Déclaration du Président depuis le poste de commandement opérationnel de La Teste-de-Buch.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:00OuverteRéponse directe
L'ampleur inédite de ces incendies est-elle un point de bascule ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'on a assez de Canadair pour lutter contre ces incendies ?
- 14:00OuverteRéponse directe
Quelles règles différentes pour la reconstruction des campings ?
- 16:00OuverteRéponse directe
La France sera-t-elle un pays différent dans 5 ans face à l'urgence climatique ?
- 18:00OuverteRéponse directe
La France est-elle prête à baisser sa consommation de gaz pour la solidarité européenne ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:00PrésidentChiffre
« 36 000 personnes évacuées »
- 6:30PrésidentChiffre
« on a environ 2 000 pompiers qui sont mobilisés aujourd'hui, on a été parfois jusqu'à 3 000 sur l'ensemble des sites de la Gironde »
- 7:30PrésidentChiffre
« l'investissement de la nation dans sa sécurité civile a augmenté de 40 % ces 5 dernières années »
- 8:30PrésidentFait
« nous avons la flotte la plus moderne d'Europe »
- 9:00PrésidentFait
« Nous avons réquisitionné, en plus de tout ce qui a été mobilisé, deux hélicoptères permettant le largage »
- 10:00PrésidentFait
« il y a déjà eu des feux exceptionnels. Nous avons malheureusement connu des saisons, 2003 est une saison qui correspond d'ailleurs aux années de canicule, 1976 »
- 12:00PrésidentChiffre
« on est passés de 2 à 7 Dash. On a nos Beech et on a nos Canadair. Aujourd'hui, au total ça fait une flotte de 22 »
- 13:00PrésidentFait
« l'Europe paye 100 % de nos moyens actuels, les nouveaux qu'on achète »
- 14:00PrésidentFait
« on va donner tout de suite les règles parce que, ce qui est très dur quand il y a une structure, c'est quand les règles changent et que les habitudes sont déjà prises »
- 15:00PrésidentChiffre
« on a été deux fois plus vite dans la réduction des gaz à émission de serre, deux fois plus vite que ce que la France faisait »
- 16:00PrésidentFait
« nous avons une position initiale qui est plutôt parmi les meilleures en Europe et nous avons fait deux fois plus vite ces 5 dernières années qu'on ne faisait avant »
- 17:00PrésidentPromesse
« on va encore le doubler dans le quinquennat qui vient »
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Bonjour Mesdames et Messieurs, cela me permet de saluer nos pompiers et leurs pilotes, je suis heureux et fier, je dois dire, d'être ici à La Teste, Monsieur le Maire. Avec le ministre de l'Intérieur, je souhaitais qu'on puisse être ici aux côtés évidemment de Monsieur le Maire mais de l'ensemble des élus du territoire, du vice-président de la Région, du président du Département, de nos parlementaires, merci Madame la Sénatrice et Madame la Députée, et de plusieurs élus, pour être là à vos côtés d'abord. En ce moment, alors que le feu est en train d'être contenu et commence à être maîtrisé après des jours qui ont été si difficiles, je veux remercier l'ensemble de celles et ceux qui ont contribué à cet effort exceptionnel ; remercier évidemment le ministre de l'Intérieur, ses équipes et l'ensemble des équipes de la Sécurité civile, Monsieur le Directeur Général ; remercier tous nos pompiers, professionnels et volontaires ; remercier les services départementaux d'incendie de secours, évidemment celui de Gironde au tout premier chef, qui a fait un travail exceptionnel avec des personnels qui ont été mobilisés, mais l'ensemble des SDIS de France qui ont participé à l'effort national et ont été mobilisés ici.
Vraiment, merci aussi à notre président de la Fédération pour cette mobilisation nationale, sous la houlette de la préfète de région dont je veux ici saluer le travail, le très grand professionnalisme et le sang froid. Tout cela a pu être pleinement mobilisé. Nos forces d'Incendie et de Sécurité de secours national ont été pleinement organisées.
