Rachida Dati assure qu'il n'y a "pas d'accord" avec Sarah Knafo pour les municipales à Paris
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Thomas Soto, RTL Matin.
Elle est arrivée deuxième du premier tour des municipales à Paris dimanche dernier avec 25,5% des voix. Dans sa mairie du 7e arrondissement, elle a été réélue dès le premier tour. Rachida Dati est donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Rachida Dati.
Bonjour Thomas Soto.
Vous serez trois à vous disputer la mairie de Paris dans quatre jours. Emmanuel Grégoire, PS, PC écologiste, Sophia Chikirou, l'insoumise et vous. Pourquoi, Rachida Dati, pourquoi faudrait-il choisir un bulletin Dati dans l'isoloir dimanche ? Pourquoi vous ?
D'abord, ces élections municipales sont un enjeu historique pour Paris. Parce que pour la première fois, une majorité de Parisiens souhaitent le changement, souhaitent l'alternance à Paris. Donc le choix va être très simple dimanche. Soit on continue avec une gauche qui a échoué sur tout, soit on change. Paris a besoin d'un nouvel élan après 25 ans de gauche. C'est là tout l'enjeu évidemment de cette élection. Donc c'est stoppou encore en fait. Exactement, c'est tout l'enjeu de cette élection. C'est un choix décisif, mais attention c'est un choix définitif et pour des années.
Si le changement, l'alternance, si le camp du changement et de l'alternance ne se mobilisent pas dimanche, nous aurons la gauche et pour très longtemps. Quand on voit surtout le projet qu'ils ont, c'est-à-dire de faire 40% de logements sociaux sur tout Paris.
On va parler de votre projet à vous. Si vous êtes élu lundi, quelle sera votre première priorité, le premier dossier sur lequel vous mettrez toute votre énergie ?
Moi je vais vous dire, si je suis élue maire de Paris, le lendemain, nous serons opérationnels avec l'équipe d'élus qui m'entourent, qui sont des élus expérimentés, ancrés évidemment dans les arrondissements et à Paris. La première mesure que je prendrai, c'est le périscolaire. C'est le plus grand scandale sexuel, pédocriminel dans le périscolaire, dans les écoles parisiennes. Il y a des agressions sexuelles commises par des animateurs qui sont censés encadrer les actives du périscolaire. Et Emmanuel Grégoire dit, je ne suis responsable de rien, alors qu'il est responsable de tout.
Il dit, ce n'est pas moi qui ai recruté les animateurs du périscolaire.
Bien sûr que si, en 2015, mon collègue Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e arrondissement, et d'autres élus de mon groupe politique, en 2015, nous saisissons M. Emmanuel Grégoire. Vous pouvez aller consulter sur le site de la mairie de Paris, le conseil de Paris du 14 avril 2015. Nous saisissons M. Grégoire, qui est en charge des ressources humaines, et de recrutement de ces animateurs scolaires.
Ça veut dire que les problèmes et les dérives sexuelles de certains animateurs existaient déjà en 2015 ?
En 2015, vous pouvez regarder ce conseil de Paris. Et Jean-Pierre Lecoq dit, il y a des dysfonctionnements, puisqu'il y a des suspicions de maltraitance et d'agression sexuelle sur des enfants. Il nous répond, en sa qualité d'adjoint en charge des ressources humaines, et du recrutement de ces animateurs scolaires. Il dit, non, mais tous les contrôles ont été faits, circulaient, il n'y a rien à voir. Et il nous répond, quelques années plus tard, quand on le ressaisit. C'est tous les ans, nous le saisissons. Nous demandons une inspection, le rapport d'inspection a été enterré pendant des années.
Il y a une volonté de cacher les choses.
En fait, c'est une volonté de ne rien faire, en disant, tout ça n'est pas très grave. Et que nous répond-il encore récemment ? Il dit, nous sommes dans la moyenne nationale des agressions sexuelles. Il s'agit d'agressions sexuelles et de viols sur des enfants d'école maternelle. M. Soto, ce n'est pas un vol de portable.
