Affaire Lyhanna : le gouvernement sous pression - 13/06
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De retour sur le plateau de BFM Grand Soir avec les suites de l'affaire Liana au lendemain des obsèques de la fillette. Le sentiment de colère est loin d'être retombée. La justice doit-elle rendre des comptes ? La tragédie en tout cas ces dernières heures a pris une tournure très politique. On va partir tout de suite à Florence. Vous retrouvez Adélaïde Malavaux depuis le drame « Aucun politique n'a mis les pieds dans la commune ». Il faut dire qu'ils ne sont pas les bienvenus des ministres au président. Les habitants réclament des comptes Adélaïde. Oui, effectivement. Hier remarqué le dernier hommage adressé à Liana au lendemain des obsèques ici à Florence.
De nombreuses questions restent encore en suspens, notamment autour des causes de la mort de la jeune fille. Et une question, comment Liana a-t-elle été tuée ? Pour rappel, après une première autopsie, des analyses complémentaires ont été ordonnées la semaine dernière. Des résultats qui ne devraient pas arriver avant 15 jours. Hier, le corps de la jeune fille a été rendu à sa famille. Cela veut dire que tous les prélèvements a priori nécessaires en amont ont été réalisés. Ils sont maintenant mis sous scellés. Cela va permettre aux enquêteurs de continuer à travailler, même en l'absence de corps.
En attendant, forcément, les habitants de la commune exigent notamment des réponses, mais également des axes, pour être sûr que cela ne réarrive pas. Merci beaucoup Adélaïde Malavaux. Avec nous, Bruno Jeudy. Bonsoir, directeur délégué de la Tribune dimanche. Votre journal qui publie demain plusieurs sondages très intéressants, puisqu'il s'agit des premières études faites depuis cette affaire Liana. Je vais vous laisser commenter les résultats. Ils sont assez parlants pour l'exécutif.
Oui, d'abord, c'est le baromètre politique que nous publions chaque mois, baromètre pour la Tribune dimanche, qui mesure la confiance dans l'action du gouvernement, de l'exécutif. Et évidemment, avec l'affaire Liana, le scandale Liana, depuis maintenant dix jours, qui occupe et préoccupe et scandalise l'opinion, on voit que l'exécutif paye cash. D'abord, l'action du président de la République, Emmanuel Macron, baisse de deux points, mais il retombe sous la barre des 20%, 19%. Donc on sent là que les derniers mois... Là, ce sont les opinions favorables. Ses opinions favorables, 19%, et il en perd deux. Donc on voit bien que là, il avait commencé à remonter un petit peu.
Ça n'était pas arrivé depuis combien de temps, Bruno ? Comment ? Les 20%, ça n'était pas passé en dessous la barre des 20%.
Il était déjà passé sous les 20% il y a quelques mois, surtout après la dissolution et tout ça. Et là, patatras, ça repart sous les 20%. Et puis Sébastien Lecornu, alors lui, pour le coup, le gadin est plus prononcé, moins 4 points, il tombe sous les 25%, à peine un quart des Français qui lui font confiance. On voit que pour les deux têtes de l'exécutif, c'est très difficile. Et ce dossier leur coûte très cher.
Alors pour Gérald Darmanin également, évidemment, il est au centre de l'attention depuis le début de cette affaire. Et lui aussi, il paye cash.
Alors lui, il perd 5 points. Ce qui est important pour Gérald Darmanin, qui est le ministre le plus populaire du gouvernement depuis maintenant plusieurs mois. Il est à 39%. Donc on voit que c'est celui dans l'exécutif qui a le niveau de popularité le plus élevé. Mais là, en première ligne, sur cette affaire depuis 8 jours, et c'est vrai qu'il ne se cache pas, qu'il a enchaîné à peu près tous les médias, il dit en privé qu'il a parlé à tous les Français, eh bien il perd 4 points. Alors c'est peut-être 5 points. Il a peut-être amoindri la chute, tant la déflagration est très importante, mais quand même moins 5 points.