Je veux également remercier les pompiers militaires qui ont été mobilisés alors même que la base de Cazaux, comme vous le savez, a été évacuée, pour apporter leur appui à leurs collègues de la Sécurité civile ; remercier l'ensemble de nos forces de sécurité intérieure qui ont permis de sécuriser les sites qui ont été évacués, qui ont permis que tout ça se passe dans le bon ordre, avec confiance, et qu'on protège les habitations en même temps que les personnes. Merci évidemment à nos policiers, policiers nationaux et municipaux, et je veux remercier aussi nos gendarmes qu'on verra tout à l'heure. Et je veux remercier l'ensemble des forces vives de la nation à proprement parler parce qu'on a vu ici l'ONF qui a joué un grand rôle aussi pour aider à apporter leur connaissance de la forêt et permettre, là aussi, d'évacuer ; l'ensemble des forestiers publics et privés ; remercier tous celles et ceux qui ont contribué à cet effort, les bénévoles et les entreprises qui ont donné, tous celles et ceux qui ont permis de nourrir et d'accompagner nos pompiers durant les jours et les nuits durant lesquels ils se sont battus contre le feu.
Voilà. Ces remerciements peuvent vous paraître longs et j'espère n'avoir oublié personne, mais ils traduisent ce qui vient de se passer durant ces derniers jours, c'est-à-dire une formidable chaîne de solidarité humaine pour battre la bête qu'est le feu. Vraiment, nos pompiers sont des héros absolus qui risquent leur vie chaque jour, et ils l'ont fait avec beaucoup de force.
Mais il y a derrière toute cette chaîne et nos élus, leurs équipes et nos compatriotes ici se sont mobilisés avec beaucoup de courage et de générosité. Je veux ici d'abord dire ces remerciements, les remerciements de la nation tout entière, et notre fierté de ce qui a été fait ici durant ces jours parce que vous avez tenu. Nous avons ici, face à nous, l'un des plus grands feux de notre histoire.
C'est sans doute le cinquième ou sixième plus grand feu que nous ayons eu à connaître par la superficie qui a été touchée entre les deux sites et aussi par le nombre de personnes qui ont été évacuées, 36 000 personnes évacuées. Malgré ces chiffres très impressionnants et malgré les forces qui ont été engagées, on a environ 2 000 pompiers qui sont mobilisés aujourd'hui, on a été parfois jusqu'à 3 000 sur l'ensemble des sites de la Gironde, malgré tout cela, là où je peux dire que vous avez fait un travail d'autant plus exceptionnel, c'est qu'il n'y a pas de victime. C'est qu'au moment où je vous parle, la population a pu être évacuée sans qu'il y ait à déplorer de victimes.
Nos pompiers se sont battus et il n'y a pas de victimes. C'est absolument exceptionnel comme bilan, compte tenu du défi qui était le nôtre, le vôtre. Il y a, malheureusement, quelques maisons qui ont brûlé et nous serons aux côtés de celles et ceux qui ont perdu leurs habitations, et des campings.
J'ai vu tout à l'heure les gestionnaires, propriétaires et quelques uns des salariés de ces campings, et nous les accompagnerons dans la reconstruction. Mais je veux vraiment vous féliciter. C'est, pour moi, le bilan qu'il faut tirer de ces jours.
Le phénomène auquel nous avons assisté est un phénomène exceptionnel, en raison de la nature de la forêt très particulière ici, on pourra y revenir si vous le souhaitez ; en raison évidemment des vents qui ont surpris ; en raison aussi de l'hydrométrie qui a baissé du fait de la canicule, à des taux inférieurs à 10 %, ce qui est absolument inédit et, donc, ce qui a conduit à évidemment compliquer profondément le travail de nos pompiers. À très court terme, nous avons mobilisé évidemment, je le disais tout à l'heure, toutes les forces de la nation en moyens aériens et au sol, avec une solidarité nationale exceptionnelle. Nous allons continuer de mobiliser puisque nous avons le septième Dash qui se déploie, qui a été touché au mois de juillet et qui sera pleinement déployé d'ici la fin du mois.
Nous avons réquisitionné, en plus de tout ce qui a été mobilisé, deux hélicoptères permettant le largage, ce matin en Conseil des ministres, pour pouvoir aller plus loin. Évidemment les moyens militaires qui ont déjà été décidés, la mobilisation de nos pompiers militaires que j'évoquais s'est complétée ces derniers jours par la mobilisation de drones, de Caracal. J'ai pris la décision que, dans la durée, nous allons continuer de mobiliser ces moyens, en particulier maintenant pour les travaux de surveillance.
