Jean-François Rapin : « La fermeté avec l’Algérie n’empêche pas la diplomatie »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:30OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous des ministres de l'Intérieur sur le pacte asile et migration ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Comment éviter de nouveaux drames dans la Manche avec 119 migrants secourus ces derniers jours ?
- 5:30OuverteRéponse directe
La fermeté avec l'Algérie n'empêche pas la diplomatie, selon vous ?
- 7:30RelanceRéponse partielle
Est-ce que la ligne de Laurent Nunez sur l'Algérie est la bonne plutôt que celle de Bruno Retailleau ?
- 10:00FerméeRéponse directe
L'accord franco-britannique de Sandertz est-il suffisant pour freiner les traversées clandestines ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous de l'audition de Laurent Nunez sur le pacte asile-immigration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00Jean-François RapinFait
« La fermeté n'empêche pas la diplomatie. »
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Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez auditionnait cet après-midi au Sénat par les sénateurs sur le pacte asile et migration alors que l'Union Européenne durcit encore sa politique migratoire. Le sénateur LR, président de la Commission des Affaires européennes, Jean-François Rappin est notre invité. Bonjour.
Vous nous direz ce que vous attendez tout à l'heure des ministres de l'Intérieur. Et puis vous êtes sénateur du Pas-de-Calais. Comment éviter de nouveaux drames dans la Manche ? 119 migrants ont été secourus ces derniers jours.
On en parlera avec vous. Voilà pour le programme. On est ensemble, on a une arrêt d'y.
Bonjour chez vous. Sous-titrage Société Radio A la une de ce mercredi 29 avril, le Sénat qui reprend l'examen du texte sur la Femmevic. Oui, la commission des affaires sociales se réunit ce matin pour examiner en deuxième lecture deux propositions de loi sur l'aide à mourir et les soins palliatifs.
Elles seront ensuite examinées dans l'hémicycle du 11 au 13 mai prochain. Fin janvier, la réforme avait été rejetée par les sénateurs. Ils ont tenté depuis de trouver des compromis pour aboutir à un vote favorable.
Mais les débats s'annoncent difficiles. Le texte reste très controversé au sein du Sénat. Aurore Berger a rencontré les parlementaires pour travailler sur un nouveau texte sur l'antisémitisme.
Oui, une rencontre qui fait suite au retrait de la très contestée proposition de loi Yadan. L'entourage d'Aurore La ministre chargée de la lutte contre les discriminations a présenté hier les contours de ce nouveau projet de loi. Il vise à lutter contre les formes contemporaines d'antisémitisme.
Le texte pourrait être présenté avant l'été et élargi à toutes les discriminations écoutez les réactions de l'opposition bon a priori maintenant la ministre aurore berger a dit qu'il s'agissait plus du tout de cette proposition de loi donc au moins il ya eu un éclaircissement on ne parle plus de la loi yadant on parle vraiment d'un nouveau projet de loi qui serait porté par le gouvernement, première victoire que nous avons obtenue par les mobilisations que nous avons faites. Je trouve que le calendrier est un peu court, fixé par la ministre, et que réussir à faire en quelques semaines sur un sujet aussi vaste un loi et un plan d'action efficace m'apparaît quand même difficile. Bruno Retailleau qui a de nouveau dénoncé hier les propos d'Emmanuel Macron sur l l'Algérie.
Oui, lundi le chef de l'état avait qualifié de maboule tous ceux qui prônent une rupture des relations avec l'Algérie. Réaction immédiate de Bruno Retailleau qui avait vivement critiqué Emmanuel Macron. Le patron des Républicains appelle lui à une ligne plus ferme avec Alger, notamment sur la question des OQTF.
Et il en a remis une couche hier matin au micro de Public Sénat écouté. Dans ce qui est incroyable avec le président de la République et je ne l'explique pas, c'est cette complaisance vis-à-vis du régime algérien. Parce qu'enfin, Boilem Sansal a fait un an de prison.
