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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 13 juin 2025 99 minAutoproduit

🌹 Table ronde « 120 ans de combat pour l’unité des socialistes » - 81e Congrès du Parti socialiste

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Voilà. Bon, cher camarade, bonjour. Comment ça va Nancy ?

C'est bien Nancy. Bon, je vois que vous êtes très très très très nombreux aujourd'hui et très très très motivé. C'est vrai que c'est un événement singulier, faut le dire, que d'avoir le privilège, l'honneur à la fois d'être le premier intervenant, mais surtout celui qui rappelle aussi pourquoi nous sommes là.

Et la la table ronde que vous allez pouvoir entendre tout à l'heure, c'est une table ronde qui vise à revenir sur les 120 ans du congrès fondateur du Parti socialiste qui s'est tenu alors c'est pas une offense faite à Nancy, monsieur le maire, mais c'était Ru Strasbourg à Paris le congrès du globe. Voilà, c'était un un curieux clin d'œil à l'esprit de rein mais et je vais beaucoup y revenir, faut savoir que Nancy n'a pas été en reste dans l'histoire des congrès socialistes puisque c'est certes aujourd'hui le 81e congrès socialiste, mais c'est aussi le 3e congrès socialiste à Nancy. Et c'est un peu de cela que j'aimerais vous parler.

Je vous invite d'ailleurs puisque vous êtes tous de fervant lecteur comme tout socialistes à aller sur le site de la fondation Jean Jorè pour lire une contribution de Gill Candard qui revient en détail et je vais m'appuyer là-dessus sur ces deux congrès. Mais avant, je tiens à vous dire que si vous rentrez dans cette salle, vous rentrez aussi normalement avec un goodies gratuit, la une du numéro 1 du socialiste, daté, il faut le lire, du 7 et du 14 mai 1905. Donc vous pouvez ouvrir ce journal, c'est une lune historique, c'est une collector, c'est le congrès d'unité des socialistes.

Alors je vous le dis, ce numéro qui a été conducté par l'ours, l'Office universitaire de recherche socialiste, il vise tout simplement à rappeler à celles et ceux qui ne connaîtraient pas l'histoire de notre parti que les congrèss, c'est notre quotidien, c'est ce qui fait le sel d'un parti, c'est ce qui permet aussi à la vie démocratique d'un parti de pouvoir vivre. Certes, le chemin des socialistes n'est pas simplement pavé de rose sans épine, mais aussi parfois de débat, de conflits, parfois aussi de moments d'unité importants. Alors à Nancy et c'est de ça que je voudrais vous parler aujourd'hui, il y a eu des grands débats, des grands débats qui n'étaient pas des débats d'unanimité mais qui étaient des débats qui permettaient de trancher des sujets.

Gill Candar le rappelle, l'histoire des socialistes n'était pas toujours simple. Par exemple, à Nancy en 1927, les socialistes avaient moins de 9000 voix dans le département lors des élection législatives. Moins de 8 % des suffrages pour les socialistes.

Aujourd'hui, qu'en est-il ? Il n'y avait même pas de députés socialistes. Aujourd'hui, la moitié des députés du département sont socialistes et je crois qu'on peut les applaudir.

La moitié des députés du département sont socialistes et je vois au premier rang ma camarade Estelle Mercier. Je sais qu'il nous rejoindra mais Dominique Potier est l'un des piliers du groupe socialiste et que ferions-nous par ailleurs sans Stéphane Abla qui lui aussi sera bientôt parmi nous. Qui e cru en 1929 qu'il y aurait un maire de Nancy qui serait aussi socialiste, que le département serait socialiste ?

Chers camarades, je crois que ils auraient pu se retourner et revenir avec nous avec grand plaisir. Alors oui, pourquoi commencer ce congrès par parler d'histoire ? Parce que bien souvent, on nous dit le Parti socialiste sait plus que c'était.

Et moi aujourd'hui, j'aimerais vous dire que le Parti socialiste s'appuie toujours sur ce qu'il était. Et c'est pourquoi je vous invite au-delà de vous abonner à l'ours. 60 € par an, un numéro tous les de mois et deux numéros exceptionnel chaque année.

Le dernier numéro portant sur notamment la reconstruction de l'international socialiste ou en tout cas du socialisme en Europe. Ce que je peux vous dire, c'est que un parti comme le Parti socialiste, le plus vieux parti de France représenté au Parlement, c'est un parti qui sait aussi que de l'histoire, j'y reviendrai, on peut faire quelque chose. C'est pas un rapport conservateur à l'histoire, mais c'est aujourd'hui ce que je voudrais vous dire, des grandes lignes qui nous traversent encore.

Quand en 1907 Louis Leschevin et je sais que monsieur le maire connaît bien Louis Léchevins, Louis Léchevin c'était le premier secrétaire de la Fédération socialiste qui a ouvert ce congrès de Nancy en 1907. Il était fondateur du groupe nancien d'étude sociale. On avait un attachement au travail, un attachement au travail intellectuel et je crois aujourd'hui que notre parti peut s'enorgueillir d'être l'héritier de cette histoire intellectuelle, de cette histoire aussi de débat vif et de cission.

En 1998, donc il est rattaché au POF. Le POF, c'est le parti ouvrier français mais ce parti connaît lui-même une série de schismes quelques années plus tard parce que le parti en fait les partis socialistes, les groupuscules socialistes passaient leur temps à se diviser. Faut savoir que quand on fait l'unité socialiste et j'en du Madicange il reviendra, il y avait le PSF, le PSDF, le POS, le le l'USR évidemment, bref le les fédérations autonomes bien sûr.

Et d'ailleurs, Louis Leschevin avait fondé la Fédération autonome de Laoren. Donc vous voyez cette diversité du mouvement socialiste, elle a réussi à s'unir en 1905. Alors chers camarades, que s'est-il passé dans cette union des tendances dans ces premiers congrès de Nancy ? 1907, c'est le lendemain de 1906.

Vous me direz 1906, c'est deux choses très importantes dans l'histoire française. D'une part, c'est on va dire Clémanu qui se met à briser des grèves et on se met à un peu moins le soutenir. Je reste dit même ou pas ça ou pas vous. en parlant de ses camarades qui étaient au gouvernement parce qu'ils avaient contribué à réprimer le mouvement social plutôt qu'à promouvoir le programme qui était censé initialement être celui du gouvernement clémenceau, celui notamment des retraites ouvrières parce que les socialistes savent rester fidèles à leur combat.

