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interviewC dans l'air· 24 mars 2026 9 min

Municipales à Nice

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Une bataille politique mêlée à un règlement de comptes personnel, à tel point qu'hier soir, le maire défait a préféré mettre un terme à sa carrière politique. - A peine élu et déjà de sortie. - Quel plaisir tu nous as fait! - E.Ciotti: Merci. - Je t'avais dit que ce serait notre dernière campagne? - E.Ciotti: On en fera d'autres! - Ce matin, sur une brocante, E.Ciotti savoure et endosse son nouveau costume de maire de Nice.

Pour lui, bien plus qu'une simple victoire électorale. - E.Ciotti: Je me sens heureux, sous ce beau soleil de Nice, où je sens les Niçois heureux.

Je veux les rendre heureux. Je veux que demain, ils se disent qu'ils ont fait un vote utile. Je ne ferai pas de projection nationale.

Je dis simplement que je suis fier des alliances que j'ai bâties et que ces alliances sont nécessaires si on veut redresser le pays. - Le triomphe du gagnant et la défaite cinglante de son adversaire hier soir. - Qu'est-ce que vous allez faire maintenant? - C.Estrosi: Je vous enverrai des cartes postales. - C.Estrosi ironise... - C.Estrosi: Ce soir, je vous dis au revoir.

Mais je ne vous dis pas adieu. Ce soir...

Applaudissements. Après la transition républicaine, je ne laisserai pas mes mandats municipaux et métropolitains. Je quitte donc mes fonctions avec humilité, mais aussi avec fierté. - Fin d'une bataille orageuse de plusieurs semaines sans pitié. - E.Ciotti: L'attitude de monsieur Estrosi est un naufrage.

Son bilan est un naufrage. - C.Estrosi: Menteur, menteur, menteur! - Deux hommes longtemps liés par une solide amitié devenus pires ennemis.

Leurs règlements de comptes ont rythmé la campagne. - C.Estrosi: Il a été estrosiste, pécressiste...

Il est aujourd'hui lepéniste. Que voulez-vous que j'y fasse? ... - Les coups pour C.Estrosi sont aussi arrivés directement de Paris.

Entre les 2 tours, le président de LR refuse publiquement de le soutenir. - B.Retailleau: Je ne donne pas de consignes dans les conditions de cette campagne délétère dans laquelle je ne me retrouve pas, ni d'un côté ni de l'autre. - E.Ciotti a trouvé son compte. 48,54 % des suffrages hier. - E.Ciotti: Ce soir, cette victoire, elle est belle.

Ce soir, cette victoire, elle nous donne de la joie. - Est-ce une validation de la stratégie d'alliance avec le RN? Ses partisans, hier soir, se projetaient déjà en 2027. - Je crois que c'est une union de toutes les droites qui est nécessaire en France, que les gens demandent énormément.

Je pense qu'il y a énormément de clichés à faire tomber. - Aujourd'hui, c'est la fin d'hommes et de femmes politiques de droite mais pas trop, de droite avec Macron, de droite avec qui il faut parler à gauche...

Cette droite qui a trahi, qui a été dans la compromission permanente. - Dans les Alpes-Maritimes, l'alliance est gagnante dans 3 autres communes. - C.Roux: C.Estrosi ne met pas un terme définitif à sa carrière politique mais "veut prendre du recul" pour se consacrer en particulier à sa famille.

Ce qu'on retient surtout de cette prise de parole hier, c'est la gifle. - V.Schneider: Il aurait pu avoir le temps de se préparer, C.Estrosi.

Il sait depuis longtemps qu'E.Ciotti voulait sa place. E.Ciotti avait été débranché de justesse lors des dernières municipales.

Curieusement, C.Estrosi a eu du mal à se mettre en route. Il n'a pas pris la menace assez au sérieux.

Il pensait encore que les sondages se trompaient jusqu'à la veille du 1er tour et devant son adversaire. Il y a eu de nombreuses erreurs d'appréciation. Il n'a pas su comment le prendre, comment s'opposer à la stratégie d'E.Ciotti, à la fois une stratégie d'alliance avec l'extrême droite tout en cachant le plus possible les membres du RN, qu'on voyait à peine dans les meetings. - C.Roux: Est-ce que c'est un abus de la part du RN de revendiquer Nice comme une victoire?

C'est une victoire d'E.Ciotti ou du RN? - V.Schneider: C'est de bonne guerre pour le RN de revendiquer cette victoire.

Ils ont été très gentils avec E.Ciotti. E.Ciotti a demandé à J.Bardella de ne pas se rendre à Nice pour faire un meeting.

Il ne souhaitait pas que les Niçois...

Ca devient concret. Finalement, J.Bardella est allé à Menton.

Le RN a accepté de disparaître complètement dans cette campagne, de s'effacer. C'était une campagne très habile de la part d'E.Ciotti.

La contrepartie, c'est au moins d'apporter en échange cette victoire dans l'escarcelle du RN. - C.Roux: La question était très bien posée dans ce reportage.

E.Ciotti le dit. L'UDR a vocation à remplacer LR.

LR, c'est terminé. Comment analysez-vous ce scrutin? La stratégie de la main tendue à la droite sincère par J.Bardella, la fin de non-recevoir par la présidence LR...

Y a-t-il des leçons à tirer pour la droite? On a entendu hier beaucoup d'appels pour l'union. - M.Siraud: D'abord, c'est plutôt une bonne élection pour les candidats de droite, Les Républicains, souvent alliés avec les centristes, voire des Renaissance.

LR était une grande force dans les collectivités locales. Elle le reste. Ca ne présage en rien de ce qui se passera pour la présidentielle.

Ensuite, il y a un dilemme stratégique à trancher. Vous avez d'une part une stratégie d'alliance, par exemple celle qu'incarne E.Philippe, qui est de dire non aux extrêmes...

On est sur une ligne très claire de rassemblement, d'unité de la droite et du centre, un peu à l'ancienne. En face, la victoire qui a une portée symbolique d'E.Ciotti, qui est le visage de l'union des droites.

Au milieu, vous avez B.Retailleau, le chef des Républicains, qui est dans une forme d'ambiguïté, d'ambivalence, d'hésitation. Il a beaucoup mouillé la chemise pour éviter que des candidats, des élus de son parti franchissent le Rubicon et s'allient avec le RN.

En même temps, pendant l'entre-deux-tours, il y a eu ces clins d'oeil à l'électorat de droite radicale en disant qu'à Nice, il ne soutenait pas franchement C.Estrosi. C'est tout le problème des Républicains, qui sont coincés. - C.Roux: Il reprochait à C.Estrosi d'aller chasser des voix de gauche. - B.Teinturier: La victoire d'E.Ciotti à Nice est l'expression du moi profond de Nice.

C'est une ville qui a toujours été très à droite. Elle a eu un maire issu du Front national. En plus, E.Ciotti est l'enfant du pays.

Face à ça, vous aviez un C.Estrosi qui, progressivement, a plutôt "dérivé", vers une forme de centre droit. Il avait un bon bilan.

Il commençait à s'essouffler. Il a transformé cette ville. Il y a eu des éléments très locaux qui ont joué.

On peut pas prendre cette victoire d'E.Ciotti comme la leçon que, finalement, l'union des droites s'impose de plus en plus. B.Retailleau l'a compris.

La vigilance avec laquelle il a refusé toute alliance avec le RN, c'était pas forcément son point de départ. Son point de départ, c'était plutôt de s'aligner sur un certain nombre