#LPP0 - MACRON, PHILIPPE, PLAN CLIMAT, IVG, FN, ÉTAT D'URGENCE, JOUR DE CARENCE, MIGRANTS, G20
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Chapitres
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- 2:17Fait
« soit vous faites ce que j'ai dit, soit on passe par un référendum et vous pouvez compter sur moi pour que les gens votent pour mon PROJET !!! »
- 2:55Fait
« il faut « en finir avec cette recherche permanente du scandale » sous-entendu il faut arrêter de creuser sur Richard Ferrand... »
- 4:50Chiffre
« il voulait baisser de trois points de PIB la dépense publique d'ici 5 ans »
- 5:30Jean-Luc MélenchonFait
« Nous ne voulons pas être seulement votre opposition, nous nous présentons comme l'alternative au monde que vous représentez. »
- 6:10Jean-Luc MélenchonChiffre
« l'urgence sociale avec les 9 millions de pauvres qu'il y a dans notre pays, avec les gens qui meurent sur leur poste de travail »
- 6:53Jean-Luc MélenchonFait
« Quand, comme mesure de civilisation, dirons-nous que nous sommes disposés à punir avec force le martyre des animaux dans une nation aussi développée et civilisée que la nôtre ? »
- 8:09Fait
« la France a capitulé au niveau européen sur la définition des perturbateurs endocriniens »
- 8:49Adrien QuatennensFait
« Derrière des poncifs, que votre majorité utilise, se cache une dureté sociale totale, alors que les études de l'OCDE, comme le bilan du quinquennat précédent, prouvent, Madame la Ministre, qu'il n'y a pas de corrélation entre la baisse des droits des travailleurs, d'une part et la baisse du chômage. »
- 11:29Eric CoquerelFait
« vous allez vous en prendre aux fonctionnaires et par contre vous ne dites rien sur le CICE vous ne dites rien sur la fraude et l'évasion fiscale »
- 12:10Eric CoquerelChiffre
« Je ne vois trace nulle part, par exemple, de ce qui pourrait être la fin du CICE. C'est 40 milliards qui ont été donnés sans contrepartie aux entreprises »
- 12:50Fait
« le Gouvernement veut prolonger l'état d'urgence jusqu'en novembre »
- 15:30Promesse
« à partir de 2040 on ne vendrait plus de voitures diesel ou essence »
- 17:28Fait
« Nicolas Hulot dit qu'il veut décarboner notre utilisation d'énergie »
- 18:53Fait
« faire de Paris, le pôle international de la finance verte »
- 20:11Fait
« le gouvernement a dit qu'il allait rétablir le jour de carence pour les fonctionnaires »
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Salut tout le monde c'est Antoine. Aujourd'hui on se retrouve pour une nouvelle vidéo et même pour une nouvelle émission qui s'appellera Le Point Politique. L'idée de cette émission, c'est qu'elle sorte toutes les semaines le lundi à 18h, même si je ne me fais aucune illusion sur le fait que j'arriverai jamais à sortir toutes les semaines et tous les lundis à 18h une vidéo, mais on va faire comme si j'allais y arriver. Et l'idée de cette émission, c'est que je vous parle des faits politiques ou moins politiques, mais qui ont attiré mon attention dans la semaine et que j'ai envie de traiter d'une manière un petit peu froide, avec un petit peu plus de recul que au moment où ils sont arrivés. Donc le fait de faire cette émission une fois par semaine
ça permettra de regarder ce qui vient de s'écouler et puis de l'analyser de manière un peu plus poussée. Évidemment dans cette émission, je vais essayer aussi beaucoup de mettre en avant ce que font les parlementaires de la France Insoumise, puisque vous savez que je suis une personne engagée et que pour moi, ça fait partie des éléments que j'ai observé dans la semaine politique, donc c'est naturel que j'en parle dans cette émission et puis je pense que c'est utile aussi de mettre en perspective un petit peu ce qu'ils font à l'Assemblée Nationale, et ils font beaucoup de choses. Voilà donc un petit peu le plan de bataille pour cette nouvelle émission. C'est ici un numéro zéro, un numéro test, j'attends beaucoup de vous, j'attends beaucoup vos commentaires
pour savoir si cette émission vous intéresse, si le projet vous plaît. Si vous avez envie que je continue ou que j'arrête à l'issue de cette vidéo, et puis, voilà, n'hésitez pas à me le dire dans les commentaires, dites moi ce que vous en pensez et puis comme ça je pourrai faire un numéro un qui sera un petit peu amélioré. Évidemment comme c'est une nouvelle émission, il lui faut un générique et je remercie Manon Taillard de m'en avoir fait u. Allez, c'est parti !
