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InterviewBACKSEAT· 24 octobre 2025 48 minContradictoireActualité / polémiqueOutre-merImmigration & asileBudget & impôtsÉconomie & entreprises

Les Outre-mer OUBLIÉS par la République ? - avec Olivier Serva

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 34 %Attaque 44 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Pourquoi as-tu voté la censure du gouvernement ?

  • 0:15RelanceÉludée

    C'est un déshonneur pour tes collègues de ne pas l'avoir voté ?

  • 0:43FerméeRéponse partielle

    As-tu déjà vu une équipe de France avec 100 noirs ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi aucun ultramarain dans le gouvernement ?

  • 2:29RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce que l'État profond ?

  • 3:47OuverteRéponse directe

    Parlons budget. Quelles sont les menaces sur le budget Outre-mer ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiqueFait
    « Liot, c'est liberté et ça continue par indépendant. Donc en fait, il ne faut pas avoir de lien entre mon vote et la position du groupe, parce que chaque député, c'est l'ADN même du groupe, a choisi d'être dans ce groupe pour avoir la liberté de vote, la liberté de penser et la liberté de position. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « On n'aurait pas pu trouver sur les 34 ministres, hommes ou femmes, une ou une ultramarain de qualité. »
  • 1:29Invité politiqueFait
    « Le ministère des Outre-mer était classé deuxième ministère d'État dans le rang hiérarchique avec Manuel Valls. Il est déclassé, il dégringole à la treizième place, un ministère simple. »
  • 2:19Invité politiqueChiffre
    « Le ministère des Outre-mer, dans son budget, est menacé de 500 millions d'euros en moins sur trois choses qu'on refuse. »
  • 2:50Invité politiqueFait
    « C'est ces fonctionnaires cachés derrière leur bureau, qui font souvent la politique, plus que les politiques eux-mêmes. »
  • 3:11Invité politiqueFait
    « Ils ont décidé de proposer de la supprimer pour ceux qui sont en maladie. »
  • 4:08Invité politiqueFait
    « Ils ont prévu dans ce même budget de supprimer l'aide à l'investissement productif, entre guillemets, la défiscalisation. »
  • 11:44Invité politiqueFait
    « La France, grâce à les Outre-mer, arrive à lancer des fusées Ariane, à faire de la géopolitique dans le canal du Mozambique, à la deuxième zone économique exclusive. »
  • 19:21Invité politiqueFait
    « Quand j'étais président de la délégation Outre-mer, entre 2017 et 2022, je m'étais arrangé pour qu'à chaque texte, il y ait un avis de la délégation Outre-mer sur un texte. »
  • 21:27Invité politiqueChiffre
    « Pour la Martinique, c'est 10 millions d'euros. Pour tous les Outre-mer, c'était à peu près 100 millions d'euros. »
  • 25:42Invité politiqueChiffre
    « Les Outre-mer, c'est 3,5% des voix. »
  • 31:55Invité politiqueFait
    « ne suis pas là pour détourner du regard un problème quand il existe. »
  • 32:01Invité politiqueFait
    « 'est la meilleure façon de laisser pousser le Rassemblement national. »
  • 32:13Invité politiqueFait
    « que les hommes et les femmes de ce pays vivent en bonne harmonie. »
  • 34:39Invité politiqueFait
    « pourquoi ai-je voté la loi immigration ? Parce que j'étais responsable du volet outre-mer. »
  • 34:49Invité politiqueFait
    « Savez-vous qu'on a besoin d'immigrés pour pouvoir faire un certain nombre de tâches en France ? »
  • 34:54Invité politiqueFait
    « Beaucoup de médecins sont d'origine étrangère. »
  • 35:03Invité politiqueFait
    « Concernant les travaux que personne ne veut faire, on a besoin d'immigrés. »
  • 35:06Invité politiqueFait
    « Donc, je suis pour l'immigration choisie. »
  • 41:35Invité politiqueChiffre
    « il y a le poids de la religion, à peu près 80% des hommes et des femmes, en tout cas, dans Guadeloupe-Martinique et Guyane, ils sont catholiques ou protestants, donc chrétiens, et donc le poids de la religion compte pour beaucoup. »
  • 44:32Invité politiqueFait
    « il est prouvé que lorsque les femmes utilisent des produits défrisants, eh bien, elles ont trois fois plus de chances d'avoir des fibromes et trois fois plus de chances d'avoir des cancers du col de l'utérus. »
  • 45:48Invité politiqueChiffre
    « sais-tu combien de condamnations pour discrimination tu as eu en France en 2023 ? Zéro. »
  • 46:31Invité politiqueFait
    « si on n'y prend pas garde, on est tous un peu racistes. »
  • 47:01Invité politiqueFait
    « On oublie les années 20, les années 30. On oublie ces positions qui ont conduit à la Deuxième Guerre mondiale. »

Temps de parole

  • Olivier Serva67 %
  • Invité8 %
  • ?7 %
  • Invité 27 %
  • Invité 37 %
  • Invité 45 %

≈ 53,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Locuteur

Je le

0:04
Invité

disais, tu es un député du groupe Liot, dont on va parler évidemment, mais tu es le seul député Liot à avoir voté la censure du gouvernement, le corps nu. Pourquoi

0:14
Locuteur

? Il

0:15
Olivier Serva

fallait bien laver l'honneur du groupe. C'est un déshonneur pour tes collègues de ne pas l'avoir voté ? Non, pas du tout. Liot, c'est liberté et ça continue par indépendant. Donc en fait, il ne

0:25
Locuteur

faut

0:25
Olivier Serva

pas avoir de lien entre mon vote et la position du groupe, parce que chaque député, c'est l'ADN même du groupe, a choisi d'être dans ce groupe pour avoir la liberté de vote, la liberté de penser et la liberté de position. En l'occurrence, pour ma part, les positions proposées par le budget

0:41
Locuteur

de

0:41
Olivier Serva

ce gouvernement, pour l'Outre-mer notamment, ne me convenaient pas. Et surtout, Jean, as-tu déjà vu une équipe de France qui gagne 100 noirs dedans

0:49
Locuteur

?

0:50
Invité

C'est bizarre ça comme phrase.

0:52
Locuteur

C'est bizarre ? Oui, je ne suis pas sûr.

0:53
Olivier Serva

Tu prends n'importe quelle équipe de France, tu as un ou deux noirs dedans. Est-ce que ça veut dire que c

0:57
Locuteur

'est

0:57
Olivier Serva

un problème de casting et pas de politique en fait ? Pas que.

1:00
Locuteur

Mais

1:00
Olivier Serva

regarde, regarde le gouvernement.

1:02
Locuteur

Tu

1:02
Olivier Serva

n

1:02
Locuteur

'as

1:02
Olivier Serva

aucun ultramarain dedans.

1:05
Locuteur

C

1:05
Olivier Serva

'est normal

1:05
Locuteur

?

1:06
Olivier Serva

Je veux dire, on n'aurait pas pu trouver sur les 34 ministres, hommes ou femmes, une ou une ultramarain de qualité. Moi, ça me gêne déjà dans la forme, parce que le symbole est important, mais pas que. Sur le fond, le ministère des Outre-mer était classé deuxième ministère d'État dans le rang hiérarchique avec Manuel Valls. Il est déclassé, il dégringole à la treizième place, un ministère simple. C'est si important que ça ? La place hiérarchique ? Bien sûr. Pourquoi ? C'est le budget qui compte, tu l'as dit toi-même. Ben regarde, Manuel Valls est arrivé,

1:43
Locuteur

on

1:43
Olivier Serva

avait enlevé 500 millions d'euros dans le budget. Oui, des

1:47
Locuteur

Outre-mer.

1:48
Olivier Serva

Des Outre-mer l'année dernière. Il a pu, grâce peut-être à son expérience, à sa position gouvernementale, casser cette dynamique et rétablir le budget. Aujourd'hui, nous avons une ministre... Naïma Mouchou. Qui est très bien. Qui vient d'Horizon, il

2:03
Locuteur

faut

2:03
Olivier Serva

le préciser. Oui, mais qui est très bien. Je la connais bien, qui est une dame de bonne proposition, avec qui j'ai d'excellentes relations,

2:09
Locuteur

mais

2:09
Olivier Serva

je ne lui connais pas une spécialité exacerbée pour les Outre-mer. Bon. Et pour aller vraiment dans le fond, le

2:16
Locuteur

ministère des

2:18
Olivier Serva

Outre-mer, dans son budget, est menacé de 500 millions d'euros en moins sur trois choses qu'on refuse.

2:23
Locuteur

La

2:24
Olivier Serva

première, c'est qu'il y a un décret mesquin méchant de l'État profond. C'est quoi

2:29
Invité

ce mot, monsieur, État profond ? L'État profond, pour moi ? Parce que l'État profond, c'est quand même une théorie complotiste qui vient de l'extrême droite, Olivier Servin. Qu'est-ce que vous nous faites à utiliser ? Je croyais que vous étiez un centriste, moi.

2:39
Olivier Serva

Je suis du centre-gauche, tout à fait. Mais je pense que l'État profond, je précise ma pensée. Oui, allez-y. Vous savez, c'est ces fonctionnaires cachés derrière leur bureau, qui font souvent la politique, plus que les politiques eux-mêmes. Et ils ont pris un décret, masquinement, en septembre 2024, et reproduit en 2025, où, pour les territoires ultramarins, vous avez ce qu'on appelle la prime de vie chère, les 40% parce que la vie est plus chère. Eh bien, ils ont décidé de proposer de la supprimer pour ceux qui sont

3:10
Locuteur

en

3:11
Olivier Serva

maladie.

3:12
Locuteur

Mais

3:12
Olivier Serva

ce n

3:12
Locuteur

'est

3:12
Olivier Serva

pas sur les fonctionnaires qu'il faut taper, c'est sur les politiques qui votent les budgets. Alors oui, bien sûr, mais en fait, c'est un décret qui a été pris par l'État dans une période de trouble et d'instabilité gouvernementale. Ensuite, parlons de budget. Donc je disais, c'est important de le dire, les fonctionnaires malades des Outre-mer, on ne peut pas leur enlever les 40% parce qu

3:34
Locuteur

'ils

3:34
Olivier Serva

sont malades. Nous, on a la chlordécone chez nous. C'est une vraiment méchanceté qui nous a pollués pendant des années à cause de l'État. On a les sargasses, on a le stress, bref, on a la vie chère. Ensuite,

3:47
Locuteur

cette

3:47
Olivier Serva

fois-ci, parlons budget.

