L'interview : Gabriel Attal - 13/04
Audio original de l'émission.
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Vous écoutez RMC, RMC, l'interview Apolline de Valherbe. Bonjour Gabriel Attal.
Bonjour Apolline de Valherbe.
Merci de répondre à mes questions ce matin sur RMC et BFM TV. Vous êtes porte-parole du gouvernement et dans ce moment de campagne, vous êtes sur tout soutien d'Emmanuel Macron. On va revenir évidemment sur son programme qui évolue un tout petit peu. On le voit bien, on va parler notamment des retraites. Mais justement, on se demande presque, il a beaucoup insisté sur le fait qu'il n'était ni de droite ni de gauche. La vérité, c'est que vous êtes parfois de droite, parfois de gauche en fait. De droite avant les élections, de gauche après quoi.
La réalité, c'est qu'on veut répondre aux problèmes des Français. Et que pour ça, il y a des solutions, il y a des mesures qu'il faut prendre. Et moi, je ne sais pas si on peut dire qu'elles sont de droite ou de gauche. C'est-à-dire quand on veut répondre aux problèmes de sécurité des Français. Moi, je vais vous dire, la retraite à 65 ans, par exemple, c'est de droite. Sauver notre système de retraite.
Et le lendemain, dire que ce n'est pas forcément la retraite à 65 ans, c'est un peu plus de gauche.
Sauver notre système de retraite par répartition. C'est-à-dire la solidarité, le fait que c'est les actifs qui financent la retraite des retraités, ce que va permettre cette réforme. Je ne sais pas si on peut dire que c'est de droite. Et cette réforme qui va permettre d'avoir une retraite minimale à 1100 euros pour tous ceux qui ont une carrière complète. Je ne sais pas si on peut dire que c'est de droite ou de gauche. Quand on veut répondre aux problèmes de sécurité des Français, en renforçant les forces de l'ordre sur le terrain, en créant 200 brigades de gendarmerie, spécifiquement pour les territoires ruraux dont on parlait dans le plateau juste avant.
Classiquement, certains pourraient dire que la sécurité, c'est un sujet de droite. Bah non, vous savez, il y a beaucoup de Français qui sont de gauche, qui se reconnaissent dans la gauche, qui veulent davantage de sécurité. Donc nous, on regarde simplement quels sont les problèmes dans notre pays. On cherche à y apporter des solutions. Certains veulent dire que c'est de droite ou de gauche. Je ne pense pas que c'est ce qui préoccupe les Français. Ce qui les intéresse, c'est qu'on règle leurs problèmes.
Vous l'avez bien compris, la question des retraites, elle préoccupe les Français. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron l'a découvert un peu à ses dépens lors de son premier jour de campagne d'entre-deux-tours, en entendant ces Français qui s'adressaient à lui et qui, pour nombre d'entre eux, ont immédiatement fait référence à cette proposition de la retraite à 65 ans. Et on a vu quand même un Emmanuel Macron qui a évolué au fur et à mesure de la journée. On l'a presque vu en direct sur l'antenne de BFM TV. On l'a bien vu au fur et à mesure de la journée. Et à la fin de la journée, il disait, finalement, pourquoi pas 64 ans ?
Et puis, on peut en discuter, alors que c'était un des moyens d'attirer un électorat de droite avant le premier tour. À un moment, il faut quand même dire les choses.
Ce qu'on a vu, c'est qu'Emmanuel Macron a précisé les conditions de cette réforme. Et ce qu'on a vu dans le déplacement auquel vous faites référence, c'est des Français qui, pour certains, avaient le sentiment qu'on allait passer à la retraite à 65 ans quasiment en septembre prochain. Alors qu'on a toujours dit, au moment où on a présenté cette réforme, on a dit qu'elle se mettrait en place progressivement sur deux quinquennats, sur dix ans, à raison de quatre mois supplémentaires d'âge légal de départ par an. Et ce qu'a dit Emmanuel Macron, c'est quoi ?