Alors le lundi 3 juillet, c'était le premier jour de la semaine et c'était le discours d'Emmanuel Macron devant le Congrès. Là, on est typiquement dans la mise en scène de la monarchie présidentielle avec un président de la République qui s'exprime devant les parlementaires, juste avant le discours de politique générale du 1er ministre et, contrairement au discours de politique générale du 1er Ministre, eh bien là les parlementaires ne peuvent pas interpeler le président de la République puisqu'il s'en va une fois qu'il a fait son discours. Sur le fond, le discours d'Emmanuel Macron était très « complexe » pour reprendre des mots qu'il apprécie. Il a fait quelques annonces, notamment celle de la proportionnelle ou de la réduction du nombre de parlementaires, mais finalement
tout ça c'est encore des annonces très présidentielles, et alors là, il n'est pas du tout question de faire une Assemblée Constituante, il est simplement question d'avaliser les propositions du Président de la République et, basta, et il n'y aura pas d'autres moyens d'en discuter et si on comprend bien ce qu'il a dit aux parlementaires en gros c'est « soit vous faites ce que j'ai dit, soit on passe par un référendum et vous pouvez compter sur moi pour que les gens votent pour mon PROJET !!! ». Alors, il y avait d'autres problèmes dans ce discours et en particulier quand Emmanuel Macron dit qu'il faut « en finir avec cette recherche permanente du scandale » sous-entendu il faut arrêter de creuser sur Richard Ferrand... sa ministre du Travail Muriel Penicaud...
bref il faut arrêter, quand on est des journalistes, de trouver des affaires, même si ces affaires existent de fait. Donc il y avait quelque chose d'assez problématique dans le discours d'Emmanuel Macron, parce que, en gros, il disait aux journalistes : ne faites pas votre travail, alors que précisément quand ils lèvent des lièvres comme ça quand ils trouvent ce genre d'affaires, de problématiques de conflits d’intérêts et bien, à mon sens, c'est des journalistes qui font leur travail, et qui pour une fois le font. Donc là il y avait un point un peu problématique dans le discours d'Emmanuel Macron et même assez anti-démocratique en réalité puisqu'il dit aux journalistes d'arrêtez de faire des investigations sur les gens d'En Marche et de la majorité.
Alors de son côté la France Insoumise avait boycotté ce congrès, elle avait tenu un rassemblement le lundi 3 juillet, Place de la République où il y avait plusieurs milliers de personnes qui se sont rassemblées alors que ça avait été convoqué 4 jours avant donc finalement on voit qu'il y a une envie de mobilisation autour de la défense du Code du Travail Et il faut savoir que finalement il y a eu évidemment beaucoup de critiques de ce boycott du congrès mais que pendant que nos députés n'était pas au congrès, ils étaient en train de travailler en train de préparer des amendements, qu'ils ont ensuite déposés et finalement on a été ceux qui en commission des affaires sociales, ont déposé le plus d'amendements avec 132 amendements déposés sur 200, c'est-à-dire en gros les 2/3 des amendements
alors qu'on a un des plus petit groupe parlementaire. Donc vous voyez que ce boycott a été utilisé pour préparer rigoureusement la lutte sur le Code du Travail. Mardi 4 juillet, c'était le discours de politique générale du 1er Ministre, Édouard Philippe. Alors, il n'y a rien de très notable dans ce discours si ce n'est que moi j'ai trouvé qu'il était meilleur orateur qu'Emmanuel Macron et que du coup la comparaison n'était pas tout à fait à l'avantage du Président de la République... mais passons sur ce point... Il n'y a rien de très nouveau parce que, en réalité, Édouard Philippe a principalement répété le programme d'Emmanuel Macron, en indiquant des choses un petit peu plus violentes que, quand même, il faut noter, et notamment moi j'ai relevé qu'il avait dit
qu'il voulait baisser de trois points de PIB la dépense publique d'ici 5 ans. Et ça, ça veut dire 60 milliards d'euros de coupe dans la dépense publique, qui ne sont pas... alors, il ne nous dit pas où, mais on comprend qu'il va s'en prendre principalement aux services publics et à la dépense publique liée aux fonctionnaires. J'en reparlerai tout à l'heure, puisqu'on a pu voir déjà que les fonctionnaires étaient un peu la bête noire de ce gouvernement, puisqu'une des premières mesures d'économies annoncées a été le rétablissement du jour de carence. Mais j'en reparle tout à l'heure. Le même jour, ce mardi 4 juillet, il y avait le discours de Jean-Luc Mélenchon en réponse au 1er Ministre Édouard Philippe et vraiment, ce discours, il était très intéressant j'ai trouvé