Et c'est intéressant de voir que c'est différent pour Laurent Nunes, qui lui aussi a beaucoup parlé, a tenté de s'expliquer. Lui gagne 3 points.
Alors oui, il gagne 3 points. Alors Laurent Nunes est dans une situation un peu différente. D'abord, c'est les mises intérieures. On voit bien que là, c'est la justice. C'est beaucoup le focus sur la justice, même si la gendarmerie est largement aussi pas exempte de fautes. Et le général, le patron de la gendarmerie nationale est venu s'excuser sur les ondes. Mais Laurent Nunes, on va dire, peut-être qu'il apparaît comme en deuxième ligne sur cette affaire. Pour les Français, en tous les cas, il sanctionne davantage et très largement Gérald Darmanin plutôt que Laurent Nunes.
Les Français qui sont très sévères envers, justement, la justice, dans cette perception de l'affaire Liana-Brunot.
Oui, alors pour les Français, très très largement, 86% d'entre eux estiment qu'il s'agit d'abord d'un problème récurrent dans le fonctionnement des institutions. Et pas du tout, ils n'achètent pas du tout la thèse du dysfonctionnement exceptionnel. Ça, ils n'achètent pas.
On l'a entendu tout au long de la semaine. Tout au long de la semaine. Oui, tout au long de la semaine.
C'est sûr que c'est la défense qui est faite à la fois par les politiques qui sont aux affaires, par les juges et tous ceux qui sont venus sur les plateaux jusqu'au plus haut sommet, même si là aussi il y a eu de la contrition. Le procureur général près de la Cour de cassation est quand même venu à la télévision pour lui aussi s'excuser, ce qui est quand même assez rarissime. Mais le désaveu est très très net et massif. 8% estiment que c'est un dysfonctionnement exceptionnel, pour vous dire que c'est très très peu. 6% ne se prononcent pas. Donc l'addition est très lourde pour le gouvernement qui a essayé de mettre en place des mesures, qui a essayé d'apporter des explications.
Mais rien ne convainc les Français. Ça montre l'ampleur de la déflagration Liana et Gérald Darmanin dans la tempête Liana, si je peux m'exprimer ainsi.
Laurence, il y a une colère qui s'exprime très clairement, on le voit dans ce sondage et dans le pays sur cette affaire, qui semble presque renforcer ce sentiment de déconnexion vis-à-vis de ce que certains peuvent appeler les élites. Est-ce que Emmanuel Macron, est-ce que l'entourage, est-ce que l'exécutif a conscience de l'impact de cette tragédie que le pays est en train de vivre ?
J'espère. Je ne peux pas vous dire que oui, mais je l'espère. De toute façon, ils sont attendus au tournant. C'est-à-dire que là, il y a une énorme colère et tant mieux, puisque la colère, elle doit amener justement l'exécutif à mettre tout en œuvre pour avancer. Vous savez, cette affaire a révélé un tas d'autres affaires. On l'a vu, il y a eu énormément de témoignages dans les émissions qui ont été faites ici aussi, où vous avez eu le témoignage lundi d'un invité qui racontait que sa fille avait aussi été touchée. Et on a entendu comme ça toutes ces histoires, en fait, qui ressemblent énormément, justement, à ce qui s'est passé pour la petite Liana. Et donc, il y a une colère.
Mais nous sommes en état d'urgence. C'est ça. J'espère qu'ils l'ont compris. Il y a une urgence. Tout le monde peut faire un tas de propositions législatives. Mais ce qu'il faut, là, c'est agir. Nous allons arriver aux vacances scolaires. Il faut passer au crible tous les gens qui vont accompagner les enfants. C'est ça qu'on demande à l'exécutif. C'est essentiel. Nous allons avoir aussi les 70 000 plaintes qui vont être regardées pour en savoir l'État. Mais voyons aussi maintenant, et ça sera le troisième point qui me semble essentiel, où en sont tous ceux qui ont été déjà mis en pause après des classements sans suite et qui sont dans la nature.