Évidemment aussi, dans les mesures d'urgence, nous allons prendre des décisions pour accompagner et être en soutien des pompiers qui ont été mobilisés et au feu. Là-dessus, des décisions seront prises dans les prochains jours pour qu'on soit pleinement en soutien à leurs côtés. Je le dis parce que je viens ici de féliciter le travail exceptionnel qui a été fait et de donner le bilan de ce feu mais nous sommes en début de saison.
Ce que je veux dire, ici aussi, c'est que nous savons que maintenant la saison va être longue, parce que les forces ont été très mobilisées et que le combat n'est pas terminé. D'abord, ici les choses vont continuer. Dans les prochaines heures, je l'espère, nous allons confirmer que le feu est maintenant contenu, grâce au travail qui a été fait au sol en particulier, le travail de nos pompiers et de nos forestiers qui a permis de pouvoir vraiment faire ces tranchées et le contenir.
Mais on sait que ça va prendre plusieurs semaines pour totalement stabiliser la situation, alors même qu'il y a chaque jour plusieurs départs de feu. Donc on va devoir continuer de maintenir un effort. À côté de ça, nous avons les zones classiques, si je puis dire, malheureusement, de départs de feu et de grands feux d'été.
Nous avons aussi, au moment où je vous parle, des feux qui partent dans des zones totalement inédites. On a un grand feu qui est parti ces jours-ci en Bretagne, ce qui, je parle sous le contrôle du directeur général, à 1 500 hectares est absolument inédit en région Bretagne. Tout ça montre que les semaines qui viennent vont être très dures.
Nous avons fait le maximum ces dernières années pour prévenir. Je le rappelle, l'investissement de la nation dans sa sécurité civile a augmenté de 40 % ces 5 dernières années. Donc ce n'est pas comme si nous n'avions pas prévu, remobilisé et réinvesti, 40 %.
Nous avons rééquipé et modernisé la flotte, ce qui fait que nous avons la flotte la plus moderne d'Europe. Nous avons, je parlais de nos Dash, nous en avions 2 en 2019, le septième sera touché là. Nous avons une flotte de 22 avions, 35 hélicoptères qu'on va compléter par les réquisitions.
Malgré tout, il faut être lucide, le changement que nous sommes en train de vivre ne touche pas simplement la France, tout le pourtour méditerranéen, et même au-delà du pourtour méditerranéen. Beaucoup de pays d'Europe et de pays qui ne connaissaient pas de grands incendies sont en train de vivre une accélération des conséquences directes des dérèglements climatiques. Tout cela va nous imposer de prendre des décisions structurantes dans les mois qui viennent, pour les années qui viennent.
Le ministre avait déjà pris des décisions très fortes dans le cadre de la loi d'Orientation et de programmation pour le ministère de l'Intérieur mais nous aurons à travailler et à nous adapter à la sécurité civile par l'accélération du changement climatique. Quels nouveaux moyens ? Comment les positionner ?
Comment les prépositionner ? Comment évoluer sur le prépositionnement en fonction de l'année ? Comment, aussi, améliorer la solidarité européenne ?
Nous l'avons vu, la France a été à l'initiative et, l'année dernière comme l'année qui précédait, nous avons beaucoup été en solidarité des Grecs, des Algériens ou d'autres. Nous avons pu bénéficier de la solidarité de plusieurs Européens durant cet épisode de feu. Il faut encore améliorer les choses, pour avoir une flotte européenne beaucoup plus complète et encore plus réactive.
Tout cela, ce sont des sujets que nous allons lancer sans tabous, pour pouvoir continuer de moderniser mais surtout nous adapter aux changements de situations et à des feux totalement inédits comme celui que nous avons ici vécu et que nous sommes en train de vivre. Au-delà de ça, et je finirai par ce point, nous allons continuer, Monsieur le Maire, Mesdames les Parlementaires, Mesdames et Messieurs les élus et Monsieur le Président du Département, à être à vos côtés parce qu'évidemment il y a le jour d'après. Le jour d'après, c'est d'abord tenir, aller au bout de ce feu qu'on doit contenir et complètement éteindre.
