LAURE LAVALETTE est face à CHARLES DE CONSIGNY sur BFM TV !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 38 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:59OuverteRéponse partielle
Une imprudence de la part du RN ou pas, Charles Consigny, selon vous ?
- 7:00OuverteÉludée
Les liens avec Alain Soral, ils étaient inexistants ou pas ?
- 11:56OuverteÉludée
Finalement, il n'a jamais porté plainte. Pourquoi ?
- 12:46OuverteRéponse directe
Est-ce qu'elle aura des conséquences politiques pour Marine Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24InvitéFait
« Les propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables. »
- 1:09Invité politiqueFait
« J'attends de voir ce que va dire Mediapart. Simplement, si on essaye d'être objectif et factuel, il est rare que Mediapart s'avance sans avoir d'éléments à peu près sérieux à mettre en avant. »
- 2:34Invité politiqueFait
« 'est quand même assez documenté, notamment Frédéric Chatillon et tous les anciens du GUD. »
- 4:16Locuteur 1Fait
« Je vous rappelle que deux de leurs pseudo-journalistes ont été condamnés parce qu'ils ont financé le djihadisme. »
- 7:48Locuteur 1Fait
« Mais il n'a jamais tenu ses propos-là. Il avait 17 ans. »
- 8:00Locuteur 1Fait
« C'est que les Français ont bien compris que nous étions à l'heure actuelle le bouclier contre l'antisémitisme. »
- 9:02Locuteur 6Fait
« Alain Soral est obsédé par un prétendu complot juif, comme l'un de ses très proches. »
- 10:56Locuteur 6Fait
« Derrière ce compte se cachait à l'époque un jeune homme de 20 ans, Jordan Bardella, qui, précisons-le, réfute ces informations. »
Temps de parole
- Laure Lavalette33 %
- Locuteur 128 %
- Locuteur 615 %
- ?12 %
- Présentateur7 %
- Locuteur 54 %
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Charles Consigny ce soir. Bonsoir Charles. Bonsoir. Bonsoir.
Alors
Lavalette, vous êtes député Rassemblement National du Var. On va reparler notamment du dossier Jordan Bardella parce que c'est le président de la République qu'il a évoqué aujourd'hui alors qu'il est en déplacement en Espagne. La tradition veut que normalement, quand on est en déplacement, un chef de l'État ne parle pas des affaires françaises. Mais là, il a évoqué le cas Bardella.
Les
propos qui ont été rapportés sont évidemment gravissimes et inacceptables.
Et ils
ne souffrent pas quelques commentaires que ce soit. Ils appellent à la condamnation la plus extrême. Ce n'est pas la République.
Et
la deuxième chose, ils impliquent
que
les responsables clarifient.
Voilà.
C'est le rôle des responsables politiques.
Qu
'ils clarifient
la
ligne,
les
mots
et
les gens qui sont dans leur parti
peuvent
prononcer telle chose.
Voilà.
Des révélations gravissimes, dit le président de la République, le Rassemblement National qui fait bloc derrière Jordan Bardella. Une imprudence de la part du RN ou pas, Charles Consigny, selon vous ?
On verra. Moi, je ne veux pas porter atteinte à la présomption d'innocence de
Jordan
Bardella. J'attends de voir ce que va dire Mediapart. Simplement, si on essaye d'être objectif et factuel, il est rare que Mediapart s'avance sans avoir d'éléments à peu près sérieux à mettre en avant. Ils ont dit qu'ils allaient les diffuser très prochainement. Ça serait bien que ça arrive vite. Je peux comprendre qu'on ne goûte pas, outre mesure, leur pratique consistant à faire des feuilletons. C'est quelque chose dont ils sont très fiers, qu'ils ont théorisé, etc. Première lame, deuxième lame, troisième lame. Je peux comprendre qu'on n'aime pas la méthode.
