"Il faut arrêter" : le ministre de l'Éducation invite les lycéens à user des instances démocratiques et rappelle que "la violence n'est pas légitime"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse directe
Est-ce que vous êtes inquiet ce matin ?
- 1:53OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous voulez lui dire à Enriad Rani ce matin ?
- 3:51RelanceRéponse directe
Vous êtes en train de dénoncer une instrumentalisation politique ?
- 4:00RelanceRéponse directe
Et vous accusez la France Insoumise d'attiser ces tensions aujourd'hui ?
- 4:26FerméeRéponse directe
Le maire de Saint-Denis, vous reprendriez ces propos ?
- 5:04ComplaisanteRéponse partielle
Ces violences, elles ont provoqué des dégâts matériels, notamment Valérie Pécresse...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09PrésentateurFait
« Plus de 400 établissements touchés hier, des policiers déployés, 440 interpellations et une trentaine de blessés, élèves ou personnels de l'éducation nationale, selon le ministre de l'éducation nationale qui est avec nous ce matin. »
- 1:10Invité politiqueChiffre
« Depuis le début de la mobilisation, nous en sommes à 76 personnes qui ont été blessées dans l'établissement. Soit des élèves, soit des personnels. 18 personnels ont été blessés. »
- 1:23Invité politiqueFait
« On a un jeune qui a perdu l'usage d'une partie de la main parce qu'il a tiré un mortier, évidemment, qui ne savait pas s'en servir. »
- 3:29Invité politiqueFait
« On y travaille. Et ça va plus tard, la semaine dernière, que sur les lycéens, c'est Jupiter et Créteil. »
- 3:39Invité politiqueFait
« Il y a des lycéens qui vous disent qu'il y a des problèmes de locaux, de cantines, etc. »
- 4:03Invité politiqueFait
« Vous avez des élus de la France Insoumise qui font le tour des lycées concernés. »
- 5:10PrésentateurChiffre
« Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, a chiffré à Saint-Denis, dans l'établissement dont vous parliez, le lycée Paul-Éloire, à plus de 100 000 euros la facture. »
- 6:54PrésentateurChiffre
« Il pointe le non remplacement de 20 millions d'heures de cours dans les collèges et lycées sur l'année scolaire 2024-2025. »
- 7:07Invité politiqueChiffre
« On a presque 10% des heures de cours, tout compris dans l'année, qui ne sont pas assurées pour une raison ou pour une autre. Inclut les examens du baccalauréat et du brevet. »
- 7:38Invité politiqueChiffre
« On a réussi dans le second degré, donc pour les collèges et les lycées, à baisser de 57% le nombre de postes qui étaient vacants à la rentrée. »
Temps de parole
- Édouard Geffray70 %
- Présentateur26 %
- ?5 %
≈ 32,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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RTL Matin, Céline Landreau est l'invité d'RTL à 7h44. La mobilisation se poursuit dans les lycées. Plus de 400 établissements touchés hier, des policiers déployés, 440 interpellations et une trentaine de blessés, élèves ou personnels de l'éducation nationale, selon le ministre de l'éducation nationale qui est avec nous ce matin. Bonjour Edouard Geffray. L'union syndicale lycéenne appelle à poursuivre la mobilisation aujourd'hui encore. Est-ce que vous êtes inquiet ce matin
?
Moi ce qui m'inquiète, ce n
'est
pas une fois encore qu'il y ait des mobilisations ou que des lycéens puissent avoir des revendications.
Pour
une simple raison d'ailleurs, c'est qu'il y
a
des cadres pour ça. C'est-à
-dire
qu
'il
y
a
des instances de dialogue social dans tous les lycées, qu'on appelle les conseils de vie lycéenne,
où
les lycéens peuvent discuter avec les adultes de l'établissement, chez l'établissement, etc. pour répondre éventuellement à leurs demandes.
Visiblement,
en ce moment les
discussions sont compliquées parce qu
'elles
ne se font pas dans ces cadres-là.
