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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 14 janvier 2019 34 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Affaire Jouanno : le scandale qui fait débat

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 85 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:58Invité politiqueChiffre
    « M. Macron décide de quoi ? De lâcher quelques miettes, notamment en annonçant une hausse qui n'aura pas lieu, une hausse du SMIC de 100 € par mois, ce qui est faux. »
  • 1:40Invité politiqueFait
    « M. Macron a une autre idée. Et il lance l'idée du grand débat national. »
  • 4:25Invité politiqueFait
    « L'aristocratie d'Ancien Régime, aujourd'hui, eh bien c'est la haute fonction publique et c'est surtout la sphère politique qui est là. »
  • 6:29Invité politiqueFait
    « Macron a eu l'idée de faire des cahiers de doléances. Et il a eu la même idée que Louis XVI et que ses ministres. »
  • 8:28Invité politiqueFait
    « Il est décidé que ce grand débat national va être confié à une dame qui s'appelle Mme Chantal Jouanno, qui est une énarque, qui d'abord est une karatéka d'origine. »
  • 10:32Invité politiqueFait
    « Macron s'est dit : « On va lui donner un poste ». Et on lui a donné quoi ? On lui a donné le poste de présidente d'une commission qui s'appelle la Commission nationale du débat public : la CNDP. »
  • 12:36Invité politiqueFait
    « Mme Jouanno, par exemple, s'était en son temps prononcée contre la réintroduction des ours dans les montagnes au-delà de quelques unités, etc. »
  • 13:14Invité politiqueChiffre
    « Mme Jouanno se voit octroyer un salaire qui est très confortable dans la fonction publique, puisqu'elle gagne 14 666 € brut par mois en tant que présidente de la CNDP. »
  • 17:52Invité politiqueFait
    « À partir du moment où Gérard Filoche dévoile quel est son salaire, le scandale devient énorme. »
  • 19:16Invité politiqueFait
    « La population française ayant découvert ça ne l'entend pas de cette oreille. Et comme Mme Jouanno dit qu'elle ne veut plus avoir ça, les gens disent : « Bon, bah elle va pas continuer à gagner son argent ». »
  • 21:18Invité politiqueFait
    « Macron, comme je le disais tout à l'heure avec les cahiers de doléances, a suscité une attente. Et le gouvernement a vu arriver les demandes. »
  • 21:56Invité politiqueFait
    « M. Le Maire a fait savoir qu'il était exclu que ce grand débat national demande la réintroduction de l'ISF, qui a été supprimé par Macron en fait à la demande de la Commission européenne. »
  • 22:40Invité politiqueFait
    « M. Le Maire a dit : « Le grand débat national n'aura pas le droit de parler de l'ISF ». Il a dit qu'il n'aurait pas le droit non plus de parler du prélèvement forfaitaire unique. »
  • 23:23Invité politiqueFait
    « Mme Schiappa, qui a pointé le museau, a dit qu'il n'y avait pas... Elle a été confirmée par Benjamin Griveaux le porte-parole. Que le grand débat national ne pourrait pas demander un référendum sur la peine de mort. »

Temps de parole

  • François Asselineau100 %

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0:06
François Asselineau

Alors bonjour à toutes et à tous. Merci d'être fidèles à nos émissions. Nous sommes aujourd'hui le 11 janvier 2019. Le grand débat national, c'est l'un des sujets qui dominent l'actualité, et qui mérite que l'on s'y penche d'un petit peu plus près, parce qu'on y voit tous les dysfonctionnements massifs de toute la macronie. (François Asselineau - président fondateur de l'UPR) Et on voit en fait qu'en fait, tout est en train de partir à vau-l'eau. On va résumer les épisodes antérieurs. Les épisodes antérieurs, c'est quoi ? Apparition du mouvement des Gilets jaunes le 17 novembre. Dès le début, le gouvernement pense que le mouvement va s'essouffler.

Loin de s'essouffler, il ne cesse que de se renforcer de semaine en semaine chaque samedi, au point que vers l'acte VI – je crois – qui est émaillé de violences, le Medef et les grands patrons de grands groupes font savoir à l'Élysée qu'il faut absolument lâcher du lest face aux Gilets jaunes, que ça ne peut plus durer comme ça. M. Macron décide de quoi ? De lâcher quelques miettes, notamment en annonçant une hausse qui n'aura pas lieu, une hausse du SMIC de 100 € par mois, ce qui est faux. La hausse du SMIC sera en réalité celle qui était prévue, de 16 €. Et le reste, ce sont des primes à l'emploi qu'il faut avoir l'idée d'aller demander. Bref, ça n'est pas le sujet dont je parle. Mais M.

