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InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 17 février 2018 29 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Paris : Anne Hidalgo face aux critiques - Déshabillons-les (17/02/2018)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 49 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteÉludée

    Un dessin de vous avec un rat sur la tête, ça fait quel effet d'être autant sous le feu des projecteurs ?

  • 1:29RelanceRéponse partielle

    Face à ces critiques, qui sont pas nouvelles, mais qui durent, depuis la piétonisation des voies sur berge, vous n'avez pas beaucoup répondu au départ, c'était un choix stratégique ?

  • 2:13OuverteRéponse partielle

    Vous pensez que ça va fonctionner ? D'ici deux ans, vous pensez que le temps aura fait son oeuvre ?

  • 3:41FerméeRéponse partielle

    Vous allez sortir un livre, c'est pour commencer à répondre, à faire ce bilan ?

  • 4:24OuverteRéponse partielle

    Avec le recul, il ne faut pas réatterrir à Paris ? Vous en avez été trop absente ?

  • 4:56FerméeRéponse partielle

    Vous avez changé d'opinion sur les JO ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:29Anne HidalgoFait
    « Je ne vais pas répondre du tac au tac. L'hystérie de cette époque, dans laquelle il faudrait que chacun monte au cocotier, où on passe du questionnement du projet à l'attaque sur la personne, c'est pas mon truc. »
  • 2:13Anne HidalgoFait
    « Non, pas du tout. Moi, je ne vais pas répondre du tac au tac. L'hystérie de cette époque, dans laquelle il faudrait que chacun monte au cocotier, où on passe du questionnement du projet à l'attaque sur la personne, c'est pas mon truc. »
  • 2:57Anne HidalgoFait
    « Finalement, on oublie le sujet pour s'attaquer à la personne et, en plus, quand c'est une femme d'origine étrangère... J'en ai vu aussi des trucs comme ça sur les réseaux, là, c'est le nirvana. »
  • 4:56Anne HidalgoFait
    « Je n'analyse pas du tout ça comme une absence. »
  • 5:40Anne HidalgoFait
    « Les Jeux, ça m'a toujours plu. »
  • 7:07Anne HidalgoFait
    « Tuer le père, c'est un classique du jeu politique. Donc, je n'y vois pas une originalité particulière. »
  • 7:50Anne HidalgoFait
    « Elle est déséquilibrée, il y a trop de flexibilité, pas assez de sécurité... Comme Martine Aubry, avec les ordonnances, on retourne 50 ans en arrière ? »
  • 8:33Anne HidalgoFait
    « Lorsqu'elle critique la loi travail, je dirais que, d'abord, elle critique pas Macron en tant que tel, nommément, je veux dire. Elle critique une loi sur laquelle elle peut pas se renier. »
  • 9:18Anne HidalgoFait
    « Il faut pas injurier l'avenir. Personne ne sait quelle sera la configuration qui existera en 2020. »
  • 10:46Anne HidalgoFait
    « Je suis maire de Paris, que la maire de la capitale travaille en bonne intelligence avec le chef de l'Etat et le gouvernement, c'est une évidence. »
  • 11:29Anne HidalgoFait
    « D'abord, ne posez pas le sujet sur le terrain des personnes, on n'est pas dans une cour de récréation, on est avec des enjeux qui sont faire gagner la France. »
  • 12:14Anne HidalgoFait
    « Il y a, dans l'histoire de Paris, toujours eu cette relation un peu de tension entre le gouvernement central et la capitale. »
  • 12:59Anne HidalgoFait
    « La loi travail, on va pas me demander de trouver que les ordonnances sont le nirvana, mais c'est pas un sujet directement parisien. »
  • 13:43Anne HidalgoFait
    « On se l'est dit ensemble, ça a été un échange. »
  • 15:57Anne HidalgoFait
    « Chacun fait son boulot et je n'ai pas besoin de ça. »
  • 16:40Anne HidalgoFait
    « Je n'attaque jamais les personnes. Je ne suis pas de la même famille de pensée. »
  • 17:25Anne HidalgoFait
    « Absolument pas cassé. J'ai encore correspondu avec lui. »
  • 18:08Anne HidalgoFait
    « Je pense que ce type de photos, on en reverra, mais pas parce qu'on en aurait besoin, juste par affection, amitié et fidélité. »
  • 18:50Anne HidalgoFait
    « Il y a une espèce de hiatus qu'elle doit sans doute s'employer à combler, parce que dans le fond, elle a une personnalité, c'est vrai, qui est assez franche. »
  • 19:35Anne HidalgoFait
    « Moi, j'ai beaucoup appris aussi du management de Bertrand Delanoë. Je pense que la différence, c'est sans doute dans le regard entre une femme et un homme en politique. »
  • 20:20Anne HidalgoFait
    « On met dans la représentation d'une femme politique, d'une femme en responsabilité, le fait qu'elle serait forcément dure. »
  • 21:05Anne HidalgoFait
    « Je considère que tant qu'on est en capacité de parler, d'agir et de faire bouger les lignes... »
  • 21:49Anne HidalgoFait
    « Je ne suis pas une victime. Je ne me suis jamais victimisée. »
  • 22:34Anne HidalgoFait
    « Avec ça, selon la méthode gramscienne qui veut que siphonner la rhétorique de votre adversaire soit bien plus fort que de lui rentrer dedans, l'espace pour Emmanuel Macron n'est pas évident. »
  • 23:19Anne HidalgoFait
    « Ce n'est pas lui qui s'exprime le plus sur les ondes. Il y a plusieurs groupes, entre la fachosphère, les réac', néo-réac' et les gros machos. »
  • 24:04Anne HidalgoFait
    « Tous mes prédécesseurs étaient des chatons dociles. *Ca, ça se sait bien. »
  • 26:14Anne HidalgoFait
    « Il y a une simplification aussi dans les explications, parce que c'est binaire, c'est forcément bien ou mal. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