3:48
Locuteur

Ce

3:48
Olivier Serva

budget, ils ont prévu d'enlever dans ce qu'on appelle la LODEUM, loi d'orientation pour les Outre-mer, les exonérations de charges sociales pour les petites entreprises. Moi, je suis expert comptable, j

3:57
Locuteur

'ai

3:57
Olivier Serva

un cabinet de 15 salariés, je sais la vie au quotidien des chefs d'entreprise. Eh bien, on ne peut pas leur enlever cette exonération de charges sociales parce que sinon, ils ne pourront pas embaucher, ils ne pourront pas payer leurs salariés. Et enfin, ils ont prévu dans ce même budget de supprimer l'aide à l'investissement productif, entre guillemets, la défiscalisation, mais je n'en crois pas cet homme parce que c'est péjoratif. L'aide à l'investissement productif, c'est un agriculteur qui doit acheter un tracteur. C'est une personne du BTP qui doit acheter un tractopelle.

4:26
Locuteur

C

4:26
Olivier Serva

'est un artisan qui doit acheter un véhicule utilitaire. Ils ont décidé de supprimer ça, or, les banquiers ne financent pas ça. Donc, pour toutes ces raisons, j'ai voté contre le

4:33
Locuteur

soutien.

4:33
Olivier Serva

On dirait des trucs de gauche, pourtant.

4:35
Invité

Revenir sur une exonération salariale

4:37
Locuteur

et revenir sur une

4:38
Invité

niche fiscale,

4:38
Locuteur

j'ai l

4:38
Invité

'impression que c

4:39
Locuteur

'est

4:39
Invité

des trucs plutôt de gauche. De cotisation sociale, pour être précis, et non de charges. Oui,

4:44
Locuteur

très juste.

4:45
Olivier Serva

Absolument. Mais en fait,

4:46
Locuteur

l

4:47
Olivier Serva

'important, c'est l'avis des gens. Le droit de gauche, ce n

4:49
Locuteur

'est

4:49
Olivier Serva

pas l'objet. Et donc, pour toutes ces raisons, j'ai voté contre le soutien au gouvernement.

4:53
Invité

Alors, tu as voté contre le soutien à un gouvernement dans lequel siège le président du groupe Liot, qui s'appelle Laurent Panifousse, qui a été nommé ministre des Relations avec le Parlement. Tu as déclaré que cette décision lui appartient. Elle lui est strictement personnelle. Ça n'engage que lui. Oui. Tu n

5:09
Locuteur

'as

5:09
Invité

pas l'air ravi

5:10
Locuteur

de

5:10
Invité

sa présence au gouvernement à Laurent Panifousse ?

5:12
Locuteur

C

5:13
Olivier Serva

'est-à-dire qu'autant je n'admets pas que quelqu'un puisse me dire à Liot, pourquoi tu as voté contre ? Autant, je n'ai rien à dire sur le choix de Laurent Panifousse, qui a choisi d'aller au gouvernement. C'est son libre arbitre. C'est son libre choix. Et je dois le dire, nous l'avons appris une heure avant vous, parce qu

5:29
Locuteur

'il

5:29
Olivier Serva

nous a fait un petit message. Donc, c'est son choix qui n'engage que lui. D'accord ? Ça rend difficile à lire le groupe Liot. Léa

5:36
Locuteur

? Moi,

5:37
Invité

je voulais vous demander, est-ce que pour vous, c'est le signal que Liot a quand même un certain rôle à jouer au sein du Parlement aujourd'hui, et plus particulièrement de l'Assemblée nationale ? Parce que ministre des Relations avec le Parlement, ce n'est quand même pas anodin comme titre. Est-ce que vous pensez que c'est un signal de la part, notamment de Le Corneu, que de dire, en fait, on compte sur vous ? Est-ce que c'est une façon d'essayer de vous faire rentrer un peu dans le rang ? Comment vous voulez interpréter cette nomination

6:05
Locuteur

?

6:06
Olivier Serva

Bon, je réagis à Jean et suite à Léa. Vous avez, tu as dit, oui, mais difficile à lire Liot. Mais on n'est pas habitués en France à ce qu'il y

6:15
Locuteur

ait

6:15
Olivier Serva

des gens qui soient dans un même groupe et qui pensent

6:18
Invité

librement. Ça ressemble à un groupe d'auto-entrepreneurs, finalement. Vous faites chacun ce que vous voulez et vous êtes ensemble de façon technique, alors qu'en généralité, pas grand-chose ne vous

6:25
Olivier Serva

lie, non ? Alors, il y a quand même liberté indépendante entre le territoire qui nous lie. Il y a cette logique-là qui nous lie. Mais c'est vrai, regardez, à part moi, tout le monde a soutenu le gouvernement. Donc, il y

6:35
Locuteur

a

6:35
Olivier Serva

quand même une forme de cohérence. Souvent, on arrive à dégager des majorités. Mais ce que l'on doit dire, c'est qu'on doit respecter la différence de l'ordre. D'ailleurs, vous voyez bien que je suis différent, visiblement.

6:44
Locuteur

Charles de

6:44
Olivier Serva

Courson, oui.

6:45
Locuteur

Oui,

6:46
Olivier Serva

Charles de Courson, il est bien aussi,

6:47
Locuteur

il

6:47
Olivier Serva

est magnifique. Je suis fan de lui.

6:49
Locuteur

Charles, je t'aime.

6:52
Olivier Serva

Je

6:52
Locuteur

l'ai déjà dit, politiquement,

6:53
Olivier Serva

politiquement. Et donc,

6:56
Locuteur

je

6:57
Olivier Serva

vais vous dire, il faut qu

6:59
Locuteur

'on

6:59
Olivier Serva

s'habitue en France à pouvoir discuter en toute liberté et non pas en termes d'abrigadement. Concernant maintenant la

7:05
Locuteur

question

7:05
Olivier Serva

importante de Léa. Merci.

7:09
Locuteur

Oui,

7:09
Olivier Serva

je l'admets.

7:11
Locuteur

La

7:11
Olivier Serva

position de Laurent Panifou, c'est stratégique. Et oui, dans un moment où la France n'a pas de majorité, où on a besoin de budget, s'il peut servir de liant, nous étions ensemble hier soir au ministère avec lui, eh bien, s'il peut servir de liant, tant mieux. Et ce serait une bonne chose. Oui, tout à fait.

7:29
Locuteur

Est-ce qu

7:29
Invité

'il va y avoir une position commune de la part du groupe Liotte sur le budget

7:33
Locuteur

?

7:34
Olivier Serva

Alors, comme je peux vous dire assurément, je

7:37
Locuteur

ne

7:37
Olivier Serva

peux pas dire qu'il y

7:38
Locuteur

aura

7:38
Olivier Serva

une position commune. Puisque chacun est libre de voter comme

7:41
Locuteur

il l'entend. Oui, bien sûr,

7:42
Invité

mais il doit bien y avoir des orientations. Vous en parlez. Il n

7:45
Locuteur

'y

7:45
Invité

a pas de surprise, quand même.

7:46
Olivier Serva

Oui, bien sûr, on a déposé quelques amendements, je dirais, de groupe. Mais vous avez observé qu'hier, en commission, le budget de la nation a été rejeté.

7:54
Invité

Bien sûr, mais moi, je parle des débats à venir en séance publique.

7:57
Olivier Serva

Et je discutais avec Charles Lecour ce midi. Vous comprenez pourquoi. Et c'est lui qui est le spécialiste du budget. Et il me disait, et je pense comme lui, que ça va venir en séance. Et je crains, Léa, qu'il n'y ait pas de vote majoritaire. Pourquoi ? Parce que les extrêmes sont crispés. Avez-vous observé que Horizon s'est abstenu ? Oui, et le modem aussi. Et le modem aussi. Je

8:20
Locuteur

suis content que vous plaisez Horizon et le modem dans les extrêmes. Voilà, là, vous me faites plaisir, M. Gerva. Enfin, il était temps

8:25
Invité

après

8:25
Locuteur

d'y diminuer l'émission, quand même.

8:27
Invité

Voilà, quand même, un peu de clarté politique, de clairvoyance. Parce que là, quand même...

8:32
Locuteur

Je

8:32
Olivier Serva

me suis sûrement mal exprimé. Les

8:34
Locuteur

autres.

8:37
Olivier Serva

Eh bien, tout ce mot-delà s'est abstenu à voter contre. Et donc, comme le bloc central ne suffit pas à lui seul à voter pour, je crains, Léa, qu'en séance, il n'y

8:47
Locuteur

ait

8:47
Olivier Serva

pas de vote majoritaire. Mais vous dites je crains. Et donc,

8:49
Locuteur

du coup, ça veut dire

8:49
Olivier Serva

que...

8:50
Locuteur

Vous craignez vraiment ? Vous craignez

8:51
Olivier Serva

le fait qu'il n

8:52
Locuteur

'y

8:52
Olivier Serva

ait pas de budget ? Mais bien sûr, il faut qu'on ait un budget pour la France.

8:53
Locuteur

Il faut

8:53
Olivier Serva

qu'on puisse...

8:54
Locuteur

Ah, donc vous allez voter

8:55
Invité

le budget, vous.

8:55
Olivier Serva

Mais en tout cas, là, en...

8:57
Locuteur

A

8:57
Invité

priori.

8:58
Locuteur

En

8:59
Olivier Serva

tout cas, ce qui s'est passé en commission me convenait. Pourquoi ? Je vous ai parlé de pourquoi j'ai rejeté la confiance. Sauf qu'on avait annulé en commission cette exonération. Le déum qui sautait, mais on l'avait annulé. Donc, ça me convenait. Vous voyez, on allait dans le bon sens. Mais maintenant qu'il est supprimé, on risque au bout du bout de retomber. J'en discutais tout à l'heure. Qu'est-ce qui va se passer ? Peut-être un peu de pédagogie quand même, rapidement. 30 secondes pour nos auditeurs.

9:24
Locuteur

Alors,

9:25
Olivier Serva

si ça ne passe pas à l'Assemblée, ça va passer au Sénat. Ça va être voté au Sénat. Mais comme ça va revenir à l'Assemblée, qui est le dernier mot, on ne

9:32
Locuteur

va

9:32
Olivier Serva

pas tomber d'accord. Il y aura une commission mixte paritaire qui ne sera pas conclusive parce que les députés et sénateurs ne vont pas tomber d'accord. Et là, on va retomber dans ce qu

9:38
Locuteur

'on

9:38
Olivier Serva

appelle une loi spéciale. Comme l'année dernière. Voilà. Où tout est possible. Et donc,

9:44
Locuteur

c

9:44
Olivier Serva

'est pour ça que je crains qu'on mette n'importe quoi à la fin de la fin. Sur

9:48
Locuteur

la

9:48
Invité

question des ordonnances, vous avez vent, vous, qu'est-ce qui se dit à l'Assemblée nationale ? Comment réagissent les députés par rapport à cette rumeur qui court, qui dit que, vraisemblablement, le gouvernement pourrait finalement faire passer le budget par voie d'ordonnance ? Comment vous le réceptionnez, ça, au sein de l'Assemblée nationale ?