Kamel Daoud, pris Goncourt, vient de faire l'objet d'une condamnation de trois années. Les OQTF, là encore, l'Algérie ne respectent pas les accords de 94. Ils ne les respectent pas.
Et par ailleurs, on a des dysfonctionnements dans tous les sens. Nous, on respecte à la lettre l'accord de 68. Eux ne respectent pas leurs accords internationaux.
L'hommage hier dans la Marne aux soldats morts au Liban. Une cérémonie pleine d'émotions sur la base militaire de Suip auquel appartenait le sergent Anisset Girardin, mort à 31 ans des suites de ses blessures mercredi dernier. Le 18 avril dernier il avait été touché lors d'une embuscade visant les casques bleus dans le sud du Liban une attaque attribuée au Hezbollah ses camarades ainsi que la ministre des armées Catherine Vautrin lui ont rendu un dernier hommage le sud du Liban où la guerre continue.
Hier, 6 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes. Charles III aux Etats-Unis appelle le Congrès américain une détermination sans faille pour défendre l'Ukraine. Oui, en visite d'Etat aux Etats-Unis, le roi a prononcé il y a un discours devant les élus américains.
Il a insisté sur l'importance de la relation anglo-américaine et la nécessité de défendre les valeurs de la démocratie. Une critique voilée de Donald Trump que Charles III avait prononcé rencontré un peu plus tôt. Il a aussi appelé Washington à maintenir à tout prix son soutien à Kiev contre la Russie.
Écoutez. Au lendemain des attentats du 11 septembre, lorsque l'OTAN a invoqué l'article 5 pour la première fois et que le Conseil de sécurité des Nations unies s'est montré uni face à la terreur, nous avons répondu ensemble à cet appel, comme nos peuples l'ont fait depuis plus d'un siècle, côte à côte, à travers les deux guerres mondiales, la guerre froide, l'Afghanistan et tous ces moments qui ont marqué notre sécurité commune. Aujourd'hui, Monsieur le Président de la Chambre des Représentants, cette même détermination sans faille est nécessaire pour défendre l'Ukraine et son peuple si courageux afin d'obtenir une paix juste et durable.
Et au Mali, la situation toujours L'agente au pouvoir est affaiblie 4 jours après des attaques meurtrières menées conjointement par les rebelles Touareg et des groupes djihadistes. Au moins 23 personnes ont été tuées. Hier soir, le chef de l'agente, Aïssi Miguaita a enfin pris la parole lors d'une allocution télévisée.
Il parle d'une situation maîtrisée tout en reconnaissant une crise d'une extrême gravité pour le Mali. Les doutes donc restent entiers sur la capacité de l'agente à se maintenir au terre incessamment sous peu avec le président Larcher et j'y suis allé moi-même avec une délégation de ma commission a rencontré la chambre des lordes. Ce qu'a dit le roi, qu'on ne peut pas qualifier d'opportuniste, c'est quand même quelqu'un qui est sur la scène publique depuis de très nombreuses années, qui a en charge selon la constitution anglaise, on ne peut pas parler ainsi, mais en tout cas qui est à la tête d'un très grand... d'un très grand royaume, s'exprime devant le congrès américain, s'est exprimé auprès de Donald Trump en rappelant aux Etats-Unis non pas le passé parce qu'on ne vit pas que sur le passé, mais en disant que les Etats-Unis avaient une ligne dans le passé.
Et je crois que ça c'est important qu'il ait pu le rappeler aux députés américains parce que ça détermine finalement tous les enjeux géopolitiques des moments actuels et des moments futurs. Les Américains sont des grands cousins, sont des frères et depuis quelques mois on se rend compte qu'il y a une distinction qui se fait entre les deux continents. Et je crois que ces propos sont vraiment à prendre avec beaucoup d'attention, beaucoup d'intérêt parce qu'ils vont peut-être permettre, et je l'espère dans les quelques semaines à venir, à retrouver une forme d'apaisement.
