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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 19 novembre 2021 64 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieInstitutions & électionsSolidarités & familleAgriculture & alimentation

Chasse : polémique de campagne ! #cdanslair 18.11.2021

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 30 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Pourquoi la polémique autour de la chasse intervient-elle maintenant ?

  • 3:23OuverteRéponse directe

    La chasse est-elle une tradition française ?

  • 6:05OuverteRéponse directe

    Quel est le problème avec les néoruraux et la chasse ?

  • 8:29RelanceRéponse directe

    Pourquoi Yannick Jadot propose-t-il seulement une régulation et pas une interdiction totale ?

  • 11:30OuverteRéponse directe

    Yannick Jadot a relancé la polémique. Que propose-t-il exactement ?

  • 16:14OuverteRéponse directe

    La chasse est-elle un État dans l'État ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44PrésentateurFait
    « Yannick Jadot, le candidat écolo, veut l'interdire le week-end pour protéger les promeneurs. »
  • 0:49PrésentateurFait
    « Le président de la Fédération des chasseurs, lui, propose de donner aux pratiquants des pouvoirs de police. »
  • 0:54PrésentateurChiffre
    « Un million de licenciés, un électorat chassé à cinq mois de la présidentielle. »
  • 11:36InvitéChiffre
    « Cette année, 80 accidents de chasse ont fait 7 morts en pleine campagne. »
  • 14:26InvitéFait
    « « Ce sont des animaux protégés. Moi, je veux qu'on sorte d'une politique sous influence du lobby de la chasse. » »
  • 14:45InvitéPromesse
    « « J'interdirai la chasse le week-end. J'interdirai la chasse pendant les vacances scolaires. » »
  • 30:18InvitéChiffre
    « Le budget moyen d'un chasseur, c'est 1 600 euros à l'année. »
  • 32:50PrésentateurChiffre
    « Philippe Laurent a récolté seulement 38% des voix contre 62% pour David Lysnard, le maire LR de Cannes. »
  • 55:35InvitéFait
    « À partir de février, un avis du maire sera demandé pour la prise de décision avant les implantations d'éoliennes. »
  • 1:01:31PrésentateurChiffre
    « 90% des victimes des accidents de chasse sont des chasseurs. »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Invité16 %
  • Invité 27 %
  • Invité 33 %
  • Invité 43 %
  • Invité 52 %

≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. La relation n'a pas toujours été simple, mais Emmanuel Macron soigne désormais les élus de terrain, et en particulier les maires qui sont réunis à Paris en ce moment même en congrès. Dans ce discours cet après-midi, il a rendu hommage à ceux qui sont au cœur des tensions de la société. Ce sont les mots qu'il a utilisés. Un président qui tient à se montrer proche des territoires, comme on dit. Un enjeu majeur dans cette campagne, ou un thème, vient tout juste de faire irruption. La chasse.

Yannick Jadot, le candidat écolo, veut l'interdire le week-end pour protéger les promeneurs. Le président de la Fédération des chasseurs, lui, propose de donner aux pratiquants des pouvoirs de police. Et du coup, le débat s'emballe et s'installe, comme toujours, sur un sujet qui hystérise et qui concerne un million de licenciés, un électorat chassé à cinq mois de la présidentielle. Chasse, polémique de campagne, c'est le titre de cette émission. Avec nous, pour en parler, ce soir, Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste politique, vous êtes directeur de l'hebdomadaire Franc-Tireur. Frédéric Dané, vous êtes journaliste spécialiste des questions environnementales.

Je rappelle votre ouvrage, La chasse, le vrai du faux, aux éditions de La Chaux et Nieselais. Et puis, votre dernier livre, chez le même éditeur, rencontre avec des écolos remarquables. Avec nous, ce soir, Béatrice Giblin, vous êtes géographe, directrice de la revue Herodote. Citons le paradoxe français entre fierté nationale et hantise du déclin publié chez Armand Collin. Enfin, Soazie Kemener, vous êtes rédactrice en chef du service politique de Marianne. Citons votre édito sur France Inter. Yannick Jadot, candidat des marcheurs du dimanche. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à cette émission en direct. On va beaucoup parler de la chasse.

Et alors, curieusement, Christophe Barbier, c'est dans toutes les campagnes, il y a un moment donné où il y a une flambée de tensions autour du sujet de la chasse. Pourquoi est-ce que ça intervient maintenant ? On n'y échappe pas. Ça intervient maintenant parce qu'on est en période de chasse. C'est l'hiver, les chasseurs chassent. Et donc, il y a des accidents, il y a des regroupements, il y a des polémiques. Ça intervient aussi maintenant parce qu'il y a des choses qui bougent dans la législation. Il y a eu toute une bataille au Conseil d'État sur des décrets, des ordonnances pour interdire ou non réguler des chasses traditionnelles.

Il y a en ce moment même le vote d'une loi contre la maltraitance animale. Ça ne concerne pas la chasse. Ça concerne les animaleries, les cirques, les définirions. Mais enfin, quand même, c'est dans l'ambiance. Et puis, il y a toujours, alors pour l'instant, c'est lointain, mais ça revient régulièrement, au niveau européen, des directives. Jadis, c'était Natura 2000. Il y en a eu d'autres qui créent une sorte d'ambiance, de soupçon de crainte permanente sur la lutte contre la chasse. Et plus globalement, cette polémique récurrente de la chasse, elle s'inscrit dans une grande angoisse de la ruralité, qui s'exprime différemment. On l'a vu, par exemple, au moment des Gilets jaunes.

Une part du combat des Gilets jaunes, c'était, nous sommes cette France périphérique oubliée. On le voit à d'autres moments, par exemple l'épidémie. Nous n'avons pas d'hôpitaux, nos centres de réanimation sont submergés parce que nous sommes des ruraux ou des rurbains. Nous sommes trop loin des métropoles qui décident tout et qui s'accaparent tout. C'est ce que disent aussi les maires que rencontre aujourd'hui Emmanuel Macron. Exactement. Et pour faire passer ce cri de la ruralité, on passe par les réseaux organisés. Il y en a plusieurs. Il y a les élus de la ruralité et leurs représentants, les sénateurs.

Et puis il y a les chasseurs, avec leur fédération si organisée, si puissante, et qui a l'accès aux politiques très facile. Béatrice Giblin, c'est une tradition française. Ah oui, la chasse, c'est très lié à notre histoire, puisque c'est la Révolution française qui va donner le droit de chasser. C'était réservé à l'aristocratie. En Allemagne, ce n'était pas réservé qu'à l'aristocratie. Il y avait deux types de lieux pour chasser. Ce qu'on appelait la sylva, ce qui était des terres communes sur lesquelles on avait le droit de chasser. Puis il y avait la foresta, ça c'était les domaines des seigneurs. Sur les domaines des seigneurs, c'était comme à l'époque de l'ancien régime.

Les grands seigneurs, sur leur fièvre, sur leur domaine, avaient le droit de chasse. Les autres n'avaient pas le droit. Il y a un seul endroit où, sous l'ancien régime, les paysans ont gardé leur fusil, c'est la Corse. Quand Louis XV a récupéré la Corse, on n'a pas ôté le droit de porter le fusil aux paysans. Ce qui est très important dans l'imaginaire corse. Oui, bien sûr. Ça, c'est quelque chose qu'il ne faut pas oublier. Donc, si vous voulez, le droit de chasse est un droit, une conquête, qui a été tôt dans la Révolution française. Et la deuxième caractéristique qui fait que la chasse revienne comme ça constamment, c'est que la France a eu son exode rural très tardif, les années 50.

Quand les tracteurs sont arrivés des États-Unis, on a pu augmenter la productivité. Et là, on a eu un exode rural, plus tard qu'au Royaume-Uni, plus tard qu'en Allemagne, plus tard qu'en Belgique. Pas tellement sur l'Espagne et l'Italie, c'est vrai. Mais du coup, l'attachement, si vous voulez, à ce monde de la ruralité, à ce monde de la campagne, est extrêmement important. Et donc, tout le monde chassé, c'est quelque chose de populaire, la chasse. Et ça l'est encore, parce que quand même, il y a un million... Il y a un million de licenciés, ce qui fait de la chasse le troisième loisir des Français derrière le foot et la pêche. Oui, mais c'est assez...

Enfin, ça s'explique très bien, parce que ce que je viens de vous dire. Et puis, c'est une tradition familiale. Quand on est jeune, on part à la chasse avec son père ou son grand-père. J'entendais Raffarin, il y a quelques temps, qui racontait qu'il avait appris la chasse avec son grand-père. Si à 18 ans, on passait le permis de conduire, et puis on avait aussi son permis de chasse à passer, à la limite, c'était comme une forme d'initiation. Quand on avait son fusil, on devenait un homme. Il y a quand même aussi tout un imaginaire de la virilité. C'est une affaire d'hommes, on est entre hommes. Les femmes, elles peuvent, elles, nettoyer le gibier, et le préparer, faire du pâté de lèvre.

On en est toujours là. Mais ça n'a pas beaucoup changé dans ce domaine-là. Frédéric Danay, le problème, c'est qu'il y a des néoruraux, comme on dit, il y a des gens qui vivent à la campagne aujourd'hui, et qui disent, on n'a plus envie, et d'ailleurs, c'est été relayé par Yannick Jadot, qui a fait cette proposition d'interdire la chasse le week-end, qui dit, en gros, on n'a plus envie de se promener, d'entendre les tirs des chasseurs, et de prendre le risque de prendre une balle. Donc c'est la cohabitation qui devient compliquée. Oui, la démographie change.

Alors c'est les mêmes qui, souvent, vont porter plainte ou vont râler auprès du curé, parce que la cloche sonne à 7h ou à 8h du matin, ou contre l'agriculteur, parce qu'il fait pêtre aux ses moutons, j'ai vu ça dans le lot récemment, à 7h du matin, et ça sent le crotin quand on ouvre les fenêtres. Bon, c'est un peu caricatural, mais c'est vrai qu'il y a un vrai changement, même chez moi, dans le Nord-Pas-de-Calais. Il y a des néoruraux qui s'installent avec leur vision du monde, vous l'avez dit, avec une vision du monde dans laquelle la vie est quasiment sacralisée. C'est une vision du monde dont on chasse tous les affres, c'est-à-dire la souffrance, la douleur, la mort.

