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ChroniqueUnion Populaire Républicaine· 24 août 2015 74 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

Les partis politiques respectent-ils l'intelligence des français ? - 2/4

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Attaque 81 %Défensif 11 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Fait
    « « De Gaulle aurait voté oui à la constitution européenne » »
  • 4:00Fait
    « « Si vous votez non, ça ne vous fera même pas plaisir » »
  • 6:00Chiffre
    « « 1 usine qui ferme par jour ouvrable en France » »
  • 7:00Chiffre
    « « 600 à 700 emplois qui sont détruits tous les jours » »
  • 10:00Fait
    « « L'euro n'est pas fait contre les États-Unis. C'est les États-Unis qui ont réclamé l'euro » »
  • 12:00Chiffre
    « « 5 prix Nobel d'économie vivants ont estimé que l'euro est une erreur tragique » »
  • 2:00inconnuFait
    « « Tandis que les gouvernements construisent sans les citoyens et contre eux une Europe dominée par la logique néolibérale, une autre Europe se dessine à travers les luttes des « sans » (sans domicile, sans travail, sans revenu, sans papiers, sans droits), les mobilisations citoyennes, les luttes des salarié·e·s, les luttes des femmes contre les violences et la pauvreté ». »
  • 4:00inconnuChiffre
    « La probabilité d'avoir une Europe écologiste, c'est à peu près 1 seconde tous les 37 trillions d'années. »
  • 6:00inconnuFait
    « La Commission européenne vient de décider d'introduire 19 nouvelles variétés d'OGM. Alors prétendument que les États peuvent refuser de les appliquer. »
  • 8:00inconnuFait
    « En France, au Parlement européen, lorsque la réintroduction des farines animales est passée, il y a eu une très grande majorité de députés européens de nationalité française au Parlement européen qui ont voté contre. »
  • 10:00inconnuChiffre
    « Les députés européens gagnent en gros à peu près 10 000 €, 12 000 € par mois nets d'impôts s'ils ne vont pas travailler. Mais si, en plus, ils vont travailler, alors là, ils ont le droit à une prime. »
  • 12:00inconnuChiffre
    « Sur 90 députés allemands au Parlement européen, 83 ont voté pour la réintroduction des farines animales, 7 ont voté contre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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François Asselineau

(Musique) Alors bon... Là, j'ai tapé sur le PS. On va maintenant passer à l'UMP. En fait, c'est pas très très drôle, l'UMP, parce qu'en fait, c'est très très très très comparable. Alors ça vaut le coup, quand même, d'en parler. Mais c'est assez comparable. Il y a la technique du râteau. Il y a la technique du mensonge éhonté. Il y a la technique du paratonnerre. Il y a la technique de la débilisation. C'étaient les mêmes. Mais il y a en plus une autre technique que j'ai pas vraiment repérée chez les socialistes. Peut-être que j'ai pas bien cherché. C'est la technique du message subliminal qu'on verra tout à l'heure. Alors qu'est-ce que c'est ?

La technique du mensonge éhonté : promettre tout et n'importe quoi, mentir avec un aplomb extraordinaire. Et les gens sont tellement baba qu'ils n'en reviennent pas et puis se disent : « Peut-être que finalement, c'est moi qui déraille. Peut-être que j'ai rien compris au film ». Alors on rappellera par exemple que le 6 avril 2005, Patrick Ollier, député UMP des Hauts-de-Seine, a présenté à la presse une liste de 140 signatures de parlementaires UMP qui s'engageaient pour un oui gaulliste à la constitution européenne, la constitution européenne de 2005 étant quand même la quintessence de l'antigaullisme, la quintessence de l'abdication de la souveraineté, de l'indépendance nationale.

Qu'il y ait 140 députés prétendument gaullistes qui se sont engagés... Ça veut rien dire, « je m'engage pour un oui gaulliste à la constitution... ». Ça ne veut rien dire, si vous y réfléchissez bien. Ça ne veut strictement rien dire. Ça veut simplement dire : « Je fais le beau pour avoir ma réinvestiture aux prochaines législatives, pour avoir de nouveau l'investiture UMP, pour toujours être député, pour toujours gagner mon salaire ». C'est ça que ça veut dire. C'est absolument pathétique. M. Ollier accompagna cette présentation d'un discours dans lequel il affirma, sans rire et de façon péremptoire, que « De Gaulle aurait voté oui à la constitution européenne ».

Je rappelle quand même que Patrick Ollier était également un des pontes de l'UMP. Vous savez que c'était le compagnon de Michèle Alliot-Marie, qu'on appelait MAM. Et lui, on l'appelait POM : Patrick Ollier-Marie. Les gens avaient fait le jeu de mots. Bon, voilà. Alors toujours dans le cadre des mensonges éhontés... C'était il y a 10 ans, en 2005. C'était cette déclaration de Nicolas Sarkozy dans le journal Libération du 22 avril au moment de la campagne pour le référendum sur la constitution européenne. « Si vous votez non, ça ne vous fera même pas plaisir ». Je suis désolé. Moi, j'ai voté non. Ça m'a fait très plaisir. (Rires).

« Vous allez garder l'Europe telle qu'elle est, et vous allez continuer à mourir ». Vous vous rendez compte de cette phrase ? Quand je vous disais tout à l'heure que Mme Anne Hidalgo... Elle sait très bien ce qui se passe, puisqu'elle l'a dénoncé. Mais M. Sarkozy et tous les dirigeants de l'UMP savent très bien ce qui se passe. Nous savons de source sûre que notre site internet, nos analyses sont actuellement lues et regardées par beaucoup de députés de tous les bords qui viennent sur le site de l'UPR comme un (Bruit d'inspiration) bol de respiration, de liberté, avant de retourner dans leurs goulags respectifs, où ils mentent tout le temps.

Si vous voyez, d'ailleurs, les dirigeants de ces partis, c'est pas brillant. L'autre jour, j'étais chez un Franco-Algérien. Il y avait NKM : Mme Kosciusko-Morizet, n°2 de l'UMP. Elle est pas belle à voir. C'est comme Sarkozy. Ils sont ravagés de tics. Ils doivent se droguer, je sais pas. (Rires). Non mais c'est vrai ! C'est pas une attaque personnelle. C'est qu'on voit physiquement qu'ils sont malades, parce que c'est très très difficile d'être dans un mouvement politique et de savoir que du matin au soir, on raconte des énormités, on ment effrontément. Alors il y a des gens qui ont la capacité de le faire. Mais il y en a d'autres, ça finit par leur tourner sur le ciboulot, je vous assure.

Alors il disait ensuite : « Alors votez oui. De toute façon, ça ne peut pas être pire qu'aujourd'hui ». Deuxième mensonge, parce qu'en 2005, c'était il y a 10 ans. C'était quand même pas aussi pire – si j'ose dire – qu'aujourd'hui. Depuis 10 ans, on a dû perdre peut-être quelque chose comme 1,5 million d'emplois industriels. On a dû perdre des milliers d'usines. Il y a 1 usine qui ferme par jour ouvrable en France. Il y a pratiquement 200 usines qui ferment par an. Donc ça fait 2 000 en 10 ans. Et on a 600 à 700 emplois qui sont détruits tous les jours. Il y a 600 à 700 personnes qui basculent en dessous du seuil de pauvreté tous les jours. Donc vous imaginez depuis 10 ans...

Et ensuite, il disait : « Vous voulez changer d'Europe, votez oui ». Nous sommes dans le mensonge éhonté, parce qu'en fait, les Français, ils ont voté non. Et puis ensuite, on leur a quand même imposé le traité de Lisbonne. Nous sommes maintenant sous l'empire du traité de Lisbonne que nous n'avons pas voulu. Est-ce que ça a changé d'Europe ? Si l'Europe a changé, c'est encore pire. Donc ça, c'est la technique du mensonge éhonté. La technique du râteau... Cette fois-ci, c'est plus les mêmes têtes mais c'est le même principe. Donc vous avez ici M. Pierre Lellouche. Il porte bien son nom. M. Pierre Lellouche, qui est en fait un euro-atlantiste de grande extrace.

C'est un des plus grands otaniens parmi les otaniens. Et puis vous avez M. Copé qui se piquait d'être de temps en temps un peu à gauche, de temps en temps un peu à droite. En fait, maintenant, il a disparu de la circulation, comme vous le savez. M. Juppé, représentant – paraît-il – la vieille garde chiraquienne. Et puis vous avez M. Fillon. M. Fillon, qui est là pour jouer les utilités. Premier ministre, ancien proche de Philippe Séguin, etc. Et puis enfin, vous avez Jacques Myard qui par moments est plus anti-européen que moi. Par moments, il dit des trucs... Moi, je le connaissais. Il veut plus débattre avec moi. Il a dit qu'il voulait plus débattre avec moi parce que...

Paraît-il que je n'étais pas sympathique en débat. Évidemment, il tape sur l'Europe mais il est député UMP. Évidemment, quand je dis : « Mais qu'est-ce que tu fais à l'UMP ? », il dit : « J'essaye d'influer de l'intérieur ». Influer de l'intérieur depuis des décennies... C'est pas du tout quelqu'un qui influe de l'intérieur. C'est quelqu'un... Tout simplement, ça s'appelle aller à la soupe. Les gens qui vont à la soupe disent : « Non, non. J'influe de l'intérieur ». On vous donnera un peu un jour un mémento de survie : « Comment faire quand vous trahissez vos électeurs ? ». Tout ce petit monde en est là. Et on ratisse, parce que vous avez des gens...

