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InterviewRTL (sur YouTube)· 15 octobre 2025 12 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesÉconomie & entreprisesBudget & impôtsSolidarités & famille

"C’est le prix du compromis" : Roland Lescure justifie la suspension de la réforme des retraites

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Bonjour et bienvenue sur RTL, Roland Lescure.

  • 0:24ComplaisanteÉludée

    On va évidemment parler des retraites, mais quand même, finalement, vous avez décroché un job peinard.

  • 0:28OuverteRéponse directe

    Ce que le Premier ministre a traduit par cette phrase, répétée 7 fois, le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. Qu'on comprenne bien, ça veut dire quoi ?

  • 1:34FerméeRéponse partielle

    L'année prochaine, il coûtera combien ?

  • 2:15OuverteRéponse partielle

    Il va falloir faire combien de milliards d'économies ? On entend parler de 30, 31 milliards, c'est ça le chiffre que vous retenez ?

  • 2:29FerméeRéponse directe

    14 milliards, dit le Figaro, sur les hausses d'impôts, c'est vrai ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « 'est une copie de départ, je l'ai dit devant les députés hier dans la Commission nationale, et tous les mots comptent. »
  • 1:13Invité politiquePromesse
    « qui est de revenir sous les 3% en 2029. »
  • 3:15Invité politiqueChiffre
    « L'année prochaine, on a 8 milliards de charges de la dette en plus. »
  • 3:23Invité politiqueChiffre
    « Donc, au total, on va faire à peu près 25 milliards d'économies. »
  • 3:50Invité politiqueChiffre
    « 2 milliards et demi d'euros. C'est ce que ça va rapporter. »
  • 4:34Invité politiqueChiffre
    « Au total, on est sur 2 milliards et demi. »
  • 9:32Invité politiqueChiffre
    « on est sur 400 millions l'année prochaine. »
  • 8:12Invité politiqueChiffre
    « 1% des véhicules concernés, 1% des véhicules en France. »
  • 8:22Invité politiqueFait
    « l'année prochaine, on passe de 71 à 85 centimes. »
  • 9:20Invité politiqueFait
    « Jusqu'à la présidentielle. »

Temps de parole

  • Roland Lescure60 %
  • Présentateur34 %
  • ?7 %

≈ 52,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:03
Présentateur

Il est 7h41 et il est le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en France. Autrement dit, c'est un des hommes les plus puissants du gouvernement, Roland Lescure est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Roland Lescure.

0:16
Roland Lescure

Bonjour.

0:16
Présentateur

On va évidemment parler des retraites, mais quand même, finalement, vous avez décroché un job peinard.

0:20
Locuteur

Ah

0:21
Roland Lescure

bon ? Bah oui, j'ai écouté...

0:22
Locuteur

J'ai pas

0:22
Roland Lescure

cette impression là depuis plusieurs jours.

0:24
Présentateur

J'ai écouté Sébastien Lecornu hier, ça pourrait se résumer à, mesdames et messieurs les députés, débrouillez-vous. Ce que le Premier ministre a traduit par cette phrase, répétée 7 fois, le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. Qu'on comprenne bien, ça veut dire quoi ? Que le projet de budget qui a été transmis hier, c'est un projet de budget facultatif ?

0:41
Roland Lescure

Non.

0:41
Locuteur

C

0:42
Roland Lescure

'est une copie de départ, je l'ai dit devant les députés hier dans la Commission nationale, et tous les mots comptent.

0:46
Locuteur

Le

0:47
Roland Lescure

gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. En fait,

0:51
Locuteur

c

0:52
Roland Lescure

'est le fonctionnement normal d'une démocratie parlementaire.