(générique) --- -Cible de violentes attaques, elle semble peu profiter de l'obtention des JO, a-t-elle commis des erreurs de communication, notamment dans sa lutte contre la pollution ? Comment répond-elle aux attaques qui déferlent ? Nous déshabillons, en tout bien tout honneur, Anne Hidalgo, que nous avons rencontrée ici, dans un café. --- -Anne Hidalgo, bonjour. -Bonjour. -Ravis de rencontrer la personne dont on parle en ce moment avec, depuis plusieurs mois, des livres, des unes de magazines, là, L'Obs, Le Figaro Magazine très critique, L'Opinion,

0:45

un dessin de vous avec un rat sur la tête, référence à "Ratatouille", ça fait quel effet d'être autant sous le feu des projecteurs ? C'était pas le cas au début de votre mandat. -Je l'analyse pas comme ça. Je pense qu'être maire de Paris, être une femme, la première femme maire de Paris, occuper une position où... Je suis une femme de gauche, la gauche, après les élections du printemps dernier est mal en point aujourd'hui, donc, j'ai toujours considéré qu'à cet endroit-là, il y avait une surexposition. Vous dire que c'est agréable, non. Je ne suis pas du tout maso. Mais, justement, on fait un peu la part des choses, c'est-à-dire ce qui est de l'ordre des critiques, des questionnements

1:29

de bonne foi et quand on engage des réformes, comme j'en ai engagé pour Paris, notamment en m'attaquant à la question de la pollution, forcément, on fait bouger très rapidement des lignes. Et puis, il y a la partie qui relève, je dirais, du combat politique, dans tout ce qu'il a aussi de caricatural. Ce qui est toujours surprenant, et c'est peut-être les nouveautés de l'époque, c'est le fait que la mauvaise foi, les fake news, l'attaque dont on sait qu'elle est mensongère, mais qui est reprise comme une vérité... -Par exemple, quel mensonge ? -Par exemple, les mensonges sur le fait que nous n'ayons pas concerté, alors que le plan de la concertation, il s'étale sur deux ans

2:13

avant de mettre en oeuvre une décision. -Face à ces critiques, qui sont pas nouvelles, mais qui durent, depuis la piétonisation des voies sur berge, derrière moi, on a l'impression que vous n'avez pas beaucoup répondu au départ, là, vous le faites davantage, mais vous n'avez pas été très présente dans la réponse aux critiques. C'était un choix stratégique ? Vous avez sous-estimé la portée de ces critiques ? -Non, pas du tout. Moi, je ne vais pas répondre du tac au tac. L'hystérie de cette époque, dans laquelle il faudrait que chacun monte au cocotier, où on passe du questionnement du projet à l'attaque sur la personne, c'est pas mon truc. Je fais le pari que même si l'époque et le bruit médiatique,