Alors, il y avait ce gouvernement clé morceau, mais il y avait aussi en 1906 un moment important, ce mouvement de la charte d'Amien, c'est-à-dire le moment où le monde syndical dit qu'il est un monde autonome autonome des organisations politiques. Et le Congrès de 1907, c'est un congrès qui est un débat stratégique sur la question de la social-démocratie. Et je le dis aux camarades ici qui penseraient que le social la social-démocratie est une neuve dont on n jamais dépattu au sein du parti socialiste, que depuis finalement 120 ans, on parle de la social-démocratie et de notre rapport au monde syndical au sein du Parti socialiste.

À l'époque, celui qui défendait l'unité organique du mouvement social et de son sa représentation politique, c'était Jul Gued. Il faut savoir que à Nancy, en 1907, ceux qui gagnent ce sont ceux qui défendent la charte d'Amien et l'autonomie du monde syndical. Ceux qui ne défendent pas l'unité comme ça se passe en Allemagne, mais c'est jores et vaillant.

Ce sont à la fois les révolutionnaires et les réformistes, on va dire, ou en tout cas l' plus modérée qui s'allie et ils obtiennent une majorité, il faut le dire, de 54 %. 54 % c'est beaucoup ou c'est pas beaucoup ? En tout cas, c'est suffisant pour trancher et à l'époque, on tranchait les débats.

Alors oui, chers camarades, l'unité du mouvement socialiste en 1907, c'est encore des débats et c'est jamais l'unanimité. Faut savoir aussi et là je vais plutôt parler du congrès de 1929 que l'unité des socialistes ce n'est évidemment pas forcément l'union absolue de la gauche. En 1929 on pourrait dire que le Parti socialiste ne se porte pas si mal. 18 % des suffrages, c'est pas mal.

Mais il est talonné à 11 % par la SFIC. ces dangereux communistes, ces horribles communistes. Et je peux vous dire les camarades que les polémiques avec la SFIC, elles sont bien plus violentes à l'époque que celles qui peuvent diviser la gauche aujourd'hui.

Alors oui, faut-il privilégier la confrontation avec le Parti communiste ou songer au rétablissement de l'unité ouvrière ? C'est ça le débat du 2è congrès de Nancy, chers camarades. Alors, vous voyez, on n'invente rien ici à Nancy, mais on sait aussi faire preuve d'une certaine constance.

En 1929, il y a aussi un débat au Parlement, un débat sur la récente loi sur des assurances sociales contre les risques de vieillesse. Il y a des critiques qui viennent de l'aile gauche sur une supposée complaisance avec ce gouvernement. Il y a des critiques qui viennent de partout finalement.

Mais c'est quand même un débat fraternel, un débat apaisé et un débat aussi où on sait se réunir sur certaines cause. La cause du féminisme. Il y avait déjà eu par exemple en 1907 Madeleine Peltier qui disait et c'est toujours Gill Candal qui nous le rappelle, je vous invite vraiment à lire son super article que la question du droit de vote des femmes était prioritaire.

En 1929, deux motions en faveur du droit de vom des femmes et d'éligibilité des femmes sont adoptées, ainsi que sur la constitution d'une organisation des femmes socialistes à l'unanimité et sans débat. Alors, on dit aussi que c'est parce que ça a intéressé moins les congressistes, mais bon, finalement, il faut toujours savoir sur quoi s'empoigner. Alors, chers camarades, on a toujours eu des débats sur le fond, vous le voyez, mais on a toujours eu des débats aussi sur l'organisation.

On aurait pu parler par exemple de ces débats de 1929 qui étaient occupés par des emploignades rituels nous dit Gil Candard sur les cotisations d'élus important. Mais voyez, c'est ainsi que vit un parti grâce à ses cotisations, grâce à ses élus et grâce aussi, c'était déjà le débat à l'époque à ses parlementaires qu'il faut toujours critiquer néanmoins. Il y avait aussi en 1907 comme en 1929 des débats sur la presse socialiste. en 1907, le débat c'est de savoir si l'humanité journal socialiste, doit être l'organe du Parti socialiste ou alors un lieu de débat vivant.

Et vous pourrez retrouver d'ailleurs dans ce numéro de l'ours quelques éléments sur la réflexion que les socialistes avaient et la liberté qui était accordée à la presse socialiste. 1927 aussi, c'est l'année évidemment de lancement du quotidien nouveau du Parti socialiste qu'on appelle le populaire de Paris et dont Léon Bloom est le directeur. Chers camarades, alors que j'approche de la fin de mon propos, il me faut vous dire que toutes ces histoires que je viens de rappeler et qui ne sont pas sans rappeler les débats que nous avons aujourd'hui, elles doivent nous permettre de dire une seule chose, que quand on dit que le Parti socialiste n'a pas de mémoire, c'est faux.

Que quand on dit qu'il ne travaille pas aujourd'hui, c'est faux. Il vous suffit de voir l'our du travail intellectuel au sein du Parti socialiste, mais il y en a aussi dans l'organisation. Et je tiens à dire que ces critiques qui ressurgissent à chaque congrès, celle que j'ai pu évoquer, elles ne sont pas neuves.

Ces débats sur la forme optimale d'un parti démocratique, elles ne sont pas neuves aussi. Et chers camarades, la force de ces débats, de ces agitations, de ces réconciliations aussi, c'est la force d'un grand parti démocratique. C'est la force du Parti socialiste.

Si on commence par l'histoire, c'est parce que nous sommes finalement profondément juressiens. Vous connaissez cette phrase de juresse, c'est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source. C'est une fleuve, c'est une phrase pardon sur la conception de l'histoire de Jor qui l'a prononcé à l'Assemblée nationale.

Il avait face à lui Baress qui défendait une vision bien plus conservatrice, bien plus figée, qui finalement faisait du passé quelque chose d'immobile. Lisait une l'immobilité des attitudes, une sorte de piété et de culte. Voilà ce que disait Jores.

Mais si nous avons besoin de l'histoire, ce n'est pas pour cela, c'est pour reprendre les mot de Jores. Parce que ceux qui ont lutté dans les siècles disparus à quelques parties, à quelques religions, à quelques doctrines qu'ils aient appartenus, mais par ceux la seul qu'ils étaient des hommes qui pensaient, qui désiraient, qui souffraient, qui cherchaient une issue. Ils ont tous été, même ceux qui dans les batailles d'alors pouvaient paraître des conservateurs.

Ils ont tous été par la puissance invassible de la vie, des forces de mouvement, d'impulsion, de transformation. Et c'est nous qui recueillons ces frémissements, ces tressaillements, ces mouvements. C'est nous qui sommes fidèles à toute cette action du passé.