Les chiraquiens vont voter pour Sarkozy parce qu'ils se diront : « Il y a quand même Juppé qui est derrière », comme si entre Sarkozy et Juppé, c'était un amour fou. Les souverainistes vont dire : « Tiens, moi, je vais voter, parce que Jacques Myard, il est bien. Il dit des choses bien ». Oui, très bien. Mais ça n'a aucune importance. Mais pourquoi il est gardé à l'UMP ? Justement parce que ça permet de ratisser, ça. Voilà. Et puis vous avez M. Lellouche. C'est l'anti-Jacques Myard. Lui, il est là : la suppression de la France, les États-Unis d'Europe, plus pro-américain que moi tu meurs, etc. Et puis voilà. Chaque électeur va interpréter le parti politique, le candidat à sa façon.

Et au bout du compte, on aura Sarkozy qui, comme Hollande, ne sera jamais que le majordome, en fait, mettant en œuvre la politique décidée par l'oligarchie. La troisième technique : la technique du paratonnerre. Vous la connaissez. On fait un diagnostic qui est bon au départ. Et puis après ça, on propose des solutions qui sont fausses. Et on protège les vrais responsables. Alors là, on va voir un exemple. Ça, c'était le séminaire de l'équipe dirigeante... Oui, j'avoue que j'ai craqué devant cette photo. (Rires). J'ai trouvé qu'elle était mignonne, la photo. (Rire de FA). C'était le séminaire de l'équipe dirigeante de l'UMP du 18 décembre 2014.

Vous voyez, je ne parle pas de choses qui se sont passées à l'époque de l'homme de Cro-Magnon. Je parle de choses qui se sont passées il y a quelques mois. Alors il y a eu un séminaire de l'équipe dirigeante pour se dire : « Faudrait quand même qu'on ait un programme », parce que j'ai oublié de vous préciser... Moi, je ne sais pas... Enfin « Je ne sais pas »... Vous allez peut-être m'expliquer tout à l'heure mais je ne sais pas ce que c'est que le programme du PS. Nous, on a un programme. Je l'ai expliqué, exposé. Il fait 5 heures de vidéo. On a un grand nombre de propositions, parce que notre programme, c'est pas seulement sortir de l'UE, de l'euro et de l'OTAN. Je l'ai dit tout à l'heure.

C'est un programme qui reprend toutes les thématiques du programme du Conseil national de la Résistance. Nous, on l'a édité sous forme papier. Il fait 60 pages. Nous, on a un programme. Moi, le programme du PS, je ne sais pas... Le programme de l'UMP, je ne sais pas non plus. Alors le programme de l'UMP... Ils se sont dit : « On va quand même essayer d'avoir un programme ». Alors voilà, leur cogitation a débouché donc sur les « Mesures d'urgence pour redresser la France. Séminaire de l'équipe dirigeante ». Alors qu'est-ce qu'on apprenait dans ce séminaire ?

« Notre objectif : valider ensemble les mesures d'urgence proposées par l'UMP dans le domaine économique et social pour redresser la France », très bien. « 3 indicateurs catastrophiques à redresser : le taux de chômage : 10,9% (5,2% en Allemagne), le déficit commercial : -67,2 milliards d'euros (+177,5 milliards d'euros en Allemagne) », donc un excédent en Allemagne. « Le taux de prélèvements obligatoires : 46,5% du PIB (37,6% en Allemagne) ». Vous voyez au passage apparaître de façon subreptice sur un constat qui est exact... Vous savez, je crois que c'était Churchill qui disait que la meilleure façon de mentir, c'était les statistiques.

C'est qu'on met en regard des statistiques et on laisse supposer (Bruit d'inspiration) en voyant ça que si la France connaît un fort taux de chômage et un fort déficit commercial, ce serait parce que nous avons des prélèvements obligatoires, donc des niveaux d'impôts trop élevés. C'est ça que ça veut dire, ces trois trucs. Ça laisse entendre ça alors qu'il n'y a la preuve d'aucune relation de cause à effet. Aucune... Je signale d'ailleurs au passage que le taux de chômage de la Norvège est de 3,8% alors que le taux de prélèvements obligatoires de la Norvège est de 45% du PIB.

Je signale que le taux de chômage au Danemark est de 6,9% alors que le taux de prélèvements obligatoires du Danemark est l'un des plus élevés du monde avec 48% du PIB, supérieur à celui de la France, très supérieur. Donc vous voyez que si on ajoutait ça, d'un seul coup, le raisonnement en filigrane qui est dans le truc de l'UMP n'a plus aucun sens. En fait, il n'y a pas de corrélation entre le déficit commercial, le taux de chômage et le taux de prélèvements obligatoires. C'est pas vrai.

En réalité, il y a une bonne corrélation, en revanche, avec le fait d'avoir une monnaie qui soit une monnaie surévaluée, une monnaie qui ne corresponde pas aux impératifs nationaux, avoir une politique – également – économique qui ne soit pas celle qui correspond à une économie. C'est ça, le problème. Donc vous voyez qu'ici, on a sur ce dossier de l'UMP qui se terminait bien entendu sur l'idée qu'il fallait tailler dans le vif, tailler dans les impôts, donc tailler encore dans les dépenses sociales, dans les dépenses d'intervention d'État, fermer l'État, etc... Il y a derrière une idéologie qui est fondée sur un raisonnement qui n'est absolument pas explicité.

Alors voilà quels étaient les trucs. « I — Le choix du travail. 3. Simplifier la vie de ceux qu embauchent et de ceux qui travaillent. Créer un seul contrat de travail, fusionnant le CDD et le CDI, avec des droits progressifs ». Ça, c'est joliment dit. Ça veut dire la suppression du contrat à durée indéterminée. « Simplifier la vie de (...) ceux qui travaillent »... C'est vachement simplifié. Ah oui, ça s'est simplifié. Avant, vous aviez un CDI. Maintenant, vous n'en avez plus. C'est simplifié. Avant, vous étiez sûr de travailler jusqu'à la fin de vos jours. Maintenant... C'est vachement plus simple. Finalement, vous travaillerez pendant 1 semaine, quoi. C'est simple.

« Simplifier le code du travail pour l'alléger drastiquement. 3 600 pages en France ; 800 en Allemagne ; 70 en Suisse ». Le problème, c'est que c'est faux. C'est faux. D'ailleurs, en fait, c'est un copié-collé de ce que disait le président du Medef, Pierre Gattaz. Pierre Gattaz, qui a dit sur France Info : « Le code du travail fait 3 200 pages en France, 60 en Suisse, 600 en Allemagne ». Vous voyez d'ailleurs que les 3 200 pages en France qu'a dites Pierre Gattaz sont devenues 3 600 à l'UMP, les 60 pages en Suisse sont devenues 70, et les 600 pages en Allemagne sont devenues 800. Bon. Excusez-moi, je reviens. Donc en fait, ça, c'est un copié-collé de ce que dit le Medef.

L'UMP a repris en renforçant les chiffres ce que disait le Medef. Bon. Et puis « Passer le 1er seuil à 20, le 2ème à 40, le 3ème à 100. Fusionner les différentes instances de représentation du personnel dans un « Conseil de l'entreprise » pour les entreprises de moins de 250 salariés ». En fait, tout ça, c'est exactement les revendications du Medef. C'est aussi simple que ça. Le Medef plus celles de la Commission européenne. Alors je rappelle que le code du travail... C'est totalement faux. Il y a eu des gens qui ont regardé. 3 800 pages en France et 70 en Suisse, il y a quand même un truc qui bugge, quoi. Faut peut-être pas exagérer quand même.

Donc c'est faux sur l'Allemagne parce que dans le code du travail allemand, il y a 3 000 pages dans l'édition 2012 et non pas 600 comme l'indique Pierre Gattaz. C'est un mensonge éhonté. C'est faux. Voilà. « La part consacrée aux lois et décrets est moins épaisse qu'en France. Mais la partie jurisprudence est plus importante ». C'est les différences de mentalité entre les Français qui aiment bien codifier la loi, les décrets et puis d'autres peuples qui aiment bien avoir en revanche une jurisprudence extrêmement étoffée. La jurisprudence, vous savez ce que c'est. C'est des décisions qui ont été prises par des tribunaux qui, ensuite, sont appliquées au niveau national.

Pour la Suisse, on peut pas comparer parce qu'il n'y a pas de code du travail comme en France. Les textes sont organisés de manière différente. On peut évaluer le nombre d'articles sur le travail à environ 200. En Suisse, le SMIC n'existe pas. Les vacances sont fixées à 4 semaines. Quant aux licenciements, l'employeur n'est pas obligé de se justifier. On peut être licencié du jour au lendemain. Donc ça, ce sont des choses qui sont exactes. Mais le code du travail, le code des obligations donne un cadre minimum. Par exemple, le temps de travail, c'est 45 heures.

Mais dans la pratique, il y a des accords d'entreprise ou des conventions collectives qui sont toutes dérogatoires qui tournent à 42 heures. Donc c'est vrai qu'en Suisse, le code du travail est nettement moins important qu'en France ou qu'en Allemagne. En Allemagne, c'est la même chose qu'en France. Mais en revanche, en Suisse, il y a des accords à l'intérieur des entreprises qui dérogent à ce droit du travail. Donc c'est quelque chose où le poids de l'État est effectivement moins fort. Je signale aussi au passage – ce qui a échappé à M. Gattaz – que la Suisse n'est pas dans l'UE ni dans l'euro.

C'est assez extraordinaire, tous ces européistes qui nous expliquent que la France est trop petite pour ne pas être dans l'UE et dans l'euro et qui après nous donnent en modèle la Suisse, ou bien M. Copé qui nous donne en modèle Singapour. Mais si j'ai bien compris, la Suisse et Singapour sont beaucoup beaucoup beaucoup plus petites que la France, ne sont pas dans l'UE et dans l'euro. Donc les prémisses de départ étaient fausses. Le quatrième point : la technique de la débilisation. Vous l'avez vue tout à l'heure sur les préservatifs et puis sur la façon dont au lit se comporte un conservateur par rapport à un socialiste. Mesdames, vous avez intérêt à épouser des socialistes. (Rires).

