouveau bien sûr lorsque notre lointain ancêtre habite la grotte de lascaux il ne cherche pas seulement à se mettre à l'abri des intempéries ou à se protéger des potentiels prédateurs lorsque notre lointaine ancêtre habits de la grotte de lascaux il y peint des fresques et ses fresques ont ceci de particulier qu'elles ne servent absolument à rien d'un pur point de vue utilitaire peindra mammouth n'a jamais nourri personne d'un pur point de vue utilitaire la fresque de lascaux caractérise une sorte d'aberration de cet homme préhistorique dont on peut imaginer la précarité extrême des conditions d'existence mais dans cette précarité même notre lointain ancêtre de lascaux témoigne de son humanité en peignant la fresque du lieu dans lequel ils habitent merci infiniment
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au fond la différence entre notre condition physique organique et notre humanité accompli c'est précisément celles qui se traduit par la distance de cette gratuité absolue la gratuité de la beauté et c'est pas la gratuité de la beauté que nous témoignons à la fois de ce lieu familier qui détermine notre rapport à l'espace qui nous entoure et de cette durée dans lequel nous inscrivons et qui fait précisément la singularité de notre rapport au temps cette gratuité de l'effort vers la beauté de l'effort vers ceux qui littéralement ne sert à rien ne répondent à aucun besoin primaire de nos corps cette gratuité absolue est pourtant ce qu'il y a de plus nécessaire à l'homme on pourra vous dire à raison qu entretenir des demeures historiques ne sert absolument à rien dans le monde dans lequel nous vivons que si les questions de reloger un maximum de personnes il vaut mieux faire des grandes barques construire des demeures historiques où il y attend deux places perdues dans de commodité mal à ranger temps de de vétusté qui ne sont pas du tout ajusté au confort requis par les rationalité moderne et on aura bien raison et il y a pourtant dans n'importe laquelle de votre demeure quelque chose qui fait que l'homme est humain quelque chose comme cette espèce de superflu cette gratuité cette inutilité absolue qui est la condition même de l'humanité de l'homme le signe de l'humanité de l'homme cet attachement à la beauté qui n'est pas nécessairement le fait d'une forme de prospérité ou qui n'est pas le luxe inutile que se donne celui qui a déjà tout satisfait de ses besoins fondamentaux encore une fois l'homme de lascaux ne pouvons pas présumer qu'il vivait dans le confort absolu il vivait au contraire dans la plus grande des précarités et pourtant dans la plus grande des précarités matériel il savait consacré ce qu'il fallait d'efforts ce qu'il fallait d'attention ce qu'il fallait d'engagement à cette humanisation de ces conditions d'habitat qui s'appelle la beauté et je suis souvent très frappé si vous voulez si ce livre est né d'une expérience ou d'une pluralité d'expérience l'une d'entre elles est de toute évidence le fait de circuler beaucoup plus que je ne le voudrais pour aller rencontrer des publics variés et donc je prends très souvent le train comme sans doute beaucoup d'entre vous et traverser la france en train c'est toujours pour moi une occasion d'étonnement vous voyez autour de vous comme je le vois dans notre région de loire atlantique tout près de l'endroit où ma famille a ses racines nous voyons autour de nous de magnifiques ferme du xviie du xviiie siècle qui sont en train de s'écrouler et juste à côté de petites maisons qui poussent comme des champignons avec tout le confort moderne ces fermes ont été construites par des gens qui n'étaient pas aussi riche que nous le sommes aujourd'hui ni individuellement ni collectivement beaucoup d'entre elles je pense à la possonnière une petite longère de loire atlantique que je connais bien car elle est tout au bout du chemin au bout duquel se trouve notre notre demeure familiale et bien c'est tout à fait symptomatique la la possonnière c'est de cette vieille ferme de plain pied avec un sol en terre battue elle n'avait évidemment pas le chauffage ni eau courante mais chaque fenêtre est une sorte de miracle de grâce et d'élégance avec le contournement l'encorbellement de chaque de chaque pierre chaque relief du toit à ceux ci d'incroyablement poétique que l'on sent l'attachement à la beauté à lagrasse malgré une forme d'extrême précarité sans aucun doute de ceux qui l'ont construite et des conditions dans lesquelles vivaient ce qu'ils pouvaient y habiter nous ne voulons plus d'ailleurs de cette précarité nous construisons des petites maisons avec le chauffage central avec l'électricité