Tout le problème, c'est que ces personnes perverses, pédophiles, sont dans la nature, parfois sont condamnées, parfois non, mais se retrouvent au contact de nos enfants. Et c'est ça absolument qu'il faut traquer. Nous sommes en état d'urgence. Ces trois points-là, au moins, il faut agir. Donc, j'espère que l'exécutif a compris qu'il fallait maintenant dérouler très sérieusement une méthode efficace pour protéger les enfants en urgence avant même de passer par le législatif.
Maître Méchant, est-ce que vous êtes favorable à la loi intégrale demandée par de nombreux collectifs, des associations ? Je vous pose la question. Je vous fais juste réagir à ce que dit Sébastien Lecornu, justement, à ce sujet dans Le Parisien. Il dit que la réponse doit être effectivement intégrale, mais il dit que cette réponse dépasse nécessairement le cadre d'une unique loi, aussi utile soit-elle, qui pourrait tout facilement régler. Personne ne le croit. Et il ajoute, ce drame n'est pas un fait divers, un fait de société. Ce débat est un débat au long cours.
Cette loi intégrale, elle est demandée, donc je le disais, par les collectifs qui appellent à manifester tous les lundis jusqu'à ce temps qu'elle soit adoptée. Est-ce que vous y seriez favorable ou vous dites comme le ministre ?
Alors, tout dépend de ce que comporte la loi. En réalité, on ne peut pas répondre...
La loi, c'est les 140 mesures, par exemple, de la civise.
Oui, je sais. Mais en fait, ce qu'il faut comprendre, c'est qu'on ne peut pas répondre à une actualité nécessairement par une loi immédiate.
Vous êtes d'accord avec lui ?
Et ce qui est certain... Alors, sur ce point-là, oui, très spécifiquement. Maintenant, ce qui est certain, c'est qu'il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement exceptionnel. Et je ne crois pas, mais peut-être que j'ai mal compris Bruno Jeudy, mais je ne crois pas que les magistrats soient venus dire qu'il s'agissait de dysfonctionnements exceptionnels.
Au contraire, l'essentiel des professionnels qui ont pu s'exprimer ont dit que cela correspondait à des difficultés qui sont signalées depuis très longtemps, qui existent depuis très longtemps, qui sont des difficultés de moyens, mais pas seulement, qui sont des difficultés, qui sont des problèmes de priorité, qui sont des problèmes de politique pénale. Et je suis navré pour Gérald Darmanin, mais la réalité, c'est que depuis des mois, depuis des mois, Gérald Darmanin ne s'intéresse qu'au narcotrafic. C'était narcotrafic le matin, narcotrafic le midi, narcotrafic le soir. Évidemment que si on met...
Vous vous dites qu'il a délaissé tout ce monde de l'enfance ? Évidemment qu'il a délaissé tout le reste. Vous abusez peut-être ?
Non, non, je n'abuse pas. Il a délaissé tout le reste. Et on ne peut pas, après plusieurs mois de... De se défendre en disant que c'était dans sa circulaire, lorsqu'il s'est installé. Non, non, oui. Alors si on reprend la circulaire, oui, oui. C'était inscrit parmi ces trois... Oui, bien sûr. Bien sûr, dans la circulaire qui comporte je ne sais plus combien de pages, la majorité s'est consacrée au narcotrafic. On a quelques lignes sur ces éléments-là. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est que les parquets, et notamment le parquet d'Auge comme les autres, en réalité, répondent à une politique pénale.
Et donc, à un moment donné, si les parquets qui ne sont pas indépendants, je le rappelle, si les parquets qui ne sont pas indépendants ne se consacrent pas à ce problème suffisamment, eh bien c'est peut-être parce que les instructions ne sont pas données en... Ce que vous nous dites, c'est quoi ?
C'est qu'il essaye de se défausser, Gérald Darmanin ?
Complètement. Alors, mais complètement. Il essaye, mais c'est tout à fait normal à sa place. En fait, vous enlevez que c'est la sienne. C'est tout à fait normal à la place qui est la sienne. Il est miné de la justice, il veut le rester, il se défausse, et de manière, à mon avis, relativement maladroite.