C'est qu'on va mettre en place cette réforme s'il est réélu, progressivement, avec le même calendrier X qui avait été annoncé, mais qu'au moment où on arrivera à 64 ans, c'est-à-dire à la fin du prochain quinquennat, puisque c'est quatre mois par an, on pourra se poser la question de se dire, est-ce qu'on continue et qu'on va jusqu'aux 65 ans ou pas ? C'est tout simplement ce qu'il a dit. Mais on a toujours dit, un, que ça serait progressif, et deux, qu'on voulait le faire dans la concertation. Donc vous le dites ce matin ? À un moment, on peut discuter avec les partenaires sociaux, regarder la mise en place de cette réforme, les impacts qu'elle a, etc.
Et puis se poser la question de savoir si le rythme jusqu'au bout, on le maintient. Je pense que c'est plutôt ce que les Français attendent aussi. Moi, ce que je suis certain, c'est qu'on nous aurait reproché à l'inverse, de dire, vous êtes trop fermé, vous ne discutez pas.
Exactement. On est toujours pour la retraite à 65 ans.
Ce que je dis, c'est qu'on veut toujours réformer notre système de retraite, tout simplement pour qu'il puisse continuer à exister et verser des retraites. Apolline de Malherbe, notre système de retraite, il est financé comment ? Vous avez des actifs, vous, moi, qui travaillent, et qui financent la retraite des retraités.
En fait, c'est la même chose que vous jouez juste sur le calendrier.
Non, qui financent la retraite des retraités. Moi, je croyais qu'il avait changé. Vous avez de plus en plus de retraités dont il faut financer la retraite, et donc de moins en moins d'actifs. Donc à un moment, vous avez trois choix. Soit vous baissez les retraites, on ne veut pas le faire. Soit vous augmentez les impôts sur ceux qui travaillent pour financer plus de retraites, on ne veut pas le faire. Il n'y a pas besoin de courir, je voudrais juste vraiment qu'on prenne le temps de comprendre. J'essaie d'expliquer la philosophie de la réforme, c'est aussi important, et que les Français le comprennent.
Évidemment, et c'est pour ça, justement, prenons le temps de comprendre. Certains, les Français qui étaient face à lui, d'ailleurs, sur le terrain, ont eu l'impression qu'Emmanuel Macron changeait de discours. En fait, ce que vous nous dites ce matin, c'est non. On a toujours, on souhaite toujours la retraite à 65 ans, et on souhaite toujours la faire de manière progressive, rien n'a changé.
Il y a un cap, oui, 65 ans. On veut le faire de manière progressive, comme on l'avait dit. Simplement, ce qu'a dit le Président, c'est qu'il pourrait y avoir des moments de rendez-vous, on regarde comment cette réforme se met en place, l'impact qu'elle a, et potentiellement se poser des questions.
Donc les promesses avant le premier tour sont les mêmes qu'après le deuxième tour.
C'est sain, Apolline de Malherbe, de se dire à un moment, quand on met en place une réforme importante, avec les partenaires sociaux, avec les forces politiques, on peut regarder comment elle se met en place. C'est pour ça que je suis là, pour expliquer des choses comme lui. La réforme à 65 ans, c'est toujours votre objectif. L'objectif en soi, ce n'est pas les 65 ans.
L'objectif en soi, c'est de permettre à notre système de continuer à exister, de permettre de continuer de verser des retraites, et de permettre d'avoir la retraite minimum à 1 100 euros pour tous ceux qui ont une carrière complète, de permettre au mois de juillet prochain, de revaloriser les retraites des retraités actuels avec l'inflation, puisque c'est aussi une demande très forte qu'on a des retraités. Ils le disent, les prix augmentent sur un certain nombre de produits, et notre retraite n'est pas revalorisée en même temps que l'augmentation des prix.
Et donc, si Emmanuel Macron est réélu, en juillet prochain, les retraites seront revalorisées avec l'inflation, et donc ça sera du pouvoir d'achat en plus pour les retraités. Tout ça, ça se finance. D'un côté, vous avez Marine Le Pen qui explique qu'il y a de l'argent magique, qu'en fait, il n'y a pas besoin de le financer, que les gens pourront même travailler moins longtemps, ce qui est un mensonge absolu. À la fin, on sait qu'il ne restera que deux choix, si elle était amenée à mettre en place son programme, c'est soit baisser les retraites pour équilibrer le système, soit augmenter les impôts sur ceux qui travaillent. Nous, on ne veut pas de ces deux solutions.