Comme c'est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source. Alors chers camarades, voilà ce que doit être notre vision du Congrès du globe. non celle d'un passé figé, non celle d'un passé fossilisé, mais celle d'une unité comme un mouvement de transformation, comme celle d'une unité qui fait ce que nous sommes aujourd'hui, comme celle d'une unité qui a contribué à construire une doctrine que nous continuons aujourd'hui encore à faire évoluer, à entretenir.

Chers camarades, c'est une doctrine qui n'est pas une doctrine figée mais qui s'inspire sur un cadre de valeur. Et à l'heure où aujourd'hui ces valeurs sont remises en cause partout dans le monde, je crois que le meilleur message que nous pouvions offrir aux Françaises et aux Français, c'est celle du débat parce que sans débat, il n'y a pas de démocratie et le Parti socialiste doit en être fier. Je conclurai en vous rappelant que le congrès du 12 juin 2000 1929, le 2e congrès se tenait salle de la grande taverne.

Salle de la grande taverne, je ne sais pas où c'est, le maire le sait sans doute. Mais la salle de la grande taverne, ça évoque pour moi quelque chose de très simple. la fin d'un épisode d'astérisque à la fin on a un peu bagarré on s'est un peu chamaillé on s'est mis quelques coup de poisson sur la tête mais on se retrouve autour du banquet alors chers camarades vive les débats socialistes vive l'unité socialiste.

Vive l'Union de la gauche et bon congrès. Merci merci beaucoup Arthur. Après cette très bonne introduction sur l'histoire des congrès, nous avons la chance et l'honneur d'accueillir aujourd'hui Jean Numa Ducange qui est historien, spécialiste de l'histoire des gauches et sans doute un des meilleurs spécialistes de l'histoire de notre parti pour une séquence sur le Congrès du globe. l'unité enfin retrouvée. [Applaudissements] Bonjour à tous et à toutes.

Chers amis, chers camarades, je vais donc revenir sur les éléments qui ont permis de constituer la section française de l'international ouvrière puis plus tard le Parti socialiste en avril 1905. L'époque de Jean Jorès et de Julged, fin du 19e siècle était une époque où beaucoup de françaises et de Français, notamment dans les milieux ouvriers, ne dépassaient pas 40 ans en terme d'espérance de vie. dans ce monde qui subissait de plein fouet les conséquences de l'industrialisation, évidemment des progrès positifs mais aussi des conséquences social terrible.

Et bien dans ce monde-là, il y a une réponse d'abord désorganisée, éparpayée sous la forme de différents courants, mais il y avait un message commun qui venait du socialisme. Alors, celles et ceux qui pensent que le message socialiste est caduc doivent toujours se rappeler que la raison pour laquelle les socialistes sont apparus, d'abord certes très divisés, mais tout de même, c'est parce qu'il y avait ce capitalisme sauvage, cette espérance de vie très faible, cette exploitation redoutable. Dans toute l'Europe, des partis ouvriers se sont constitués, mais en France, il y avait de fortes divisions.

Et ces divisions vont être d à plusieurs faits autour de plusieurs questions. Quels sont-ils ? La République venait de s'affirmer depuis les années 1880, mais tous les socialistes n'étaient pas convaincus qu'il fallait défendre l'héritage républicain et la laïcité.

Jean Jorè, bien connu, mais Jean Jorè n'était pas socialiste à la base. Jean Joress Républicain modéré, déjà convaincu de la laïcité, qui a évolué progressivement vers le socialisme, un socialisme ancré dans la République. D'autres comme Jul Gued qui a été cité précédemment était davantage attaché à la lutte des classes, au marxisme et considérait finalement que la République n'avait pas tant d'importance que cela.

Et pendant des années, ces divergences là vont bloquer toute unité socialiste. Autour de différents événements. L'affaire de Refus, ce capitaine condamné à tort parce que juif révélant l'ampleur de l'antisémitisme dans la France de l'époque, dans la droite nationaliste, mais aussi dans une partie de la gauche, cette affaire d'éfus divise profondément les socialistes.

Et parallèlement à cette affaire de Rfus, il y a déjà la question de l'exercice du pouvoir puisque'en 1899, la République étant menacée où beaucoup considèrent qu'elle est menacée, un gouvernement d'union se crée autour de Valdec Rousseau et les socialistes vont se diviser sur faut "aut-il ou pas participer à ce gouvernement qui n'est pas un gouvernement de gauche qui est une union plus large ? Faut-il ou pas soutenir un minima au parlement car depuis quelques années les socialistes pèsent au parlement ? ou bien faut-il être complètement extérieur à cette démarche ?

Pour dire les choses très vite et claires, s'il n'y a pas eu d'unité socialiste en 1899, c'est parce qu'il y avait des divergences autour de la pertinence de défendre de Drefus. Gate disait "C'est une affaire de bourgeois, c'est un militaire, nous n'en avons rien à faire." J'aurais dit il y a des principes au-delà de la lutte de classe, au-delà du socialisme, le principe de défendre des individus.

Et parallèlement à cela, donc il y a la question du gouvernement. Il y aurait il y a un congrès formellement d'unité socialiste en 1899 qui échoue complètement. Formellement, l'unité socialiste est faite mais tous les groupes continuent à exister et il ne se parlent guerre.

Mais les années suivantes, les la configuration va changer. Pourquoi ? Alors, il y a plusieurs organisations socialistes, Arthur l'a dit juste avant, il y a deux principaux, ça vaut la peine d'être rappelés, autour de Guedde, le Parti socialiste de France et autour de Jores, le Parti socialiste français. personnes ne voulant évidemment laisser l'intitulé du Parti socialiste à l'autre.

Ces deux partis socialistes ont les divergences que je viens de rappeler, mais il se pose à nouveau la question du gouvernement. Pour une série de raisons, les socialistes se mettent d'accord pour ne pas participer au gouvernement mais il y a déjà un bloc des gauches, une union des gauches qui va à l'époque jusqu'aux radicaux, jusqu'à des républicains qui ne sont pas socialistes, mais qui partagent des combats en commun. Et peut-être le combat en commun, l'un des combats en commun qu'ont les socialistes avec les républicains.

Et c'est ça qui va fonder une partie de l'identité originelle du Parti socialiste en 1905 et qui va permettre aux uns et aux autres de se retrouver, c'est la question de la laïcité. car je le disais juste avant, je reste a beaucoup changé dans son existence sur un certain nombre de questions pour aller prendre une à une les questions coloniales, les questions donc de l'appartenance même de l'étiquette socialiste. Je reste ne l'était pas à l'origine mais il y en a une qu'il a véritablement apporté au socialisme avec d'autres, c'est la question de la laïcité et la question des mesures laïques qui est évidemment une question fondamentale dans les années 1880 et qui va être une question qui est totalement imbriquée dans la question de l'unité socialiste.