Il aurait dû démissionner, selon vous ?
Non, mais ce n'est pas une question de démission, parce que, que ce soit Darmanin ou un autre, sincèrement, ce n'est pas une question de personne, en réalité. Encore une fois, c'est une question de politique pénale.
Maître, à vous écouter, on a l'impression que vous parlez des magistrats comme des machines qui seraient sur commande. Les procureurs, oui. Les procureurs, tout à fait. Alors, un procureur, selon votre explication, moi, je vais vous me choquer, il a un dossier très grave d'un enfant, d'une enfant qui vient d'être violée avec des expertises médicales, et il se dit, ce n'est pas grave, le ministre a dit qu'on devait faire autre chose. Non.
Alors, ce n'est pas ce que j'ai dit, parce que d'abord... Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Et la procureure d'Auge avait ordonné, en réalité, dès qu'elle a eu le dossier entre les mains, alors où ça substitue, je ne sais pas, l'un de ses substituts avait ordonné, dès qu'ils ont reçu le dossier et lu le dossier et pris connaissance du dossier, aux gendarmes, de faire une garde à vue. Ils ont quand même mis un certain temps d'entendre, et d'ailleurs, ils ne l'ont pas entendu. Mais c'est parce que les gendarmes n'ont pas respecté les instructions qui leur ont été données. Ben si, c'est la réalité. Non, non, non.
Oui, mais l'instruction leur a été donnée en février, alors que la petite Rosa dépose plainte avec sa mère en août 2025. On leur donnera l'instruction en février parce qu'il y a eu un déssaisissement entre le parquet de Toulouse et le parquet d'Auge.
Ça, tout à fait. Vous avez raison d'insister là-dessus.
La discussion a quand même été donnée tardivement.
Non, non, mais parce qu'il y a eu un déssaisissement, et ça, ça fait partie du problème que, quand je vous dis qu'il ne s'agit pas d'un dysfonctionnement particulier et spécifique, ça fait partie, effectivement, d'un problème plus global où il y a un problème de communication entre juridictions, il y a un problème de communication entre parquets, il y a un problème de communication des informations, et il y a un problème de priorisation des informations. Et évidemment que c'est regrettable, mais le mot est évidemment trop faible.
On verra ce que l'enquête dit, quand même. Est-ce qu'il y a une enquête d'ennemi ?
On verra ce que l'enquête dit. Mais ce qui est certain, c'est que ce déssaisissement qui met plusieurs mois, ça n'est pas normal, ça c'est sûr. Et ce qui n'est pas normal non plus, c'est que lorsque la procureure d'Auge, je crois, de mémoire, en février, demande aux gendarmes d'auditionner Jérôme Barrella, les gendarmes ne le font pas, alors qu'eux, ils avaient le temps de le faire, il ne faut pas exagérer.
Elle a mis six mois à le demander.
Bon, sur le... Maître, pardonnez-moi, mais il y a quelque chose dans... Cette fameuse circulaire de Gérald Darmanin, 2025, elle fait peut-être plusieurs pages, j'ose espérer que les destinataires de ce courrier de Gérald Darmanin savent lire plusieurs pages, notamment sur des affaires grandissimes. Elle n'est pas très longue. Elle n'est pas si longue que ça, et ça va arriver. J'ai les deux circulaires ici. C'est un court passage qui concerne la violence de la mineure, mais ce court passage dit, texto, « Lorsque la victime est mineure, les violences physiques ou sexuelles doivent faire l'objet d'une vigilance particulière et d'un traitement prioritaire.
» Je veux dire, on ne peut pas être plus clair que ça. Il n'y a pas besoin d'écrire six pages pour expliquer ce que cela veut dire. L'enquête administrative déterminera si, oui ou non, les consignes de cette circulaire n'ont pas été appliquées. Mais si les consignes n'ont pas été appliquées, je ne vois pas en quoi c'est de la responsabilité de Gérald Darmanin qui est, lui, pris par une séparation des pouvoirs et qui ne peut pas faire autre chose que dédicter cette règle générale, certes, mais il ne peut pas faire autre chose.