Simplement, ce que je lis maintenant, ici et là, c'est aussi l'influence d'Alain Soral sur toute une jeunesse du Rassemblement national, à l'époque du Front national, parce qu'Alain Soral leur donnait des clés de lecture du monde, une certaine radicalité, les nourrissait, entre guillemets, intellectuellement, avec parfois le pire, parfois des choses à peu près neutres, comme Jean-Claude Michéa, etc., un certain nombre d'intellectuels qui étaient très à la mode à une certaine époque, qui sont plutôt contre la mondialisation, assez nationalistes, etc., qui parfois même étaient classés à gauche, mais aussi avec des gens dont on comprend qu'au sein de ce forum qui était cette communauté existant autour d'Alain Soral, il y avait quand même pas mal d'antisémites, jusqu'à d'ailleurs des gens dont Bardella est restée proche, et ça,
c
'est quand même assez documenté, notamment Frédéric Chatillon et tous les anciens du GUD. Bon, GUD, qui était ce groupuscule assez présent dans certaines universités, qui était un groupuscule d'extrême droite.
Donc,
voilà, moi j'ai plutôt tendance, à titre personnel, sous réserve de ce qui va être présenté par Mediapart, j'ai plutôt tendance à croire ce qu'ils disent, et encore une fois, comme j'ai pu le dire hier, je pense que, même si je comprends que ce soit compliqué dans sa position, à mon sens, il aurait presque mieux fait d'assumer, et de mettre ça sur le coup d'une erreur de
jeunesse,
même si je comprends que ce soit suffisamment grave pour qu'on n'ait pas envie de l'assumer. Alors là va être ?
Déjà, pour revenir sur Emmanuel Macron, je me dis qu'il n'aura jamais loupé une occasion de rabaisser la fonction, c'est quand même hallucinant, on est en train de parler d'une manipulation, d'un faux grossier, et Emmanuel Macron à l'étranger s'abaisse, à parler de ça, ça me paraît complètement lunaire, mais bon, on avait déjà eu McFaill et Carlito, on a l'habitude quand même qu'ils rabaisent cette fonction présidentielle. Il faut que les gens qui nous écoutent comprennent bien que Mediapart, ce n
'est
pas un média classique, c'est une officine d'extrême gauche, ce sont nos adversaires politiques, ils ne s'en cachent pas, ils le disent, on sait bien évidemment qu'ils nous combattent, ils nous combattent à un moment évidemment où on est quand même aux portes, j'allais dire, du pouvoir, même si on regarde avec beaucoup d'humilité.
Ils ont
attaqué tous les bords politiques avec des révélations
quand même.
Alors nous quand même, on ramasse pas mal quand même avec Mediapart.
C'est eux qui ont sorti Kaisak.
On est vraiment, c'est vrai quand vous regardez ces sondages, et encore une fois on les regarde avec beaucoup d'humilité, ça n'est qu'à la photo à un moment précis, mais pour l'instant on est favoris, j'allais dire, du scrutin, et ce sont des gens d'extrême gauche pour qui la faim justifie les moyens. Donc ils sont prêts à tout à salir, comme les Jordans qui viennent de sortir sur X.
Vous les qualifiez d'extrême gauche, ce sont des journalistes.
Non, je ne pense pas que ce soit des journalistes, je pense qu'ils sont véritablement d'extrême gauche. Je vous rappelle que deux de leurs pseudo-journalistes ont été condamnés parce qu'ils ont financé le djihadisme. Enfin c'est quand même absolument hallucinant de tenir cas de cette officine qui, elle le dit,
ce sont nos adversaires politiques. Il y a eu un certain nombre
de précédents où leurs informations se sont avérées tout à fait exactes, et il est rare quand même qu'ils se soient avancés comme ça sans avoir un peu de
biscuit. Mais je pense
que la période est différente. Je pense que là, il
y a
une espèce de fébrilité chez nos adversaires politiques qui sentent bien qu'on est là pour renverser
la table,
pour reprendre
en
main notre politique
migratoire, la sécurité, s'occuper des problèmes des Français. Média Park promet de
publier les preuves de ce qu'ils avancent.
Écoutez, nous attaquerons en faux. Jordan Bardella n'a pas tenu ces popos-là. Donc nous
saisirons la justice. Donc
vous
êtes persuadée que
ce
qui
sera publié... Je suis persuadée
que c'est du
faux. De deux choses.
