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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 5 septembre 2022 24 min

Yaël Braun-Pivet sur l'Assemblée : "Plus personne ne peut dire que ses idées ne sont pas représentées"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7930 la présidente de l'Assemblée Nationale, députée Renaissance des Yvelines. Vos questions, chers auditeurs, au standard 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Yael Brown-Pivet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à notre micro. Vous avez succédé à Richard Ferrand au perchoir fin juin. Après son échec aux législatives, vous êtes le quatrième personnage de l'État et la première femme à occuper ce poste. Vous présidez une Assemblée Nationale exceptionnellement divisée avec un parti présidentiel qui n'a pas de majorité absolue. Les séances parlementaires reprendront en octobre.

Pour la première fois depuis 20 ans, vous n'avez pas convoqué de session extraordinaire du Parlement. Mais considérant les enjeux climatiques, énergétiques, économiques immenses de cette rentrée, n'est-ce tout de même pas un problème que le Parlement ne siège pas jusqu'en octobre ?

0:56
Yaël Braun-Pivet

Le Parlement siège et il siège en ce moment même. Le Parlement, ce n'est pas que la séance publique dans l'hémicycle. Le Parlement, c'est un travail sur le terrain. Et nous étions tous sur le terrain ce week-end dans ces fameux salons des associations, dans nos circonscriptions. Le Parlement, ce sont des commissions qui font des auditions. Et la commission des affaires économiques va entamer dans 10 jours un cycle d'audition sur la question énergétique. Le Parlement, ce sont des missions d'information, ce sont des parlementaires qui sont au travail. J'ai pour habitude de dire, l'hémicycle c'est la partie émergée de l'iceberg au Parlement.

Il faut imaginer que tout le travail parlementaire, c'est un travail également qui s'effectue en amont et en aval. Et donc, le Parlement, je peux vous assurer, est au travail dès à présent.

1:48
Invité

Certes, il y a le borne-pivet, mais tout de même, on peut s'interroger avec cette rentrée particulière si difficile, si tourmentée, avec cette crise énergétique qui est une des plus graves qu'on ait jamais connue, s'il ne fallait pas, comme toutes les années précédentes. Ça fait 20 ans que vous... Tous les ans, il y a une session extraordinaire en septembre. Et là, vous ne la convoquez pas. Marine Le Pen exige une session extraordinaire du Parlement avec un débat suivi d'un vote sur la crise énergétique. Et elle conteste le fait que le président de la République, elle dit, contourne le Parlement pour gérer seule cette crise avec un conseil de défense énergétique.

Vous lui répondez quoi à cette question ?

2:21
Yaël Braun-Pivet

Alors, il faut rappeler nos règles constitutionnelles. Déjà, ce n'est pas la présidente de l'Assemblée nationale qui convoque une session extraordinaire. C'est le président de la République. À nouveau, le Parlement n'a pas besoin d'être en session, qu'elle soit ordinaire ou extraordinaire, pour être au travail. Nous avons voté des mesures sur la crise énergétique pendant tout l'été. Le mois de juillet et début août, nous étions en session. Et le gouvernement est au travail sur les questions énergétiques. Donc moi, ce que je réponds, c'est de dire, nous avons pris conscience, et la mesure du problème lié à la crise énergétique. Nous sommes à la tâche.

Et ce n'est pas parce que nous ne sommes pas dans l'hémicycle que nous ne travaillons pas.

3:06
Présentateur

Bon, avant l'été, en tout cas, l'Assemblée nationale a siégé pendant plusieurs semaines l'occasion de faire passer le projet de loi sur le pouvoir d'achat. On a vu des débats très vifs, des invectifs, des noms d'oiseaux, mais aussi des moments où le Parlement semblait ne plus être cette belle endormie, comme pendant des décennies, quand les gouvernements avaient des majorités absolues, faisaient passer leur texte avec des députés qui suivaient la ligne. Comment trouvez-vous cette nouvelle Assemblée ? Est-ce que vous la trouvez frondeuse, confuse, caricaturale, ou au contraire vivante, vibrante, en un mot, politique ?