On est d'accord, on est d'accord.
Attendez, juste, je termine là-dessus. C'est très grave, ce que je vous dis. Et donc, cet omerta, ce silence médiatique et politique, est honteux et scandaleux.
L'omerta, c'est-à-dire que pour vous, il y a quand même eu une volonté de cacher les choses ?
Évidemment, regardez, il y a les familles, moi, par respect pour les familles et les victimes, on ne connaît pas le nombre d'enfants victimes. Les familles sont totalement désemparées. Il n'y a pas eu de procédure. Nous ne connaissons pas le nombre d'animateurs déplacés ou suspendus.
Alors, en 2025, il y a eu 46 intervenants suspendus, dont 20 pour des faits à caractère sexuel. Et depuis le début de l'année, en 2026, il y a eu 9 animateurs.
Mais attendez, 2025, 2023, des cinquantaines d'animateurs suspendus. Là, depuis le 1er mars à ce jour, il y a eu 16 animateurs encore suspendus. Là, entre le 1er mars et aujourd'hui, 16 animateurs. Mais Rachid Zati, pardon.
Vous êtes magistrate de formation. Vous avez connaissance qu'il y a des problèmes depuis 2015. Vous revenez à la charge auprès de la mairie de Paris. Peut-être que ce n'est pas possible, mais il n'y a pas moyen de saisir le procureur, de faire un article 40 ? Non, parce que nous... Parce que tout le monde a laissé dormir le truc.
Vous avez raison. Mais nous, on ne connaît pas la nature des faits qui sont désormais. On voit qu'il y a un dysfonctionnement. Vous savez qu'il y a un problème. On sait qu'il y a un problème. Pourquoi ? Parce qu'il y a des animateurs qui sont déplacés, on ne connaît pas le motif. On ne sait pas ce qu'ils deviennent. Et des animateurs suspendus, on ne connaît pas le motif et on ne sait pas ce qu'ils deviennent. Et donc, nous, on saisit l'adjoint qui est en charge du recrutement.
Pour vous, c'est tout la faute d'Emmanuel Grégoire ?
Il est en charge le recrutement et le contrôle. Et donc, aujourd'hui, ce scandale, il ne peut pas s'exonérer de cette responsabilité.
Alors, que feriez-vous, une fois élu, pour que les parents puissent mettre leurs enfants dans les activités périscolaires en toute confiance à partir de la rentrée de sept ans ? Quel est le plan ?
Si je suis élue maire de Paris aujourd'hui, dès le lendemain, avec mes adjoints, nous recevons d'abord toutes les familles qui n'ont pas été reçues. Nous les accompagnons, évidemment, dans les procédures. Mais l'urgence, c'est de sortir les animateurs. Oui, exactement. Nous identifions aussi le nombre d'enfants victimes. Ce sont des tout petits-enfants. École maternelle, le dernier cas, suspicion de viol sur un enfant de trois ans. Et la troisième chose que je fais immédiatement, les animateurs suspendus ou déplacés ne seront pas reconduits. Je mets fin à leur contrat. Je vous dis pourquoi.
D'accord, mais ça ne permet pas de faire le ménage sur ceux qui sont passés entre les gouttes pour l'instant. 14 000 animateurs, 11 000 vacataires. Donc ce sont des statuts précaires et ce ne sont pas des professionnels. Voilà à qui la mairie de Paris, M. Grégoire, a confié nos enfants. Et donc, la réalité, il faut aujourd'hui recruter avec des contrôles a priori. Vous checkez dans les fichiers, c'est possible. Brevets d'État, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Des brevets d'État en lien avec la jeunesse. Et ensuite, on fait comme pour les inspections dans l'éducation nationale. Ce sont des contrôles inopinés pendant les activités de périscolaire.
Et l'activité aujourd'hui périscolaire, quelle est-elle ?
Donc vous recrutez des emplois pérennes avec des gens qualifiés, c'est ça ? Bien sûr. Ça va coûter cher.