Précisément parce qu'il y
a
des personnes qui entretiennent l'idée qu'il ne faut pas respecter la démocratie, mais qu'il faut avoir au cours des actions violentes. Le droit de manifester, c'est une liberté fondamentale. Les instances démocratiques doivent être respectées. La violence, c'est non. Et donc, pour répondre à notre question, ce qui m'inquiète par contre, c'est la violence. Depuis le début de la mobilisation, nous en sommes à 76 personnes qui ont été blessées dans l'établissement. Soit des élèves, soit des personnels. 18 personnels ont été blessés. Hier, on a vu des scènes invraisemblables.
On a un jeune qui a perdu l'usage d'une partie de la main parce qu'il a tiré un mortier, évidemment, qui ne savait pas s'en servir. Un élève. On a des proviseurs qui ont été agressés avec des tirs tendus de mortier. On a des professeurs qui ont été frappés et pour certains, pourchassés par des voyous. Donc, on est quand même loin
dans
ces cas-là. Dans ces cas-là, on est quand même loin, évidemment, d'une mobilisation sereine. Et puis, évidemment, les endroits où les choses sont très bien passées et où des lycéens ont fait part de leurs demandes ou de leurs revendications. Et dans ce cas-là,
évidemment, il
faut que... D'abord, il doit être écouté, entendu. Et puis, le dialogue, évidemment, a lieu.
Votre collègue au gouvernement,
le
ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a prévenu que les forces de l'ordre seraient à nouveau envoyés aujourd'hui dans les lycées bloqués. Il y avait encore 45 blocages totaux hier soir. Le but, c'est qu
'il
n'y
en
ait plus aucun ce soir
?
Le but, surtout, c'est de permettre aux élèves d'aller en cours. Parce qu'il faut voir ce qu'on appelle un blocage total. Un blocage total, c'est parfois quelques dizaines d'élèves qui empêchent tous les autres d'aller en cours.
Et
la priorité dans un pays comme le nôtre, c
'est
dans un pays démocratique, c'est de permettre aux élèves d'aller en cours. On n
'a
pas besoin de protéger les élèves de l'école, on a besoin de protéger des violences qui ont lieu à l'extérieur. Donc, il faut pouvoir leur permettre de rentrer,
de
se mettre à l'abri, d'abord, quand on a des heures à l'extérieur, et puis, évidemment, de pouvoir aller en cours. Et puis, éventuellement, dans ce cadre-là, une fois encore, de discuter avec leur professeur.
Le président de
l
'Union syndicale lycée, Enriad Rani, qui appelle à la mobilisation, sera face à Marc-Olivier Fogel dans ce studio dans quelques minutes. Qu'est
-ce
que vous voulez lui dire, ce matin
?
Moi, je n'ai pas encore eu l'occasion de rencontrer M. Rani.
Et
donc, on verra d'ailleurs...
Vous allez pouvoir
le croiser à
la sortie du studio et dans les locaux.
Je ne sais pas d
'ailleurs
à quel titre il s'exprimera, puisque je crois qu'il est également candidat à la France insoumise aux dernières élections municipales, sur une liste. Et
ça, c'est
un problème ?
Non, pas du tout. Mais c'est juste qu
'on
voit bien qu'il
y a
une forme de superposition entre des considérations politiques, dans certains cas, et puis des considérations lycéennes, qui, une fois encore, sont entendues et légitimes. Et moi, ce que je crois surtout, c'est que le président de l'Union syndicale lycéenne, par définition, sait qu'il
y a
des instances démocratiques. Et compte tenu de la diversité des revendications, on voit bien qu'en réalité, ce sont des choses qui ont vocation à être éteux au niveau local. Quand vous regardez la diversité des revendications, il y
a
des élèves qui, à juste titre, disent qu
'on
a besoin que nos professeurs soient remplacés quand ils sont absents. Et on y travaille. Et ça va plus tard, la semaine dernière, que sur les lycéens,
c'est
Jupiter et Créteil. Il y
a
des lycéens qui vous disent qu'il y a des problèmes de locaux, de cantines, etc. Et donc, on y travaille avec les collectivités territoriales, évidemment, parce que ce sont les régions qui sont responsables du bâti des lycées.