Et le chasseur comme le boucher, comme le montreur de bêtes dans un zoo, il symbolise tout ce qu'on n'a plus envie d'assumer, c'est-à-dire avant tout un lien charnel, un lien charnel possessif avec la nature, qui est totalement déréalisé chez nous. On vit dans un monde urbain, dans un monde où on est en train de recréer cette vieille séparation qui n'existait plus anthropologique, entre la nature et la culture, donc le monde, on est dans un monde culturel alimenté par des flux de données, alimenté par des plats composés, et la mort, on ne veut plus l'avoir.

Or, les chasseurs incarnent ça, incarnent une ruralité, vous l'avez dit très bien, incarnent l'héritage de la Révolution, même si c'est un peu ambigu, parce qu'effectivement les paysans ont obtenu le droit de chasser, mais Mirabeau la contredit tout de suite en adossant ce droit à la propriété, et ensuite Napoléon, pourquoi ? Parce qu'il y a eu un massacre. Les paysans se sont vengés sur le gibier, se sont vengés sur les forêts. Et puis ensuite Napoléon a introduit le permis de chasse en 1810.

Il n'en reste pas moins que les chasseurs, ils sont un million voire un million d'eux, ce sont les seuls aujourd'hui, tout écolo que je suis, tout naturaliste que je suis, ce sont les seuls à connaître intimement le pays, le moindre bosquet, la moindre zone humide, et sans eux, on n'aurait pas protégé autant les zones humides, il faut le reconnaître, et sans eux on ne pourrait pas faire ces trames écologiques, parce qu'ils connaissent le terrain mieux que personne.

Vous avez posé le débat, parce que c'est un des arguments qu'on entend, et qui est souvent à poser aux écolos, qui justement veulent réguler davantage la chasse, non pas l'interdire, mais peut-être la limiter dans des moments où les gens ne se promènent pas dans la campagne, rendre la campagne aux promeneurs, et il y a toujours cet argument des chasseurs qui est de dire on connaît bien la nature, donc les adorateurs de la nature se retrouvent sur le débat sur la chasse.

8:25
Invité

Oui exactement, et c'est ce qui explique d'ailleurs toute la complexité des choses pour les écolos, parce que Yannick Jadot ne propose pas d'interdire la chasse, il est très prudent, alors qu'on sait que dans beaucoup de pays européens, il y a une journée sans chasse, ça a déjà été le cas en France entre 2000 et 2003, ça avait été le week-end ?

8:43
Présentateur

C'était le mercredi, il y avait une souplesse départementale, mais c'était souvent le mercredi.

8:47
Invité

C'était pas le mercredi, ça a tenu trois ans, et puis Roselyne Bachelot, sous Jacques Chirac, a décidé de rétablir la chasse pour tous les jours. Donc Yannick Jadot, il est quand même très prudent, c'est-à-dire qu'il annonce une régulation et la fermeture de certains jours, mais pas la fermeture complète de la chasse. Quand on est écolo, pourquoi est-ce qu'il a cette réserve-là ?

9:08
Présentateur

C'est une pensée électoraliste ou est-ce qu'il pense que le pays n'y est pas prêt ? D'ailleurs, il y a eu un sondage, je vais vous rendre la parole, 69% des Français interrogés se disent favorables à l'interdiction de la chasse le week-end et pendant les vacances scolaires.

9:20
Invité

Parce que c'est très adapté finalement à la forme de campagne de Yannick Jadot, c'est-à-dire qu'il veut faire une campagne douche, ce qui est un peu antinomique de ce qu'est cette campagne présidentielle depuis le début du mois de septembre, mais ils appellent ça une campagne à bas cri. Donc l'idée, c'est de dire qu'il est, lui, raisonnable et qu'il propose des solutions qui peuvent amener un consensus. Parce que ce que disait Christophe Barbier tout à l'heure est très important, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, le bien-être animal est devenu un sujet essentiel. Porté aussi par Emmanuel Macron.

Porté également par Emmanuel Macron qui fait un beau, et en même temps, puisqu'il est à la fois très proche de Thierry Coste, qui est le lobbyiste en chef de la chasse en France, et qui en même temps s'est déplacé dans un centre de la SPA au début du mois d'octobre, à un endroit justement où les animalistes ont fait un très bon score pendant les européennes 2019. Et donc tout le débat est là parce qu'on sait que les chasseurs sont très puissants électoralement, on l'a dit, c'est un million de personnes. Ceux qui pratiquent, c'est beaucoup des retraités qui sont plutôt des anciens cadres, donc c'est plutôt des gens qui votent.

Et de l'autre côté, on a ce parti animaliste avec une candidate pour la présidentielle et qui est aussi à 2%, qui a 2% d'intention de vote. Donc Emmanuel Macron essaie de naviguer entre les deux, et Yannick Jadot, lui, il sait que du point de vue du bien-être animal, de toute façon, il a déjà du monde derrière lui. Donc le but, c'est de ne pas faire chouer les autres. Christophe Bordier.

10:46
Présentateur

Il y aura une compétition sur ce sujet-là, c'est évident. C'est un député marchère, Loïc Dombreval, vétérinaire dans les Alpes-Maritimes, qui a porté cette loi. Il y aura probablement une candidate animaliste s'ils arrivent à avoir les 500 signatures, ce qui n'est pas forcément évident pour eux, mais en tout cas, aux européennes, cette liste est arrivée juste derrière le Parti communiste. Et il y aura les écolos officiels, Yannick Jadot. Et donc c'est très important pour eux de se répartir ce territoire de chasse, si j'ose dire, de chasse électorale. Maintenant, le mystère, c'est les chasseurs eux-mêmes. Ils n'auront pas de candidats. Vers qui vont-ils se porter ?

Je suis surpris de l'évolution du discours, où après avoir dit qu'on est les aménageurs de la ruralité, ils sont maintenant, disent-ils, plutôt les défenseurs de la tradition. On va en parler de cette main électorale. Un million de licenciés, donc des gens qui votent, vous l'avez dit à l'instant. Sois-y qu'est MNR. En tout cas, Yannick Jadot a relancé la polémique. Le candidat écolo veut interdire la chasse. Mais le week-end dérandit la campagne aux promeneurs.

11:36
Invité

Cette année, 80 accidents de chasse ont fait 7 morts en pleine campagne. Reprendre la vigueur, forcément, avec un million de licenciés. On l'a dit, ce thème ne laisse aucun candidat indifférent. Mathieu Lignot, la Sceau-Gélabert. Dans cette forêt de Seine-et-Marne, on chasse le gibier. Benoît Chevron pratique sa passion depuis 37 ans, et bien plus que cela. Il forme 400 nouveaux chasseurs par an. Il faut suivre des règles strictes. Jérôme, comment on va chasser là ? On va prévenir.

12:10
Présentateur

Placer des panneaux, baliser le terrain, et bien sûr porter une attention particulière à l'arme.

12:18
Invité

Quand on se déplace, le fusil est obligatoirement, fusil ou carabine, obligatoirement déchargé. On monte dans le mirador, fusil déchargé. Et seulement à ce moment-là, je dirais, on met les munitions. Et une fois qu'on a mis les munitions, je dirais, l'arme est toujours, dans un mirador, plutôt vers le haut. Mais l'arme est toujours vers le bas ou vers le haut, mais jamais en parallèle pour éviter tout accident. Les chasseurs sont dans le collimateur. Cette année, 80 accidents de chasse ont fait plusieurs blessés, et même 7 morts. Des chiffres en baissent à cause de la crise sanitaire, mais qui inquiètent l'opinion. Le Sénat a même lancé une mission parlementaire sur la question.

Pour ces chasseurs, les accidents sont toujours trop nombreux, mais ils se disent incompris. Pour Benoît Chevron, ces polémiques sont avant tout des manœuvres électorales. Aujourd'hui, on voit bien, on est en période de préélection présidentielle, donc c'est un outil politique pour certains. Le soufflet va retomber après, puisque tout ce que nous faisons en termes de formation, la sécurité, d'amélioration, d'information, fait qu'aujourd'hui, le risque est pas nul, mais presque. Et puis, quelque part, on peut partager l'espace naturel. Donc, on va réussir à s'entendre. Mais qui dit élection présidentielle, dit aussi grande manœuvre d'influence.

Et les chasseurs, ce sont plus d'un million d'électeurs. Alors leur chef de file, Willy Schraen, le président de la Fédération Nationale de la Chasse, tente de faire valoir ses idées. Le week-end dernier dans le JDD, il fait une proposition choc. En matière de police de proximité, les fédérations départementales des chasseurs ont un rôle à jouer. Mais ce jeu politique est loin de plaire aux écologistes. Le candidat Yannick Jadot veut encadrer plus drastiquement cette activité. « Ce sont des animaux protégés. Moi, je veux qu'on sorte d'une politique sous influence du lobby de la chasse. On a encore eu un accident, un promeneur hier en Haute-Savoie qui a repris une balle à côté d'un cimetière.

Il va falloir que la nature soit accessible à tout le monde. Et j'interdirai la chasse le week-end. J'interdirai la chasse pendant les vacances scolaires. Je veux qu'on puisse se balader dans la nature. »

14:55
Présentateur

Les Verts n'ont pas vraiment le vote des chasseurs.

14:59
Invité

En 2017, 26% ont voté pour Marine Le Pen. 25% pour Emmanuel Macron, 24,7% pour François Fillon et 16,7% pour Jean-Luc Mélenchon. Du côté de la droite et de l'extrême droite, on prend leur défense pour tenter de gagner leur voix. « Il y a des traditions que moi je n'entends pas remettre en cause. Parce que derrière la question de la chasse, c'est la question de la ruralité. C'est la question des traditions. Puis il y a aussi un autre aspect. C'est que les chasseurs sont aussi des écologistes de bon sens. N'en déplaise à M. Jadot.