Non, mais parce que vous pensez qu'il faut se soucier du coup pour la ville. Je ne sais pas ça, je dis ça va coûter cher. La sécurité de nos enfants, 25 millions d'euros vont être sur la table pour évidemment recruter des animateurs scolaires auxquels je donnerai un statut. Et ils seront animateurs dans le périscolaire le mercredi, puisque je mets fin à ce morcellement. Je fais une journée entière de périscolaire pour avoir un périscolaire de qualité, avec des animateurs formés, qualifiés, contrôlés.
Et ces animateurs, le restant de la semaine, pour avoir une école aussi inclusive, parce que nous avons aussi beaucoup d'enfants qui ne sont pas scolarisés parce qu'ils ont des difficultés, ils seront à ESH. Et comme ça, ils auront un emploi à temps plein, rémunéré, reconnu.
Le projet est clair. On a beaucoup de questions, notamment des questions d'auditeurs ce matin. Hier, vous avez, lors du débat de BFM, dit que vous alliez réduire la taxe foncière. De combien ?
Alors, la taxe foncière, vous savez que Mme Hidalgo et M. Grégoire, en 2020, avaient dit aux Parisiennes et aux Parisiens, nous n'augmenterons pas les impôts, et encore moins la taxe foncière. Vous, est-ce que vous augmenterez les impôts ? Non. Rien ? Ah non, c'est dans mon projet. Pendant tout le mandat. Et la taxe foncière, vous l'avez essayé de combien ? Justement, nous avons eu des discussions, notamment avec les colistiers. La taxe foncière, moi je reviendrai sur la hausse que M. Grégoire et Mme Hidalgo ont pratiquée. Ils ont augmenté... Ça fait une baisse de combien ? Attendez, ils ont augmenté la taxe foncière de 62%. Vous savez pourquoi ?
Parce que sinon, le budget n'était pas sincère, il n'était pas bouclé. Ils ont racketté les Parisiennes et les Parisiens à hauteur de 600 millions d'euros. Et donc, sur la mandature, la taxe foncière sera réduite de la hausse que Mme Hidalgo et M. Grégoire s'étaient engagés à ne pas faire. Elle a rapporté 600 millions d'euros sur la mandature. On s'engage évidemment à la réduire de ce montant-là.
Question très concrète d'un auditeur en 74-900. Quelle vitesse sur le périphérique ? Réponse courte.
Alors, je rétablis les 70 km heure. Ça repasse à 80 km heure. Oui, parce que vous savez, le périphérique, c'est un axe central. Paris est une capitale économique. Le périphérique n'est pas un lieu de vigiléature. Et Mme Pécresse avait proposé à Mme Hidalgo, pour réduire les nuisances sonores, de financer l'enrobéphonique sur le périphérique. Nous le ferons avec Valérie Pécresse. Nous mettrons un enrobéphonique pour réduire les nuisances sonores. On rétablira la vitesse. Et nous allons, sur 4 km, recouvrir le périphérique.
Les électeurs ont aussi besoin de savoir pour qui ils votent. Quand on vote Dati, est-ce qu'on vote pour la droite de Darmanin à Cnafaux, pour reprendre les termes de la primaire dont rêve Laurent Wauquiez pour la prochaine présidentielle ?
On vote pour la liste qui est composée de renaissances, d'horizons, parce que j'ai fait une fusion avec Pierre-Yves Bournazel, que je remercie. Il s'est barré, il a dit, je ne suis pas d'accord, on fait fusion, mais je ne reste pas. Ah bon, il a dit, je ne suis pas d'accord, vous l'avez entendu ? Parce que vous étiez là pendant qu'on était en entretien tous les deux ?
Non, je l'ai écouté le 20h, c'est tout, j'avoue, je n'étais pas là.
En plus, vous ne pouvez pas, vu votre jambe là-bas de l'autre côté ? Oui, c'est vrai.
Non, mais sérieusement, votre principal adversaire, Mme Hidalgo, il s'inquiétait. Il a dit, imaginez-vous un seul instant Jacques Chirac et l'humère de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen. C'est l'allusion à Sarah Knafo. Il n'y a pas d'accord avec Sarah Knafo ?
