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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 17 février 2019 54 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & international

Eric Ciotti : "Je demande qu'on interdise les manifestations" de "gilets jaunes" samedi prochain

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 44 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 87 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous l'agression antisémite contre Alain Finkielkraut ?

  • 3:18RelanceRéponse directe

    Quelle est la source principale de l'antisémitisme selon vous ?

  • 3:33RelanceRéponse directe

    Maintenez-vous l'affirmation qu'il n'y a plus d'enfants juifs dans les écoles de Seine-Saint-Denis ?

  • 5:52RelanceRéponse directe

    Peut-on lutter contre l'antisémitisme en stigmatisant une communauté ?

  • 6:01RelanceRéponse partielle

    N'exonérez-vous pas trop facilement l'extrême droite ?

  • 7:04OuverteRéponse directe

    Quels seraient les moyens les plus sûrs de faire reculer l'antisémitisme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:11Invité politiqueChiffre
    « Plus 74%. »
  • 3:33PrésentateurFait
    « Il n'y avait plus d'enfants juifs dans les écoles de Seine-Saint-Denis. »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « Dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, il n'y a quasiment plus aujourd'hui, quasiment plus d'enfants juifs. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « C'est des études qui ont été faites, des mises en garde, le CRIF l'a évoqué récemment. »
  • 11:34Invité politiqueChiffre
    « 1 400 représentants des forces de l'ordre blessés, plus de 2 000 manifestants blessés, ça veut dire 3 500 blessés, 11 morts. »
  • 11:47Invité politiqueFait
    « On n'a jamais eu un tel bilan en France métropolitaine depuis la guerre d'Algérie. »
  • 23:23Invité politiqueFait
    « aujourd'hui quasiment le pays le plus endetté d'Europe »
  • 23:26Invité politiqueFait
    « qu'on a les déficits parmi les plus élevés et que donc on a aussi le taux chômage le plus élevé »
  • 31:19Invité politiqueFait
    « sur le sujet notamment de la défense des classes moyennes et le fait de lutter contre une forme d'assistanat permanent »
  • 32:45Invité politiqueFait
    « l'obligation du drapeau à l'école »
  • 32:41Invité politiqueFait
    « j'ai porté, encore cette semaine sur la question de l'obligation du drapeau à l'école »
  • 34:29Invité politiqueChiffre
    « Nice est la plus grande ville de France où les impôts ont le plus progressé »
  • 34:36PrésentateurFait
    « Nice est la seule grande ville de France avec Paris où la population a diminué »
  • 35:27Invité politiqueFait
    « Il avait dit il y a quelques semaines puisqu'il n'avait pas renouvelé sa cotisation »
  • 36:44Invité politiqueFait
    « C'est peut-être Alain Juppé qui s'est trompé de campagne aussi parce que pendant deux ans, il a été en tête de toutes les intentions de vote et puis il a fait une campagne qui était contraire à ce qu'attendaient les électeurs de la droite et du centre dans notre pays »
  • 37:09Invité politiqueFait
    « D'ailleurs, dans son camp, certains ont estimé que c'était la cause de son échec »
  • 37:36Invité politiqueFait
    « j'ai choisi et j'ai soutenu au premier tour Nicolas Sarkozy et au second, puisque Nicolas Sarkozy malheureusement a été éliminé du premier tour, j'ai choisi, j'ai soutenu François Fillon face à Alain Juppé »
  • 39:01Invité politiqueFait
    « le fait que le Premier ministre vienne des Républicains, que Gérald Darmanin, Bruno Le Maire trahissent quelque part un peu leurs convictions pour rejoindre la République en marche »
  • 39:26Invité politiqueFait
    « Bruno Le Maire qui était, on reparle de la primaire, excusez-moi, portait une mesure essentielle dans la primaire, c'était la baisse de la CSG »
  • 39:28Invité politiqueChiffre
    « Il a été le ministre de l'Économie qui a fait augmenter la CSG de 25% »
  • 42:32Invité politiqueFait
    « la loi anti-casseur. Ça fait 14 semaines que le gouvernement est incapable d'éradiquer la violence »
  • 42:40Invité politiqueFait
    « Il est allé chercher une proposition de loi de Bruno Retailleau et des sénateurs qui avait été auparavant vouée aux gémonies par le même gouvernement »
  • 43:40AuditeurFait
    « Votre amendement a été retenu, donc il y aura des drapeaux français-européens dans chaque salle de classe »
  • 45:13Invité politiqueFait
    « le ministre de l'Éducation nationale de l'époque demande dans toutes les écoles, dans tous les lycées, les collèges, d'observer une minute de silence »
  • 48:55Invité politiqueFait
    « notamment dans le cadre de l'alliance Alstom-Siemens qui marque finalement le fait que cette Europe face à la mondialisation elle est trop fragile, elle ne s'assume pas fortement, totalement »

Temps de parole

  • Éric Ciotti72 %
  • Présentateur11 %
  • Invité8 %
  • Présentateur 25 %
  • Auditeur4 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter Bonjour et merci d'être fidèle à Question Politique, le rendez-vous de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Question politique au terme d'une semaine où les Républicains tournaient une page de leur histoire avec la retraite politique d'Alain Juppé. Nous voulions entendre l'un des hommes forts de la nouvelle droite, une droite forte, celle que porte Laurent Wauquiez, une droite qui veut parler à la droite mais qui se trouve face à des enjeux majeurs. Comment parler à la France toute entière ? Comment incarner l'alternance à Emmanuel Macron ?

Je retrouverai ma voix pour poser ces questions aux députés les Républicains des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti qui vient de s'installer dans le studio de Question Politique. Vos questions, vos remarques sur l'appli France Inter ou sur les réseaux avec le hashtag QuestionPol. France Inter, Question Politique, Alibadou. Bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Et bienvenue pour vous interroger l'équipe de Questions Politiques, Jeff Wittenberg de France Télévisions. Bonjour Jeff. Bonjour Ali. Françoise Fressoz du journal Le Monde. Bonjour Françoise.

1:06
Auditeur

Bonjour Ali. Bonjour à tous.

1:08
Présentateur

Et Karine Becker de France Inter. Bonjour Karine.

1:10
Auditeur

Salut tout le monde.

1:10
Présentateur

Beaucoup de questions à vous poser Éric Ciotti mais on va évidemment commencer par cette image. Ces images qui nous ont tous choqués, la vidéo de cette agression antisémite dont a été l'objet Alain Finkielkraut. Alain Finkielkraut hier dans le 14e arrondissement de Paris, Alain Finkielkraut insulté, sifflé, il ne portera pas plainte a-t-il déclaré. Est-ce que vous le comprenez et au-delà, comment analysez-vous ce qui s'est passé dans la rue de Paris hier, dans les rues de Paris ?

1:36
Éric Ciotti

Ce qui s'est passé est une abomination parce que derrière l'attaque individuelle contre Alain Finkielkraut, il y a naturellement une volonté très claire d'exprimer un antisémitisme insupportable que nous devons tous condamner avec beaucoup de force. Au-delà de cette attaque, c'est un climat qui devient détestable. Ce sont des actes, ce sont des paroles qui se multiplient. Nous avons vu la montée des actes antisémites l'année dernière. Plus 74%. C'est énorme et il faut réagir. Il faut réagir aujourd'hui.

2:17
Invité

Pourquoi ? Comment on est arrivé là ?

2:18
Éric Ciotti

Karine Pigeff. On est arrivé là parce que je crois qu'il y a la convergence d'un antisémitisme classique, celui qui vient de l'extrême droite, qui malheureusement est un courant infiniment minoritaire, mais qui a existé de façon contemporaine ou beaucoup plus ancienne dans notre pays. Et puis, de façon plus récente, il y a un antisémitisme d'extrême gauche, un antisémitisme qui vient aussi sur fond d'islamisme. Il faut le dire, il faut citer ces mots. Et je sens que certains ont des pudeurs à évoquer ces sujets, à évoquer ces causes.

2:53
Présentateur

Pour rester au cas d'Alain Finkielkraut hier, il disait, et je le cite ce matin dans Le Parisien, c'est un groupe de gens politiquement difficilement situables, dit Alain Finkielkraut, un mélange de gens de banlieue, de l'extrême gauche et peut-être aussi des soraliens.

