Réunion publique à Feurs (42) : discours de Jordan Bardella
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:38PrésentateurChiffre
« Un sondage vient de sortir et nous place en tête des élections européennes. »
- 2:09PrésentateurFait
« Lundi 15 avril à 18h50 à Paris, le temps s'est arrêté. »
- 8:10PrésentateurChiffre
« Le rappeur Nick Conrad, qui avait fait une chanson où il appelait à brûler des bébés blancs en tournant un clip en Seine-Saint-Denis, a été condamné à 5 000 euros d'amende avec sursis. »
Temps de parole
- Présentateur92 %
- ?8 %
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Amis de phare de cette grande et belle région Auvergne-Rhône-Alpes, bonsoir et merci de votre accueil. Merci d'être venu en masse pour la 15e réunion publique de cette campagne européenne
qui
nous amène dans les plus beaux territoires de France, dans les villes et les villages où les responsables politiques ne vont plus.
A
chaque étape de notre campagne, c'est un plaisir de découvrir ou de redécouvrir les paysages de notre patrie,
de
rencontrer les femmes et les hommes de notre France, loin des petits cénacles parisiens qui prétendent décider pour vous. Moi, l'enfant des barres HLM de la Seine-Saint-Denis, je me sens ici chez moi. Avant toute chose, je tenais évidemment à remercier notre fédération ainsi que l'ensemble de nos élus, notre ancienne déléguée départementale Sophie Robert pour leur mobilisation à deux jours des fêtes de Pâques.
C'est
vrai que tu es en terrain conquis.
Et
je vous demanderai également des applaudissements appuyés pour notre déléguée départementale Michel Lucas.
On
voit aussi que tu es chez toi. qui, malgré la plus terrible des épreuves, a tenu à organiser ce meeting. Michel reçoit nos sincères remerciements ainsi que l'amical soutien du mouvement.
Je
ne peux commencer ce meeting... Alors ça, je ne
l
'avais pas rajouté, mais je vais vous le dire quand même. Un sondage vient de sortir et nous place en tête des élections européennes.
Un
peu de mal à décoller.
Je
ne peux commencer ce meeting, mes amis, sans avoir évidemment une pensée appuyée pour le drame que nous avons vécu lundi soir en plein cœur de Paris sous les regards impuissants et douloureux de la France entière, mais aussi du monde. Lundi 15 avril à 18h50 à Paris,
le
temps s'est arrêté.
La
forêt, comme on surnommait la charpente de la cathédrale, s'est embrasée
en
portant dans les flammes une partie de notre histoire, une partie de nos racines, mais aussi l'une des plus belles créations de l'humanité que ni les siècles, ni les révolutions, ni les guerres n'avaient réussi à arracher.
C
'était lundi. Un immense brasier se déclarait dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, vous l'avez vu. Oeuvre de la matière et de l'esprit, oeuvre du sang et des siècles fruits du christianisme et de l'énergie d'un peuple, Notre-Dame se consumait devant nos yeux. Prophétiques étaient les paroles de Victor Hugo qui, dans son chef-d'œuvre romanesque Notre-Dame de Paris, en 1831, écrivait.
Tous
les yeux s'étaient levés vers le haut de l'Église.
Ce
qu'il voyait était extraordinaire.
Sur
le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosa centrale, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers
avec
des tourbillons d'étincelles.
Une
grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée.
Au
-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfle de braise, deux gouttières en gueule de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure. Ainsi parlait notre grand poète français. Dans notre vieux et beau pays pourtant fracturé,
le
cœur des Français a battu d'un seul battement lundi soir touché par la même peine. Tous étaient impuissants dans cette même attente, celle de savoir si les défis allaient tenir ou partir en fumée, si le cœur des Français allait s'arrêter.
Il
aura fallu le courage des sapeurs-pompiers de Paris
pour
sauver la structure de la cathédrale, pour préserver tous ceux qui pouvaient l'être malgré des dégâts terrifiants.
Jamais,
jamais le titre de soldat du feu n'aura été aussi juste. C'était une bataille héroïque contre le feu et contre le temps qu'ils ont mené et qu'ils ont gagné. Et je tiens ici, au nom de tous, à les en remercier.