Bon, je parle à des délégués qui évidemment connaissent cette histoire et quand on parle de 1905 aux français, certains savent que c'est la création du PS mais évidemment 1905 c'est avant tout sans avec ces personnes he la loi de séparation des églises et de l'État mais les deux sont directement imbriqués là-dedans. Et bien qu'il y aurait de nombreux points à éclaircir et cetera, il y a un bloc des gauche entre 1902 et 1905. Les socialistes soutiennent au Parlement cet effort d'une gauche plus large y compris.

On le dit pas souvent mais des gens comme Gued et autres qui sont très dubitatifs sur la laïcité. C'est une affaire de bourgeois, ça ne nous regarde pas et cetera. Il y a toujours en arrière-plan les divergences sur Drefus.

Mais autour de cette questionlà, l'idée fait son chemin car Jor a à batailler envers de Républicains qui pour le coup sont très anticéricaux et qui ne prennent pas en compte la question sociale. Et chez des socialistes, d'autres qui disent "Écoutez, la laïcité c'est pas notre affaire, c'est pas notre histoire, seul prime les luttes sociales, les grèves de la lutte de classe." Donc une des raisons pour lesquelles je reste sympose dans tout cela bien qu'il y ait deux partis socialistes différents au parlement mais il y a des il y a un accord parlementaire autour des mesures laïques.

Et les mesures laïques interdition sont des congrégations, il y a toute une série de choses. Le plus important c'est la loi la fin mais autour de cette question de la laïcité se joue quelque chose de fondamental. D'autres questions entrent en ligne de compte, mais allons à l'essentiel sur 1905 et son héritage.

Peut-être la chose qui résume le mieux l'imbation de ces différents débats, c'est de prendre tout simplement la date du congrès du globe qui crée la SFO du 23 au 25 avril 1905, donc à Paris. Alors, pourquoi le processus s'accélère ? D'abord, il y a cette question, la laïcité qui est importante.

La question de défendre la République, même si pour certains c'est du bout des lèvres, ça de plus en plus son importance. La question de lier le parlementarisme, les luttes sociales, la lutte de classe au socialisme, tout ça fait un tout fait son chemin. Aussi, il y a une aspiration à la base.

Vous prenez l'histoire des fédérations des différents PS de l'époque. Dans certains endroits, ils se regardent tous en chien faillance. C'est l'horreur.

Dans d'autres, ça se passe mieux. l'unité des gens en marche et vous avez parallèlement autre chose qui est très important. Là aussi, vous le savez au début le Parti socialiste c'est avant tout la section française de l'international ouvria.

Cette internationale a une grande importance. Elle a été fondée en 1889 à Paris un 14 juillet, centenaire de la Révolution française, tout un symbole. Mais cet international socialiste avait pour but de coordonner l'action des partis socialistes du monde entier, notamment avec le frère allemand parce que avec le SPD, il y avait un enjeu spécifique à tout faire pour éviter la guerre.

On sait que c'est un des grands combats de Joress et il y a à un moment donné des discussions dans l'international socialiste pour en quelque sorte obliger voir forcer les Français à se mettre d'accord parce qu'en plus la France c'est la révolution française donc c'est un héritage spécifique c'est toute une série de bataille c'est la quasiment la seule République de fait sur le continent à l'époque. Donc on ne comprend pas à l'étranger et on ne comprend pas au sein de la social-démocratie allande pourquoi ces socialistes français ne sont pas unifiés. Mais ils vont donc être poussés par cet international là.

Ça son importance pour comprendre 1905. Je le disais 23 25 avril. Ce qui est intéressant quand vous suivez la trajectoire même jour après jour de Jean Jores.

Qu'est-ce qu'il fait pendant l'année 1905 ? Il y a plein de choses pendant l'année 1905 au-delà du Congrès du PS. Il y a une ambiance particulière.

Il y a un grand espoir par exemple en Russie. Il y a une première révolution c'est qu'elle a échoué, elle est pas très connue mais il y avait l'espoir du côté de Jean Jor que lesar que le despot s'effondre qu'une République naisse en Russie et que ça aurait pu permettre à une nouvelle alliance franco-russe autour de valeur démocratique de naître. On sait qu'il n'en a rien été, mais tout de même cela galvanise aussi les délégués de ce congrès car en quelque sorte là où on l'attendait le moins au pays du despotisme roi, si je puis dire, il y avait un espoir.

Il y a des luttes sociales, des grèves ouvrières importantes. Tu as parlé juste avant de la charte d'amien qui est donc l'année suivante. Mais il y a aussi une forte aspiration de ce côté-là.

Il y a déjà quelques mesures sociales dans la République, il faut pas exagérer bien sûr, mais il y a encore peu de choses suffisamment satisfaisantes et ça aussi cela galvanise l'ambiance de ce congrès. Puis suivons Jores, 235 avril, je disais Jores, il est parlementaire, il est député du Tarne. Il est quelqu'un qui va et même pendant la délégation des gauches, le B des gauche vice-président de la Chambre, c'est le plus haut poste qui occupera puisquil sera jamais m d'un gouvernement.

Et qu'est-ce que fait Jores pendant ce congrès ? Bah, il est au congrès tout le temps qu'il peut, mais il alterne avec l'Assemblée nationale, la chambre comme on dit à l'époque, parce que c'est à ce moment-là même qu'on dise que de la loi qui sera infiné votée en décembre 1905. C'est dire quand on dit "Ah le socialisme et la laïcité sont organiquement liés, on dit "Ah oui bon, c'est comme ça, c'est une identité qui a été forgée mais c'est réellement son combat à lui, c'est l'un et l'autre." C'est d'autant plus important de le rappeler que je reste sur la laïcité même des combats avec des socialistes indépendants qui ne viendront pas au Parti socialiste comme Aristite brillant.

Donc ils cherchent à maintenir une unité plus large tout en créant un parti socialiste solide. Voilà le projet de Joress en 1905 et voilà ce qui fonctionne. Alors bien sûr, il y a des formules célèbres de la SFIO sur la perspective révolutionnaire, la lutte des classes, question républicaines aussi qui ne sont pas prioritairement, pourrait-on dire le vocabulaire de Jores, qui sont davantage qui relèvent davantage de vocabulaires de gued.