3:07
Éric Ciotti

C'est ça, c'est ce mélange. C'est ce que je vous disais à l'instant. C'est deux sources de l'antisémitisme qu'il faut combattre et qu'il faut dénoncer, et au-delà des mots avec des actes.

3:18
Présentateur

Précisément, quelle est la source pour vous la plus importante ? Je vous ai écouté il y a quelques jours, vous avez dit, et vous le répétez ce matin, que la montée de l'antisémitisme était essentiellement causée par le communautarisme islamique. Et vous avez même affirmé, je vous cite, qu'il n'y avait plus d'enfants juifs dans les écoles de Seine-Saint-Denis. Est-ce que vous maintenez cette affirmation qui est contestée notamment par des associations de parents d'élèves ? Éric Cetier.

3:39
Éric Ciotti

Aujourd'hui, on voit bien que dans certains territoires de la République, il est difficile, il est même quasi impossible, pour un juif de continuer à exprimer ce qu'il est, à exprimer ne serait-ce que le port d'une kippa aujourd'hui dans la rue, ou dans un amphithéâtre, dans certains établissements, est extraordinairement difficile.

4:03
Présentateur

Est-ce que vous avez dit, va plus loin, vous avez dit, il n'y a pas d'enfants juifs dans les écoles de Seine-Saint-Denis, la religion n'est pas mentionnée notamment dans les établissements scolaires ?

4:11
Éric Ciotti

Dans les écoles publiques, dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis, il n'y a quasiment plus aujourd'hui, quasiment plus d'enfants juifs. Vous appuyez sur quoi ? C'est des études qui ont été faites, des mises en garde, le CRIF l'a évoqué récemment, on voit bien qu'il y a aussi des juifs qui quittent certains arrondissements de Paris aussi. Mais quand on s'inscrit dans une école, on ne donne pas sa confession religieuse, c'est ça qui le surprend, comment vous savez ? Là, on est dans le politiquement correct, en disant naturellement, il n'y a pas de statistiques ethniques, religieuses, naturellement.

Mais il y a une pression qui s'exerce, il y a une pression communautariste qui est là, il y a une pression communautariste islamiste qui fait qu'il y a la haine. On a validé il y a quelques années en disant attention, l'antisionisme ce n'est pas l'antisémitisme. Aujourd'hui, on voit bien qu'il y a convergence. Ceux qui attaquaient hier Alain Ficklecourt, ils le traitaient de sioniste. Mais c'était un acte antisémite. Il faut bien voir et associer ces deux faits. Et il faut avoir le courage de le dire, la montée du communautarisme islamiste, cet islamo-gauchisme qui existe, que certains ont dénoncé. Je pense notamment à Manuel Valls, avec beaucoup de courage.

Il faut le dénoncer sur la Seine-Saint-Denis. Je vous renvoie à un rapport édifiant de mon collègue François Cornu-Gentil, qui a décrit la situation aujourd'hui extrêmement préoccupante de ce département, dont on ne connaît pas notamment la population exacte, dont on ne connaît pas le nombre d'étrangers en situation irrégulière, où l'on voit que la République recule sur fond le communautarisme.

5:52
Invité

Est-ce qu'on peut lutter contre l'antisémitisme en finalement montrant du doigt, en stigmatisant une autre communauté ?

5:57
Éric Ciotti

Il faut lutter contre ceux qui portent l'antisémitisme.

6:01
Auditeur

Est-ce que vous n'exonérez pas un peu facilement l'extrême droite aussi ? Parce que là, vous mettez en cause l'islamo-gauchisme. Est-ce qu'il n'y a pas au fond un fond de l'air très mauvais en France, qui est, quel que soit le bord politique, une montée quand même très forte de l'antisémitisme ?

6:16
Éric Ciotti

Vous avez entendu mon propos au début. J'ai dit qu'il y a deux sources d'antisémitisme. Il y a cette source traditionnelle de l'extrême droite, celle que Alain Fickelkot décrivait en disant les Sauraliens, ce matin dans Le Parisien, et naturellement, il a raison. Et cet antisémitisme plus récent, qui vient de l'extrême gauche, et qui vient aujourd'hui de la montée de l'islamisme en France. Donc ces deux sources de l'islamisme, de l'antisémitisme, doivent être combattus avec la même force. Et il faut décrire les mots. Il ne faut pas masquer aussi cette partie avec une forme de politique.

6:58
Présentateur

Eric Ciotti, la question est extrêmement difficile, et Françoise l'a posé à l'instant cette question. Quels seraient les moyens les plus sûrs de faire reculer l'antisémitisme ? Si c'est possible.

7:09
Éric Ciotti

Aujourd'hui, c'est des condamnations judiciaires fortes, exemplaires, dissuasives. J'ai entendu la gare.

7:17
Présentateur

Je vous pose la question justement, parce que je reprends ma première question. Alain Finkielkraut a dit qu'il n'allait pas porter plainte. Mais le parquet s'est saisi. Le parquet s'est saisi, et j'espère que l'action publique permettra de... Il dit, je sais toujours, il ne faut pas trop en faire non plus. J'ai l'impression que beaucoup de gens ont été plus traumatisés que moi, et que les images leur ont fait plus peur qu'à moi. Disons que sa réaction est toute à son honneur.

7:40
Éric Ciotti

C'est un homme qui porte une pensée, des convictions. Mais je crois que la République, l'État, la puissance publique ne peut pas laisser passer ça. Ce n'est pas simplement Alain Finkielkraut qui est en cause. C'est la République qui est attaquée. C'est notre capacité à tolérer aujourd'hui des expressions différentes sur le territoire national. Cette haine, elle n'a pas sa place. Alors comment faire ? Elle doit être sanctionnée. Eh bien, il y a aussi des vecteurs qui ont permis cette montée, je pense, à la haine sur les réseaux sociaux.

Une réponse, l'Allemagne, par exemple, a fait adopter un texte de loi qui est beaucoup plus contraignant pour les plateformes Internet, pour les réseaux sociaux, en disant que si dans les 24 heures, un message de haine n'est pas supprimé sur une plateforme... Mais là, ce sont des insultes dans la rue, un visage découvert. Oui, mais c'est une problématique générale. Il y a 50 millions d'euros d'amende. Ça a été extrêmement dissuasif. Il faut aussi que cette forme aujourd'hui de déversoir de haine qui peut s'exprimer sur les réseaux sociaux soit plus sanctionnée. On a été impuissant. Il n'y a pas de poursuite. Quand il y a un tweet antisémite, il est banalisé. La justice le banalise.

Il y a des propos qui sont tenus, qui ne sont jamais sanctionnés. Donc, on ne peut pas tolérer. Là, on a confondu espace de liberté, mais aussi expression qui porte atteinte à la liberté. Ensuite, il y a un débat sur ce qui sanctionne l'antisémitisme, le vecteur juridique. On sanctionne notamment sur la loi de 1881, sur la presse. Est-ce qu'il ne faut pas que des avocats pénalistes ont proposé des solutions là-dessus ? Je pense à maître Francis Piner cette semaine en disant qu'il faut peut-être qu'il y ait un délit plus spécifique sur l'antisémitisme.

9:30
Auditeur

Est-ce qu'il y a une proposition de loi Ciotti sur le sujet ?

9:33
Éric Ciotti

Pas forcément, mais au-delà. Je dis qu'il faut que la justice soit beaucoup plus ferme là-dessus. La garde des Sceaux nous dit qu'on va réactiver les magistrats référents dans les parquets. Mais ils existent déjà. Si ce n'est que, malheureusement, leur action a été quasiment inutile.

9:50
Invité

Elle propose aussi une plus forte publicité des décisions judiciaires contre justement les actes racistes ou antisémites.

9:55
Éric Ciotti

Au-delà de la publicité, je pense que la nécessité, c'est la fermeté. Il faut qu'il y ait une responsabilisation aussi de l'autorité judiciaire pour plus et mieux sanctionner ces faits.

10:08
Présentateur

Vous avez dit qu'il ne fallait pas d'hypocrisie ni de langue de bois sur le communautarisme islamique. Est-ce qu'il n'en faut pas non plus sur ce qui se passe aujourd'hui ? Ce débordement antisémite a eu lieu à l'occasion d'une manifestation des Gilets jaunes et ce n'est pas le premier. Est-ce que ce n'est pas un vecteur, ce mouvement des Gilets jaunes, à ces phénomènes ? Qu'on observe, je rappelle que c'est un mouvement, les Gilets jaunes, que vous soutenez, que vous soutenez en tout cas. Est-ce que ce mouvement doit continuer ?