0:55
Locuteur

Mais ça veut dire

0:55
Présentateur

que tout est discutable

0:56
Locuteur

? Ou

0:57
Roland Lescure

il y

0:57
Locuteur

a

0:57
Roland Lescure

des lignes

0:58
Présentateur

rouges comme on dit

0:58
Locuteur

maintenant

0:58
Roland Lescure

? Moi, ce que j'ai dit hier, et je vous le redis ce matin,

1:01
Locuteur

c

1:02
Roland Lescure

'est que je serai le garant du cadre

1:04
Locuteur

du

1:04
Roland Lescure

budget. Qu

1:05
Locuteur

'est

1:05
Roland Lescure

-ce que ça veut dire le cadre

1:06
Locuteur

? Ça

1:07
Roland Lescure

veut dire

1:07
Locuteur

qu

1:08
Roland Lescure

'on doit respecter nos engagements européens, et je vais expliquer pourquoi c'est très important, qui est de revenir sous les 3% en 2029. Ce n

1:16
Locuteur

'est

1:16
Roland Lescure

pas pour faire plaisir à mes collègues européens, ce n

1:19
Locuteur

'est

1:19
Roland Lescure

pas non plus pour faire plaisir au marché. Tout ça, c'est de la crédibilité, c'est important. C'est parce qu'en dessous de 3%,

1:24
Locuteur

on

1:25
Roland Lescure

stabilise la dette. Je dis bien, on stabilise, elle ne décroît pas.

1:29
Locuteur

Et

1:29
Roland Lescure

donc, si on veut arrêter la hausse de la dette publique en France, il faut qu

1:32
Locuteur

'on

1:32
Roland Lescure

soit en 2029 en dessous de 3%. Et donc, l'année

1:34
Locuteur

prochaine, il coûtera combien

1:35
Présentateur

alors

1:36
Roland Lescure

? Donc, on a un budget à 4,7%, et moi, je m'engage à dire aux parlementaires, à chaque fois qu'ils voteront quelque chose, voilà l'impact.

1:44
Locuteur

Et

1:44
Roland Lescure

le Premier ministre l'a dit, on sera en dessous de 5%, et c'est la négociation. Donc, c'est vrai que là-dessus, on est ouvert à la négociation, qui permettra d'avoir le chiffre final. Mais vous, vous souhaitez que ce soit 4,7% pour dire les choses clairement ? Moi, j'entre en mêlée, pour prendre une expression rubistique, à 4,7%. Donc, c

2:02
Locuteur

'est

2:02
Roland Lescure

l'objectif. Mais bien sûr que

2:04
Locuteur

c

2:04
Roland Lescure

'est l'objectif, parce que c'est une marche. On est à 5,4% en 2025, qui permettra de poursuivre l'escalier jusqu'à la stabilisation de la dette publique en France, qui est essentielle.

2:15
Présentateur

Il va falloir faire combien de milliards d'économies ? On entend parler de 30, 31 milliards, c'est ça le chiffre que vous retenez ?

2:20
Roland Lescure

Non, mais

2:20
Locuteur

c'est les ordres de grandeur, c

2:22
Roland Lescure

'est-à-dire qu'il

2:22
Locuteur

y a

2:22
Roland Lescure

une partie qui va se faire par des hausses de prélèvements obligatoires. Il y a des centaines de niches fiscales en France, on va les travailler.

2:29
Présentateur

14 milliards, dit le Figaro, sur les hausses d'impôts, c'est vrai ou pas ?

2:31
Roland Lescure

C'est-à-dire que oui, il va y avoir effectivement, par exemple sur les niches fiscales, une vingtaine de niches fiscales sur 474. Donc, on a encore du travail dans les années qui viennent, qui vont être

2:41
Locuteur

disparues en

2:44
Roland Lescure

plusieurs années, mais qui en tout cas vont

2:46
Locuteur

être diminuées. Mais ce chiffre de

2:47
Présentateur

14 milliards, vous le reprenez ce matin ? Oui,

2:48
Locuteur

je

2:48
Roland Lescure

le repre.

2:49
Locuteur

14 milliards

2:49
Roland Lescure

de hausses d'impôts.

2:50
Locuteur

C

2:50
Roland Lescure

'est l'ordre de grandeur de ce qu'on appelle la hausse des prélèvements obligatoires. Et face à ça, il y a des économies de dépenses. Vous savez qu'en France...