15:35
Présentateur

Si nous n'avions pas les chasseurs, croyez-moi, on se rendrait compte, ne serait-ce que visuellement, des conséquences que ça aurait sur notre pays, sur nos paysages, sur même l'organisation de la ruralité. »

15:49
Invité

Aucune consigne de vote de la part de la Fédération nationale. Mais tous les candidats à la présidentielle sont invités à passer un grand oral devant les chasseurs en mars prochain. En 2017, seul François Fillon et Emmanuel Macron s'étaient prêtés à l'exercice.

16:03
Présentateur

On va revenir sur cette proposition du patron des chasseurs, de la Fédération des chasseurs, qui propose de leur donner un rôle de police. Mais d'abord, cette question de Daniel dans la Marne. La chasse, un État dans l'État ? Ça fait référence à l'idée qu'il y a des lobbies très actifs. Non, je ne dirais pas un État dans l'État. Il y a du lobbying, c'est évident. Il est très actif parce qu'il y a beaucoup de monde, vous disiez, plus d'un million de chasseurs, un million de cent mille. Mais il y a aussi tous ceux qui ne chassent plus parce qu'ils n'ont pas le temps ou parce qu'ils n'ont plus l'âge. Et puis il y a les familles.

Vous parlez des femmes qui vivent les lièvres, mais c'est aussi ceux qui participent après au banquet d'après-chasse. Les gens mangent ce qu'ils chassent. C'est important aussi dans leur consommation, dans leur pouvoir d'achat. Ça joue un rôle. Tout ça mis bout à bout avec la réalité. C'est beaucoup plus de gens qui sont liés à la chasse et qui s'inquièteraient d'une disparition de la chasse. Et puis, ce lobby va en croiser d'autres. Notamment le lobby des armuriers, des ventes d'armes. Et là, Thierry Coste est au carrefour des deux. Et puis, le lobby aussi, les lobbies de l'agriculture. Qui est Thierry Coste ?

Thierry Coste, qui est un personnage qui est dans le paysage depuis très très longtemps, qui est à la fois un très bon connaisseur du droit, de l'économie de la chasse et qui a un accès aux politiques depuis plus de 30 ans. Il a été au cœur de la politisation de la chasse du temps où CPNT, Chasse, Pêche, Nature et Tradition, tentait sa chance dans les élections. Il a été au cœur de la relation entre Emmanuel Macron et les chasseurs puisque c'est à l'issue d'une soirée avec Emmanuel Macron, Thierry Coste et je crois à Willy Schraen aussi, que Nicolas Hulot, le lendemain, a démissionné parce qu'il en avait marre de voir des arbitrages rendus en faveur des chasseurs.

Donc vous voyez, c'est quelqu'un qui est extrêmement important dans cette relation politique monde de la chasse. Sur l'influence des lobbies de la chasse sur la politique ? Déjà, il y a deux choses. Dans les départements, les chasseurs ont la capacité à contacter tous les élus d'un département en moins de 24 heures, c'est-à-dire des flyers, c'est-à-dire le doigt sur la semette. Donc ils ont un pouvoir d'influence important. Ils connaissent très bien, parce qu'ils connaissent aussi bien le territoire que les gendarmes. Et puis à l'échelle nationale, ils ont réussi l'exploit de se faire passer pour les seuls garants de la biodiversité. Donc vis-à-vis des politiques, il n'y a qu'eux.

On les écoute. On les écoute parce qu'ils symbolisent plein de choses qu'on a dit jusqu'à présent. Mais on oublie complètement, en partie, le monde agricole et surtout le monde associatif, les associations de protection de la nature, notamment les CPIE au sein des départements, les commissions permanentes de l'initiative pour l'environnement, qui bossent d'ailleurs avec les chasseurs. C'est ça le paradoxe. Et qui se présentent comme les garants de la biodiversité, alors qu'ils ne régulent rien du tout, même s'ils la connaissent très bien, et qu'ils bossent avec les naturalistes, avec les associations.

Donc les deux font mine de se détester, alors qu'en fait, sur le terrain, ils sont bien obligés de travailler ensemble, ce que ne reconnaîtra jamais Willy Schrenn ou Yannick Jadot à l'échelle nationale, où là, c'est l'opposition frontale, c'est la comédie humaine, mais sur le terrain, ils sont bien obligés de travailler ensemble. Sur cette proposition, effectivement, qui a fait débat, de donner des pouvoirs de police aux chasseurs. C'est malin, pourquoi vous dites ça ?

C'est malin parce que les communes rurales, j'étais ce matin au salon des maires et j'ai évoqué la question avec plein de maires, les maires n'ont plus de moyens, l'État n'est plus là, l'OFB, l'Office français de la biodiversité qui gère la chasse, n'a pas de budget pour assurer réellement la police de l'environnement. Les polices municipales ont peu de pouvoir, la plupart des communes n'en ont pas, et la police nationale ne se déplacera jamais pour un problème de haie, pour un problème de déchets, par exemple, déversés par un maçon à la lisière d'une forêt. Pour ça, pour gérer ça, pour être entre la police municipale et la police nationale, il y avait les gardes champêtres.

C'est tombé en désuétude alors qu'ils avaient un vrai pouvoir et une vraie connaissance du terrain. Et en fait, Willy Schren, il dit, donnez à mes chasseurs une assermentation de façon à ce qu'ils soient gardes champêtres. Mais on oublie qu'il existe cet outil qui est le garde champêtre. Votre avis sur Béatrice Giblin, sur cette proposition qui a fait beaucoup débat, parce qu'on se dit, mais ils ne sont pas formés pour être agents d'autorité. C'est normal que ça fasse débat. C'est presque une provocation dans la façon dont ça a été présenté. Il est bien évident qu'on ne va pas donner des pouvoirs de police à des chasseurs. Honnêtement, ce n'est pas sérieux.

Certains sont fermontés dans les fédérations. Mais on pourrait parfaitement aussi se dire, mais au fond, regardons ce qui se passe ailleurs. Prenons le cas de l'Allemagne. L'Allemagne, on n'a pas un permis de chasse avec une demi-matinée, avec un examen... C'est le cas en France, c'est vite fait ? Oui, c'est à peu près ça. C'est très rapide. En Allemagne, c'est vraiment extrêmement sérieux. Y compris avec un entraînement au tir, de façon à ce que vous ne puissiez pas... Il y a une épreuve de tir en France. Oui, il y a une épreuve de tir, mais c'est beaucoup plus développé dans le cas de l'Allemagne. Et puis, ça prend du temps. On ne va pas vous donner votre permis comme ça rapidement.

Il n'est pas valable à vie. Pas du tout, pas valable à vie, contrôlé. Bref, c'est quelque chose qui est beaucoup plus sérieux. Il y a 350 000 chasseurs en Allemagne, pour une population qui est beaucoup plus nombreuse que la nôtre. Mais ce qui prouve bien qu'on a un rapport à la chasse qui est lié à notre histoire, qui n'a rien à voir avec ce qui se passe véritablement ailleurs. Mais il y aurait déjà... Alors, ils disent qu'on a fait des efforts sur la formation, on fait des choses beaucoup plus sérieuses. Mais il faudrait qu'ils les fassent de façon encore beaucoup plus sérieuse qu'ils ne le font jusqu'ici. Alors, il y a des limites.

On n'a pas le droit de tirer à moins de 150 mètres ou 200 mètres d'une habitation ou quelqu'un, c'est ça, c'est dans cet ordre-là. Mais on peut se dire, attendez, la France n'est pas si densément peuplée qu'on ne peut pas trouver des espaces où on ne soit pas à 150 mètres ou 200 mètres d'une habitation pour tirer quand même. Donc, il y a des choses à faire pour réguler. Donc, il y a des choses à faire sans commencer à donner un pouvoir de cet ordre ou sa soeur. Alors là, franchement, pour mettre tout le monde en opposition... Mais il comble un vide. Oui, c'est ce que vous disiez sur les gardes. Non, je ne suis pas d'accord, c'est un faux vide. Alors, on va laisser finir, si vous le priez.

Si vous avez les lois et la formation correctement données et qu'on ne puisse pas être aussi près des habitations pour tirer, si vraiment on prenait les choses comme elles devraient l'être, de mon point de vue, ils ne vont pas combler un vide. Ce n'est pas possible. Et je ne vois pas en quoi des chasseurs seraient assermentés. Pour régler les conflits et les différents. Christophe Barbier. C'est de la communication de crise. Mais bien sûr. De crise, pourquoi ? Oui, bien sûr. Les chasseurs sont mis en cause, notamment pour les accidents. Et bien, il ouvre un nouveau front. Il lance une proposition provocation qui nous fait débattre et on ne parle plus du sujet précédent.

Ça, ça montre le sens politique des chasseurs. Je crois qu'ils n'y pensent pas une minute à transformer tous ces chasseurs en gardes champêtres assermentés. Un fusil à la main, un fusil de chasse. Montrez-moi vos papiers. Qu'est-ce que vous faites dans la forêt ? Ça ne tient pas. En tout cas, il y en a un qui a peut-être choisi. On disait tout à l'heure, il fait du haut en même temps, Emmanuel Macron. Il a fait des gestes dès son arrivée aux responsabilités en direction des chasseurs. Lui, le président qui n'avait pas été élu maire, dont on disait qu'il était le banquier de chez Rothschild,

22:33
Invité

pour le coup, il a fait des signaux très clairs en arrivant au pouvoir. Oui, très clairement, il a compris tout de suite que c'était une voie de passage. Parce qu'effectivement, ça a été dit tout à l'heure, les chasseurs, c'est la ruralité. Il a été accusé tout de suite, Emmanuel Macron, par Laurent Wauquiez, ancien président de LR, d'être l'homme qui détestait la province. Donc, il avait besoin de donner des signaux. Donc, il a reçu très vite les responsables, en tout cas les personnes d'influence chez les chasseurs. Et il a réduit de moitié le prix du permis de chasse, qui est aujourd'hui à 200 euros contre 400 euros auparavant.

Emmanuel Macron, il a aussi travaillé son image auprès des chasseurs, puisqu'il est allé à Chambord. Il a posé devant un tableau de chasse. C'était une première, hein, depuis Régis Cardesta ? Voilà, depuis très très longtemps, on n'avait pas vu un président de la République poser devant du gibier avec les chasseurs à la fin d'une partie de chasse. Et puis, l'autre, il a aussi des chasseurs autour de lui, parce qu'on parlait tout à l'heure de l'influence des lobbies sur les politiques, mais il y a un réseau aussi au sein des politiques. Très organisé. Très organisé, qui est très pluraliste.

