Épargne des Français : "Notre priorité absolue, c'est le financement du logement social" assure le directeur général de la Caisse des Dépôts
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L'encours des livrets A et LDD a atteint 571,5 milliards d'euros. Le Premier ministre envisage de taxer la rente. Est-ce que c'était important de rassurer les Français ?
- 1:11RelanceRéponse directe
L'épargne des Français finance essentiellement le logement social. Peut-on la flécher autrement alors que la crise du logement est sans précédent ?
- 2:27OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que doit financer, au-delà du logement social, l'épargne des Français, notamment le livret A ?
- 3:01OuverteRéponse directe
L'argent de la Caisse des Dépôts peut-il financer les nouveaux réacteurs nucléaires ?
- 4:15FerméeRéponse directe
Qui va décider du financement des nouveaux réacteurs nucléaires et à quelle échéance ?
- 4:29OuverteRéponse directe
Est-ce que l'épargne des Français peut financer l'industrie de la défense ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Notre priorité absolue, c'est le financement du logement social. »
- 1:28Invité politiqueChiffre
« Nous avons 180 milliards d'euros qui est dédié au logement social. »
- 1:36Invité politiqueChiffre
« L'année dernière, nous avons fait plus de 16 milliards de nouveaux prêts. »
- 1:40Invité politiqueChiffre
« L'épargne nouvelle qui est arrivée sur nos livres, c'est 40 milliards d'euros. »
- 2:43Invité politiqueChiffre
« Nous gérons 400 milliards de cette épargne. »
- 2:47Invité politiqueChiffre
« Il y en a 200 milliards qui financent le logement social et les collectivités locales. »
- 2:55Invité politiqueFait
« Nous avons de la place pour financer, par exemple, le renouveau énergétique, les énergies renouvelables, le nucléaire peut-être. »
- 3:35Invité politiqueChiffre
« On considère que le financement de la transition écologique, ça va être 300 milliards d'euros dans les cinq années qui viennent. »
- 3:44Invité politiqueChiffre
« La Caisse des Dépôts pourra en financer environ un tiers de l'ordre de 100 milliards d'euros. »
- 5:29Invité politiqueChiffre
« Nous avons 40 milliards d'euros engagés en tant qu'actionnaires des industries de défense, en tant que financeurs des exportations. »
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Bonsoir à toutes et à tous et bonsoir à vous Eric Lombard.
Bonsoir Isabelle Raymond.
Vous êtes le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, bras financier de l'État, actionnaire majoritaire de plusieurs très grosses entreprises comme La Poste, La Compagnie des Alpes ou encore Transdev. Vous êtes aussi récemment venu au secours d'Orpea et puis vous gérez aussi en partie l'épargne des Français, le livret A et le livret de développement durable. L'encours de ces deux livrets a atteint un niveau record au dernier pointage en février pour atteindre 571 milliards et demi d'euros. Le Premier ministre Gabriel Attal envisage, dit-il, de taxer la rente afin d'augmenter les recettes de l'Assemblée, les recettes de l'État.
Il a précisé tout à l'heure à l'Assemblée qu'il ne toucherait pas aux fruits de l'épargne des Français. Est-ce que c'était important de rassurer les Français ?
Oui, c'est important de rassurer les Français sur le fait que leur épargne, le livret A, le livret de développement durable, le livret d'épargne populaire, que nous gérons pour une partie importante, une autre partie est gérée par les banques, est une épargne qui est garantie, qui est sûre et qui est défiscalisée. Et pour les Françaises et les Français, c'est un élément important.
L'épargne des Français, aujourd'hui, elle finance essentiellement le logement social. Or, il est question de la flécher autrement. Peut-on réellement se permettre, Éric Lombard, de dépenser l'argent autrement, alors que l'on connaît une crise du logement sans précédent ?
Alors, je veux rappeler que notre priorité absolue, c'est le financement du logement social. Nous avons 180 milliards d'euros qui est dédié au logement social. Ça sera toujours notre première priorité. Et nous avons de la marge. L'année dernière, nous avons fait plus de 16 milliards de nouveaux prêts. Mais l'épargne nouvelle qui est arrivée sur nos livres, c'est 40 milliards d'euros. Donc, nous pouvons à la fois financer le logement social, le logement intermédiaire, qui est une nouvelle priorité, et puis d'autres développements en matière d'infrastructure, en matière de souveraineté, parce que la souveraineté économique est un des axes de la Caisse des dépôts.
Sauf que vous avez vu la crise du logement et vous avez dû faire des rachats de logements neufs.
Oui, alors ces rachats que notre filiale CDC Habitat a opéré, ça n'est pas fait avec l'épargne du livret A, c'est fait avec les fonds propres de la Caisse des dépôts. Donc ça, ça n'impacte pas l'épargne du livret A. En revanche, au congrès HLM, on a ouvert de nouvelles enveloppes, 8 milliards pour le logement social, 5 milliards pour le logement intermédiaire. Donc, ça restera notre première priorité. Ça reste la priorité. Et on fera ça en quoi qu'il arrive.