Alors
Notre-Dame a tenu. Le cœur de la France a continué de battre, mais l'espace d'un instant, ce que l'on croyait éternel, a pu s'évaporer.
Nous
autres, civilisations,
nous
savons maintenant que nous sommes mortels, écrivait Paul Valéry comme pour nous avertir.
À
ce moment précis, chaque Français s'est souvenu qu'il y a des valeurs
et
des œuvres plus précieuses que d'autres, des combats plus urgents et plus essentiels que d'autres. Malgré le relativisme ambiant qui professe que tout se vaut, la juste hiérarchie du monde a repris ses droits le temps d'un instant et rappelé à chacun ce qui compte véritablement.
Ce
qui compte véritablement, ce sont nos racines chrétiennes, vivantes, et dont Notre-Dame est l'une des plus belles illustrations aux yeux de l'humanité. Le christianisme a nourri l'âme française et modèle encore notre manière de vivre. Il irrigue notre vision de l'homme, de sa dignité, de sa liberté, de sa responsabilité et de sa singularité.
Même
la laïcité dont nous sommes les défenseurs est le fruit de cette religion qui sépare le temporel et le spirituel,
qui
rend à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.
Dans
ces pires millénaires de Notre-Dame,
il
y a une part de nous-mêmes.
Et
je fais mienne la formule prononcée hier par Éric Zemmour à Marseille à l'invitation de notre sénateur Stéphane Ravier,
qui
n'a pas été ému aux larmes devant l'incendie de Notre-Dame, n'est pas véritablement français.
Il
est deux catégories de français qui ne comprendront jamais l'histoire de France. Ceux qui refusent de vibrer au souvenir du Sacre de Reims, ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération, disait l'historien Marc Bloch. Désormais, nous pourrons ajouter une nouvelle catégorie.
Souvent,
on nous demande en politique, c'est quoi être français ? Alors, c
'est
souvent une définition qui est compliquée. Je crois qu'on en a enfin une définition. «
N
'est pas français celui qui n'a pas eu le cœur qui saigne en voyant brûler Notre-Dame lundi soir
».
Être français, c'est un honneur. Être français, c'est un acte d'amour. Être français, c'est partager le pouls de la France. C'est partager son histoire. C'est pleurer quand elle perd ses enfants au chemin des Dames ou au Bataclan. C'est se glorifier de ses victoires. C'est vivre avec elle, grâce à elle et pour elle.
D
'ailleurs, à ceux qui ont ri sur les réseaux sociaux, vous l'avez vu devant l'incendie de Notre-Dame,
à
ceux-là, j'ose dire aujourd'hui qu'ils ne méritent pas d'être français. Aussi, je demande aujourd'hui à l'UNEF, vous avez vu ce syndicat gauchiste, école des cadres de la gauche et du parti socialiste, bénéficiaire de milliers d'euros d'argent public de virer tous ces représentants qui se sont ri du malheur des Français. Leur exemple d'ignominier, vous avez vu un membre du bureau national de l'UNEF qui ironie sur les réseaux sociaux, sur Twitter. « Ça y est, drame national, car une charpente de cathédrale brûle.
»
Une consœur, Madame Afsa Askar, qui est elle aussi membre du bureau national de l'UNEF, a tweeté
«
Jusqu'où les gens vont pleurer pour des bouts de bois
? Vous
aimez trop l'identité française, alors qu'objectivement, c'est un délire de petits blancs.
»
Et ceci, vous le savez, c'est qu'une infime partie du déferlement quotidien de haine anti-chrétienne, de haine anti-française, de la part de jeunes racailles qui s'en prennent impunément à nos valeurs et à ce que nous sommes sur les réseaux sociaux.
Et
qui en parle à part nous
? Qui
monte au créneau à part nous sur ces sujets pour dénoncer ces appels à la haine ?
Mais
sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, nos gouvernements ne font rien. Laisse faire. La justice est impuissante, préférant comme à son habitude être forte avec les faibles, mais faible avec les forts. On a vu aussi d'ailleurs, vous l
'avez
peut-être vu, que le rappeur Nick Conrad, qui avait fait une chanson où il appelait à brûler des bébés
blancs
en tournant un clip en Seine-Saint-Denis, a été condamné à 5 000 euros d'amende avec sursis.
