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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 1 avril 2026 5 min

Cadmium : Annie Genevard assure que "99,5% des produits contrôlés sont en conformité"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La parole est à notre collègue Anne Suiris pour le groupe écologiste Solidarité et Territoires. Monsieur le Président, Madame la Ministre. En vérité, l'ANSES nous le dit sans ambiguïté.

Il y a une bombe sanitaire dans nos assiettes. Le cadmium, classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la Après les médecins, l'ANSES sonne l'alarme. La population française est trois à quatre fois plus exposée à cette substance que les autres Européens.

Enfin, 100 % des enfants testés représentent une exposition critique au cadmium selon les normes sanitaires en vigueur. Ce toxique touche en particulier les femmes, et selon les dernières études, il serait responsable de l'épidémie de cancer du pancréas, dont le taux d'étalité est de 90 10 % est particulièrement élevé. Madame la Ministre, vous dites ce matin, il faut revenir à la raison, le sujet est traité au plus haut niveau de l'Etat, l'action du gouvernement s'inscrit dans l'étude de l'ANSES qui confirme la pertinence de notre Mais quelle action, madame la ministre ?

Quelle action ? L'ANSES recommande depuis 2021 de réduire la principale source de cadmium, sa présence dans les engrais phosphatés. Le gouvernement préparait un arrêté en ce sens en 2023.

Aujourd'hui, nous ne voyons rien venir. Que nous vaut autant de lenteur face à une épidémie toxique avérée ? Enfin, plus de 300 études montrent que le bio contient moins de cadmium Mais comme il n'y a pas d'études françaises, on se dit, est-ce vrai en France dans ce cas ?

Si la France est une exception, comment expliquez-vous que le gouvernement n'a diligenté aucune étude pour caractériser la différence de risque entre produits de l'agriculture biologique française et ceux de l'agriculture conventionnelle ? Merci. Pour vous répondre, la parole est à la ministre de l'Agriculture, de l'Agro-Alimentaire, madame Annie Gennevard.

Vous avez la parole, madame la ministre. Merci, monsieur le Président. Mesdames et messieurs les sénateurs, madame la sénatrice Annie Suiris, la question de l'exposition au cadmium est une question d'une part tout à fait légitime.

Je vous remercie de la poser dans l'actualité du moment. Et puis elle est prise très au sérieux, très au sérieux et en effet au plus haut niveau de l'État et du gouvernement. Nous avons, nous avons agi, nous agissons puisque nous avons pris des textes réglementaires, un arrêté et un décret qui sont actuellement à l'étude au Conseil d d'Etat qui va rendre ses conclusions probablement dans quelques semaines, en tout cas durant le mois d'avril, c'est ce que l'on nous dit.

Et l'avis du Conseil d'Etat sera naturellement examiné avec attention et suivi des faits. Alors la saisine de l'ANSES rejoint la préconisation du gouvernement à savoir qu'il faut en effet réduire la part de cadmium dans les matières fertilisantes. Je voudrais dire au passage madame la sénatrice que les agriculteurs font des efforts depuis des années, le taux d'engrais phosphaté a diminué très substantiellement depuis plusieurs années.

Si, d'un quart, d'un quart. Vous dire aussi que ces préconisations de diminution progressive vont pouvoir permettre aux agriculteurs d'adapter de façon pérennes, leurs pratiques agronomiques c'est indispensable. Vous dire enfin, madame la sénatrice, que mon ministère, soucieux d'une alimentation saine et équilibrée, conduit un certain nombre de contrôles en grand nombre et particulièrement sur cette question du cadmium et peut attester de la conformité de 99 ,5 % des produits contrôlés.

Donc quand vous parlez, je crois que sur les questions agricoles de façon générale, je pense qu'il faut les traiter rationnellement, avec mesure, en prenant en compte la complexité des sujets, en évitant de stigmatiser. Lorsque j'entends certains parlementaires, pas dans cette enceinte, qui crient au scandale et qui montrent du doigt l l'élevage, la consommation de pain, de riz, de pâtes, de céréales. Qu'allons-nous manger ?

Notre agriculture est une belle agriculture Madame la Ministre, j'entends votre réponse. J'entends aussi que vous dites qu'un décret est prêt. Depuis 2023, nous ne l'avons toujours pas vu.

Pourtant, il faut agir vite, passer dès maintenant une norme de 60 microgrammes par kilo et et prévoir une progression beaucoup plus rapide, certainement aussi tenir bon face au lobby parce qu'il s'agit de ça. Et enfin sur le bio vous ne m'avez pas répondu et c'est bien un hommage, c'est vraiment le sujets qui nous auraient intéressés. Merci.

La parole est à notre collègue Christian Cambon pour le groupe Les Républicains.