10:04
Olivier Serva

Eh bien, en tant que législateur, assez mal. On aimerait bien avoir la main. D'ailleurs, M. Lecornu a dit qu'on aura la main. Mais la main,

10:11
Locuteur

c

10:11
Olivier Serva

'est aussi parfois ne pas voter le budget. À un moment donné, il faut qu

10:13
Locuteur

'on

10:13
Olivier Serva

ait un budget. Donc, on arrivera à cette loi spéciale qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une ordonnance.

10:20
Invité

Tu as parlé du groupe Liotte, qui est effectivement un groupe un peu particulier à l'Assemblée nationale, qui n'a pas véritablement de colonne vertébrale idéologique, qui rassemble des hommes et des femmes assez divers, des indépendants, comme on dit dans d'autres pays.

10:33
Locuteur

Les

10:33
Invité

libéraux, quand même. Alors, d'où ma question, peut-on être d'extrême droite et être adhérent au groupe Liotte ? Pas question. Pas question. Il y

10:40
Locuteur

a

10:40
Invité

quand même des règles. Ce n

10:41
Locuteur

'est

10:41
Invité

pas

10:41
Locuteur

les

10:42
Invité

critères.

10:43
Olivier Serva

Alors, je vais vous dire, on a une charte, groupe Liotte, bien évidemment, où chacun y adhère, et donc on exclut l'extrême droite très clairement. Un. Deux, nous avons une colonne vertébrale qui n'est pas habituelle, mais nous avons liberté indépendant, outre-mer, territoire. Étienne de la Boétie, discours de la servitude volontaire. Là,

11:02
Locuteur

vous

11:02
Olivier Serva

vous souvenez du droit de remontrance ? Vous savez, lorsqu'il y avait des édits du roi qui ne nous convenaient pas, eh bien, les régions avaient le droit de faire remonter leur remontrance. C'est ça que nous faisons. Nous croyons au territoire. Nous croyons à une décentralisation exacerbée. Et nous croyons qu'il est plus utile d'avoir un droit de subsidiarité qu'avoir un droit de centralité. Vous diriez girondin, du coup ? Oui,

11:22
Locuteur

bien sûr. Oui,

11:22
Olivier Serva

oui, carrément. Nous sommes tous girondins au groupe Liotte. Et donc, nous défendons les ultramarins,

11:28
Locuteur

les

11:28
Olivier Serva

territoires. Pourquoi j

11:29
Locuteur

'ai

11:29
Olivier Serva

adhéré ?

11:29
Locuteur

Et

11:29
Olivier Serva

je suis membre fondateur de Liotte parce qu'il y a Outre-mer dedans. Parce que jamais un groupe à l'Assemblée nationale ne comportait ce terme Outre-mer alors que les Outre-mer font partie de la grandeur de la France. Désolé de le dire, mais la France sera un petit pays engoncé au sein de l'Europe sans les Outre-mer. La France, grâce à les Outre-mer, arrive à lancer des fusées Ariane, à faire de la géopolitique dans le canal du Mozambique, à la deuxième zone économique exclusive. À chaque fois qu'un avion passe dans cette zone, il paye des sous à l'État français. On arrive aujourd'hui à avoir les plus belles plages du monde, en Guadeloupe, en Polynésie aussi.

12:01
Invité

En 2022, tu as proposé la création d'un groupe politique ultramarin à l'Assemblée. Oui. C'était quoi ce projet ? Ce n

12:06
Locuteur

'est

12:06
Invité

pas un peu dépolitisant

12:07
Locuteur

de

12:08
Invité

réunir les ultramarins de différents bords, de droite, de gauche, dans un même groupe

12:12
Locuteur

? Bon,

12:14
Olivier Serva

déjà, ça ne s'est jamais fait. Oui,

12:16
Locuteur

c

12:16
Olivier Serva

'est vrai. Et pourquoi

12:17
Locuteur

?

12:18
Olivier Serva

Parce qu'on se laisse diviser, nous les ultramarins. Je suis aussi secrétaire général d'un parti politique qui

12:24
Locuteur

s

12:24
Olivier Serva

'appelle Utile. Utile. Vous avez vu ça. Ultramarins, territoires indépendants, liberté, écologie, solidarité. Parce qu'on se laisse diviser. Parce qu'on se laisse embarquer par des grands principes de grands partis, socialistes, écolos, républicains, tout ce que vous voulez. C'est

12:37
Locuteur

des

12:38
Invité

gens qui

12:38
Locuteur

ont

12:38
Invité

une colonne vertébrale idéologique, finalement.

12:40
Locuteur

C

12:40
Invité

'est-à

12:40
Locuteur

-dire

12:40
Invité

qu'il y a des communistes, des gens qui siègent dans les groupes insoumis, les ultramarins, il y en a un peu partout. Mais c'est-à

12:46
Locuteur

-dire

12:46
Invité

qu'ils ont des convictions aussi politiques. Il

12:47
Locuteur

y a

12:47
Invité

des gens qui se trouvent de gauche et de droite. Ils ne sont pas qu'ultramarins comme identité politique.

12:52
Locuteur

Si ? Moi,

12:53
Olivier Serva

je pense que tout homme politique doit avoir un socle.

12:57
Locuteur

Et

12:58
Olivier Serva

moi, mon socle, il commence par les Outre-mer. C'est un choix politique que j'assume. Et c'est une vraie colonne vertébrale qui n'est pas habituelle, mais qui est importante pour moi. Vous savez quoi ? Je pense que

13:11
Locuteur

nous,

13:13
Olivier Serva

les Outre-mer, on a beaucoup à apprendre à la France hexagonale dans le mieux vivre ensemble. Regardez-moi, chez moi, vous avez des juifs,

13:19
Locuteur

des

13:19
Olivier Serva

musulmans, des athées, des catholiques, des protestants. Tout ça vit bien ensemble. Pourquoi ? Parce qu'on a appris dans une petite île à se respecter, à s'écouter. Moi, je vois qu'on se dispute ici, en France, pour des questions de tissus, etc. On perd de l'énergie. Je vois qu'on indexe toujours, dès que quelque chose ne va pas, l'immigré du coin. C'est un peu limité comme raisonnement. Donc, moi, je crois qu'on a beaucoup à apprendre des Outre-mer dans le mieux vivre ensemble. Alors, bien évidemment,

13:46
Locuteur

pour

13:47
Olivier Serva

être tout à fait honnête avec vous, on ne peut pas créer à l'Assemblée nationale un groupe strictement Outre-mer, puisqu'on ne peut pas créer des groupes, je veux dire, catégoriels. C'est pour ça qu'on a créé ce groupe Liberté, indépendant Outre-mer, territoire, qui défend des idées de territoire, de liberté d'Outre-mer. Parce qu'il

14:02
Locuteur

y a

14:02
Olivier Serva

un autre groupe à

14:02
Invité

l'Assemblée nationale qui rassemble des gens d'Outre-mer, c'est le groupe GDR, Gauche, Démocrate et Républicaine, qui est le groupe historique des communistes. Tout à fait. Pourquoi tu n

14:10
Locuteur

'es

14:10
Invité

pas avec eux

14:10
Locuteur

?

14:11
Invité

Eh bien, parce que je ne suis pas

14:12
Olivier Serva

communiste. Je

14:14
Locuteur

dois le contester. Les

14:15
Olivier Serva

ultramarins du groupe GDR ne sont pas tous communistes. Je ne sais pas. Moi, j'ai toujours, je rechigne à parler pour les autres ou contre les autres. Moi, je leur ai dit à mes amis, on était en réunion ce midi, on parlait de la Nouvelle-Calédonie, tiens, pour en parler. Un gros sujet qui arrive la mardi à l'Assemblée nationale. Je leur ai dit, mais venez avec nous, le groupe Liberté. Alors, qu'est-ce qu

14:35
Locuteur

'ils

14:35
Olivier Serva

me disent ? Et je respecte ça pour parler comme vous. Ils se sont fait élire avec le nouveau Front populaire.

14:44
Locuteur

Donc,

14:45
Olivier Serva

ils me disent, mais Olivier, tu comprends ? J'ai été élue avec le nouveau Front populaire. Je ne peux pas aujourd'hui me dédire, échanger, laisser tomber le nouveau Front populaire parce que mes électeurs votaient pour moi. Je ne

14:53
Locuteur

peux

14:53
Olivier Serva

pas aller au groupe plus autre, etc. Donc, ils m'expliquent des choses que je comprends politiquement. Sauf que ma position est, on crée un groupe outre-mer à l'Assemblée nationale.

15:02
Locuteur

Climax ? Oui,

15:04
Invité

moi, j'avais une question qui concerne la loi du plomb. Donc, en juillet, la loi du plomb a été votée.

15:09
Locuteur

La

15:09
Invité

loi du plomb est problématique. Enfin, problématique, c'est faible. C'est un scandale à plusieurs niveaux. Je ne

15:15
Locuteur

vais

15:15
Invité

pas rentrer en détail de toutes les raisons pour lesquelles c'est un problème. Mais notamment, il y a la réintroduction de néonicotinoïdes,

15:22
Locuteur

ce

15:23
Invité

qui est un scandale pour toute la France, mais qui a une teinte particulière quand ça s'applique à la Guadoupe et à la Martinique en autres, puisque vous en avez parlé tout à l'heure, il y a cette histoire de la chlordécone,

15:37
Locuteur

qui

15:37
Invité

est donc un scandale sanitaire terrible et que je crois que

15:39
Locuteur

vous

15:39
Invité

connaissez bien. Vous avez beaucoup travaillé là-dessus. Il y a beaucoup d'agriculteurs en Guadoupe qui se sont très fermement opposés à la loi du plomb, notamment les jeunes agriculteurs, qui mettaient en avant la spécificité de la Guadoupe et les problèmes environnementaux spécifiques qui se portaient à la Guadoupe, donc sur la chlordécone,

15:57
Locuteur

mais

15:57
Invité

aussi sur d'autres problématiques. Et pourtant, vous n'avez pas voté contre cette loi. Vous vous êtes abstenue, si je ne m'abuse. Pourtant, j'ai quand même l'impression que vous êtes bien placée pour savoir qu

16:09
Locuteur

'il

16:09
Invité

y a un gros enjeu de racisme environnemental sur ces questions-là. Donc, j'aimerais savoir pourquoi vous n'avez pas voté contre cette loi.

16:16
Olivier Serva

Ok.

16:17
Locuteur

Vous

16:17
Olivier Serva

avez une minute

16:18
Locuteur

?