Il s'en plaint d'ailleurs, il s'en plaint et il aimerait faire évoluer les choses. Il le dit Gérald Darmanin.
Ou n'importe quel ministre de la Justice, le ministre de la Justice en France ne peut pas faire plus que d'écrire ça et d'espérer qu'il se sera suivi. Évidemment qu'il peut faire plus. Vous donnez la lecture d'un paragraphe qui concerne les violences faites aux mineurs. Heureusement que ça existe et c'est la moindre des choses. Maintenant, quand ce paragraphe consacré aux mineurs est noyé au milieu, personne ne pourra contester que depuis des mois on ne parle que du narcotrafic quand même. Ce n'est pas moi qui viens vous affirmer ça.
Mais c'est un problème qui est réel qui est qu'à mon sens, chaque affaire en chasse une autre et l'affaire Liana sera chassée par une prochaine affaire d'une gravité égale ou inférieure mais d'une gravité quand même qui chassera le problème de la pédophilie et de la pédocriminalité. C'est exactement pour ça que je dis que la réponse n'est pas forcément une loi immédiatement. La réponse, c'est une question aussi de politique pénale. D'autant plus que la loi intégrale, en l'occurrence, n'aurait absolument rien changé au dossier. En réalité, là, ce qu'on fait, c'est qu'on exhume une loi qui a été proposée en novembre et qui n'a rien à voir avec l'affaire.
Et parmi toutes les mesures, je ne conteste pas le fond de cette loi, je ne l'ai pas étudiée en entier, il y a certainement plein de bons points dans cette loi. C'est un débat à l'Assemblée.
Et notamment les 540 points qui avaient été soulevés par la civise au moment d'un rapport qui lui a été commandé. Cette loi est très soutenue par les associations,
donc j'ai quand même bon espoir qu'il y ait des choses intéressantes dedans.
Il y a évidemment des choses intéressantes. C'est une évidence. Cette loi, qu'on exhume comme si c'était la solution miracle qu'on avait déposée en novembre, n'aurait rien réglé dans cette affaire-là. Il n'y a aucune des mesures de cette loi qui n'aurait empêché le drame de Liana. Les dysfonctionnements qui ont mené à ce drame ne seraient jamais réglés par cette loi.
La loi actuelle permet déjà aujourd'hui d'aller traquer ces personnes qui menacent nos enfants. Excusez-moi pour mon vocabulaire, mais je pense que c'est ce que les Français pensent. Tout ça est une question probablement
aussi de priorité.
Il y en a un, Bruno Jeudy, qui n'est pas très bavard, c'est Emmanuel Macron sur le sujet. On se souvient que certains de ses prédécesseurs étaient plutôt prontes à commenter. Lui, moins. On ne répond pas, regardez ce qu'il dit, on ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur et qui ne sont pas respectueuses. C'est de la démagogie que de réclamer plus de sévérité ? C'est de la précipitation que de réclamer ?
Je trouve que c'est ambigu et maladroit, cette formulation. Ça tombe dans tous les cas pas très bien. J'avais préféré, lorsqu'il a réagi depuis le Monténégro, lorsque le Premier ministre convoquant ses ministres au lendemain de la découverte du corps. Il parle de dysfonctionnement d'emblée. Là, il parle de dysfonctionnement. Il récuse la question des moyens.
Ce qui lui a été reproché, ça s'est fait sur les membres.
Ce qui lui a été reproché, en tous les cas, il est net, il est carré dans sa parole, ce qui est très rare. En plus, il s'exprime depuis l'étranger sur un fait divers, ce qui n'est pas du tout l'habitude d'Emmanuel Macron, contrairement, c'est vrai à certains de ses paliers. Il est très net dans sa parole quand il se permet de dire je ne veux pas entendre parler de moyens. Enfin, pardon, on n'a pas le droit de parler des moyens. Et c'est quand même pas... Bien sûr qu'on a le droit de parler des moyens, vous avez raison, mais dans cette affaire-là, je ne suis pas certain du tout que ce soit une affaire de moyens. En revanche, il faut juste pour terminer sur ce que dit Dominique.