Macron a une autre idée. Et il lance l'idée du grand débat national. En fait, c'est une idée qui est vieille comme le monde, qui consiste face à des gens mécontents à leur dire : « Attendez, attendez, on va se calmer. Dites-moi ce qui ne va pas », etc. Et en fait, il s'agit de noyer le poisson en faisant en sorte que les gens passent tellement de temps à rédiger, à leur dire ce qui ne va pas que pendant ce temps-là, on va faire baisser la tension. Et puis voilà. En réalité, ça s'inspire de ce que l'on appelait le cahier de doléances, au début de la Révolution française.

Lorsque la décision est prise suite à la journée des Tuiles de 1788 à Grenoble, qui est le vrai début de la Révolution française, où des habitants de la ville de Grenoble refusent de payer les taxes, la maréchaussée se replie. On décide de réunir les états du dauphiné, c'est-à-dire le parlement local du dauphiné. Et puis il est décidé à l'automne 1788 qu'il y aura des états généraux, c'est-à-dire réunis à Versailles, avec des représentants de toutes les régions de France, avec ce qui existait à l'époque : les trois ordres : l'aristocratie, le clergé et le tiers état.

Et en attendant ces états généraux, qui se sont réunis en avril 1789, pour faire patienter – si l'on peut dire – la population, on a demandé aux Français de l'époque de rédiger des cahiers de doléances. Voilà. J'en sais quelque chose, puisque un de mes ancêtres, qui s'appelait François Asselineau, qui a signé le cahier de doléances le 20 avril 1789 dans un petit village du Loiret qui s'appelait et qui s'appelle toujours Saint-Denis-de-l'Hôtel... Alors d'ailleurs, ces cahiers de doléances, les gens disaient... Voilà, qu'est-ce qu'ils reprochaient ?

Que le tiers état était pressuré par les impôts, que les plus riches du royaume, c'est-à-dire les aristocrates et le haut clergé, ne payaient pas d'impôts, ou avaient des exemptions considérables. Et puis ils se plaignaient également du fait qu'ils avaient de la disette. Il y avait eu des très mauvaises récoltes notamment en 1788. Ils se plaignaient aussi de ne pas avoir le droit de chasse, puisque en temps de disette, ils auraient bien aimé manger du gibier, et puis en définitive, c'était réservé aux aristocrates. Voilà.

Donc on trouve ça à peu près à travers toute la France avec l'idée aussi qui est dans tous les cahiers de doléances que les Français voudraient, le tiers état voudrait, ceux qui ne sont pas des deux ordres privilégiés voudraient avoir leur mot à dire, voudraient que ça soit eux qui décident des politiques conduites, notamment de la levée des impôts, mais plus généralement également qu'ils puissent avoir accès aux emplois publics. C'est ce qui donnera d'ailleurs la Déclaration des droits de l'homme de 1789. Si vous pensez qu'aujourd'hui, nous sommes en fait dans une situation comparable, vous avez à peu près tout compris.

L'aristocratie d'Ancien Régime, aujourd'hui, eh bien c'est la haute fonction publique et c'est surtout la sphère politique qui est là. Alors ils sont prétendument d'opposition. Mais enfin tout ça, c'est des oppositions de connivence. Il suffit de voir comment – par exemple – le FN ou bien FI ou les communistes, pour l'instant, refusent absolument l'idée de lancer la procédure de destitution de Macron alors qu'ils ont fait la motion de censure pour rigoler contre Édouard Philippe, pour comprendre qu'il s'agit d'une opposition de parfaite complaisance. Donc ce petit univers du monde politique : les députés, les sénateurs correspond en fait à l'aristocratie d'Ancien Régime.

Et puis les médias correspondent en fait au clergé de l'Ancien Régime, au haut clergé, puisque c'était dans les paroisses, dans les églises que l'on avait à l'époque les vrais médias. Ceux qui portaient la parole du roi, qui appelaient à soutenir le régime, c'était le haut clergé, qui ne s'occupait pas uniquement des affaires des âmes et de Dieu mais qui s'occupait très concrètement de soutenir le régime royal. Aujourd'hui, le clergé macronien, le clergé des européistes, ce sont les grands médias. Voilà. Et puis le tiers état, c'est tout le reste.