parce que Jean-Luc Mélenchon a expliqué que on avait certes pour ambition d'être l'opposition au gouvernement d’Édouard Philippe et à la présidence d'Emmanuel Macron, mais aussi d'être une alternative au monde qu'ils représentent. Jean-Luc Mélenchon : Nous ne voulons pas être seulement votre opposition, nous nous présentons comme l'alternative au monde que vous représentez. C'est-à-dire que, non seulement on s'oppose à ce qu'ils font, mais en plus on propose des choses et on s'appuie sur un programme que vous connaissez qui est L'Avenir En Commun. Moi ce que j'ai trouvé très intéressant dans le discours de Jean-Luc Mélenchon, c'est que il a mis en avant des thématiques qui n'avaient pas du tout été traitées par le 1er Ministre et en particulier il a mis en avant
deux urgences : l'urgence sociale avec les 9 millions de pauvres qu'il y a dans notre pays, avec les gens qui meurent sur leur poste de travail, et puis l'urgence écologique avec la nécessité de préparer d'ores et déjà la sortie du nucléaire. Je note enfin une dernière chose sur ce discours de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il a dit un mot sur la souffrance animale qui est un thème qui m'est cher. Jean-Luc Mélenchon : Quand, comme mesure de civilisation, dirons-nous que nous sommes disposés à punir avec force le martyre des animaux dans une nation aussi développée et civilisée que la nôtre ? Je pense que pour tous les gens pour qui ce thème est cher c'était quelque chose d'assez fort d'entendre ces mots-là dits à l'Assemblée Nationale, à la tribune,
et vraiment, ça faisait plaisir à entendre, quelqu'un de l'envergure de Jean-Luc Mélenchon qui dit ce genre de propos, dans ce genre d'endroit. Donc voilà, ça m'a fait vraiment plaisir qu'il dise ça, et je pense que ça a aussi fait plaisir à beaucoup de gens que enfin quelqu'un traite des problématiques de souffrances animales dans ce lieu qui, jusqu'à présent, y était un petit peu étanche. Alors mardi, il y a 2 autres éléments qui ont attiré mon attention et qui sont liés à des problématiques environnementales : il y avait d'abord cette histoire d'acide déversé dans la nature par un sous-traitant d'Arcelor Mittal. Sur ce point là, je ne reviens pas en détail parce que j'ai déjà fait une vidéo sur le sujet que je vous mets en lien dans la description.
Mais sachez que ça avance et que le fait qu'il y ait eu une grande mobilisation autour de cette question a accéléré les choses et que désormais une enquête est en cours pour définir quels sont ces produits et qui les a déversés à cet endroit, donc ça c'est une bonne chose. Ensuite il y a une mauvaise chose au niveau environnemental c'est que la France a capitulé au niveau européen sur la définition des perturbateurs endocriniens. Alors ça, c'est une question qui dure depuis longtemps et depuis longtemps la France résistait à une définition disons très souple et très généreuse pour l'industrie chimique des perturbateurs endocriniens. Or récemment, donc mardi dernier, la France a fini par dire, finalement, on accepte la définition proposée par la Commission Européenne,
et cette définition va permettre aux industries chimiques et notamment à l'industrie chimique allemande de Bayer et de BASF de continuer à faire leur business, en nous polluant, en détruisant notre santé, et en n'en ayant absolument rien à faire. Donc ça c'est une nouvelle vraiment inquiétante, et il y a eu là un recul de la France qui est vraiment problématique. Alors mardi, il y a eu un dernier élément qui m'a bien plu c'est le début du travail en commission des parlementaires de la France Insoumise et, en particulier, il y avait Adrien Quatennens et Caroline Fiat en Commission des Affaires Sociales qui ont interpelé la ministre du Travail Muriel Penicaud. Adrien Quatennens : Derrière des poncifs, que votre majorité utilise, se cache