2:57

le tam-tam, l'hystérie, vraiment, chaque sujet devient un sujet où tout le monde joue sa vie, c'est pour, contre... -Très passionnel. -Finalement, on oublie le sujet pour s'attaquer à la personne et, en plus, quand c'est une femme d'origine étrangère... J'en ai vu aussi des trucs comme ça sur les réseaux, là, c'est le nirvana. Mais soit on rentre là-dedans et on part tous dans une folie qu'on paiera très cher, soit, et c'est mon choix, on ne rentre pas là-dedans et on continue à se dire que ce pays est aussi un pays de rationalité. C'est aussi le pays dans lequel les arguments, les argumentaires, et je finis là-dessus,

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et la culture du résultat, que j'ai... -Vous pensez que ça va fonctionner ? D'ici deux ans, vous pensez que le temps aura fait son oeuvre ? -Mon mandat, il va jusqu'en 2020, nous sommes en 2018, il y a deux ans qui sont des années, aussi, de livraisons de nos réalisations et de succès. Par exemple, Paris est la troisième ville la mieux gérée au monde, d'après le classement du World Economic Forum, c'est pas des gauchistes. -Vous allez sortir un livre, je crois, si j'ai bien entendu. -Absolument. -C'est pour commencer à répondre, à faire ce bilan ? -Non, -Ca s'appelle "Pour demain", c'est pour préparer... -C'est pas faire le bilan, c'est expliquer,

4:24

dire pourquoi il faut le faire, aujourd'hui, c'est essentiellement sur la lutte contre la pollution, et il faut le faire aujourd'hui. -Vous êtes à la tête du C40, un groupement de grandes villes internationales contre le réchauffement climatique. On vous a entendu parler anglais, je remets juste un petit extrait très court.

4:56

-Voilà, tout ça, c'est des choses que les Parisiens n'ont pas vu. -Si. -Pas tant que ça. Avec le recul, il ne faut pas réatterrir à Paris ? Vous en avez été trop absente ? -D'abord, je n'analyse pas du tout ça comme une absence. -C'est ce qu'on entend, c'est une des analyses qui est faite. -Ce n'est pas mon analyse du tout. Je pense qu'au moment où on s'est engagé, et je me suis engagée vraiment pleinement, dans la campagne pour gagner les Jeux Olympiques, vous faites pas à moitié. J'ai compris assez vite, on sortait des attentats, donc, je m'y suis engagée. -Vous avez changé d'opinion sur les JO. -Je n'ai pas changé d'opinion. Les Jeux, ça m'a toujours plu.

5:40

La question, c'était : est-ce qu'on a un intérêt à y aller, pour la ville, ou pas ? Plusieurs choses m'ont fait changer d'opinion, notamment les attentats. Le fait qu'il fallait reporter un message d'un Paris qui accueille, d'un Paris qui est là, debout, et d'être l'ambassadrice de ma ville. Une ville comme Paris, elle rayonne à l'international, et on attend du maire qu'il règle les problèmes du quotidien et qu'il soit l'ambassadeur de sa ville. -C'est ce rôle aussi que vous avez endossé, oui. -J'ai endossé ce rôle et ça ne se fait pas à moitié. Ce que je constate, c'est qu'on a gagné. Il fallait peut-être une femme maire de Paris pour gagner les JO ? -Certains vont dire qu'il fallait aussi un président...

6:24

-Il a été notamment, et je le dis vraiment sans aucun état d'âme, dans la dernière ligne droite, parce qu'on est partis en 2015, et, dans la dernière ligne droite, comme je le lui ai dit, il a aidé à marquer les derniers buts et ça a été extrêmement important pour nous de l'avoir et c'est une affaire collective, mais je pense que tous ceux qui ont participé, Tony Estanguet, Guy Drut, Bernard Lapasset et Denis Masseglia, nous sommes quand même les acteurs d'une victoire dans laquelle, à la fin, on choisit une ville. -Emmanuel Macron, vos relations n'ont pas toujours été évidentes avec lui. Revenons sur deux moments, commentés par le journaliste Philippe Martinat, du Parisien,