Mais je rest ce qu'il a voulu faire à ce moment-là, c'est qu'il y a un Parti socialiste unifié spécifique en lien avec l'international ouvrière qui est sa cohérence et son autonomie propre. Faut bien dire dans le contexte de B on dit moi-même je dis j'ai fait une biographie de Jor la 4e de couverture mais Jor c'est l'inventeur de la gauche parce qu'effectivement dans la mort collective c'est ça mais la gauche à l'époque qui a une gauche républicaine qui n'est pas socialiste qui ne partage pas les présupposés comme on époque entre guillemets collectiviste mais je reste son paris c'est qu'il y a un parti socialiste encore faible à l'époque hein on va arriver à à la veille de la première guerre mondiale entre 10 et 15 % des voix donc c'est pas gigantesque mais qui pèse de plus en plus sur les équilibres généraux de la gauche républicaine et lui veut vraiment insérer cette question sociale au sein de cette gauche plus largement. Voilà le projet de 1905 et voilà comment Joress et les socialistes vont parvenir à ancrer à la fois une identité spécifique qui mêle républicanisme, sensibilité marxisante, lutte sociale, importance de la lutte parlementaire.

Tout ça étant soumis ensuite à des équilibres différents dans les congrès qui vont suivre dont celui de Nancé dont il a été fait état. Mais assurément, cela marque la marque une trace importante dans l'histoire de la gauche française. Alors que va restil rester de tout cela ensuite très brièvement. 1905, on l'a dit, c'était une année de grand espoir dit qui commence par une révolution Russie, peut-être une République là-bas.

Euh des délégations étrangères qui sont accueillies au Congrès, notamment l'Allemagne, évidemment, il y a eu la guerre franco-allemande en 187071. Donc l'idée c'est que l'on va unifier les forces du socialisme pas uniquement entre allemands et français mais enfin quand même c'est un enjeu fondamental. Jor va essayer de porter tout ça.

On sait que ces efforts ne suffiront pas à empêcher la guerre mondiale. On sait évidemment que la révolution de Russe de 1917 va profondément fracturer et reconfigurer la gauche. Mais j'aimerais dire quelques mots sur l'héritage qui a suivi au moins Léon Bloom en 1920 et au moment du Front populaire puisqu'il a été question récemment évidemment du nouveau Front populaire et que peut-être avec le nom de Jean Jorè, c'est le nom de Front populaire qui parle le plus à l'électorat de gauche dire quelques éléments.

On le sait, Léon Bloom en 1920 cherchera en restant minoritaire, en étant minoritaire mais en regagnant assez vite la majorité au sein du mouvement Vrier et de la gauche, cherchera à sauver la vieille maison face à ce qui devient la section française de l'international communiste à Noël 1920 tour, la majorité des délégués choisissant la voix du bolchevisme pour différentes raisons, des goûts de la guerre, enthousiasme pour la révolution bolchevique dont il ne connaissait pas forcément beaucoup de choses. Mais le fait est là. Bloom, lui qui était un ami de Jores, avec qui il a eu des rapports forts à un moment, plus compliqué à d'autres.

Bloom était un peu gêné par l'union avec Ged puis il y avait toute une série d'autres activités. Il est là pendant la Première Guerre mondiale mais Bloom va vouloir sauver du socialisme de son point de vue un certain nombre de choses. Ne renonce pas comme on peut lire parfois.

On dit Bloom c'est très modéré. Quand vous lisez le Bloom de 1920, c'est pas si politiquement que cela modéré. Au contraire, c'est quelqu'un qui est toujours encré dans l'idée qu'il y a des repères de classe dans la société, des fractures très fortes entre bourgeois et prolétariat.

C'est son vocabulaire. Mais il y a l'idée en revanche que ce qu'a construit Jorè autour de la République, autour de la laïcité, autour de la lutte contre l'antisémitisme, Bloom qui a été victime toute sa carrière jusqu'en 1950 d'attaque infamme antisémite de tout le champ politique. C'est de quoi il parle ?

Bien, Bloom voulait sauver cet héritage là. Et cet héritage là, on se dit "Alors, comment se fait-il Et je terminerai là-dessus pour être bref. Comment se fait-il que Bloom se retrouve au moment du Front populaire en 1936 à s'allé avec ceux avec qui il avait quand même eu des débats, c'est le moins qu'on puisse dire en 1920, avec qui il y a eu des attaques absolument frontales, c'est dire avec les communistes, qui était la section française de l'international communiste plus connue qui s'appellera après communiste français.

Comment se fait-il qu'il y a une constitution d'un Front populaire à partir de 1934 qui, comme vous le savez, gagnera les élections au printemps début de l'été 1936 ? Bien sûr que certaines choses n'ont pas été faites à ce moment-là de gaieté de cœur, loin de là. Et en dépit des rapprochements qu'il y aura à ce moment-là au sein de la gauche parce que c'est pas une union uniquement PSPC, le Front populaire, c'est toute une série d'intellectuels antifascistes.

C'est le Parti radical, le grand parti de centre gauche qui à cette époque-là occupe encore une place importante sans qui Front populaire n'aurait pas existé. Et bien évidemment, sans être complètement dupe sur les changements à l'œuvre au PC, PCF à ce moment-là avait objectivement quoi qu'on en pense et tout ça est dépendant de Moscou, de du stalinisme, évidemment, il faut pas l'oublier. Mais le PCF était devenu à ce moment-là un parti qui devenait patriotique, rallié entre guillemets à des valeurs de la République qu'il avait conspué longtemps jusqu'ici et il y avait un danger fasciste objectif extrême de l'extrême droite très important.

Et ce que Bloom a essayé de faire vivre à ce moment-là en dépit de l'échec final, je reviendrai pas là-dessus parce que c'est pas le sujet du jour, quel est le message à ce moment-là qu'il livre au fond en faisant cette union ? Union qu'effectivement l'union à des moments donnés est nécessaire, y compris avec des courants politiques avec lesquels les débats ont été extrêmement compliqués. Mais au même titre que Jor avait réussi malgré tout à faire voter Ged et les autres sur la question de la laïcité, Bloom et d'autres ont réussi à se mettre d'accord pour toute une série de raisons, mais aussi parce qu'il y avait cet enjeu fondamental de défendre la République et la République parce qu'elle était parce qu'elle avait de plus minimal d'une certaine manière mais qui leur paraissait fondamental.