Sécuriser et prévenir les feux du reste de la saison. Mais, derrière, il va falloir replanter et rebâtir. Donc nous allons très vite lancer les travaux à vos côtés.
Le faire pour lancer un grand chantier national, pour pouvoir replanter cette forêt. C'est un immense chantier, et j'ai salué les bénévoles qui ont été là aux côtés de nos pompiers. Vraiment, je le dis avec beaucoup d'émotion et de fierté, mais nous allons lancer un grand chantier mobilisant les professionnels de la forêt, l'ONF, les forestiers mais aussi les bénévoles pour pouvoir justement replanter, et replanter une forêt dont nous allons aussi bâtir des règles plus protectrices et des règles de prévention dans la durée, face à ces feux.
Là-dessus, avec évidemment les services de l'État et les élus, c'est un des grands chantiers qui s'en suivra : refaire la forêt, prévenir les risques d'aujourd'hui et de demain. Ensuite, nous allons aussi accompagner les acteurs économiques. On va les accompagner dans l'urgence.
D'abord, il y a les assureurs. Nous avons pris contact avec la Fédération des assurances pour qu'il y ait une réponse très forte et rapide, mais nous allons aussi mettre en place les dispositifs de solidarité pour les employés parce qu'il faut être très conscients que, pour beaucoup de saisonniers, c'est une saison qui s'arrête avec des grandes difficultés, alors même que ce sont des mois dans lesquels ils font parfois les revenus de leur année. Donc nous avons des mécanismes de chômage partiel et d'accompagnement à l'activité que nous allons activer pour pouvoir les aider et les accompagner.
Je le dis aussi à la filière des hôtels, cafés, restaurants et du tourisme, et en particulier des campings, nous serons aussi là dans la durée pour les accompagner et pour les aider à reconstruire et, là aussi, le faire en respectant les règles, c'est-à-dire permettre de rebâtir les campings en respectant les règles de préservation du paysage du littoral et de prévention des risques. C'est tout ça que nous allons faire dans les prochains mois. Voilà, en tout cas je veux ici vous dire la solidarité de la nation et mon immense fierté en tant que président de la République, pas simplement d'être à vos côtés mais de voir cette force d'âme que j'évoquais en parlant à nos soldats il y a quelques jours, parce qu'elle est là, chez nos élus, chez nos compatriotes, chez nos pompiers et tous celles et ceux qui sont mobilisés.
C'est une immense fierté. Vous avez résisté, vous êtes en train de battre le feu et, donc, nous serons là dans la durée. Merci, Président.
Monsieur le Président, l'ampleur inédite de ces incendies est caractéristique. Ça marque un point de bascule avec des données nouvelles. Les pompiers nous disent qu'on n'avait jamais vu la multiplication de ces facteurs et l'ajout de ces facteurs, la canicule, les vents, on est vraiment sur un point de bascule ?
Écoutez, il y a déjà eu des feux exceptionnels. Nous avons malheureusement connu des saisons, 2003 est une saison qui correspond d'ailleurs aux années de canicule, 1976, mais c'est vrai qu'il y a des événements qui sont souvent des bascules, je parle sous le contrôle des sachants, dans la doctrine. Il se trouve, d'ailleurs, que la Gironde et les Landes ont souvent été des théâtres de ces bascules parce que les forêts sont très caractéristiques, et les épisodes de 1949 et 1989 ont marqué les esprits parce que ce sont des feux historiques, très forts.
Ici, en effet, vous avez un feu avec une forêt qui est une forêt coutumière qui avait des règles particulières d'usage, et donc où les règles de prévention n'étaient pas optimales, soyons clairs. La préfète, avec les élus, avait déjà commencé à mener ce travail et ça venait bousculer des habitudes, parfois des convictions. Donc il faut en tirer les conséquences, là aussi, on ne peut pas garder ces règles-là.
Ce n'est pas vrai, je vous mentirais en vous disant ça. On ne peut pas refaire la forêt comme elle était, avec les mêmes règles, parce qu'il faut qu'il puisse y avoir des sentiers et des chemins de passage qu'on protège parce que, là, le travail des pompiers a été entravé et des risques ont été pris parce que l'usage de la forêt n'était pas le bon face à ces risques, et on les connaissait. Premier point.