10:31
Éric Ciotti

Un mot peut-être sur le mouvement des Gilets jaunes. Parce que vous avez raison de dire, j'ai soutenu ce mouvement. Qu'est-ce que j'ai soutenu ? J'ai soutenu l'expression d'une colère qui vient de loin et qui a été attisée par des décisions plus récentes. Une colère, une révolte contre ce trop-plein de fiscalité, d'impôts, contre quelque part une injustice fiscale et une inefficacité économique. Une politique que les Français ont reçue comme injuste pour eux, parce qu'ils avaient le sentiment, notamment les plus faibles, que c'était toujours les mêmes qui étaient mis à contribution. Et une politique inefficace, quand on voit le chômage toujours plus élevé, le pouvoir d'achat qui baisse.

Donc au départ, ce mouvement, d'ailleurs, il était soutenu par près des deux tiers des Français, plus des deux tiers des Français. Je l'ai soutenu parce que depuis des années, je dénonce ce ras-le-bol fiscal, cette pression fiscale. Peut-être qu'il y a 14 semaines, et maintenant, comme beaucoup, ce mouvement, il a été dévoyé, il a été dévoyé par la violence. Les chiffres sont terrifiants. 1 400 représentants des forces de l'ordre blessés, plus de 2 000 manifestants blessés, ça veut dire 3 500 blessés, 11 morts. On n'a jamais eu un tel bilan en France métropolitaine depuis la guerre d'Algérie. Ça veut dire qu'il y a eu de la violence.

Cette violence, elle est insupportable, inacceptable, et il faut aujourd'hui qu'elle s'arrête. On ne peut plus laisser tolérer ça. Il y a cette violence physique, il y a cette violence tout aussi condamnable, cette violence verbale qui s'exprime notamment par l'analyse. Elle vient des Gilets jaunes ou elle vient d'autres... Elle ne vient pas du mouvement global des Gilets jaunes. Le mouvement des Gilets jaunes, aujourd'hui, il est encore soutenu par une moitié des Français. On ne peut pas dire qu'une moitié des Français soient antisémites.

12:27
Présentateur

Moi, Éric Chuty, au-delà de l'exposé, quelle est votre position aujourd'hui ?

12:32
Éric Ciotti

Aujourd'hui, je dis que ce mouvement doit arrêter ces blocages, ces manifestations. Il y a des voies de revendication. Depuis très longtemps, vous savez, les Républicains l'ont dit, c'était avant Noël. Laurent Wauquiez l'a dit, il a appelé à l'arrêt des manifestations.

12:49
Auditeur

Très trop de pédalage parce qu'il était sur les barricades avec un Gilet jaune au début.

12:53
Éric Ciotti

Mais bien sûr, mais moi aussi, le 17 novembre, et je le revendique pour dire, arrêtons le matraquage fiscal des Français. Arrêtons d'être le pays au monde où nous payons le plus d'impôts et de charges. Et ça, je crois que tout le monde peut se retrouver dans ce discours. Pour autant, maintenant, 14 samedis de violence, c'est beaucoup, c'est trop. Nous avions demandé une mesure. C'était l'état d'urgence. Moi, je le dis, aujourd'hui, il faudrait, pour samedi prochain, je demande qu'on interdise les manifestations samedi prochain. Et on avait un outil... Elles sont déjà interdites, pour la plupart ? Non, il y en a qui sont déclarées. Il y en a qui sont déclarées.

Moi, je dis, maintenant, il faut arrêter. Il y a des espaces de débat. Il y a des espaces de dialogue. On ne peut plus rester dans cette situation où on met à contribution, sous pression, des policiers, des commerçants.

13:46
Auditeur

Mais est-ce que vous n'êtes pas dans la situation de l'arroseur arrosé, c'est-à-dire une partie du monde politique qui a attisé le mouvement pour finalement se rendre compte que le mouvement se retournait, y compris contre vous ? Non, parce que... Est-ce que ce n'est pas une faute de jugement au départ ?

14:01
Éric Ciotti

Le mouvement, il a complètement changé. Le regard des Français aussi, aujourd'hui, on voit l'évolution de ceux qui soutiennent ce mouvement. Encore une fois, au départ, il y a des revendications légitimes et il ne faut pas les caricaturer. Il ne faut pas les mépriser. Parce qu'autrement, on va avoir des lendemains qui vont déchanter si on méprise cette colère des Français. Ce sentiment que certains ont été méprisés. Le président de la République lui-même, vous dites, ceux qui ont attisé le feu, mais par ses paroles, par ses comportements, par son incapacité à écouter les Français. Est-ce que vous les souteniez et que vous ne les soutenez plus ? Beaucoup attisez les Français.

14:40
Présentateur

Et que la bascule s'est faite autour du 1er décembre.

14:44
Éric Ciotti

Moi, ce que je ne soutiens naturellement, ce que nous n'avons jamais soutenu, c'est la violence. Et nous l'avons toujours condamnée. Aujourd'hui, cette violence, elle doit s'arrêter. Il y a une loi anti-casseurs qui, malheureusement, ne sera pas promulguée avant plusieurs semaines, malgré que nous l'ayons soutenue à l'Assemblée nationale. Ça, nous l'avions dit aussi. C'est pour ça qu'au début, nous avons dit, prenons la mesure d'état d'urgence qui donne des outils de police administrative pour mieux contrôler les casseurs et pour mieux interdire certaines formes de manifestations.

15:16
Invité

Est-ce que, malgré tout, ce mouvement des gilets jaunes que vous voulez interdire maintenant, est-ce qu'il n'est pas quand même un petit peu nécessaire ? Ça peut paraître provocateur, ce que je vais dire, mais pour maintenir la pression sur le grand débat national ? Est-ce que les manifestations du samedi ne sont pas importantes ?

15:30
Éric Ciotti

Je n'ai pas dit que je voulais interdire le mouvement des gilets jaunes.

15:33
Invité

Oui, les manifestations du samedi.

15:34
Éric Ciotti

C'est ce que vous avez dit ? Non, les manifestations. Le mouvement des gilets jaunes, ce sont des gens avec des gilets jaunes qui manifestent. Les manifestations, il y a d'autres formes de revendications. J'ai dit que samedi prochain, qu'on s'entende, le mouvement des gilets jaunes,

15:46
Présentateur

ce sont des gens qui portent des gilets jaunes et qui défilent dans la rue ou sur les rangs points.

15:50
Éric Ciotti

Je souhaite qu'il n'y ait plus de manifestations violentes dans les réformes. Après, les gilets jaunes, ils peuvent se retrouver dans des salles, dans des espaces, ils peuvent organiser des meetings, ils peuvent organiser des réunions, contrôler, sécuriser. Mais ces manifestations, aujourd'hui, qui sèment la violence et des propos de haine sur les cortèges, ne permettent pas d'être la pression sur le grand débat national ? Il y a le grand débat, donc que ceux qui veulent exprimer leur voix dans ce grand débat le fassent. Mais justement, c'est le moyen de s'exprimer.

16:22
Présentateur

L'un des effets collatéraux de cette crise des gilets jaunes, c'est qu'il y a eu une crise diplomatique franco-italienne. Vous avez dit, vous, qu'il y avait eu des provocateurs de part et d'autre. Or, Luigi Di Maio, le leader du mouvement 5 étoiles, il est venu rencontrer la semaine dernière une délégation de gilets jaunes avec à sa tête M. Christophe Charançon qui prévoit, on le sait, un renversement du pouvoir par des groupes paramilitaires, la guillotine pour le chef de l'État. Est-ce qu'après ça, vous mettez toujours sur le même plan les provocateurs, M. Macron d'un côté et M. Di Maio de l'autre ? Il y a eu des provocations des deux côtés.

16:52
Éric Ciotti

C'est la même chose pour vous ? Je condamne avec beaucoup de force cette rencontre qui était inopportune. Comme je l'ai dit à l'époque, et c'était la date de quelques mois, quand le président de la République française parle du pouvoir italien démocratiquement élu, on peut en penser ce qu'on veut, je ne porte pas de jugement, sur ce pouvoir de l'EPRE, c'est aussi... Il a parlé de l'EPRE nationaliste, sans parler précisément d'Italie. Oui, mais ça s'adressait, vous le savez très clairement, ça s'adressait à l'Italie. Donc il y a une forme de provocation. Je crois que nos deux pays doivent retrouver le chemin d'un respect.