Et ce n'est pas un hasard de ce point de vue-là que dans les congrès successifs, il a été fait allusion évidemment au congrès de 1907 et 1929 qui se sont tenus à Nancy pourrait parler de la façon terrible dont Blum perdra son congrès à Paris en 1946 dans d'autres circonstances. Mais il est certain que les enjeux que j'ai brièvement exposé précédemment, Jorge Gued, à quel moment les gens se réunissent ou autres et bien seront rappelés toujours lors des congrès socialistes et discutés pendant longtemps. Vous savez Léon Bloom dont on dit et je terminerai là-dessus qu'il était évidemment plus jorésien que Gedis, c'est l'évidence même via l'affaire de réfuse, va via une série de choses via ses prises de distance avec le Parti socialiste à un moment donné parce qu'il le trouvait justement pas assez jorésien.

Le Blum s'est retrouvé la tête du parti alors qu'il ne voulait pas forcément. Carrière politique relativement tardive. Il s'est retrouvé chef du gouvernement alors que ce n'était pas forcément lui qui était attendu.

Et pourtant Bloom restait attaché à ce congrès du globe de 1905. Vous savez Bloom est mort en 1950 et une dernière fois il a eu l'occasion de rendre hommage à Jorget Gued. C'était une tradition dans les congrès socialistes, dans les journaux socialistes parce que Jor et Gued sont morts en juillet.

Donc là en 14, l'autre en 22 mais c'était en juillet. Donc on faisait un hommage commun aux deux figures et même là Bloom en dépit des réserves qu'il pouvait avoir sur un certain nombre de choses et bien continuer à rendre hommage à cette unité socialiste de 1905 avec ce que impliquait, c'est-à-dire un socialisme ancré dans la République qui compose avec des repères de classe, pourrait-on dire, et qui surtout existe de manière autonome et qui cherche à peser durablement sur la gauche et quand c'est nécessaire aussi parce que je disais en 1890 9, la division avait lieu non pas uniquement sur un gouvernement de gauche, mais aussi sur un gouvernement d'unité nationale plus largement. Tous ces balins étaient déjà présents.

C'est la raison pour laquelle effectivement spère avoir été utile en rappelant les quelques éléments qui ont permis au socialisme français de naître véritablement de devenir un parti important qui pèse dans la vie politique et à qui l'on doit avec d'autres un certain nombre de choses dont qu'on appelle les acquis sociaux aujourd'hui et aussi peut-être une certaine conception de la République qui cert fait encore débat mais qui hérite d'être encore rappelé. Merci de votre attention. Vas-y, vas-y, vas-y.

Merci. Et bien merci à Jean Numa du Cange pour cette masterclass et on va on va continuer le le travail de de cet après-midi et ces échanges, cette immersion, je le disais, dans l'histoire et dans la science politique autour de l'unité des socialistes avec une table ronde. table ronde qui va être animée par Corine Narcigin que j'appelle ici sur le podium, la présidente du comité d'organisation de ce congrès.

Bienvenue cher Corine. Et Corine va animer cette table ronde où je vais appeler deux intervenants de grande qualité. Stéphanie Rosa, chercheuse, spécialiste des idées des Lumières et de la révolution française et de l' héritage jusqu'au monde contemporain.

Merci. Et Adrien Broch, merci. Responsable des études politiques à l'Institut Via Voice, auteur de portrait moderne de la gauche française avec la fondation Jean Chorè.

Merci à tous les trois et on vous laisse le temps de cette table ronde pour 1 heure. Merci Laurence. Bonjour à toutes et tous.

C'est un plaisir de vous retrouver ici à à Nancy pour ce 81e congrès du Parti socialiste et on va continuer sur cette discussion, ces réflexions sur l'histoire des socialistes et l'histoire de l'unité des socialistes donc avec Stéphanie Rosa et Adrien Broch. Et euh je crois que Jean Huma Ducan vient euh à travers ce qu'il nous a raconté sur le congrès du Globe de nous rappeler que il y a de nombreux débats aux Paris socialistes qui finalement sont toujours des débats euh éternellement recommencés. Euh et euh je voulais en échanger avec vous, sachant que bien sûr vous vous ne vous n'êtes pas membre du Parti socialiste, vous avez une vision extérieure, vous avez vous travaillez sur les idées, les valeurs qui ont traversent la gauche qui depuis pour vous depuis la la Vous travaillez sur ce sujet depuis l'époque de la Révolution française et et des Lumières.

Euh Adrien Broch, vous avez beaucoup travaillé en particulier sur l'histoire de la gauche sur les 50 dernières années en en et donc un un portrait moderne de la gauche en partant de de ce qui a traversé la gauche depuis 50 ans. Et je crois que avant de s'intéresser plus spécifiquement au socialistes, je voulais ouvrir un peu plus largement avec vous d'abord Adrien Brush sur l'état de l'opinion puisque vous êtes aussi à Via Voice sur l'état de l'opinion par rapport à cette union de la gauche. Est-ce que vous pouvez nous dire ce que quelles sont les les valeurs, les thématiques qui sont aujourd'hui dans les attentes des Français à gauche ?

Est-ce que ce sont des sujets qui divisent ou qui sont des au contraire des des facteurs d'unité à gauche ? Merci beaucoup Corine. Euh alors je suis ravi d'intervenir à cette table ronde.

Alors il y a une première manière d'entrer dans ce sujet, le sujet euh disons des opinions plus ou moins fédératrices au sein du au sein du peuple de gauche, ce qu'on appelle les sympathisants de gauche. Une première qui est vraiment la la version du sondeur, donc je suis bien placé pour en parler qui va être on va se se se baser sur des études quantitatives ou qualitatives pour identifier ce qui fédère globalement les sympathisant de gauche. C'est l'avantage, c'est que c'est très rigoureux.

Le désavantage, c'est que c'est rarement très surprenant. En quantitatif, on a évidemment un un un peuple de sympathisant qui est largement porté sur les questions sociales. Donc la question évidemment de la justice sociale, de la lutte contre l'environnement, de l'emploi, c'est toujours globalement ce qui revient.

Alors évidemment avec une granularité, les sympathisants partis socialistes vont être sensiblement plus intéressés aussi par un certain nombre de questions régaliennes, ceux de la France insoumise un peu moins. Et par exemple, typiquement l'item aujourd'hui Gaza, la guerre à Gaza dans les préoccupations qui ont été testées par un confrère qui s'appelle Odoxa, c'est 17 % de la population française qui considère que c'est un enjeu prioritaire. on monte à 58 % au sein de la France insoumise.

Donc voilà pour quelques enjeux un peu quantitatifs. Qualitativement, c'est pareil si il y a une très bonne une très intéressante enquête qui est sortie dans le nouvel hier. Euh on ils ont réuni par focus group un certain nombre de sympathisants de gauche.