C'est tout le reste des Français, qui payent des impôts alors que les aristocrates de nos jours, qui sont le monde politique, les grands industriels, etc. organisent leur insolvabilité ou bien se font des ponts d'or sur fonds publics. Les Français, le tiers état de nos jours n'a pas accès aux médias, et se fait insulter par les médias. On est un peu dans la même situation. Et la situation – l'Histoire ne se répète jamais, mais elle bégaye tout le temps –, c'est que Macron a eu l'idée de faire des cahiers de doléances. Et il a eu la même idée que Louis XVI et que ses ministres.

Pendant que les Français vont faire des cahiers de doléances, on va plus trop en entendre parler, et puis on va noyer le poisson. C'est exactement ce que Macron a décidé de faire.

Comme quoi, d'ailleurs, Macron ne connaît pas l'histoire de France, parce que s'il connaissait l'histoire de France, il aurait dû savoir que les cahiers de doléances, eh bien finalement, lorsque éclate la Révolution française, c'est-à-dire notamment lorsque les états généraux se réunissent et que le tiers état exige d'être deux fois plus nombreux que chacun des deux ordres, donc à soi seul à la majorité, surtout avec quelques transfuges des autres ordres comme par exemple l'abbé Sieyès, à partir de ce moment-là, et de se constituer en Assemblée nationale majoritaire, c'est le début de la Révolution française. Donc M.

Macron aurait dû savoir que le précédent des cahiers de doléances ne portait pas chance, puisque en réalité, le subterfuge qui avait été trouvé n'a pas fonctionné. Ça n'a pas empêché la révolution d'éclater. J'allais même dire « Au contraire », parce que les Français qui avaient rédigé les cahiers de doléances, ils étaient chauffés à blanc par les demandes qu'ils avaient faites, et ils entendaient qu'il y ait une suite. Donc Macron lance cette idée de cahiers de doléances. Et il dit : « On va faire un grand débat ».

« Un grand débat », c'est ce qu'avait dit Charles de Gaulle dans les années 60 où, en rigolant, il avait dit : « Lorsqu'il y avait des gros problèmes, il fallait créer un comité Théodule. Ça permettait d'enterrer le problème ». Alors Macron lance le grand débat : acte I de la tragi-comédie qui va suivre. Acte II : Macron se dit : « Mais qui est-ce qui va piloter ce grand débat ? ». Et à ce moment-là... Je ne sais pas si c'est lui qui a eu ça dans son esprit fécond ou bien si ce sont certains de ses collaborateurs. En attendant, il est décidé que ce grand débat national va être confié à une dame qui s'appelle Mme Chantal Jouanno, qui est une énarque, qui d'abord est une karatéka d'origine.

C'est une sportive. Elle est énarque. Elle est sortie au ministère de l'Intérieur. Il se trouve que je la connais un petit peu, puisque lorsque j'étais directeur de cabinet au conseil général des Hauts-de-Seine... En 2004, j'avais quitté mes fonctions lorsque Nicolas Sarkozy était arrivé à la présidence du conseil général. Et la personne qui m'avait succédé au poste de directeur de cabinet du président du conseil général, c'était justement Mme Chantal Jouanno, qui est une femme sympathique, honnêtement, charmante, et qui dans son parcours politique a commis de temps en temps des choses plutôt sympathiques. En tout cas, elle en a commis une que j'ai trouvée sympa, que je trouve bien.

C'est qu'elle avait appelé à donner l'asile politique à Snowden, qui est réfugié en Russie, et même d'en faire un citoyen d'honneur, comme c'est ce que j'ai proposé moi-même. C'est qu'on donne l'asile politique à Snowden, à l'époque. Honnêtement, je trouve que c'est pas mal. Cela étant, tout le reste, je ne suis pas d'accord. Mme Jouanno a fait une carrière ensuite au conseil régional d'Île-de-France sous l'étiquette de l'UMP, puis de l'UDI. Et puis Mme Jouanno est devenue sénatrice. Et puis à un moment, elle en a eu assez du monde politique, et elle a dit – voilà – qu'elle voulait plus s'en occuper. Elle avait vu le marigot de près. Elle avait vu la sphère UMP de près.