Alors
pour eux, il n
'y a
pas de problème. La justice comprend.
La
justice excuse. Et surtout, la justice pardonne.
Mais
il faut bien dire que
le
président de la République, celui qui veut désormais rebâtir Notre-Dame, avait montré l'exemple, puisqu'il avait dit, vous vous souvenez, pendant la campagne présidentielle, qu'il n'existait pas de culture française. Voilà comme en parlent depuis 40 ans nos pseudo-élites, adeptes de la repentance et de la haine de soi. Et d'ailleurs, rebâtir Notre-Dame, mais comment
?
L'idée d'un concours international a été lancée, certains parlent de remplacer la flèche
pour
y mettre l'une de ces monstruosités qu'est l'art contemporain qui défigure Paris et qui, pour le coup, coûte un pognon de dingue.
Alors
nous le disons, il faut rebâtir Notre-Dame, bien sûr, mais la rebâtir à l'identique, dans le strict respect du patrimoine matériel des Français.
Car
dans ces pires millénaires,
il
y a des générations de Français qui se sont succédés,
qui
ont bâti la France, unis par un idéal commun et qui l'ont consolidée, qui l'ont élevée et qui en ont fait
ce
pays incomparable, notre pays, la
France. Et
si l
'on
ne prend pas garde, l'identité de la France, elle aussi, que l'on croyait pérenne, s'avérera menacée.
Et
elle l'est aujourd'hui, peut-être plus qu'elle ne l'a jamais été, et vous le savez.
Dans
ce monde incertain, en pro-migration de masse comme aux guerres économiques, nous avons besoin de réaffirmer avec force qu'ils nous sommes des Français, c'est-à-dire, en un mot, les propriétaires de la Maison France.
Parce
que dans le monde actuel, quel pays réussit en se reniant
?
Est-ce que les Américains, les Chinois, les Russes, les Japonais ont honte d'être Américains, Chinois, Russes et Japonais
? Bien
au contraire. Trump réaffirme, lui, la puissance américaine et les Américains brandissent fièrement leurs drapeaux. La Russie de Poutine, elle, avec laquelle nous voulons des relations saines, s'appuie sur son héritage orthodoxe. Français, cela signifie quelque chose aux yeux du monde. Cela signifie que nous sommes les héritiers d'une immense civilisation qui ne veut pas mourir, car nous voulons la préserver, l'enrichir, pour la transmettre aux générations qui viennent.
A
l'image des pompiers de Paris dont je vous parlais, qui ont lutté avec héroïsme et bravoure contre le feu, nous devons nous engager. Chacun à sa mesure, parce que la France mourra si nous restons chacun dans notre coin à regarder le train passer.
Si
les Français ne se lèvent pas pour défendre leur pays,
qui
le fera à leur place ? Si les Français ne réaffirment pas qu'ils sont les propriétaires de la Maison France, qui le fera
?
Et enfin, si la France n'appartient pas aux Français, à qui appartient-elle
? Nous,
Français, nous sommes les propriétaires de la Maison France, et nous avons des droits dans notre pays et sur notre pays. Les Français ont le droit de dire qu'en France, ils sont prioritaires, et que le premier arrivé n'a pas les mêmes droits que ceux qui étaient là avant.
Et
c'est pour ça que nous disons que pour nous,
jamais,
jamais un migrant fraîchement débarqué, parfois au mépris de nos lois, ne devrait bénéficier d'un statut plus avantageux que les Français. Comme c'est le cas ici, dans votre région, d'ailleurs, où Laurent Wauquiez a instauré, je crois, un système de gratuité pour les transports, pour les clandestins, à l'heure où nos compatriotes, qui ont de plus en plus de mal à boucler les fins de mois, doivent eux s'acquitter du tarif normal.
Pour
nous, jamais le dernier arrivé ne devrait imposer son mode de vie, ses mœurs, ses codes, en méprisant celles des Français. Alors c'est très simple, à Rome, on vit comme les Romains, donc en France, on vit comme des Français.