Ce que je souhaitais dire, parce que franchement ce propos est très intéressant, je l'ai lu intégralement, et je pense qu'il a raison. On va revenir avec vous, je le rappelle, vous présidez ici au Sénat de la Commission des Affaires Européennes. Vous allez auditionner cet après-midi Laurent Nunez sur le pacte asile et immigration, on va en parler.
Vous êtes également sénateur LR du Pas-de-Calais et on sera chez vous puisque malheureusement les drames se multiplient dans la Manche. On va également l'évoquer. D'abord, on regarde comme tous les jours les unes de la presse régionale.
On a sélectionné trois titres. On les regarde ensemble. D'abord, l'une des dernières nouvelles d'Alsace.
Tension sur l'énergie vers une hausse des prix de l'alimentaire avec un risque effectivement avec la guerre en Iran. Des conséquences sur le panier des Français. La deuxième une, c'est celle du Midi Libre.
Nouveau maire RN, un front anticulture. C'est la question à la une du journal. Exposition et festival de jazz annulé à Vauvert.
Tension à Carcassonne autour d'une subvention. L'arrivée de maire RN met le monde artistique d'Occitanie en ébullition. Dernière une, c'est celle de la montagne.
Et cette question, après les municipales, où sont les femmes ? Exemple, dans le Puy-de-Dôme, où 4 mers sur 5 sont des hommes et aucune femme ne préside une intercommunalité. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
J'en aurais deux. La première et la troisième. La troisième, probablement, parce qu'hier, il y a eu une table ronde ici au Sénat, justement, sur la place des femmes dans l'Union européenne, bien sûr, mais aussi dans le monde de la vie publique.
Donc oui, effectivement, plutôt la troisième. Ce constat, je ne l'avais pas. Ça veut dire que la loi sur la parité, finalement, elle a encore des failles.
C'est-à-dire qu'il y a autant de candidats, mais quand il s'agit de mettre des personnes à la tête des mairies, c'est beaucoup d'or. Oui, c'est ce que nous ont exprimé, beaucoup d'élus hier d'élus féminines qui nous ont expliqué qu'en fait bah oui elle pouvait être adjointe, elle pouvait être mais plus difficilement plus difficilement mère ou à des positions d'exécutifs. Je ne sais pas si c'est un problème de culture, mais je pense qu'au-delà de lois qui permettent la parité et leur intégration, les dames dans cette vie publique et à des postes clés, même si on voit des femmes à des postes clés.
Le problème, c'est que ces femmes qui sont à des postes clés...
Je pense à Mme Vautrin, qui a été aussi entendue hier au Sénat, c'est moins médiatisé. Voilà, c'est ça. C'est vraiment ça la question.
Donc je ne sais pas si c'est la loi qui doit réguler tout ça parce que je trouve que, et on le voit, il y a une forme d'échec parce qu'il y a toujours des impasses. Je pense que c'est plus dans la culture qu'on doit rentrer, c'est la formation à l'école. Ça commence à l'école en fait.
Ça commence à l'école où on doit comprendre que les dames doivent pouvoir avoir autant que les hommes. En tout cas, moi j'ai toujours beaucoup de respect mais j'ai trois collaboratrices donc je trouve que la rigueur des femmes aujourd'hui est peut-être essentielle à la vie publique. Dans l'actualité, ce sont ces propos d'Emmanuel Macron qui a qualifié de maboules les partisans d'une ligne dure avec l'Algérie visant très probablement sans le nommer le président de votre parti Bruno Retailleau.
Il est maboule – Rien, je suis désolé. Vous n'avez pas le bon candidat pour vous praler de ces choses-là. Non, mais deux réflexions.
Une sur la forme. Moi, je suis l'antithèse de ce que peut être la petite phrase, le petit mot qui, à mon avis, sont destructeurs de la vie publique parce que ça enchaîne des réponses. Ça enchaîne sur les réseaux sociaux des commentaires qui sont inadmissibles et qui, finalement, à mon sens, rabaissent la vie publique et la vie politique.
Ça c'est sur la forme. Après, sur le fond, le président a commenté sur un sujet qui est ancien. Je suis médecin, vous le Vous le savez, moi, j'ai toujours travaillé quand j'étais interne avec des médecins étrangers.