7:07

on commence par un moment... C'est avant le début de la campagne, quand on apprend qu'E. Macron quitte le gouvernement. Voici votre réaction. -Tuer le père, c'est un classique du jeu politique. Donc, je n'y vois pas une originalité particulière... -C'est de la pure ambition personnelle ? -Je pense qu'il y a une grande ambition personnelle. Après, ça ne m'a jamais beaucoup inspirée, je continue à ne pas être inspirée. -A l'époque, on pointait le fait qu'Anne Hidalgo était critique vis-à-vis d'E. Macron, alors qu'elle l'est beaucoup moins, dit-on, extrait sur la loi travail de septembre 2017. -Elle est déséquilibrée, il y a trop de flexibilité, pas assez de sécurité... -Comme Martine Aubry, avec les ordonnances,

7:50

on retourne 50 ans en arrière ? -On retourne très loin en arrière. -Ben, je pense que... Pendant la présidentielle, elle a sans doute commis l'erreur de se mêler de cette affaire qui ne la concernait pas, en tant que maire de Paris. Elle a eu, effectivement, un discours assez critique vis-à-vis d'E. Macron, bon, il se trouve que c'est un peu en décalage avec les scores que lui a fait dans la capitale, qui sont impressionnants, Je pense qu'elle s'est recadrée par rapport à ça. Lorsqu'elle critique la loi travail, je dirais que, d'abord, elle critique pas Macron en tant que tel, nommément, je veux dire. Elle critique une loi sur laquelle elle peut pas se renier.

8:33

Elle est de gauche, c'est une ancienne inspectrice du travail, elle peut pas se renier. -Pour vous, il y a un repositionnement un peu stratégique vis-à-vis d'E. Macron dans son discours ? -Oui, certainement. On voit bien que dans tout ce qu'elle dit, qu'elle fait, elle évite de rentrer dans une posture conflictuelle vis-à-vis du chef de l'Etat. D'abord, parce qu'elle en a besoin. Ils ont besoin l'un de l'autre, d'ailleurs. Et puis, parce que voilà, il faut pas injurier l'avenir. Personne ne sait quelle sera la configuration qui existera en 2020, donc, pour l'instant, elle essaye d'avoir un "gentlemen's agreement" avec le chef de l'Etat.

9:18

"Un gentlemen's agreement avec le chef de l'Etat", c'est ça, en fait ? -Je ne sais pas si ça s'appelle comme ça, mais il y a la période de campagne, dans une campagne présidentielle ou législative, chacun défend ses idées. -Vous avez été très impliquée. Trop, pense-t-il. -Oui, parce que je connais P. Martinat, on a souvent des discussions très intéressantes sur les stratégies, moi, je pense que je suis une femme de gauche... En tous les cas, ce que j'ai fait, c'est en fidélité avec le parti, malheureusement, qui est dans un état extrêmement... ..difficile et j'ai préféré jouer, même si je ne partageais pas tout, je n'ai jamais été à la gauche du parti,

10:00

je suis une sociale-démocrate, une européenne... -Benoît Hamon n'était pas totalement votre candidat préféré, on le sait. -Il a gagné une primaire, je me suis inscrite aussi dans quelque chose qui était la loyauté par rapport à une formation politique, qui m'a aussi formée, même si j'ai toujours été très libre et pas une femme d'appareil. Une fois qu'on a passé une campagne, que les choses ont été décidées... -Avec les Parisiens qui ont massivement voté E. Macron aussi... -Moi, j'ai voté massivement pour E. Macron... -Au 2e tour. -Bien sûr, c'est normal, je ne suis pas rentrée En Marche, je n'y rentrerai pas, ce n'est pas ma formation politique. En fait, si vous voulez, une fois la campagne terminée et une fois le choix fait par les Français,

10:46

je suis maire de Paris, que la maire de la capitale travaille en bonne intelligence avec le chef de l'Etat et le gouvernement, c'est une évidence. -Il y a cette photo qui l'illustre. -Par exemple. -C'était juste après la campagne. -C'est le 23 juin, la Journée olympique, où on a fait la démonstration qu'on voulait vraiment les Jeux, où E. Macron est venu, il a fait plus que le job, il a montré qu'il les voulait. -C'était pas évident, après la campagne, après... -Mais pourquoi ? -Vous aviez eu des mots très durs vis-à-vis de lui. Comment ça s'est passé, le rapprochement ? Vous êtes allée le chercher ? -D'abord, ne posez pas le sujet sur le terrain des personnes, on n'est pas