Vous avez là aussi des enjeux qui sont un petit peu attendus. Je dirais que le le l'écueil dans lequel on risque de tomber, si on s'intéresse à ça et qu'on fonctionne par sondage, c'est qu'on va tout de suite notamment dans le cadre d'un d'une constitution doctrinale ou programmatique pour le Parti socialiste, on va tout de suite aller voir ce qui ce qui concerne les sympathisants de gauche. En réalité, c'est un public qui est déjà affinitaire.

Donc peut-être qu'il faut déplacer un petit peu le curseur et aller voir plutôt que la colonne sympathisant de gauche, la colonne employé ouvrier. Et là, on va essayer de voir effectivement ce qui ce qui les concerne. Donc je je crois que c'est par ce par ce premier bia là qu'il est important de construire une offre programmatique.

Ça renvoie beaucoup au débat. Alors moi mon livre en réalité il porte même pas sur les 50 dernières années, il porte sur les 15 20 dernières années à gauche. Et ça renvoie beaucoup à ce débat. vous vous en rappelez, qui avait été ouvert au début des années 2010 et en réalité on n'est toujours pas réellement sorti de ce débat sur le fameux rapport Terranova qui proposait une coalition particulière pour euh le Parti socialiste.

En gros, je pense que tout le monde a la référence dans la salle, mais l'idée étant de dire le peuple ouvrier de gauche n'estant numériquement plus assez intéressant et acquis à des valeurs conservatrices, il faut pour que le Parti socialiste, à l'époque François Hollande n'était pas encore désigné s'impose fonctionner par une coalité coalité une une coalition de segments électoraux qui ont pour point communalisme culturel. Donc on disait, il y aura les jeunes, les diplômés, les femmes, les enfants de l'immigration et cetera. Donc c'est c'était un peu la même chose.

C'estàd qu'on fonctionnait directement par public affinitaire. Tous ces gens étaient globalement sympathisant de gauche et on essayait de construire un programme à partir de là. En réalité, on a bien vu que ça a suscité un certain nombre de critiques et j'en viens directement un peu au aux questions idéologiques.

Euh il y a eu deux grandes deux grandes objections parce qu'en réalité ce ce rapport qui n'est pas juste une note qui a été et puisqu'on s'intéresse aux idées ici très structurant dans le débat d'idées contemporain à gauche, il y a eu deux grandes formes de critique. qui a une première critique plutôt ce que j'appelle une critique socialiste, pas forcément au nom du Parti socialiste, mais au nom de l'idée socialiste, qui a consisté à dire il faut redonner la priorité, vous savez, sur cette articulation entre le social et le sociétal. Il faut redonner la priorité au social contre les questions sociétales.

Donc ça c'était un peu la première réponse qui est aujourd'hui portée par quelqu'un plus ou moins comme François Ruffin qui porte un petit peu ce ce discours là. Donc il faut parler de travail, il faut parler de pouvoir d'achat, il faut parler à cette à cette France du travail employé ouvrier qui qui qui s'est éloigné et et de de la gauche. Ça c'était la première réponse.

Il y a une deuxième réponse qui était plutôt une critique de de cette de ce rapport Terranova au nom de la République qui consistait à dire il faut pas s'adresser à des identités particulières subjectives mais plutôt dans une logique d'universalité s'adresser à l'entièreté de la population française en gros réunie sous un critère qui est le critère de l'appartenance à la citoyenneté. Donc c'est ce débat on en est pas réellement sorti. Je trouve c'est très intéressant aujourd'hui à gauche, il continue d'imprégner dans des formes différentes un certain nombre de problématiques à gauche.

D'autant que et je m'arrête là juste après, c'est cette question on on ce qu'on dit parfois et et je comprends pourquoi on le dit mais Jean-Luc Mélenchon et la France sont sur une logique d'exacerbation des identités plutôt que de reconquête du du vote populaire. En réalité, même dans le vote Jean-Luc Mélenchon aujourd'hui, il y a des classes populaires. Donc il y a il y a un enjeu aussi sur d'abord qu'est-ce que sont les classes populaires ?

He on entend France des bours, France des tours. Guiloui va vous dire France périphérique, Thomas Piquetti et Julia Cager vont dire classe populaire rurale et cetera. Et puis après, il y a un enjeu au-delà de ce que sont les classes populaires de comment on s'adresse à eux.

Et en réalité, le vrai problème, je crois c'est pas de s'adresser à ces classes populaires notamment issu des quartiers. c'est la manière dont on s'adresse à eux et essayer de le faire non pas par la mobilisation d'affects identitaires et d'exaceration de ces affects identitaire là mais par le travail ou effectivement par la citoyenneté mais c'est tout un probable. Alors Stéphanie Rosa pour peut-être réagir à ces ces constats et ces premières analyses d'Adrien Brush et par rapport au travail que vous vous avez mené sur l'héritage des idées des valeurs de la Révolution française et en particulier des Lumières, comment est-ce que est-ce que d'après vous ces valeurs, ces idées sont toujours bien ancrées dans la population française et dans le débat public et comment est-ce que ça se traduit ou pas aujourd'hui dans la population.

Oui. Alors, je vais je vais je vais je vais aller globalement dans un sens assez assez convergent avec ce qui vient d'être dit. C'est-à-dire que je pense que la Révolution française reste, disons le moment fondateur de la société française contemporaine et donc des repères politiques de de la France contemporaine et ce qui est encore je pense assez transversal dans la population, c'est malgré tout et même à l'extrême droite, enfin même chez dans l'électorat d'extrême droite, c'est un attachement à la République, aux institutions républicaines.

Malgré tout, je pense pas que les électeurs de de de Marine Le Pen soient forcément en recherche de d'un renversement des valeurs des institutions de la République et et des de la construction d'un d'un voilà d'un régime complètement différent, autoritaire ou voilà même si ils sont en recherche d'autorité aussi mais enfin je pense que c'est plus compliqué que ça et je pense que la République reste un référent commun une majeure partie de Français quand même. Et puis il y a cette spécificité de la gauche française que dont Jeanuma Ducange a un peu évoqué qui est cette manière d'assumer l'héritage républicain et l'héritage révolutionnaire. on va le dire de manière rapide, mais en gros bah l'humanisme des droits de l'homme, voilà, enfin le le les droits de l'homme comme socle les droits individuel universel euh et de lier euh ou de disons d'orienter cette philosophie des droits de l'homme dans le sens de l'égalité sociale, dans le sens au fond d'une universalité encore plus large des droits que celle qui était contenue dans la déclaration de 1789 où bah il y avait pas les droits sociaux, il y avait pas le droit droit au travail, il y avait pas le droit à l'assistance en cas de vieillesse, en cas de maladie et cetera.