3:39
Yaël Braun-Pivet

Vivante et vibrante, j'aime bien les termes que vous avez choisis. C'est une Assemblée qui ressemble à la France, qui ressemble aux Français, qui représente l'ensemble du spectre politique, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite. Et je crois que, grâce à leur vote, les Français ont une Assemblée qui les représente et qui les représente tous. Aujourd'hui, plus personne sur notre territoire ne peut dire « Je ne suis pas représentée à l'Assemblée nationale, mes idées politiques ne sont pas représentées ». Alors, c'est vrai que cela donne une Assemblée qui est vive, qui débat, qui a des controverses, mais elles existent dans la société française.

Et l'Assemblée nationale est là pour être à l'image de cette société française. Donc, moi, je trouve qu'elle est...

4:28
Invité

Au fond, vous trouvez ça plus difficile, mais plus intéressant ? C'est ça, qu'elle soit divisée ?

4:32
Yaël Braun-Pivet

Alors, ça n'est pas forcément plus difficile. Je trouve qu'elle est, étant à l'image de la France, elle pourra, à mon sens, mieux œuvrer dans l'intérêt des Français.

4:45
Invité

Mais alors, justement, c'est au moment où ce Parlement, où cette Assemblée nationale devient ou redevient, ce qu'elle n'a pas été depuis longtemps, c'est-à-dire l'épicentre de la vie politique, où elle retrouve des couleurs vivantes, vibrantes, disiez-vous. Et c'est à ce moment-là que le Président lance le Conseil national de la refondation. C'est ce jeudi qu'il va le lancer, Emmanuel Macron. Diriez-vous, comme votre homologue du Sénat, Gérard Larcher, que ce CNR présente un risque de contournement du Parlement, c'est-à-dire de la représentation nationale ?

5:12
Yaël Braun-Pivet

Il faut être très vigilant. Il faut être très vigilant parce qu'effectivement, le Parlement est un lieu de débat, un lieu de débat démocratique, où l'ensemble de ceux qui débattent ont été élus. Donc, ils ont une légitimité pour représenter les Français et pour voter la loi et contrôler l'action du gouvernement. Et ils font cela dans le cadre constitutionnel et dans ce qu'on appelle le domaine de la loi. Donc, il y a un certain nombre de domaines qui sont l'exclusif du domaine de la loi et donc du Parlement. Néanmoins, les politiques publiques, ça n'est pas que faire la loi.

Une politique publique, c'est également, par exemple, quand on parle de violences faites aux femmes, c'est créer des places d'hébergement, c'est former les policiers pour accueillir les femmes dans les commissariats, etc. C'est beaucoup plus large que la loi. Et donc, que sur certains domaines précis, qui ne sont pas nécessairement du domaine de la loi, l'on crée des instances de dialogue ou des partis qui ne sont pas des parlementaires, puissent échanger, élaborer des solutions, je trouve ça très bien. Mais il n'empêche...

6:18
Invité

On ne vous sent pas surexcité. On écoute la réponse tout à fait diplomatique, mais on ne vous sent pas surexcité par l'existence. Il faut être vigilant, ce n'est pas une manière d'accueillir la chose.

6:29
Yaël Braun-Pivet

C'est génial, ce SNR. Non, mais moi, je suis une femme de dialogue. Moi, j'ai construit ma vie politique sur le dialogue avec tous. Majorité, opposition, avec les citoyens, avec les corps constitués. Donc, je me réjouis qu'il y ait une nouvelle instance de dialogue. Néanmoins, à la place qui est la mienne aujourd'hui, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, je serai, je suis extrêmement vigilante sur les principes qui fondent notre République, la séparation des pouvoirs et le rôle du Parlement.