11:29

dans une cour de récréation, on est avec des enjeux qui sont faire gagner la France... -Vous aviez eu des critiques sur sa personne. -Pas du tout ! Pas du tout ! -Vous aviez dit : "Il a été l'inspirateur d'une pensée qui a fracturé la gauche." -C'est sur sa pensée, pas sur sa personne. Je n'attaque jamais les personnes. Je ne suis pas de la même famille de pensée... -Vous aviez critiqué son influence, on va dire, voilà. -Sur le rôle qu'il a eu, mais je suis une sociale-démocrate, écologiste et européenne et c'est ça qui me fonde. Ensuite, sur ce travail entre Paris et le gouvernement, il y a, dans l'histoire de Paris, toujours eu cette relation un peu de tension entre le gouvernement central

12:14

et la capitale... -Avec Manuel Valls, c'était pas toujours facile. -Je vais donner un exemple qui ne parlera pas aux plus jeunes, mais qui est majeur, c'est Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing, d'accord ? Donc, repartez dans l'histoire, vous verrez qu'il y a des constances. Aujourd'hui, avec E. Macron, nous avons un nombre de sujets. Lorsque j'ai l'honneur, en tant que maire de Paris, de recevoir le président le jour de son investiture, je lui ai dit très simplement : "Je suis maire de Paris "et Paris est là pour aussi faire gagner la France." Donc, tous les sujets sur lesquels on peut coopérer, même s'il y a des points... La loi travail, on va pas me demander de trouver que les ordonnances sont le nirvana, mais c'est pas un sujet

12:59

directement parisien. En revanche, Jeux Olympiques, lutte contre la pollution et engagement de la France et de Paris dans la révolution énergétique et écologique... La... Tout le chantier lié au post-Brexit, faire revenir à Paris et en France des activités économiques qui montrent qu'on reprend une place en Europe... -Tout ça, vous lui avez dit : "On va travailler ensemble" ? -On se l'est dit ensemble, ça a été un échange. -Et là, ça a été effacé, les tensions de la campagne ? -On n'est pas dans une cour de récréation, et, moi, je respecte les gens, d'abord, qui portent des idées,

13:43

même si elles sont différentes des miennes, je respecte bien évidemment le suffrage universel, Le rôle de la maire que je suis, c'est de travailler ensemble. -Il peut vous avoir surprise favorablement, au final, E. Macron ? -Oui, sur plusieurs points. D'abord, dans cette écoute, dans le fait, je pense, qu'il apporte quelque chose... Lui, il appelle ça sûrement "disruptif", en tous les cas, il apporte quelque chose : il y avait un certain nombre d'éléments ou un peu poussiéreux ou un peu archaïques dans le fonctionnement... ..ou de nos institutions ou de notre système global. Ca, c'est plutôt positif, même s'il y a des points sur lesquels je reste...

14:27

...un peu à distance. Sur l'écologie, là, je pense qu'il y a, effectivement, chez lui, une prise de conscience qu'il n'avait pas au moment où il était en campagne et où il devient président de la République. Je pense que le rôle de Nicolas Hulot, qui est un ami, qui, vraiment, moi aussi, m'a aidée avec Yann Arthus-Bertrand... -Que vous soutenez. -Absolument et qui m'a aidée à me forger une conscience écologique vraiment aujourd'hui très structurée, je pense qu'il a eu une influence très positive et qu'aujourd'hui, le président de la République, et notamment ce qu'il a fait en France et à l'échelle internationale est vraiment un leader

15:12

sur les questions justement de changement climatique. Et d'ailleurs, sur un sujet comme celui-là, sur la question de la pollution, un des conversations qu'on a eues, parce qu'on se voit régulièrement, un des conversations qu'on a eues, il m'a dit : "Heureusement que tu as fait ce que tu as fait sur la lutte "contre la pollution à Paris "car si tu n'avais pas fait ça, on le paierait un jour en termes "d'attractivité." -Il vous l'a dit. Vous aimeriez qu'il le dise publiquement. -Il le dit. Son entourage et... Tout son entourage le dit totalement. Ah non, non, ça, vous savez... -Vous vous sentez suffisamment soutenue et relayée... Parce que certains de La République En Marche sont critiques sur la pollution à Paris. -Vous savez, qu'il y ait des gens