Et je le dis, Emmanuel Macron, et ça revient aussi au débat sur les gilets jaunes, a souvent eu une attitude provocatrice. Donc vous dites, il l'a bien cherchée. On va rester en France, même si c'est tentant de parler de l'Italie, puisque l'Exiotie est frontalier, mais on parlera d'Europe tout à l'heure. Mais il a eu beaucoup de paroles inadaptées, et en Europe, on n'a pas besoin d'installer ces clivages entre nationalistes et progressistes, entre ceux qui porteraient cette lèpre. Alors restons en France, Éric Sauti. Quand on est chef de l'État français, on a une responsabilité en Europe, et on n'utilise pas ces mots.

18:04
Présentateur

Est-ce que vous engagez aujourd'hui tout le monde, et notamment tous les républicains, à s'investir dans le grand débat national ? Moi, le grand débat... C'est la conclusion logique de ce que vous entendez dire à propos des gilets jaunes.

18:15
Éric Ciotti

Oui, mais ce grand débat, j'ai l'impression qu'il est en train de tourner en grand palabre. Éric Sauti !

18:21
Invité

Oui, mais vous mettez votre énergie pour essayer de faire en sorte que ça marche, ou pas du tout, en fait ? C'est ça la question.

18:25
Éric Ciotti

Moi, ce que j'attends, c'est la sortie du grand débat. Mais pensez à tous ceux qui nous écoutent, vous allez plus vite que la musique. C'est la sortie du grand débat. Mais il faut qu'il ait lieu d'abord. À moi, il a lieu, il se développe. Chez vous, comment ça se passe ?

18:36
Auditeur

Vous avez organisé des réunions...

18:37
Éric Ciotti

François, ne les interromps pas tous. On va laisser déjouer. J'ai un peu le sentiment qu'au départ, ce grand débat, c'était les hommes politiques, le président de la République doit écouter les Français. Progressivement, c'est en train de se transformer entre les Français doivent écouter le président de la République. Très longtemps. De façon répétée et de façon multiple. Donc, on est déjà un peu dans une inversion de la problématique. Le grand débat, ça devient aussi la grande campagne électorale européenne du président de la République. Donc, j'ai une inquiétude sur l'évolution de ce grand débat. Très bien. On débat. C'est naturellement souhaitable. Pourquoi ne pas y participer ?

C'est naturellement préférable par rapport à ce que nous voyons dans la rue et ce que je dénonçais tout à l'heure. Il vaut mieux être dans une salle exprimer ses convictions que casser dans la rue. naturellement. Mais attention, là où je mets en garde, c'est à la sortie de ce grand débat. Parce qu'il ne faudrait pas que ça soit un marché dupe, une tromperie, qu'on ait que des discussions, que des palabres et qu'il n'y ait pas d'action. Ce dont notre pays a besoin, et on va, je l'espère, y revenir dans cette manifestation, évidemment. Mais vous parlez de la sortie du grand débat avant même qu'il soit terminé. Ce sont des actes. Ce sont des actions.

Des actions pour répondre à la crise économique et sociale du pays. Des actions pour répondre à la crise identitaire. Vous allez plus vite que la musique. Oui, mais c'est l'essentiel. Non, l'essentiel, c'est de vous comprendre.

20:05
Présentateur

Vous dites participer au débat, ne manifestez pas et ne pratiquez plus de manifestations qui risquent de dégénérer de manière violente. C'est notre position. Ne débattez pas, ne participez pas au grand débat national. Vous caricaturez... Non, j'essaie de comprendre.

20:18
Invité

On voudrait juste comprendre. Concrètement, vous avez organisé des réunions du grand débat national ?

20:22
Éric Ciotti

Non, personnellement, je n'en ai pas organisé. Pourquoi pas ? Vous caricaturez complètement ce que j'ai dit. Ah non, je vous écoute. Je dis que le président de la République a organisé un grand débat. J'ai des doutes sur ses motivations quand je vois comment ça se passe et sur ce qu'il veut faire de ce grand débat. Mais allez, on le prend au mot. Ceux qui veulent exprimer une opinion, une position, le font. Dans le cadre de ce grand débat, je parle de ceux qui manifestent. Après, moi, je suis parlementaire et je crois à la démocratie représentative qui est remis en cause aujourd'hui fortement.

J'ai la faiblesse de croire que quand on est parlementaire, cette voix, elle doit s'exprimer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Voilà. Et je dirais même que c'est là où le débat national et législatif doit avoir lieu.

21:08
Auditeur

Quand on écoute ce qui revend du grand débat, c'est une remise en cause générale des élus de droite, de gauche, vous avez failli, vous en mettez plein les poches, vous ne servez à rien. Ça, quand vous entendez ça, en tant que représentant de la nation, comment vous réagissez ? Est-ce que vous fermez les oreilles ?

21:25
Éric Ciotti

Non, on ne ferme pas les yeux, mais c'est aussi source d'inquiétude parce que le contraire de ça, c'est quoi ? S'il n'y a plus d'élus, c'est la dictature. Bien sûr. Mais en même temps, est-ce que vous l'entendez ? Est-ce que vous entendez le message ? Oui, j'entends le message. Et moi, ce que je veux dire, et vous avez voulu déformer ce que je voulais dire tout à l'heure, la réponse à cette colère que naturellement j'entends et qui est importante, qui est ancienne, mais qui se développe, la réponse à cette situation, c'est l'action pour donner des résultats. Ce que veulent les Français, ce sont des résultats.

S'ils ne croient plus en la politique ou en la parole publique, c'est d'abord parce que beaucoup d'hommes politiques ont eu une attitude très fluctuante, très changeante, et surtout parce qu'ils ont le sentiment aujourd'hui d'une forme d'impuissance. On a un discours avant les élections, séducteur comme a pu l'avoir le président Macron, et puis après, on a des actes totalement impuissants. On a eu cette séduction en marche et aujourd'hui, les Français se sont aperçus que l'en marche, en marche, c'était l'immobilisme. C'est paradoxal parce que ce sont deux mouvements contradictoires. Normalement, quand on marche, on n'est pas immobile.

Eh bien, en marche, ça a conduit à l'immobilisme et c'est pour cela qu'il y a cette colère. Donc, quand on est responsable politique, aujourd'hui, moi, ce que je veux dénoncer, parce que c'est aussi la source de ces mots, c'est l'illusion de la communication, l'illusion permanente des slogans qui masquent la réalité. moi, je propose le courage de l'action, s'attaquer aux racines du mal, s'attaquer à la pression fiscale, à la dépense publique, faire en sorte que notre pays devienne compétitif pour qu'il y ait moins de chômage, pour qu'il y ait plus de pouvoir d'achat. Ça ne prendra pas quelques semaines, ça prendra des années.

Mais si on ne commence pas un jour, si on ne dit pas la vérité aux Français sur la gravité de la situation, sur le fait qu'on est aujourd'hui quasiment le pays le plus endetté d'Europe, qu'on a les déficits parmi les plus élevés et que donc on a aussi le taux chômage le plus élevé, on ne s'en sortira pas. Ce que veulent les Français, François Fillon, vous avez raison, il le disait mot pour mot. Et les Français n'ont pas voté pour lui. Oui, sans doute, malheureusement, pour d'autres raisons. Mais moi, je ne me renie pas, je considère que le projet de François Fillon et le diagnostic de François Fillon étaient les bons pour notre pays.

Et vous savez, ce n'est pas l'illusion qui réglera les problèmes.

23:53
Invité

On va en reparler, mais vous parlez de la démocratie représentative à laquelle vous participez en tant qu'élu. Vous en faites partie intégrante. Mais on a l'impression que vous l'opposez à la démocratie délibérative, la démocratie citoyenne, chacun prenant son compte du débat citoyen. Les deux ne sont pas antinomiques. Les deux peuvent fonctionner ensemble.

24:13
Éric Ciotti

Vous avez raison, mais dans une démocratie...

24:15
Invité

On a le sentiment que vous n'avez pas envie de trop délibérations.