6:59
Présentateur

Et elle, Brune-Pivet, Jean-Luc Mélenchon, en tout cas, a annoncé la couleur fin août aux universités d'été de la France insoumise, en promettant la bataille générale face au gouvernement et en estimant qu'un compte à rebours de la dissolution de l'Assemblée nationale était désormais enclenché. Comment avez-vous reçu ces mots ?

7:17
Yaël Braun-Pivet

J'avoue que je ne les comprends pas. Je ne les comprends pas et je trouve que c'est un petit peu méprisant vis-à-vis des Français. Les Français viennent de voter à quatre reprises, pour l'élection présidentielle, puis pour l'élection législative. Et il faut, c'est la moindre des choses dans une démocratie, reconnaître le vote qu'ils ont effectué. Et c'est la raison pour laquelle, moi, je me réjouis de cette Assemblée qui est très diverse. Et il ne faut pas considérer que ce vote est une erreur ou qu'ils se sont fourvoyés.

Les Français, j'en suis convaincue, ont voté pour cette Assemblée, pour une Assemblée qui les représente tous et pour une Assemblée dans laquelle personne n'a la majorité absolue.

8:03
Invité

Vous pensez que c'est ce que voulaient les Français ? C'est le message qu'ils voulaient envoyer à votre camp aussi,

8:06
Yaël Braun-Pivet

de dire qu'on ne veut pas vous donner tous les pouvoirs. Oui, moi je suis convaincue qu'ils voulaient nous contraindre à plus de dialogue, à plus de concertation, et que nous, en tant qu'élus, nous sommes comptables de cela. C'est notre devoir. Vous savez, quand vous exercez un mandat, c'est un mandat la politique, ça n'est pas une profession, ça n'est pas un métier, c'est un mandat. Un mandat, c'est faire quelque chose pour quelqu'un. Vous n'exercez pas la politique pour vous-même.

8:36
Invité

Dans un esprit, dites-vous, de concertation et de dialogue, c'est de ça qui est intéressant, c'est de rentrer avec cette Assemblée-là. Elisabeth Borne nous le disait à ce micro la semaine dernière, elle ne place pas forcément la France insoumise dans l'arc républicain, et estime que les insoumis ne font pas partie des forces politiques avec lesquelles on peut travailler. Vous, vous travaillez avec la France insoumise, vous pensez qu'on peut travailler avec la France insoumise ?

8:57
Yaël Braun-Pivet

Pour reprendre les mots d'Elisabeth Borne ? Moi, en tant que présidente de l'Assemblée nationale, je travaille avec tous les députés qui ont été légitimement élus par les Français, que ce soit les députés de la France insoumise, les députés du groupe communiste, ou les députés du Rassemblement national.

9:13
Invité

Donc ils font tous partie de l'arc républicain, parce qu'ils ont tous été...

9:16
Yaël Braun-Pivet

J'ai à mes côtés des vice-présidents RN, et j'ai à mes côtés une vice-présidente France insoumise. Notre jeu institutionnel veut, exige, et j'en suis la garante, que chacun ait sa juste place à l'Assemblée nationale. Donc vous travaillez avec tout le monde,

9:33
Invité

et tout le monde fait partie de l'arc républicain.

9:35
Yaël Braun-Pivet

Moi, je ne définis pas la place de chacun, je travaille avec tout le monde.

9:41
Présentateur

Dans ce contexte, le vote du budget qui arrive dans quelques semaines s'annonce ardu pour faire passer le budget, alors que les LR annoncent qu'ils n'apporteront pas leur soutien. Y a-t-il d'autres choix que de passer par le fameux 49-3,

9:54
Yaël Braun-Pivet

Aujourd'hui, il y a d'abord le choix qui est celui du gouvernement, auquel nous l'avions invité au Parlement dès cet été, d'avoir un dialogue et une concertation en amont de la préparation des textes, et c'est ce qu'a initié le ministre du budget, Gabriel Attal. Un certain nombre de parlementaires vont rentrer dans ce dialogue, j'ai pu constater que le président de la commission des finances l'acceptait, que sa vice-présidente l'acceptait, c'est important d'avoir cette première phase de concertation.