16:18
Olivier Serva

Bien sûr.

16:20
Locuteur

On a le temps, on a le temps.

16:20
Olivier Serva

Ok.

16:22
Locuteur

Dans

16:22
Olivier Serva

la loi du plomb,

16:23
Locuteur

il

16:23
Olivier Serva

y a une disposition qui est la possibilité de pouvoir pulvériser par drone des produits phytosanitaires.

16:33
Locuteur

Moi et

16:34
Olivier Serva

les autres députés guadoupiens, nous avons rencontré les bananiers

16:38
Locuteur

qui

16:38
Olivier Serva

travaillent, je dirais, à Capestère, là où il y a eu la chlordécone.

16:44
Locuteur

Ils

16:45
Olivier Serva

m'ont fait voir comment aujourd'hui il fonctionne, puisque c'est interdit, la pulvérisation par drone, par aéronef.

16:51
Locuteur

Il

16:52
Olivier Serva

fonctionne avec un pulvérisateur à deux dômes. Moi, je ne suis quand même pas le plus petit ni le plus maigre, 50 kg chargé,

17:01
Locuteur

et

17:02
Olivier Serva

ils pulvérisent sous le bananier. Sauf que, en fait, la circo sporieuse noire, elle est au-dessus. Donc, ils doivent pulvériser d'autant plus.

17:12
Locuteur

Et

17:12
Olivier Serva

donc, à deux dômes, ils pulvérisent un produit pour traiter le charançon noir, pour éviter que les bananes ne tombent malades.

17:20
Locuteur

Ils

17:20
Olivier Serva

m'ont expliqué

17:21
Locuteur

qu

17:21
Olivier Serva

'avec cette pulvérisation au-dessus de la bananerée par drone, ils vont utiliser moins de produits.

17:28
Locuteur

C

17:29
Olivier Serva

'est moins coûteux, c'est moins fatigant et c'est plus efficace. Ils m'ont convaincu.

17:34
Locuteur

Ils

17:34
Olivier Serva

m'ont convaincu. Ils

17:36
Locuteur

vous ont

17:36
Invité

plus convaincu que l'intégralité des scientifiques qui ont tous dit que la loi du plan était une catastrophe absolue, ainsi que toutes les associations de victimes du cancer qui ont pointé la responsabilité des néonicotinoïdes dans...

17:47
Locuteur

Vous

17:47
Invité

pensez que...

17:49
Locuteur

C

17:50
Olivier Serva

'est pour ça que je n

17:50
Locuteur

'ai

17:50
Olivier Serva

pas voté pour la loi. Mais je vous donne mon cheminement de ma décision sur cette loi du plomb.

17:57
Locuteur

Je

17:57
Olivier Serva

ne pouvais pas être contre par rapport à mes agriculteurs qui m'ont convoqué dans leur bananerée, où j'ai vu leur réalité, où ils m'ont dit « Nous avons besoin

18:04
Locuteur

de... »

18:06
Invité

Il y a quand même beaucoup d'agriculteurs en Guadeloupe qui se sont très fermement opposés pour les raisons qu

18:11
Locuteur

'on

18:11
Invité

vient d'évoquer à cette loi du plomb. Tout de même, vous avez peut-être rencontré ceux qui étaient pour, mais...

18:15
Locuteur

Non,

18:16
Olivier Serva

mais ce sont mes amis aussi de la coordination rurale. Je les ai rencontrés aussi. Et ils font beaucoup d'agricultures biologiques qui, effectivement, a besoin, effectivement, de protéger, effectivement, les abeilles, notamment. Donc,

18:31
Locuteur

je

18:32
Olivier Serva

n'étais pas pour la loi du plomb. Je dis que je n'étais pas contre pour les raisons évoquées. Et vous savez,

18:38
Locuteur

je

18:38
Olivier Serva

suis député de la nation, député de la première circonscription de la Guadeloupe. Et pour ces raisons-là, et parce que j'ai rencontré des vrais agriculteurs qui ont des vraies souffrances et qui m'ont expliqué qu'ils vont utiliser moins de produits qui détruisent la nature avec la pulvérisation par drone que par pompe, j'ai voté abstention. Et je l'assume.

18:55
Invité

Mais ce que vous dites me fait penser qu'en fait, on ne prend jamais en compte les spécificités. Je ne sais pas quelle est la réalité sur l'utilisation des aéronefs et des insecticides, etc. Mais qu

19:13
Locuteur

'on

19:13
Invité

ne prend pas en compte, en fait, les spécificités non plus des Outre-mer dans la plupart des propositions, des projets de loi français, des propositions de loi. Comment

19:20
Olivier Serva

ça se matérialise, tout ça

19:21
Locuteur

?

19:21
Olivier Serva

Oui. Quand j'étais président de la délégation Outre-mer, entre 2017 et 2022, je m'étais arrangé pour qu'à chaque texte, il y ait un avis de la délégation Outre-mer sur un texte et pour qu'il y ait, dans tous les textes, si possible, un titre Outre-mer. Donc, vous savez que depuis 2022, nous sommes dans un tumulte légistique incroyable et tout ceci n'a pas encore bien pu prendre forme ni prendre place. Mais l'objectif étant qu'il y ait ce qu'on appelle, entre guillemets, le réflexe Outre-mer

19:49
Locuteur

pour

19:50
Olivier Serva

qu'à chaque texte, on puisse se dire... Parce que souvent dans les textes, qu'est-ce qui est prévu ? Au fait, pour les Outre-mer, ce ne sera pas ordonnance

19:57
Locuteur

ou

19:58
Olivier Serva

par décret. Donc, ça, c'est insupportable. Ça veut dire que ce n

20:00
Locuteur

'est

20:00
Olivier Serva

pas la loi, ce n

20:00
Locuteur

'est pas

20:00
Olivier Serva

le législateur, c'est l'État avec les préfets qui font leur sauce. Eh bien, on se bat pour ça et on essaie de le faire le plus possible.

20:08
Locuteur

On

20:08
Olivier Serva

n'y arrive pas toujours.

20:09
Invité

Où est

20:09
Locuteur

-ce

20:09
Invité

qu'on en est dans la lutte contre la vie chère dans l'Outre-mer ? On a vu des mobilisations ces dernières années d'hommes et de femmes qui n'en peuvent plus, qui n'arrivent plus à vivre avec le peu d'argent qu'ils ont. Où est-ce qu'on en est ? Et est-ce que le gouvernement est à la hauteur avec les économies qui sont annoncées encore sur l'Outre-mer dans le budget

20:26
Locuteur

? Bon,

20:27
Olivier Serva

c'est un vaste sujet, mais je vais essayer de le résumer. Partons du protocole d'accord de la Martinique.

20:32
Locuteur

Il

20:33
Olivier Serva

y a eu de grosses mobilisations en Martinique et ils sont tombés d'accord sur un protocole avec quelques points. Le premier, supprimer la TVA sur les produits de première nécessité.

20:43
Locuteur

L

20:44
Olivier Serva

'État l'a fait,

20:45
Locuteur

on

20:45
Olivier Serva

le reconnaît. Ensuite, les collectivités locales doivent supprimer un impôt qui s'appelle l'octroi de mer sur les produits de première nécessité. Ils l'ont fait. Ensuite, l'État devait faire une autre chose, c'est

20:59
Locuteur

prendre

20:59
Olivier Serva

en charge. J'ai remis un rapport sur la continuité territoriale ce matin à l'Assemblée nationale. Il n'est pas encore disponible, mais il le sera dès la semaine prochaine.

21:07
Locuteur

La

21:08
Olivier Serva

continuité territoriale, c'est le principe général de dire que tout citoyen français, y compris le tramarin, a le droit au même service public et aux mêmes conditions. La vie chère, les coûts de transport font que ça coûte plus cher en Outre-mer. L'État s'était arrangé et organisé et engagé à prendre en charge le coût de transport des produits de première nécessité. Pour la Martinique, c'est 10 millions d'euros. Pour tous les Outre-mer, c'était à peu près 100 millions d'euros. L'État, tous pour ça, on attend toujours et je n

21:35
Locuteur

'ai

21:35
Olivier Serva

pas vu ça dans le budget. Donc, pour répondre très clairement à votre question, il y

21:38
Locuteur

a

21:38
Olivier Serva

une loi vie chère, Valls, qui a commencé à être étudiée en commission là, cette semaine. Nous voulons intégrer la prise en compte des produits de première nécessité. C'est à peu près 6 000 références. Ça soulagerait beaucoup. Je rappelle que le taux de pauvreté ici en France en moyenne, c'est 15 %, chez nous en Guadeloupe, c'est 34

21:54
Locuteur

%, deux

21:56
Olivier Serva

fois plus. Donc, ça veut dire que l'État doit

21:58
Locuteur

continuer

22:00
Olivier Serva

son engagement et accorder sa signature avec sérieux et donc prendre en charge le coût de transport des produits de première nécessité. Donc, en clair, pour répondre à votre question, le compte n'y est pas.

22:09
Locuteur

Mais

22:10
Invité

est-ce que, pardon, mais est-ce que le problème, ce n'est pas justement que, je crois, 90 % des produits consommés en Guadeloupe,

22:16
Locuteur

c

22:16
Invité

'est des produits importés

22:16
Locuteur

? Oui,

22:18
Olivier Serva

c'est vrai. Et on aimerait bien faire plus d'agriculture, ma chère dame.

22:22
Locuteur

Mais

22:23
Olivier Serva

pour faire la prise d'agriculture, il faut protéger les agriculteurs du coin.

22:26
Locuteur

Il

22:27
Olivier Serva

faut leur permettre de pouvoir traiter leur production. Je vous ai parlé de la banane. Je pourrais vous parler. Ça m'a fait mal au cœur

22:36
Locuteur

de

22:38
Olivier Serva

la tomate,

22:39
Locuteur

des

22:40
Olivier Serva

pastèques,

22:41
Locuteur

où

22:42
Olivier Serva

les agriculteurs n'ont plus de molécules à disposition. Et là, on enlève encore. Alors,

22:48
Locuteur

on

22:48
Olivier Serva

me dit, oui, mais c'est la santé, les cancers. Quand vous me dites ça, qu'est-ce que je peux dire que sinon, oui, c'est dramatique que les gens ont des cancers. Nous, on a les cancers. J'ai sûrement un cancer de la prostate, puisque 90 % des hommes l'ont en Guadeloupe à cause de la chlordécone. Oui, vous avez raison. Et en même temps, on ne produit pas assez.

23:03
Locuteur

Ce n'est

23:04
Olivier Serva

pas facile à trouver les solutions sur ça. Comment,

23:06
Locuteur

justement,

23:07
Invité

vous réglez ce

23:07
Olivier Serva

dilemme

23:07
Locuteur

?