Et elle s'était dit : « Voilà. Je préfère m'occuper... »... Je crois qu'elle a 3 enfants. Et comme c'est une haut fonctionnaire de l'ENA, elle voulait avoir un poste qui soit retiré des feux de l'actualité et un poste de haut fonctionnaire. Alors c'est l'acte II qui se noue. C'est qu'elle a appelé à voter Macron, en quoi elle est bien différente de moi, au moment de la présidentielle. Et évidemment, Macron lui a fait un cadeau en retour.

Lorsque Macron a été élu président de la République et qu'il savait que Mme Jouanno, qui avait été vice-présidente du conseil régional d'Île-de-France, ancienne ministre, d'ailleurs, ministre des Sports sous Sarkozy, Macron s'est dit : « On va lui donner un poste ». Et on lui a donné quoi ? On lui a donné le poste de présidente d'une commission qui s'appelle la Commission nationale du débat public : la CNDP. C'est quoi, la CNDP ? C'est une commission chargée d'écouter les doléances des Français sur un sujet très particulier qui est le sujet de l'environnement et des projets risquant de nuire à l'environnement. Cette Commission nationale du débat public a été créée en 1995 – il y a 24 ans !

– par Michel Barnier. Michel Barnier, c'est l'actuel commissaire européen français chargé des négociations sur le Brexit avec le Royaume-Uni. Mais à l'époque, il y a un quart de siècle, Michel Barnier était ministre de l'Environnement. Et en tant que ministre de l'Environnement, M. Barnier avait créé une Commission nationale du débat public qui était chargée, et qui est toujours chargée de recueillir sur des projets : par exemple le contournement de la ville de Toulouse par une autoroute, des projets qui risquent de nuire à l'environnement, de recueillir l'avis des populations. C'est son travail.

En 2002, cette commission a été transformée en une autorité administrative indépendante des pouvoirs publics. C'est-à-dire que le président qui est nommé par les pouvoirs publics ne dépend plus du tout des pouvoirs publics. Et c'est la prébende que M. Macron a trouvée, puisque Mme Jouanno voulait quitter la politique. Elle cherchait un poste pour être employée. Eh bien il lui a proposé d'être la présidente de la Commission du débat public pour s'occuper de la construction... Est-ce que les populations sont d'accord pour qu'on crée une rocade pour contourner une ville ou bien des projets sur par exemple tel ou tel problème de l'environnement ?

Mme Jouanno, par exemple, s'était en son temps prononcée contre la réintroduction des ours dans les montagnes au-delà de quelques unités, etc. Donc voilà ce genre de choses qui concernent l'environnement. Acte II. Acte III : M. Macron, pour être plutôt sympathique – je pense – avec Mme Jouanno, avait décidé d'augmenter son salaire de 13% en tant que présidente de la CNDP. Donc lorsqu'elle prend ses fonctions il y a un peu plus de 8 mois, Mme Jouanno se voit octroyer un salaire qui est très confortable dans la fonction publique, puisqu'elle gagne 14 666 € brut par mois en tant que présidente de la CNDP.

L'acte III, c'est qu'arrive l'affaire des Gilets jaunes, arrive cette idée de Macron qui se dit : « On va essayer d'enterrer le truc. On va faire un système de cahier de doléances où les gens vont pouvoir dire tout ce qu'ils veulent. Et puis après, on mettra ça au panier ». Et comme il est saisi par les événements, qu'il faut se précipiter, comme en plus de ça il n'y a plus beaucoup d'argent en caisse – c'est le moins que l'on puisse dire – et que Macron se dit : « Je vais pas, dans les conditions actuelles, créer une nouvelle structure », il se dit : « Bon sang, mais c'est bien sûr. Je vais demander à la Commission nationale du débat public d'être chargée de mener ce grand débat national ».

Preuve au passage, d'ailleurs, que M. Macron confond les choses, puisque cette Commission nationale du débat public – je l'ai expliqué – ne s'occupe que de questions d'environnement, et qui sont des sujets quand même assez techniques et locaux. Lorsque l'on demande à tel ou tel... Ils ont traité une centaine de dossiers depuis 25 ans. Donc dans certains cas, ils ont fait annuler certains projets autoroutiers, par exemple, qui nuisaient à l'environnement local. Et donc M. Macron se dit : « Je vais demander à cette structure de s'occuper du grand débat national ». S'ouvre alors l'acte IV de ce problème.