2:58
Présentateur

Donc, ça sera moitié-moitié le rapport ? Parce que si on fait 30 milliards d'économies et

3:01
Locuteur

qu

3:01
Présentateur

'on a 14 milliards sur les impôts ? Ce sera

3:02
Roland Lescure

à peu près de tiers à tiers. Pourquoi

3:04
Locuteur

?

3:05
Roland Lescure

Parce que... Non, mais je vais vous expliquer. Il y a des dépenses qui sont incompressibles. Et notamment la charge de la dette. Et c'est pour ça qu'il faut réduire la dette. Tous les ans, la charge de la dette augmente. L'année prochaine, on a 8 milliards de charges de la dette en plus.

3:19
Locuteur

Et

3:19
Roland Lescure

donc, même si on avait des dépenses à zéro, ça veut dire qu'on ferait 8 milliards d'économies. Donc, au total, on va faire à peu près 25 milliards d'économies.

3:26
Locuteur

25

3:27
Présentateur

milliards d'économies au total

3:27
Locuteur

?

3:28
Roland Lescure

25 milliards d'économies, 8 milliards de charges de la dette. D

3:30
Présentateur

'accord.

3:31
Roland Lescure

Ça, c'est incompressible. Et 14 milliards de hausse d'impôts. Bon.

3:34
Locuteur

On

3:34
Présentateur

va rentrer dans les choses concrètes en vous demandant, si possible, de nous dire les choses aussi clairement que simplement. Le Premier ministre a reconnu hier des anomalies dans la fiscalité des très grandes fortunes. Et vous allez faire payer une contribution exceptionnelle aux plus riches. Ça concerne combien de personnes ils vont payer combien et pour combien de temps

3:48
Locuteur

? 2

3:50
Roland Lescure

milliards et demi d'euros. C'est ce que ça va rapporter. L'année

3:53
Présentateur

prochaine

3:54
Roland Lescure

? L'année prochaine. C

3:55
Présentateur

'est pour un an ou c'est pour plus

3:56
Locuteur

?

3:56
Roland Lescure

Alors, le budget, il est voté pour un an. Oui. Et donc, on aura de nouveaux débats l'année prochaine. Moi, je voudrais dire quelque chose de très simple aujourd'hui. La justice fiscale, c'est bien. Et d'ailleurs, on en a déjà beaucoup en France. La surenchère fiscale,

4:08
Locuteur

il

4:08
Roland Lescure

faut faire attention quand même. Donc, il faut qu

4:10
Locuteur

'on

4:10
Roland Lescure

trouve l'équilibre

4:11
Locuteur

entre,

4:12
Roland Lescure

au fond,

4:13
Locuteur

tout

4:13
Roland Lescure

le monde doit faire des efforts, y compris évidemment les plus riches, parce que tout le monde va devoir en faire, vous, moi. Et évidemment, il faut que ça se fasse de manière équitable. Mais le matraquage fiscal, ça ne marche pas. On sait bien que tout ça, ça se traduit

4:26
Locuteur

par des gens qui parlent.

4:27
Présentateur

Demander aux riches, aux plus riches, pardon, notamment, donc cette contribution exceptionnelle, une taxation de 2% sur les holdings patrimoniales, ça va rapporter combien au total ?

4:34
Roland Lescure

Au total, on est sur 2 milliards et demi.

4:36
Présentateur

2 milliards et

4:37
Locuteur

demi.

4:37
Présentateur

Donc, on a 14 milliards d

4:38
Locuteur

'impôts,

4:39
Présentateur

d'accord, supplémentaires, dont 2 milliards et demi demandés aux plus riches. On est d'accord ? C'est quand même pas mal. Et

4:44
Locuteur

par ailleurs...

4:45
Présentateur

Ça ne me suffit pas, disait hier soir Olivier Faure au 20h de TF1. Vous

4:48
Locuteur

êtes

4:48
Présentateur

prêt à aller plus loin ou c'est le max ? Non,

4:49
Locuteur

mais

4:49
Présentateur

moi,

4:50
Locuteur

d

4:50
Roland Lescure

'abord, je voudrais saluer le Parti Socialiste et en fait l'ensemble des partis républicains qui ont répondu hier à l'appel du Premier ministre, qui a fait des concessions très importantes, 49 à l'île de la Troie, suspension de la réforme des retraites, conférence sociale pour trouver une alternative, qui ont dit, banco, on va entrer en négociation sur le budget. On entre en négociation.