15:57

à La République En Marche qui ne viennent pas de cet univers-là, on a quelques députés qui sont dans des expressions qui n'ont rien à voir avec ce qui est, justement, cette relation que j'ai, que ce soit avec le président de la République, avec Nicolas Hulot, avec le Premier ministre qui m'a dit combien il aimait faire des footings sur les berges de Seine. -Vous ne dites pas : "Il devrait "le dire plus publiquement". -Mais non, chacun fait son boulot et je n'ai pas besoin de ça. -Et alors, on a vu la photo avec Emmanuel Macron pendant les JO. On pensait à Bertrand Delanoë et alors, il y a une autre photo, mais elle est plus ancienne.

16:40

-Elle est très belle. -Elle date de la campagne de 2014 quand il vous a soutenue. On a cherché des photos récentes, sans succès. -Non, parce que... -Il avait soutenu Emmanuel Macron et il paraît que vous n'avez pas compris. -Ce n'est pas un sujet, vous savez, je ne commente pas la vie politique. J'ai une affection et une admiration pour Bertrand Delanoë qui jamais ne disparaîtra. Pour moi, c'est l'homme qui m'a fait confiance, qui m'a presque tout appris en politique, qui m'a vraiment confortée dans l'idée qu'être maire de Paris, c'était sans doute le plus beau des destins que je pouvais rêver. On peut avoir des choix différents. Mais je suis... -Pourtant, quelque chose s'est cassé.

17:25

Je crois que vous ne vous voyez plus. -Absolument pas cassé. J'ai encore correspondu avec lui. Il a pris, bien sûr, du recul. C'est quelque chose de très rare chez les politiques, très très rare. -C'est lui par rapport à la fonction. -De ne pas être toujours un personnage un peu subliminal pour rappeler que finalement, il ne faudrait pas l'oublier, jamais il n'a fait ce genre de choses. -Ces photos pourraient réexister politiquement et vous aider... -Vous savez, ce type de photos, parce que ça fait quelque temps que je n'ai pas vu Bertrand, parce qu'il est à Bizerte, parce que mes fonctions sont aussi des fonctions qui prennent beaucoup beaucoup,

18:08

mais je pense que ce type de photos, on en reverra, mais pas parce qu'on en aurait besoin, juste par affection, amitié et fidélité. Je suis quelqu'un d'extrêmement fidèle en amitié. -Ca peut se reproduire. Il n'y a pas, comme on l'a beaucoup dit, de rupture ou d'éloignement. -Dans les commentaires qu'il peut y avoir, dans la façon dont certains aiment broder, faire de la vie politique quelque chose qui serait de l'ordre soit d'un petit théâtre un peu piteux... -C'est un peu ça, parfois. -Il y a de ça, mais vous savez, si je me suis engagée dedans, ce n'est pas pour le petit théâtre piteux. -Concernant Bertrand Delanoë, on pourrait être tenté de vous comparer

18:50

dans le style, même si vous êtes justement, vous, dans votre style, assez critiquée aussi. On va voir la fin du commentaire de Philippe Martinat sur cette comparaison, votre image. -Elle a une personnalité qui est plus clivante à l'extérieur, en tout cas, elle est perçue comme ça, dans son mode d'expression qui est parfois un peu brutal. Et paradoxalement, elle est sans doute moins clivante et plus dans la recherche du consensus que l'était peut-être Bertrand Delanoë, son prédécesseur, dans sa manière de travailler avec ses équipes, de déléguer très largement à ses adjoints, ce qui lui est parfois reproché. Il y a une espèce de hiatus qu'elle doit sans doute s'employer à combler,

19:35

parce que dans le fond, elle a une personnalité, c'est vrai, qui est assez franche, à lire la presse, parfois, on a l'impression qu'il y a une espèce de dame de fer à la tête de Paris, une autre dame de fer. En vérité, elle fonctionne de façon plus collective que ne fonctionnait B. Delanoë. -Voilà, un fonctionnement collectif, mais une image clivante qu'il faudra combler. Il dit la dissonance, le hiatus. -D'abord, il n'y a pas de hiatus. Moi, j'ai beaucoup appris aussi du management de Bertrand Delanoë. Je pense que la différence, c'est sans doute dans le regard entre une femme et un homme en politique. -Vraiment ? -Complètement. En gros, on met