Après, nous verrons comment se passe et cette concertation et le débat dans l'hémicycle, mais autant, comme je le disais, je ne fais pas le tri entre les députés, je ne fais pas le tri dans les articles de la Constitution, entre les bons et les mauvais articles. Le 49.3 est un bon article et ce n'est pas un aveu d'échec pour un gouvernement de ne pas avoir réussi à convaincre ce que vous dites ? Moi, je crois surtout qu'il faut essayer de convaincre, qu'il faut essayer de construire le consensus jusqu'au bout. Mais ce n'est pas un drame, c'est ça ? Mais qu'après, ce n'est pas un drame s'il y a une utilisation d'un outil qui fait partie de la Constitution depuis son origine.

10:54
Présentateur

On va passer au standard, donner la parole aux auditeurs de France Inter. Jean-Pierre, pour commencer. Bonjour Jean-Pierre, bienvenue. Oui, bonjour. On vous écoute.

11:04
Auditeur

Voilà, je vous appelle d'un petit village du Cher. Moi, j'ai une question à poser à madame, concernant la représentativité des citoyens français à l'Assemblée nationale. Bon, j'écoute qu'on nous dit qu'on est bien représentés de l'extrême gauche à l'extrême droite. Simplement, moi, la question que je me pose, quand on voit le nombre de gens qui s'abstiennent pour les élections, bon, là, on parle de l'Assemblée nationale, et je pense que c'est de la part de beaucoup de gens un geste fort, et non pas du tout, qui ne s'intéressent pas à la politique, est-ce qu'on peut vraiment dire aujourd'hui que les Français sont représentés à l'Assemblée nationale ?

11:37
Présentateur

Merci Jean-Pierre pour cette question. Yael Broun-Pivet vous répond.

11:40
Yaël Braun-Pivet

Bonjour Jean-Pierre. Effectivement, ne sont pas représentés à l'Assemblée nationale les abstentionnistes, ceux qui ne vont pas aux urnes. Et c'est vrai que c'est un échec collectif de la part de la classe politique, depuis des dizaines d'années, de n'avoir pas réussi à les ramener aux urnes. Moi, je suis convaincue qu'une Assemblée nationale qui débat, qui débattrait de façon apaisée et constructive, et qui produirait des choses utiles pour les Français, permettrait de ramener un certain nombre d'entre eux aux urnes. En tout cas, je ne désespère pas, et je crois au contraire que j'y mettrai toutes mes forces, pour essayer de retrouver la confiance. Et là, vraiment, comment dire...

Moi, je suis convaincue que le jour où les Français auront le sentiment que nous leur servons à quelque chose, ils reviendront aux urnes.

12:38
Présentateur

Alors, une question précisément de Stéphane, sur le fonctionnement de l'Assemblée. Bonjour et bienvenue. Vous êtes à Avignon, je crois.

12:47
Auditeur

Tout à fait.

12:47
Présentateur

On vous écoute.

12:48
Auditeur

Bonjour, je voudrais demander donc à votre invité, j'explique avant que je suis un petit peu régulièrement les débats, et je suis assez effaré par le taux d'absence des parlementaires, que ce soit au Sénat ou à l'Assemblée nationale, mais aujourd'hui parlons de l'Assemblée. Je voulais savoir s'il était envisageable de fixer une obligation, au moins partielle, avec une proportion, d'assister au débat. Il pouvait y avoir des retenues sur les indemnités de mandat pour les parlementaires qui n'assisteraient pas, parce qu'on voit que certains prennent leur rôle très à cœur, et d'autres pas du tout.

13:32
Présentateur

Merci Stéphane pour cette question. La présidente de l'Assemblée nationale vous répond. Yael Brunpivet.