Eh oui. Messieurs, vous avez intérêt également à vous marier avec des socialistes femmes. Les conservateurs, c'est pas joyeux. Alors l'UMP fait la même chose. Et alors comment ils font ? La campagne électorale de l'UMP pour les élections européennes de juin 2009 – le croirez-vous – : le préservatif. C'est quand même formidable. Il y a une espèce de fixette sur le préservatif dans tous les partis politiques. Le préservatif, pour les partis, c'est quand même quelque chose qui fait rêver. Alors il y a aussi la paire de tongs, etc. Voilà.

20 000 préservatifs UMP – il y a eu toute une communication qui avait été faite à l'époque – qui ont été distribués partout en France au moment des européennes avec le slogan : « L'Europe vous protège ». Soit dit en passant, il y a des psychanalystes qui se sont penchés sur ce sujet, qui ont dit : « C'est quand même un peu curieux. Le préservatif, c'est quand même quelque chose qui est quand même antithétique à la fois de la vie et du plaisir. Donc prendre comme modèle... La quintessence de la situation de l'Europe, maintenant, c'est le préservatif. C'est un objet en caoutchouc qui empêche la vie et le plaisir. C'est quand même quelque chose d'assez curieux.

Et puis finalement, c'est un truc qui est porteur de déclin et de mort ». Ce qui, finalement, en termes psychanalytiques, est assez bien trouvé par les publicitaires. Et puis alors à tout cela s'ajoute la cinquième technique : la technique du message subliminal. Technique qui consiste à viser l'inconscient des électeurs en leur adressant discrètement des messages qu'ils ne voient pas, qu'ils voient sans voir en fait, qui sont des messages subliminaux, afin de les amener à procéder à voter avec impulsivité, par des réminiscences à des schémas connus, sans que cela ne frappe le domaine de leur conscience. Donc l'exemple que je prendrai, c'est l'exemple du choix des couleurs du logo de l'UMP.

Le logo de l'UMP, c'est celui-ci. Donc à priori, pour quelqu'un qui n'y fait pas attention, c'est les couleurs du drapeau français. Mais c'est pas du tout les couleurs du drapeau français. Le drapeau français, c'est ça. Ça n'a rien à voir avec les couleurs de l'UMP. Absolument rien. En revanche, les couleurs de l'UMP... Vous voyez, ça, c'est le bleu du drapeau français. Ça, c'est le bleu du logo UMP. Ça, c'est le rouge du drapeau français. Ça, c'est le rouge du logo UMP. Le rouge du logo UMP est une espèce de rouge framboise écrasée. Et le bleu du logo UMP, c'est une espèce de bleu de Prusse un peu sale, tirant un peu sur le vert.

Ça n'a strictement rien à voir avec le drapeau bleu, blanc, rouge. En revanche, ça a tout à voir avec les couleurs des partis politiques américains. L'UMP... Ici, c'est les républicains du Texas, California Republican Party, les démocrates. Vous voyez que le bleu et le rouge, aux États-Unis, pour la politique américaine, ce sont ces couleurs-là. On ne les retrouve, d'ailleurs, pas seulement dans la politique américaine. Mais on les retrouve également un peu partout. Vous voyez, ce sont les couleurs typiquement américaines. Donc en fait, le message subliminal, c'est : « L'UMP, c'est les États-Unis chez vous ». C'est ça, en fait. « L'UMP, c'est le mythe, le rêve américain ».

Vous savez que, d'ailleurs, le fils de Sarkozy termine je sais pas quoi. Il est devenu soldat aux États-Unis, etc. Voilà. Vous voyez qu'on est très très loin du drapeau bleu, blanc, rouge. Le logo de l'UMP véhicule de façon subliminale des coloris typiquement américains, notamment des partis politiques américains. Et vous le savez certainement également : aux dernières nouvelles, Nicolas Sarkozy compte même changer le nom de l'UMP pour l'appeler carrément « Les Républicains », c'est-à-dire comme le Parti républicain américain, d'ailleurs avec les mêmes couleurs qui ne sont pas les couleurs de la République française. Alors je sais pas si ça va se faire. Nous sommes le 24 avril 2015.

Paraît-il que tout ce petit monde va se réunir le 5 mai. Mme Kosciusko-Morizet a dit que ça allait être un moment fort de démocratie. C'est le jargon : « un moment fort de démocratie ». Alors tout ce petit monde va voter, paraît-il, à la fin mai. Bon. En fait, tout ceci n'aurait aucune importance si, en réalité, nous n'avions pas affaire à un des deux partis dits de gouvernement en France et où le fait de singer les États-Unis d'Amérique est devenu quasiment une seconde nature de ce parti qui prétend être gaulliste. Il n'est pas plus gaulliste que je ne suis moine tibétain. Je pense même être un peu plus moine tibétain que l'UMP n'est gaulliste. Voilà. Alors le MoDem, maintenant...

Je suis obligé de parler du MoDem, parce que le MoDem... Bon, en fait, plus personne s'intéresse vraiment au MoDem. Il n'y a plus que moi qui m'y intéresse. Mais enfin le MoDem respecte-t-il l'intelligence des Français ? Lui, le MoDem, c'est essentiellement un homme. C'est François Bayrou. C'est la technique du pseudo-vieux sage. C'est le type du style : « Je vous l'avais bien dit. Je vous l'avais bien dit. Je vous l'avais bien dit. Et je vous l'avais bien dit ». Voilà. C'est quelqu'un qui passe son temps à jouer les prophètes de ce qu'il faut faire, de l'Europe ci. Et puis vous allez le voir, il n'est démonté par rien.

Et lorsque les événements lui donnent tort à 100%, il continue à pontifier comme si de rien n'était. On va voir un petit peu comment ça se passe parce que c'est en fait l'allégorie d'un certain type de... Auparavant, je précise de quoi il s'agit. Il s'agit ici d'un débat qui a eu lieu entre François Bayrou – il y a 15 ans à peu près – et Jean-Pierre Chevènement au sujet de l'euro. Donc vous allez voir ce que dit M. Bayrou par rapport à Chevènement. {« On essaie de faire croire sur divers bancs, comme on dit à l'Assemblée nationale... On essaie de faire croire aux Français que l'Europe les menace. La réalité est que l'Europe les protège. C'est leur seule arme.

C'est parce qu'il y a le projet d'une monnaie européenne qu'aujourd'hui, le rapport de force est en train de changer entre les États-Unis et nous. Pendant des décennies, les Américains ont gouverné l'économie du monde à leur plus grand bénéfice parce qu'ils avaient l'arme du dollar. Tout le monde a pu vérifier les réglages fins, l'usage habile que les Américains faisaient du dollar pour avoir la prééminence. Je dis à M. Chevènement qu'il se trompe de combat et qu'en essayant d'empêcher la construction de l'euro, c'est en réalité le dollar qu'il conforte. C'est la toute puissance américaine qu'il conforte.

Et on voit aujourd'hui se manifester les premiers effets bénéfiques de ce projet européen. Pour moi, je ne crois pas que dans un monde qui est en train de s'unir partout, le projet de mettre en Europe, de laisser en Europe la division et de faire croître la division soit une arme aux bénéfices des européens.} Donc vous voyez ici les thématiques habituelles. La thématique de la construction européenne aurait vocation à s'opposer aux États-Unis, à faire contrepoids. Je vous renvoie à ma conférence qui s'appelle « Qui gouverne l'Europe ?

» où je montre – là par des citations innombrables – à quel point ce sont les États-Unis qui sont derrière la construction européenne, qui poussent constamment à la construction européenne, constamment. Et je signale que nous avons mis en ligne – vous savez – l'article... J'ai souvent cité un article du Daily Telegraph du 19 septembre 2000 qui montre les documents secrets qui ont été divulgués par les États-Unis d'Amérique en 2000 qui font allusion à une réunion qui a eu lieu en 1965 au département d'État où on voit que ce sont les Américains qui demandent à Robert Marjolin, à l'époque vice-président de la CEE, de conduire le projet d'une monnaie européenne de façon discrète. Bon...

Il y a des gens qui nous ont dit : « Oui mais... Ça... Vous citez un... », parce que nous, c'est jamais assez. Nous, toutes nos citations sont jamais assez. Les autres peuvent dire n'importe quoi, mais nous : « Ah oui, mais vous avez cité ça. Mais qu'est-ce que vous en savez que le journaliste... ». Alors nous, on a benoîtement écrit au département d'État. Mais ils ont eu la gentillesse de nous envoyer un scan justement de la réunion en question. Donc il est sur notre site internet. D'ailleurs, j'ai fait une longue interview dans une grande revue prestigieuse russe récemment où je leur ai donné le scan. Ils ont eu la gentillesse aussi de mettre le scan du document qui a été déclassifié.

Donc M. Bayrou soit ment effrontément soit se trompe complètement. L'euro n'est pas fait contre les États-Unis. C'est les États-Unis qui ont réclamé l'euro. Depuis que nous avons adopté l'euro, avez-vous le sentiment que la France pèse plus contre les États-Unis ? Posez la question, les gens, ils rigolent. Nous sommes devenus les larbins de Washington, et toute l'Europe occidentale. Faut voir comment on est devenus désormais les porte-flingue de l'Administration américaine pour aller déstabiliser la Libye, la Syrie, l'Ukraine, etc. C'est exactement le contraire de ce qu'il a dit, exactement le contraire de ce qu'il avait promis. Alors c'était en 1997, donc il y a en fait 18 ans. Bien.