Deuxième sujet, c'est toujours très difficile, ce sont des forêts de pins. On a eu le feu qui a pris. Comme ça a été très bien dit tout à l'heure par le Contrôleur général, il y a eu en plus deux feux à une heure et demie d'intervalle et quelques kilomètres de distance, donc les mêmes services ont été sous pression de deux feux qui sont partis très vite, avec beaucoup de vent, avec des conditions qui sont très propices au feu.
Ce sont des résineux, avec en plus des contraintes où la canicule, on l'a vu pour la première fois, a conduit à ce qu'il y ait des phénomènes totalement inédits où, en plus de la transmission de cime en cime, on a eu des explosions littérales de troncs, avec ensuite de la prolifération et l'envoi d'escarbilles qui ont fait des reprises de feu, parfois à plusieurs dizaines ou centaines de mètres, ce qui fait que les équipes qui attendaient simplement en fonction de la direction du vent ou de chemins naturels ont parfois été prises à revers ou à contre-pied. En effet, il y a une multiplication de ces facteurs ici qui créent cette situation inédite. Donc il faut faire le retour d'expérience complet.
Quelle prévention sur les forêts, partout en France ? On a appris, dans le Sud-Est on a maintenant des règles très strictes dans toutes nos forêts, ce n'est pas vrai pour toutes les forêts de France. On parle ici de la Gironde et des Landes mais il y a beaucoup d'autres territoires français où on pensait que les feux ne partiraient jamais, c'est faux, donc il faut le faire partout.
Premièrement, on a sans doute un travail à faire de prévention forestière sur les feux et, deuxièmement, on voit la traduction du changement climatique donc il faut accélérer, nous, dans notre doctrine et dans les moyens, ce qu'on a fait ces dernières années, en déploiement de moyens nouveaux parce qu'on est, on le voit, très vite sous pression capacitaire ; le faire en national et en européen. Je pense qu'on a aussi une cartographie du prépositionnement de nos moyens nationaux dans différents sites, mais comme on l'a fait par le passé, ce n'est pas un tabou. Au début des années 90, ça a été fait ici puis, après, la doctrine a changé parce qu'on a dit qu'il valait mieux avoir des moyens au sol et donc on a remis des moyens nationaux.
Donc il faut garder ce qui marche dans notre modèle. On a un modèle qui marche très bien aujourd'hui en maintenance. On a une maintenance remarquable parce qu'on a un site unique avec des équipes qui tournent 24 heures/24, ce qui fait qu'on a un taux d'utilisation de nos capacités qui est remarquable.
Par contre, on doit sans doute améliorer le déploiement et le prépositionnement, en tout cas. Ce n'est pas à moi de le dire, c'est aux professionnels, mais c'est tout ça qu'il va falloir faire évoluer sans tabou, en regardant à la fin de la saison. Il faut tenir dans cette saison et c'est pour ça que tenir, heureusement on avait pris les décisions en amont donc on a plus de capacités qu'il y a deux ans, mais ça veut dire que nous, on ne s'est pas donné de tabou, on réquisitionne parce que c'est le seul moyen de parer à l'urgence.
Et on donne encore plus de force à nos pompiers en mettant les moyens et en les accompagnant. Est-ce que ça passera par la loi ? Deux choses.
Les réquisitions, pour qu'elles soient nationales et dans la durée, ça passe par des décrets, on en a pris un ce matin en Conseil des ministres, et après il y a des mesures de gestion qui sont pour cet été mais certaines de ces choses, les moyens dans la durée comme on l'a fait et peut-être des changements en termes de prévention, exigeront peut-être des lois. Monsieur le Président, est-ce qu'on a assez de Canadair pour lutter contre ces incendies et peut-être pour les futurs qui vont arriver ? Écoutez, on a modernisé notre flotte, je le rappelle et je rends hommage aussi à nos pilotes qui font un travail remarquable et prennent des risques.
Je le dis avec une pensée toute particulière parce qu'en tant que président de la République, j'ai malheureusement eu à enterrer des pilotes et je ne l'oublie pas. Ce sont des femmes et des hommes, avec leurs mécanos, qui eux aussi prennent des risques immenses. Qu'est-ce qu'on a fait ces dernières années ?