C'est-à-dire, on se parle depuis très longtemps, pour se parler entre partis, on passe par les chasseurs. Il y a une espèce de rencontre qui se fait. Quelqu'un comme François Patria, par exemple, qui est responsable du groupe des macronistes au Sénat, est un chasseur. Et donc, il connaît très bien. Et ça lui a permis d'introduire beaucoup de personnes autour d'Emmanuel Macron. Au sein du gouvernement, il y a des chasseurs qui y assurent. Bien sûr. Éric Dupond-Moretti, notamment, d'ailleurs. Il a lui-même posé, puisqu'il chasse avec un rapace, si ma mémoire est bonne, sur le point. Et donc, il a posé dans un magazine, justement, un peu en majesté, avec son rapace.

Donc, c'est effectivement, il y a des personnalités qui ont cette capacité de fédérer les chasseurs de façon un peu dans l'ombre. Enfin, on aime beaucoup parler de réseau, mais il y a un réseau de... Et qui assume. C'est intéressant.

24:27
Présentateur

Marc Fénaud, aussi, secrétaire d'État des Relations avec le Parlement, qui assume en disant que c'est une tradition. Et il est chasseur, effectivement. Pour qui votent les chasseurs, Christophe Barbier ? On l'a vu tout à l'heure. Marine Le Pen, Emmanuel Macron. Après, j'ai plus l'ordre, je crois. C'est près de 20%. Oui, et François Fillon, à l'époque, dans le sondage de l'IFOP que nous avons, et Jean-Luc Mélenchon, également. La sociologie politique des chasseurs est assez diverse parce qu'elle est liée aussi à des terroirs. Il y a dans une partie de la Picardie, on en parle à l'instant, notamment dans la Somme, la chasse à l'affût, où vous êtes dans des marais un peu enterrés.

Ce n'est pas une chasse facile, c'est une chasse âpre. Un électorat très à gauche qui a longtemps été communiste. Vous allez aller dans l'Est de la France, dans de la chasse de grandes forêts au Mirador, vous allez trouver un milieu social beaucoup plus élevé. Vous allez aller dans le Sud-Ouest, vous allez retrouver un cocktail où la gauche aura son importance radicale. Ça n'a pas empêché Jean Saint-Jos, issu du Sud-Ouest, d'être un candidat CPNT à la présidentielle, plutôt marqué à droite sur des valeurs de tradition. Donc vous voyez, résumer la chasse à de l'extrême droite, ça serait stupide. Ou à la droite d'une manière générale. Ou à la droite d'une manière générale.

Même si, je pense que le président, avec son bon bilan face aux chasseurs, s'illusionnerait à les considérer comme un électorat acquis. Ils vont écouter beaucoup ce que le candidat ou la candidate des LR va leur proposer et va leur dire. Globalement, pour la ruralité, dont la chasse. C'est un électorat qui n'est pas si captif, qui n'est pas si fidèle. Ils écouteront vraiment les propositions, d'où le rendez-vous important, l'audition de la fin mars, pour les candidats ou leurs représentants. De la même manière, il est stupide de dire, comme l'a fait, je crois, Julien Bayou, « Mais la chasse, c'est des citadins. » Ce n'est pas vrai.

Oui, il y a des gens des villes-centres qui ont beaucoup de moyens, qui vont chasser la grouse, où ils peuvent aller très très loin. Mais quand on est à Romorantin, on n'est pas un citadin. On est peut-être un rurbain, mais on est au cœur de la Sologne. Donc un chasseur qui vit à Romorantin, ce n'est pas mentalement et sociologiquement un citadin. Ça reste quand même une relation physique charnelle à la nature de gens qui aiment les animaux, qui admirent la faune sauvage, et tuer pour eux n'est pas contradictoire avec cet amour et cette admiration. Et là, évidemment, il y a un combat épistémologique avec les écologistes, un peu insoluble.

C'était la phrase d'Emmanuel Macron, le 11 octobre, il était en déplacement dans les Hauts-de-Seine, il a dit à un chasseur, il aime son chien, il aime les animaux, sinon il ne ferait pas de la chasse. Et c'est là où les défenseurs des animaux et les écologistes disent « Ben non, ça ne tient pas. » Il faut relire « Je ne vois ». Vous savez, quand on voit tous les gens avec leurs animaux domestiques, et puis quand ils doivent partir en vacances, ils abandonnent leurs animaux domestiques. Il y a ça aussi. Ce qu'ils aiment vraiment. Pour aller dans le sens de ce que disait Christophe Barbier, Fabien Roussel a pris une position très favorable. Le candidat communiste. Le candidat communiste.

Parce que, vous savez, le communisme rural, c'est quand même quelque chose qui a tenu longtemps dans la Dordogne, dans l'Allier. C'était des terres vraiment qui ont résisté. Qui ne le sont plus, quand même. Qui ne le sont plus, là. Il reste vraiment le Val-de-Marne, et un peu dans le bassin minier du Nord. Mais c'est tout. Là, tout est à peu près laminé. Mais il sait combien c'était important. Et pour lui, ce n'est pas par hasard s'il prend cette position-là. Et cette représentation, au fond, de ce cadre supérieur qui va s'amuser à chasser, on va lui lâcher les faisans, et puis il va les tirer. C'est bien sûr que ça existe.

Mais c'est vraiment, par rapport aux millions, 200 000 chasseurs, c'est presque epsilon. J'exagère quand je dis ça. Mais que ce soit un lieu, la chasse, où on se règle des affaires discrètement, bien évidemment que ça reste cela. Et à ce titre-là, le pouvoir d'emmener des gens à la chasse est quand même... Et c'est pour ça aussi que Jean-Luc Mélenchon ménage... C'est pour les mêmes raisons qu'il ménage des chasseurs ? Oui, je pense. Je pense parce qu'il sait qu'il y a une composante populaire à la chasse.

28:05
Invité

Qu'est-ce qu'il dit sur les chasseurs, Jean-Luc Mélenchon ? Jean-Luc Mélenchon, de toute façon, il est dans une approche à la fois défendre la nature, mais à la fois aussi défendre les catégories les plus populaires. Alors la difficulté, on parlait tout à l'heure de qui chasse. Si on prend les actifs, c'est plutôt des employés. Mais si on prend actifs plus non-actifs, c'est plutôt des retraités, plutôt des anciens cadres qui l'emportent. C'est pour ça qu'il y a deux publics. Donc il peut y avoir un public pour Emmanuel Macron et les LR et aussi un public pour Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est aussi pour ça qu'on n'entend pas de grande diatribe de Jean-Luc Mélenchon contre la chasse.

28:40
Présentateur

Très attaché à la conquête révolutionnaire aussi de Jean-Luc Mélenchon. Son enracinement idéologique, c'est quand même 89-93. En fait, le positionnement, il se fera sur les chasses, pardonnez-moi, sur les chasses marginales, sur les chasses traditionnelles. Par exemple, on fumait un blaireau et pour le faire sortir de son terrier, de lui taper dessus à coups de gourdin. C'est toujours autorisé ? C'est toujours autorisé. C'est pareil sur les renards, sur la chasse à la glu. On est en infraction. On en est où sur la chasse à la glu ? Parce que ça a été interdit. C'est fini. Ça t'est interdit, mais l'État a voulu le remettre. Mais il va y avoir une nouvelle plainte, etc. à la Cour européenne.

Bon, mais en fait, c'est là-dessus que le débat va se faire. Et c'est là-dessus, à mon avis, que les chasseurs vont expertiser, auditer les candidats. C'est-à-dire que les seules revendications des chasseurs pendant cette élection présidentielle, outre de défendre leur droit de chasse tous les jours, ce qu'on a compris depuis le début de l'émission, c'est aussi de dire qu'on veut préserver des chasses traditionnelles ? Oui, sauf que ces chasses traditionnelles sont très peu pratiquées et cristallisent toute la haine que peuvent avoir certains naturalisent, certains antispécistes contre ces chasses.

Donc, il ferait mieux, c'est ce que j'ai dit à Willy Schren une fois, il m'a dit non, c'est ce que Willy Schren ferait mieux d'interdire, d'abandonner. Franchement, en plus, c'est pas beau à voir, ça fait souffrir, ça sert à rien. Là, pour le coup, c'est pas des gens qui aiment les animaux, pour l'avoir vu, c'est des gens qui aiment souffrir, qui aiment faire souffrir, pardon. De la même façon, la chasse en enclos, enfin, à quoi ça rime ? On a des enclos avec des chevreuils qui ont été élevés, avec des faisans qui ont... On leur tire dessus. On leur tire dessus, et moyennant en plus, parce que c'est un sport de prolo, mais il faut payer, il faut payer cher.

Donc on fait aussi la poche des pauvres dans ce genre de chasse, comme en bête somme. Les prolo qui vont chasser dans des gabions, les gabions, ce sont les hûtes, les hûtes appartiennent à des propriétaires qui les louent très cher. Il ne faut jamais l'oublier, ça. Le budget moyen d'un chasseur, c'est 1 600 euros à l'année. 1 600 euros à l'année, sans compter le budget de location de ces... Les seuls qui sont ouvertement, clairement opposés, c'est même un marqueur dans leur parti politique, ce sont les Verts qui sont opposés, clairement, Europe Écologie Les Verts. Ils sont opposés à Paris. Ils ne veulent pas interdire la chasse. Yannick Jadot n'est pas fou.

Ils veulent réguler, c'est-à-dire partager le temps et le territoire. Le territoire, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, la distance vis-à-vis des maisons, les problèmes d'exploitation agricole. Et le temps, c'est, vous chassez lundi, mardi, jeudi, vendredi, mais ni le mercredi, ni le week-end, ni les vacances. Donc en gros, vous prenez un jour de congé, si vous êtes actif, pour chasser. Donc voilà, vous avez une perte d'un jour de congé si vous voulez chasser. Donc c'est une recherche pour dire, on n'est pas contre vous. Ça montre à quel point c'est puissant. Qu'ils ne puissent pas aller jusqu'à dire, nous y sommes clairement opposés.