13:37
Yaël Braun-Pivet

Oui Stéphane, comme je le disais tout à l'heure, l'hémicycle, c'est la partie émergée de l'iceberg, donc ce n'est pas parce que les députés ne sont pas dans l'hémicycle qu'ils ne sont pas en train de travailler dans l'exercice de leur mandat. Pour autant, il existe d'ores et déjà des suspensions d'indemnités parlementaires et des obligations de présence, et il s'agit de la présence en commission le mercredi matin, qui est obligatoire, et lorsqu'un député a été à plusieurs reprises absent durant le mois le mercredi matin en commission, nous pouvons, moi en tant que président de l'Assemblée nationale, lui le priver d'une partie de son indemnité parlementaire.

14:17
Invité

Yael Brunpivet, après les questions institutionnelles, les questions de fond, de politique d'actualité, la question des super-profits qui sera abordée dans le cadre du budget, de l'examen du budget 2023 qui arrive à l'automne. Savez-vous ce que c'est un super-profit ? Parce que Bruno Le Maire a déclaré la semaine dernière un super-profit, je ne sais pas ce que c'est. Est-ce que vous, vous savez ce que c'est ?

14:38
Yaël Braun-Pivet

J'observe que dans la situation actuelle, on a un certain nombre d'entreprises qui ont vu leurs bénéfices grimper de façon exponentielle sans que cela corresponde à des investissements ou à des prises de risques majeures, mais c'est simplement l'effet de la conjoncture. L'effet de cette même conjoncture, c'est des difficultés pour les Français pour subvenir à leurs besoins primaires et c'est des gros investissements de la part de l'État pour justement contenir les prix et soutenir ces Français les plus démunis. Moi, il me semble que dans ce contexte, on peut s'interroger sur l'équité et est-ce que cette situation est bien équitable et juste.

On voit qu'un certain nombre de pays autour de nous prend des dispositifs de taxation. L'Allemagne ce matin,

15:35
Invité

on l'apprend ce matin, pourrait mettre à contribution les super profits de certaines entreprises énergétiques par le biais d'une contribution obligatoire qui ne serait pas forcément une taxe, mais une contribution obligatoire à un moment T et de manière provisoire. Est-ce que ça vous semble une bonne idée ? La question est simple.

15:48
Yaël Braun-Pivet

La question est simple et la réponse l'est tout autant. C'est que je pense qu'il faut que l'on regarde comment rétablir plus d'équité et de justice. Et donc, à l'Assemblée nationale, nous avons lancé une mission d'information qui va commencer ses travaux, je crois, aujourd'hui ou demain, sur juste rassemblant opposition et majorité pour savoir comment nous traitons cette question. Je pense que cette question doit être traitée. Nous ne pouvons pas ne rien faire et laisser cette situation perturée.

16:14
Invité

Donc, vous êtes favorable à...

16:15
Yaël Braun-Pivet

Donc, pas nécessairement à ce que ce soit sous forme d'une taxation, mais je pense qu'il faut qu'on trouve un dispositif... Une contribution exceptionnelle. Pour... Alors, contribution exceptionnelle, alimentation d'un fonds, je ne sais quoi. Et c'est le Parlement qui va pouvoir travailler sur cette question. Mais en tout cas, nous ne pouvons pas laisser la situation en l'état.

16:34
Présentateur

On a Gilles au Standard qui nous appelle de Bretagne. Bonjour, bienvenue Gilles. Oui, Gilles. D'abord, une remarque aux journalistes. Je n'accepte pas d'être appelé à... d'appeler à 8h, d'être appelé à 8h30 et à s'entendre dire à 8h45. On n'a pas le temps de passer ma question. Le message est reçu 5 sur 5, Gilles. Alors, c'est pour ça qu'on vous donne la parole à 8h39 ce matin. Oui, c'est pour la première radio de France et des méthodes de... Mille excuses. Mille excuses. Nous vous donnons la parole, Gilles. Oui, donc... D'ici 2027, je pense que... Donc, on sait qu'Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter. Donc, le parti Renaissance, je ne vois pas se partir en grand...

en grand parti du gouvernement et je le vois disparaître progressivement comme le Parti Socialiste. Est-ce que vous serez toujours fidèle à Renaissance après 2027 ? Merci infiniment, Gilles, pour votre intervention. Yael Brunpivet vous répond.