5:10
Locuteur

Est-ce

5:10
Présentateur

que vous,

5:11
Locuteur

vous

5:11
Présentateur

êtes, parce qu'on parlait des lignes rouges tout à l'heure, est-ce que vous êtes prêt à aller plus loin sur la taxation des plus fortunés ou pas ? Ou est

5:15
Locuteur

-ce

5:15
Présentateur

que vous dites là, c'est quand même une barre, il ne

5:17
Locuteur

faut

5:17
Présentateur

pas aller au-delà ?

5:17
Roland Lescure

Moi, ça fait un an que je prêche pour le compromis. J'ai prêché pendant le désert, pendant plusieurs mois. On y est aujourd'hui. Mais le compromis, ce n

5:24
Locuteur

'est

5:24
Roland Lescure

pas la compromission. Il va falloir négocier. Donc, moi, je vais être dans une position qui est la mienne, qui est de dire, attention à l'impact sur l'économie de tout ça, parce qu'il faut être conscient que les hausses d'impôts, les hausses d'autos d'intérêts, tout ça, ça a un impact

5:38
Locuteur

sur

5:39
Roland Lescure

l'économie et derrière sur l'emploi,

5:41
Locuteur

sur le pouvoir de l'achat. Ça veut dire

5:42
Présentateur

que les 11,5

5:42
Locuteur

milliards

5:42
Présentateur

qui restent à trouver, vous allez les chercher. Ou sur les classes moyennes, sur... Il y aura une année blanche, comme on l

5:47
Locuteur

'a

5:47
Présentateur

entendu, sur les retraites et les prestations.

5:49
Locuteur

Alors,

5:49
Roland Lescure

qu'est-ce que ça veut dire l'année blanche ? Il

5:50
Locuteur

faut

5:50
Roland Lescure

être très clair.

5:51
Présentateur

C'est-à

5:51
Locuteur

-dire

5:51
Présentateur

que ce n

5:51
Locuteur

'est

5:51
Présentateur

pas revalorisé.

5:52
Roland Lescure

Ça veut dire que ça n'augmente pas. Ça ne

5:53
Locuteur

veut

5:53
Roland Lescure

pas dire que ça baisse. Ça aurait dû augmenter d'à peu près 1%. Parce qu'on a gagné le combat contre l'inflation. Donc, on n'est plus sur les 4-5% qu'on avait il

6:02
Locuteur

y

6:02
Roland Lescure

a quelques années. Donc, au lieu d'augmenter de 1%, ça va être stable. Là aussi,

6:06
Locuteur

il y aura un débat... Parce

6:07
Présentateur

qu'il

6:07
Locuteur

y

6:07
Présentateur

a des gens dans l'impôt, ça peut faire payer plus d'impôts aux classes moyennes et plus fragiles.

6:10
Locuteur

Là-dessus, je

6:11
Roland Lescure

vais être très clair.

6:12
Locuteur

On

6:12
Roland Lescure

a un débat qui s'ouvre et on sera ouvert à ce débat. Mais,

6:16
Locuteur

c

6:16
Roland Lescure

'est le ministre de l'économie et des finances qui vous le dit, devant chaque plus, il faudra trouver un moins. Parce que l'ensemble doit être préservé.

6:24
Locuteur

J

6:24
Présentateur

'ai 4 petites questions très concrètes avant de parler des retraites. Est-ce que vous allez vraiment fiscaliser les revenus étudiants

6:29
Locuteur

?

6:30
Roland Lescure

Non.

6:31
Présentateur

Non, donc ça c'est non. Il est prévu aussi de taxer à 8% les tickets restos, les chèques vacances, les chèques cadeaux. Ça, vous allez le faire ou pas ?