On a modernisé la flotte parce que, quand on est arrivés, c'est le problème qu'on avait avec les trackers sur lesquels on fonctionnait. Donc on l'a modernisée, ce qui fait que je peux vous dire qu'on est la flotte la plus moderne d'Europe et qu'on est parmi les premières flottes européennes. On est passés de 2 à 7 Dash.
On a nos Beech et on a nos Canadair. Aujourd'hui, au total ça fait une flotte de 22. C'était assez quand je regarde les dernières années et, là, on voit qu'on est déjà en limite capacitaire.
Donc premier point, est-ce qu'on utilise bien cette flotte ? La réponse est oui. Contrairement à ce que j'ai pu entendre, on a 12 Canadair aujourd'hui, il y en a 10 à 11 qui sont utilisés en permanence.
C'est inédit. Pour avoir d'autre flottes aériennes dans d'autres secteurs, on n'a jamais cette capacité en permanence à les utiliser. Pourquoi ?
Parce qu'ils se reposent la nuit et les mécanos travaillent de nuit et, sur nos bases la nuit, on a un travail en permanence. Est-ce qu'il faut en avoir davantage ? La réponse est, de manière à peu près sûre : oui.
Ça pose deux choses : premièrement, c'est une réflexion européenne qu'il faut avoir. Je le dis d'autant plus que c'est l'Europe qui paye nos nouveaux moyens. On a développé une stratégie européenne, et je l'ai portée, c'est la France qui en a pris l'initiative.
Mais je le dis pour tous celles et ceux qui parfois critiquent l'Europe, l'Europe paye 100 % de nos moyens actuels, les nouveaux qu'on achète. Donc l'Europe a du bon. Il faut en acheter plus mais il faut le faire aussi en Européens, parce qu'il faut regarder les choses avec trois dimensions : on a besoin d'une flotte européenne, si on veut être [INAUDIBLE] ensuite, il faut des capacités opérationnelles nationales, en particulier pour la maintenance, et il faut des prépositionnements zonaux, si je puis dire, c'est-à-dire infra-nationaux.
C'est comme ça qu'on doit articuler les choses. Donc oui, il faut davantage acheter au niveau européen, c'est à peu près sûr, et il nous faut là aussi, sur cette filière, redéployer une stratégie industrielle. Pourquoi ?
Parce que Canadair, ce n'est pas le nom de l'avion lui-même, c'est le nom d'un modèle et d'une entreprise, et il y a eu quelques problèmes industriels qui font qu'on a plus de difficultés à les produire qu'avant. Donc on est en train de rebâtir la filière pour avoir une souveraineté technologique et industrielle et pouvoir produire ces avions. Ce que je suis en train de décrire, c'est vrai partout dans le monde.
Aujourd'hui, vous avez des feux en Australie, l'Australie réquisitionnant des moyens des Américains avec des Boeing largueurs. Vous avez vu les événements qu'il y a eu et qu'il y aura, je pense, malheureusement dans les prochaines semaines ou prochains mois en Californie. Le monde entier a ça et donc on doit s'adapter.
Donc oui, on doit monter notre flotte en capacité. Monsieur le Président, vous avez rencontré les propriétaires de campings. Vous leur avez dit on va reconstruire et vite, mais les règles seront différentes.
Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire premièrement, je le disais à Monsieur le Maire, dans ces moments-là il y a de l'adrénaline et une solidarité exemplaire. Les femmes et les hommes qui sont là, c'est exceptionnel, beaucoup de gens n'ont pas dormi, ils sont là.
Les semaines qui suivent sont très dures, souvent. On revient et ça a brûlé autour. La vie n'est plus la même.
Vous avez perdu votre forêt, parfois votre logement, et c'est là où c'est très dur. Donc on sera là aussi dans ces moments-là, je le dis, parce que c'est important. Il faut très vite redonner des perspectives aux gens, sinon c'est le désespoir qui s'installe et parfois la colère.
Donc il faut qu'on puisse, nous derrière, tirer les conséquences, ce qu'on fera très vite. Replanter la forêt et rebâtir, il faut le faire vite. Je l'ai dit, le camping touristique est une activité qui est très importante pour la valorisation des sites ici et pour la vie économique, et ça fait partie de la vie économique de la nation parce que l'activité touristique embauche beaucoup de gens dans notre pays.