Donc oui, ça veut dire que, globalement, il faut qu'on travaille un peu plus longtemps. Maintenant, est-ce que ça va se faire de la même manière pour tout le monde ? Non. On tiendra compte des carrières longues, de la pénibilité, évidemment des métiers qui usent davantage que les autres. Et donc, ces personnes-là, évidemment qu'elles ne doivent pas partir à 65 ans, qu'elles devront partir plus tôt. Donc tout ça, on va le mettre en place en lien avec les partenaires sociaux. Qui sont les Français qui seront les premiers concernés ? Les Français qui seront les premiers ?
C'est-à-dire ceux qui, aujourd'hui, travaillent et qui vont voir leur retraite reculer un tout petit peu.
Alors, la génération pour laquelle la réforme rentrera pleinement en vigueur, je crois que c'est la génération 69. Le Président avait eu l'occasion de le dire. Donc ça, ça ne change pas ? Non, mais encore une fois, on a un rythme qui va se faire très progressivement sur quasiment 10 ans. Et ce qu'a dit le Président de la République candidat, c'est que, pendant qu'elle se met en place, on va avoir des moments de rendez-vous avec les partenaires sociaux pour regarder la manière dont ça se met en place, les impacts, et se poser la question du rythme et des bornes. Voilà, tout simplement.
Du rythme et des bornes. Je voudrais qu'on revienne sur cette rémunération qu'on apprend aujourd'hui de Carlos Tavares. Carlos Tavares, le patron de Stellantis, qui chapote PSA Citroën. Il a gagné, en 2021, 66 millions d'euros.
66 millions d'euros, c'est acceptable ? Ça a été expliqué dans le plateau juste avant avec Nicolas Dose. C'est une entreprise privée, et c'est à la fin les actionnaires qui décident et qui votent. Il a eu l'occasion de le dire lui-même que c'est arrivé à de nombreuses reprises que des actionnaires décident différemment. Nous, ce qui nous importe, c'est quoi ? C'est qu'il y ait un meilleur partage de la valeur dans l'entreprise.
Et nous, ce qu'on dit, et c'est dans le programme d'Emmanuel Macron, c'est qu'on veut mettre en place une règle dans la loi où quand une entreprise fait des bénéfices, verse des dividendes, les salariés en profitent aussi, soit avec des dividendes salariés, de la participation, soit avec la fameuse prime Macron qui a été versée déjà à 4 millions de personnes cette année. Et que donc, quand une entreprise verse des dividendes, les salariés en bénéficient aussi. Un meilleur partage de la valeur dans l'entreprise. Première chose.
Les négociations salariales, en ce moment, chez Célantis, c'est plus 2,3 à plus 3,3% pour les salariés. Ça représente environ 40 euros par mois pour les salariés.
Ce que je vous dis, c'est qu'on veut aller plus loin et qu'on propose dans le programme des mesures pour un meilleur partage de la valeur dans les entreprises. C'est la première chose. Et la deuxième chose qu'on propose en lien avec ce dont on est en train de parler, c'est de conditionner la rémunération des dirigeants des grandes entreprises au respect des objectifs environnementaux, sociaux, sociétaux. Les objectifs RSE. Ça veut dire qu'on veut que, pour les dirigeants des grandes entreprises, leur rémunération dépende de l'atteinte par ces entreprises des objectifs, notamment environnementaux.
66 millions d'euros pour Carlos Tavares. Vous ne me dites pas que vous êtes choqués.
Apolline Malherme, je pourrais me faire plaisir, vous faire plaisir, faire plaisir aux gens qui nous écoutent, évidemment, en disant ce que j'en pense, etc. La réalité, c'est que c'est les actionnaires à la fin qui décident que votre journaliste le disait lui-même. Mais vous, vous en pensez quoi ? Que votre journaliste le disait lui-même. C'est arrivé à de nombreuses reprises que des actionnaires prennent des décisions différentes, etc. Moi, ce que je pense, c'est qu'il faut un meilleur partage de la valeur en entreprise. C'est pour ça que je m'engage avec Emmanuel Macron. Et on propose des mesures extrêmement concrètes dans son programme sur ce point que je viens de vous évoquer.
Et on propose d'aller plus loin sur ces sujets-là. Rien de plus à dire sur ce chiffre. Je n'ai pas d'autre chose à vous dire ce matin.