une dureté sociale totale, alors que les études de l'OCDE, comme le bilan du quinquennat précédent, prouvent, Madame la Ministre, qu'il n'y a pas de corrélation entre la baisse des droits des travailleurs, d'une part et la baisse du chômage. C'est une vue de l'esprit, et vous vous apprêtez à l'appliquer avec force. Votre gouvernement, comme votre majorité, prospèrent sur de la confusion, Notre travail va consister à désépaissir l'écran de fumée qui vous permet d'avancer. Et puis un représentant du MEDEF, dont j'oublie le nom à cet instant, mais ils ont vraiment charcuté, disons, en posant des questions très acérées et ça faisait vraiment plaisir à voir, d'avoir des gens qui posent ce genre de questions à des représentants politiques et patronaux comme ça, c'est-à-dire
qui ne lâchent pas le morceau et qui se battent un petit peu avec ces gens pour essayer de leur faire comprendre que leur projet de Loi Travail où on va, nous, les salariés, perdre des droits, ça ne nous intéresse pas. Donc c'était vraiment très intéressant, j'ai trouvé ça chouette. Je vous mets les liens dans la description si vous n'avez pas vu ces interventions pour que vous puissiez les regarder, et puis vraiment ben allez voir parce que ça donne du baume au cœur, ça remonte le moral et on se sent représenté par ces gens, ça fait plaisir. Alors on passe maintenant à mercredi 5 juillet. Ce jour-là, c'était l'hommage national à Simone Veil. Honorer la mémoire de Simone Veil, c'est très important parce que c'est elle qui a rendu légale
l'interruption volontaire de grossesse, et c'est d'autant plus important de saluer aujourd'hui sa mémoire parce que les attaques contre l'IVG sont de plus en plus nombreuses. Au Front National par exemple, ils veulent remettre en cause ce qu'ils appellent des «IVG de confort» alors, il faudra qu'ils nous expliquent ce qu'ils appellent des «IVG de confort» parce que je pense que c'est un confort pour personne d'interrompre une grossesse, mais vous voyez qu'il y a des menaces qui pèsent sur le droit à l'interruption volontaire de grossesse et elles sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus fréquentes, au niveau international y compris et en France en particulier. Donc vraiment, c'était important d'honorer la mémoire de Simone Veil parce que cette avancée-là en particulier
c'est une avancée majeure pour le droit des femmes. D'ailleurs, n'oubliez pas que dans le projet de 6ème République de la France Insoumise et dans le projet de Constituante de la France Insoumise, il y a l'idée qu'on fasse entrer de nouveaux droits dans la Constitution et en particulier, ce droit-là, le droit à l'interruption volontaire de grossesse, dont on estime qu'il devrait être justement dans la Constitution pour ne plus pouvoir être menacé par des forces réactionnaires. Mercredi, je vous signale une autre petite chose qui s'est passée en Commission des Finances. Il y avait Eric Coquerel qui intervenait, c'était l'audition de Didier Migaud, le président de la Cour des Comptes, qui a fait un rapport alarmiste sur ohlala c'est la crise absolue ohlala le déficit blablabla,
vous connaissez l'histoire, c'est pour nous faire cracher des sous à nous et pas à ceux qui nous coûtent cher, et Eric Coquerel justement a fait une intervention en Commission des Finances, pour dire ça, pour dire, vous allez vous en prendre aux fonctionnaires et par contre vous ne dites rien sur le CICE vous ne dites rien sur la fraude et l'évasion fiscale et il y a un peu l'impression qu'il y a deux poids, deux mesures, parce que Didier Migaud signale un déficit de 60 milliards d'euros et à côté de ça, vous avez le CICE qui coûte 40 milliards d'euros par an plus la fraude et l'évasion fiscale qui coûtent 80 milliards d'euros par an. Bilan des courses, ces 2 machins-là c'est 2 fois le déficit de l'Etat, donc là il a pointé du doigt quelque chose qui était vraiment pertinent et intéressant
et allez voir cette intervention. Pareil, je vous mets le lien dans la description, si vous voulez aller voir parce que c'était vraiment frapper au coin du bon sens pour le coup. Vraiment, c'était plaisant à entendre. Éric Coquerel : Je ne vois trace nulle part, par exemple, de ce qui pourrait être la fin du CICE. C'est 40 milliards qui ont été donnés sans contrepartie aux entreprises et qui sont à la fois, puisque c'est un crédit d'impôts, une problème en terme de recettes et en terme de dépenses, pas plus qu'au niveau fiscalité, il n'y a rien qui pourrait attirer notre attention sur les 80 milliards d'évasion fiscale chaque année, qui là aussi seraient largement profitables au pays si on voulait rééquilibrer les comptes ou en tous cas se rapprocher des 3% dont vous parlez.
