Gilets Jaunes : Nicolas Dupont-Aignan sur Radio classique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse partielle
Vous avez toujours défendu les gilets jaunes depuis le début de ce mouvement.
- 2:24RelanceRéponse directe
Est-ce que vous considérez que cette affaire des Champs-Élysées est une sorte de piège organisé par le gouvernement pour discréditer le mouvement ?
- 2:49OuverteRéponse directe
Quelle est votre version de cette affaire ?
- 5:53OuverteRéponse directe
Est-ce que vous attendez quelque chose de ce qui va être dit ce matin ?
- 6:06OuverteRéponse directe
Est-ce que vous considérez, comme le dit ce matin Marine Le Pen dans l'opinion, qu'il faudrait qu'en urgence il reçoive les chefs des partis politiques ?
- 6:52RelanceRéponse partielle
Vous savez très bien que les principes économiques considèrent que favoriser les premiers de cordée, c'était d'abord faire baisser la fiscalité du capital.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Il y a un problème de rémunération du travail en France. »
- 1:41Invité politiqueChiffre
« 2 milliards pour l'accueil des migrants, 2 milliards pour l'Union Européenne en plus, 5 milliards pour les personnes les plus riches de France. »
- 2:05Invité politiqueFait
« Tout le monde sait que le pays a besoin de réformes. J'en avais proposé pendant la présidentielle. »
- 3:16Invité politiqueFait
« J'accuse formellement le gouvernement d'avoir laissé le désordre et de l'avoir scénarisé, télévisé. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Ni peste brune, ni comme toujours, il y a eu des casseurs. »
- 5:26Invité politiqueFait
« Elle m'a dit « Je gagne 900 euros par mois. Je n'en peux plus. » »
- 7:15Invité politiquePromesse
« J'avais proposé une mesure très simple qui était la suppression de l'ISF à condition que la somme que vous deviez payer au titre de l'ISF soit investie dans les entreprises et les PME françaises. »
- 7:41Invité politiqueFait
« M. Macron a commis une erreur stratégique majeure. C'est qu'au même moment, il a donné des milliards à une très infime minorité de très très riches sans exiger une contrepartie d'investissement sur le sol français. »
- 8:21Invité politiqueChiffre
« Prendre sa voiture c'est un moyen de travail des artisans, des indépendants, de tous les ruraux de France, il y en a 10 millions. »
- 8:35Invité politiqueChiffre
« On ne peut pas taxer de 10 euros supplémentaires à partir du 1er janvier chaque plein, 10 euros de taxes supplémentaires à partir du 1er janvier. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan73 %
- Présentateur21 %
- ?5 %
≈ 27,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Radio Classique, l'invité de Guillaume Durand avec le Figaro.
Nous sommes dans un contexte, d'abord bonjour, bienvenue. Vous avez toujours défendu les gilets jaunes depuis le début de ce mouvement. Est-ce que vous avez le sentiment, puisqu'on parlait de vocabulaire politique tout à l'heure avec Guillaume Tabard, qu'un « je vous ai compris » contemporain suffirait à déminer la crise
?
Oui et non. Oui, parce qu'il y a un problème de forme et d'attitude et de posture
dans
l'attitude surréaliste du Président de la République depuis d'abord le début, mais surtout dans les derniers jours.
Ce
n
'est
pas en créant une espèce
de
scène de violence ahurissante sur les Champs-Elysées, parce que tout ça est l'objet d'une grande manipulation d'État, qu'on va y arriver en stigmatisant des gens que j'ai rencontrés en province, parlons de la province, qui sont des auxiliaires de vie, des retraités, des cadres, des ouvriers, et qui n'en peuvent plus de payer toujours pour les mêmes. Donc il y a un problème de rémunération du travail en France. Ça c'est le premier point. Donc je ne crois pas que la forme ait été adéquate, et donc si le Président disait « je vous ai compris », ça serait déjà mieux que d'écrire les manifestants comme des nazis ou des fascistes. Ça c'est le premier point. Mais
non
s'il ne change pas de politique au fond.
Et
j'écoutais Guillaume Tabard, c'est quand même, s'il
y
a une telle révolte dans le pays, le résultat des choix qu'il a fait. Il a fait des choix.
Et
il doit à un moment se demander si ces choix ont été les bons. Je prends un exemple. Il a taxé les classes moyennes et les classes populaires, les retraités, mais pas seulement les retraités, de manière considérable, les automobilistes, etc. Et il a utilisé cet argent
pour
faire des largesses sur d'autres plans. 2 milliards pour l'accueil des migrants, 2 milliards pour l'Union Européenne en plus, 5 milliards pour les personnes les plus riches de France. Eh bien, il y a un moment, quand on tire sur la corde trop, elles cassent. Et ce qui est important, ce n
'est
pas d'être pour ou contre les réformes. Tout le monde sait que le pays a besoin de réformes. J'en avais proposé pendant la présidentielle. Ce qui est important, c'est que ces réformes soient partagées, justes et efficaces. Or, elles ne sont ni justes, ni efficaces. C'est ça le problème
de chose. J'ai beaucoup de questions à vous poser concernant la manifestation d'abord, et évidemment les réformes, et ce qui peut être dit ce matin, ensuite. D'abord, est-ce que vous considérez, par-delà les mots qui ont été employés, que cette affaire des Champs-Elysées, qui a mobilisé des milliers de téléspectateurs devant les chaînes, et des centaines de personnes sur place, est-ce que vous considérez, un,
qu
'il y a eu des violences avec des casseurs qui ont été vraiment, et deuxièmement,
que
c'est une sorte de piège qui a été organisé par le gouvernement pour discréditer
le mouvement. Mais bien sûr, et
personne n'est dupe en France.