6:38
Roland Lescure

En tout cas, c'est dans le projet de

6:39
Présentateur

budget, oui. Vous le souhaitez ? Parce que ça donne quand même un peu l'impression de s'en prendre aux plus faibles. Non, mais... Bah

6:43
Roland Lescure

si... Non, non, non,

6:44
Locuteur

non,

6:44
Roland Lescure

non.

6:45
Locuteur

D

6:45
Roland Lescure

'abord, on ne s'en prend à personne. On demande... On demandait un effort plus

6:49
Locuteur

important, plus faible, plus fort.

6:50
Roland Lescure

Non, on demande un effort à tout le monde. Et vous l'avez dit, les plus riches seront particulièrement concernés. Mais on s'en sortira ensemble ou on ne

6:59
Locuteur

s

6:59
Roland Lescure

'en sortira pas. Hier,

7:01
Locuteur

ça ne peut pas...

7:01
Présentateur

Pardon, sur les plus riches, j'y reviens, mais parce que vous dites qu

7:04
Locuteur

'ils

7:04
Présentateur

seront particulièrement concernés. En proportion, 2,5 milliards d'un côté et 11,5

7:08
Locuteur

milliards

7:08
Présentateur

de l'autre.

7:09
Locuteur

On

7:10
Présentateur

n'a pas l'impression que ce soit eux que vous demandiez l'effort le

7:11
Locuteur

plus

7:12
Roland Lescure

important.

7:12
Locuteur

Ça fait

7:12
Roland Lescure

20% de l'effort. Il

7:13
Locuteur

n

7:13
Roland Lescure

'y

7:13
Locuteur

a

7:13
Roland Lescure

pas 20% de plus riches en France. Donc, en

7:16
Locuteur

proportion... Mais quand ils sont plus riches, ils sont

7:17
Roland Lescure

vraiment beaucoup plus riches. Oui, et en proportion, ils vont contribuer proportionnellement beaucoup.

7:24
Locuteur

Mais,

7:24
Roland Lescure

hier, les taux d'intérêt ont baissé en France. On baissait.

7:28
Locuteur

Ça

7:28
Roland Lescure

veut dire qu'aujourd'hui, on emprunte un peu moins cher qu'avant-hier. Pourquoi

7:33
Locuteur

? Parce

7:34
Roland Lescure

que la stabilité politique,

7:35
Locuteur

ça

7:35
Roland Lescure

a un prix. Et

7:36
Locuteur

pourquoi ? La stabilité, elle a douleur. Mais justement,

7:38
Roland Lescure

justement, parce qu'aujourd'hui, l'incertitude politique, elle a des conséquences

7:43
Locuteur

sur

7:43
Roland Lescure

l'économie. Elle inquiète

7:45
Locuteur

les

7:45
Roland Lescure

consommateurs qui ont un taux d'épargne plus haut qu'on ne l

7:48
Locuteur

'a

7:48
Roland Lescure

jamais eu. Les investisseurs, les entreprises... Alors, attendez,

7:51
Présentateur

moi j'ai des questions. Si vous voulez qu'ils dépensent un peu leur épargne, j'ai encore des questions concrètes. Parce qu

7:54
Locuteur

'ils

7:54
Présentateur

sont inquiets, les consommateurs. Vous avez aussi prévu de réduire l'avantage fiscal pour les carburants B100 et E85, le bioéthanol. Ce qui pourrait faire passer le litre de 61 centimes à 1,20

8:03
Locuteur

euro.

8:03
Présentateur

Enfin, le 85, c'est en moyenne 700 euros d'économie par an pour ceux qui l'utilisent. Et là, on se dit, mais ils n'ont rien retenu de la colère des gilets jaunes. Vous allez faire ça ?

8:12
Roland Lescure

Alors, 1% des véhicules concernés, 1% des véhicules en France. Une niche fiscale, il y en a 474 en France, qui coûte 250 millions d'euros.