24:17
Éric Ciotti

Dans une démocratie, il y a un acte fondateur, c'est l'élection. L'élection en France, c'est l'élection du président de la République. Emmanuel Macron. Et l'élection des parlementaires. C'est l'élection législative. C'est la démocratie représentative. Et donc, d'une majorité,

24:34
Présentateur

la République en marche.

24:35
Éric Ciotti

Bien sûr, mais c'est la réalité de ce pouvoir. Si demain, ça doit changer, c'est l'élection qui doit le modifier. Donc il faut attendre

24:43
Présentateur

pendant cinq ans. Je le dis, les citoyens pendant ce temps-là n'ont pas le droit de parler.

24:47
Éric Ciotti

Je mets à part le référendum qui doit retrouver sa place telle que l'avait voulu le général de Gaulle au cœur des institutions de la Ve République. Après, il doit y avoir des modes d'écoute, de dialogue plus permanents. Bien entendu, on est dans un monde qui évolue, je ne l'ignore pas. Il y a aussi cette communication sur les réseaux sociaux. Il y a des vecteurs qui doivent être utilisés pour mieux écouter en permanence les Français. mais à un moment, ceux qui ont la capacité à décider, ce sont ceux qui ont été élus par le peuple. Donc Emmanuel Macron

25:19
Présentateur

est la République en marche majoritaire

25:21
Éric Ciotti

à l'Assemblée nationale ? Je ne connais pas d'autre voie que la voie de l'élection. Si vous avez d'autres propositions, si vous avez d'autres modèles, après, moi ce que je dis, c'est que la politique est conduite aujourd'hui. D'abord, elle est contraire à l'illusion qu'avait entretenue Emmanuel Macron qui quelque part a abusé les Français. Et aujourd'hui, il faut qu'il change de politique. C'est ce que nous lui demandons.

25:45
Présentateur

Ça, on l'a entendu. Est-ce que vous dites quand même, M. Ciotti, c'est pas mal joué. Vous avez fait quoi, vous, à la place du gouvernement, au plus fort de la crise en décembre, si M. Fillon avait été élu ? On voit que les Français participent en masse à ce débat, que les retransmissions sur les chaînes infos sont massivement suivies et que le Président regagne des points. Est-ce qu'il n'y a pas quand même, quelque part, il a eu le nez creux en faisant ces débats

26:07
Éric Ciotti

ou non ? Peut-être, mais dans votre question, il y a un mot qui m'interpelle, c'est est-ce que c'est pas mal joué ? Voilà. Mais ça veut dire qu'en permanence, on joue. En permanence, il y a un calcul politique. Il y a une arrière-pensée tactique. Est-ce que ce n'était pas une bonne façon de sortir de la crise ? Et là, on est dans la tactique, on n'est pas dans le fond. Moi, je suis convaincu que les Français sont un peuple qui, aujourd'hui, attendent des résultats et qu'il faut agir. Et qu'on ne doit pas se contenter, simplement, de l'illusion de la communication. Si le débat, c'est tactique, c'est joué, alors ça sera un échec.

On n'en connaît pas à la fin, mais peut-être êtes-vous à devenir échec. L'enjeu est là. L'enjeu est là, c'est la fin de ce débat. Comment on en sort ? On ne peut pas y rester en permanence. Quelles sont les mesures qui sont proposées ? Quelles sont les décisions ? Est-ce qu'enfin, on baisse les dépenses publiques pour baisser les impôts ? Parce qu'au départ, ce qui met le feu, je dirais... Ne refusons pas l'histoire. Voilà, c'est les impôts. Ce sont la hausse des taxes. Donc, est-ce qu'on inverse ça ou pas ? La réalité, elle est là. Il n'y a pas d'autre question.

27:13
Présentateur

Le député, les Républicains, pardon, LR, ça commence comme LR, je n'ai pas l'intention de changer. Vous, non, d'autres de votre camp ont cédé à la tentation. Le député LR, Éric Ciotti, est l'invité de Questions politiques ce dimanche.

27:29
Invité

France Inter, Ali Badou,

27:33
Présentateur

Questions politiques. Et votre portrait, Éric Ciotti, où l'on verra que vous n'êtes vraiment pas La République en marche. Portrait signé, Karine Bécard.

27:40
Invité

Éric Ciotti, vous êtes un méthodique. Pendant 30 ans, inlassablement, vous avez pris soin de tisser votre toile politique. Ce qui vous fait dire aujourd'hui que vous ne devez plus rien à personne, mais pendant longtemps, Éric Ciotti, vous n'avez pas osé avancer tout seul. Pendant 19 ans, exactement, vous êtes resté caché derrière Christian Estrosi, vous avez observé et vous avez appris. Jeune diplômée de Sciences Po, vous êtes devenu d'abord son assistant puisqu'il était député et de 10 ans votre aîné. Ensuite, il a été nommé ministre.

Il vous a donc installé à une place de conseiller et puis vous l'avez suivi partout, tout le temps, à la région comme au département, irrémédiablement d'accord pour rester dans l'ombre de votre mentor. Un mentor bien plus charismatique que vous, bien plus charmeur quand vous, vous étiez réputé pour être le bosseur et vous avez patienté, Éric Ciotti, avant d'être, en quelque sorte, autorisé, à 42 ans, à devenir député.

28:39
Présentateur

Ah, Éric, ça n'est pas un beau jour, tu sais. J'ai tellement espéré. Merci pour toi. Voilà, quelqu'un qui va représenter dignement la ville de Nice, les Alpes-Maritimes. C'est à toi que je le dois.

28:52
Invité

C'est à toi que je le dois. Voilà ce que vous lui dites. En réalité, vous lui devrez aussi la présidence de votre département, les Alpes-Maritimes, l'année suivante, en 2008. Sauf qu'à partir de là, Éric Ciotti, vous avez commencé à vous distancer de Christian Zestrosi. Désormais, à l'Assemblée, vous préférez vous afficher comme un pur sarkoziste jusqu'à ce que vous deviez un fillonniste, à dire vrai, plutôt par choix tactique et puis aujourd'hui, légitimiste, vous vous êtes rangé derrière Laurent Wauquiez.

Certes, mais en réalité, jamais vous n'avez cessé de défendre la même ligne directrice, cette droite dure qui vous a presque physiquement façonné, sur laquelle vous avez absolument tout misé et qui vous a aussi permis très vite dans l'hémicycle de pouvoir exister.

29:37
Éric Ciotti

Monsieur le ministre de l'Intérieur vient de démontrer sa fébrilité face au résultat de l'insécurité au mois d'octobre. Face à la fièvre, il faut casser le thermomètre. Ce n'est pas une réponse que les Français pourront accepter.

29:54
Invité

Novembre 2012, vous n'entamez là que votre deuxième mandat et déjà, pour la place Beauvau, vous vous montrez décidé, vous vous sentez préparé, vous vous estimez tout à fait en capacité. Seulement, si vous avez espéré vraiment un destin national, aujourd'hui, Éric Ciotti, vous semblez tout à coup préférer la politique locale pour arracher visiblement la mairie de Nice à Christian Estrosi avec lequel vous êtes fâché. Autrement dit, le méthodique Monsieur Ciotti aurait changé radicalement ses plans à 53 ans.

30:26
Présentateur

Réaction, Éric Ciotti ?

30:29
Éric Ciotti

Il y a beaucoup de choses, beaucoup qui, je crois, éloignent un peu de la réalité de mon action quotidienne. Je retiendrai un point, vous allez dire qu'il est positif, c'est celui de ne pas avoir changé d'attitude. Voilà, on est dans un monde où, on le rappelait il y a quelques instants, beaucoup, au gré des circonstances, des sondages, varient dans leurs valeurs, dans leurs opinions, dans leurs références, dans leur soutien. Non, ce n'est pas lui que je pense, parce que Laurent Wauquiez n'a pas changé d'attitude, mais au contraire, il défend toujours les mêmes convictions et les mêmes idées.

Et depuis que je suis parlementaire, et mon premier mandat date de 2007, je me suis tout de suite rapproché de Laurent Wauquiez parce que c'était sur un sujet essentiel, c'était sur le sujet notamment de la défense des classes moyennes et le fait de lutter contre une forme d'assistanat permanent, proposé notamment de donner une contrepartie au RSA. Donc, vous voyez, ça fait un certain nombre d'années que nous n'avons pas changé. Mais moi, je revendique cet engagement, cette fidélité à des convictions. Voilà, il y a deux périodes dans ma vie. Vous avez dit je suis resté 20 ans caché.