avec tout le confort requis pour pouvoir vivre aujourd'hui mais les petites maisons qui sont toutes indifférente et sans âme et qui se ressemblent toutes d'ailleurs et qui finissent par faire en sorte que notre monde de prospérité que notre monde que ce rêve de réussite que constitue le fait d'être propriétaire de sa petite maison à soi serait fini par aboutir à l'indifférenciation et l'uniformisation d'une stratégie de logement qui ne répondent vraiment pas au besoin d'habiter de l'homme il ya un film soviétique de vigny ryazanov qui décrivait exactement cette situation étrange c'est l'histoire de demain du personnage principal qui s'endort un soir à la fin d'une soirée trop arrosée à la vodka avec quelques amis il s'endort dans son appartement et ses amis décident de lui jouer un tour et il le met dans un avion et l'avion change de ville et le déplace dans un autre endroit et on installe dans sept autres villes dans un appartement avec des actes eux mans identique car dans l'union soviétique la planification de la politique du logement faisait que tous les appartements étaient exactement identique les uns aux autres et ce garçon rentrer chez lui et évidemment il trouve les mêmes rues agences et de la même façon avec les mêmes numéros la même clé ouvre la même porte à la même étage du même appartement et il rentre dans un appartement qui est identique au sien dans lequel se trouve une jeune fille et c'est le début de l'histoire mais il ya toute une ironie incroyable dans le fait que cette indifférenciation est une forme de mépris de violences causées à ce besoin de l'âme humaine qui est un besoin d'habiter un lieu singulier et qu'est-ce qui rend singulier les lieux que nous habitons sinon cette expression d'un désir de gratuité une forme de beauté le souhait d'un ornement d'une décoration quelque chose de superflu qui ne répondent pas à un besoin car nos besoins sont identiques mais qui répond à un désir qui répondent à cette élévation à ce désir d'élévation vers ce qui est beau vers ce qui ne sert à rien mais qui pourtant est nécessaire pour que nous puissions témoigner de ce que nous sommes humains dans notre manière d'habiter alors oui bien sûr la demeure est évidemment un signe de contradiction dans ce monde que nous connaissons dans ce monde de mouvement dans ce monde d'innovation dans ce monde de calcul et de chiffres dans ce monde de circulation indifférenciée dans ce monde qui voudraient précisément s'ouvrir à une sorte d'indifférence iations la demeure historique est un signe de contradiction dans ce monde préoccuper du calcul et de l'intérêt évidemment entretenir une demeure vous suffit pas vous vous placez peut-être parfois en avez vous le sentiment au rang des marginaux de ceux qui se mettent à l'écart du mouvement perpétuel auquel on voudrait les enjoindre suffit dans tous les cas vous ranger dans les marges de cet univers et peut-être et sans doute certainement vous arrive-t-il d'en souffrir ou de trouver cela pesant mais je voulais simplement vous redire comme je l'avais fait il ya deux ans mais il faudrait leur dire plus souvent encore vous redire à quel point le travail que vous faites est pourtant essentiel pour sauver la possibilité même de notre avenir commun nous le voyons bien aujourd'hui c'est exactement ce qui est en jeu à travers la crise que notre pays traverse il y a une difficulté de se reconnaître encore un lien commun ce qui est en jeu directement c'est précisément ce lien invisible qui nous les êtres entre c'est à dire essentiellement ce qu'on appelle une civilisation et dans le sentiment que la civilité même se perd dans le débat démocratique c'est la capacité de notre civilisation a continué de nous réunir qui se montre fragilisé et que nous serons en danger est bien dans ce monde tel qu'il se dessine il me semble que nous avons plus besoin que jamais de garder des points de repère que nous avons plus besoin que jamais de retrouver nos racines de pouvoir les retrouver non pas d'une manière abstraite et théoriques non pas d'une manière proclame à thouaré et schématique mais de les retrouver de façon concrète visible de les retrouver d'une façon palpable et un carnet et ses points de repère qui nous relient ne sont pas des grandes valeurs abstraites ce sont des lieux des ambiances des atmosphères ce sont des sonorités c'est une certaine langue et une certaine manière de dire le monde qui nous entoure ce sont des noms communs mais aussi des noms propres et tout ce qui fait le monde dans lequel nous habitons et tout ce qui fait que notre monde est vraiment notre monde et que nous sommes siens parce que