L
'une, soit Média Park
produit des faux
eux-mêmes, et à ce moment-là, ça sortira de
cette époque difficile. Qu'est-ce qui serait l'intérêt de Média Park de fabriquer des faux ?
Mais simplement nous salir.
Non, mais ils peuvent être
instrumentalisés. La question...
Et la deuxième
option,
M.
Consigny, serait qu'effectivement,
pour qu'ils
soient instrumentalisés
à leur
insu, et
évidemment...
Si j'en crois ce que dit Mme Lavalette, quelqu'un qui aurait intérêt à faire tomber Bardella... On ne
voit
pas, honnêtement, vu qu'il n'est pas candidat,
on
ne voit pas très bien qui, à part quelqu'un qui serait en rivalité avec lui au RN. Donc ce serait quelqu'un...
C
'est
un fantasme.
On ne voit pas qui... Il n
'est
pas candidat, donc ce n
'est
pas un adversaire politique a priori.
Derrière
Bardella, c'est les 11 millions de Français et plus qui sont visés, M. Consigny.
Ce
n'est pas que
la personne de Bardella. Bardella
est le point d'entrée pour nuire à notre famille.
Oui, enfin
bon... Si, parce que, encore une fois,
je
pense que
le 18 avril et le 2 mai, nous avons toutes les chances de renverser la table. De la fabriquer toute
pièce
des
mails et des messages. Ce que je vois,
c
'est quand même tout ça est assez corroboré. Je ne
sais
pas si vous avez lu ce qu'a dit Julien Rochdy, qui a été membre du RN, je crois, à une certaine époque. Il a expliqué qu'en fait, c'était malheureusement très banal, au Front National, puis Rassemblement National, d'avoir des jeunes qui baignaient dans ces sphères assez radicales. Et en réalité, c'est l'histoire du parti. Vous savez,
ça
me fait penser à Mme Méloni en Italie. Giorgia Méloni, avant qu'elle opère une espèce de recentrage qui fait qu'aujourd'hui, elle est même quasiment débordée sur son extrême droite, sur sa droite. C'était un parti d'extrême droite radicale, avec des gens qui étaient pro-Mussolini, qui étaient des néo-fascistes, etc. Et au fur et à mesure qu'ils ont progressé dans les urnes et dans les sondages, ils ont recentré leur discours. En réalité, il vous arrive à peu près la même chose. Et donc, bon, je veux bien l
'histoire du
faux, mais...
On ne peut pas imaginer un seul
instant qui n'est non-stop qu'il sémitisme
dans Jordan Bardella. On juge en avoir ses fruits. Vous l'entendez parler
quand même depuis
10 ans.
Les liens
avec Alain Soral, ils étaient
inexistants ou
pas ?
Ah, mais ça, je n'en sais rien. Je ne suis pas dans sa vie. En tout cas, moi, je me souviens très bien qu'Alain Soral était invité sur les plateaux de vos confrères « On n'est pas touchés ». Enfin, je veux dire, écardissons. Donc Alain Soral a fait,
à
un moment, partie, évidemment, de cette vie politique. Mais...
Il était membre du RN pendant plusieurs années. Pourquoi Marine Le
Pen a-t-elle exclu son père ?
Important.
Pourquoi Marine Le Pen a-t
-elle
exclu son père ? Justement parce que ces condamnations d'antisémitisme et ces mots nous causaient, évidemment, trop de tort. Et nous ne partageons rien. De ce qu'il disait à ce moment-là. Donc on ne peut pas, à la fois, reprocher
à Marine Le
Pen d'avoir viré son père et dire que Jordan Bardella pouvait penser ça. En
fait,
il
a
été reçu en 2025 par le gouvernement israélien. Vous avez vu, là, il
y a
un ministre israélien qui a apporté tout son soutien.
Oui, mais peut-être qu'il
a changé.