Ce n'est pas une nouveauté du jour. Mais ce qui est plus inquiétant, c'est que ce qui existait il y a il y a déjà 30 ans, 35 ans quand j'étais interne, existe toujours aujourd'hui voire c'est renforcé. Ça veut dire qu'à un certain moment sur ce sujet même de la santé on n'a pas été qui que ce soit d'ailleurs, je ne vise personne en disant ça.
Mais ça veut dire qu'on a besoin de l'immigration algérienne aujourd'hui ? Pour compenser des manques qu'on a depuis 35 ans, c'est pas nouveau cette affaire-là. Après la réaction de Bruno Retailleau qui s'est sentie froissée, en tout cas telle qu'il l'a exprimé encore sur votre... est tout à fait logique.
Et vous le dites, il y a le fond et la forme. Sur la forme, on va écouter ce que dit Marine Le Pen. Des propos du chef de l'Etat. « Je note la trompisation d'Emmanuel Macron, il semblerait qu'il prenne modèle sur le président des Etats-Unis et qui a un langage extrêmement cru.
Ça, c'est pour la forme. Pour le fond, je trouve cette indignation indigne. Parce que la réalité, c'est qu'il est tout à fait naturel que dans notre pays, une façon passait aux médecins étrangers un examen, au même titre d'ailleurs que les médecins français, pour être sûrs que les gens qui viennent chercher des soins aient les soins de meilleure qualité C'est tout possible.
Promis, je n'avais pas entendu M. Le Pen. Vous diriez une trumpisation, vous ?
Non, je dis que c'est un élément essentiel de la vie publique. Il faut arrêter ces petites phrases. On va rentrer dans un cycle présidentiel où on va avoir moult petites phrases comme ça.
Vous savez, nos citoyens, sur le terrain, je ne sais pas si les présidents de la République les entendent, mais oui, bien sûr, probablement, mais sur le terrain, ils en ont marre de voir des politiques s'invectiver. Et l'Assemblée nationale, quand même, est un exemple particulier. Et je crois qu'on doit, nous, les uns et les autres montraient l'exemple.
Ici, je trouve qu'au Sénat, l'exemple est assez bon. On est dans une configuration qui est relativement soft. Les gens se parlent, les gens se croisent, se disent bonjour.
Hier, je recevais un groupe et je salue une élue de mon opposition au Sénat. Ils me disent mais ah oui, vous parlez comme ça. Ben oui, on sait se parler sans s'investir.
Mais sur le fond, au-delà de la petite phrase, sur le fond, il y a deux lignes très claires. Il y a Emmanuel Macron, le cas d'Orsay, maintenant Laurent Munez qui veulent des relations diplomatiques avec l'Algérie. Bruno Retailleau, lui, il veut une ligne très ferme.
Est-ce que quand on voit...
Mais la fermeté n'empêche pas la diplomatie. Mais quand on voit que par exemple Laurent Munez, quand il est allé en Algérie en février, depuis il y a une reprise des OQTF. Est-ce que finalement c'est pas lui qui a la bonne ligne et pas Bruno Retailleau ?
Non mais je pense que Bruno Retailleau avait montré une forme de fermeté à un moment où on avait quand même la question, qui n'est pas d'ailleurs terminée, de l'incarcération de Boilem Sansal. Donc il fallait absolument sortir de cette situation. On en est sortis après des – Elle a marché de la fermeté ? – Pas dans l'immédiat, pas dans l'immédiat.
Mais à un moment, il faut montrer les crocs, il faut montrer que, je vous dis, la diplomatie n'empêche pas la fermeté. On peut se parler fermement tout en faisant de la Et on ne peut pas tout accepter d'un homologue qui n'est pas forcément toujours raisonnable et loyal avec vous-même. Est-ce que politiquement, vous voyez dans cette déclaration d'Emmanuel Macron une volonté de tacler Bruno Retailleau et du coup de s'immiscer dans la campagne présidentielle ?