C'est que Mme Jouanno, qui s'était retirée de la politique et qui était bien contente d'avoir un petit magot mensuel de 14 666 € brut pour s'occuper des doléances des gens qui sont autour de Romorantin et qui ne veulent pas avoir une rocade, la voilà d'un seul coup projetée de nouveau sous les sunlights de la vie politique. Et elle commence à recevoir les cahiers de doléances au sens propre, puisque dans toutes les préfectures, les gens peuvent aller faire part de leurs doléances, qui commencent à lui remonter.

Et elle découvre d'un seul coup des doléances tous azimuts, qui sont à la fois sur des questions sociétales, avec beaucoup de gilets jaunes qui demandent un référendum sur le mariage pour tous, un référendum sur l'IVG, un référendum sur la PMA, un référendum sur la peine de mort, et puis d'autres qui demandent que... Alors ça, c'est plutôt des gens dans la mouvance catholique ou plutôt de droite, quoiqu'il y a aussi des gens de gauche qui sont hostiles par exemple au mariage pour tous. Et puis il y a d'autres demandes qui arrivent concernant l'ISF. Ça, c'est des demandes qui viennent plutôt de gauche, qui veulent qu'on réintroduise l'ISF, qu'on réaugmente l'impôt sur les sociétés.

Et puis il y a d'autres demandes qui viennent... Et des gens qui s'inspirent notamment de ce que nous, nous disons, c'est-à-dire qui veulent un référendum sur le Frexit, sur la sortie de l'UE, sur la sortie de l'euro, sur la sortie de l'OTAN. Et puis il y a d'autres qui demandent également un référendum d'initiative populaire, ce que je propose depuis 2011. D'autres, s'inspirant de ce que dit Étienne Chouard, demandent un référendum qui porte sur toute une série de sujets, y compris un référendum constituant.

Et donc voilà Mme Jouanno, qui s'était dégagée de la politique et qui voulait s'occuper de ses 3 enfants en gagnant confortablement sa vie et en s'occupant de sujets qui ne concernent que des sujets locaux, la voilà d'un seul coup submergée par toutes ces demandes formulées de façon parfaitement massive par beaucoup de Français : les Français qui se mettent un gilet jaune notamment, mais pas seulement. Mme Jouanno se rend compte qu'elle va avoir du souci.

Et comme un malheur n'arrive jamais seul, à ce moment-là, Gérard Filoche, du PS (NDLR : il n'est plus au PS), fouille un petit peu les dossiers, se renseigne et découvre que Mme Jouanno gagne 14 666 € brut par mois, ce qui évidemment est extraordinairement... C'est une espèce de chiffon rouge. C'est vraiment se moquer du monde, puisqu'elle va avoir notamment à parler avec les gilets jaunes du problème du pouvoir d'achat, parce que beaucoup de demandes qui lui sont formulées demandent également plus de pouvoir d'achat, une augmentation substantielle du SMIC, une augmentation substantielle des salaires. Et elle sait très bien qu'elle n'aura pas le feu vert pour ça.

À partir du moment où Gérard Filoche dévoile quel est son salaire, le scandale devient énorme. Arrive l'acte V de l'affaire. C'est que Mme Jouanno, donc, décide de ne plus s'occuper du grand débat national. C'est ce qu'elle a annoncé il y a 48 heures en disant : « Non, non. Moi, je ne veux plus m'en occuper ». Mais dans son esprit, elle voulait revenir à la situation antérieure, c'est-à-dire s'occuper comme présidente de la Commission nationale du débat public : « Surtout, qu'on me fiche la paix, qu'on me laisse être présidente de mon autorité administrative indépendante pour régler les problèmes de rocades autour des villes ».

Seulement, voilà, quand la pâte du dentifrice est sortie du tube, on peut plus la faire rentrer. C'est-à-dire qu'à partir du moment où toute la France a découvert avec stupéfaction que Mme Jouanno avait un salaire qui était quasiment celui du président de la République, qui gagne (NDLR : 15 140 €) brut par mois... Sans compter tous les à-côtés, parce que le président de la République, c'est son argent de poche, si l'on peut dire, parce que tout le reste est payé : son logement, ses frais de déplacement, etc., etc. Mais donc la population française ayant découvert ça ne l'entend pas de cette oreille.

Et comme Mme Jouanno dit qu'elle ne veut plus avoir ça, les gens disent : « Bon, bah elle va pas continuer à gagner son argent ». Et là, il y a une ambiguïté, puisque Mme Jouanno ne veut pas s'occuper du débat national, mais elle veut s'occuper de ce dont elle s'occupait auparavant. L'acte VI, c'est aujourd'hui, ça vient d'exploser. C'est que M.

Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a fait savoir que Mme Jouanno, dans la mesure où elle ne voulait plus mener la fonction que lui avait confiée le président de la République de s'occuper du grand débat national, devait donc démissionner de toutes ses fonctions, ce qui signifie que Mme Jouanno, donc, devrait repartir définitivement à partir de zéro et ne plus toucher les 14 666 € brut qu'elle touchait au nom de ses fonctions antérieures. Seulement, voilà, Mme Jouanno ne l'entend pas de cette oreille, puisqu'elle est la présidente d'une autorité administrative indépendante qui ne dépend pas du gouvernement.

Et elle a dit qu'elle ne démissionnerait pas de cette autorité administrative indépendante. Elle se répand d'ailleurs dans le journal Le Figaro pour dire que ça serait totalement injuste. Parce que finalement, elle n'avait rien demandé. On lui a chargé d'une autre fonction. Et elle dit : « Finalement, cette autre fonction, vous vous la gardez ». Et donc Mme Jouanno s'incruste comme (NDLR : un arapède) sur son rocher. Elle ne veut pas. Elle veut garder son salaire. Du coup, le scandale devient encore plus énorme, puisque pour les Français, voilà quelqu'un qui refuse la fonction que lui a donnée Macron, mais qui veut garder le pognon. En réalité, la situation devient assez inextricable.

Devient d'autant plus inextricable qu'il y a le fond du sujet. C'est que Macron, comme je le disais tout à l'heure avec les cahiers de doléances, a suscité une attente. Et le gouvernement a vu arriver les demandes. Et on a vu M. Bruno Le Maire le ministre de l'Économie et des Finances, puis Benjamin Griveaux le porte-parole, qui les uns après les autres, à la demande de Macron, ont dit que ça, ça ne pourrait pas être traité dans le débat. Lorsque M. Macron, d'ailleurs, avait annoncé le lancement du grand débat national, il avait parlé des questions d'environnement, de démocratie, de citoyenneté et – je crois – de niveau de vie, quelque chose comme ça. Il avait également évoqué l'immigration.

Sauf qu'après, ses conseillers avaient dû lui taper sur l'épaule en disant : « Écoutez, vous venez de signer le pacte de Marrakech qui organise une immigration sûre, ordonnée et régulière. Vous avez fait ça dans le dos des Français. C'est un sujet extraordinairement polémique, puisque plus de 80% des Français sont contre ce que vous avez fait. C'est pas le moment de lancer le sujet sur l'immigration ». Donc le résultat, c'est que dans un deuxième temps, Macron avait déjà fait du rétropédalage en retirant le sujet de l'immigration des sujets à aborder par le grand débat national. Mais ensuite, on a appris au cours des derniers jours que toute une série d'autres sujets seraient exclus. M.

Le Maire a fait savoir qu'il était exclu que ce grand débat national demande la réintroduction de l'ISF, qui a été supprimé par Macron en fait à la demande de la Commission européenne suite aux GOPÉ. Ça faisait plusieurs années que Bruxelles et les traités européens, en se fondant sur l'article 121 du TFUE, exigeaient que la France supprime l'ISF. Donc comme l'impôt a été supprimé, ça coûte à peu près 3, 4 milliards d'euros, c'est-à-dire d'ailleurs l'argent qu'on pique aux Français les plus pauvres en leur servant un taux d'intérêt sur le livret A qui est largement inférieur au taux d'inflation. J'en ai parlé dans une autre vidéo. Donc M.

Le Maire a dit : « Le grand débat national n'aura pas le droit de parler de l'ISF ». Il a dit qu'il n'aurait pas le droit non plus de parler du prélèvement forfaitaire unique, pas le droit de parler non plus de la baisse de l'impôt sur les sociétés qui est demandée également par Bruxelles. Donc en matière de fiscalité pour faire payer les plus riches, circulez, y'a rien à voir. En matière sociétale, Mme Schiappa, qui a pointé le museau, a dit qu'il n'y avait pas... Elle a été confirmée par Benjamin Griveaux le porte-parole. Que le grand débat national ne pourrait pas demander un référendum sur la peine de mort, ne pourrait pas demander un référendum sur le mariage pour tous.