Je voudrais qu'on parle aussi de toutes ces propositions à la fois d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen pour essayer de réconcilier les Français avec la démocratie. Le mot de référendum a été non seulement lâché par Marine Le Pen, mais aussi par Emmanuel Macron. Par Marine Le Pen, elle dit qu'elle procédera à des référendums réguliers, un peu sur le modèle de la Suisse, pour consulter le peuple régulièrement. Et Emmanuel Macron, à qui on posait la question notamment, je crois que c'est Bruce Toussaint qui lui posait lundi sur la question des retraites, il disait, est-ce qu'éventuellement vous pourriez soumettre cette question au référendum ? Il disait, pourquoi pas ?
Est-ce qu'en effet, il faut des référendums ? Mais est-ce que ce n'est pas une manière de dévaloriser presque l'élection présidentielle elle-même ?
Il a dit, en répondant à une question, Emmanuel Macron, qu'il ne s'interdisait par principe jamais le référendum sur aucune réforme. Voilà, c'est tout simplement ce qu'il a dit. Maintenant, ce qui est certain, c'est qu'il faut être en capacité davantage de pouvoir faire participer les Français à la décision politique. Vous savez, le mot d'ordre de notre campagne, c'est avec vous. On a des grands chantiers sur l'école, sur l'éducation, et ce qu'on dit, c'est qu'on veut construire des solutions aux problèmes des Français avec les Français, pour l'éducation, avec les enseignants, avec les parents d'élèves, avec les élèves parfois, sur la santé, évidemment, avec les acteurs de la santé.
Avec quels outils ? D'abord, ça passe par votre pratique politique. Ça veut dire, pour les ministres qui seront chargés de ces sujets-là, par le fait d'animer des concertations partout en France, sur le terrain, avec ceux qui font et ceux qui sont les premiers concernés. Ça, c'est la première chose. C'est un grand débat. Non, grand débat permanent, oui, sur ces grands sujets-là, pour construire les solutions. Ensuite, la deuxième chose, c'est effectivement d'être en capacité de donner davantage de la parole et de permettre aux Français de pouvoir mettre des sujets sur l'ordre du jour, sur la table, etc.
On a fait une réforme importante dans le quinquennat qui vient de s'écouler, qui est peu connue, c'est qu'on a renforcé le droit de pétition. Ça veut dire que maintenant, vous avez le Conseil économique, social et environnemental, si vous avez 150 000 Français qui signent une pétition, le sujet vient automatiquement dans le débat. Vous avez par ailleurs un référendum.
Mais il vient dans le débat, mais est-ce qu'ils ont le pouvoir de décision ? Vous avez par ailleurs
un référendum d'initiative partagée. Ensuite, pour toutes ces questions institutionnelles, moi j'entends qu'il y a des candidats, en l'occurrence Marine Le Pen, etc., qui fassent des propositions. On a vu dans le quinquennat qui vient de s'écouler que si on veut faire une réforme des institutions, il faut un minimum de consensus politique. Nous, on avait proposé une réforme pour limiter le cumul des mandats.
Mais vous avez parlé d'un référendum sur les questions environnementales, par exemple ?
On ne l'a pas vu. On avait proposé la limitation du cumul des mandats dans le temps, la réduction du nombre de parlementaires, la proportionnelle. Qu'est-ce qui s'est passé ? Les oppositions, et notamment le Sénat, LR, ont bloqué la réforme. Donc, qu'est-ce qu'il dit Emmanuel Macron ?
Il dit que sur ces sujets-là, il faut qu'on réunisse l'ensemble des forces politiques, qu'on regarde ce qui peut faire consensus, ce qui peut nous permettre d'avancer, parce que sinon, on le voit bien, les oppositions ont la capacité de bloquer, parce qu'on a une constitution qui fait que si on veut la changer, et je pense que c'est bien aussi qui est des garde-fous, il faut passer par un processus, et notamment que le Parlement adopte des textes. Et donc, ce que propose Emmanuel Macron, c'est s'il est réélu, avec l'ensemble des forces politiques, de se mettre autour de la table et regarder comment on peut moderniser nos institutions en accord avec les différentes forces politiques.