Non, 20 ans, j'étais collaborateur, j'ai servi d'autres élus, vous auriez pu le rappeler, je travaillais avec Jean-Claude Godin au conseil régional, à la mairie de Marseille. J'ai eu l'honneur de participer à des campagnes. Vous n'étiez pas dans la lumière tout de même à ce moment-là. Non, mais ce n'était pas ma vocation.

En 2017, j'ai été élu parlementaire avec le soutien de Christian Estrosi, je le dis, je le redis aujourd'hui, comme la dernière fois j'ai été élu avec l'opposition de Christian Estrosi, ça vous aurez pu le souligner puisqu'il a soutenu aujourd'hui, vous savez, mon adversaire du printemps 2017 est à son cabinet, donc on a un peu inversé les rôles, mais ça, ce n'est pas très grave.

Moi, je défends toujours les mêmes convictions, les mêmes valeurs et je suis élu de Nice et je veux aussi apporter le meilleur à ma ville, mais voilà, je crois que à l'Assemblée nationale, à l'Assemblée nationale, j'ai porté, encore cette semaine sur la question de l'obligation du drapeau à l'école, j'ai porté toujours avec constance des textes et j'ai la faiblesse de croire que ces valeurs sont de plus en plus importantes et les défendre avec une forme de fidélité, ça me paraît important. Nice, aujourd'hui, je répondrai à cette question, je l'ai dit dans quelques mois, c'est une question importante, est-ce que, comment je dois et je peux servir ma ville ?

Je le fais sur la base d'un diagnostic, il y a pour cette cité qui m'a vu naître, qui est magnifique, qui est belle, je l'ai quitté ce matin pour vous rejoindre, mais il y a des forces et des faiblesses, il y a des difficultés, il y a...

33:37
Présentateur

Pas de langue de bois, Eric Ciotti, très sincèrement, vous reprochez à vos opposants de pratiquer leur langue de bois et notamment à tous ces candidats qui ne sont pas déclarés mais qui sont en vérité candidats aux prochaines municipales à Paris, vous n'allez pas faire comme les cadres de la République En Marche, vous êtes candidat à la mairie de Nice.

33:55
Éric Ciotti

C'est l'an prochain. J'apprécie votre talent de conviction mais ce n'est pas à vous que je répondrai à cette question. Ah mais ce n'est pas à moi, c'est aux auditeurs qui se posent la question. Et en premier et naturellement cette question, j'y répondrai d'abord devant les Niçois. Moi, seule démarche qui me guide, c'est comment servir ma vie. Ils sont derrière leur poste. Comment faire en sorte, j'ai posé notamment lors de la présentation de mes voeux à Nice en début d'année devant plusieurs milliers de Niçois, une question à Christian Estrosi, c'était celle d'annuler son augmentation fiscale. Nice est la plus grande ville de France où les impôts ont le plus progressé.

Bon, vous ne voulez pas répondre à la question. Nice est la seule grande ville de France avec Paris où la population a diminué. il y a des difficultés. J'ai souhaité poser des propositions, les porter pour que les choses... Vous avez l'envie, vous avez des propositions. On va tourner la page de Nice.

34:56
Présentateur

Voilà. Tournons la page de Nice, parlons quand même malgré tout de l'engagement municipal. Un homme qui a été identifié à sa ville, qu'il l'a aimé, qui était dans votre camp. Il s'appelle Alain Juppé qui quitte Bordeaux, qui a prononcé des adieux déchirants, la voix pleine d'émotions cette semaine à ses administrés. Il va manquer aux Républicains, il quitte la politique. Il va manquer aux Républicains et à votre camp à la droite, Alain Juppé ?

35:21
Éric Ciotti

Moi, je crois qu'il avait déjà quitté les Républicains. Ah bon ? Ou à la droite ? Il avait dit il y a quelques semaines puisqu'il n'avait pas renouvelé sa cotisation.

35:31
Auditeur

Mais il n'était pas parti ailleurs.

35:32
Éric Ciotti

De fait, depuis sa défaite à l'élection primaire qui a été très rude pour lui et voilà, il a pris du champ avec notre famille politique. Il en a pris encore plus après l'élection d'Emmanuel Macron. Vous savez, moi j'ai du respect pour Alain Juppé. Donc il ne va pas manquer à la droite ? Vous rappeliez mon parcours, j'ai adhéré au RPR, c'était en 1986. Il n'y a pas de maté ça, pardonnez. J'avais 16 ans. Alain Juppé était la principale personnalité aux côtés de Jacques Chirac. Il a fondé l'UMP. J'ai plus aimé d'ailleurs cet Alain Juppé dans son parcours du début au sein du RPR avec des convictions fortes que la dernière partie dans le soutien quasi systématique à Enf.

Donc il ne moquera pas la droite marche. En tout cas, moi, je lui souhaite, c'est une grande personnalité, c'est un homme d'État, sa place est légitime au Conseil constitutionnel. Il a fait un choix, je le respecte.

36:28
Auditeur

Quand vous voyez ce qui s'est passé en France, l'élection d'Emmanuel Macron, est-ce que vous n'avez pas un regret en disant finalement si la droite avait soutenu Alain Juppé, c'est lui qui serait au pouvoir aujourd'hui et au fond, la droite serait au pouvoir aujourd'hui ? Est-ce qu'il n'y a pas un regret finalement ? Est-ce que vous ne pensez pas que vous êtes trompé de candidat ?

36:44
Éric Ciotti

C'est peut-être Alain Juppé qui s'est trompé de campagne aussi parce que pendant deux ans, il a été en tête de toutes les intentions de vote et puis il a fait une campagne qui était contraire à ce qu'attendaient les électeurs de la droite et du centre dans notre pays, notamment avec cette question de l'identité heureuse que beaucoup de nos électeurs n'ont pas compris. D'ailleurs, dans son camp, certains ont estimé que c'était la cause de son échec. Voilà, c'est sans doute un rendez-vous manqué mais au-delà du rendez-vous manqué pour Alain Juppé, c'est le rendez-vous manqué de l'élection présidentielle. Je veux dire, le fait qu'il n'ait pas été élu,

37:23
Auditeur

est-ce que ce n'est pas pour la droite le signe qu'au fond, allait pour des années et des années dans l'opposition parce qu'incapable de se rassembler ?

37:31
Éric Ciotti

Dans l'élection primaire, ça ne vous a pas échappé, vous l'avez rappelé dans le portrait, j'ai choisi et j'ai soutenu au premier tour Nicolas Sarkozy et au second, puisque Nicolas Sarkozy malheureusement a été éliminé du premier tour, j'ai choisi, j'ai soutenu François Fillon face à Alain Juppé.

Donc je ne vais pas exprimer aujourd'hui des regrets parce que je considérais que l'un et l'autre exprimaient une position qui revendiquait à la fois sur les questions économiques avec un programme remarquable de François Fillon, également sur les questions régaliennes avec un programme remarquable Nicolas Sarkozy, des positions qui feraient que si elles étaient appliquées aujourd'hui, notre pays se porterait mieux. Mais les Français ont voté. Est-ce qu'il n'y a pas l'histoire ? Vous avez raison. Non. J'invite Embert.

38:22
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas aussi beaucoup d'électeurs et de sympathisants de la droite qui sont comme Alain Juppé qui sont aujourd'hui à l'aise avec la politique d'Emmanuel Macron ? C'est d'ailleurs la même chose pour des électeurs de centre-gauche qui votaient pour le PS. Est-ce que votre espace politique n'est pas durablement réduit par la politique d'Emmanuel Macron qui attire vos électeurs et il faut en être conscient une partie de vos électeurs en tout cas ? Qu'il y ait eu une attraction

38:45
Éric Ciotti

et qu'elle puisse encore s'opérer de façon plus modérée qu'au printemps 2017, naturellement, vous avez raison de le souligner. Cela a été favorisé, entretenu notamment par des démarches de débauchage individuel, le fait que le Premier ministre vienne des Républicains, que Gérald Darmanin, Bruno Le Maire trahissent quelque part un peu leurs convictions pour rejoindre la République en marche. Ça a participé de ce mouvement de débauches individuelles. Ce sont des traîtres ? En tout cas, ils ont tourné le dos à leur conviction. Ce sont des traîtres ?