nous sommes nés de lui et de ce point de vue là bien sûr rien ne nous est plus nécessaire que de pouvoir retrouver le sens de ce qui demeure pour pouvoir revenir encore une fois la demeure n'est pas le synonyme d'une forme d'immobilité de passivité et vous êtes mieux placé que quiconque pour savoir au contraire ce qu'il faut d'imagination d'efforts et de créativité pour faire que la demeure de moeurs si ce mot me paraissait si magnifique c'est parce que précisément ce que je voulais dire dans ce livre ça n'était pas un éloge de l'immobilité être immobile c'est une manière d'être inhumain être immobile c'est une des façons d'être mort la demeure n'est pas immobile elle n'est pas inerte elle ne ressemble pas du tout à l'immobilité statique de ce qui n'est plus vivant au contraire la demeure est demeure en tant qu'elle est vivante et en tant qu'elle est demeurent elles mêmes conditions de la vie et en écrivant ce livre je pensais à vous tous qui savait mieux que personne tout ce qu'il faut d'efforts et d'énergie tout ce qu'il faut de vie pour que la demeure puisse perdurer pour transmettre une demeure vivante tout ce qu'il a fallu d'efforts et d'énergie pour que la demeure parviennent jusqu'à vous et tout cela est un appel et une exigence et une responsabilité et une projection vers l'avenir c'est de cette projection vers l'avenir que nous avons besoin aujourd'hui et c'est de ne pas connaître notre demeure que notre pays crève maintenant parce que nous ne savons plus pourquoi continuer nous ne savons plus vers où aller nous ne savons plus qui nous sommes et ce qui nous lie profondément il s'agissait pour moi de faire non pas l'éloge de l'immobilité mais l'éloge de la demeure en tant que la demeure est une activité non pas l'absence de mouvement comme les l'immobilité non pas la privation de l'énergie mais au contraire un acte un travail un choix un effort est ce qui donne sens à tout effort et ce qui donne sens à tout acte je terminais ce livre par l'évocation d'une figure qui me touche particulièrement qui est de nouveau une figure de la grèce antique ulysse ulysse est un héros bien sûr ulysse n'est pas un homme pacifique mobile ou inerte c'est un héros à tel point d'ailleurs que le mot même d'odyssée vient du nom d'ulysses ulysse est celui qui peut nous redonner le sens de l'audition le sens de l' aventure le sens de l'inventivité et au maire le décrit comme ce mécano cet homme aux mille tours mille ruses qui a toujours une manière nouvelle de s'en sortir pendant dix ans ulysse navigue dans cet univers mobile mais pendant dix ans dans cet univers mobile ulysse à une seule et unique préoccupation qui est de retrouver sa demeure de retrouver iddac sur l'île de calypso rendez vous compte il est tenu en otage par une main elle est splendide mambele elle est immortelle elle voudrait l'épousé et calypso ne comprend pas vraiment elle ne comprend pas du pur point de vue de la rationalité mathématiques et calculatoire vous avez l'occasion de quitter le monde des mortels vous avez l'occasion d'épouser une nymphe vous avez l'occasion de toucher à une sorte de perfection absolue à nous aussi le monde contemporain nous promet peut-être un jour de vaincre et les limites de notre condition humaine de sortir de cette espèce de demeures branlante dans laquelle nous avons l'impression d'être toujours trop à l'étroit de pouvoir nous aussi atteindre une forme de perfection de cette perfection absolue que le monde du numérique semble devoir caractérisé d'une forme de toute puissance des fêtes de tout âge et de toute pesanteur terrestre et calypso promet à ulysse de pouvoir atteindre cette espèce de perfection absolue mais ulysse ne veut pas de la perfection absolue il veut retrouver sa demeure et dès lors que zeus la libérer il quitte calypso il reconstruit son radeau ils retournent vers ithaque le grand écrivain blondin s'étaient faits s'étaient prêtés à l'exercice difficile qui consiste à résumer les grands chefs-d'oeuvre de l'humanité en une phrase comment résumer l'odyssée en une phrase c'est très difficile bien sûr c'est l'un des plus grands poèmes que nous connaissions un poème immense de dizaines de milliers de vers et blondin s'est prêté à l'exercice en résumant l'odyssée ce poème de dizaines de milliers de verres en une phrase et la voici ma femme m'a temps et bien il me semble que la demeure habitée est précisément ce qui nous attend et ce que nous attendons avec le plus de soucis avec le plus de nostalgie d'une nostalgie qui n'est pas inféconde au contraire ulysse est un héros de la nostalgie et peut-être devons-nous redevenir nous aussi des héros