23:09
Olivier Serva

Eh bien, on respecte les normes européennes. Les agriculteurs s'adaptent. Il n'y a plus de désherbage. Il n'y a plus de molécules. Savez-vous qu'il n

23:18
Locuteur

'y

23:18
Olivier Serva

a

23:19
Locuteur

que... En

23:20
Olivier Serva

fait, je n

23:20
Locuteur

'ai

23:20
Olivier Serva

pas dit pour la loi du plomb. Mais le plus important, c'est qu'en épandage manuel, il y avait trois molécules. En épandage aérien, vous n'avez pas le droit d'utiliser ces molécules. C'est que des huiles neutres, enfin, des huiles, je dirais, moins actives. Donc, c'était encore moins polluant. Ça, je ne

23:37
Locuteur

l

23:37
Olivier Serva

'ai pas dit. Eh bien, on priorise quand même

23:39
Locuteur

la

23:40
Olivier Serva

santé des hommes et des femmes. Et c'est pour ça que peut-être, parfois, on arrive à ces plutôt 80 % de produits importés. Parce qu'on ne produit pas assez, on produit mal. Et parce qu'on est concurrencé par...

23:50
Locuteur

Et

23:51
Olivier Serva

ça, c'est grave. Jean,

23:53
Locuteur

on

23:53
Olivier Serva

produit, on importe du Costa Rica, de Sainte-Lucie-des-Îles-Voisines, des produits bourrés de pesticides, bourrés de pesticides,

24:02
Locuteur

parce

24:03
Olivier Serva

qu'elles n'ont pas à respecter les normes françaises. Et elles viennent sur notre marché. Et bien évidemment, nos agriculteurs, eux, n'ont pas les moyens de concurrencer ces produits, qui sont pourtant autorisés par l'Union Européenne à l'autel du sacrifice du libre-échange, parce qu

24:16
Locuteur

'on

24:16
Olivier Serva

leur a permis à ces pays, pour l'agriculture, de pouvoir délivrer, selon leurs normes européennes sans contrôle, les produits pollués chez nous.

24:26
Invité

Oui, d'accord. Mais alors, juste une petite précision,

24:27
Locuteur

c

24:27
Invité

'est que la France a continué à produire des néonicotinoïdes et des pesticides qui étaient interdits par l'Union Européenne et par la France, et a exporté vers d'autres pays, notamment le Brésil, qui ensuite revenait. Mais c'est la France qui produisait malgré les interdictions. Donc, je veux bien, mais il faut aussi regarder un petit peu notre tolérance, si je veux le dire très gentiment, aux pesticides et aux problèmes très, très concrets que ça pose dans la santé de tout le monde. Et encore une fois, particulièrement à l'aune de ce racisme environnemental qui me paraît quand même être très central ici.

24:59
Locuteur

Moi,

25:00
Olivier Serva

je suis d'accord avec vous. Je ne défends pas les néonicotinoïdes. Je

25:02
Locuteur

ne

25:02
Olivier Serva

les défends pas. Je défends la santé des hommes et des femmes. Et nous, on est un territoire pollué à la chlordécone par la volonté de l'État.

25:09
Locuteur

Et

25:09
Olivier Serva

d'ailleurs, l'État est mesquin parce qu'on voulait avoir sa responsabilité là. Et il a

25:14
Locuteur

fait

25:15
Olivier Serva

appel à sa responsabilité récemment sur la chlordécone. Donc, je suis d'accord avec vous.

25:21
Invité

Est-ce que tu dirais qu'il

25:22
Locuteur

y

25:22
Invité

a une discrimination d'État vis-à-vis des Outre-mer

25:25
Locuteur

dans

25:26
Invité

le traitement qui est réservé aux populations dont on ne parle pas souvent

25:29
Locuteur

et

25:29
Invité

qui passe toujours un petit peu à l'as dans les discussions

25:32
Locuteur

?

25:32
Invité

Parlons politique. Vas-y.

25:34
Olivier Serva

L'État nous délaisse parce qu'on ne compte pas politiquement. Et ça, il

25:37
Locuteur

faut

25:37
Olivier Serva

que ça cesse. Et c'est pour ça que je m'y emploie. C'est pour ça que j'ai créé ce parti politique. Je m'explique. Les Outre-mer, c'est 3,5% des voix.

25:47
Locuteur

Quand

25:48
Olivier Serva

tu rajoutes l'Île-de-France, c'est 5% des voix. Sauf que tu vas prendre le Martiniquais et tu lui parles de Guadeloupéens, tu lui parles de Rome, de Plage, de Jeanne,

25:56
Locuteur

c

25:56
Olivier Serva

'est bon. Pourquoi ? C'est bon, tu les as divisés. L'État arrive à facilement nous diviser sur des critères particuliers. Donc, en fait, c'est 3,5% dont je te parle. Pourquoi ? C'est votre question de tout à l'heure. Pourquoi tous les Outre-mer ne sont pas au groupe plus haut ? Parce qu'on arrive à nous diviser pour des critères tout à fait subjectifs. Donc, on est faible politiquement. Quand on arrivera à se rassembler, au fait, pourquoi Mélenchon était pour le deuxième tour des élections présidentielles de 2022 ? Pour beaucoup de raisons. Oui, mais objectivement, quantitativement,

26:26
Locuteur

il

26:26
Olivier Serva

lui manquait 400 000 voix, 1,5% des voix. Mais les Outre-mer ont beaucoup voté pour lui, du pas de conneries. Bien sûr, y compris moi, y compris moi au premier tour. Vous

26:35
Locuteur

avez voté

26:35
Invité

Jean-Luc Mélenchon au premier tour ?

26:36
Olivier Serva

Bien sûr. Donc, ce n

26:37
Locuteur

'est

26:37
Olivier Serva

pas là que ça a manqué. Et blanc au deuxième tour. Voilà. Je veux tout savoir. Comment ? Non, ce n

26:41
Locuteur

'est

26:41
Olivier Serva

pas là que ça a manqué, mais ça ne suffit pas. Et donc, je te disais

26:44
Locuteur

que

26:44
Olivier Serva

ce qui est important à comprendre, c'est que

26:46
Locuteur

puisqu

26:48
Olivier Serva

'on nous divise, on est faible. Donc, les gars d'ici, ce n

26:51
Locuteur

'est

26:51
Olivier Serva

pas à dire qu

26:52
Locuteur

'ils

26:52
Olivier Serva

ne nous aiment pas plus que ça. C'est qu

26:54
Locuteur

'ils

26:54
Olivier Serva

nous ignorent. Donc, notre job, mon job, le job de tous ceux qui sont de bonne volonté, pourquoi pas le vôtre, c'est de pouvoir rassembler ce qui était part, rassembler la France visible. J'appelle ça la France visible, Jean. La France, tu vois bien que je suis...

27:06
Invité

Pourquoi pas ?

27:07
Olivier Serva

Il y a des gens qui sont la France visible. Voilà. J'en fais partie. Eh bien, toutes ces personnes-là... En fait, je suis franco-béninois. Je sais.

27:15
Locuteur

On y reviendra.

27:16
Olivier Serva

D'accord. Vous avez suivi ça aussi. Bon.

27:18
Locuteur

On est

27:18
Invité

renseigné.

27:19
Olivier Serva

Oui, d'accord. Et donc, tu vois,

27:21
Locuteur

si

27:21
Olivier Serva

on arrive à rassembler ces énergies, là, on va nous considérer politiquement. On ne

27:24
Locuteur

va

27:24
Olivier Serva

pas juste nous donner des strapontins. Je te disais tout à l'heure qu

27:27
Locuteur

'il

27:27
Olivier Serva

n

27:27
Locuteur

'y a

27:27
Olivier Serva

pas d'ultra-mère au gouvernement. C'est parce qu'on ne compte pas politiquement. Ce n

27:29
Locuteur

'est

27:29
Olivier Serva

pas parce qu'ils ne nous aiment pas ou qu

27:30
Locuteur

'ils

27:30
Olivier Serva

ne nous aiment. C'est parce qu'on ne compte pas. Eh bien, notre job, c

27:33
Locuteur

'est

27:33
Olivier Serva

de compter politiquement et de peser politiquement. Voilà. Tu as récemment acquis la

27:37
Invité

nationalité béninoise. Oui. Pourquoi

27:40
Locuteur

? Je

27:43
Invité

t'en prie.

27:45
Olivier Serva

Prends

27:45
Invité

ton temps. Prends ton temps. On a le temps, en plus. Profites-en.

27:48
Locuteur

Pour

27:48
Olivier Serva

quatre raisons.

27:49
Locuteur

Dis

27:49
Olivier Serva

-moi. La première, c'est que je suis visiblement d'ascendance africaine. OK. Bon. Et donc, je l'assume et j'en suis fier. D'ailleurs,

27:59
Locuteur

toute

27:59
Olivier Serva

la race humaine, parce que nous sommes une seule race,

28:01
Locuteur

est

28:02
Olivier Serva

d'origine africaine.

28:03
Locuteur

Nous

28:03
Olivier Serva

sommes des hauts plateaux d'Ethiopie. Après, ça a tourné. Je n'irais pas demander la

28:06
Locuteur

nationalité

28:07
Invité

béninoise pour autant.

28:08
Locuteur

Je

28:08
Invité

t'avoue.

28:09
Locuteur

Je

28:09
Invité

me sentirais moins légitime que toi.

28:11
Locuteur

C

28:11
Olivier Serva

'est possible.

28:12
Locuteur

Voilà.

28:13
Olivier Serva

C'est possible.

28:14
Locuteur

La

28:15
Olivier Serva

constitution haïtienne dit que nous sommes tous noirs. Ça, c'est une autre histoire. Le premier peuple noir indépendant. Mais c'est un détail. Et donc,

28:20
Locuteur

je

28:22
Olivier Serva

suis d'ascendance africaine. J'ai fait des tests génétiques.

28:24
Locuteur

J

28:25
Olivier Serva

'ai fait des tests généalogiques avec le CM98. Merci beaucoup à Emmanuel Gordien, le président, où mon arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère est d'Afrique, des hauts plateaux du Daomé. Ensuite, je suis guadeloupéen.

28:39
Locuteur

Et

28:40
Olivier Serva

j'ai observé

28:41
Locuteur

que

28:42
Olivier Serva

souvent, mes amis, mes compatriotes guadeloupéens regardent un peu les Africains avec un peu de dédain, comme ça.

28:48
Locuteur

Nous,

28:49
Olivier Serva

on est une poussière de terre. La Guadeloupe, c'est tout petit dans le monde. L'Afrique, c'est un continent.