Alors que sur la corrida, vous allez trouver des points de vue beaucoup plus définitifs, c'est-à-dire on interdit, c'est fini. Il faut quand même dire qu'on ne chasse pas normalement toute l'année. On chasse de septembre au 28 février. Alors, il y a quelques endroits, comme dans l'Est, dans la Moselle, je crois, où on peut chasser comme ça. Quasiment tout le temps. Quasiment tout le temps, mais enfin, c'est un seul endroit. Et on ne se balade pas forcément le plus souvent, d'ailleurs en plein hiver, au fin fond de la forêt, même si moi, je n'ai rien contre sur le fait qu'on ne chasse pas à certains jours, bien sûr. Mais il faut rappeler quand même qu'on ne chasse pas.

Oui, ce n'est pas toute l'année. Pas certains jours, je ne chasse pas. Et quand on pense à la chasse et quand on pense à la ruralité, la figure du maire n'est jamais très loin. Vous l'avez dit tout à l'heure, le président multiplie des gestes envers ses élus de terrain. Cet après-midi, il s'est adressé à eux lors de leur congrès annuel à Paris. Mais son OPA sur leur puissante association s'est soldé par un échec. Romain Bessnenou et Christophe Roquet. Il était attendu de pied ferme. Après y avoir été hué il y a 4 ans, après avoir traversé de nombreuses crises, Emmanuel Macron est de retour au congrès de l'Association des maires de France à la reconquête des élus.

32:19
Invité

Alors oui, mon premier mot, pour toutes et tous, c'est un mot de gratitude. Et ce ne sont pas simplement des formules. Partout en France, vous avez pris des initiatives, été aux avant-postes, de manière très concrète. Chaque jour, chaque nuit, chaque week-end. Et donc les résultats qui sont les nôtres, notre capacité à tenir, ce fut la vôtre durant toute cette période.

32:40
Présentateur

Opération séduction donc, au lendemain d'une opération ratée. Le candidat favori de la majorité pour prendre la tête de l'AMF a largement perdu hier. Philippe Laurent a récolté seulement 38% des voix contre 62% pour David Lysnard, le maire LR de Cannes. Deux candidats, deux visions. L'une Macron compatible, l'autre plus ancrée à droite et finalement victorieuse.

33:08
Invité

Je serai le garant scrupuleux de l'indépendance de l'AMF. Qu'elle ne fasse l'objet d'aucune manœuvre de l'extérieur comme en intérieur.

33:18
Présentateur

Des manœuvres, il en a été question tout au long du congrès des maires cette semaine. Une vraie guerre de succession. Philippe Laurent, le candidat malheureux, est accusé d'avoir été téléguidé par l'Elysée pour mettre la main sur la puissante association des maires et la rendre plus docile envers le pouvoir.

33:35
Invité

Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que vous êtes le candidat de la majorité et du pouvoir ? Moi, je suis le candidat des maires de France. D'ailleurs, sur ma liste, il y a des maires, il n'y a pas de ministre, il n'y a pas de président de la République. Il y a des maires. Je vais même vous faire une confidence. Je n'ai jamais rencontré le président de la République.

33:51
Présentateur

Parmi ses soutiens pourtant, de nombreuses personnalités proches d'Emmanuel Macron, favorables à un recentrage de l'AMF.

33:58
Invité

Ce qui m'intéresse, c'est que les réformes avancent. Et la réalité, c'est que l'AMF n'a pas permis aux réformes d'avancer ces dernières années.

34:07
Présentateur

On doit être partenaire exigeant, encore une fois, mais loyal de la majorité.

34:11
Invité

Ce que je peux constater, c'est que depuis quelques années, on a eu un AMF qui est totalement anti-pouvoir, anti-système. Le président de la République avait toujours tort, même quand il avait raison. Et ce n'est certainement pas cet AMF-là que je souhaite avoir.

34:25
Présentateur

Mais pour de nombreux élus, l'association des maires de France doit rester un contre-pouvoir.

34:31
Invité

Aujourd'hui, manifestement, Emmanuel Macron, il n'aime pas trop que des gens crédibles lui répondent. Il n'aime pas trop avoir de la contradiction. Il n'a pas cette histoire dans les territoires. Il n'a pas cet ancrage. Et manifestement, il a bien conscience que ça lui fait défaut. Et qu'aujourd'hui, pour pouvoir faire accepter ses politiques, il a besoin de s'appuyer sur des cautions. Et comme il en manque, il souhaite manifestement mettre à la tête de l'AMF quelqu'un qui puisse lui servir de caution.

34:56
Présentateur

D'autant qu'entre Emmanuel Macron et les maires de France, souvent en première ligne, les sujets de friction ne manquent pas et les dernières crises n'ont rien à ranger.

35:07
Invité

Cette centralisation poussait l'extrême, la superposition des textes.

35:11
Présentateur

On est vraiment la première instance de proximité avec le citoyen. C'est toujours vers nous que le citoyen se tourne. On a besoin d'avoir les moyens de nos ambitions. Même dans une commune de 1 000 habitants, on porte des jolis projets. Mais tout est compliqué.

35:30
Invité

On se pose la question de savoir si on est bien entendu.

35:32
Présentateur

La taxe d'habitation qui nous a été supprimée et qui nous a enlevé beaucoup d'argent, pour ma commune, c'est 150 000 euros. Quand même, rien que ça. La priorité pour ces maires, l'éternelle décentralisation. Le nouveau président de l'AMF, tout juste élu, appelle même à un nouveau souffle décentralisateur en faveur des communes. Nous allons revenir sur la décentralisation et cette colère qui s'exprime de la part des maires. Mais cette question, la chasse, est-elle le seul lien de Macron avec la ruralité ? J'ai l'impression, oui. Parce que son lien avec le monde scientifique, le monde de la biodiversité, le monde de la nature, il est assez ténu.

Ça ne l'intéresse pas beaucoup, même si Barbara Pompili est là pour leur mettre un peu d'équerre. Mais oui, c'est le lien le plus facile d'un point de vue politique, la chasse. Parce qu'elle est évidente, parce qu'elle est visible, parce que c'est un rapport de force. Au pouvoir, on ne s'occupe que des rapports de force. Le rapport de force exercé par le monde de la protection de la nature, c'est zéro. Il ne représente rien. Il n'y a pas de personnalité forte. Ça n'a pas de valeur politique, la biodiversité. La chasse en a une. Donc la chasse devient un interlocuteur pour le pouvoir à propos de la biodiversité, et même au-delà, à propos de l'eau, etc.

Il y a des figures populaires qui se préoccupent de la biodiversité. On parlait tout à l'heure de Nicolas Hulot, c'en est un encore. Oui, il y a lui, il y a Gilles Boeuf, il y a Jean-François Sylvain, il y a Bernard Chevasieux, lui, que personne ne connaît vraiment et qui n'ont pas... On l'a bivé avec Nicolas Hulot. Même lui n'a pas eu la carure politique pour s'opposer aux chasseurs, pour s'opposer à Bercy, parce qu'en fait, l'ennemi de l'environnement en France, c'est Hervé Le Maire. C'est Bercy. Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, oui, j'ai dit Hervé, pardon.

36:57
Invité

Pas grave.

36:58
Présentateur

Souvent, Bercy contredit ce que le ministre de l'Environnement veut faire. Donc voilà, l'environnement en général, l'écologie en général, a très peu de poids politique, et le poids politique des verts, il est quand même assez faible, sauf dans la ruralité, sauf, mine de rien, dans les territoires, comme il ne faudrait pas dire, où là, les verts sont efficaces dès lors qu'ils sont élus. Ils sont efficaces parce qu'ils ont une politique de compromis qu'incarne à peu près Jadot.

37:21
Invité

Christophe Barbier ?

37:22
Présentateur

L'autre lien d'Emmanuel Macron, mais je ne sais pas si je suis ironique ou si je lui rends service, c'est la pratique du ski alpin. Il lui a fait découvrir les Pyrénées, où il est retourné avec le Tour de France, et il a développé une sorte d'attachement sentimental à d'autres terroirs que le sien, le terroir amyénois, ou le terroir parisien. Mais c'est un peu mince, en effet. Par ailleurs, tout son enracinement intellectuel, les auteurs qu'il lit, les philosophes qu'il cite, ce sont des penseurs hors-sol, si j'ose dire. Ce ne sont pas des gens ancrés.

Ce n'est pas quelqu'un qui, comme François Mitterrand, par exemple, va citer des auteurs de la Charente, comme Chardonne, ou des auteurs comme Barrès. Ce sont des auteurs beaucoup plus cérébraux avec Emmanuel Macron. Donc, en effet, on a l'impression... Mais il ne sait même pas, il ne sait même pas, en termes d'image, de se mettre en situation... Alors, il va peut-être le faire dans la campagne, mais on voit là, par exemple, qu'Anne Hidalgo a fait beaucoup de déplacements où elle se montre pas simplement comme une urbaine. On voit qu'Emmanuel Macron, pendant ses cinq ans, il n'a pas voulu peut-être jouer le côté « j'ai de la boue sur les bottes ».

Ce qui est très intéressant, c'est sa gestion du Salon de l'agriculture. Vous, Jacques Chirac, cette espèce de proximité fusionnelle avec les gens de la campagne, les produits de la campagne, Emmanuel Macron, il va beaucoup plus en homme de dossier. Il connaît, par cœur, il peut répondre à toutes les questions, il n'y a pas de problème. Mais à aucun moment, il est dans cette fusion-là. Alors que quand il va devant les start-up pour vendre la French Tech, alors là, il est en fusion. On voit que c'est son élément presque philosophique, en tout cas intellectuel. Bon, c'est son capital.