On arrive à jeudi, et jeudi c'était vraiment une très très grosse journée politique et chargée de politique. Alors il avait d'abord à l'assemblée, en séance le débat sur la prorogation de l'état d'urgence. Qu'est ce qu'il se passe? En fait le Gouvernement veut prolonger l'état d'urgence jusqu'en novembre, le temps de faire passer une loi qui va intégrer l'état d'urgence dans le droit commun et, nous dit-on, cet état d'urgence ne va désormais cibler que les terroristes. Donc, mine de rien en disant ça, on considère que, effectivement, il n'a pas ciblé que les terroristes. Nous notons ce point au passage. Et donc le jeudi, c'était le jour du vote de cette prorogation et nos députés étaient dans l'assemblée pour s'opposer à cette prorogation et expliquer pourquoi ils s'opposaient.
Donc, il y a eu de très belles interventions, encore une fois, des députés de la France Insoumise Notamment de Hugo Bernalicis, de Danièle Obono de Jean-Luc Mélenchon, d'Alexis Corbière, d'Eric Coquerel, de Bénédicte Taurine et je ne crois pas en oublier, mais si j'en oublie, je vous mets de toute façon les liens de tout ça dans la description à nouveau pour que vous puissiez aller voir, mais en tout cas, ils ont fait des interventions très intéressantes, parce qu'ils expliquaient qu'ils n'étaient pas forcément opposés à l'état d'urgence, mais que prolonger sans cesse l'état d'urgence n'avait pas de sens, parce que l'état d'urgence a une utilité quand vous le mettez en place parce que vous mettez, en quelque sorte, un coup de pied dans la fourmilière et qui permet du coup
parfois d'attraper des groupes terroristes. Or, l'état d'urgence prolongé, il a finalement une utilité détournée. Et les députés de la France Insoumise ont en particulier montré, en s'appuyant sur un rapport d'Amnistie Internationale, que cet état d'urgence avait surtout servi ensuite à limiter des militants associatifs, syndicaux, et politiques. Donc là c'était vraiment intéressant, et puis, ils posaient surtout une question qui était la question qui finalement a du sens, c'est : quels moyens donne-t-on à l’État ? Et notamment les moyens financiers et humains pour lutter efficacement contre le terrorisme. Donc toutes ces questions-là n'étaient pas posées et c'est eux qui les ont posées ce jeudi à l'Assemblée Nationale. Finalement le texte a été adopté, donc l'état d'urgence est prorogé,
mais, au moins, nos députés se sont battus et ont pu expliqué ce qu'ils pensaient de cette prorogation de l'état d'urgence. Et ça c'est très important, parce que ça éveille les consciences et que c'est des mots qui vont finalement rester, qui vont questionner les gens, et même si le texte a finalement été voté, au final, plus la conscience augmente sur ce sujet, plus il sera difficile de s'en prendre à nos libertés sans qu'il n'y ait de réactions citoyennes. Alors jeudi c'était aussi la présentation par Nicolas Hulot de son plan climat. Alors je suis désolé pour ceux qui vont déjà avoir entendu ça dans ma vidéo précédente, de mon passage à LCI. Mais il faut que je parle de ce plan climat parce que c'était un des moments forts de la semaine, donc je ne peux pas passer à côté.
Dans ce plan climat, il y avait quelques annonces fortes faites par Nicolas Hulot, comme le fait que à partir de 2040 on ne vendrait plus de voitures diesel ou essence et que donc les constructeurs automobiles devaient d'ici-là réussir à faire autre chose mais sans expliquer quoi. Alors un des problèmes justement de ce plan climat c'est d'abord son flou. Il y a beaucoup de choses qui sont renvoyées à... ultérieurement C'est-à-dire on vous dit : tout ça ce sera décidé en janvier 2018 par un comité d'experts, tout ça, ça sera décidé en mars 2018, par des réunions machin-chouette. Et donc il y a beaucoup d'éléments du plan climat qui sont simplement renvoyés à plus loin et on ne sait pas finalement, ce qu'il y a dans ce plan. 2ème problème justement,