Mais il n'a jamais tenu ses propos
-là. Il avait 17 ans. Il le dit dans son truc tout à l'heure. Il dit « Moi, j
'ai vu ». Il habitait en banlieue. Il a vu à quel point l'islam politique a fait fuir nos compatriotes de confession juive. Et justement, en fait, je pense que c'est ça le problème. C'est que les Français ont bien compris que nous étions à l'heure actuelle le bouclier contre l'antisémitisme. Contrairement à LFI, qui a un antisémitisme absolument décomplexé. Et donc, je ne pense pas qu'on nous veuille du bien. Mais nous l'avions dit. Et ce n
'est
pas fini, je peux vous dire.
Et
à mon avis, d'ici le 18 avril, ce que disait Marine, on met nos costards de
Kevlar.
Parce qu'on sait qu'il va y avoir des turbulences.
Justement, parce que j'ai évoqué Alain Soral. On va voir avec Raphaël Grabli, justement, maintenant, le cas Alain Soral. Qui est-il, cet homme qui aurait fasciné Jordan Bardella ? C'est ce que dit Mediapart. Bonsoir, Raphaël.
Oui,
Alain Soral, déjà, pour resituer un petit peu cette personnalité. C'est d'abord un essayiste médiatique, dans les années 90, qui parle d'abord de mode. Il faisait la sociologie de la mode, puis de drague. Et puis, au début des années 2000, il devient ouvertement antiféministe, homophobe et antisémite. Alain Soral est obsédé par un prétendu complot juif, comme l'un de ses très proches. Dieudonné, comme lui d'ailleurs, il sera multicondamné par la justice. En juin 2007, il lance son site web Égalité
et
Réconciliation, qui est ouvertement raciste, ouvertement antisémite, complotiste. Les audiences explosent, des millions de visiteurs chaque mois. Et surtout, il s'illuse par des vidéos, des diatribes, seuls, sur son canapé, vous le voyez à l'image, parfois devant des défilés nazis. Si on résume, Alain Soral, c'est l'ancêtre des influenceurs antisémites, racistes, complotistes et masculinistes. Mais il a quand même touché à la politique. Oui, alors au début des années 2000, après un passage revendiqué chez les communistes, il se rapproche du Front National en 2005. Il adhère au parti.
On le voit sur ces images, en février 2007, à Lille, aux côtés de Jean-Marie et Marine Le Pen, sur scène lors d'un meeting pour la présidentielle. Ensuite, il s'affiche avec Marine Le Pen. Il ira même tracter à ses côtés pour les municipales à Hénin-Beaumont. Alors à l'époque, ce n
'est
pas encore une star du web, mais il est déjà poursuivi pour des propos antisémites. En mars 2008, Marine Le Pen, elle évoque Alain Soral lors d'une interview au Monde. Il est à l'époque membre du comité central du Front National. Elle déclare, c'est un esprit libre, c'est pour cela qu'on l'apprécie. En février 2009, Alain Soral quitte le Front National sur fond de désaccord politique. Marine Le Pen publie un communiqué que j'ai retrouvé d'ailleurs sur l'ancien site du Front National. Elle qualifie Alain Soral d'immigrés politiques qui refusent de s'assimiler. Elle n'évoque absolument pas l'antisémitisme d'Alain Soral comme motif de rupture.
Et depuis cette date, elle a officiellement coupé les ponts. Mais Alain Soral a conservé
une
popularité auprès d'une partie de la jeunesse d'extrême droite. Popularité qui s'illuse par un tweet publié par un compte baptisé Repnat du ghetto le 8 septembre 2015. Il cite une célèbre phrase d'Alain Soral. Alors, je n
'ai
pas envie forcément de vous la lire à l'antenne. Mais le message qualifie surtout l'essayiste de grand sociologue. Or, selon les révélations de nos confrères de complément d'enquête,
c
'était en janvier 2024, derrière ce compte se cachait à l'époque un jeune homme de 20 ans, Jordan Bardella, qui, précisons-le, réfute ces informations.
Vous avez oublié de dire qu'en 2011, il était encore sur service public, si direz-vous.
Il
était encore sur France 3, dans « C'est ce soir ou jamais » de Frédéric Taddeï. Ça pète le coup de le rajouter à votre panagérique,
je
pense.