Tout
cela
se
traite dans un cadre organisé qu'on appelle les conseils d'administration et d'établissement, qui permettent de répondre à leur demande.
Donc, vous êtes en train, en creux, de dénoncer une instrumentalisation politique
?
Une récupération, en tout cas, ça, je crois que c'est quand même assez manifeste, si j'en crois le nombre...
Et vous
accusez la France Insoumise
d'attiser ces tensions aujourd'hui
?
Vous avez des élus de la France Insoumise
qui
font le tour des lycées concernés.
Et
vous avez hier un élu, en l'occurrence le maire de Saint-Denis, qui a expliqué que la violence était légitime, pouvait être légitime, mais que, bien sûr, on cherchait à l'éviter. Parce que, comme toujours, vous avez toujours le côté on pousse le moins de bouchons, et puis après ça, on dit, mais c'est pas moi.
Bruno Retailleau la qualifie de
factieux. Le maire de Saint-Denis,
vous
reprendriez
ces propos
? Non,
moi
je ne qualifie pas les gens, parce que ce n
'est
pas dans ma nature de qualifier les autres. J'observe simplement que dire que la violence est légitime, un crime moins délit, c'est jamais légitime. Par définition, en démocratie. On est dans un état de droit. Donc, la violence, elle n'est pas légitime.
Ce
qui est légitime, ce sont les revendications, un certain nombre de revendications, quand elles portent, en l'occurrence, sur la vie scolaire, ce qui n
'est
pas le cas de beaucoup de revendications, au passage. Mais lorsque leurs revendications portent sur le fonctionnement de l'institution scolaire, elles sont légitimes, elles doivent être entendues et écoutées. Moi,
je
vois des lycéens chaque semaine depuis mon arrivée. Elles doivent être entendues et écoutées, elles doivent être travaillées avec eux. Ça, c'est légitime. Et une fois encore, ça se résout dans un cadre organisé.
Ces violences, elles ont provoqué des dégâts matériels, notamment Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, a chiffré à Saint-Denis, dans l'établissement dont vous parliez, le lycée Paul-Éloire, à plus de 100 000 euros la facture. Elle assure qu'elle va l'envoyer au maire de la ville, justement parce qu'il a considéré que cette violence était légitime. Elle a raison, c'est à la ville de payer les dégâts quand un maire tient de tels propos ?
Je vais dire, ça pour le coup, c'est quelque chose qui regarde à la fois la région et la ville, puis on verra bien. Mais en tout cas, juste parce qu'il faut quand même prendre un peu de recul.
Où
est l'intérêt général
? Quand
on est élu de la République, ou quand on a des responsabilités politiques, ou syndicales, ou autres, la seule question qui doit nous obséder tous les jours, c'est où est l'intérêt général ?
Est
-ce que l'intérêt général aujourd'hui, c'est de défoncer des grilles d'établissements qui sont censés protéger nos élèves contre d'éventuelles intrusions extérieures
? Est
-ce que l'intérêt général, c'est les 40 jeunes cagoulés qui sont rentrés dans un établissement de Lyon et qui ont détruit toutes les fenêtres d'un établissement, ce qui fait qu
'on
ne pourra pas rescolariser les élèves dans des conditions de sécurité normales et de confort minimal en termes de circulation de l'air
?
Vous
parlez des dégâts matériels, le chiffrage c'est 100 000 euros rien que pour cet établissement de Saint-Denis, près d'un million en Ile-de-France, est-ce que vous avez déjà une vision nationale du coût ?