si ça s'appelle un plan, il y a un mot qui manque dans le plan. C'est le mot planification. Le mot plan finalement, c'est ça que ça voulait dire à la base. Or là, il n'y a pas du tout de moyens mis en œuvre pour réaliser des objectifs. C'est juste des objectifs, mais on ne dit pas quelles vont être les étapes, quels sont les moyens mis en œuvre, etc. etc. Donc il n'y a pas du tout de planification, donc il y a peu de chances que ce plan climat arrive à quelque chose de concret. 3ème point qui m'a un peu interpelé, c'est que dans la partie sur les véhicules il est dit qu'on va mettre du transport routier avec des camions au gaz. Alors ça, c'est un peu juste puisque une solution qui serait beaucoup plus efficace, ce serait le ferroutage, c'est-à-dire, transporter des conteneurs sur
des rails et par du transport ferroviaire de fret, puisque quand vous avez un camion, même au gaz, il peut transporter, à tout casser, deux conteneurs, si c'est vraiment un très gros camion et la plupart du temps, c'est un. Donc vous avez une force de traction pour un à deux conteneurs. Or, avec le ferroutage, au contraire, vous avez une force de traction mais qui peut tracter plusieurs dizaines de conteneurs. Donc là vous êtes beaucoup plus efficaces, vous consommez moins d'énergie et ça vous permet de sortir des énergies carbonées, puisque la plupart des trains désormais fonctionnent à l'énergie électrique et, en tous cas, il est possible de les tracter avec de l'énergie électrique. Autre problème dans ce plan climat, c'est que Nicolas Hulot dit qu'il veut décarboner
notre utilisation d'énergie. Alors c'est pas mal, c'est une bonne idée. Mais là encore, ce n'est pas planifié, donc vraisemblablement, ce qui se produira c'est que, certes, on va arrêter des centrales au charbon, ce qui est une excellente chose, mais que ce qui va remplacer cette énergie, finalement, ça va être du nucléaire. Il va pas y avoir d'autres moyens. Donc si on s'en remet aux investissements privés pour développer les énergies renouvelables, on peut être sûr que ça n'arrivera pas et que c'est le nucléaire qui va devoir suppléer à l'énergie manquante. Donc là, c'était le point juste de ce plan, puisque si on sort des énergies carbonées pour entrer dans une ère du tout nucléaire vraiment, ce n'est pas la solution, donc là il y a un gros gros manque
dans le plan climat de Nicolas Hulot. Un autre point qui m'a bien intéressé, c'est que c'est très très vague sur les traités de libre-échange. En particulier, il dit qu'il faut : « renforcer la prise en compte des enjeux environnementaux dans les nouveaux accords commerciaux » et le traité CETA est évoqué, mais vite fait. Or, en mars 2017, juste avant d'être ministre de l’Écologie, Nicolas Hulot disait à propos du CETA : « Ce traité, s'il est adopté en l'état, ouvre la voie à une pléthore de traités identiques qui mettront à bas les normes sociales et environnementales. » Du coup, comparé à ça, je trouve que c'est devenu un peu juste ce que raconte Nicolas Hulot sur les traités commerciaux internationaux. Et enfin un dernier point sur ce plan climat qui là, devient limite comique,
c'est que il est dit « un des éléments de ce plan climat c'est : faire de Paris, le pôle international de la finance verte. » Et alors qu'est-ce que ça veut dire faire de Paris, le pôle international de la finance verte ? Ca veut dire que « la Banque Publique d'Investissement et la Caisse des Depôts et Consignations soutiendront activement l'émergence de fonds d'investissement dans des secteurs éco-technologiques et dans les infrastructures vertes. » C'est-à-dire que si la BNP décide d'investir dans les éco-technologies ou les infrastructures vertes et crée pour ça un fonds d'investissement et bien elle va recevoir pour ça du fric de la Banque Publique d'Investissement et de la Caisse des dépôts et Consignations.