28:53
Locuteur

C

28:53
Olivier Serva

'est 54 pays. C'est magnifique. Ça a des richesses.

28:56
Locuteur

C'est

28:56
Olivier Serva

le berceau de l'humanité. Donc, c'était pour rappeler à mes amis guadeloupéens qui regardent les Africains avec dédain qu'on peut être fiers d'avoir des ascendances africaines. Troisième raison,

29:07
Locuteur

c

29:07
Olivier Serva

'est que je suis député français.

29:09
Locuteur

Et

29:10
Olivier Serva

à l'Assemblée nationale, j'ai observé, et dans l'ambiance générale du pays, parfois, qu'il y

29:14
Locuteur

a

29:14
Olivier Serva

un climat de xénophobie et de racisme décomplexé. Quand tu as Rotailleux qui me parle de français de papier, moi, quand je sors dehors de chez toi, là, je me sens français de papier. Mexicanisation de la vie politique, ensauvagement, tout ce que vous avez entendu comme terme détestable.

29:28
Invité

Mais vous avez voté pour la loi immigration, quand même.

29:30
Locuteur

On

29:31
Olivier Serva

va y revenir.

29:32
Locuteur

On

29:32
Olivier Serva

va y

29:32
Locuteur

revenir.

29:32
Olivier Serva

On revient

29:33
Invité

aussi sur votre jugement, Naïma Mouchou, parce qu'il y a... On y reviendra, on y reviendra. Mais

29:37
Locuteur

continuez à nous expliquer ta

29:38
Invité

nationalité béninoise, et on reviendra sur ces... Non,

29:41
Locuteur

non, non,

29:41
Locuteur non identifié

non, non.

29:42
Invité

Il y

29:42
Locuteur

en a

29:42
Invité

des

29:42
Locuteur

questions,

29:43
Olivier Serva

on a des questions. D'accord, d'accord. OK. Et donc,

29:45
Locuteur

il

29:47
Olivier Serva

s'agit de rappeler aux parlementaires français, où il y a une forme de climat décomplexé, de racisme, de crypto-racisme, que je suis fier de solliciter la nationalité africaine, en l'occurrence béninoise, c'est ce pays qui permet de solliciter la nationalité, avec le Ghana pour la partie plutôt anglophone. Eh bien, je suis fier de ça. Et puis, il

30:08
Locuteur

y a

30:08
Olivier Serva

une quatrième raison. Cette idée ne vient pas de moi. Elle vient de l'ambassadrice du Bénin en France.

30:16
Locuteur

Elle

30:16
Olivier Serva

me dit, savez-vous, monsieur le député, combien de...

30:20
Locuteur

Au

30:20
Olivier Serva

gouvernement de Biden, dans le secrétariat d'État, combien

30:24
Locuteur

d

30:24
Olivier Serva

'Américanos israéliens qu'il y avait

30:26
Locuteur

? Huit

30:27
Olivier Serva

sur vingt. Donc, vous imaginez bien qu'au plus haut sommet de l'État américain, de l'administration américaine, quand vous avez quasiment la moitié des personnes qui est israélo-américaine,

30:40
Locuteur

allez

30:40
Olivier Serva

faire une politique contre Israël.

30:42
Locuteur

C

30:42
Olivier Serva

'est plus difficile. Tout ça pour dire le soft power. Alors, on part de loin. Je suis franco-béninois, franco-africain, disons.

30:50
Locuteur

On

30:50
Olivier Serva

part de loin. Mais je crois que le rapprochement de peuple, le rapprochement de culture, le rapprochement d'ethnie, passe aussi par le soft power, lorsqu'on a la double nationalité. Voilà les quatre raisons pour lesquelles j'ai sollicité la nationalité béninoise.

31:04
Invité

Moi, du coup, je peux rebondir.

31:05
Locuteur

Vas-y, vas-y, s'en prie, mais il faudra qu'on

31:07
Olivier Serva

revienne sur la loi immigration.

31:08
Locuteur

Qu'on

31:08
Invité

revienne sur la loi immigration. Et vous parliez plutôt de Naïma Mouchou en disant que c'était quelqu'un de formidable. Oui. Elle a dit qu'il y avait un problème d'immigration en France. Est-ce que vous partagez sur ma vie ? Manifestement, du coup. Elle l

31:20
Locuteur

'a

31:20
Invité

dit sur ce plateau, d'ailleurs. Non,

31:23
Locuteur

mais

31:23
Invité

pendant

31:24
Locuteur

le temps...

31:25
Invité

Pour compléter,

31:27
Locuteur

c

31:27
Invité

'est vrai que de ce que vous dites, on a du mal à comprendre comment est-ce qu'on peut dire qu'il y

31:32
Locuteur

a

31:32
Invité

un problème. Vous parlez de bouc émissaire, en gros, du fait qu'on pointe du doigt les immigrés, etc. Par ailleurs, vous votez des lois sécuritaires qui ont été dénoncées par toutes les associations, etc. C'est quand même curieux.

31:44
Locuteur

Un

31:44
Olivier Serva

peu paradoxal.

31:45
Invité

Un peu paradoxal,

31:46
Olivier Serva

oui. OK. Prenons le temps de discuter. C'est très important. C'est l'un des cœurs du problème en France.

31:52
Locuteur

Vous

31:53
Olivier Serva

savez,

31:53
Locuteur

je

31:54
Olivier Serva

ne suis pas là pour détourner du regard un problème quand il existe.

31:58
Locuteur

C

31:58
Olivier Serva

'est la meilleure façon de laisser pousser

32:00
Locuteur

le

32:01
Olivier Serva

Rassemblement national. Jamais

32:02
Locuteur

je

32:04
Olivier Serva

serai là pour avoir des postures idéologiques et caricaturées.

32:10
Locuteur

Je

32:10
Olivier Serva

m'explique.

32:12
Locuteur

Je

32:12
Olivier Serva

suis

32:13
Locuteur

pour

32:14
Olivier Serva

que les hommes et les femmes de ce pays vivent en bonne harmonie. Cependant, si d'aventure il y a une immigration clandestine,

32:22
Locuteur

s

32:22
Olivier Serva

'il y

32:22
Locuteur

a

32:22
Olivier Serva

une immigration qui pose problème,

32:24
Locuteur

qui

32:25
Olivier Serva

crée des troubles, elle doit être combattue. Quel genre de trouble

32:28
Locuteur

?

32:28
Invité

Qui pose

32:29
Locuteur

problème

32:30
Invité

? Par son simple statut d'immigré. Non,

32:33
Locuteur

c'est dit clandestine.

32:34
Invité

Clandestine, oui. C

32:35
Locuteur

'est

32:35
Invité

ce que j'ai dit. Oui, mais vous avez dit clandestine. Il y

32:37
Locuteur

a

32:37
Invité

des immigrés qui, pour vous, posent problème ou pas ? C'est ce que vous êtes en train de dire. Non, mais j'ai dit clandestine. Oui,

32:43
Locuteur

d'accord. Non, mais j'ai dit

32:45
Invité

l'immigration clandestine pose problème par nature ? Elle peut. Ou pas ? Elle peut. Bien

32:49
Locuteur

sûr.

32:49
Invité

Ce n

32:50
Locuteur

'est

32:50
Invité

pas systématique.

32:50
Locuteur

Non, mais

32:51
Olivier Serva

attendez. Déjà, quand on ne respecte pas les lois françaises, ça n

32:55
Locuteur

'a

32:55
Olivier Serva

pas ce problème, non

32:55
Locuteur

?

32:56
Invité

Il y a aussi l'absurdité des lois. Il

32:58
Locuteur

y

32:58
Invité

a quand même des situations dans lesquelles les gens sont contraints. Les gens ne viennent pas toujours en France par guetée de cœur. Vous êtes au courant de ça, quand même.

33:06
Locuteur

Je

33:07
Invité

veux dire, s'il y

33:08
Locuteur

a

33:08
Invité

des gens qui viennent par désespoir et qu'en plus, les lois que l'on met en place, que vous avez votées vraisemblablement par ailleurs, les empêchent encore plus de pouvoir accéder à notre territoire et de faire partie intégrante de notre société,

33:20
Locuteur

C

33:21
Invité

'est ça, le problème, en fait.

33:23
Locuteur

Encore une

33:23
Invité

fois, les lois, c'est notre problème parce que qu'il y ait des personnes qui soient pointées du doigt comme étant les fauteurs de troubles, etc., c'est une chose. Le vrai problème,

33:30
Locuteur

c

33:30
Invité

'est que derrière, ça a des réelles conséquences sur leur vie. C'est les lois derrière qui permettent de vraiment réprimer et c'est ça, le racisme. On

33:40
Olivier Serva

va laisser répondre Olivier Serba. Oui, c'est intéressant.

33:43
Locuteur

J

33:43
Olivier Serva

'ai eu trois questions. Laissez-moi développer jusqu'à la fin.

33:48
Locuteur

La

33:48
Olivier Serva

meilleure façon

33:49
Locuteur

de

33:49
Olivier Serva

laisser monter le Rassemblement national, et vous ne doutez pas, ne doutez jamais,

33:53
Locuteur

que

33:53
Olivier Serva

je suis violemment contre le Rassemblement national,

33:56
Locuteur

d

33:56
Olivier Serva

'accord

33:56
Locuteur

? C

33:58
Olivier Serva

'est

33:58
Locuteur

de

33:59
Olivier Serva

ne pas

34:00
Locuteur

répondre aux

34:02
Olivier Serva

inquiétudes des Français. D'accord

34:04
Locuteur

? Dans

34:05
Olivier Serva

le monde où nous sommes, où nous doutons, où on cherche toujours un bouc émissaire, où on a toujours besoin de trouver celui qui nous crée le malheur chez nous,

34:16
Locuteur

l

34:17
Olivier Serva

'immigré et le bouc émissaire

34:18
Locuteur

idéal.

34:19
Olivier Serva

Il est faible,

34:21
Locuteur

il

34:21
Olivier Serva

est souvent en difficulté, et parfois il rentre par nécessité de façon prédestine en France. Si ça pose un trouble

34:28
Locuteur

à

34:29
Olivier Serva

la France, on doit le dire et on doit le traiter.

34:32
Locuteur

Vous

34:32
Olivier Serva

ne me trouverez pas avec d'autres dans la négation de ce trouble. Cependant, cependant, pourquoi ai-je voté la loi immigration ? Parce que j'étais responsable du volet outre-mer. Savez-vous qu'on a besoin d'immigrés

34:49
Locuteur

pour

34:49
Olivier Serva

pouvoir faire un certain nombre de tâches en France ? Ben oui. Les médecins ?