Depuis, c'est vrai que son entourage, parce que, évidemment, la question s'est posée, est-ce qu'il est envisageable que le président y aille compte tenu de l'émotion que ça a repris dans le pays ? Pour l'instant, il n'y a pas un ministre qui s'est rendu sur place. On aurait pu penser
la première dame aussi éventuellement. On sait qu'elle est très engagée
dans ces combats. Je pense que c'est trop compliqué. Les collaborateurs du président d'un collaborateur du président s'est rapprochés et du maire de Florence et de la famille. Il y a eu des contacts qui ont été pris qui sont réguliers, mais évidemment, pour l'instant, la décision qui a été prise, ce n'est pas de personnalité présente sur place et surtout pas à la marchange. De toute façon, la famille ne le souhaitait pas.
Elle l'avait bien dit par ses avocats.
Et d'ailleurs, les déclarations de l'avocat de la famille de Liana sont assez dévastatrices, il me semble, pour Gérald Darmanin, particulièrement, pour le pouvoir exécutif et pas du tout par rapport aux gendarmes et pas du tout par rapport aux pouvoirs judiciaires.
Laissez penser que ça ne tient qu'à un homme, c'est quand même, je pense... Non, ça tient à une politique pénale. Non. Ça tient à une politique pénale. Autant je ne suis pas d'accord totalement avec les propos du président et vous, vous êtes totalement allé poser l'opposé en expliquant qu'il n'y aurait aucune faute individuelle. Moi, je pense que la vérité... Non, je crois que...
Vraiment, je n'ai pas dit ça. Mais qu'il y a aussi des moyens. Il y a aussi une question de moyens. Non, en fait, c'est une multiplication de facteurs. C'est une multiplication de facteurs. Mais il y a quand même... Évidemment qu'il y a des fautes... Des fautes individuelles. Certainement, mais ça, on verra ce que les rapports nous disent. Mais je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas de faute personnelle. J'ai simplement dit que ça n'était pas d'abord un dysfonctionnement exceptionnel et qu'on a un dysfonctionnement global qui, par ailleurs, est aggravé, peut-être, et ça, on verra ce que les rapports nous disent, par des manquements personnels.
Victor Hérault, est-ce que cette affaire Liana peut marquer au fer rouge la prochaine campagne présidentielle ? Vous vous souvenez, en 2002, il y avait eu Papy Voix. C'était deux, trois jours avant de se retraiter passer à tabac. Là, il y a Liana. Est-ce que ça va peser, ça, sur sa campagne ? Je pense...
C'est peut-être contradictoire avec ce que je viens de dire avant quand je dis une affaire en chasse toujours une autre. Et c'est vrai que dans ce pays, on a l'impression que tous les mois, une nouvelle affaire en chasse une autre et pointe un nouveau dysfonctionnement et un nouveau besoin de moyens. Cela dit, cette affaire-là, à mon avis, va rester dans les mémoires. Il faut en revanche espérer qu'elle reste dans les mémoires pour de bonnes raisons. C'est-à-dire pour que les politiques mettent de côté les querelles cette fois-ci politiciennes, cessent de chercher le bouc émissaire, etc.
Et se mettent d'accord pour constituer, que ce soit une loi, que ce soit un projet, qu'importe, ou en tous les cas pour des propositions pour la présidentielle, mais des choses qui soient concrètes et qui parviennent à enrayer ce problème de la pédophilie, de la pédocriminalité et des dysfonctionnements de la justice en France. Tout le reste, ce sont des leurs et c'est de la démagogie, c'est de la politique basse. Il faut en finir avec ça.
Et on se terminera sur ce petit mot en tout cas. Merci beaucoup.