C'est important parce que ça donne aussi des possibilités de vacances à des gens dont le budget est parfois plus modeste. C'est très important, et je veux saluer d'ailleurs la décision qu'ont pris les gérants et propriétaires de campings, qui a été de rembourser tout de suite tous les vacanciers en totalité, ce qui montre quand même l'esprit et l'éthique des professionnels du secteur. Nous, ce qu'on leur doit, c'est de les aider à reconstruire.
On va le faire de trois manières. Premièrement, mettre de la pression sur les assureurs. Deuxièmement, leur donner très vite les nouvelles règles parce qu'on ne pourra pas reconstruire les campings comme ils étaient avant.
Il faut qu'ils intègrent mieux, eux aussi, les règles de prévention, de respect du littoral et de la forêt. Mais on va donner tout de suite les règles parce que, ce qui est très dur quand il y a une structure, c'est quand les règles changent et que les habitudes sont déjà prises. Les règles seront données tout de suite, très vite.
Et, troisièmement, on va les accompagner avec, là aussi, des mécanismes d'aide pour pouvoir le faire vite. Moi je veux qu'on puisse, la saison prochaine, pouvoir avoir les premiers qui ouvrent et qui fonctionnent parce qu'il faut reprojeter les gens dans l'espoir. La saison, là, va s'arrêter pour eux.
Monsieur le Maire le sait, pour beaucoup de commerçants ce ne sera pas pareil donc on va les accompagner. On ne peut pas leur dire vous allez prendre deux ans à rebâtir, ce n'est pas vrai. On va leur dire, la saison prochaine on sera là.
Monsieur le Président, par rapport à l'urgence climatique, certains vous accusent de ne pas prendre assez de mesures ou des mesures assez importantes par rapport au niveau justement de l'urgence. Est-ce que la France va être un pays différent dans 5 ans, lors de la fin de votre deuxième mandat ? D'abord, j'ai envie de dire c'est la fonction et le métier, on est là pour prendre aussi les critiques.
Je le rappelle toujours mais ça fait du bien à entendre, les condamnations qu'il y a pu avoir sur le plan de la justice ou autre sur l'inaction climatique, comme on dit, elle va sur la période qui précède 2018. J'ai été élu en mai 2017 pour la première fois, donc je veux bien tout prendre mais je ne prends pas ça. Non, mais moi je n'ai jamais eu de condamnation de la justice.
Voilà. Mais parce qu'ils utilisent cette condamnation pour tout confondre, j'aime bien la vérité et la précision. Ensuite, sous mon premier mandat, on a été deux fois plus vite dans la réduction des gaz à émission de serre, deux fois plus vite que ce que la France faisait.
Je le dis parce que la France est aussi un pays qui, par tête d'habitant, n'est pas celui qui produit le plus de CO2 en Europe. Donc nous avons une position initiale qui est plutôt parmi les meilleures en Europe et nous avons fait deux fois plus vite ces 5 dernières années qu'on ne faisait avant. Tout ça impose des changements et, donc, qu'est-ce qu'on doit faire ?
On s'est donnés maintenant des lignes. On a mis de l'investissement. Il faut mettre de l'argent pour que les choses changent et pour aider les gens à changer.
Maintenant on a un cap, on va le tenir et l'exécuter. C'est pour ça que j'ai décidé là que la Première ministre soit en charge de la planification écologique et qu'il y ait à ses côtés deux ministres : la planification écologique territoriale et énergétique. Donc nous allons, dans les prochains mois, faire ce travail avec l'ensemble des élus et des filières et on va faire plusieurs choses.
La première, dès cet été, une loi d'urgence d'exception pour pouvoir produire beaucoup plus vite des sources d'énergies renouvelables. C'est la clé. Et pourquoi on ne va pas assez vite ?
Je vais vous dire, parce qu'on a trop de règles. Moi, en tant que président, j'ai inauguré des champs d'éolien offshore qu'avait lancés non pas le président François Hollande, mais le président Nicolas Sarkozy. C'est ça, la réalité de notre pays.