Et puis on va passer maintenant 15 ans après. Je crois que c'était en 2011 ou 2012, au moment de la crise en Grèce. Et vous allez voir M. Bayrou avec 15 ans de plus. Donc il a pris un coup de vieux, comme tout le monde. Et donc il est à la radio. Et vous allez voir. Les journalistes lui disent : « Mais alors, c'est quand même catastrophique, l'euro ». Eh ben lui, il... Normalement, des journalistes auraient dû dire : « Écoutez, M. Bayrou. 15 ans après, est-ce que vous présentez vos excuses aux Français ? Tout ce que vous avez dit est faux. L'Europe se porte absolument mal. Ce truc est absolument ingérable. Les divisions ne cessent de s'accroître.

Et nous sommes entièrement soumis aux États-Unis ». Mais non, jamais les journalistes ne diront ça. En revanche, vous allez voir que M. Bayrou joue encore une fois le prêchi-prêcha en train d'expliquer ce qu'il faut faire, comme si de rien n'était, en disant : « Je considère que ci et ça ». Vous allez voir ce que c'est exactement, en 2011, 14 ans après. {Et l'invité de RTL Midi, c'est François Bayrou, le président du MoDem. Bonjour. — Bonjour. — Alors l'Europe est en pleine crise. On ne sait pas si Georges Papandréou sera encore le Premier ministre grec dans une heure. Le pays pourrait même sortir de la zone euro en cas de référendum. Mais on ne sait même plus s'il y en aura un.

Vous êtes inquiet pour l'Europe, François Bayrou ? — Ce qui est fascinant et aveuglant, c'est en effet le fait que l'Europe, aujourd'hui, n'a plus de direction clairement compréhensible par tous, qu'elle n'est même plus capable d'exprimer de manière claire les choix qui sont les siens, les orientations qui sont les siennes, et que même son fonctionnement est aujourd'hui un sujet d'interrogation pour tout le monde.} Alors c'est un premier arrêt que je fais ici pour vous montrer... Nous avons affaire à Tartuffe – vous savez –, dans Molière. Là, ce qu'il dit est vrai. Mais, nom d'une pipe, ce que les journalistes devraient lui dire : « Mais attendez, M. Bayrou.

Vous l'expliquez comment, ce constat ? Pourquoi est-ce que ça ne marche pas ? Quelle est votre explication ? Si vous, vous étiez président de la République, en quoi ça changerait, puisque la France n'est qu'un sur vingt-huit ? D'ailleurs, vous avez approuvé les élargissements successifs. En quoi vous élu à l'Élysée, vous changeriez la situation entre l'Allemagne et la Grèce ? Pourquoi est-ce que vous nous donnez ce genre de leçons, à jouer les tartuffes, comme ça, à dire : « Oui. C'est quand même très très impressionnant », etc. ? Vous êtes directement responsable de la situation, parce que vous êtes incapable d'expliquer pourquoi ça ne marche pas ».

Vous voyez, c'est dresser un constat sans jamais essayer de comprendre l'origine. Alors il continue ensuite. {— Jean Leonetti, le ministre des Affaires européennes, était ce matin...} La suite, vous allez voir, c'est le ministre des Affaires européennes à l'époque, en 2011, qui était Leonetti. L'Histoire a un peu oublié qui c'était, parce que Jean Leonetti... Il a été ministre des Affaires européennes en 2011. Les gloires sont fugaces. Jean Leonetti qui a dit : « Oui. En fait, si la Grèce sortait de l'euro, ça serait pas si grave ». Alors vous allez voir ce que répond M. Bayrou qui prend un petit air de commisération en disant... Vous allez voir, il va nous faire une prophétie d'apocalypse.

Voilà. {Jean Leonetti, le ministre des Affaires européennes, était ce matin à votre place, en face de Jean-Michel Aphatie. Il nous a expliqué que, finalement, ce serait pas si grave que la Grèce décide par référendum de sortir de l'euro... — Alors ça serait... — Sa phrase, c'est : « On pourrait s'en passer. C'est un tout petit pays : 2% du PIB de la zone euro ». — Me semble-t-il, c'est ignorer les risques de contagion, n'est-ce pas ? C'est une chaîne de dominos. Les dominos tombent les uns après les autres. Ils finissent, hélas, par une chute générale. Mais je reviens à la question. Ça serait très grave pour les Grecs. Alors on verrait ce que c'est que de sortir de la zone euro.

En France, il y a des discours à l'extrême-droite, à l'extrême-gauche, qui disent : « Oui, il faut sortir de l'euro ». Si on sort de l'euro... — Ce serait un vaccin contre cette tentation ? — Ça sera la misère pour les peuples.} Alors là, on est dans le domaine de la pure incantation. Il dit : « On verrait ce que ça... ». Moi, j'aimerais bien le voir. On l'a pas encore vu. Ce M. Bayrou fait semblant. Alors c'est vrai qu'on était en 2011.

Maintenant, en 2015, je rappelle que 65% des jeunes Grecs de moins de 25 ans sont au chômage, que 29% des Grecs – de la population en général – sont au chômage, que le taux de suicide depuis cette époque a été multiplié par trois en Grèce, que l'appauvrissement de la population grecque est dramatique. Le PIB a dû perdre à peu près depuis cette époque 25% à 30%. Alors ça, c'est la misère noire. Mais c'est l'euro ! C'est maintenant, c'est maintenant, l'apocalypse. Voilà donc un monsieur qui – vous voyez – traverse les décennies et jamais personne ne lui demande des comptes sur ce qu'il avait promis. Il avait promis – rappelez-vous – en 1997...

Il faisait la leçon à Jean-Pierre Chevènement, lequel, d'ailleurs, dans ce dialogue, disait des choses qui se sont révélées exactes. Il faisait la leçon en disant : « Mais sans l'euro, ça serait la catastrophe. Ce serait la division ». Et puis 14 ans après, il dit : « Jamais. C'est affreux. L'Europe est divisée plus que jamais ». Donc il avait tort. Il avait dit également que ça serait la croissance et l'emploi. On voit que ça n'est pas le cas. Il est là encore à faire des prophéties d'apocalypse. C'est la technique où, toujours, le politique fait ça. En fait... Bon, je crois qu'il a commencé à finir... Il finit par fatiguer un peu tout le monde. En fait, M. Bayrou... Je parle de lui.

Il va peut-être falloir que je retire ce chapitre la prochaine fois que je ferai cette conférence parce qu'il ne pèse plus grand-chose maintenant, désormais. En attendant, je signale à M. Bayrou que 5 prix Nobel d'économie vivants ont estimé que l'euro est une erreur tragique et que l'Espagne doit en sortir : Paul Krugman, Joseph Stiglitz – deux Américains –, James Mirrlees – un Anglais –, Christopher Pissarides – un Chypriote – et Thomas Sargent – un Américain –. Qu'est-ce que dit M. Bayrou, qui est prof de philo et qui... En matière d'économie, c'est pas lui faire offense que de dire qu'il ne connaît rien. Je l'ai entendu dire : « Je ne sais pas comment marche l'euro ». Rien.

Alors le FG respecte-t-il l'intelligence des Français ? Le FG, lui, utilise plusieurs techniques : la technique de l'esclandre – le coup de gueule –, la stratégie de l'autre Europe. Ce sont ses deux techniques préférées. Donc ça, c'est la technique de l'autre Europe. Ici, c'est son blog : « Député pour changer d'Europe ». Bien. Alors je vais présenter ici ce que j'ai déjà présenté. Certains l'ont peut-être déjà vu. Je me permets de le représenter à ceux qui ne connaissent pas. C'est un calcul statistique que j'ai présenté devant les étudiants de l'École polytechnique il y a un an et demi. Ils n'y avaient rien trouvé à redire.

Si vous avez un État indépendant, sa politique est tout le temps cohérente : soit de droite, soit de gauche. Je simplifie beaucoup le raisonnement. Enfin en gros, vous avez soit le PS, soit l'UMP, en France. Vous avez le PS au pouvoir, c'est une politique de gauche. Si le pays est indépendant, hein : ce que c'était avant 1957, en tout cas avant 1992, c'est-à-dire avant l'euro, avant toutes les politiques définies par la Commission. Bon. Dans un État indépendant, la probabilité d'avoir une politique...

Si on postule, pour simplifier le calcul, qu'il y a 50% de probabilité pour que le PS arrive au pouvoir et 50% de probabilité pour que l'UMP arrive au pouvoir, la probabilité d'une politique cohérente de droite, c'est 50%, d'une politique cohérente de gauche, c'est 50%. La probabilité d'avoir une politique cohérente au total, c'est 100%. C'est toujours cohérent, soit de droite, soit de gauche. C'est (0,5)^0 = 1 pour les matheux dans la salle. La probabilité d'avoir par exemple une politique de gauche est de 50% : (0,5)^1. Je postule que 50% est la probabilité que le PS arrive au pouvoir.

Maintenant, quand vous avez deux États que l'on force à adopter une politique commune, par exemple la France et l'Allemagne, et en limitant toujours les deux pays à deux partis, vous avez quatre possibilités. PS-CDU en Allemagne. Là, vous avez une cohabitation gauche-droite. PS-parti socialiste en Allemagne : vous avez une cohérence de gauche. UMP en France-parti socialiste en Allemagne : vous avez une cohabitation droite-gauche. UMP-CDU : vous avez une cohérence de droite. Dans un attelage de deux États... Encore une fois, je simplifie à l'extrême. Je parle pas des extrémistes. Je parle pas du centre. Je parle pas des écolos. Voilà, tout ça est extrêmement simplifié.