On ne peut pas lui reprocher d'être jeune et ne pas prendre ce qui va avec, c'est-à-dire en effet une génération qui est plus branchée sur les nouvelles technologies, sur la ruralité. Et c'est bien qu'il ne laissait pas de le faire, Béatrice Giblin. Vous voyez ce que je veux dire, qu'il ne laissait pas de se mettre en scène ? D'abord parce que ça se verrait qu'il se met en scène. Il serait donc en décalage. En revanche, regardez toute la période du grand débat qui a suivi les Gilets jaunes. Il est allé dans des tas de petites villes qui ne sont pas loin de la ruralité et où on avait des maires qui venaient effectivement des environs et qui étaient des maires ruraux. Et là, il a su faire.

Il a su parfaitement reprendre la main, expliquer, passer du temps, remonter les manches. Tomber la veste. Et être tout à fait en direct, si vous voulez. C'est un tournant de son équilibre. Et ça, c'est un tournant majeur. Il a gagné ses galons vis-à-vis des élus de terrain, c'est ce que vous diriez à ce moment-là ? Il en a gagné quelques-uns. Je ne sais pas s'il en a gagné suffisamment, mais assurément, il en a gagné. Écoutez, c'était quand même pas évident de sortir de cette histoire-là. Et le choix des lieux où il est allé a été extrêmement réfléchi. Parce que ?

Parce qu'il a choisi soit des villes dans la Drôme qui n'étaient pas spécialement favorables, mais il ne s'est pas mis non plus au cœur même du carrefour où on incendiait régulièrement. Mais il ne s'est pas mis si loin que ça. De façon à être... Enfin, on ne pouvait pas dire qu'il va dans des endroits où de toute façon, il ne se passe rien. Non, il prenait quand même des risques. Et ça, il sait le faire. Donc je crois que ce moment-là était pour lui un moment de lien qui s'établit. Et il a été... Il a quand même lâché 10 milliards à ce moment-là.

Et puis, disons aussi que la façon dont il a géré la pandémie pour des tas de maires, même si les débuts ont été peut-être un peu cafouilleux, après, je crois que les maires lui reconnaissent d'avoir su gérer ça. C'est-à-dire qu'il n'a pas été sifflé. On attendait toujours. C'est un peu un jeu... Voilà, c'est comme ça. On attendait de savoir si le président va être sifflé au congrès des maires parce qu'ils ont une force de frappe. Quand ils sont en colère, ils savent se faire entendre les maires. Donc il n'a pas été sifflé, Emmanuel Macron. Mais est-ce que pour autant, il a regagné les cœurs ?

Est-ce que ce qu'il a fait pendant le débat, est-ce que le fait qu'il les reçoive à l'Élysée comme il l'a fait hier ? Ou est-ce qu'ils attendent du sonnant, du trébuchant ? On a entendu parler

40:58
Invité

de taxes d'habitation, de décentralisation. Alors, il a joué aussi sur une autre corde. Il a joué sur la corde patrimoniale. C'est-à-dire que son premier déplacement au mois de juin, souvenez-vous, quand il a recommencé les déplacements, il va à Saint-Cyr-la-Popie. Et il met dans le Lot, très beau village du Lot, et il met en avant la beauté de l'architecture, du paysage. Enfin, c'est le président carte postale à ce moment-là. Et le loto du patrimoine, c'est aussi ça qu'il a délégué à Stéphane Berne. C'est l'idée, quand même, de mettre en avant la beauté aussi de la France rurale et pas seulement des grands monuments. Donc, il a joué de cet aspect-là.

Alors, pour répondre à votre question, pour ce qui est des maires, il n'a pas encore recousu totalement la relation. Mais on sent bien, effectivement, que le grand débat a vraiment marqué un tournant. C'est-à-dire qu'au moment où il en parle, cet après-midi, lors du discours, il y a une écoute dans la salle. On voit bien que ceux qui sont certains des personnes qui sont là ont reçu Emmanuel Macron et ont vu, et ça, ça a été reconnu, qu'il a mouillé sa chemise, il a passé du temps, il a essayé de comprendre. C'est une certaine forme d'apprentissage. Il l'a reconnu un peu devant eux en expliquant qu'il avait beaucoup appris à leur contact. Et ça, c'est pas un Emmanuel Macron assez ordinaire.

On n'a pas d'habitude de l'entendre dire « j'apprends à votre contact » une posture d'humilité vis-à-vis des maires en disant que finalement ils lui ont appris la ruralité et reconnaître. Parce que c'est vrai qu'il n'a jamais fait semblant de mettre ses bottes et d'aller au cul des vaches parce que c'était pas lui tout simplement. Ça aurait été d'une insincérité terrible. Mais il a reconnu qu'il avait appris à leur contact. Donc ça, ça peut jouer. Après, c'est vrai qu'il y a toute une relation à retisser. Jean Castex était là aussi pour ça. La question que je voulais

42:32
Présentateur

vous poser,

42:32
Invité

qui autour de lui au sein du gouvernement est censé incarner cette France-là ?

42:37
Présentateur

À part Jean Castex, c'est vrai que lorsqu'il est arrivé, on vous a dit que c'est l'homme des territoires.

42:41
Invité

Mais alors, il y a Jean Castex et ça a plutôt pas mal fonctionné parce que finalement, après des débuts un peu hésitants, Jean Castex a assumé sa double nature, c'est-à-dire d'être à la fois un technocrate et à la fois l'ancien maire de Prades, d'un petit village, d'un village en tout cas. Donc ça, ça a fonctionné. Quand il parle d'un village, il y a une sincérité, on croit Jean Castex. Il y a évidemment Sébastien Lecornu qui est aujourd'hui ministre chargé de l'Outre-mer mais qui est aussi chargé des élus. de s'occuper du réseau des élus pour Emmanuel Macron. Il y a eu Jérôme Perra à l'Élysée qui est élu dans la Dordogne, qui a beaucoup travaillé à ça.

Jacqueline Gouraud qui est chargée de la cohésion des territoires. Marc Fénoud dont vous parliez tout à l'heure, un chasseur qui connaît bien les territoires. Il est modem, il a beaucoup arpenté la France puisqu'il était chargé des fédérations modem auparavant. Donc ça commence à dessiner un paysage beaucoup plus rural en tout cas que la première équipe ou en tout cas l'équipe Édouard Philippe même si Édouard Philippe était un maire aussi mais d'une grande ville.

43:41
Présentateur

Et puis il y a Bayrou qui voit comme... Oui, il y a Bayrou qui fait Bayrou. Et n'oubliez pas le Drian. Ah oui. N'oubliez pas le Drian. Le Breton. Le Breton. Les maires en ce moment ils voient beaucoup de monde Christophe Barbier. Il peut défiler tous les candidats. Pourquoi ? Parce que c'est la chasse au parrainage. Alors à ce compte-là tout le monde adore la ruralité. Exactement. Et ça ne se passe pas bien. Moi j'ai été surpris mais bon on n'a pas interrogé les 35 000 maires de ce pays. J'ai été surpris de la véhémence avec laquelle beaucoup de maires ont dit non. M'en parlez pas. En tout cas pas maintenant.

On sent bien qu'il y a une cassure entre cette compétition présidentielle et la violence à la dureté qu'elle a choisie depuis plusieurs mois et des maires qui ne veulent avoir de conflit ni avec leur conseil municipal ni avec leurs administrés. Donc la chasse aux signatures la chasse au parrainage est un rituel. Il est très suivi par les médias parce que pour beaucoup de candidats c'est pas gagné. Zemmour, Le Pen, Mélenchon c'est pas gagné de les avoir et donc ça peut jouer sur le résultat final mais les maires ne veulent pas être pris en otage de cette compétition. D'ailleurs on parle de parrainage c'est faux. Le terme juridique c'est présentation. Donc moi élu d'une ville je présente M.

Dupont Mme Durand à la présidentielle. Ça commence le 30 janvier ça ne commence pas maintenant quand les candidats vous disent j'en ai 200, j'en ai 300 ils n'ont rien du tout pour l'instant. Ils ont des promesses mais ça n'engage personne que ceux qui les écoutent. A partir du 30 janvier le formulaire officiel est disponible c'est terminé quelques semaines plus tard et le 4 mars début mars le 4 mars on aura la liste des candidats officiels et tous les noms des élus seront publiés. C'est un système à réformer il est imparfait mais en ce moment les maires nous envoient un message clair trop de pression pour eux les maires n'ont encarté dans cette affaire-là.

Vous avez cité son nom juste une question qu'est-ce que dit Éric Zemmour sur la chasse ? Il dit oui aux chasses traditionnelles parce qu'en ce moment il dit oui à tout ce qui peut lui rapporter des voix. Je ne suis pas sûr qu'Éric Zemmour je n'ai pas de traces dans ses écrits de passion et d'études précises des pratiques de la chasse mais dans un réflexe de défense de l'identité française profonde il ne peut pas être contre ce qui s'enracine soit dans la révolution soit dans les traditions ancestrales. En tout cas au chapitre des crispations entre les écolos et les ruraux il y a la chasse mais aussi les éoliennes.