Avec cette question,
vous l'avez évoquée à l'instant, de la proportionnelle. Gabriel Attal, ce matin, Emmanuel Macron dit la proportionnelle intégrale, je n'y suis pas opposée. Donc, la proportionnelle intégrale, pourquoi pas ? Alors que mettre une dose de proportionnelle, comme il l'avait promis avant d'être élu en 2017, il ne l'a pas fait. Je viens de vous expliquer
pourquoi on ne l'a pas fait. On l'avait mis dans notre réforme institutionnelle.
Mais pourquoi vous le feriez là ? Elle a été transmise au Parlement. Mais pourquoi vous le feriez là ?
Parce que précisément, on va réunir les forces politiques. Mais vous voulez la réunir les forces politiques pendant le terc d'un ? Non, mais on a présenté une réforme institutionnelle. C'était en 2018. Il y avait dedans, notamment, une dose de proportionnelle. Cette réforme, elle a été transmise au Parlement. Le Parlement, et notamment du fait des LR, a bloqué la réforme. Elle n'a pas pu être adoptée. Donc, à un moment, si vous voulez avancer, vous devez vous mettre d'accord avant avec les différentes forces politiques sur différents sujets. Regardez ce qui peut faire consensus.
Ça faisait partie du programme d'Emmanuel Macron. En 2007,
ça faisait partie du programme. C'est pour ça qu'on a transmis cette réforme au Parlement en 2018.
Une proportionnelle intégrale sur le fond, franchement. Est-ce que ça permettrait au pays, dans ce moment de grande division, d'être gouvernable ?
Ce qui est certain, c'est qu'il faut qu'il y ait davantage de pluralité à l'Assemblée nationale. Qu'il y ait les différentes forces politiques qui soient mieux représentées, une plus grande pluralité. Et donc, c'est en ce sens qu'on avait fait cette proposition en 2017, bloquée par les oppositions dans le quinquennat. On souhaite continuer à avancer dans ce sens. Et là, ce qu'on dit, c'est que si on veut que ça ne soit pas bloqué, il faut d'abord discuter avec les forces politiques. Il vous restait la solution du référendum. Mais encore une fois, vous ne l'avez pas fait. Pour faire un référendum sur ces sujets-là, à point de malheur, il faut que le texte soit adopté par les deux chambres.
Et on a eu un blocage à l'Assemblée nationale par les oppositions. Non, enfin, on ne va pas
jouer sur les articles, mais il y a d'autres articles de la Constitution
qui vous permettait aussi de consulter le peuple
sans avoir à demander l'autorisation au Parlement.
Il y a des débats autour de ça parce que vous savez qu'il y a une jurisprudence qui dit que la question doit être très simple, que ça ne peut pas être une déclinaison et un texte. Mais si vous le vouliez, vous auriez pu le faire. Non, on voulait le faire et on n'a pas pu le faire. C'est ce que je vous dis. Mais vous pourrez le faire cette fois-ci ? Si on arrive, encore une fois, à trouver un consensus. Moi, ce que je constate, c'est qu'on voit effectivement que des formations politiques qui ne souhaitaient pas bouger sur ces sujets-là, j'ai l'impression quand même qu'elles évoluent sur ces questions.
Et on a vu dans le cadre de cette campagne, y compris, qu'il y avait des réflexions qui évoluaient. Donc moi, je suis assez... J'essaye toujours d'être optimiste. Je pense que si Emmanuel Macron est réélu, je pense qu'on pourra avancer avec les différentes forces politiques vers une modernisation de nos institutions. Tout ça, pourquoi ? Ce n'est pas modernisé pour moderniser. C'est modernisé, encore une fois, pour être capable de recueillir davantage la parole des Français qui soit mieux représentée dans nos institutions, qui puissent avoir davantage voix au chapitre dans les décisions qui sont prises. Vous êtes jeune,
Gabriel Attal, et vous avez d'ailleurs, non seulement vous êtes jeune dans votre incarnation, mais vous êtes aussi celui qui a été longtemps le secrétaire d'État chargé des questions de la jeunesse. Quand vous voyez que les jeunes n'ont pas vraiment voté Emmanuel Macron, ils ont majoritairement voté pour Jean-Luc Mélenchon et qu'à l'inverse, ce sont les retraités qui ont le plus majoritairement voté pour Emmanuel Macron. Est-ce que vous n'avez pas le sentiment de vous être un peu trompé ou en tout cas d'être passé à côté d'une partie des Français ?