Entre Bruno Le Maire qui était, on reparle de la primaire, excusez-moi, portait une mesure essentielle dans la primaire, c'était la baisse de la CSG. Il a été le ministre de l'Économie qui a fait augmenter la CSG de 25%. Je ne peux pas dire que c'est une démarche de conviction, mais peu importe. Aujourd'hui, quel est le chemin de notre famille politique ? C'est d'être et d'incarner la seule force d'alternance crédible. Moi, je dénonce le bilan d'Emmanuel Macron.

On a la situation dans le pays qui est une situation de tension, mais on a surtout des résultats économiques qui sont très éloignés de ce qu'avaient espéré les Français et de ce qu'avaient espéré, de ce qu'avait cru une partie de nos électeurs. Donc, il y a de la désillusion, mais avec qui

40:06
Présentateur

il y a de la désillusion ? Pourquoi Laurent Wauquiez est-il inaudible ? Puisqu'il dit ça depuis maintenant l'élection d'Emmanuel Macron ? Enfin, depuis son élection à lui. Non, non, il a déjà dénoncé les résultats de la politique d'Emmanuel Macron

40:18
Éric Ciotti

le jour de son élection. Nous verrons s'il est inaudible au moment de l'élection. Et avec qui on s'appelle ? Je reviens à ma conviction. Voilà. Il y a le jugement en démocratie, ce n'est pas les médias, ce n'est pas les sondages, c'est les électeurs. Donc, on comptera et on fera le bilan en 2022. Quand Laurent Wauquiez sera candidat ? Au bout du parcours, lui ou un autre, on fera le bilan sur la place de notre famille politique. Aujourd'hui, Laurent Wauquiez a reconstruit notre famille politique, il a été élu. Je n'ignore pas. Mais il ne fait pas l'unanimité. Mais qui comprit chez vous avec Valérie Pécresse en même temps ? Qui fait l'unanimité ?

Parce que si demain il y avait Valérie Pécresse à sa place, vous croyez qu'elle ferait l'unanimité ? Non, mais c'est embêtant d'avoir des leaders qui se comprennent. Ce qu'il faut, c'est être crédible. C'est croire aux mêmes idées, c'est les défendre, c'est avancer, c'est apporter des réponses. Voilà, des réponses, des réponses, des actes. C'est ce que nous devons faire. Aujourd'hui, il y a l'illusion Macron qui n'a rien amené de bon pour le pays et il y a de l'autre côté les extrêmes qui n'ont plus bien entendu. Qui peut croire que M. Mélenchon ou Mme Le Pen pourraient être demain un président de la République utile, efficace pour la France. Il y a un chemin au milieu. Il n'y en a pas deux.

C'est celui qui incarne les républicains.

41:40
Invité

Le chemin au milieu, il est quand même compliqué parce que vous avez voté les ordonnances... Et leurs taux

41:45
Présentateur

nous ont des questions courtes et des réponses courtes, s'il vous plaît. Ok,

41:47
Invité

vous avez voté les ordonnances travail, vous êtes favorable aux ordres supplémentaires défiscalisées que Macron a décidé de mettre en place lui aussi. Il s'en est inspiré chez nous. Vous reprenez la loi anti-casseur. Il a repris votre loi anti-casseur. Il est d'accord pour mettre des drapeaux dans les écoles. On a le Premier ministre qui parle d'aide sociale qu'il va falloir organiser des contreparties. Enfin, je veux dire, il est vraiment sur le créneau de la droite. Quelle est votre ligne aujourd'hui et comment réussir à exister ?

42:14
Éric Ciotti

Éric Sautier. Là encore, je reviens à ce qui pour moi est essentiel. Il y a un énorme écart entre le discours du Président de la République ou celui désormais de son Premier ministre qui s'aventure un peu sur le même terrain et les actes. Et les actes. Vous parlez de la loi anti-casseur. Ça fait 14 semaines que le gouvernement est incapable d'éradiquer la violence. Il est allé chercher une proposition de loi de Bruno Retailleau et des sénateurs qui avait été auparavant vouée aux gémonies par le même gouvernement. Donc, comme bouée de secours pour l'instant, elle a été votée en première lecture à l'Assemblée nationale. Elle a été votée ? Oui, mais elle n'est malheureusement pas appliquée.

Si on avait eu une attitude beaucoup plus ferme, je reviens sur la question de l'état d'urgence, on n'en serait pas là. Au plan économique, la loi travail, qu'est-ce que ça a changé de fondamental ? Vous n'avez pas le sentiment d'être inspiré ? Est-ce qu'on a engagé la réforme des retraites qui était au cœur du projet de François Fillon ? Oui, mais elle n'est pas arrêtée. Est-ce qu'on a engagé au cours de ces deux ans ? Ça fait deux ans, François Frézot ? Deux ans inutiles. Est-ce qu'on a engagé la réforme du temps de travail dans le cadre de la loi travail ? Non. Donc, les sujets les plus difficiles, les plus complexes, ils ont été mis sous le tapis.

43:33
Auditeur

Est-ce que vous reconnaissez que dans cette période difficile pour le gouvernement, il fait des gestes vers la droite ? Et est-ce que vous êtes séduit par ces gestes ? Votre amendement a été retenu, donc il y aura des drapeaux français-européens dans chaque salle de classe. Enfin, vous c'est des drapeaux français, on a rajouté l'européens.

43:47
Éric Ciotti

Bravo ? J'ai porté cet amendement. Je me réjouis que Jean-Michel Blanquer y ait été favorable. Il y a d'autres sujets que j'ai portés qui manifestement ont soulevé des débats entre Jean-Michel Blanquer et la majorité et là, pour le coup, c'est la majorité qui est quand même très à gauche. Le drapeau français dans les classes qui pour vous

44:08
Présentateur

était une manière pour les enfants, j'imagine, d'aimer, d'avantage aimer le pays. De faire aimer la nation,

44:14
Éric Ciotti

de faire aimer notre roman national, de rappeler la force des couleurs de notre pays.

44:22
Présentateur

Tous les enfants de France remercieront Éric Ciotti en regardant le drapeau quand ils rentreront en classe.

44:27
Éric Ciotti

Je l'espère, en tout cas, je ne sais pas... La droite, on a rêvé et c'est Macron qui l'a fait. Je ne remercie Éric Ciotti. Si, ils remercieront Éric Ciotti, vous en êtes à l'origine. que ce symbole leur permettra d'avoir conscience qu'ils sont dans un grand pays qui a une histoire, qui a des valeurs. Vous savez pourquoi cette idée... Pourquoi bleu, blanc, rouge ? Ce débat, on l'a eu dans l'hémicycle. C'est la fusion de plusieurs démarches, de plusieurs drapeaux. Mais la révolution de 1848, c'était le combat entre le drapeau rouge et le drapeau tricolore. Et j'ai entendu l'autre fois dans l'hémicycle des députés qui s'opposaient au drapeau tricolore. Pourquoi j'ai eu cette idée ?

Parce que, vous vous rappelez, après les attentats contre Charlie Hebdo 2015, 7 janvier 2015, le ministre de l'Éducation nationale de l'époque demande dans toutes les écoles, dans tous les lycées, les collèges, d'observer une minute de silence. Et là, on s'aperçoit avec stupéfaction qu'il y a des milliers d'incidents qui font que des élèves aujourd'hui, enfin, c'était hier, refusent d'observer 7 minutes de silence.

Donc, aujourd'hui, je pense qu'il y a cette volonté, le symbole bleu-blanc-rouge, c'est la monarchie, c'est la République, c'est l'histoire de France dans sa diversité, une histoire qui est ancienne, qui, comme le disait le général de Gaulle, vient du fond des âges et qu'il faut rappeler à nos enfants pour qu'ils aient ce modèle. Alors que le gouvernement, en tout cas, que le ministre de l'éducation nationale ait souhaité soutenir cet amendement, naturellement, je m'en réjouis. Mais il y a un petit côté, la droite l'espérait et c'est Macron

46:06
Invité

qui le fait.

46:07
Éric Ciotti

Donc ça séduit votre électorat. Ce n'est pas Macron qui l'a fait, c'est l'Assemblée nationale sur la proposition des Républicains. Et la Marseillaise ? Nous sommes dans des propositions.

46:18
Présentateur

Grâce à Éric Ciotti, tous les enfants de France apprendront la Marseillaise. Ils auront les paroles de la Marseillaise sous les yeux quand ils en pleuront en classe.