Et ça c'est d'autant plus choquant finalement, que Nicolas Hulot a écrit un bouquin en 2015 qui s'appelait «Osons, plaidoyer d'un homme libre» dans lequel il disait la chose suivante, qui moi me plaît beaucoup, il disait : « le politique doit reprendre les choses en main et fixer des règles au capitalisme. Tant que le profit restera la finalité ultime, tant que l'OMC restera l'organisation la plus influente du monde, on n'y arrivera pas. Il faut juguler la toute puissance de la finance, mettre un terme aux paradis fiscaux, taxer les transactions financières. » Donc là on voit que avec « faire de Paris le pôle international de la finance verte», on est un petit peu loin de ce que disait l'homme libre Nicolas Hulot en 2015. Et puis ce plan climat, surtout, il intervenait la semaine même où
la France avait, je l'ai dit tout à l'heure, capitulé sur les perturbateurs endocriniens. Donc il y a quelque chose qui ne va pas. Il y a un double langage, un double discours sur cette semaine au niveau de l'écologie qui est très problématique. Un des derniers éléments pour ce jeudi, je vous ai dit que c'était une journée chargée. Sachez que le gouvernement a dit qu'il allait rétablir le jour de carence pour les fonctionnaires. Alors, le jour de carence, c'est quoi? C'est que quand vous êtes en arrêt maladie, vous avez un ou plusieurs jours de carence, ça dépend de votre statut, mais c'est-à-dire un jour ou plusieurs jours pendant lesquels vous n'êtes pas payés alors que vous êtes malades. Et le jour de carence pour les fonctionnaires c'est un truc qui a été inventé
par Nicolas Sarkozy, supprimé par François Hollande puis donc rétabli par Emmanuel Macron. Le problème de ça c'est qu'il y a une distorsion d'égalité entre le privé et le public. Dans le public il y avait, jusqu'à présent, zéro jour de carence puis désormais donc, un jour de carence et dans le privé il y en a trois. C'est-à-dire que dans le privé, vous avez vos trois premiers jours où vous n'êtes pas payés si vous êtes malades. Or justement, le gouvernement essaie de jouer sur le fait qu'il y a une inégalité entre les Français, entre ceux qui travaillent dans le privé et ceux qui travaillent dans le public, mais qu'est-ce qu'il fait ? Il essaie non pas d'aligner sur celui qui a la meilleure situation,
il essaie d'aligner sur celui qui a la plus mauvaise, c'est-à-dire sur le salarié du privé. Or c'est exactement l'inverse qu'il faudrait faire, c'est-à-dire que il faudrait, si on veut rétablir l'égalité, que les salariés du privé voient diminuer le nombre de jours de carence et que l'employeur doive payer quand le salarié est malade. Ça semble assez logique, assez normal, puisque le reste du temps le salarié fait gagner de l'argent à son employeur. Donc il est normal que quand l'employé est malade -- et ça arrive assez fréquemment qu'il soit malade à cause de son travail -- eh bien il semble normal qu'il soit payé quand même lorsqu'il tombe malade. C'est le principe même de la Sécurité Sociale. Et enfin un dernier élément qui a attiré mon attention ce jeudi,
c'est un article du Figaro qui parlait de la rénovation politique à laquelle se prépare le Front National et, notamment, l'abandon de la sortie de l'Euro. Alors ça ça m'intéresse parce que ça veut dire que le FN est en train de revenir à ses fondamentaux de force libérale réactionnaire qu'il était sous Jean-Marie Le Pen. Là, pendant quelques années, le Front National a essayé de faire croire qu'il était un petit peu proche des salariés, qu'il voulait en quelque sorte aider les salariés, mais si jamais il décide d'abandonner sur la sortie de l'Euro, il montrera que c'est juste une force qui cherche à être élue et qui ne va pas jusqu'au bout de ses idées et qui essaie, analysant la situation nationale, de faire des propositions qui sont politiciennes.
Finalement, ce qu'essaie de faire Marine Le Pen en faisant ça, c'est pas de défendre ses idées, c'est juste d'essayer de récupérer la droite qui est en train de s'effondrer et d'être cette force libérale réactionnaire qui ferait la synthèse un peu entre le Sarkozysme et le Le Penisme. Et pour ça donc, il faut abandonner cette histoire de sortie de l'Euro. Donc , on voit bien là que le FN est en train de renoncer à son projet et d'abandonner sur ce point, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Dernier jour de cette semaine, pour ce qui nous intéresse ici, le vendredi 7 juillet. Alors le matin j'étais l'invité de LCI, je vous mets le lien dans la description, mais ce jour là, il y a deux éléments qui ont attiré mon attention.
Il y a eu d'abord l'évacuation du camp de migrants, Porte de la Chapelle à Paris. Alors, évidemment les médias se sont délectés d'images de migrants qu'on chassait en les commentant longuement longuement longuement et ces images là, ben c'est des images qui alimentent directement la fachosphère qui va ensuite s'en servir en disant, regardez le problème des migrants, ils nous envahissent, blablablablabla... en ne parlant jamais sur un plan humain, c'est-à-dire qu'ils considèrent ça comme des choses qui arrivent, qui viennent nous embêter et finalement l'humanité même de ces migrants est niée par la fachosphère. Or là, il s'agissait de 3 000 personnes ce qui représente, si on rapporte à la population française, j'ai fait le calcul : 0,0045 % de la population française.