Il y a beaucoup de jeunes qui ont voté pour Emmanuel Macron. Moi, je me fie toujours de ces chiffres. C'est des sondages qui sont faits le jour du vote, etc. Vous n'y croyez pas à ces chiffres ? Non, mais je dis simplement qu'on fait tout, évidemment, pour répondre aux préoccupations de la jeunesse. Ça passe par agir pour leurs conditions très concrètes. Vous savez, le chauvage des jeunes, il est au plus bas depuis 40 ans. C'est parce que précisément, on a pris des mesures avec le plan A Jeune, une solution. Il n'y a jamais eu autant de jeunes en apprentissage dans notre pays. 720 000 l'an dernier. Ils étaient moins de 300 000 quand Emmanuel Macron a été élu.
On a pris des mesures pour les étudiants, pour les étudiantes extrêmement concrètes. Mais les jeunes, ils attendent aussi qu'on agisse sur des sujets qui ne sont pas immédiatement des sujets jeunesse, qui ne les concernent pas entre guillemets dans leur vie quotidienne au sens de jeunes, mais qui concernent la planète et notamment l'environnement. Et sur ces sujets-là, effectivement, le président l'a dit, on peut toujours aller plus loin, enrichir le programme. Et c'est ce qu'on va faire dans les semaines qui viennent.
Il y a cette fracture générationnelle, il y a aussi une fracture géographique. C'est-à-dire que quand on regarde en effet le vote, et là pour le coup, ce ne sont pas des sondages, ce sont les résultats très précis, on voit qu'il y a quand même clairement une France rurale qui a voté Marine Le Pen, une France plus urbaine qui a voté pour Emmanuel Macron et j'ajoute une France plus périphérique, banlieue, qui a voté davantage pour Jean-Luc Mélenchon. Quand vous regardez que plus vous êtes éloigné d'un centre-ville et plus vous êtes éloigné d'une gare, plus vous avez voté Marine Le Pen, ça veut dire qu'il y a des Français qui se sont sentis abandonnés et que vous n'avez pas touchés.
D'abord, encore une fois, je pense que les choses ne sont pas aussi simples que ça et quand on regarde par exemple, c'est intéressant de regarder le nombre de communes où chaque candidat est en tête, je crois que le nombre de communes où Emmanuel Macron était en tête à ce premier tour a doublé par rapport à 2017, notamment dans les territoires ruraux. C'est la première chose. Ensuite, si votre question est de savoir s'il y a des fractures dans notre pays qui alimentent le vote pour l'extrême droite et notamment la fracture entre les territoires ruraux et les territoires urbains, évidemment en Pauline de Malherbe. Et tout ce qu'on a cherché à faire depuis 2017, c'est réduire ces fractures.
Alors, on n'a pas réduit toutes les fractures, ça c'est certain, il en reste. Mais si on parle des territoires ruraux, c'était aussi un plateau précédent que je regardais avant de rentrer dans le studio. On a énormément agi. Je veux dire, 1500 kilomètres de petites lignes ferroviaires, la ligne, puisqu'il y avait un maire des Vosges qui parlait, la ligne entre Saint-Dié-des-Vosges et Epinal qui a été rouverte parce qu'on a réinvesti massivement. Pour les réconcilier, en tout cas, c'est France. C'est ce qu'on cherche à faire. 2000 maisons France Service partout dans les territoires ruraux.
Ça veut dire qu'on veut qu'à 30 minutes de chez eux, tous les Français puissent avoir un lieu physique avec un bouquet de services publics, une personne en face d'eux qui peut les accompagner. On a ouvert 2000 de ces lieux. On a fait un programme qui s'appelle 1000 Cafés. C'est pour ouvrir un café dans des villages parce qu'on sait que quand il y a un café qui rouvre, c'est de la vie qui revient. On a déployé énormément la fibre, la 4G pour permettre de réduire aussi la fracture numérique. Bref, on a une action massive sur les maisons de santé aussi. On les a doublés dans le quinquennat pour répondre à ces fractures et pour accompagner les territoires ruraux.