Je ne sais pas. Est-ce que le Président veut s'immiscer dans la campagne présidentielle ? D'abord, je n'ai pas la réponse.
C'est à lui qu'il faut poser la question. Mais vous le ne sentez pas comme ça ? Non, je pense qu'il apporte un élément politique à un moment où Bruno Retailleau continue à montrer l'écrou.
Je pense que Bruno a...
Bruno Bruno a raison d'associer la fermeté dans un contexte diplomatique avec l'Algérie. On n'a pas coupé les ponts avec l'Algérie, on continue à parler aux Algériens. Mais il faut leur parler peut-être plus fermement et et peut-être avec plus de volonté de réussite, c'est-à-dire que ça n'est pas que dans un sens.
Autre tac qui vise Bruno Retailleau, il est signé Marine Le Pen hier soir dans un entretien à l'AFP. Elle critique le président de votre parti, ce sera le Zemmour de 2027, ce sera M. Il va se radicaliser pendant la campagne comme à chaque fois que quelqu'un se met en concurrence avec l'ERN.
Voilà l'exemple de petite phrase. Quel dénoncer ! Je trouve qu'on est vraiment dans la petite phrase qui va permettre d'avancer dans la campagne présidentielle, c'est sûr que c'est un vrai sujet.
On va ouvrir justement une page consacrée à la politique migratoire. Bruno Retailleau, vous étiez en Espagne au début du mois d'avril. Bruno Retailleau, il veut mettre l'Espagne au banc du concert des nations européennes parce qu'il se plaint et critique vivement le plan de régularisation de près d'un demi-million de sans-papiers annoncés par Madrid.
Vous êtes sur sa ligne Alors oui sur le fait qu'une régularisation massive peut poser problème ça c'est clair. La question c'est quand on est allé en Espagne et qu'on voit effectivement la droite espagnole s'opposer à cette position qui englobe deux types d'immigration. Une immigration provenant du Maghreb et une immigration qui provient d'Amérique du Sud.
Et celle-ci est totalement différente de celle provenant du Maghreb. Pourquoi d'Amérique du Sud ? Parce que les Espagnols en sont très proches, même s'il y a un océan qui les sépare.
Ils en sont très proches au plan de la religion et au plan de la langue. Donc il y a une capacité d'intégration plus facile de cette immigration là que de l'immigration. Donc c'est pas un motif pour mettre l'Espagne aux bandes des nations.
Ça, c'est le premier point. Et puis le deuxième point, l'Espagne développe aujourd'hui des arguments sur cet aspect que nous n'avons pas encore vérifié sur un problème de démographie, de démographie très importante. Et nous avons rencontré des chefs d'entreprise, etc., qui nous ont dit « Nous, notre main-d'oeuvre, on en a besoin ».
Alors j'ai pas encore expertisé ce volet démographique pour savoir si, effectivement, il y a une si forte baisse de la population qu'elle nécessite qu'on compense. Donc voilà. En France, on n'a pas du tout le même problème.
Mais je suis d'accord avec Bruno Retailleau que le signal envoyé d'une régularisation massive est absolument délétère pour l'Union européenne, surtout dans les discussions qu'on a aujourd'hui. Et vous allez auditionner cet après-midi Laurent Nunez sur la politique migratoire. C'est un sujet européen, l'Union européenne durcit sa politique migratoire, c'est un sujet national et local.
Particulièrement pour vous qui êtes sénateur du Pas-de-Calais, 29 migrants ont perdu la vie l'année dernière dans la traversée de la Manche, on va retrouver dans votre région Aurélien Vurli. Bonjour Aurélien, merci d'être là, journaliste à RCF Haute-France. Une opération de sauvetage d'envergure a eu lieu ce week-end dans la Manche.
Près de 120 passagers d'une embarcation de migrants ont été secourus. Comment se sont déroulés ces opérations Aurélien ? Eh bien, c'est une des conséquences tragiques du retour des beaux jours.