Dans un attelage de deux États que l'on force à adopter une politique commune, la probabilité d'avoir une politique de cohabitation, c'est 50%. Vous voyez, 2 cas sur 4. Ça sera en fait 1-(0,5)^1 pour ceux qui aiment les formules mathématiques. La probabilité d'une politique de gauche, cette fois-ci, n'est plus que de 25%. Vous avez compris. Parce que dans 1 cas sur 4, vous aurez une politique de gauche au niveau des 2 États. La cohérence de gauche... Puisque dans un autre cas, si vous votez à gauche, vous aurez à droite la droite à Berlin. La probabilité d'avoir une politique de gauche au niveau des deux États n'est plus que d'un cas sur quatre : 25%. Ça fait (0,5)² = 0,25.

Ça, c'est pour les matheux dans la salle. Maintenant, si on a trois États que l'on force à adopter une politique commune, toujours en nous limitant à la grande simplification qui consiste à dire : « Il y a simplement un parti de droite et un parti de gauche »... Cette fois-ci, je prends l'exemple de la France, de l'Allemagne et de l'Espagne. Vous avez le PS à Paris, la CDU en Allemagne, le Parti populaire en Espagne. C'est la situation actuelle. Là, vous avez une cohabitation gauche-droite-droite. Vous avez le cas de figure du PS à Paris, de la CDU en Allemagne, du parti socialiste en Espagne, vous avez une cohabitation gauche-droite-gauche.

Vous avez le PS, le SDP en Allemagne, le Parti populaire à Madrid, vous avez une cohabitation gauche-gauche-droite. Et puis vous avez le PS, le SPD à Berlin, le parti socialiste à Madrid, vous avez gauche-gauche-gauche. Enfin, vous avez votre politique de gauche au niveau des trois États. Maintenant, ça, c'est quand le PS est à Paris. Mais il y a également lorsque c'est l'UMP. Donc vous avez l'UMP, la CDU, le PP, ça fait droite-droite-droite, vous avez une politique de droite. Vous avez l'UMP, la CDU, le PS, vous avez une cohabitation droite-droite-gauche. Vous avez l'UMP, le SPD, le Parti populaire, vous avez une cohabitation droite-gauche-droite.

Et vous avez l'UMP, le SPD, le parti socialiste à Madrid, vous avez une cohabitation droite-gauche-gauche. Vous voyez que nous avons un phénomène exponentiel. Plus on ajoute d'États, plus le nombre de possibilités, de configurations devient croissant. Et vous voyez que les probabilités de cohabitation deviennent de plus en plus proliférantes. Cette fois-ci, dans 6 cas sur 8, il y a cohabitation au niveau de l'attelage des trois. Et vous n'avez plus, désormais, une politique cohérente de gauche que dans 1 cas sur 8. Et une politique cohérente de droite uniquement que dans 1 cas sur 8.

Donc dans un attelage de trois États que l'on force à adopter une politique commune, la probabilité d'une cohabitation devient de 75% cette fois-ci. Vous vous rappelez, quand c'était un seul État, il y avait une probabilité de cohabitation de 0%. Quand c'étaient deux États, c'était une probabilité de cohabitation de 50%. Maintenant, la probabilité de cohabitation devient de 75% = 1-(0,5)² = 0,75. La probabilité d'une politique cohérente de gauche est de 12,5%, c'est-à-dire (0,5)^3. Rappelons-nous que c'est le nombre d'États... Alors je passe sur le raisonnement mathématique pour ne pas alourdir cette conférence. Je montre ici très rapidement. C'est avec des 2^n, des n-uplets, etc.

Je ne pense pas qu'ici, on soit dans un cours à Polytechnique. En première approximation, dans un attelage de n États... C'est une simplification extrême de la réalité. Dans un attelage de n États que l'on force à adopter une politique commune, la probabilité d'avoir une cohabitation est de 1-(0,5)^(n-1), n étant le nombre d'États. La probabilité d'avoir une politique cohérente de droite est de (0,5)^n. La probabilité d'avoir une politique cohérente de gauche est de (0,5)^n. Ces statistiques sont valables dans la mesure où on part du principe qu'une élection dans un pays n'influe pas sur les élections dans le pays d'à côté, ce qui en gros est vrai.

C'est pas parce que les Espagnols ont fait partir M. Zapatero pour élire M. Rajoy, c'est-à-dire passer de gauche à droite... Ça n'a pas empêché les Français de faire exactement l'inverse, de chasser Sarkozy pour avoir Hollande. Donc en fait, il n'y a pas d'influence de l'un sur l'autre. Voilà. Alors c'est un calcul exagérément favorable, exagérément favorable parce que je postule implicitement que les choix sont binaires : droite, gauche. Or, c'est pas vrai. Je vous l'ai dit à plusieurs reprises. Il y a l'extrême-droite, l'extrême-gauche, le centre, les écolos.

Deuxièmement, je suppose – et ça, ça ne va pas du tout – que les droites et les gauches ont les mêmes programmes, en fonction des États. C'est faux. C'est archi-faux. Par exemple, entre Sarkozy et Mme Merkel, c'était droite et droite. Mais ça n'empêchait pas Sarkozy et Merkel de se crêper le chignon constamment, parce qu'il y a par ailleurs les intérêts nationaux. D'ailleurs, le programme du PS français n'a rien à voir avec le programme du Labour britannique, qui n'a rien à voir avec le programme du parti socialiste finlandais ou du parti socialiste espagnol, chacun ayant ses histoires politiques personnelles.

Donc je suppose qu'il n'y a pas d'opposition supplémentaire entre les intérêts nationaux, ce qui est archi-faux. Mais néanmoins, cette approche statistique que je vais breveter... Je vais déposer un brevet, puisque finalement, c'est quand même du simple bon sens que je fais. Figurez-vous que personne ne s'était jamais posé cette question alors qu'elle est au cœur même de l'arnaque de la construction européenne. Les concepteurs, c'est ça qu'ils avaient à l'esprit. Vous allez voir pourquoi. Qu'est-ce que ça donne pour 6 États, l'Europe des 6 qui a prévalu entre 1957 et 1972 ?

Même en faisant abstraction des divergences d'intérêts nationaux, même en se limitant simplement à un parti de droite et un parti de gauche, même en supposant que chacun ait la probabilité de 50% d'arriver au pouvoir, la probabilité mathématique d'une cohabitation à la Commission européenne avec ces 6 États était... J'applique ma formule. 1-(0,5)^(n-1) = 1-(0,5)^5 = 0,969, c'est-à-dire 96,9%. Si vous préférez, ça veut dire pendant 97 années sur un siècle. Et la probabilité que les 6 États de l'Europe des 6 aient une politique de gauche était de (0,5)^n = (0,5)^6 = 1,55%, c'est-à-dire 18 mois sur un siècle. Arrêtons-nous un instant à ce constat.

À l'Europe des 6, mathématiquement, avec les simplifications extrêmes que j'ai prises... Et si on y introduit les complexités, ça devient encore beaucoup moins. Avec la simplification que j'ai prise, dans un attelage de 6 États comme l'était l'Europe des 6, la probabilité mathématique, si on postule que chaque parti a 50% de chance d'arriver au pouvoir, la probabilité mathématique que l'on ait au même moment les 6 États qui soient dirigés par des socialistes par exemple, par la force de gauche dominante, était de 18 mois sur un siècle. C'est-à-dire que pendant 98 ans et 6 mois sur un siècle, ça ne marche pas. Message envoyé ici aux gens de gauche.

Et je pourrais dire la même chose pour la droite. La droite, c'est pareil : 18 mois sur un siècle. Et en fait, pendant 97 ans, vous avez la cohabitation droite-gauche. Ça, c'est pour 6 États. Mais maintenant, pour 28 États – qui est la situation actuelle de l'UE –, là encore, même en faisant abstraction des divergences d'intérêts nationaux, la probabilité mathématique d'une cohabitation, c'est 1-(0,5)^(n-1) = 1-(0,5)^27 = (NDLR : 1-0,75*10^-8 en arrondissant rigoureusement). Ça fait donc en gros 99,999 999 255 chances sur 100, c'est-à-dire très exactement pendant 99 999 ans 364 jours et 18 heures tous les 100 000 ans.

Et la probabilité que les 28 États de l'UE aient une politique unanimement de gauche, c'est de 0,5^28. C'est-à-dire 3 heures tous les 100 000 ans. Que les 28 États, au même moment, soient dirigés par 28 gouvernements socialistes est en première approximation de 3 heures tous les 100 000 ans. Et attention, je parle du PS. Je ne parle pas du FG ou du FN. Mais je vais en parler dans un instant, parce que la probabilité que le PS arrive au pouvoir est de 50%, c'est assez crédible. 50%, ça veut dire un cas sur deux. C'est assez crédible. Mais la probabilité que le FG arrive au pouvoir, c'est pas du tout de 50%. Et c'est encore moins le cas au Luxembourg.

Alors l'exemple actuel du Conseil européen confirme mes dires. C'est quelque chose que l'on ne dit absolument jamais aux Français, aux électeurs. C'est que l'Europe est en situation de cohabitation permanente. Actuellement, il y a 11 États membres qui sont dirigés par un parti qui appartient au niveau européen à ce que l'on appelle le Parti populaire européen, le PPE. Le PPE, c'est-à-dire l'équivalent de l'UMP... Vous avez 11 pays, c'est-à-dire très exactement le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, l'Allemagne, la Pologne, la Lettonie, la Finlande, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et Chypre.