Il n'était
pas non plus chroniqueur payé
par France 3. Il était un livre sur service public. Aujourd'hui, il faisait partie quand même de cet écosystème. Il
faut préciser
qu'il est
réfugié en Russie. Et effectivement, il est depuis réfugié en Russie, notamment pour des liens avec l'Iran.
Et par contre, je trouve
que le fait de dire que, dans le communiqué, Marine Le Pen ne précise pas qu'il était antisémite, encore une fois, est-ce qu'on peut suspecter une once d'antisémitisme dans Marine Le Pen ? C
'est pas ce que je dis, je dis simplement qu'à l'époque, il était... Vous l'avez un petit peu,
j'ai bien senti dans le temps...
À l
'époque, il était poursuivi
et déjà condamné. ...de
netteté intellectuelle.
Oui, mais il était déjà
condamné pour
antisémitisme.
On ne peut pas
suspecter
une
seule fois de Marine Le Pen d'avoir une once d
'antisémitisme.
Attends, juste une chose, pardon, mais pour
terminer, le papier de Raphaël se termine avec ce fameux compte derrière lequel, paraît-il, se cachait Jordan Bardala. Finalement, il n'a jamais porté plainte.
On
ne sait rien. Non, il n
'a
jamais porté plainte. Pourquoi ? Parce qu'il a peur qu'on découvre que c'est lui,
finalement, ou pas ? C'est à lui
qu'il faut le demander. Mais encore une fois, cette tentative de déstabilisation, c'est aussi une ingérence dans cette campagne électorale, qui est déjà partie. Vous avez vu quand même qu'elle bat son plein. Pendant ce temps, on ne parle pas des Français. On ne
parle
pas du fait qu'ils aient du mal à remplir leur frigidaire, qu'ils aient du mal à faire leur plein d'essence, que dans 15 jours, ils vont avoir du mal à se chauffer. On ne parle pas du bilan calamiteux. Et on voit bien, les lycéens sont dans la rue. On ne parle pas d'LFI, qu'il y
a
une violence décomplexée. Encore une fois, on le voit aujourd'hui. D'Éric Coquerel qui dit « ça se passait bien jusqu'à ce que la police arrive ». On ne parle pas de la sauvagerie policière
de M.… Oui,
mais ça
pose une vraie question quand même. Parce que ça, c'est aujourd'hui que ça se passe. Tout ça, on n'a pas sur BFM TV, rassurez-vous. C'est aujourd'hui que ça se passe. On en
a parlé juste avant vous. Charles Consigny, cette affaire Bardella, alors on ne sait pas comment elle va se terminer, puisqu'on attend effectivement l'épreuve de Mediapart, la plainte, etc. Mais est-ce qu'elle aura des conséquences politiques pour Marine Le Pen, puisque c'est-elle aujourd'hui la candidate du RN
? Là,
je vais peut-être vous faire plaisir. Je ne suis pas sûr, parce que je pense
qu
'il y a une espèce de lame de fond en ce moment pour Marine Le Pen. Je ne dis pas qu'elle sera élue nécessairement.
Même au
second tour, lorsque certains, qui ne sont pas des électeurs traditionnels du RN, se poseront la question, est-ce qu'au second tour, je vote Marine Le Pen ?
Ça dépend de ce qu'ils font, de ces révélations de Mediapart. Est-ce qu'ils vont, entre guillemets, couper la... Je ne veux viser personne en disant ça, mais couper la branche pourrie, c'est-à-dire arrêter la contagion ou pas ?
On est parlé de ce que vous dites, c'est-à-dire que si c'est avéré,
il
faut que Marine Le Pen demande à Bardella de partir. Ça me paraît intenable. Comme
elle avait demandé à son père.
Ça me paraît intenable autrement. Moi, je vais vous dire, je pense, je vous dis les choses comme je les pense. Le RN, pour moi, c'est exactement comme le parti de Georgia Meloni. C'est un parti fondé par des gens d'extrême droite, construit par des gens d'extrême droite, dans lequel il y a encore des gens d'extrême droite ou des gens qui viennent de l'extrême droite et qui est en train de se rapprocher du pouvoir à la faveur d'un besoin de radicalité et d'alternance dans le pays. Pour moi, franchement, c'est quasiment duplicable.