La hausse des traversées, Oriane, au total, c'est donc près de 119 migrants qui tentent de traverser la Manche à bord de petites embarcations secourues samedis dans le détroit du Pas-de-Calais. L'un d'entre eux était inconscient au moment de l'évacuation. Alors, c'est en tout début de matinée qu'une embarcation a été repérée au large de la baie de Somme.
Six personnes en difficulté à bord ont été secourues puis débarquées au port de Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de de Calais. Une autre embarcation de migrants a été signalée dans la matinée au large de la Seine-Maritime, faisant route vers le nord cette fois. Lors d'un autre embarquement près de Wimereux, plusieurs exilés se sont retrouvés en difficulté et ont été pris en charge directement par les secours.
L'un d'eux ayant perdu connaissance, ont la nécessité d'être pris en charge vers l'hôpital de Boulogne-sur-Mer. Des sauvetages qui peuvent impacter psychologiquement les sauveteurs bénévoles de la SNSM, les sauveteurs en mer. La voie du nord se faisait l'écho de ces difficultés psychologiques des sauveteurs en mer, confrontées à des morts et des détresses terribles.
Pour faire face, Londres et Paris ont signé un nouvel accord pour tenter de lutter contre les tentatives de traverser un accord qui doit déployer toujours plus de policiers, toujours plus de moyens. Mais aujourd'hui, cette hausse des moyens n'a pas indiqué la hausse des traversées. Jean-François Rapin, est-ce la bonne logique ?
Il y a une logique certaine qui est la logique financière des moyens qui sont déployés en France. Et donc, au travers des accords de Sandertz, il y avait eu un déploiement financier du Royaume-Uni pour la France en termes de moyens. Ce dont on se rend compte, c'est que ça n'entrave pas, ça ne ralentit pas les traversées et qu'aujourd'hui il y a besoin d'autres moyens.
Donc il était C'est nécessaire d'avoir un accord complémentaire de soutien financier à la France pour les moyens développés. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, on va parler aussi du pacte Asile-Immigration et donc des mesures qui vont être prises, et notamment du renforcement aux frontières extérieures de l'Union européenne.
Alors c'est un peu paradoxal parce que là, on les empêcherait de sortir des frontières extérieures de l'Union européenne, et de l'autre côté, on va les empêcher de rentrer. Mais la règle, elle est là. Elle est comment on empêche de rentrer une immigration illégale qui n'a qu'une envie, c'est effectivement d'aller au Royaume-Uni, mais qui passe par la France et qui revient très souvent en France.
Et là, on attend justement du pacte asile-immigration de pouvoir régler tous ces problèmes. Vous avez parlé d'un sujet qui me sensibilise beaucoup, c'est celui de l impact sur les sauveteurs de la SNSM. J'ai eu hier au téléphone le président de la station de Berck-sur-Mer, qui est près de chez moi, qui qui semblait très affecté parce qu'effectivement, ils avaient engagé une procédure de suivi et non pas de sauvetage, mais de suivi puisque vous savez qu'avec les taxi-boats, on part de la Somme, on longe la côte et on ramasse au fur et à mesure.
Et donc, ils sont censés accompagner avec le risque. Et là, il me l'a précisé. Il m'a dit c'est la première fois que je vois autant de femmes et d'enfants.
Mais justement, Jean-François Rappin, Aurélien, il a une seconde question sur ces taxis motus. Oui, la gendarmerie maritime a désormais le droit d'intervenir en mer. Depuis novembre, l'interception est possible pour les autorités bien que dangereuses et pour les personnes exilées et pour les forces de l'ordre évidemment.
Encore une fois, cet allergissement de mesures et des moyens, est-ce qu'il va dans le bon sens ? Il faut trouver une solution. C'est-à-dire qu'on ne peut pas critiquer en permanence toutes les solutions qui sont proposées.
En l'occurrence, on subit une situation et donc il faut y pallier avec les moyens, je dirais du bord sans faire de jeu de mots. Mais c'est vraiment le cas. Et donc permettre aujourd'hui à À la Gendarmerie maritime, d'intervenir en mer, c'est déjà une évolution complémentaire.