Il ne pourrait pas demander un référendum sur la PMA. Il ne pourrait pas demander un référendum sur l'IVG. Donc ces sujets sociétaux portés notamment par la frange catholique de l'opinion publique n'auront pas lieu d'être. Il a été également précisé... Enfin ça n'a pas été dit aussi expressément, mais ça revient à la même chose. Puisqu'on n'a pas le droit de demander la réintroduction de l'ISF, qui est une contrainte des traités européens, vous imaginez bien qu'on n'aura pas le droit non plus de demander un référendum sur l'UE, sur la sortie de l'UE. On ne va pas avoir le droit d'avoir un référendum sur la sortie de l'euro. Pas le droit d'avoir un référendum sur la sortie de l'OTAN.

En réalité, vous vous apercevez qu'on a le droit de... De rien, en fait. Donc en réalité, le grand débat national, c'est simplement récolter ce que disent les gens pour ensuite le mettre au panier. De plus en plus de Français, d'ailleurs, l'ont compris, puisqu'un sondage vient de sortir, il montre que 70% des Français considèrent que ce débat ne servira à rien. Enfin c'est calamiteux pour M. Macron. Alors comme ils ont des conseillers en... Enfin je sais même plus s'il a des conseillers en communication, puisqu'on en est au 5e ou 6e conseiller dans l'entourage de Macron qui prend ses cliques et ses claques. Vous avez vu que c'est la fuite éperdue. Les conseillers les plus proches de M.

Macron, d'un seul coup, se disent : « Mon dieu, mon dieu, j'ai un sanglier sur le feu. Excusez-moi, il faut que je quitte l'Élysée ». Donc ils vont se prépositionner pour être candidats aux élections européennes. En réalité, ils veulent quitter cette maison de fous qu'est devenue l'Élysée. Donc M. Macron est de plus en plus isolé pour organiser sa communication. Alors j'imagine qu'ils vont essayer de phosphorer et de dire aux Français : « Alors voilà, dans ce grand débat, en fait, ce que vous avez demandé – n'est-ce pas ? –, c'est la diminution du nombre de communes ou bien la suppression d'un certain nombre de départements ».

Ça, c'est sûr qu'ils vont demander ça, puisque c'est le programme de Macron. C'est d'ailleurs même pas le programme de Macron. C'est exigé là aussi par la Commission européenne. Donc ce que vont faire Macron et ses conseillers, c'est qu'ils vont essayer de faire croire que les Français voudraient ce que la Commission européenne veut, et que les Français demandent par exemple dans ce grand débat eh bien la diminution du nombre de communes, la diminution des départements... Enfin je vois un truc comme ça qui va arriver. La diminution du nombre de députés et de sénateurs. Alors là, pour le coup, je serais d'accord sur le dernier point.

Je suis pas d'accord personnellement ni sur la diminution des communes et encore moins sur la diminution des départements. Mais la diminution du nombre de parlementaires, ça, ça serait quand même une très bonne chose, parce qu'il y en a certainement beaucoup. Et puis quand on voit à quel point ils n'exercent pas leur fonction de représentant du peuple, quand on voit à quel point ils refusent de lancer la procédure de destitution, eh bien on peut comprendre en effet qu'ils sont déjà trop nombreux pour le service qu'ils rendent à la population. Mais en réalité, l'objectif de Macron, c'est de vider de substance ce grand débat. Alors pourquoi est-ce qu'il vide de substance ce grand débat ?

Je vous l'ai dit, je le répète. C'est parce qu'en fait, M. Macron n'a pas le choix ! Il n'a pas le choix ! Il est le dos au mur. M. Macron, comme c'était d'ailleurs le cas de son prédécesseur François Hollande ou de son antéprédécesseur M. Sarkozy, en fait, sont entre le marteau et l'enclume, le marteau étant la Commission européenne, la BCE et l'OTAN qui leur imposent des politiques très précises au nom des traités européens, au nom des directives prises par la Commission et des règlements au nom également des décisions prises par le conseil d'administration de la BCE, au nom des réunions du Conseil de l'Atlantique.

Donc ces décisions très précises sont demandées au président de la République. Et l'enclume, c'est le peuple français. Et donc les présidents de la République sont obligés d'appliquer cette politique quoi que veuille et dise le peuple français. Donc depuis maintenant 3 quinquennats, nous avons des présidents de la République qui s'ingénient de façon absolument permanente à appliquer au peuple français contre vents et marées une politique qu'une majorité du peuple français ne veut pas. Tout le problème, il est là. C'est fondamentalement un problème de démocratie.