Non, on
n'a pas de vision nationale, d'autant plus que ce sont les régions qui sont propriétaires, une fois encore, des locaux, des lycées qui les entretiennent, donc on n'a pas de vision nationale. Mais il n
'y a
pas que le matériel, une fois encore, je reviens là-dessus, il
y
a l'humain. Moi j'ai 18 personnels qui ont été blessés, et un certain nombre d'entre eux, d'ailleurs, en cherchant à mettre à l'abri les élèves par rapport aux tirs de mortier qu'il y
avait
de l'extérieur. On a 55 élèves qui ont été blessés, une fois encore, et pas plus tard qu'hier, moi j'ai un jeune de 15 ou 16 ans qui a perdu définitivement les âges de
sa
main parce qu'il a tiré un mortier qui lui avait été passé par des voyous. Donc il faut arrêter, honnêtement il faut arrêter.
Vous
parliez des revendications parfois légitimes des lycéens sur les heures de cours non remplacées. Un rapport d'information sur les heures d'enseignement perdues dans l'éducation nationale était examiné hier en commission des finances à l'Assemblée. Il est réalisé par le député RN Antony Boulogne. Il pointe le non remplacement de 20 millions d'heures de cours dans les collèges et lycées sur l'année scolaire 2024-2025. Ces chiffres d'abord,
est
-ce que vous les contestez ? Et si ce n
'est
pas le cas, comment vous comptez améliorer ça ? Ce n
'est
pas acceptable en l'état ?
Alors, on a une très grande difficulté qui est qu'effectivement aujourd'hui, on a presque 10% des heures de cours, tout compris dans l'année, qui ne sont pas assurées pour une raison ou pour une autre. Inclut les examens du baccalauréat et du brevet.
Oui, c'est un peu plus
de
7% si vous enlevez les examens.
On a 7% des
heures... Non, mais attendez, ce n
'est
pas pour relativiser, mais c
'est
pour savoir ce qu
'on
traite. On a 7% des heures qui aujourd'hui ne sont pas remplacées. Évidemment, comme d'ailleurs mes prédécesseurs, je m'y suis attelé, on a quelques évolutions assez importantes.
C
'est que vous voyez, par exemple, à la rentrée, on a réussi dans le second degré, donc pour les collèges et les lycées, à baisser de 57% le nombre de postes qui étaient vacants à la rentrée.
Mais
il y a des annonces, on les voit sur
votre site,
un
millier d'annonces de postes à pourvoir, mais comment vous faites pour trouver les candidats
qui ont par exemple à
7 heures de cours pour un prof d'espagnol en
Lyon ?
Vous avez tout dit. La très grande difficulté, c'est qu'on peut être parfois sur des questions très dispersées, sur des groupes d'heures très dispersées, 3 heures ici, 4 heures là, etc.
Donc c'est insoluble, c'est ça que vous dites
? Je
ne dis pas que c'est insoluble, je dis que c'est beaucoup plus compliqué que ne le laisse penser à un tableur Excel. L'école, ce n
'est
pas un tableur Excel. C'est 60 000 implantations en France, c'est un Français sur 5. C'est un Français sur 5 qui est dans les murs de l'école tous les jours. Et donc, on a évidemment une difficulté d'un Français sur 5. Et là aussi, on y travaille, on s'y attelle. On fait plus que s'y atteler, je veux
dire,
on y travaille tous les jours. Mais je confirme qu'en tout cas, ces chiffres ne sont pas acceptables et qu'il faut évidemment tout faire pour les réduire. Après, le 100% de remplacement, c'est quelque chose qui est statistiquement quasiment impossible. Il ne
faut
pas se mentir non plus. On peut réduire, mais pas autant qu'on voudrait.
Merci Edouard. Restez avec nous, s'il vous plaît, dans un instant. Un homme qui n'a pas fréquenté l'école française, qui n'aura donc pas
de vie. Ça s'entend, c'est ça que vous
voulez dire ?
Merci.
Édouard Geffray