Même si, comme vous le dites, les opérations peuvent être très sensibles. Un peu moins en ce moment et c'est pour ça qu'il y a beaucoup de traversées parce que la mer est plus calme et dès que les conditions météo s'améliorent, c'est une catastrophe parce que ça engendre des traversées. Et sachez que sur les 109 qui ont été sauvés, il y en y en a tout autant qui sont passés, qui ont réussi à passer.
Donc il faut aussi faire le rapport des choses en disant ne critiquons pas toutes les solutions qui sont proposées, mettons-les en place, ce dont on est sûr, c'est qu'on a besoin de plus en plus de moyens et c'est ce que peut-être le sujet suivant va...
Exactement Aurélien, merci beaucoup. Merci Aurélien d'avoir été avec nous et vous parliez de ce traité de Sanders. On va le détailler avec vous Johan puisque jeudi dernier la France et le Royaume-Uni ont saigné un nouvel accord visant à empêcher les traversées clandestines de la Manche, un partenariat que les deux pays ont donc choisi de renouveler.
Oui car ce nouvel accord permet en fait de prolonger pour les trois prochaines années le traité donc de Sanders, un accord bilatéral signé...
Un accord bilatéral signé en 2018 avant d'être reconduit une première fois en 2023. Il prévoit que le Royaume-Uni finance une partie des actions menées par la France pour freiner les traversées clandestines vers les côtes britanniques. Ce traité devait expirer cette année, ça La reconduction s'est faite au prix de longues négociations entre les deux pays, car les Britanniques reprochent aux Français de ne pas en faire assez pour empêcher les migrants de traverser la Manche.
Et avec ce nouvel accord, le Royaume-Uni a donc augmenté ses exigences envers la Effectivement, Londres a accepté de renforcer son financement qui pourrait monter jusqu'à 766 millions d'euros sur trois ans. Mais pour la première fois, une partie de cette somme sera conditionnée à l'efficacité des mesures prises par la La France, une efficacité jugée selon plusieurs critères. Explication de Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur.
Des critères qui permettront de mesurer le nombre d'interventions qu'on a faites, le nombre d'interpellations, le nombre de traversées empêchées, le nombre de migrants qui ont réussi à traverser. On aura des critères quantitatifs et on fera du qualitatif, du retour d'expérience. La part flexible représente 186 millions d'euros sur une enveloppe potentielle de 766 millions.
Ça veut donc dire que seulement 580 millions d'euros sont assurés d'être versés par le Royaume-Uni. Mais c'est quand même plus que le précédent accord pour lequel le financement britannique était de 540 millions d'euros. Et l'accord prévoit d'autres nouveautés Oui, les forces de l'ordre qui luttent contre l'immigration clandestine vont voir leur nombre augmenter de 50%.
Les effectifs seront portés à environ 1 400 agents d'ici 2029. La France financera également une nouvelle unité de CRS. Elle aura à sa disposition à déploiement de drones, d'hélicoptères et de moyens électroniques pour mieux prévenir les traversées illégales.
Des mesures qui viennent en complément d'un autre accord signé l'été dernier par les deux pays. Oui, un accord censé lui aussi freiner les traversées illégales de la Manche. Il a instaure la règle du 1 pour 1.
Alors, pour chaque migrant clandestin que le Royaume-Uni renvoie vers la France, il s'engage à accueillir un autre migrant légalement venu d'Hexagone. Mais cet accord est un échec. Jusqu'ici ne l'a concerné que quelques centaines de migrants.
Et ça, c'est très peu au regard des chiffres officiels de l'immigration clandestine. En 2025, plus de 41 000 migrants ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni sur des bateaux de fortune au moins 29 personnes ont perdu la vie en mer. Et en 2026, il y a déjà eu au moins 6 morts selon l'agence France Presse.
Monsieur le sénateur, une petite question d'abord. On a le sentiment que la Grande-Bretagne, en conditionnant son aide financière, a un peu imposer ses vues à la France qui s'est couchée. Vous êtes d'accord avec cette idée ?