46:25
Éric Ciotti

Ils pouvaient déjà l'apprendre, c'était dans une circulaire. Mais désormais, puisque Jean-Pierre Chevènement l'avait souhaité dès 1985. Vous avez raison, les paroles seront affichées dans les classes. C'est symbole de la cohésion nationale. Vous les connaissez, les paroles ? Bien sûr. On connaît tous le premier couplet,

46:40
Présentateur

on connaît le refrain. Sur le sang impur ? Ça, c'est le refrain qu'un sang impur abreuve nos sillons ?

46:46
Éric Ciotti

Non ! Quelle est la suite ? C'est quoi la suite ? Sur... Je ne vais pas vous chanter ici la Marseillaise. Non, mais vous pouvez

46:53
Présentateur

dire les paroles. Deuxième couplet de la Marseillaise. Sur la Marseillaise. Je ne vais pas vous chanter ici la Marseillaise. Vous pourrez la chanter, moi je n'ai aucun problème pour la chanter. On connaît tous le premier couplet Allons enfants de la patrie qui se termine par égorger vos fils et vos compagnes. Et le refrain que tout le monde connaît, qu'un sang impur abreuve vos sillons et le deuxième couplet ? Marchand, marchand, c'est ça qui vous motive. Nous entrerons dans la carrière. Non, non, non. Allez-y, allez-y, posez votre question. Vous ne connaissez pas les paroles de la Marseillaise. Le deuxième couplet que veut cette horde d'esclave, de traître, de roi conjuré, ça continue.

Il y a sept couplets à la Marseillaise. Donc les enfants devront apprendre la Marseillaise et ils seront

47:34
Éric Ciotti

dans la version première.

47:37
Présentateur

Ah, mais c'est la version première, c'est celle qui est sur le site de l'Elysée. Oui, oui.

47:42
Invité

On passe aux européennes parce que le choix que le temps file. Vous avez fait le choix de François-Xavier Bellamy pour être la tête de liste aux élections européennes. Est-ce que c'est un pari politique que vous comprenez, que vous partagez ? Vous êtes le président de la Commission nationale des investitures. Bien sûr. Est-ce que c'est la bonne idée ?

47:57
Éric Ciotti

C'est un choix qui est pertinent. C'est un choix qui marque une volonté de renouvellement, de renouvellement, qui marque aussi le souhait de notre famille politique d'exprimer des idées, des convictions. C'est quelqu'un qui a un parcours de conviction qui est solide et qui marque, je crois, avec ceux qui l'entourent dans cette candidature, que ce soit Arnaud Dangean ou Agnès Évrenne, eh bien, cette volonté de marier l'expérience et le renouvellement.

48:33
Invité

Donc on est sur quelle ligne politique ? Parce que c'est une ligne très conservatrice, malgré tout, qui le défend, François-Xavier Bellamy.

48:39
Éric Ciotti

C'est une ligne qui marque au plan économique une volonté de réforme forte, de valorisation du travail, du mérite, de l'effort. C'est une ligne qui souhaite que l'Europe soit moins naïve quand on voit ce qui s'est passé notamment dans le cadre de l'alliance Alstom-Siemens qui marque finalement le fait que cette Europe face à la mondialisation elle est trop fragile, elle ne s'assume pas fortement, totalement. C'est aussi une liste qui marque notre volonté de réaffirmer une identité, une culture française, nous nous revendiquons qu'il y ait cette identité.

Cette identité chrétienne, elle participe de la civilisation européenne dont nous sommes les héritiers, ce n'est pas une question de foi justement et c'est là où vous faites une erreur, c'est une question de culture. Nous sommes les héritiers d'une civilisation, d'une culture qui revendique cette pérennité, cette permanence. Françoise ?

49:44
Auditeur

L'étonnement sur cette campagne c'est qu'au fond c'est la première importante après l'élection d'Emmanuel Macron et on se demande pourquoi ce n'est pas Laurent Wauquiez qui est à la tête de cette liste pour défendre les couleurs des Républicains. Est-ce que vous vous sentez trop faible aujourd'hui pour combattre la ligne d'Emmanuel Macron ?

49:59
Éric Ciotti

Éric Sautier ? Sûrement pas, sûrement pas. Laurent Wauquiez avait pris un engagement, vous vous en rappelez, il a été élu lors des élections régionales de 2015 dans un combat difficile et il a gagné une région à gauche, il a été opposé au second tour à la fois à la liste socialiste et à la liste du Front National donc il a gagné en triangulaire, à la loyale, avec force, parce qu'il avait des convictions, parce qu'il avait un bullard et il s'est engagé à siéger à la tête de cette région. Et tout à l'heure,

50:27
Présentateur

quand vous évoquiez que la Sarkozy que vous admirez avait emmené les troupes par exemple aux élections européennes en 2019.

50:35
Éric Ciotti

Quand vous évoquiez cette perte de crédibilité des élus, quand on prend un engagement, eh bien Laurent Wauquiez, quand il a pris un engagement, il l'a respecté, c'est tout à son honneur, il sera très actif bien entendu dans cette campagne et c'est lui qui emmènera au combat et qui nous amènera à la victoire. C'est un drôle de général qui n'assumera pas la défaite. Vous savez, vous serez bien placé s'il y a des difficultés pour lui en faire porter. À partir de quel score le fardeau ? Je vous fais confiance là-dessus. Laurent Wauquiez, il sera en première ligne. Quel score devra faire la liste des Républicains ? Le meilleur. C'est une réponse qui ne vous satisfera pas.

Mais voilà, nous sommes engagés. Nous sommes engagés. Donc naturellement, nous avons d'autres espoirs. Je ne vais pas vous fixer une barre aujourd'hui. Sur Laurent Wauquiez,

51:28
Invité

Éric Ciotti, il y a quand même manifestement un problème

51:30
Présentateur

d'adhésion

51:31
Invité

même au sein de son propre électorat, l'électorat de droite. On voit que ces codes de popularité que vous devez forcément malgré tout observer ont du mal à décoller. Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a un problème, Wauquiez, que finalement, ça ne prend pas autour de ce président de ce parti, les Républicains ? Éric Ciotti.

51:49
Éric Ciotti

C'est la même réponse que précédemment. Ce n'est pas aujourd'hui que l'on juge. Ce n'est pas sur la foi d'une évolution, d'une courbe d'opinion. C'est en 2022. Vous avez répondu tout à l'heure. On a des étapes. On reconstruit le parti. On a failli disparaître. Mais vous n'êtes pas un tiers. Non, Karine, la dernière question à Jeff Wittenberg

52:05
Présentateur

qui demande la parole depuis tout à l'heure. François-Xavier Bellamy juste défend des positions sur l'IVG, sur le mariage pour tous. Est-ce que si on est électeur de droite et qu'on est pour l'IVG et pour le mariage homosexuel, on peut voter sans état d'âme pour François-Xavier Bellamy ? Juste. Il a exprimé des positions,

52:23
Éric Ciotti

d'ailleurs. Ce n'est pas une opposition. Oui, mais on le caricature beaucoup. Non, pas du tout. Je parle des électeurs. On le caricature beaucoup sur ces sujets. Il assume des convictions. Et dans la vie politique, assumer des convictions, je crois que c'est aussi ce qu'attendent des électeurs qui veulent du respect pour ce qu'ils sont et pour les élus qui doivent les représenter.

52:45
Présentateur

Est-ce que vous irez voir le film de François Ozon « Grâce à Dieu » ?

52:48
Éric Ciotti

Je pourrais aller le voir si sa publication est autorisée. Ce que j'espère, c'est un film qui pose naturellement un débat et j'irai le voir naturellement.

52:58
Présentateur

Donc, vous êtes contre les associations qui demandent qu'ils ne puissent pas être distribués dans les salles ?

53:03
Éric Ciotti

Il y a un débat juridique. Ce n'est pas que les associations. La motivation, c'est qu'il y a un procès. Est-ce que le film doit sortir avant ce procès ou pas ? C'est à la justice de le dire. Par principe, je suis contre toute forme d'interdiction, mais la justice tranchera.

53:19
Présentateur

Merci. Merci Eric Ciotti. L'émission se termine. Bon dimanche. Merci à Alexandre Gilardi et à toute l'équipe technique de Questions Paul. À la semaine prochaine.