Mais quelle est votre version de
cette affaire ? Ma version,
elle est très simple. Si le gouvernement avait voulu bloquer les Champs-Elysées, il l'aurait fait, comme la Concorde. La Concorde était hermétique, personne n'est passé. C'était tout à fait dans les moyens de M. Castaner de bloquer les Champs-Elysées. J'ai des amis qui y étaient, qui sont passés voir, et j'ai eu des témoignages de CRS, de policiers, etc. J'aimerais qu'un jour, on a laissé les gens rentrer.
Et
puis,
on
a surtout, le gouvernement a laissé les casseurs rentrer. Et moi,
j'ai des gilets jaunes. Parlez-moi, vous êtes formel ce matin.
J'accuse formellement le gouvernement d'avoir laissé le désordre et de l'avoir scénarisé, télévisé. D'ailleurs, avec des effets collatéraux sur le monde entier,
qui
ne sont pas brillants. Et moi, j'ai des gens qui étaient sur place. Des casseurs ont cassé devant les CRS, ont cassé. Ce n'était pas des gilets jaunes. C'était des excités, comme il y a dans toutes les manifestations.
Il
y en a eu même à la Coupe du
Monde. Alors, peste brune ou extrême gauche ? Ridicule
! Ni peste brune, ni comme toujours, il y a eu des casseurs. Mais c'est la vieille habitude de ce pouvoir. Souvenez-vous du 1er mai, de l'affaire Benalla. M. Macron croit qu'en laissant des casseurs agir, on discrédite un mouvement. On a la preuve manifeste que des casseurs ont été laissés sur les Champs-Elysées.
Il
y a eu une espèce de mise
en scène dite hollywoodienne.
La preuve, c'est des gens qui l'ont vue. Il y
a
des images, même des chaînes étrangères, qui ont été beaucoup plus diversifiées. D'ailleurs, il n
'y a
pas eu de casse énorme dans les vitrines. Il y a eu de la
casse scénarisée. Le maire a dit que pour l'économie française,
ça
avait été une catastrophe,
non seulement à l
'étranger, mais en même temps...
Les images ont été une catastrophe,
organisées par le gouvernement. Les
gilets jaunes
sur les Champs-Elysées ont aidé les commerçants à ranger leurs affaires. Donc, les témoignages sont concordants. Regardez toutes les images.
Il
n
'y a
pas eu de peste brune. Il y
a
eu cette dramatisation grotesque, stupide.
Donc,
si le gouvernement avait voulu bloquer les Champs-Elysées,
il
l'aurait bloqué. Donc, moi j'accuse M. Castaner d'avoir surfé indirectement ou volontairement sur cette concentration de casseurs sur la plus belle avenue du monde, déconsidérant les gilets jaunes et surtout déconsidérant la France dans le monde. Et c'est absurde, car les gilets jaunes, et j'insiste là-dessus Guillaume Durand, est-ce que j'ai une gueule de casseur ?
Est
-ce que j'ai une tête de... J'aime l'ordre. Tout le monde le sait. Mais je peux vous assurer qu'en province, j'ai rencontré des gilets jaunes sans presse. J
'ai
parlé avec eux.
Une
mère de famille, une retraitée de 70 ans, vous croyez qu'elle est la nuit sur un rond-point par plaisir ? Elle m'a dit « Je gagne 900
euros par mois.
Je n'en peux plus. »
Ce
sont des gens qui ne vivent plus de leur travail tellement ils sont taxés. Taxés, surtaxés. Et ils voient bien que cet argent est dilapidé dans des domaines qui ne sont pas utiles à la nation.
Donc moi, ce que je demande,
c'est la réorientation des impôts. Réorientation de la fiscalité, réorientation de la dépense, réduction du train de
vie
d'État. En un mot, une vraie politique fiscale. Plusieurs questions. D'abord,
est
-ce que vous attendez quelque chose de
ce
qui va être dit
ce matin ?
Moi, je suis respectueux à la différence de certains excités. Je suis respectueux du président de
la
République. Il a été élu démocratiquement, donc je vais écouter.
J'ai plusieurs questions comme ça. Est-ce que vous considérez, comme le dit ce matin Marine Le Pen dans l'opinion, qu'il faudrait qu'en urgence il reçoive les chefs des partis politiques ? Il t'en est la situation.