34:53
Locuteur

Beaucoup

34:54
Olivier Serva

de médecins sont d'origine étrangère. Oui, ça n

34:56
Locuteur

'est

34:56
Olivier Serva

pas dû. Oui, bien sûr, absolument, ça

34:59
Locuteur

n'est

34:59
Olivier Serva

pas dû. Concernant les travaux que personne ne veut faire, on a besoin d'immigrés. Donc, je suis pour l'immigration choisie. Ensuite, pourquoi j'ai voté la loi immigration ? Parce que j'étais le rapporteur de la partie outre-mer. Parce qu'en outre-mer,

35:15
Locuteur

j

35:15
Olivier Serva

'avais obtenu, parce qu'il faut aller dans le détail,

35:18
Locuteur

il

35:18
Olivier Serva

ne

35:18
Locuteur

faut

35:18
Olivier Serva

pas juste rester à l'écume des vagues. J'avais fait en sorte de faire voter que pour les métiers en tension, on ne va pas laisser l'État décider, mais on va laisser les préfets avec les organismes économiques pouvoir choisir les métiers en tension et pas pour un an,

35:36
Locuteur

comme

35:37
Olivier Serva

c'était ici le cas en France hexagonale, mais pour trois ans. Donc, c'était un avancé pour

35:42
Locuteur

les

35:43
Olivier Serva

immigrés. Troisièmement, concernant

35:47
Locuteur

les

35:48
Olivier Serva

zones de rétention administrative,

35:50
Locuteur

j

35:51
Olivier Serva

'avais fait voter, c'est mon amendement de notre groupe le fait qu'aucun mineur ne puisse être en zone de rétention administrative.

35:58
Locuteur

D

35:59
Olivier Serva

'accord ? Donc, si vous voulez qu

36:00
Locuteur

'on

36:00
Olivier Serva

rentre dans la loi immigration dans le détail, je suis prêt

36:03
Locuteur

à y rentrer.

36:03
Olivier Serva

Ce que je veux vous dire, ce que je veux vous dire,

36:06
Locuteur

ce

36:07
Olivier Serva

n

36:07
Locuteur

'est

36:07
Olivier Serva

pas parce qu'on vote la loi immigration qu'on est raciste.

36:10
Locuteur

D

36:10
Olivier Serva

'accord ? Et attendez,

36:11
Locuteur

non, non, non, mais j'insiste sur ça, c'est très important. Bien sûr que non.

36:14
Invité

Oui, bien sûr. Et puis

36:15
Locuteur

surtout, la question, c'est pas si quelqu

36:16
Invité

'un est raciste, la question,

36:18
Locuteur

c

36:18
Invité

'est que cette loi, qu'est-ce qu'elle a comme conséquence, les conséquences qu'elle a, c'est des politiques racistes. La question, c'est pas est-ce qu'un tel ou un tel est raciste

36:24
Locuteur

?

36:25
Olivier Serva

Non, mais excusez-moi, ce que je veux vous dire, c'est que moi, je suis français, et républicain,

36:31
Locuteur

comme

36:31
Olivier Serva

vous, et je veux

36:33
Locuteur

participer

36:34
Olivier Serva

au bonheur des Français.

36:36
Locuteur

D

36:37
Olivier Serva

'accord ? Et ça me dérange beaucoup, mais beaucoup, que le Rassemblement National monte malgré les positions humanistes que je pourrais tenter d'avoir.

36:48
Invité

T'as pas peur de lui donner des points au Rassemblement National ? Comment ? T'as pas peur de lui donner des points au Rassemblement National en votant une loi comme celle-là ?

36:53
Olivier Serva

Non, je suis sûr, Jean. Que la loi immigration lutte contre le Rassemblement National ? Je suis sûr

36:59
Locuteur

que

36:59
Olivier Serva

lorsque je parle aux Français de leurs vrais problèmes et que je tente d'apporter des vraies réponses sans démagogie, je fais baisser le Front National, le Rassemblement National. Ça, c'est ma conviction qui est ancrée au plus profond de mon ADN. Oui, c'est

37:10
Invité

en fait, pardon, juste pour aller préciser quelque chose, le fait, soi-disant, que l'immigration soit un problème pour la majeure partie des Français, ce n'est pas vrai. Les sondages d'opinion ne le démontent pas. C'est le récit dominant médiatique, politique. Et effectivement, et là, je vais dans votre sens, justement, pour essayer de nommer un bouc émissaire et pour ne pas travailler sur d'autres problèmes et avancer sur les réels problèmes, à savoir les conséquences quant au dérèglement climatique, le pouvoir d'achat, l'emploi, etc., etc. Donc, du coup, je ne sais pas d'où vous sortez le fait que les Français et vraisemblablement,

37:45
Locuteur

ce

37:45
Invité

soit un problème pour elles et eux.

37:47
Locuteur

Je

37:47
Invité

peux savoir parce que moi, les sondages ne montrent pas ça. Le Rassemblement National, par ailleurs, arrive aussi à faire des scores quand même assez inquiétants, notamment dans les territoires ultramarins. Donc, vous, concrètement, comment vous faites, puisque ça a l'air d'être quelque chose qui vous tient à cœur, et ça, je vous sens sincère là-dedans, pour lutter contre le Rassemblement National, notamment en votant des textes comme celui-ci ? C'est une vraie question.

38:12
Olivier Serva

Bon.

38:15
Locuteur

Vous

38:15
Olivier Serva

savez que les chaînes en continu comme CNews ont des discours, y compris des journalistes, j'ai regardé ça la dernière fois, totalement décomplexés sur des propos anti-immigrés. Vous vous en rendez compte ? Ah oui,

38:30
Locuteur

oui, ça, ça va.

38:31
Olivier Serva

Attendez, je veux voir où

38:32
Locuteur

tu

38:32
Olivier Serva

as une anecdote. Rotaillot, Rotaillot, j'ai un ami qui est au LR, ultramarin,

38:38
Locuteur

qui

38:39
Olivier Serva

connaît Bruno Rotaillot,

38:40
Locuteur

il

38:40
Olivier Serva

dit, mais Bruno,

38:41
Locuteur

pourquoi

38:41
Olivier Serva

tu dis des mots détestables comme ça, comme français de papier, mexicanisation ? Il dit, tu sais pourquoi

38:47
Locuteur

? À

38:48
Olivier Serva

chaque fois que je dis ça, je monte dans les sondages.

38:50
Locuteur

Vous

38:51
Olivier Serva

n'allez pas me faire croire que les Français ne sont pas sensibles au discours.

38:58
Locuteur

Oui,

38:58
Invité

on l

38:58
Locuteur

'a

38:58
Invité

entendu, on l

38:59
Locuteur

'a

38:59
Invité

entendu, oui.

39:00
Olivier Serva

Au discours, une partie des Français ne sont pas sensibles au discours du Rassemblement National. Vous

39:05
Locuteur

n'avez

39:05
Olivier Serva

pas à me faire croire ça,

39:06
Locuteur

d'accord ? Je n'ai pas dit le contraire.

39:08
Olivier Serva

Donc,

39:08
Locuteur

il

39:09
Olivier Serva

faut regarder cette vérité en face et la combattre énergiquement en vérité, non pas en idéologie. Ça, c'est ma posture. D'accord. Deuxièmement, pour risque de me répéter, j'ai voté la loi immigration parce que dedans, il y avait des avancées pour la protection des immigrés et dans l'intérêt des Français.

39:30
Locuteur

D

39:30
Olivier Serva

'accord

39:30
Locuteur

?

39:31
Olivier Serva

Oui, mais c'est mon point de vue, oui.

39:33
Invité

On ne

39:34
Locuteur

vous

39:34
Invité

mettra probablement pas d'accord. Ce soir, je voudrais revenir sur un autre point difficile avec toi. Lors d'un débat télévisé en 2012, tu as qualifié l'homosexualité d'abomination. Tu t'en es plus tard excusé. Tu es revenu sur ses propos. Tu peux revenir un petit peu dessus. Qu'est-ce qui t'a pris et est-ce que tu as évolué depuis ?

39:50
Olivier Serva

Jean, j

39:51
Locuteur

'ai

39:51
Olivier Serva

une question pour toi ? Dis-moi. Est-ce que tu as toujours dit des choses qui ne

39:54
Locuteur

sont

39:54
Olivier Serva

pas des conneries

39:54
Locuteur

? Non,

39:55
Invité

j'en ai dit des conneries.

39:56
Olivier Serva

Mais voilà, moi aussi. OK. Mais voilà.

39:58
Invité

C'est quoi le cheminement, justement

40:00
Locuteur

? Oui, le cheminement, c

40:00
Olivier Serva

'est intéressant. Le cheminement, c'est le suivant.

40:03
Locuteur

c

40:03
Olivier Serva

'est qu'à l'issue de cette émission et quelques temps après,

40:09
Locuteur

j

40:10
Olivier Serva

'ai eu

40:10
Locuteur

un

40:11
Olivier Serva

ami homme

40:12
Locuteur

et

40:12
Olivier Serva

une amie femme proche de moi

40:15
Locuteur

et

40:16
Olivier Serva

qui m'ont dit « Tiens, Olivier, viens me voir.

40:18
Locuteur

»

40:19
Olivier Serva

Ils m

40:19
Locuteur

'ont

40:19
Olivier Serva

dit « Tu sais, Olivier, je suis homosexuel

40:26
Locuteur

et

40:27
Olivier Serva

ce que tu as dit là m'a fait beaucoup de peine de

40:29
Locuteur

ce

40:31
Olivier Serva

que tu as dit ça m'a touché beaucoup.

40:33
Locuteur

Et

40:34
Olivier Serva

moi, je ne suis pas là pour faire de la peine aux gens. Je

40:36
Locuteur

ne suis pas

40:36
Olivier Serva

là pour blesser.

40:38
Locuteur

D

40:39
Olivier Serva

'accord

40:39
Locuteur

?

40:39
Olivier Serva

En 2012, nous étions dans un débat avant le mariage pour tous très énergique et peut-être l'argumentation catholique

40:49
Locuteur

puisque

40:49
Olivier Serva

j'avais cité la Bible n'était pas la bonne argumentation pour pouvoir défendre ces idées-là. Et faire de la peine aux personnes, c'est tout à fait regrettable.

40:59
Invité

Il y a un rapport d'information de l'Assemblée nationale en 2018 qui indique, je cite, que dans la grande majorité...

41:05
Locuteur

À ma

41:05
Olivier Serva

demande !

41:05
Invité

À ta demande,

41:06
Olivier Serva

sans doute, excuse-moi, je ne savais pas. Je suis président de la délégation d'autres maires à ce moment-là et c'est moi qui dirigeant ton rapport contre les discriminations en général, les discriminations sexuelles en particulier. Eh bien, j'avais zappé ça.