8:21
Locuteur

Et

8:21
Roland Lescure

l'année prochaine,

8:22
Locuteur

on

8:23
Roland Lescure

passe de 71 à 85 centimes. Le super sans plomb 98, c'est 1,65 à 1,68. Donc, on reste l'année prochaine sur un avantage fiscal significatif,

8:35
Locuteur

mais

8:35
Roland Lescure

effectivement un peu moins significatif qu'il était. Donc là-dessus, vous ne reculerez pas, c

8:39
Locuteur

'est

8:39
Roland Lescure

une bonne mesure ? Là encore, on ne

8:41
Locuteur

va

8:41
Roland Lescure

pas avancer ou reculer, on va négocier. Devant chaque plus, il faudra un moins, mais je suis ouvert au débat.

8:47
Présentateur

Vous

8:47
Locuteur

êtes

8:47
Présentateur

ouvert au débat. Il paraît que vous allez aussi taxer le vapotage.

8:49
Locuteur

C

8:49
Présentateur

'est une mesure anti-Elisabeth Borne, ça ou pas ?

8:51
Roland Lescure

Non, mais c'est une mesure de santé publique.

8:53
Présentateur

Ça va être combien ? Ça va consister en quoi ?

8:55
Roland Lescure

Non, mais ça, je n

8:56
Locuteur

'ai

8:56
Roland Lescure

pas les détails sur cette mesure particulière. Donc, je vous reviendrai avec plaisir, mais c'est une mesure de santé publique, vous le savez.

9:02
Présentateur

Pour tenter d'éviter la censure, le Premier ministre a donc aussi annoncé la suspension de la réforme des retraites. Qu'on soit très concret, cette suspension, parce qu'on a beaucoup de questions d'auditeurs là-dessus ce matin, elle entrera en vigueur à partir de quand ?

9:11
Locuteur

C

9:11
Présentateur

'est depuis ce matin, là ? Ça y est ? Non, il faut que ce soit voté. Il

9:14
Locuteur

faut

9:14
Présentateur

que

9:14
Locuteur

ce

9:14
Présentateur

soit voté. Il faut que ce soit

9:15
Locuteur

voté.

9:15
Présentateur

Donc, dès que le budget sera voté, ça sera figé à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres.

9:20
Roland Lescure

Jusqu'à la présidentielle. Trois éléments importants. Il faut que ce soit voté. Moi, cette réforme, je l'ai soutenue. J'étais membre du gouvernement qui l'a porté. Oui, c'est le prix

9:29
Présentateur

du

9:29
Locuteur

compromis. Il y a

9:29
Présentateur

quelques jours,

9:29
Locuteur

vous

9:29
Présentateur

disiez encore, attention, cette réforme va coûter des centaines de millions, si on revient dessus.

9:32
Roland Lescure

Et le Premier ministre l'a confirmé, on est sur 400 millions l'année prochaine. Donc, vous avez mangé votre chapeau. Non, c'est le prix, mais il faut qu'on change de culture. On est en train de le faire. C'est le prix du compromis. Et donc,

9:43
Locuteur

il

9:43
Roland Lescure

y a

9:43
Locuteur

à la salle... Pardon,

9:44
Présentateur

je vous interromps, mais vous comprenez qu'on soit un peu perdus, Roland

9:46
Locuteur

Léon

9:46
Roland Lescure

? Non,

9:46
Locuteur

je

9:46
Roland Lescure

suis pas d'accord.

9:47
Présentateur

Emmanuel Macron,

9:48
Locuteur

c

9:48
Présentateur

'est promis juré, jamais de hausse d'impôts. Ok ? Ensuite,

9:51
Locuteur

c

9:51
Présentateur

'est la réforme des retraites, on n

9:52
Locuteur

'y

9:52
Présentateur

touchera jamais. Il y a eu des mois de manifestations, ça fait deux ans et demi que ça a pourri le climat politique en France. Et là, vous arrivez, vous dites, bon,

9:58
Locuteur

en

9:58
Présentateur

fait, la réforme des retraites,

9:59
Locuteur

c

9:59
Présentateur

'est pas

10:00
Locuteur

grave. Et puis, les

10:01
Présentateur

impôts, on vous met 14 milliards. Non, non, c'est pas ce qu'on dit.