Donc, je pense que ce que rapporte Mediapart n'a pas été fabriqué dans un coin par Marion Maréchal, Jean-Philippe Tanguy ou Philippe Olivier, pour redonner les noms qui circulaient ces derniers temps, je pense que c'est quelque chose qui a existé.
C
'est la jeunesse d'un jeune homme fasciné par la radicalité d'extrême droite à une certaine époque. Je sais même que d'ailleurs,
il y a un
moment où il était même, ça a été rapporté, fasciné par l'esthétique des jeunes néo-fascistes, leaders
néo-fascistes en Italie. Vous emballez, monsieur Consigny. C'est une
réalité telle que d'ailleurs le mari de madame Maréchal et qu'il s'en était même inspiré pour ses affiches des régionales. Tout ça, ça existe. Autant le dire aux Français et qu'ils sachent
exactement... Et dire derrière, j'ai changé, je ne suis plus ce gars. Mais moi, je vais
vous dire, je pense que le besoin de changement dans le pays est tellement violent que ce n
'est
même pas forcément ça qui va leur
nuire. Le
postulat sur lequel vous parlez, c'est que ces écrits soient vrais. Moi, je pense qu'ils sont faux et la justice démontrera qu'ils sont faux. Par contre,
ce
qui est sûr, c'est que c'est très bien orchestré et on imagine bien que c'était préparé aussi au cas où Jean
-Dame Barrella soit le
candidat à la présidentielle. Et on voit bien encore une
fois...
Mais si
c'est orchestré, c'est qui est en sous-main derrière ?
Derrière Mediapart, qui orchestre tout ça ? Le système vient très mal,
mais se défend très bien. Vous imaginez
bien que si
nous arrivons au pouvoir, qu'on va renverser cette table,
qu
'on va effectivement
mettre fin
à la politique migratoire,
reprendre la sécurité ? Je ne dis pas ça. Vous imaginez que
Mediapart joue sa réputation
?
Je pense, je vais vous dire, que l'extrême-gauche, et là, elle est acculée, que nous sommes des adversaires politiques. Ils le disent et oui, ils ont perdu un peu toute décence.
Mais Mediapart,
parce
que
vous
dites, Mediapart,
c
'est le système, ça
paraît un peu incompatible. Comme des bons communistes, comme
des bons staliniens, la fin justifie les moyens. Ils sont prêts à tout pour nous salir, parce que vous savez, il en reste toujours quelque chose. C'est comme ça que Jordan Bardella commence son tweet, ça
lissait, ça lissait. Moi, je pense que vous avez,
c'est la défense qu'on a entendue
dans la vise de
Jérôme Cahuzac et
d'autres. La grande différence, c
'est qu'il y a 11 millions Obama de Français qui sont
derrière Jordan Bardella. Moi, ce que je pense,
c'est que vous êtes un... Les
Français ont
bien compris que justement, le rempart contre l'antisémitisme,
c'est Jordan Bardella. Même cette histoire de bouclier, vous savez,
les pétainistes disaient
que l'État était le bouclier, De Gaulle était le paix. Monsieur Consigny, est-ce que vous pensez que les époux Clarsfeld, est-ce que vous pensez que si
les époux Clarsfeld avaient eu le moindre doute sur l'antisémitisme
de la famille politique, aurait reçu la médaille de la main de Louis Alliot ?
Je pense,
je vous donne
mon sentiment, je sais qu'il y a à l'extrême droite une tradition d'une espèce de double discours pour envoyer des messages subliminaux à ces militants les plus radicaux. Je pense que par exemple, quand Jordan Bardella, dans Un grand sourire, explique que son livre préféré, c'est l'étranger de Camus, je pense qu'il sait très bien ce qu'il fait.
Mais
vous pensez qu'il peut regarder une maman dont
le
fils a été tué dans les attentats en Israël et penser exactement l'inverse ? Nous ne sommes pas ces gens-là, Monsieur Consigny.
Il a pu le changer
? Encore une fois, ne nous prêtez pas ce que nous
ne sommes pas. Je ne veux
pas préjuger.
Merci de
votre invitation.
Laure Lavalette