Évidemment, on n'a pas réglé tous les problèmes. Évidemment, il faut continuer à avancer. On a dans le programme des propositions en ce sens. Je vous donne un exemple. Les territoires ruraux, on sait qu'il y a aussi des problèmes de sécurité. On n'en parle pas suffisamment. On propose, si Emmanuel Macron est réélu, de créer 200 brigades de gendarmerie supplémentaires qui seront dédiées spécifiquement aux territoires ruraux. Parce qu'il ne peut pas y avoir de zones blanches. Vous pouvez nous rappeler
combien il y a par brigade ?
Je crois que c'est une centaine de forces de l'ordre.
Qui seront spécifiquement dédiées aux territoires ruraux.
Oui, spécifiquement dédiées aux territoires ruraux. Et pour tous les Français, évidemment, parce qu'on veut agir aussi pour leur sécurité, on veut doubler le temps de présence des forces de l'ordre sur le terrain. Ça veut dire qu'on a recruté 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires. Et ce qu'on veut, c'est qu'ici à 2030, les forces de sécurité, les forces de police, les forces de gendarmerie, elles soient deux fois plus sur le terrain. Ça veut dire continuer des recrutements. Et ça veut dire réduire tout ce qui est paperasserie, formalité administrative, améliorer notre procédure pénale pour qu'ils passent plus de temps utile sur le terrain.
Là où vous voyez l'extrême droite, Marine Le Pen, elle considère que la première priorité pour nos forces de l'ordre, ça doit être d'aller pourchasser les femmes voilées pour leur enlever leur voile. Voilà, on considère qu'ils sont plus utiles pour aller traquer la délinquance et pour aller permettre la sécurité des Français.
Vous savez, Gabriel Attal, ce que ça veut dire « macroniser » en ukrainien ?
Non.
« Macroniser » en ukrainien, c'est la grande reporter envoyé spécial du Parisien qu'il dit, confirmé par le correspondant en Ukraine d'Associated Press, qui est donc un média extrêmement solide. Ils disent « en Ukraine, un mot nouveau est né, macroné ». La définition, c'est « faire semblant d'aider ». Un néologisme inspiré d'Emmanuel Macron dont on ne se souvient pas pour une aide réelle, mais pour ses photos préoccupées de l'Elysée.
Vous savez, moi je regarde la déclaration du président Zelensky et je vois que le président Zelensky, quasiment chaque semaine, il a l'occasion de remercier le président de la République pour son action. Pour engager les pays européens dans des sanctions historiques contre la Russie. Pour faire l'intermédiaire avec Vladimir Poutine, puisque Vladimir Poutine refuse de parler au président Zelensky. Et donc, le président Zelensky lui-même demande au président Macron de faire l'intermédiaire entre les deux. Leur merci aussi pour l'envoi d'armes qu'on a fait à l'Ukraine, qui leur permettent très concrètement de tenir et de se défendre.
Moi, c'est ça que je regarde et je vais vous dire, c'est ça la réalité.
La définition qu'ajoute le correspondant en Ukraine d'Associated Press, c'est macronisme, prétendre de faire quelque chose de grand, mais en réalité ne rien faire du tout.
Je ne sais même pas ce que c'est ces déclarations. Ce que je vous dis, encore une fois, c'est que regardez les déclarations du président ukrainien. Vous pensez que si on ne faisait rien, vous pensez que le président ukrainien remercierait le président pour son action ? Vous avez vu le président ukrainien qui a fait le tour des parlements internationaux en visioconférence. On l'a vu devant beaucoup de parlements, interpeller les gouvernements, qu'ils n'agissaient pas. Qu'est-ce qu'on a vu quand le président Zelensky s'est exprimé devant l'Assemblée nationale et le Sénat ? Il a remercié le président de la République, Emmanuel Macron, pour son action. Je vais vous dire, c'est ça l'effet.
Après, vous pouvez avoir des commentateurs, des journalistes qui disent certaines choses. Je pense que l'important, encore une fois, c'est qu'on soit aux côtés de l'Ukraine. On est aux côtés de l'Ukraine. Des dizaines de tonnes d'aides humanitaires, des équipements de défense, des équipements militaires pour leur permettre de tenir des sanctions historiques passent à la Russie.
Il pourrait se rendre à Kiev également s'il est réélu. Gabriel Attal, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes porte-parole du gouvernement, soutien d'Emmanuel Macron, bien sûr. Il est 8h53.
Gabriel Attal