10:03
Roland Lescure

Ce

10:03
Locuteur

qu

10:03
Roland Lescure

'on dit, c'est que du fait de l'Assemblée nationale aujourd'hui, éclatée en 11 groupes parlementaires, qui ont chacun des idées, du fait que deux groupes parlementaires, le Rassemblement national et la France Insoum, est d'ores et déjà annoncé, qui visait la dissolution, la destitution. Il faut qu'on travaille avec tous ceux qui restent

10:19
Locuteur

pour

10:20
Roland Lescure

trouver des compromis. Tous les États du monde le font. Toutes les démocraties

10:23
Locuteur

parlementaires

10:24
Présentateur

le font. C'est pas facile à trouver, les compromis. Bruno Retailleau, vous avez entendu, pour Les Républicains, vous a accusé d'être l'otage des socialistes. Et il reproche à Sébastien Lecornu d'avoir fait l'impasse sur l'immigration. C'est vrai qu'il y

10:33
Locuteur

a

10:33
Présentateur

beaucoup de sujets qui n'ont même pas été évoqués hier. D'ailleurs, le Premier ministre s'en est expliqué, il a

10:36
Locuteur

dit

10:36
Présentateur

la priorité,

10:37
Locuteur

c'est

10:37
Présentateur

le budget. Mais concrètement, est-ce que vous allez rogner sur les dépenses de l'AME, par exemple, l'aide médicale d'État, voire la supprimer comme le demande une partie de la droite ? Ça, c'est une piste pour vous ?

10:45
Roland Lescure

Non, c'est pas prévu. Et vous savez bien, j'ai eu l'occasion de m'exprimer là-dessus, que l'AME, l'aide médicale d'État, c'est un enjeu de santé publique. Il y avait des propositions qui avaient été faites par deux experts, un de gauche, un de droite, d'ailleurs, pour l'adapter. Donc on verra si on va vers ça. Mais

10:59
Locuteur

aujourd

11:01
Roland Lescure

'hui, ma boussole, c'est le cadre. Je l

11:03
Locuteur

'ai

11:03
Roland Lescure

dit suffisamment de fois, il faut que tout ça soit stable. En dessous de 3% en 2029, il

11:09
Locuteur

faut

11:09
Roland Lescure

qu'on y arrive. Ça, c'est très important. Et ensuite, des négociations qui visent l'efficacité économique.

11:15
Locuteur

Et

11:16
Roland Lescure

oui, la santé publique, quand même, c'est la moindre des choses.

11:18
Locuteur

J

11:18
Présentateur

'ai une dernière question sur un sujet qu'on a évoqué tout à l'heure dans le journal. On a appris ce matin que Bouygues, Bouygues Télécom, Free et Orange, proposaient de racheter ensemble l'opérateur SFR. Là encore, ça concerne beaucoup de nos auditeurs. Est-ce que vous êtes favorable à cette perspective de rachat

11:33
Locuteur

? Moi,

11:34
Roland Lescure

je vais être extrêmement vigilant sur cette opération. Parce qu'aujourd'hui, vous savez qu'en France, on a les prix

11:40
Locuteur

des

11:41
Roland Lescure

téléphones mobiles, des abonnements,

11:42
Locuteur

parmi

11:43
Roland Lescure

les moins chers d'Europe, et en fait, parmi les moins chers du monde.

11:47
Locuteur

Et

11:47
Roland Lescure

donc,

11:47
Locuteur

je

11:48
Roland Lescure

vais être vigilant à deux choses. L'impact sur le prix des consommateurs, et l'impact sur la qualité de service. Et ça tombe bien, il

11:54
Locuteur

y a

11:54
Roland Lescure

un processus pour ça. Il y

11:55
Locuteur

a

11:55
Roland Lescure

une autorité de la concurrence, elle est indépendante. C'est elle qui est là pour protéger les consommateurs, et elle le fera.

12:01
Présentateur

Donc vous dites, pourquoi pas, mais vigilance absolue, c'est

12:02
Locuteur

ça ?

12:02
Roland Lescure

Exactement.

12:03
Présentateur

Merci beaucoup à vous, Roland Lescure,

12:05
Locuteur

d

12:05
Présentateur

'être venu ce matin sur RTL. Restez avec nous.