Vous en avez 9 qui appartiennent au Parti socialiste européen : (NDLR : Malte,) la France, l'Italie, la Croatie, l'Autriche, la Tchéquie, la Slovaquie, le Danemark et la Suède. Vous en avez 5 qui appartiennent à l'Alliance des libéraux et des démocrates pour l'Europe. C'est un peu l'équivalent des centristes, disons le MoDem. C'est (NDLR : le Luxembourg,) la Belgique, les Pays-Bas, l'Estonie et la Slovénie. Vous en avez un qui appartient à l'Alliance des conservateurs et réformistes européens, c'est-à-dire une espèce – c'est le gouvernement britannique actuel – de parti conservateur très eurosceptique.

Vous en avez un, la Grèce, qui appartient au Parti de la gauche européenne, c'est-à-dire la gauche prétendument radicale. Et vous en avez un qui est dans la catégorie « Autres ». C'est la Lituanie, parce qu'on sait pas très bien où la classer, en fait. C'est une espèce d'alliance droite-gauche. Voilà. Donc vous voyez en fait que les faits confirment l'analyse probabiliste que je vous ai montrée. Je vous ai montré qu'il y a une cohabitation en fait pratiquement permanente sur 100 000 ans. C'est 99 999 ans 364 jours et 18 heures + 3 heures à droite et 3 heures à gauche. Les institutions européennes sont en situation de cohabitation permanente. Alors qu'est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que comme il faut... Pour changer les traités, il faut l'unanimité. Et que si vous voulez changer les traités par exemple dans un sens qui verrouillerait les banques, etc., vous ne l'aurez jamais. Point. Si vous y croyez, vous avez beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup plus de chances de gagner à l'Euromillions. Alors jouez à l'Euromillions plutôt que de voter Mélenchon. Non. Vraiment, je vous assure, vous avez beaucoup plus de chances statistiques. Vous savez très bien, d'ailleurs, que gagner le gros lot à l'Euromillions, c'est vrai que ça arrive. Après, je ne pense pas que ça vous soit arrivé. Voilà. C'est comme ça que ça marche.

Ça veut dire aussi que par exemple, lorsque les Français ont chassé Sarkozy et ont élu Hollande, il y a des Français... C'est triste. Ils sont descendus dans la rue en disant : « Ouais, c'est un nouveau ! Le nouveau 10 mai, comme en 1981 ». Vous vous rappelez, lorsque Mitterrand avait succédé à Giscard, c'était la nuit qui succédait à la lumière. Bon. En réalité, vu de Washington, vu de l'oligarchie, les gens rigolent. C'est un peu comme des entomologistes – vous savez – qui regardent des fourmis dans une espèce de vivarium. Les gens disent : « Oh ! Les Français sont passés de bleu à rouge ». Sauf que l'Espagne était passée de rouge à bleu quelques mois avant.

C'est une espèce de Rubik's cube insoluble. Vous comprenez comment ça marche ? Alors les conséquences, c'est que les élections nationales dans un État en particulier ne peuvent rien changer, puisque nous sommes en situation de cohabitation permanente. Vous votez à droite, vous votez à gauche, ça ne change rien, puisque vous êtes 1 sur (NDLR : 28). Et que, de toute façon, il y a une cohabitation permanente. Et que, de toute façon, tout ce petit monde applique des traités qui ne sont plus modifiables. Le quatrième point, c'est que puisqu'il y a cohabitation droite-gauche permanente, indifférente aux élections nationales, il n'y a plus de changement politique possible.

C'est toujours la même politique. Et comme les peuples se désintéressent complètement de ce binz, ça devient le règne des lobbys. Seuls les lobbys vont aller défendre leur bout de gras devant cette espèce de machinerie antidémocratique que plus personne ne comprend. La cinquième conséquence, c'est que les électeurs réalisent progressivement, élection après élection, qu'il ne sert plus à rien de voter à droite ou de voter à gauche car cela ne change rien à la politique subie qui est justement imposée par les institutions européennes. L'abstention ne fait que grimper, élection après élection.

La conséquence ultime, c'est que toute possibilité de bâtir une autre Europe est vouée à l'échec puisqu'il faudrait l'unanimité des 28 gouvernements pour adopter un nouveau traité radicalement différent, voilà. La meilleure preuve que je peux vous montrer... Ça, c'était la campagne du PS pour les élections européennes de 1979. « Changer l'Europe. Vivre au pays. Parti socialiste », en 1979. Et ça, c'était la campagne pour les élections européennes en 2009 : « changerleurope.fr ». C'est-à-dire qu'en 30 ans... On avait tout simplement le même slogan. On avait simplement rajouté « .fr ». On peut donc anticiper ce que sera la campagne du PS si on n'y met pas le holà en 2039.

En 2039, ça sera : « Changer l'Europe.4D », parce qu'à l'époque, on aura tous des télévisions 4D. 3D plus une quatrième dimension. Alors revenons à nos moutons avec M. Mélenchon. Je vous ai montré les statistiques dans le cadre de 50%-50%, UMP contre PS. Mais il ne vous a pas échappé que M. Mélenchon, c'est pas le PS. M. Mélenchon, c'est le FG. Et la probabilité que le FG arrive au pouvoir n'est pas la même que la probabilité que le PS arrive au pouvoir. Le PS, il arrive au pouvoir régulièrement, maintenant, depuis Mitterrand. Mélenchon non. La gauche de la gauche, composée – pas uniquement – du PCF...

Je rappelle que le PCF est né avec des difficultés en 1920, au congrès de Tours de la SFIO, qui s'est scindée avec une Section française de l'internationale communiste, qui s'est scindée de la Section française de l'internationale ouvrière, que cette Section française de l'internationale communiste est l'ancêtre du PCF. (NDLR: Le PCF a pris ce nom sous l'Occupation en 1943). En gros, les politiques considèrent que le PCF est né en 1920. Bon... Ça veut dire que c'est un vieillard maintenant vénérable. Il a 95 ans. Il va fêter en 2020 son centième anniversaire, le PCF. Depuis 95 ans, le PCF n'est jamais arrivé au pouvoir en France, du moins dans les principaux postes de décision.

Le PCF a eu des ministres de 1944 à 1947, à la Libération, jusqu'au départ des ministres communistes avec le début de la guerre froide. Et ensuite, le PCF a eu des ministres en France entre 1981 et 1984. Les deux fois où le PCF a eu des postes ministériels, il n'a jamais eu la présidence de la République, jamais l'hôtel de Matignon et jamais un des quatre grands ministères de souveraineté, c'est-à-dire le ministère des Finances, le ministère de l'Intérieur, le ministère de la Défense et le ministère des Affaires étrangères. Il a toujours eu des ministères relativement techniques, mais pas des ministères de souveraineté. Donc le PCF, depuis 95 ans...

La probabilité qu'il soit arrivé au pouvoir, telle qu'on peut la constater, est 0. Alors je vais faire un calcul pour M. Mélenchon. Pour avoir une Europe à la Mélenchon, il faut donc avoir l'unanimité des pays d'Europe. Il faut que les 28 pays d'Europe, au même moment, aient Mélenchon ou un clone de Mélenchon à leur tête. Il faut qu'il y ait un Mélenchon britannique. Il faut qu'il y ait un Mélenchon danois. Il faut qu'il y ait un Mélenchon luxembourgeois, néerlandais. En réalité, pour avoir une Europe Mélenchon... Vous savez, c'est comme dans les bandits manchots au casino. Mais dans les bandits manchots, il faut qu'il y ait l'alignement des 4 pour avoir le jackpot.

Là, il faut avoir l'alignement des 28 pour avoir le fameux jackpot de l'Europe Mélenchon, le bingo. Quelle est la probabilité d'avoir les 28 en même temps ? L'exemple d'un courant de pensée ayant... Je prends un exemple qui est extrêmement gentil. Je dis que M. Mélenchon... Alors ce raisonnement s'applique aussi aux écolos ou bien au FN. Je dis que M. Mélenchon, il a 15% de probabilité d'arriver au pouvoir. Comprenez bien ce que ça veut dire. Je ne dis pas qu'il va faire 15% des suffrages. D'ailleurs, il est très loin de les faire. Je dis « 15% de probabilité ». Ça veut dire que vous avez la probabilité d'arriver au pouvoir 1 année sur 6, ou sur 7. C'est ça que ça veut dire, 15%.

1 année sur 6, ça serait (NDLR : 16,67%). Avoir 20% de probabilité d'arriver au pouvoir, ça veut dire qu'en moyenne, mettons sur 50 ans, vous êtes 10 ans au pouvoir, c'est-à-dire 20% du temps. Donc 15%, ça veut dire la probabilité d'arriver au pouvoir 1 année sur 6. C'est très très très très très très généreux, puisque sur les 95 ans écoulés, ça a été 0. Normalement, je devrais pas faire un calcul sur 15%. Je devrais faire un calcul sur 1%. C'est encore plus généreux parce que je postule que cette même probabilité est identique dans les 28 États. Or, la probabilité d'avoir une force portée par le parti communiste qui arrive au pouvoir dans le Grand-Duché de Luxembourg, c'est 0.

Mais 0,000, hein. Le parti communiste, au Luxembourg, doit représenter peut-être... Ça doit tenir dans une cabine téléphonique. D'ailleurs, tout le monde sait que les pays d'Europe du Nord : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, les pays de Scandinavie ont toujours été des pays totalement rétifs au communisme. Vous le savez. Au Royaume-Uni, le parti communiste n'a jamais dépassé 1%, 2% depuis 100 ans. Les pays scandinaves, c'est pareil. C'est pas leur genre. C'est pas leur truc. Les partis communistes, ils ont fait des scores importants dans les pays de tradition catholique romaine, pour des raisons qui seraient intéressantes à analyser d'un point de vue socio-culturel. Donc c'est en Grèce...