41:15
Invité

Donc, à ta demande, un rapport d'information de l'Assemblée nationale a été rendu qui indique, entre autres, que dans la grande majorité des régions ultramarines, l'homosexualité est perçue très négativement par la majorité des habitants.

41:27
Locuteur

Est

41:27
Invité

-ce que tu saurais nous dire à quoi c'est dû ?

41:29
Olivier Serva

Oui, c'est dû sûrement

41:33
Locuteur

à

41:33
Olivier Serva

la religion.

41:34
Locuteur

Il

41:35
Olivier Serva

y

41:35
Locuteur

a

41:35
Olivier Serva

le poids de la religion, à peu près 80% des hommes et des femmes, en tout cas, dans Guadeloupe-Martinique et Guyane, ils sont catholiques ou

41:43
Locuteur

protestants,

41:44
Olivier Serva

donc chrétiens, et donc le poids de la religion compte pour beaucoup, à mon avis.

41:49
Invité

Mais si on prend un autre exemple,

41:50
Locuteur

le

41:50
Invité

pays de l'Irlande, que je connais bien puisque j'y ai vécu un peu en Irlande, c'est un pays extrêmement catholique, on est tous d'accord là-dessus, ça a été le premier pays à adopter le mariage homosexuel par référendum. Donc c'est-à

42:01
Locuteur

-dire

42:01
Invité

que la religiosité d'un pays et la possibilité de ne pas être homophobe sont compatibles. Donc il n'y a pour vous que la religion qui explique cela ?

42:14
Locuteur

Je

42:15
Olivier Serva

ne connais pas bien l'Irlande. Je pense qu'il

42:16
Locuteur

y a

42:16
Olivier Serva

la religion, il y a aussi peut-être les croyances ethniques, je ne sais pas. Je pense qu'il y a quelque chose de ce point de vue-là.

42:24
Locuteur

Est

42:24
Invité

-ce

42:24
Locuteur

que

42:24
Invité

vous n'étiez pas le seul ? On se souvient au moment du Nouveau Front Populaire Huguet de Bélo, la présidente de la région Réunion n'avait pas été la candidate à Matignon du Nouveau Front Populaire, notamment parce qu'elle n

42:35
Locuteur

'était

42:35
Invité

pas présente au moment du vote du mariage pour tous en 2013. C'est un motif récurrent chez certains élus ultramarins. On sent qu'il

42:47
Locuteur

y a

42:47
Invité

une tension quand même dans les Outre-mer qui se pose sur ces sujets. À l'époque,

42:51
Locuteur

c

42:51
Invité

'était sur le mariage homosexuel. Peut-être aujourd'hui, cela est sur la transidentité, etc. Vous en pensez quoi ? De quoi

42:58
Locuteur

? De

43:00
Olivier Serva

cette spécificité ? Bon, moi,

43:03
Locuteur

je

43:03
Olivier Serva

pense que j'ai répondu. Je pense qu'il y a la religion. Bon, il y a aussi notre côté peut-être insulaire où tout le monde se connaît ou ça peut-être choqué plus. Je ne sais pas. Je pense qu'il y a de ça. Il y

43:19
Locuteur

a

43:19
Olivier Serva

le côté insulaire et la religion. Et peut-être les origines ethniques, peut-être aussi. Léa

43:24
Locuteur

?

43:24
Invité

Alors, moi, je voulais revenir sur vos travaux à l'Assemblée nationale.

43:28
Locuteur

Donc,

43:28
Invité

Jean a cité ce rapport, d'une part. Et vous avez porté récemment une proposition de loi qui a été adoptée en mars dernier. sur la discrimination capillaire.

43:38
Locuteur

Et

43:39
Invité

du coup, je voulais savoir ce qu'il en était parce qu'elle a dû être réintroduite du fait des élections, si je ne

43:44
Locuteur

me

43:44
Invité

trompe pas.

43:46
Locuteur

Non,

43:46
Invité

parce qu'elle avait été adoptée. Donc, elle est renvoyée au Sénat. Je voulais savoir ce qu'il en était en termes de calendrier et des possibilités. Quel est le futur de cette loi ? Qu'est-ce qu'elle comporte ? Vous nous présentez un peu ce projet qui me semblait intéressant.

44:00
Olivier Serva

Oui. Déjà, d'où vient-il ce projet ? Eh bien, savez-vous qu'il n'y a pas que les noirs qui sont discriminés de façon capillaire

44:09
Locuteur

? Les

44:10
Olivier Serva

rouges, également. Les personnes rousses

44:12
Locuteur

?

44:12
Olivier Serva

Exactement. Il y

44:13
Locuteur

a

44:13
Olivier Serva

les rousses,

44:14
Locuteur

il

44:14
Olivier Serva

y a les blondes aussi.

44:15
Locuteur

Et

44:16
Olivier Serva

puis, il

44:16
Locuteur

y a

44:16
Olivier Serva

les chauves.

44:17
Locuteur

Je

44:17
Olivier Serva

ne

44:17
Locuteur

me

44:17
Olivier Serva

regarde pas comme ça.

44:18
Locuteur non identifié

Déjà.

44:19
Olivier Serva

Et donc,

44:20
Locuteur

oui,

44:21
Olivier Serva

pourquoi ? Parce qu'il est prouvé qu'une femme noire, quand elle va, je dirais, postuler un emploi, huit fois sur dix, elle doit changer de coupe de cheveux.

44:32
Locuteur

Il

44:32
Olivier Serva

est prouvé que lorsque les femmes utilisent des produits défrisants, eh bien, elles ont trois fois plus de chances d'avoir des fibromes et trois fois plus de chances d'avoir des cancers du col de l'utérus. Il est prouvé que ça coûte plus cher d'utiliser des produits défrisants que des produits naturels. Et il est prouvé que se dénaturer ses cheveux, se dénaturer soi-même. Et donc, on perd son identité, on est moins bien pour soi et pour la société. Pour toutes ces raisons, on a mené le combat avec des influenceurs, avec des coiffeurs, avec des personnes engagées. Et on a voté une large majorité à l'Assemblée nationale. Maintenant, elle doit être reprise au Sénat.

Laissez-moi vous faire une confidence. Je vous dis que j'étais hier ou avant-hier avec le ministre des Rois des siècles au Parlement. Je lui ai dit que

45:16
Locuteur

j'ai

45:16
Olivier Serva

une seule demande. je veux, parce qu'il peut faire ça, il peut gérer ça, que dans la programmation au Sénat du gouvernement qu'il puisse porter cette loi. Il m'a dit, peut-être pas, pour répondre à notre question, au premier trimestre 2026, mais au second trimestre 2026. Donc, j'espère, j

45:30
Locuteur

'ai

45:30
Olivier Serva

bon espoir que le gouvernement reprenne cette loi et qu'elle soit enfin promulguée et qu'elle passe à l'Assemblée. Mais, mais Jean,

45:37
Locuteur

c

45:37
Olivier Serva

'est une loi symbolique. Donc, trois ans d'emprisonnement, 45 000 euros d'amende. sais-tu combien de condamnations

45:45
Locuteur

pour

45:46
Olivier Serva

discrimination tu as eu en France en 2023

45:48
Locuteur

? Zéro.

45:49
Olivier Serva

C'est

45:50
Locuteur

pas vrai.

45:50
Olivier Serva

Prouvez la discrimination, toujours. Zéro ? Zéro.

45:52
Locuteur

Prouvez la discrimination. C'est difficile à

45:53
Invité

prouver au tribunal.

45:54
Locuteur

C'est

45:54
Olivier Serva

difficile à prouver. Donc, on doit avancer sur aussi la sanction. Je

45:57
Locuteur

voulais

45:57
Invité

justement vous en parler, mais effectivement, vous avez répondu du coup. Une dernière question. Toi, tu as fait du chemin personnellement sur la question de l'homophobie par rapport à 2012 et c'est une très bonne chose. Tu penses que les Français peuvent faire du chemin sur la question du racisme, sur la question des discriminations quand on voit que 35 % des intentions de vote sont données au Rassemblement national

46:19
Locuteur

?

46:20
Olivier Serva

Je pense que si on n'y prend pas garde, on est tous un peu racistes.

46:24
Locuteur

Et

46:24
Olivier Serva

quand on doute,

46:26
Locuteur

on

46:27
Olivier Serva

peut un petit peu. On a peu la différence, disons. En

46:29
Locuteur

tout cas, on a des clichés en tête, on a des préjugés. C'est systémique et

46:32
Invité

structurel.

46:32
Locuteur

Voilà. C'est presque humain. Bien sûr.

46:35
Olivier Serva

Peut

46:35
Locuteur

-être

46:35
Invité

pas humain, mais en tout cas, c'est systémique et structurel. C

46:38
Locuteur

'est

46:38
Olivier Serva

ça. Et si on n'y prend pas garde, quand on doute, il faut qu

46:42
Locuteur

'on

46:42
Olivier Serva

trouve un responsable. Celui qui est différent et tout désigné. Surtout quand tu as des puissances médiatiques qui encouragent cela. Donc, moi, ce que je crois, c'est que...

46:54
Locuteur

Quand

46:54
Olivier Serva

j'entends, j'entends parfois, oui, mais on n

46:57
Locuteur

'a

46:57
Olivier Serva

pas encore essayé le Rassemblement national au pouvoir. C'est-à

46:59
Locuteur

-dire

46:59
Olivier Serva

qu'on a oublié l'histoire. On perd la mémoire. On oublie les années 20, les années 30. On oublie ces positions qui ont conduit à la Deuxième Guerre mondiale. Donc, on a déjà essayé l'extrême droite. On sait où est-ce que ça mène. Ça mène au chaos, au désert, à la guerre et à la souffrance. Et donc,

47:15
Locuteur

je

47:16
Olivier Serva

crois, Jean, que

47:17
Locuteur

des

47:19
Olivier Serva

personnes comme nous, parce que nous sommes, je crois, de bonne volonté ici,

47:24
Locuteur

en

47:24
Olivier Serva

parlant vérité aux Français, vérité, et moi, j'insiste sur le thème vérité, en regardant les problèmes droit dans les yeux, pas à côté. Sinon, on ne sera pas crédible et les Français, ils le verront. Eh bien, on va leur apporter des vraies réponses à leurs interrogations sur le pouvoir d'achat, sur la sécurité, sur l'environnement. Et je pense qu'on deviendra crédible et qu'on pourra repousser ces méchants, xénophobés racistes.

47:49
Invité

Merci beaucoup Olivier Servat d'être venu sur le plateau de Backseat pour répondre à nos questions.

47:54
Locuteur

d'avoir regardé

47:54
Invité

cette vidéo

47:54
Locuteur

! Merci beaucoup, d'avoir regardé cette vidéo !