17:27
Yaël Braun-Pivet

Bonjour, Gilles. Je vous trouve un peu pessimiste. Nous sommes juste en train de créer le parti Renaissance et vous annoncez d'ores et déjà cette disparition. Moi, je suis optimiste par nature, convaincue que lorsque nous voulons être dans l'action, nous pouvons y arriver et nous sommes en train de créer un parti central avec beaucoup d'énergie, beaucoup d'idées, beaucoup de valeurs et moi, j'y crois.

17:52
Invité

Ce que vous disiez aussi de La République En Marche, on a vu sa destinée.

17:56
Yaël Braun-Pivet

Écoutez, moi, je crois vraiment... Vous savez, moi, je ne faisais pas de politique il y a cinq ans et si je suis rentrée en politique, c'est parce que j'étais convaincue que nous pouvons... que nous avons un rôle à jouer et que le dépassement des clivages, la façon de voir les choses peut-être de façon plus pragmatique et posée, c'est une façon de faire de la politique aujourd'hui. En tout cas, moi, j'y crois encore.

18:19
Invité

Pendant la campagne présidentielle et législative, le candidat Emmanuel Macron, mais aussi la plupart des leaders de votre formation, ont défendu sur tous les micros avec beaucoup de vigueur deux sujets dont il parlait comme une priorité, comme une urgence. La réforme des retraites et l'inscription de l'IVG dans la Constitution. Sur la réforme des retraites, d'abord, à l'issue du séminaire gouvernemental vendredi dernier, Elisabeth Borne a formulé 70 priorités de l'exécutif avec un calendrier de réforme très précis qu'elle a donné. Aucune date. Pour le début de la concertation sur la réforme des retraites, elle s'est contentée de dire qu'elle n'était pas abandonnée.

Ce n'est plus une urgence, la réforme des retraites ? Je pense que c'est toujours

18:52
Yaël Braun-Pivet

une priorité. C'est une priorité pour tout le monde puisque nous devons financer notre régime et nous devons financer de nouveaux droits. Pour autant, il faut impérativement que cette réforme se fasse de façon très concertée et donc le gouvernement lancera, quand il le jugera utile, cette concertation avec les partenaires sociaux et avec les citoyens. on voit bien, moi je me souviens de cette campagne législative et présidentielle, le sujet des retraites était le sujet dont les citoyens nous parlaient sur les marchés. C'est un sujet qui nous concerne tous.

19:27
Invité

En général, quand on fait une réforme aussi difficile, on la fait très vite dans les 100 jours après. On n'attend pas le milieu du mandat.

19:35
Yaël Braun-Pivet

Il faut la concerter et donc une réforme faite dans les 100 jours est par définition une réforme qui n'est pas concertée.

19:40
Invité

Mais quand est-ce qu'on lance la concertation ?

19:42
Yaël Braun-Pivet

Vous poserez la question aux ministres en charge de cette réforme. Ça ne vous démange pas de la poser vous-même ? Écoutez, vous savez, chacun a sa place. Moi, j'ai suffisamment à faire à l'Assemblée nationale.

19:53
Présentateur

Quant à l'IVG, deux textes ont été déposés à l'Assemblée nationale, un par les députés Renaissance, un par les Insoumis, donc pour inscrire le droit à l'IVG dans la Constitution. Est-ce que ces textes, selon vous, doivent être examinés rapidement, inscrits à l'ordre du jour dès la rentrée parlementaire ou là non plus ? Ça n'est pas une urgence.

20:10
Yaël Braun-Pivet

Alors, ils pourront être inscrits lors de ce qu'on appelle des journées réservées. Et donc, c'est au groupe Renaissance et à sa présidente de décider s'ils souhaitent inscrire ce texte dans ces journées réservées qui interviendront avant la fin de l'année. Moi, je pense en tout cas que c'est un débat que nous devons avoir et nous devons avancer. Donc oui, il faudrait inscrire ces textes prochainement.