Alors, qu'est-ce que doit financer, au-delà du logement social, l'épargne des Français, et notamment le livret A ? J'ai vu qu'il fallait que ça serve l'intérêt général. C'est la priorité.
Alors, tout l'argent de l'épargne des Français est engagé pour soutenir l'économie. Nous gérons 400 milliards de cette épargne. Il y en a 200 milliards qui financent le logement social et les collectivités locales. Donc, nous avons de la place pour financer, par exemple, le renouveau énergétique, les énergies renouvelables, le nucléaire peut-être.
Alors, le nucléaire peut-être, effectivement. J'ai vu que cet argent de la Caisse des Dépôts, il pouvait financer les nouveaux réacteurs. Ça va quand même coûter plus de 50 milliards d'euros.
Oui, c'est-à-dire, si on en finance une partie seulement, c'est une somme qui va être modeste par rapport à ce que nous engageons chaque année pour le logement social. Donc, on peut non seulement faire cela, le nouveau nucléaire français, mais financer, par exemple, les réseaux d'eau, parce que tout ce qui est eau, ça va être essentiel demain. Les réseaux de distribution d'électricité, les réseaux d'énergie renouvelable, les éoliennes, les panneaux solaires devront être raccordés au réseau. Tout ça, c'est des investissements massifs. On considère que le financement de la transition écologique, ça va être 300 milliards d'euros dans les cinq années qui viennent.
Et la Caisse des Dépôts, le groupe de la Caisse des Dépôts, pourra en financer environ un tiers de l'ordre de 100 milliards d'euros.
Et donc, va financer en partie les six nouveaux EPR.
Et ça n'est pas encore décidé. Les discussions ont commencé avec l'État, avec EDF. Mais effectivement, il me semble que pour l'épargne des Français, c'est utile, parce qu'on ne pourra pas faire la transition énergétique sans le nucléaire. On a besoin du renouvelable et du nucléaire. Sinon, ça ne passe pas. Même si on est beaucoup plus sobre, il faudra aussi diminuer notre consommation d'énergie. Et pour EDF, qui va être l'emprunteur, c'est une ressource qui est stable grâce à l'abondance de l'épargne des Français.
Et qui va le décider et à quelle échéance, Éric Lombard ?
Eh bien, c'est une décision qui va être entre EDF, l'État, et la Caisse des dépôts. Et ça va se faire dans les mois qui viennent.
Et parmi les autres fléchages de l'épargne des Français, est-ce qu'il y a l'industrie de la défense ? Est-ce que souhaite le Sénat ? De son côté, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, plaide plutôt pour un produit d'épargne européen. Quelle est votre position à vous, Éric Lombard ?
Aujourd'hui, l'épargne des Français, elle est centrée vers le logement social et les infrastructures. En revanche, la Caisse des dépôts, c'est un groupe qui est très vaste. Il y a la Caisse des dépôts proprement dite, en dehors des fonds d'épargne. Il y a BPI France, dont nous sommes co-actionnaires avec l'État. Et pour tout ce qui est industrie de la défense, le chef de file, la tête de pont, c'est BPI France. Donc, ce n'est pas vous ? Alors, il se trouve que je suis président de BPI France. À travers BPI France ? Mais aussi, à travers de la Caisse des dépôts. La Caisse des dépôts, elle-même, est actionnaire de beaucoup d'entreprises, y compris d'entreprises de défense.
Et ça, c'est les fonds propres de la Caisse des dépôts qui vont être engagés pour financer les entreprises françaises en capital, parce que nous avons besoin de mettre plus de capital et en prêts. Et donc, ça, c'est prévu ?
Vous allez mettre plus de capital dans l'industrie de la défense ?
On le fait déjà. Nous avons 40 milliards d'euros engagés en tant qu'actionnaires des industries de défense, en tant que financeurs des exportations. Et ça, c'est BPI France qui s'en occupe. Et il faut faire plus, parce qu'on voit bien qu'avec la guerre en Ukraine, notamment, la défense, c'est un enjeu de souveraineté. Et il faut considérer que la défense, c'est un enjeu également d'environnement et de société.
Et donc, vous allez faire plus dès cette année ?
Et nous allons faire plus. Donc, vous allez monter au capital d'entreprise ? Le ministre Sébastien Lecornu a fait appel à une mobilisation, parce qu'on ne fabrique pas assez d'armements pour venir en soutien des Ukrainiens, de l'armée ukrainienne, même si nous ne sommes pas nous-mêmes belligérants. Et pour ça, il faudra mettre plus de capital et plus de financement pour ce qu'on appelle la base industrielle et technologique de défense.
Mais qu'en est-il de l'épargne des Français ?
Eh bien, l'épargne des Français, il y a un débat au Parlement pour savoir si la partie de cette épargne qui reste dans le bilan des banques peut être affectée à la défense. Ce débat n'est pas clos. Il se tient au Parlement, mais il ne concerne pas directement la Caisse des dépôts.
Merci beaucoup, Éric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts, invité éco de France Info ce soir.