C'est que fondamentalement, (NDLR : le principe) de la République répété dans l'article 2 de la Constitution : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » est devenu complètement vide de sens. M. Macron fait une violation permanente de la Constitution – je l'ai dit dans le dossier sur les 13 violations de la Constitution – puisque ça n'est plus le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, c'est le gouvernement de l'oligarchie euro-atlantiste par la BCE, la Commission européenne et l'OTAN, et pour le bénéfice de l'oligarchie euro-atlantiste. Voilà son problème. En d'autres termes, un quiproquo extraordinairement explosif s'est noué.

C'est que la population française croit encore que Macron a le pouvoir. Macron est obligé de faire comme s'il avait le pouvoir, parce qu'il ne peut pas dire « En fait, c'est les autres qui décident », parce que le scandale serait énorme. Et ce serait reconnaître que j'ai raison depuis 12 ans que j'ai créé l'UPR. Ce serait reconnaître qu'il n'y a pas d'autre solution que de sortir de l'UE. Et donc M. Macron ne peut pas le dire, mais il est quand même contraint par ces événements. Donc il est en train de biaiser.

Et toute l'intelligence – si tant est qu'il y en ait à l'Élysée encore – des gens qui sont à l'Élysée, à Matignon, c'est de se dire : « Par quel moyen je vais pouvoir casser le mouvement des Gilets jaunes, je vais pouvoir faire semblant de leur demander leur avis pour de toute façon appliquer une politique qui n'est pas celle qu'ils veulent ? ». Voilà toute la situation. Alors nous, face à ça, que faire ? Nos militants se sont exprimés largement. Il fallait aller...

Vous pouvez toujours aller dans les préfectures, réclamer un référendum sur la sortie de l'UE avec d'abord un grand débat sur le sujet, un référendum sur la sortie de l'euro avec un débat sur le sujet, avec un référendum sur l'OTAN, avec également les trois référendums que j'avais proposés dans le cadre de mon programme présidentiel et que j'aurais mis en œuvre si j'avais été élu, c'est-à-dire un référendum sur les questions d'immigration, un référendum sur les questions de dette publique et un référendum sur les questions d'énergie et de modèle énergétique.

Voilà ce que je conseille à tous nos adhérents et militants de demander lors de ces réunions de cahiers de doléances, puisque c'est la clé, c'est ce qui permettra ensuite de décider d'une augmentation du pouvoir d'achat, de décider de la fin des délocalisations, parce qu'on sortira de l'article 63 qui organise la libre circulation des mouvements de capitaux. Ça permettra de casser également l'évasion fiscale qui atteint des sommets : 80 ou 100 milliards d'euros. Ça permettra de refinancer les services publics. Enfin tout découlera de ces sujets névralgiques. Mais bien entendu, Macron ne peut pas le faire, parce que Macron n'a pas les moyens de le faire.

Il est obligé d'appliquer une politique qui a été décidée par d'autres. Voilà. Le résultat de tout ça, c'est que – voilà – c'est sur la table. Cette idée de grand débat national vole en éclats. L'affaire Jouanno témoigne de l'inconscience, de l'impréparation, de la nullité en définitive de Macron, qui a trouvé malin d'attribuer à Mme Jouanno une fonction qui n'était pas la sienne. Le scandale apparaît parce qu'elle gagne beaucoup d'argent. Du coup, elle ne veut pas s'occuper de son affaire, mais elle veut garder l'argent. Du coup, la population française a le sentiment qu'il y a une caste qui vit très confortablement sur les impôts payés par les plus pauvres.

Du coup, Mme Jouanno, elle, elle tient à son pognon. Du coup, l'Élysée furieuse... Tout le monde est furieux. Tout ça vole en éclats. Et puis voilà. Et puis c'est le désastre. Et voilà. Et tout est fichu, quoi. En réalité, cette histoire de grand débat national, la conclusion qu'on en tirera comme dans une fable de La Fontaine... Et vous savez que les fables de La Fontaine sont des fables rimées. Il y a des rimes. C'est ce qui fait le charme des fables de La Fontaine. Bien là, ça sera la fable de la journée. C'est la fable « Macron et le grand débat national ». Eh bien les deux derniers vers de la fable en question, c'est : « Tout ce que touche Macron se transforme en étron ». Voilà.

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