Il devrait recevoir les chefs des partis politiques. Il devrait recevoir les syndicats. Il devrait recevoir des Français gilets jaunes en les tirant au sort comme il veut. Il devrait à un moment se dire « Je suis président de la nation », c'est-à-dire de l'ensemble des Français. Si des personnes âgées, des femmes, beaucoup de femmes dans les cortèges de 40 à 70 ans passent les nuits sur des péages autoroutiers alors qu'ils n'ont aucun engagement politique, ce ne
sont
pas les professionnels CGT qu'on a l'habitude de voir. S'ils sont là, c'est peut-être qu'il
y a
un malaise qui ne date pas d'ailleurs de Macron mais qui s'est accentué avec les mesures de spoliation financière qui ont été prises sur les classes moyennes.
Alors, vous savez très bien parce que vous connaissez quand même les principes économiques qu'au départ, ce qu'ils considéraient comme étant la favorisation des premiers de cordée, c'était d'abord de faire baisser la fiscalité du capital qui en France était totalement confiscatoire.
Il y avait un raisonnement, pardonnez-moi. Il y avait un raisonnement
qui était un raisonnement économique qui ne consiste pas
à donner
de l'argent aux plus riches. Tout à fait,
mais moi j'avais proposé une mesure très simple qui était la suppression de l'ISF à condition
que
la somme que vous deviez payer au titre de l'ISF soit investie dans les entreprises et les PME françaises. Ce qui existait pour 50% de l'ISF mais pas pour la totalité. Donc, il y a des mesures qui existent dans des pays. Donald Trump l'a fait aux Etats-Unis avec des défiscalisations quand vous investissez aux Etats-Unis. Le Japon le fait, la Chine le fait, tous les pays du monde le font. sauf que M. Macron a commis une erreur stratégique majeure. C'est qu'au même moment, il a donné des milliards à une très infime minorité de très très riches sans exiger une contrepartie d'investissement sur le sol français.
Et de l'autre côté, il a considéré que la voiture était un loisir et non pas un outil de travail.
Parce
que, en fait, les mesures ont été prises par des Parisiens. Madame Born hier, ministre des Transports, a osé dire, je ne
sais
pas si vous réalisez Guillaume Durand, a osé dire à Charleville-Maisière c'est formidable, ils ont mis des autolibes.
Mais
où elle vit
?
Est-ce que les gens qui nous gouvernent savent que prendre sa voiture c'est un moyen de travail des artisans, des indépendants, de tous les ruraux de France, il y
en
a 10 millions, de tous les gens qui habitent en banlieue,
il
y en a 20 millions, et qu'il n'y
a
pas de solution alternative. Et qu'on ne peut pas taxer de 10 euros supplémentaires à partir du 1er janvier chaque plein, 10 euros de taxes supplémentaires à partir du 1er janvier. Sans qu
'il
y
ait
des conséquences économiques, sociales considérables.
Dernier point,
il
est important parce qu'on le retrouve aussi dans les journaux ce matin, beaucoup de gens considèrent que derrière les gilets jaunes une partie de la classe politique cherche la revanche de l'élection de 2017 gagnée par Emmanuel Macron en étant à la fois, si vous voulez, non mais c'est une question, en étant à la fois au soutien mais jamais en avant, c'est-à-dire en laissant finalement les gilets jaunes prendre des coups et sans être là vraiment, Vous savez pourquoi
disons que je suis bien
accueilli par les gilets jaunes ?
C
'est parce que moi depuis des années, j'ai lutté contre la spoliation des français par la privatisation des autoroutes. On m
'a
assez moqué quand je levais
les barrières d
'autoroutes. Si, c'est qu'il
y a
une question de crédibilité. La question majeure des gilets jaunes c'est comment on peut vivre de son travail en France et est-ce qu'il y a d'autres choix fiscaux possibles ? Moi je vous dis
qu
'on peut réduire davantage la dépense publique, mieux utiliser l'argent des français et ne pas prélever de la même façon. Les grandes multinationales ne payent pas d'impôts, Starbucks ne payent pas d'impôts et tous les cafetiers de France sont accablés de charge. On ne peut pas continuer comme ça. Donc il y
a
une réorientation à faire. Elle est possible. Simplement Emmanuel Macron a fait d'autres choix. Est-ce qu'il entend la colère du peuple avant qu'il soit trop tard ? Moi je souhaite que ça s'apaise.
Voilà. Et
c
'est tout. Et la réponse est à 10h30 ce matin. Merci Nicolas Dupont-Aignan en rappelant que vous êtes le président de Debout la France.
Merci Guillaume Durand. Et vous étiez l'invité
de Radio Classique ce matin donc avec nos amis aussi du Figaro. Il est 8h28 nous avons rendez-vous avec la revue de presse de Michel Grossieur et évidemment esprit libre juste après avec des éditorialistes pour discuter d'une situation qui est extraordinairement compliquée ce matin. Bonne journée à vous donc sur une expression consacrée mais sincère.
Nicolas Dupont-Aignan