Qui n'est pas catholique mais qui est orthodoxe. Mais c'est dans les pays catholiques romains comme l'Italie, l'Espagne, le Portugal et la France, qui sont des pays de dogmes, des pays... Qu'il y a eu un fort parti communiste qui était une espèce de laïcisation d'une partie de la chrétienté. Les gens qui ont investi la politique d'idéaux évangéliques... Donc il n'y a que dans les pays d'Europe du Sud qu'on a eu des forts partis communistes, en France, en Espagne, etc. Pas du tout le cas dans l'Europe du Nord... Je postule néanmoins qu'il y a 15% de probabilité que les Britanniques aient (NDLR : un communiste à leur tête à une élection fixée). C'est délirant. Mais je fais un calcul par excès.

En attendant, pour 28 États, j'applique ma formule mathématique. La probabilité mathématique que l'Europe adopte la politique adoptée par EELV – parce que le même raisonnement s'applique à EELV – ou par le FN ou par le FG est actuellement donc non pas de (0,5)^28 mais de (0,15)^28, c'est-à-dire (NDLR : 0,852*10^-23), c'est-à-dire très exactement 0,000 000 000 000 000 000 000 852 chances sur 100. Et pour que ça vous parle un tout petit peu davantage, ça représente exactement 1 seconde tous les 37 trillions d'années – 37 milliards de milliards d'années –. On considère que la planète Terre s'est créée il y a 4,54 milliards d'années.

Ça veut dire qu'il faudrait attendre plus de 8 milliards de fois le temps qui s'est écouté depuis la création de la Terre pour avoir la chance d'avoir la politique d'une Europe Mélenchon pendant 1 seconde. Alors si vous votez Mélenchon, je vous en prie : allez acheter vraiment un ticket de l'Euromillions. La probabilité de gagner le gros lot est des milliards et des milliards de fois supérieure à celle d'avoir l'Europe Mélenchon. Alors comme je vous ai dit, qu'est-ce que vous pensez de ça ? M. Mélenchon... Depuis que j'ai fait ça à Polytechnique, j'ai l'impression qu'il y a de l'eau dans le gaz, en ce moment, au FG.

On m'a dit, paraît-il, qu'il y a eu récemment une réunion des instances supérieures du FG où il y a des gens qui ont dit : « Il faudrait sortir de l'UE » et cette motion aurait quand même recueilli 24% des voix. Et d'ailleurs, nous voyons arriver à l'UPR un certain nombre de gens, d'électeurs déçus du FG, parce que les gens sont quand même pas complètement cons. Et on a beau dire : « Oui. Là, il a fait un conférence chez un type qui est un skinhead. Vous vous rendez compte ? Faut pas l'écouter »... Il y a quand même des gens qui vont un peu plus loin. Ils disent : « Attendez, il fait des conférences partout.

Il en a fait devant le (NDLR : Pôle de renaissance communiste en France) à Lens, devant l'association des Amis du Monde diplomatique, dans tel bureau, dans tel local de la CGT à Paris. On va quand même écouter ce monsieur. D'un seul coup, les gens se disent : « Mais ce qu'il dit n'est pas totalement inintéressant. Je commence à comprendre pourquoi je me fais avoir depuis des années. Et ça peut durer encore des siècles et des siècles, si je continue à me faire avoir avec ce binz ». C'est pour ça que nous sommes là.

C'est pour réhabiliter la politique, pour que vous compreniez comment on vous arnaque, parce qu'en fait, cette arnaque sur l'autre Europe, c'est exactement la même chose que l'arnaque des organisateurs des lotos. Pourquoi est-ce qu'il y a le loto ? Vous croyez que c'est parce que les États aiment s'amuser ? Pourquoi est-ce que les États organisent des lotos ? C'est pour s'amuser ? C'est pour donner de la distraction ? C'est parce que, tout simplement, il y a des mathématiciens derrière qui calculent que ça rapporte énormément d'argent à celui qui organise le loto. C'est comme les casinos. Les gens qui jouent au loto se font arnaquer, parce qu'ils peuvent jouer...

Alors évidemment, c'est le slogan de la Française des jeux : « 100% des gagnants ont joué ». Oui. Ça, c'est vrai. Bien sûr. Mais en réalité, vous pouvez jouer pendant des années, des décennies, mettre des sommes considérables, vous n'aurez jamais le gros lot. D'ailleurs, vous avez vu ? Maintenant, c'est interdit pour les mineurs. Enfin il y a des restrictions qui ont été mises par la loi pour essayer d'empêcher les gens... Parce que parfois, vous avez des gens... On en voit souvent. C'est souvent, d'ailleurs, des pauvres gens, des gens qui gagnent pas beaucoup d'argent qui, parfois... J'en vois, par exemple, dans un café. Ils mettent 100 €, 150 € pour jouer au loto.

Je leur ai dit : « La probabilité que vous gagniez est seulement égale... ». Ah, c'est vrai que c'est pas 0. C'est vrai que c'est pas 0. C'est l'espoir qui fait vivre. Mais c'est tellement infinitésimal que la probabilité que vous perdiez sur une longue période des milliers et des milliers d'euros dans l'espoir vain d'être un jour le gagnant au loto, c'est ça, la probabilité dominante. Là, c'est exactement la même chose en bien pire. Ceux d'entre vous qui veulent continuer à voter pour une autre Europe, qui croient à l'Europe Mélenchon ou qui votent pour une Europe écologiste ou qui votent pour une Europe FN, etc., en réalité, se font arnaquer et n'auront rien de ça.

Ils auront l'Europe telle qu'elle est. C'est d'ailleurs ce qu'on constate. Je ne fais que vous expliquer ce qui se passe et vous donner les clés de compréhension. Il y a 13 ans, d'ailleurs, on voyait... Je ne suis même pas sûr que c'était il y a 13 ans. C'était il y a – je crois – un peu plus. C'était au moment du traité de Nice. Vous voyez ici les forces de gauche : Attac, Confédération paysanne, CFDT, la LCR, le PCF, etc. C'était il y a 15 ans, en fait. C'était le collectif pour une autre charte pour une autre Europe pour un autre monde, à l'occasion du sommet européen de Nice de 2000 qui a débouché sur le traité de Nice.

« Tandis que les gouvernements construisent sans les citoyens et contre eux une Europe dominée par la logique néolibérale, une autre Europe se dessine à travers les luttes des « sans » (sans domicile, sans travail, sans revenu, sans papiers, sans droits), les mobilisations citoyennes, les luttes des salarié·e·s, les luttes des femmes contre les violences et la pauvreté ». Enfin c'est un poème à la Prévert. On y met tout et son contraire. Il est possible de construire une autre Europe dans un autre monde. Cette Europe doit se faire entendre à Nice. Ça, c'est la rhétorique de l'extrême-gauche, que certains d'entre vous connaissent. C'était en 2000. C'était il y a 15 ans.

Il y a 15 ans, on vous disait déjà ces mêmes trucs. Je vous ai rappelé d'ailleurs tout à l'heure que Pierre Mendès-France, en 1957, proposait déjà une autre Europe. Moi, je vous explique pourquoi ça n'aura pas lieu, ça ne peut pas avoir lieu. Alors puisque j'ai parlé de EELV, parlons-en. Est-ce que EELV respecte l'intelligence des Français ? EELV applique la stratégie de l'autre Europe. EELV il y a 10 ans bientôt, c'était : « Pour le référendum du 29 mai 2005, pour qu'une autre Europe soit possible, votez oui ». Je rappelle l'exemple d'un courant de pensée. Je l'ai dit. La même chose pour M. José Bové que pour M. Mélenchon...

La probabilité d'avoir une Europe écologiste, c'est à peu près 1 seconde tous les 37 trillions d'années. On vient de le voir, on a appris hier – vous l'avez peut-être vu – que la Commission européenne vient de décider d'introduire 19 nouvelles variétés d'OGM. Alors prétendument que les États peuvent refuser de les appliquer. Oui, sauf que dans le cadre du marché unique européen, les États ne peuvent pas empêcher la libre circulation des produits faits avec des OGM ou des animaux nourris avec des OGM qui vont être vendus en France. Je parle même pas de la dissémination des pollens. Et puis ça, c'est la technique du salami.

C'est-à-dire que la Commission européenne, dans un premier temps, dit : « Oui, les pays pourront refuser ». Et puis quand il y aura à peu près 80% des pays qui auront accepté, dans un deuxième temps, on dira : « Bon, maintenant, c'est obligatoire ». C'est comme ça que ça s'est passé les autres fois. Voilà. Donc en réalité, il n'y a pas d'Europe écologiste. C'est pas possible. La seule façon par exemple si vous ne voulez pas d'OGM, c'est de sortir de l'UE, parce que là, on retrouve notre possibilité de décision nationale. Mais nous sommes alliés sur les OGM. J'ai montré ça dans une autre conférence sur les farines animales. C'est exactement de la même façon.

En France, au Parlement européen, lorsque la réintroduction des farines animales est passée, il y a eu une très grande majorité de députés européens de nationalité française au Parlement européen qui ont voté contre. Mais nous avons été les seuls avec les Belges à avoir une majorité contre. Tous les autres pays ont voté en faveur de la réintroduction des farines animales. Donc c'est bien notre appartenance à l'UE qui nous impose la réintroduction des farines animales, les OGM, et tout le tremblement. Et ceux qui vous disent « Il faut pas sortir de l'Europe.

Il faut se battre pour une Europe écologiste » sont en fait non seulement des escrocs mais des agents des puissances que vous croyez combattre, parce que la seule façon d'en sortir, c'est justement de sortir de l'UE. Et ceux qui disent : « Non, non. On va y rester. On va changer de l'intérieur »... C'est comme tout à l'heure – je disais –, Jacques Myard, de l'UMP. Il ne change rien du tout de l'intérieur. Il vous force à accepter ce que vous ne voulez pas. C'est vraiment très grave. C'est pour ça que nous, nous parlons de partis leurres qui sont encore plus nocifs que les autres parce qu'au moins, quand vous votez UMP ou PS, maintenant, en gros, on sait à quoi s'en tenir.