Et
ici, dans votre région, vous le savez bien, les pouvoirs publics ont imposé, ici, comme dans de nombreuses régions,
l
'accueil de migrants sans jamais vous consulter. Outre le déni de démocratie, qui est une insulte au peuple, je pose cette question sans prendre de gant, dans une période où les Français exigent de savoir où passe l'argent. Combien cela coûte à la société, un migrant, que l'on doit assister, que l'on doit prendre en charge, qui parfois ne parle pas français, et qui souvent n'est pas employable ? Combien ça coûte ? Combien ça coûte ? Et surtout, combien ça nous coûte
? Parce
que combien d'argent pourrait être mis efficacement avec cet argent pour lutter contre la désertification, pour sauver un poste de police, pour améliorer la desserte des transports ou leur régularité
? Alors
moi, j'en ai assez de ces gens généreux qui donnent toujours des leçons sur l'accueil, qui nous bassinent avec la solidarité, solidarité qui n'a de sens que pour le monde entier, mais jamais lorsqu'un Français n'a pas de toit sur la tête et habite à côté de chez eux.
Avec
eux, l'accueil, c'est toujours bien,
mais
chez les autres, et avec l'argent des autres. Alors peu importe pour ces apprentis sorciers que leur immigration de masse amène le communautarisme, l'islamisme, et plombe nos comptes publics.
Pour
eux, la France,
c
'est un terrain vague, c'est un laboratoire pour leur expérimentation idéologique.
Quand
la gauche joue sur les bons sentiments et la culpabilité,
la
fausse droite de Wauquiez est toujours prête à se flageller et à signer le chèque.
Je
le réaffirme ici, mes amis, et nous le dirons autant qu'il le faudra, avec nous, au pouvoir, pas un euro ne sera déversé pour l'accueil des migrants tant qu'un Français n'aura pas de toit sur la tête.
Et
ça s'appelle du bon sens.
Parce
que le rôle des pouvoirs publics, ce n'est pas d'ajouter des difficultés aux difficultés que vous vivez déjà. C'est d'aménager le territoire, d'améliorer l'existence et de, en un mot, vous faciliter la vie.
Nous,
nous voulons un État qui joue son rôle, rien que son rôle, qui n'est plus un obstacle pour nos entrepreneurs, pour nos agriculteurs, ou pire, un vecteur de tension et de détricotage lorsqu'il impose l'immigration massive dans des territoires déjà submergés.
Alors,
je vous rassure, c'est la même chose en Europe avec la Commission européenne qui veut tout réjanter de loin. La vraie vie, on ne la connaît pas
quand
on est un commissaire européen surpayé, enfermé dans un bureau à Bruxelles.
Quel
commissaire européen peut comprendre le quotidien d'un Français dans la précarité quand la fin du mois, quand nos compatriotes n'ont plus les moyens de boucler les fins de mois
?
Quel commissaire européen peut comprendre la révolte fiscale portée par les Gilets jaunes depuis novembre
?
Quel commissaire européen comprend les tracas d'un petit chef d'entreprise qui fait vivre l'économie réelle quand eux ne jurent que par la finance et jouent bien souvent au casino avec votre argent dans les subprimes américains
? Ces
commissaires européens,
comme
la Commission européenne, nous les remettrons à leur juste place dans les poubelles de l'histoire.
L
'Europe des nations que nous voulons,
c
'est une Europe débarrassée de la Commission européenne et de son diktat.
L
'Europe des nations que nous voulons, c'est une Europe qui respecte et qui écoute les peuples, qui comprend leur vécu, qui sait qu'un euro d'argent public, c'est un euro qui sort de vos poches et que l'on n'a pas de droit de dépenser n'importe comment pour financer n'importe quoi. Alors mes amis, le 26 mai approche
et
face à une Union européenne qui gère des pays le nez sur les statistiques avant de s'occuper des hommes,
nous
appelons-nous à une Europe humaine, à une Europe logique, à une Europe protectrice et surtout, en un mot, à une Europe du bon sens.
Dans
cet industrieux département de la Loire que l'épopée des Verts a marqué, devienne une plus large épopée, une épopée bleu-blanc-rouge.
Et
c'est parce que nous sommes un peuple de bâtisseurs que nous reconstruirons Notre-Dame.
Et
c'est parce que nous sommes un peuple bâtisseur que nous construirons demain fièrement une Europe des nations libres, souveraine, où les peuples seront enfin respectés et où votre identité commune sera enfin défendue. Vive le peuple français, vive la République et vive la France.
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