Non, je n'ai pas, et je l'ai toujours dit. Vous l'avez au téléphone ou pas ? Oui, parce que je lui ai dit que je ne pouvais pas faire d'alliance avec elle. C'est une réalité. Et donc, aujourd'hui, quelle est ma liste ? Avec des élus de Renaissance, Horizon, l'UDI, le Modem, la Société Civile, la droite républicaine. Voilà les personnes, quels sont les colissiers ?
Pour vous, la digue est infranchissable avec le Rassemblement National ?
Ça a toujours été notre politique. Ça a toujours été notre politique. L'extrême droite ? Je suis dans la ligne Jean-François Copé, Valérie Pécresse et d'autres.
Mais peut-être pas la ligne Retailleau. Vous avez vu ce qu'il a dit sur Ciotti ou pas ? Il a lâché Christian Estrosi ?
Non, mais il est revenu. Vous avez vu qu'il a tweeté. La commission d'investiture, notre parti, a donné son soutien à Christian Estrosi. Et d'ailleurs, Michel Barnier, qui est le président du Conseil National des Républicains, a confirmé cela. Vous, si vous étiez à Nice, vous voteriez Estrosi ? Mais moi, c'est le choix des Niçois. Mais nous avons soutenu Christian Estrosi.
Ah, vous êtes comme Bruno Retailleau, c'est le choix des Niçois ?
Non, mais... C'est quand même des soutiens un peu timides. Non, ce n'est pas des soutiens timides. Moi, je vais vous dire, chacun se mêle de sa ville. Je dis simplement que mon parti a apporté le soutien à Christian Estrosi. C'est clair et net. Voilà, je vous le dis.
Et c'est une faute de Bruno Retailleau, quand même ?
Non, mais moi, je vais vous dire, je ne l'ai pas entendu en direct, mais je n'ai pas compris pourquoi il a dit qu'il ne soutenait pas Christian Estrosi. On n'a pas compris. C'est pour ça que, d'ailleurs, nous avons tous réagi.
Parce qu'il a dit, en gros, la campagne est sale, et je ne me reconnais pas là-dedans, et les électeurs trancheront.
Non, mais les campagnes, en ce moment, sont assez outrancières, il faut dire.
Justement, on arrive à la fin de cette campagne. Est-ce que vous avez des regrets ?
Sur cette campagne, on croit toujours qu'on n'en fait pas assez. Mais on donne tout. On donne tout avec les colistiers, avec les élus, les militants. Vous savez, les militants, de manière très gratuite, s'engagent dans la vie publique. Ils traquent tous les matins très tôt, très tard le soir. Ils donnent de leur temps leur énergie, justement, au service d'un intérêt général. Moi, je remercie tous les élus, tous les militants.
Et sur votre style, on sait que le style d'Ati, on l'aime ou il braque. Qu'est-ce que vous dites à ceux que vous braquez, qui voient en vous une Trump à la parisienne ?
Est-ce que, quand on s'occupe du périscolaire, la sécurité de nos enfants, c'est Trumpiste. Est-ce que, si je veux rétablir la sécurité à Paris, parce que la délinquance a explosé, le narcotrafic a augmenté à 218%, les agressions sexuelles de 60%, les atteintes aux personnes de 25%, la ville est très sale. Est-ce que d'avoir une ville sûre, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, une ville prof, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, protéger nos enfants, réduire...
On ne refait pas tout le problème, parce que sinon, on n'a pas le temps de faire qu'à Rivière.
Non mais, est-ce que ça, c'est Trumpiste ? Je trouve que c'est un peu facile.
Sophia Chiquirou, la candidate LFI, sera l'invité de Marc-Olivier Fogiel dans 20 minutes à 8h15. Emmanuel Grégoire sera là demain matin à votre place. Vous avez un petit truc gentil à lui dire ou pas, Emmanuel Grégoire ?
Je vous laisse réfléchir. Bon courage. Merci. Merci.
Rachida Dati