20:20

dans la représentation d'une femme politique, d'une femme en responsabilité, le fait qu'elle serait forcément dure. Le fait de prendre des décisions et d'avoir de l'autorité, c'est un reproche qu'on fait en disant, soi-disant, on en manquerait, et quand on l'a, ça devient un défaut parce que ce serait trop. J'ai beaucoup travaillé sur cette question, justement, de l'image appliquée à une femme politique qui n'est pas du tout la même que le regard qu'on applique sur un homme politique, donc j'ai fait ce travail-là et je continue à travailler ce sujet-là, mais je pense que les journalistes ne l'ont pas fait. -Vous êtes impuissante face à ça. -Non, pas du tout, pas du tout. -Les journalistes ne vont pas changer d'ici demain. -Je l'ignore.

21:05

-Ou d'ici 2020, alors vous, que pouvez-vous faire ? -Je considère que tant qu'on est en capacité de parler, d'agir et de faire bouger les lignes... -Donc de dénoncer ce regard ? -Non, mais de dire : "Attention. "Il y a ce regard." Je ne suis pas la seule à le dire. -Ca peut être une victimisation comme on avait dit que Ségolène Royal s'était victimisée. -Je ne suis pas une victime. Je ne me suis jamais victimisée. -Mais dire ça peut passer pour de la victimisation. -Non, ça passe pour une analyse sur la façon dont les médias ont un regard sexué qu'ils expriment d'une façon assez, comment dire, attendue. Et donc, je pense que non, on n'est pas impuissant face à ça. Il suffit d'en parler, de l'analyser et d'y travailler.

21:49

-Pour terminer, ce hiatus, il se traduit du moins, ça va être une explication qu'on va entendre, quand même dans votre manière de faire de la politique. Voici l'analyse de Philippe Lentschener, qui a conseillé de nombreux politiques de gauche. -Je ne connais pas. -Aucune personnalité politique ne prête autant attention au langage et à la culture politique qu'Anne Hidalgo. C'est-à-dire qu'elle fait le portrait sociologique précis de ce qu'on appelle la creative class ou les culturels créatifs qui sont la population qui a le plus d'influence à Paris. Et donc notamment, elle appuie sur les points qui sont fondamentaux pour ces gens-là : la santé, le participatif, l'environnement, l'économie circulaire.

22:34

Avec ça, selon la méthode gramscienne qui veut que siphonner la rhétorique de votre adversaire soit bien plus fort que de lui rentrer dedans, l'espace pour Emmanuel Macron n'est pas évident. En fait, c'est du macronisme. Ca a juste les défauts de ses qualités. Les défauts de ses qualités, c'est que c'est bien quand on présente, quand on a l'initiative, donc une sorte de temps calme. Mais la politique présente des crises. Prenons quelques exemples. L'exposition Che Guevara qui est contestée : "c'est la fachosphère". Le plan de développement de contrôle de la circulation : "c'est le lobby du diesel". -Il faut ne rien faire et se dire : "Oh là là, je préserve

23:19

mes petits intérêts, les lobbys de ceci ou de cela" et ne pas bouger ? -C'est ce que font tous ceux qui s'opposent à votre plan vélo ? -D'une certaine façon. -L'artisan ne préserve pas ses petits intérêts. Il travaille à Paris et est confronté aux embouteillages. -On travaille avec lui : ce n'est pas lui qui s'exprime le plus sur les ondes. Il y a plusieurs groupes, entre la fachosphère, les réac', néo-réac' et les gros machos. Ce plan vélo dont certains disent que c'est brutal... -Sans concertation. -Je pense qu'il y a un petit peu, un petit côté macho, quand une femme exerce l'autorité. Tous mes prédécesseurs étaient des chatons dociles. *Ca, ça se sait bien. -J'ai l'impression qu'il y a deux Anne Hidalgo. C'est-à-dire

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qu'il y a la militante politique et la combattante crispée et brusquement, la maire, qui reprend le dessus, voilà. Et puis il y en a peut-être une troisième qui est la femme blessée car elle revient beaucoup sur les gros machos, et elle a besoin d'expliquer que les deux maires précédents n'étaient pas des Bisounours. C'est ce qu'elle nous explique. Je vois une discontinuité et une dissonance entre ce moment où elle est un peu acculée par Jean-Jacques Bourdin, un moment de crise, et les moments où elle doit expliquer ce qu'elle fait. -Je ne veux pas vous blesser... -Vas-y. -Mes parents ne vous aiment pas trop. -C'est vrai ? Tu leur diras que je suis pas si terrible que ça.