Donc on va demander au gouvernement de pouvoir soumettre à l'Assemblée nationale et au Sénat un plan d'urgence pour qu'on puisse le faire en quelques années mais sous ce mandat. Et, pour certains projets de pompes à chaleur, de méthaniseurs de très court terme, en quelques mois. Premièrement, simplification, aller plus vite et plus fort.
Deuxièmement, on va ensuite proposer une stratégie nationale bas carbone et une nouvelle programmation pluriannuelle de l'énergie qui sera préparée en concertation dans les prochains mois et elle aussi soumise au Parlement, ce qui est inédit pour ces deux stratégies, en début d'année prochaine, au premier semestre de l'année prochaine. Elle permettra de décliner, avec derrière une stratégie d'investissement qui permettra d'accompagner chaque territoire, mais ce sont les élus du territoire qui vont le mettre en œuvre. Il faut que l'État ait une stratégie et un investissement et que ce soit un pacte de confiance avec le terrain parce que ce sont les élus qui savent comment avoir la meilleure stratégie pour replanter des forêts, pour aider à la transition agricole, pour changer les mobilités et changer la mobilité urbaine, réussir à faire des plans vélo qui fonctionnent encore mieux, on les a déjà beaucoup boostés mais aller encore plus loin, sortir du véhicule thermique, etc.
Voilà, c'est comme ça qu'on va faire. Donc moi j'ai déjà agi, mais on va aller beaucoup plus vite et plus fort. Je disais que j'ai doublé l'effort ces 5 dernières années, on va encore le doubler dans le quinquennat qui vient, c'est ça mon objectif.
Marie, vous aviez une question et vous avez été interrompue. Ça rejoignait sur le moyen et les Canadair. Dernière question puis je dois filer.
J'en ai une qui n'est pas directement liée mais, ce matin, Ursula von der Leyen a demandé que tous les pays européens baissent de 15 % environ leur consommation de gaz pour faire face à la guerre en Ukraine. Est-ce que la France est prête ? Mais c'est exactement ce que j'ai dit à nos compatriotes le 14 juillet.
Nous devons nous préparer, tous, à cette solidarité. Les ministres avaient eu l'occasion de le dire, la France dépend peu du gaz. Pourquoi ?
Parce que nous avons une structure de production de notre énergie nationale qui était l'héritier du modèle nucléaire et, donc, on dépend beaucoup plus du nucléaire, de l'hydroélectricité, surtout du nucléaire et maintenant des capacités que je veux accélérer de renouvelables. Mais on a environ 17 % de gaz et, dedans, une part de gaz qui venait de la Russie mais on s'est diversifiés. Nous n'avons pas de gazoduc qui vient de la Russie.
On en a un qui vient de la Norvège et après c'est du gaz liquéfié. Mais il y a une solidarité européenne et nous avons besoin de cette solidarité européenne. Je le dis aussi face à toutes les bêtises que j'entends.
Au moment où je vous parle, nous importons de l'électricité d'Europe, on n'en produit pas assez pour nous. Donc on a besoin, sur l'électricité et le gaz, d'être solidaires si on veut pouvoir résister cet été, cet automne et encore plus cet hiver. Pour ça, nous on doit faire quoi ?
Se préparer à une solidarité gazière parce que d'autres pays dépendent beaucoup plus de la Russie et, si tout est coupé, ce à quoi on doit se préparer, ils auront besoin de faire face à ce choc. Donc, en effet, c'est de l'ordre de 15 à 20 %. C'est exactement ce sur quoi on se prépare et ce que j'ai demandé au gouvernement.
Ça supposera un travail de programmation qu'on a commencé, d'abord de sobriété. On consomme moins, mais on le fait de manière intelligente et proportionnée. Ensuite, du côté des administrations publiques, du côté des entreprises et du côté des concitoyens, il faut regarder la programmation des plans qui seront faits face à ces événements d'ici à l'automne puis à l'hiver.
C'est en ce moment que c'est en train d'être fait et, durant l'été, la Première ministre, avec les ministres compétents, aura à présenter ce plan dont j'expliquais déjà la philosophie le 14 juillet, qui est en parfaite correspondance avec ce que la présidente de la Commission européenne a dit ce matin. Merci beaucoup.