C'est devenu un sujet d'extrême tension et en la matière vous allez le voir la concertation le dialogue sont bien difficiles à installer entre les pros et les anti le candidat Jadot s'oppose lui en premier défenseur de cette énergie renouvelable et il est prêt à tout vous allez le voir pour porter ce message. Théomane Val Mélanie Nunes

46:03
Invité

C'est l'une de ses priorités tout en haut de son programme de campagne Yannick Jadot veut construire plus d'éoliennes il grimpe même à leur sommet pour s'en faire le défenseur comme ici en Loire-Atlantique il y a quelques semaines On a même vu des chevreuils juste à côté du haut et toutes ces belles vaches qui pâturent vous voyez les énergies renouvelables au milieu des vaches qui pâturent c'est l'agriculture et l'énergie qu'on veut A écouter le candidat écologiste elles n'ont que des avantages ces éoliennes pour sortir du nucléaire d'ici 20 ans comme il le souhaite Pour la même quantité d'électricité produite que le nucléaire c'est trois fois plus d'emplois et puis c'est notre responsabilité collective parce qu'on a devant nous le mur du dérèglement climatique on a des enjeux géopolitiques majeurs autour du gaz du pétrole de l'uranium franchement si on peut dépendre du vent du soleil plutôt que de Poutine de l'uranium du Niger ou des pétro dictature du Golfe on s'en sortira mieux Ici pas d'habitation des champs tout autour et pas vraiment d'opposition Louis exploite son maïs au pied de ses nouvelles voisines installées il y a maintenant un an Personnellement j'étais favorable et donc on accueille avec plaisir ces systèmes en espérant même qu'elles se développent ça prend pas un terrain extraordinaire il faut un chemin d'accès mais le reste il y a moyen d'exploiter de façon correcte Pour autant implanter la vingtaine d'éoliennes que compte le territoire n'a pas été qu'une formalité pour les élus l'acceptabilité est toujours à construire auprès des habitants Dans un espace où il n'y en a pas du tout l'appréhension en face l'inconnu va susciter un certain nombre de réactions négatives tout n'est pas possible tout est négociable c'est toute la différence le rôle du politique est ici éminent c'est d'ailleurs à peu près la seule chose à laquelle on sert bien c'est d'être capable d'animer la négociation Mais parfois cette négociation tourne au dialogue de sourds A Nancret près de Besançon la mairie soutient l'installation de trois éoliennes dans une zone forestière une partie de la population s'y oppose farouchement malgré les arguments avancés par le maire lors des réunions de concertation énergie verte et retombées financières vitales pour une commune en difficulté Le risque c'est la mise sous tutelle c'est une réalité c'est pas un truc que j'agite pour faire peur Non, non c'est pas du chantage C'est à nous de voter Maintenant est-ce que vous pouvez me garantir ce soir que dans 5 ans dans 10 ans on n'aura pas de cancer on n'aura pas de choses comme ça dues aux éoliennes L'entrepreneur portant le projet est lui aussi pris à partie à la fin de la réunion

49:02
Présentateur

Mais elle est dans ton jardin Tu sais tu vas voir ce qu'on pili puis tu lui demandes où elle habite tu vas en planter chez elle Oui, j'en ai un vois je les vois la machine et puis chez moi Non mais et alors Oui, non mais attends toi t'es jugé parti il y a conflit d'intérêts c'est ton business qu'est-ce que t'en as à faire de aller y voir demain tu plaques des doigts t'es pas né ici que je sache moi je suis né ici j'y suis attaché au territoire et ça tu peux peut-être pas le comprendre

49:24
Invité

Dans la commune voisine le même territoire boisé et cette fois-ci un maire qui a déjà renoncé il y a eu disons par exemple une éolienne par là et une autre derrière vous 4 éoliennes au total devaient sortir de terre ici mais le projet est abandonné pour protéger la faune locale c'est en tout cas la raison officielle ça n'est pas tout à fait la seule Nous avons senti une forme de protestation d'un petit nombre d'un petit groupe organisé et s'appuyant sur des intervenants extérieurs

50:02
Présentateur

il y a peu de projets aujourd'hui qui ne rencontrent pas

50:04
Invité

des oppositions organisées de ce genre

50:08
Présentateur

ça peut mettre en péril

50:10
Invité

oui c'est vrai c'est bien regrettable Outre les recours de la population un tiers des dossiers de nouveaux parcs éoliens ont aussi été retoqués par l'état depuis début 2020 pour non-respect du cahier des charges

50:22
Présentateur

On se faisait la remarque en regardant ce reportage Béatrice Jibien vous me disiez il n'y aurait plus de lignes à haute tension si on devait les construire aujourd'hui C'est évident on a des lignes à haute tension dans des très beaux paysages alors que les éoliennes on essaye quand même de les mettre à des endroits qui ne sont pas parmi les plus remarquables on va dire des très beaux paysages français mais on ne mettrait plus d'abord on ne pourrait plus mettre une centrale nucléaire on ne pourrait plus mettre une ligne à haute tension c'est même parfois faire un tracé d'autoroute regarder sur la ligne TGV Bordeaux-Toulouse voilà c'est devenu aujourd'hui sur un territoire on ne doit toucher à rien et on voit bien toute la difficulté y compris même pour les écolos pour Yannick Jadot défense de la nature des paysages et en même temps venir faire la promotion des éoliennes en fait les plus grosses contradictions sont chez les écolos et moi la plus grosse opposition que je vois aujourd'hui chez les éoliennes elle vient du monde naturaliste pourquoi ?

parce qu'ils se rendent compte aujourd'hui à mesure qu'est-ce que vous appelez le monde naturaliste ?

c'est le monde des gens des associations des scientifiques le monde qui est capable d'étudier les espèces qui est capable de les identifier qui est capable de faire des statistiques à partir desquelles on dit si oui ou non on peut chasser et ils voient maintenant on commence à voir maintenant ça fait même quelques années l'impact des éoliennes sur la biodiversité il y a des éoliennes qui ont été mises n'importe où pour des conditions financières qui ont été mises dans des routes migratoires d'oiseaux il y a même un projet m'a dit Alain Beaugrain-du-Bourg sur l'île d'Oessence qui serait là le casus belli pour tous les ornithologues parce que c'est sur une route migratoire d'oiseaux donc aujourd'hui la principale opposition vient simplement des écolos des naturalistes et notamment du monde de la recherche qui dit qui ne le dira jamais sur un plateau mais en tout cas moi qui me le dit nous on préfère des bonnes vieilles centrales à gaz ou nucléaire pourquoi ?

les centrales nucléaires c'est 49 sites point final il y a 49 endroits où on embête la biodiversité les éoliennes si on les multiplie c'est des milliers de sites sur lesquels on constatera un effet sur les oiseaux et les chauves-souris même si on ne rasera pas gratis il faut des éoliennes oui mais on a oublié parce qu'on réfléchit en silo qu'on a réfléchi aux éoliennes d'un point de vue financier d'un point de vue énergie mais on a oublié de réfléchir d'un point de vue intégration paysagère environnementale et avec Christophe Barbier c'est deux frances je ne sais pas si c'est deux frances mais en tout cas c'est deux visions qui s'affrontent comme on le voyait dans ce reportage de Théo Manval avec ce monsieur qui disait à l'autre moi je suis né ici va demander à Barbara Pompilly en gros toi l'écolo qui vient nous faire la leçon tu n'es pas d'ici tu n'es pas d'ici et tu sais mieux que nous l'avenir pour notre ruralité l'avenir ça serait les éoliennes l'avenir ça serait d'accueillir des urbains qui télétravaillent et là évidemment il y a un conflit presque de civilisation il y a un conflit de conception de la vie dans son territoire on voit des études sociologiques se faire assez intéressantes entre les nomades et les sédentaires entre les enracinés qui se définissent d'abord par l'endroit où ils sont où ils sont nés et puis ceux qui se définissent au contraire par tous les endroits qu'ils ont visités tout ce qu'ils ont parcouru pendant leur carrière pendant leur voyage et ça c'est deux modèles de vie tous les deux respectables mais assez antagonistes et ils se rencontrent en effet quand le résident secondaire aimerait bien avoir une éolienne parce qu'il est écolo il est pour et puis que celui qui est à côté et qui est chasseur ne veut pas d'éoliennes là on a tous les conflits possibles après il faut poser les problèmes sérieusement parce qu'il n'y a pas que les individus il y a l'intérêt général d'une nation l'intérêt général d'une nation dans le monde dans lequel nous vivons c'est d'être indépendant en termes d'énergie pour ne pas dépendre du gaz russe du pétrole du Moyen-Orient ça ça ne leur parle pas à ceux qu'on a entendu c'est le rôle du politique de leur dire attention il n'y a pas que vous avec votre paysage votre vie c'est respectable c'est audible il y a aussi l'intérêt général et quand on a décidé il y a longtemps d'implanter des centrales nucléaires mais encore plus longtemps dans mes vallées de Haute-Savoie des barrages des barrages qui noyaient des villages des barrages qui causaient des troubles et bien on l'a fait au nom de l'intérêt général et pas au nom des intérêts particuliers sinon on aurait il n'y avait pas l'idée de la concertation de la démocratie participative à l'époque la République à cette époque là elle décidait et elle imposait c'est fini donc il faut trouver le juste milieu entre l'écoute de ceux qui vont subir et qu'il faut prendre en compte et puis l'intérêt général et comme au milieu il y a des voies de recours du encombrement judiciaire on a l'impression et Notre-Dame-des-Landes de ce côté là a été un dossier emblématique que la force de la politique on vote des projets on les fait voter les instances judiciaires avec les recours les confirme on fait même un référendum tiens et c'est voté et bien non parce que les activistes minoritaires peu nombreux sont plus forts parce qu'on ne veut pas les dégager par la force on n'est plus dans ce monde là Soazie Kemener c'est vrai que les éoliennes c'est devenu alors on parlait de la chasse en début d'émission mais les éoliennes ça a émergé pendant cette campagne là pour le coup des régionales et je pense qu'on va encore en parler pendant et on avait déjà commencé à en parler pendant cette campagne présidentielle avec un sujet on l'a bien compris qui heurte aussi

55:00
Invité

les ruraux c'est vrai qu'au début quand on a commencé à entendre les premiers opposants aux éoliennes c'était une petite musique et puis tout d'un coup des présidents de région s'en sont emparés parce qu'ils sentaient qu'il y avait des agacements nuisances sonores nuisances visuelles pas assez de concertation en tout cas sur certains projets et donc c'est Xavier Bertrand qui a commencé à mener la guerre contre les éoliennes il ne veut plus entendre parler d'éoliennes dans sa région et Emmanuel Macron d'ailleurs a fini par l'entendre puisqu'il a eu une petite phrase en expliquant qu'il fallait limiter les atteintes paysagères et là encore aujourd'hui il en reparle devant les maires en disant leur rappelant qu'à partir de février un avis du maire sera demandé pour la prise de décision avant les implantations d'éoliennes alors les maires étaient déjà les maires étaient déjà présents mais ça dépendait des formes de projet en tout cas là le maire va avoir son mot à dire c'est en tout cas ce qu'a répété Emmanuel Macron là tout à l'heure donc façon de dire qu'il a conscience que c'est maintenant un sujet très politique et qu'on n'y arrivera qu'avec du consensus mais ça va être très très dur maintenant d'implanter de nouvelles éoliennes maintenant que ce débat est devenu très politique éminemment politique et ça va revenir évidemment à plusieurs reprises dans la campagne Marine Le Pen a notamment demandé un moratoire sur la construction d'éoliennes en France et Jean-Luc Mélenchon ?

je vais vous dire il est pro-éolienne mais avec concertation et nous revenons maintenant à vos questions

56:18
Présentateur

peut-on dire que les pro-chasse sont de droite et les anti-chasse sont de gauche ou bien est-ce plus compliqué que ça ? Béatrice Gimlin non on ne peut pas dire quelque chose comme ça et d'abord on n'a jamais un groupe d'un million de cent mille et qui peut-être plus avec tous ceux qui ont été chasseurs et qui ne sont plus qui pensent forcément la même chose et ils sont tous dans des situations économiques, sociales, culturelles différentes et ils vont donc avoir des comportements politiques d'électeurs qui vont être...