Donc on voit que c'est une goutte d'eau dans l'océan et que c'est hystérisé par les fachos pour mettre en avant quelque chose qui serait une situation intenable, invivable, etc. alors qu'en réalité ce serait une situation vivable et tenable si jamais elle était gérée de manière rationnelle. Et qu'est-ce que ça veut dire la gérer d'une manière rationnelle ? Ça veut dire, d'une part, quand les gens sont là, les accueillir et prévoir des centres d'accueil pour les migrants, ça coûterait pas excessivement cher et c'est assez finalement facile à faire. Et 2ème point, il faut traiter les causes du départ : il faut que les gens puissent vivre chez eux, travailler chez eux, parce que c'est ça dont ils ont envie en réalité. Quelles sont les causes du départ ? Il y en a trois principales :
la 1ère, c'est les guerres. Donc, pour éviter les migrations, il faut éviter les guerres et les arrêter quand elles ont commencé. Deuxièmement, les migrations économiques. Donc pour ça, il faut aider les pays en développement à se développer et permettre aux gens de pouvoir travailler chez eux dans des conditions dignes. Et enfin, troisième point qui n'est quasiment jamais traité dans le monde politique et en particulier jamais traité par Marine Le Pen qui pourtant pousse des cris d’orfraie dès qu'il s'agit d'immigration, c'est le facteur climatique. Et le facteur climatique, ça va être le gros gros pourvoyeur d'immigration dans les années à venir puisqu'on estime qu'il va y avoir plus de 200 millions de personnes qui vont devoir se déplacer à cause du changement climatique.
Enfin, je dis un dernier point sur ces histoires de migrations. Il faut savoir que nous en France, on accueille un nombre très faible de migrants et, en réalité, dans les pays du nord on accueille un nombre très faible de migrants, l'essentiel se produisant dans les pays du sud, à l'intérieur des pays du sud, en particulier le Liban, qui est très proche de la Syrie, accueille un nombre considérable de migrants venus de Syrie, compte tenu de sa population. Donc vous voyez que quand le FN hystérise les choses sur 3 000 migrants Porte de la Chapelle, eh bien il y a d'autres pays, et en particulier des pays qui sont moins dotés financièrement que nous, qui font leur travail d'accueil de personnes qui fuient la guerre
que nous on se refuse à faire. Et moi je pense que ce serait la dignité de la France que d'accueillir décemment les gens, une fois qu'ils sont là. Et par ailleurs, de faire en sorte, qu'ils puissent rester chez eux et d'aider les migrants à rentrer chez eux, une fois les conflits réglés quand il s'agit de situations de guerre. Et enfin dernier point de ce point politique, le G20, où le gros sujet du jour, c'était la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, et c'est effectivement l'un des grands enjeux de ce G20, c'est cette rencontre qui peut permettre éventuellement de faire baisser les tensions au niveau international puisqu'il y a une logique d'affrontement de plus en plus forte entre les États-Unis et la Russie.
Là, c'est peut-être un moyen de faire baisser les tensions et un petit peu de calmer le jeu. Ce serait vraiment utile et en particulier, ça pourrait permettre de régler une fois pour toutes la crise syrienne dans la concorde. Malheureusement, il y a peu de chances que ce G20 arrive à quelque chose et puis surtout, c'est un cadre qui n'existe pas. Le G20 n'est pas un cadre international où les décisions qui sont prises ont une valeur réelle. Le seul cadre international qui existe et qui est légitime, c'est l'ONU. Dans ce G20, il y a une autre question qui se pose, c'est celle de la place de la France et là, je pense qu'Emmanuel Macron, va avoir un certain nombre de problèmes parce qu'il a une politique internationale à géométrie variable.
Avant le premier tour, Emmanuel Macron nous disait que Vladimir Poutine était dangereux, horrible, tout ce qu'on veut, et puis une fois élu, pouf ! il l'invite à Versailles. Avec Donald Trump, c'est pareil, c'est un coup oui, un coup non Un coup il lui fait « Make our planet great again », puis il lui fait, je te serre la main un peu violemment et puis tu vas voir... voilà Et la fois d'après, il l'invite pour le 14 juillet. Donc, il y a une espèce d'instabilité dans la politique internationale d'Emmanuel Macron qui ne le met pas dans une posture très facile pour ce G20. Voilà ! C'est ce que j'avais à dire sur cette semaine qui vient de s'écouler. J'espère que ce numéro zéro du point politique vous a plu.
Si c'est le cas, n'hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux et à mettre des pouces bleus. Je vous l'ai dit en introduction, mais je vous le redis ici : dites-moi ce que vous en avez pensé dans les commentaires parce que ça m'aidera pour le prochain numéro de ce point politique, si prochain numéro il y a, ce que j'espère. Et si cette vidéo vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner à ma chaîne pour recevoir mes prochaines vidéos. Je vous dis, en tous cas, à très bientôt... Allez, salut!