20:32
Invité

Autre sujet, la fin de vie. Vous étiez favorable en 2021 à la proposition de loi portée par le député Olivier Falorni. Cet été, au micro d'Europe 1, vous avez fait part de votre volonté d'avancer sur la question de la fin de vie. Ne craignez-vous pas, au fond, que le gouvernement hésite à ouvrir un débat éthique si complexe en ce moment ? Il ne faut pas hésiter.

20:49
Yaël Braun-Pivet

Il ne faut pas hésiter à l'ouvrir. Les Français l'ont ouvert finalement depuis des dizaines et des dizaines d'années. Il est important que nous avancions, que nous avancions vite sur ce sujet. qui est un sujet de liberté et de respect de chacun et de chaque famille. Donc moi, j'attends que le Parlement puisse être saisi rapidement d'un texte relatif à la fin de vie.

21:15
Présentateur

Allez, une dernière question au standard. Frédéric, bonjour ! Oui, bonjour à tous.

21:19
Locuteur non identifié

Madame Prompé, bonjour. D'abord, je félicite la majorité présidentielle d'avoir réussi à comprendre que la télégravité de l'excuse écologique 50 ans après René Dubon. Ma question est la suivante. Quel sera le rôle réel du Parlement au sein de toutes les institutions qui ont été créées et négligées pour prendre les décisions réellement sur le traitement de la crise écologique ?

21:45
Présentateur

Le rôle réel de l'Assemblée dans la transition écologique ? Merci Frédéric. Yael Broun-Pivet vous répond.

21:52
Yaël Braun-Pivet

Vous savez Frédéric, moi je pense que pour la transition écologique il faut une action résolue de la part de tous, gouvernement, institutions, sociétés et citoyens. Le Parlement doit montrer la voie, la voie de l'exemplarité. Donc moi, je vais lancer des travaux à l'Assemblée nationale en lien avec tous les groupes politiques, donc de façon transpartisane et en lien évidemment avec ce qu'on appelle les caisteurs pour voir comment l'Assemblée nationale elle-même peut être exemplaire en matière de transition écologique, de développement durable, de sobriété énergétique et nous organiserons cela sur la durée du mandat. Cette fameuse planification écologique, nous devons aussi

22:34
Invité

nous l'appliquer à nous-mêmes. Une question, deux questions d'actualité rapide. Les propos de Ségolène Royal sur la guerre en Ukraine, vous les avez entendues, elles font beaucoup parler, elles avaient notamment questionné la réalité du bombardement de la maternité de Mariupol. Qu'est-ce que vous en avez pensé ? Écoutez, je n'écoute pas

22:50
Yaël Braun-Pivet

les propos inconsidérés, ça ne m'intéresse plus. L'Assemblée nationale enverra une délégation en Ukraine pour manifester notre soutien à ce pays et à son peuple et j'irai moi-même à Kiev à la fin du mois. Propos inconsidérés, dites-vous ?

23:08
Invité

Oui. Dernière question, le Royaume-Uni aura aujourd'hui un nouveau Premier ministre ou plutôt Premier ministre puisque la favorite est Lise Truss, qui a refusé il y a quelques jours de dire si le président français était ami ou ennemi de sa nation. Ça va être la mésentente cordiale avec les Britanniques ? Il ne le faut pas.

23:26
Yaël Braun-Pivet

Donc, il faut absolument que nos deux pays qui sont des pays amis le restent et que l'entente reste cordiale. À nous de la rendre possible.

23:37
Présentateur

Madame la présidente de l'Assemblée nationale, merci d'avoir été à notre micro ce matin. Merci à elle, Broun-Pivet. 9h04, Magma, le magazine de la matinale. Sonia Devillers reçoit aujourd'hui la photographe Françoise Huguier pour ses 50 ans de carrière.

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