On ne peut même pas dire qu'ils sont un peu plus à droite qu'à gauche dans leur manière de voter ils sont peut-être un peu plus à droite peut-être quand on fait quand on regarde les sondages que vous avez montrés tout à l'heure quand on fait le total oui d'une certaine façon mais vous savez c'est toujours un peu dangereux d'associer les gens dans un même ensemble de faire un ensemble homogène et de dire voilà comme un seul homme ils sont à droite je crois qu'il faut qu'on essaye Et vous nous avez très bien expliqué les uns et les autres ce soir que tous les candidats en fait les ménagent donc ils trouvent sans doute une oreille attentive auprès des chasseurs parce qu'ils représentent des situations

57:23
Invité

très très différentes les uns et les autres Vas-y Camilla vous voulez dire Oui pourquoi on dit souvent qu'ils sont à droite parce que le parti Chasse Nature Pêche et Tradition ils avaient un candidat en 2002 un candidat en 2007 4,23% des voix en 2002 1,15% en 2007 mais en 2012 ils ont soutenu Nicolas Sarkozy et en 2017 François Fillon c'est pour ça mais c'est le parti c'est pas les chasseurs Julien

57:44
Présentateur

dans l'héros pourquoi le lobby des chasseurs est-il si puissant Christophe Barbier ? Parce qu'il a tous ses relais politiques parce qu'il regroupe beaucoup de votes et pas parce qu'il est capable de mobiliser ses adhérents il y a des tas de gens qui sont membres d'association mais ils ne se pendraient pas leur voiture le week-end pour aller manifester au centre-ville les chasseurs ils peuvent le faire alors Willy Schren se vante d'avoir empêché 500 000 chasseurs d'aller rejoindre les ronds-points lors du moment des gilets jaunes pour transformer ça en véritable force ils n'y étaient pas ?

il y en avait une partie il devait y avoir beaucoup de gilets jaunes chasseurs mais tous les chasseurs n'étaient pas sur les ronds-points des gilets jaunes je pense qu'ils se vantent un peu et je ne suis pas sûr qu'une mobilisation aussi virulente aurait été possible mais c'est vrai que ce sont des gens qui sont prêts à prendre non pas leur fusil mais leur chaussure pour aller protester et défendre leur passion Frédéric Donnet vous voulez ajuster quelque chose sur le lobby des chasseurs ?

Oui c'est un lobby qui existe aussi parce que le pouvoir lui donne l'occasion d'en être un parce que le pouvoir lui donne l'occasion d'être un pouvoir d'être un contre-pouvoir encore une fois finalement le lobby agricole il est souvent moins fort que lui en région dans les départements et puis le lobby des autres usagers de la nature n'existe pas donc l'État préfère l'État aime bien enfin le jeu politique c'est ça avoir des rapports de force tranchés, simples avec des pouvoirs incarnés lui il incarne un pouvoir Marie-Noël dans les Côtes d'Armor les gens qui sont contre la chasse sont-ils aussi sont aussi des électeurs

59:01
Invité

non ?

Oui c'est vrai Oui ils sont des électeurs mais pas avec ce pouvoir d'organisation qui était décrit tout à l'heure c'est à dire qu'on va voir et ça va être très intéressant de voir ça dans cette campagne est-ce que le parti animaliste va prouver la même force que les chasseurs qui n'ont pas aujourd'hui c'est le mouvement de la ruralité ça a été dit tout à l'heure ils vont auditionner dans un reportage ils vont auditionner les candidats à la fin du mois de mars mais est-ce que finalement on ne va pas avoir l'affrontement entre deux forces qui sont en train de se lever à la fois une force plus ancienne celle des chasseurs et puis le bien-être animal qui est en train c'est une rupture anthropologique c'est en train de devenir un sujet éminemment important dont on s'est emparé au gouvernement parce que quand on regarde et c'est Jérôme Fourquet qui écrit ça très bien dans son livre L'archipel français il explique qu'en très peu d'années le bien-être animal a explosé et que finalement les seules personnes qui ont une conception à l'ancienne du rapport entre l'homme et l'animal c'est les gens qui ont plus de 65 ans aujourd'hui sinon tout le reste de la population considère maintenant qu'il faut des nouveaux droits ou en tout cas une nouvelle manière de considérer le rapport à l'animal Une question d'Albert

1:00:01
Présentateur

à Haute-Garonne Pour la meilleure satisfaction possible des promeneurs et des chasseurs faut-il ouvrir la chasse en semaine uniquement ? Ça s'ébattra en tout cas D'abord ça existe déjà dans d'autres pays européens il y a des jours on a le droit de chasser et des jours en Angleterre depuis 1831 on n'a plus le droit de chasser le dimanche en Angleterre donc voilà C'est un pays de chasse ?

Oui mais pas du tout comme nous parce que c'est resté quand même une chasse assez aristocratique et une chasse aisée si vous voulez c'est vraiment particulier le rapport qu'on a à la chasse et je crois qu'il ne faut pas l'oublier du tout et donc oui on va aller enfin moi il me semble qu'on ira à plus ou moins long terme sur une régulation des jours où on aura le droit de chasser et j'espère peut-être un permis de chasse qui sera plus exigeant avant d'être obtenu pas délivré à vie oui pas délivré à vie non avec des contrôles plus réguliers Christophe Marvé l'avenir c'est le partage du temps et le partage du territoire partage du temps pour l'usage de la nature entre les promeneurs et les chasseurs et partage du territoire on l'a déjà fait avec les réserves naturelles ça se connaît très bien partage du territoire pour que la chasse devienne très utile éventuellement dans son fonction de prélèvement dans les endroits où il le faut je pense au gros gibier qui ravale les cultures je pense à la Haute-Savoie où la prolifération des chamois il y a quelques décennies avait entraîné des maladies donc les chamois devenaient aveugles ils tombaient dans les précipices autoriser la chasse permettre de tuer quelques individus ont permis de sauver beaucoup de chamois est-il exact que 90% des victimes des accidents de chasse sont des chasseurs ?

je ne sais pas si c'est 90% c'est beaucoup c'est pour ça qu'ils sont habillés en fluo voilà c'est récent c'est récent fluo et les cannes de brume en lisière de forêt par exemple avant ça n'existait pas c'est pour ça qu'avant il y avait plus d'accidents il y a une vingtaine de morts par an moyenne depuis 20 ans là on n'en est pas à beaucoup mais effectivement la plupart des tués à la chasse sont des chasseurs et ce n'est pas seulement parce qu'ils sont tués par quelqu'un d'autre c'est aussi leur propre fusil c'est souvent des accidents c'est des accidents notamment quand il n'y passe une clôture comme on chasse de plus en plus le gros gibier il y a beaucoup plus de balles alors qu'avant il y avait du plomb la majorité donc voilà Bernard dans les Landes les Landes c'est une terre de chasse qui nous dit les chasseurs se mobilisent et participent à l'aménagement des zones forestières non ?

oui c'est vrai c'est vrai c'est ce qu'on disait tout à l'heure ce sont en fait des gens qui connaissent très bien la nature parce qu'il a parcours en long, en large par tous les temps mais ils ne sont pas les seuls et ils sont très observateurs parce que ce qu'ils cherchent c'est le gibier donc où ils se cachent où ils vanidifient comment les choses se passent donc oui ce sont effectivement de bons connaisseurs Frédéric Doris disait que ce ne sont pas les seuls ils sont moins entendus les autres mais c'est les seuls qui sont tout le temps sur le terrain c'est ça la différence donc ils connaissent le moindre bosquet Stéphane en Loire-Atlantique les écologistes urbains ont-ils les connaissances nécessaires pour donner des leçons aux chasseurs ruraux ?

non qu'est-ce que l'on en parle les connaissances ils ont les connaissances sur la perte de biodiversité sur la réfraction des espèces sur la souffrance animale qui est à prendre en compte non seulement la connaissance médicale mais aussi l'impact dans la population en revanche ils n'ont pas forcément cette pratique et cet historique de la pratique que peuvent avoir les chasseurs une question de Luc à La Réunion pourquoi les écologistes ne veulent-ils pas que l'on chasse ?

1:03:15
Invité

c'est pas qu'ils veulent pas enfin ils veulent pas ils veulent réguler la chasse pour qu'on chasse moins ils veulent aussi qu'on ne chasse plus qu'on ne chasse plus des espèces menacées ce qui est encore le cas en France c'est pas le cas dans d'autres pays donc ils veulent qu'on aboutisse à une discussion plus apaisée avec la nature la chasse c'est une exception française

1:03:35
Présentateur

de plus peut-être en tout cas cette émission sera rediffusée ce soir à 23h45 demain vous retrouvez Axel de Tarlay pour un nouveau C'est dans l'air je vous rappelle que vous pouvez retrouver C'est dans l'air quand vous le souhaitez en podcast

1:03:44
Invité

et maintenant c'est l'heure de C'est à vous bonsoir Anne-Elisabeth Lemoyne au menu ce soir bonsoir Caroline on revient ce soir sur une image qui a fait s'étrangler la droite républicaine quand Emmanuel Macron a posé sa main sur le genou Nicolas Sarkozy un geste d'une intimité inouïe qui en dit long sur la complicité des deux présidents une complicité qui va finir par virer à la compétition voilà ce que raconte un livre-enquête passionnant intitulé Chérie, j'ai rétréci la droite on en parle avec ces deux auteurs allez belle soirée sur France 5 Sous-titrage Société Radio-Canada