de la nostalgie non pas au sens où elle ne tournerait vers le passé mais au sens où l'attachement à ce qui demeure est ce qui peut nous projeter dans l'avenir et nous fait revivre les aventures qui nous attendent pour demain à la fin de l'odyssée ulysse retourne chez lui il retrouve ita qu'il ait reconnu des siens et c'est ce qui me paraît le plus incroyablement émouvant dans ce dans ce moment de la reconnaissance le défi est difficile parce que il est parti il ya 20 ans et de fait sa femme qui est la dernière personne à laquelle il va se présenter sa femme ne veut pas croire que ce soit ulysse qui revient pénélope l'a attendu si longtemps pendant si longtemps la fidl pénélope a tissé et des faits la toile pour écarter les prétendants qui menaçait de prendre la place de son mari et elle se demande si cet homme qui dit être ulysse n'est pas l'un de ses prétendants plus malin que les autres qui se serait déguisé en son mari pour pouvoir enfin réussir ce que les autres n'ont pas pu faire alors elle se garde bien de toute explosion de joie ceux qui m'aiment irrite télémaque tankers est trop dure mère ton coeur est trop dur mais ulysse comprends très bien il est normal que ta mère ait besoin de temps peut-être est-il comptant déjà de ne pas se faire engueuler parce que revenir après 20 ans c'est quand même pas évident et donc il comprend que pénélope et besoin d'un peu de patience pour pouvoir retrouver son mari et il dit tout simplement maintenant je vais prendre un bain et je vais me reposer alors pénélope lui dit et écoute moi bien ulysse ta chambre a changé d'endroit tu n'es plus dans la même pièce et c'est la première fois non pas seulement de l'odyssée mais de l'iliade et de l'odyssée c'est la première fois en 20 ans qu'ulysse se met en colère ulysse est totalement perdu et ils semblent décontenancé totalement désarçonné et il se met en colère et il dit femmes as tu bien dit ce mot qui me défi qui donc a déplacé mon lit pourquoi ulysse se mettent-ils en colère parce que ulysse c'est ce que seuls pénélope c'est comme lui le mystère de sa demeure c'est qu'il a construit sa chambre nuptiale autour de son lit son lit autour d'un olivier millénaire et qu'il a construit et la maison tout entière autour de la chambre nuptiale et que par conséquent le monde entier pour ulysse est concentré autour de cet olivier millénaire autour duquel il a bâti son lit nous avons besoin de la demeure et de ce qui demeure pour pouvoir organiser le monde dans lequel nous sommes et pour la première fois une liste semble désarçonné parce que ce monde ce monde qui était le sien vient de perdre son centre depuis 20 ans il se battait pour pouvoir retourner chez lui depuis 20 ans il se battait pour retrouver ce centre du monde qui était sa demeure familière et voilà qu'on lui dit d'un seul coup que quelqu'un a coupé l'olivier autour duquel sa maison était construite et ulysse se met en colère qui donc a déplacé mon lit mais en réalité ulysse a simplement l'homme aux mille ruses trouver quelqu'un de plus rusé que lui et c'était sa femme c'est toujours comme ça que ça se passe et pénélope faisait cela seulement pour pouvoir vérifier que c'était bien du lys qu'il s'agissait parce que seul lui lycée elle savait cette histoire du lit construit autour de l'olivier et de la chambre autour du lit et de la maison autour de la chambre conjugale et donc pénélope rassure son mari et lui dit ne t'inquiète pas pour lier toujours là ton lit tu attends il nous attend et tous deux vont se coucher ensemble et il fallut que l'aurore autant les chevaux du soleil pour qu'ils puissent goûter ensemble plus longtemps la douceur du retour bonheur de naufragés reprenant pied sur la terre ferme c'est par ces mots comme air conclut l'odyssée bonheur de naufragés reprenant pied sur la terre ferme au fond nous avons tous besoin de savoir qu'au centre de notre monde avec toutes les aventures que nous pouvons y vivre se trouve cette demeure familière se trouve celui autour duquel notre monde et construit ce lieu de repos ce lieu où nous serons en repos ce lieu qui est notre monde familier et qui permet à notre monde de nous être familier et d'être pour nous humains et voilà sans doute que nous avons le plus besoin de retrouver et ce que nous pouvons retrouver grâce à vous dans chacune des demeures dont vous entretenez la vie pour que nous puissions rester vivant et rester pleinement humain bonheur de naufragés reprenant pied sur la terre ferme c'est ce que je nous souhaite le meilleur pour notre avenir commun merci infiniment propres intentions
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