Tandis que les faux opposants qui vous disent : « Votez pour moi. Je vais faire changer le truc » vous mentent effrontément et vous entraînent en fait dans la nullité. Les farines animales... Justement, j'en parlais. C'était le 29 juillet 2010. La Commission européenne a proposé de réautoriser les farines animales. Elle a jugé négligeable le risque lié à l'utilisation de ces farines composées de viande et d'os de mammifères pour nourrir les porcs, les volailles et les poissons. Je ne sais pas si vous savez ce que c'est, les farines animales. Les farines animales, c'est... Vous prenez ça, une charogne. Et tout est bon dans le cochon. Là, tout y passe.

C'est-à-dire que c'est pas seulement la viande. C'est pas seulement les os. C'est également les poils, les cornes, les sabots, les dents, les mâchoires. Tout y est. Vous broyez. Et vous passez ça ensuite dans des choses qui font chauffer ça à 165°C pendant 25 minutes. Paraît-il que le résultat est excellent. Sauf que les entreprises qui produisent les farines animales se sont dits : « Chauffer des tonnes et des tonnes à 165°C pendant 25 minutes, ça coûte de l'énergie. À quoi bon ? On va le mettre pendant 5 minutes. Ça suffira bien. 165°C pendant 5 minutes, ça sera bon ». Ils ont raisonné en pensant qu'effectivement, à 165°C, toutes les bactéries seraient détruites en 5 minutes. Ben oui...

Manque de pot, non. Voilà. Les bactéries sont détruites mais pas certains petits trucs microscopiques qu'on appelle les prions. Et justement, il fallait 25 minutes. Et comme ils avaient chauffé ça pendant 5 minutes et pas 25, il y a eu des prions qui sont restés dans les farines animales. Ça a donné l'ESB (Encéphalopathie spongiforme bovine). Bien. Résultat : des vaches qui avaient la tremblante. Résultat : des Anglais qui avaient mangé de la viande qui, après, ont eu la tremblante, etc. Le scandale des années 90. Vous vous rappelez ? Alors ça avait été interdit mais sous la puissance des lobbys de l'industrie agro-alimentaire...

Ils sont remontés au créneau en disant : « Il faut réintroduire les farines animales maintenant. C'est promis, craché, juré, on fait cuire pendant 25 minutes. On leur fera plus ce qu'on avait fait ». « Ah, bon... Alors très bien. Dans ces conditions, on est d'accord ». Tel quel... Alors la Commission a dit : « Bon, on va quand même pas donner ça aux vaches. Mais en revanche, c'est excellent pour les porcs, les volailles et les poissons ». Alors si vous allez manger chez Kentucky Fried Chicken, n'oubliez pas comment les poulets vont être nourris. Pareil si vous mangez aussi des poissons, etc. Alors qu'est-ce qui s'est passé ?

Il s'est passé que cette proposition a été transmise au Parlement européen et que le Parlement européen a approuvé la réintroduction des farines animales le 6 juillet 2011, et que l'on voit ici les votes, pas de tous les pays mais des premiers par ordre alphabétique, et que c'est ça qui est très révélateur de l'arnaque européenne. Vous voyez ici que 10 députés autrichiens... Ça, c'est ceux qui ont voté pour, ceux qui ont voté contre, les abstentions, les présents, les absents, les non-votants. Les non-votants, c'est ceux qui étaient en train d'aller signer les papiers pour avoir leur argent.

Oui, je rappelle que les députés européens gagnent en gros à peu près 10 000 €, 12 000 € par mois nets d'impôts s'ils ne vont pas travailler. Mais si, en plus, ils vont travailler, alors là, ils ont le droit à une prime. Une prime, c'est-à-dire que chaque jour de travail, ils vont signer leur truc. Ils ont droit à 300 € de plus par jour, ce qui arrondit les fins de mois. C'est comme ça que papy Le Pen, il en est à sa 32e année de député européen. En cumulé, ça fait 5,6 millions d'euros qu'il s'est mis dans la poche nets d'impôts. Et je parle même pas des frais de secrétariat qui sont de 7,6 millions d'euros. Alors je reviens à mon propos et à mes moutons, si j'ose dire.

On a donc 10 députés autrichiens qui ont voté pour, 6 qui ont voté contre. Les Belges : 8 ont voté pour, 13 ont voté contre. C'est le seul pays avec la France à avoir majoritairement voté contre la réintroduction. Mais vous avez 11 Bulgares qui ont voté pour la réintroduction des farines animales, 5 qui ont voté contre. Je ne veux pas faire injure au peuple bulgare ou au chypriote, puisque 6 députés chypriotes ont voté pour et 0 ont voté contre. Mais enfin tout le monde sait – c'est un secret de Polichinelle – que les Roumains, les Bulgares, les Chypriotes, ils vendent leurs votes.

Si les 6 députés chypriotes ont voté pour, c'est qu'il y a eu le lobby derrière qui a dû leur filer une petite enveloppe en disant : « Votez pour ». Vous avez eu 19 députés tchèques qui ont voté pour et 0 qui ont voté contre. Vous avez 11 députés danois qui ont voté pour, 0 qui ont voté contre. Vous avez 8 Finlandais qui ont voté pour, 5 qui ont voté contre, 83 Allemands qui ont voté pour et 7 qui ont voté contre. Sur 90 députés allemands au Parlement européen, 83 ont voté pour la réintroduction des farines animales, 7 ont voté contre.

Vous avez eu 16 deputés grecs qui ont voté pour, 3 qui ont voté contre, 17 Hongrois qui ont voté pour, 2 qui ont voté contre, 10 Irlandais qui ont voté pour, 0 qui ont voté contre, 52 députés italiens qui ont voté pour, 5 qui ont voté contre. Le pays qui s'est fait remarquer, c'est la France que vous voyez ici. La France... Il y en a 8 qui ont voté pour et 56 députés qui ont voté contre. Un nombre écrasant de députés français qui ont voté contre la réintroduction de cette saloperie – il faut bien dire les choses par leur nom –. Et c'est dû à quoi ? C'est dû au fait que les Français, c'est quand même encore des gens qui aiment bien manger. Il nous reste encore ça.

Peut-être plus pour très longtemps... Enfin en gros, il y a quand même un petit réflexe un petit peu... Bon. Les Français, ils aiment bien manger. Ils aiment bien quand même la qualité de la nourriture. Ils essayent. Donc ça, c'est un plébiscite. Là, on voit ce que c'est qu'un peuple sur ce genre de statistiques. On voit ce que c'est, un peuple. Alors pour la petite histoire, les 8 qui ont voté contre... Je ne résiste pas au plaisir de vous donner la liste des 8 députés qui ont voté pour la réintroduction : Brice Hortefeux, avec lequel j'ai eu un débat que je vous conseille. C'est deux étoiles dans le Michelin : mérite un détour.

Tapez « Hortefeux Asselineau », vous verrez un débat que j'ai eu au Sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand à l'automne dernier. Il y a Mme Corinne Lepage, qui est – paraît-il – une grande écolo devant l'éternel. Elle a créé un mouvement politique qui s'appelle « Cap21 ». Vous savez, ça veut dire que son objectif est d'avoir 21 adhérents. (Rires). Vous avez ensuite Harlem Désir du PS qui a voté pour la réintroduction des farines animales, de même que Pervenche Berès du PS et Joseph Daul du parti EPP (NDLR : le PPE de tout à l'heure) : Parti populaire européen, c'est-à-dire de l'UMP.

Mais alors là où ça a fait scandale, c'est que vous avez eu 3 des 5 députés du FG qui ont voté pour, notamment Élie Hoarau de la Réunion, Jacky Hénin et Jean-Luc Mélenchon, notre ami Jean-Luc Mélenchon qui a voté pour la réintroduction des farines animales. Faut le faire, quand même. Sur tous les députés français au Parlement européen, il y en a donc 56 qui ont voté contre la réintroduction des farines animales, il y en a 8 qui ont voté pour. Et sur les 8, il y en avait 3 qui étaient du FG. Alors ça a fait un petit scandale dans le Landerneau, petit scandale qu'avait relayé Libération. Et on a eu droit à l'autre technique de M.

Mélenchon – je vous l'avais expliquée –, la technique de l'esclandre. C'est-à-dire qu'il a gueulé. « Ouais, je me suis trompé. », etc. Ah bah ouais... (Rires). Bien. Allez taper – vous verrez – « Mélenchon farines animales 2011 », vous verrez les trucs sur Google, vous retrouverez tout ça. Paraît-il qu'il s'était trompé. Enfin pour quelqu'un qui aspire à la magistrature suprême, il faut espérer que si un jour il était président de la République, il ne se tromperait pas lorsqu'il appuie sur un bouton pour appeler l'huissier, que c'est pas le bouton pour déclencher le feu nucléaire. Mais je referme ce petit truc polémique pour en revenir au fond du sujet.

Il y a 8 députés français qui ont voté pour, 56 qui ont voté contre. Ça veut dire que les députés européens français ont voté majoritairement contre, à la différence des députés autrichiens, bulgares, tchèques, allemands, grecs. La conclusion à en tirer, c'est que si la France n'était pas dans l'UE, jamais nous n'aurions réintroduit les farines animales, parce que les députés français, quand ils rentreraient dans leur circonscription, ils se seraient pris des tomates à travers la figure si les gens dans leur circonscription avaient su qu'ils avaient voté pour la réintroduction des farines animales. C'est pareil pour les OGM.

Et c'est pareil pour beaucoup de choses en matière sanitaire, en matière d'agriculture et autres.