Dire que la France s'est couchée, non. Qu'elle renforce les moyens, oui, c'est certain. Je l'avais senti de la part des lors de, quand on s'est déplacé en Angleterre, qu'il y avait une forme d'irritation des Anglais qui pensaient que les Français ne faisaient pas le travail.
Ce qui est absolument faux. Moi, je vois les forces de gendarmerie en permanence, ce qu on appelle la LIC, qui est un outil des forces de gendarmerie et de police qui permet de surveiller la côte. Non, ce qu'ils attendent, c'est effectivement plus de résultats et c'est très anglo-saxon, la culture du résultat.
C'est pour ça qu'ils mettent une tranche optionnelle à leur financement. Ce que je constate aussi, c'est que les moyens évoluent en technologie. C'est-à-dire qu'au moment de la signature des accords de standards, on n'avait pas les moyens technologiques qu'on a aujourd'hui et qu'on va mettre à disposition et qu'on va déployer.
Le respect de ces critères, ils ne risquent pas aussi d'engendrer des pratiques polémiques, notamment sur les interpellations ? L'objectif, il est d'interpeller surtout les réseaux de passeurs. Je pense que dans l'accord, c'est vraiment quelque chose qui ressort peut-être encore plus qu'avant.
C'est la lutte contre cette grande criminalité qui est finalement de l'esclavage humain et voilà. Je crois que c c'est surtout ça. Après sur les interpellations, il faut voir aussi que quelquefois le degré de violence augmente sur les plages.
Moi j'ai vu des gendarmes quelquefois très affectés par un degré de violence très poussé parce que la volonté de passer et vous n'arrêtez pas quelqu'un qui...
Vous savez, ils ont traversé, ils ont fait à peu près 6, 7, 8 000 kilomètres quelquefois. Ils arrivent sur nos plage et il voit l'angleterre par beau temps ce moment c'est le cas on voit l'angleterre on a la pression de la toucher l'impression que il suffit de faire un pas ou deux et c'est le pas où peut-être le pas le plus dangereux qui va qui va se produire. Donc quand ils sont arrivés, ils ont l'impression sur les plages françaises d'être arrivés en Angleterre.
Et donc ça déchaîne quelquefois cette impatience et une violence qui nécessitent une impasse. On parlait de Laurent Nunez de Mise de l'Intérieur. Vous allez l'auditionner cet après-midi sur ce pacte Asile et Immigration.
Qu'est-ce que vous en attendez ? Qu'est-ce que vous allez lui demander ? D'abord, on va lui dire qu'on est un peu à la bourre, parce que l'échéance, c'est le 12 juin.
Elle sera pas tenue ? Si je pense si la stratégie du gouvernement, c'est aujourd'hui de légiférer par ordonnance parce qu'il y a effectivement une adaptation aux droits français qui est très très importante par rapport au pacte asile-immigration. Mais vous la validez cette stratégie ?
On sait que ça ne plaît pas trop aux parlementaires les ordonnances. Là vous dites nécessité fait loi. Je la valide pas.
Je la valide Je continue à penser que ça nécessitait un débat parlementaire, qu'il aurait peut-être fallu engager plus tôt. Mais on sait très bien que le débat parlementaire aujourd'hui, notamment l'Assemblée nationale, est très très compliqué à obtenir. Donc voilà, c C'est pour ça qu'il y a une stratégie complémentaire.
Ce que je regrette, c'est d'avoir alerté moi à plusieurs reprises le gouvernement sur ce sujet, il y a plus d'un an, en disant il faut peut-être qu'on se mette au boulot pour avancer. Donc voilà, l'audition, elle est convenue avec la commission des lois ce soir et avec le ministre de l'Intérieur qui a accepté, plutôt que de faire des groupes de travail, de venir faire une audition pour savoir quelle est la ligne du gouvernement sur ce sujet. Merci Jean-François Rappin.
Merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette demi-heure.
Jean-François Rapin