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-Vous avez conscience qu'il y a beaucoup de Parisiens comme eux, ça vous fait quoi ? -Ecoute, pour une petite distance à Paris, tu peux prendre le métro ou marcher à pied. Ca me fait de la peine qu'il y ait des gens qui pensent que c'est fait pour les embêter. Ce n'est pas le cas, c'est juste pour te permettre à toi de respirer normalement à Paris. -Quand elle explique ce qu'elle fait, c'est toujours bien. Donc elle a un problème de mise à niveau et d'argumentation quand ça tape. Il faut régler ce problème, ce n'est pas possible. On s'approche des municipales, ça peut taper de plus en plus. -Voilà une réaction. -Je veux le rencontrer, c'est très intéressant.

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Ca m'intéresse beaucoup, en tous les cas, de l'entendre. C'est vrai qu'en permanence, on est entre l'argumentaire et la défense, que soi-même, on ne choisit pas, on ne peut pas être juste dans la présentation ou juste dans la défense d'attaque, que la vie, d'ailleurs, d'un maire ou d'un responsable politique très en vue, très médiatisé, ce qui est mon cas, mais le cas d'autres aussi, c'est d'être en permanence en plus avec une accélération, aujourd'hui, de l'information... -Des critiques. -De ce qui monte, de ce qui est... Voilà, il y a une simplification aussi dans les explications,

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parce que c'est binaire, c'est forcément bien ou mal. -Quand vous dites "les gros machos", etc., est-ce que ce n'est pas aussi rentrer dans ce mode... -Non, j'y crois. -Il y a "balance ton porc", et balance ton macho. -Non, non. Je ne suis pas là-dedans. Mais vous savez, je suis quelqu'un de très... à la fois spontané, je suis aussi quelqu'un de très franc, c'est vrai, et je pense qu'il y a un vrai problème. Mais je suis très intéressée. Je vais lui demander rendez-vous. -Après l'émission, vous vous rencontrerez. -Non pas comme chez le psy, mais les communicants sont les psys des politiques. Mais ce qui serait intéressant, c'est aussi d'avoir le point de vie d'une femme communicante, voilà.

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Est-ce la même chose ou pas ? -Vous êtes une des survivantes des socialistes. -C'est peut-être ça aussi. -Ca fait qu'on vous cible beaucoup. Vous avez pu penser vous poser en recours, ça vous a été prêté comme intention, c'est encore quelque chose... -Ca m'a été demandé. -Ca vous a été demandé ? -Mais mon choix... -Par qui ? -Par beaucoup de militants et de responsables politiques. D'ailleurs, pas simplement là. Même avant, vous savez, je n'y reviendrai pas, mais à un moment donné, en 2012, je n'étais pas encore maire de Paris, je me préparais, d'aucun très haut placé m'avait même dit : "Tu devrais être Premier secrétaire du Parti Socialiste". -François Hollande ? -Entre autres. Mais ce n'était pas mon truc.

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D'abord, j'ai une fidélité, j'ai pas quitté le Parti Socialiste, il est dans une situation terrible. J'espère qu'on arrivera à trouver un chemin. Mais très clairement, moi, ce qui me passionne, mon engagement, c'est d'être maire de Paris. J'ai refusé tant de choses, y compris avant d'être maire, parce que c'est ça qui est... Quand vous parlez des relations, y compris avec le président de la République, très clairement, j'aurais pu, parce que beaucoup m'ont dit : "En tant que maire, tu dois être la 1re opposante". Non, maire, c'est être maire. C'est aussi ce qui conditionne, en tous les cas, qui explique le rapport que j'ai avec le gouvernement avec le président,

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je suis là pour servir cette ville et cette ville est importante pour la France. -Ni avant ni aujourd'hui, vous n'êtes un recours. -Je suis maire de Paris. -Et vous préparez 2020. -Ah bah oui. -Entre autres. -Ca, c'est sûr. -Merci beaucoup, Anne Hidalgo. -Merci à vous. SOUS-TITRAGE LIVE: RED BEE MEDIA