Et puis aussi euh une universalisation des droits à une époque où bah les droits de l'homme n'étaient n'ont pas été écrits pour les femmes, n'ont pas été écrits pour les peuples des colonies parce que la France avait déjà un peu des colonies n'ont pas été dictées pour les esclaves. Et donc dès la la dès dès le processus révolutionnaire en fait, il y a déjà des individus voir des des mouvements politiques qui disent "Bah en fait au fond il faut être à la hauteur de ses propres principes. il faut approfondir et généraliser l'héritage révolutionnaire, c'est-à-dire d'abord l'héritage humaniste des droits de l'homme à à toutes les catégories de population.

Et donc dans ce dans ce sens-là, on peut voir la gauche qui émerge euh historiquement au moment de la révolution, hein, les premières formulations des projets euh communistes, socialiste, anarchiste, c'est la révolution française. Donc euh voilà, la gauche même mondiale est née en fait hein, du processus révolutionnaire et euh de cette au fond cette volonté, cette d'approfondir la cohérence même de euh de l'idéal révolutionnaire. Et c'est aussi à ce moment-là parce que c'est lié effectivement et moi je suis s je suis je pense que aujourd'hui il faut le souligner, c'est à ce moment-là aussi que naît l'idéal laïque, c'est-à-dire ces deux piliers de la laïcité que sont la liberté de conscience, donc inscrite dans les droits de l'homme, la liberté de conscience individuelle mais en même temps la la nécessité de ramener la religion dans la sphère privée, de faire prévaloir les droits politiques du citoyen sur ses ces différentes affiliations communautaires. religieus et cetera et donc de séparer les églises et l'État.

Bon, je pense que cet héritage là, il est encore présent et je pense que dans les classes populaires de notre pays, dans leur diversité, on peut encore faire fond sur cet héritage. Mais effectivement aujourd'hui dans les débats qui qui à gauche, on voit bien que il y a une tentation de finalement remettre en cause, contourner un certain nombre, enfin une partie de cet héritage et effectivement faire fond sur enfin ce qu'on ce qui a été évoqué à propos de la stratégie Terranova qui est en fait effectivement la stratégie des populistes aujourd'hui de découper les classes populaires et même les la les catégories de population. ation française en petits morceaux avec des aspirations différentes et puis finalement essayer de gagner sur une coalition d'intérêt hétéroclite plutôt que sur une espèce de volonté large et universelle.

Et à mon avis, il y a encore dans notre pays suffisamment d'attachement à cet héritage et à ce sole pour imaginer une stratégie de majoritaire sur cette base là. Et donc vous avez justement beaucoup travaillé sur le pour porter pour expliquer que articuler cette cet héritage des lumières sur le tripticque rationalisme, progressisme, universalisme. Est-ce que pour vous ça reste bien la clé, ces trois composantes qui vont permettre de développer et de ramener aussi les Français en général ?

Mais mais pas uniquement parce que les classes populaires enfin pas uniquement les classes populaires parce que je pense que y compris dans les classes moyennes aujourd'hui et même et même dans des des dans dans différentes catégories sociales en réalité il y a parfois un dévoiement de ce que sont les valeurs fondamentales républicaines, les valeurs héritées des lumières. Il y a des incompréhensions par rapport à ce que à ce que à ce qu'elles sont. On a aussi sur la question du rationalisme aujourd'hui, avoir un débat rationnel euh dans le monde dans lequel on vit, de du des réseaux sociaux, des fake news et cetera.

Là, ça concerne tout le monde. Euh est-ce que comment est-ce que vous voyez ces ces ces trois euh euh trois principes là euh euh être les clés pour nous réancrer dans les lumières, dans des bas publics ? Alors, je pense évidemment que l'universalisme et le rationalisme et le progressisme, ils doivent être remis au bout du jour et actualisé.

C'est-à-dire que effectivement, bah par exemple, commençons par le progressisme dans une situation où la crise écologique elle menace l'avenir de la planète, elle menace voilà le les les équilibres internes dans les différents pays et et elle nous met en danger. on est on peut plus avoir un progressisme naïf comme les l'avaient les socialistes un certain nombre de socialistes du 19e siècle qui pensaient qu'on pouvait d'une certaine manière voilà faire confiance à la au progrès des connaissances humaines et la technique aveuglément aujourd'hui. Alors ça veut pas dire qu'il faut rejeter parce que c'est une tentation aujourd'hui qu'on a dans une partie de la gauche de rejeter le progrès en bloc et de considérer que il faut simplement revenir en arrière ou rétropédaler.

Moi, je pense que ce qui est certain, c'est que le progressisme aujourd'hui, il doit être un progressisme critique, c'est-à-dire qu'il doit être attentif au fait que bah effectivement les ressources planétaires ne sont pas illimitées, que un certain nombre de ressources y compris de la recherche et cetera doivent être dirigé dans vers des objectifs de dépollution de voilà de de de comment dire de régénération des milieux naturels et cetera et pas exclusivement au service d'une d'un accro croissement permanent de la productivité dans tous les domaines, y compris dans ceux dont on n pas forcément besoin. Donc le progrè moi je reste attaché et je pense que il faut rester attaché à un idéal progressiste au sens où d'abord le progressisme c'est pas seulement un progressisme matériel, c'est pas juste l'augmentation du bien-être matériel, c'est aussi un progressisme moral, social et politique. Donc conquérir de nouveaux droits, améliorer, démocratiser des espaces qui ne le sont pas aujourd'hui dans la société et notamment les lieux de travail, les réseaux sociaux.

Il y a tout un tas de domaines où la démocratie n'est pas vraiment peut encore faire bien des progrès. Donc en ce sens-là, il me semble euh absolument cohérent avec les les idéaux de la gauche depuis ses origines de rester progressiste. Mais on peut pas être progressiste aujourd'hui comme on l'était au 19e siècle bien évidemment.

Et je pense que de la même manière, l'universalisme, il doit aussi bien sûr être attentif à plein de choses. Il doit être attentif bah au fait que on a un passé un il y a eu la l'esclavage, il y a eu la colonisation, il y a encore des discriminations raciales dans notre pays. Et donc bien évidemment, il faut prendre tout ça tout ça en compte.

Il y a des discriminations d'ailleurs qui sont pas seulement raciales. Il y a des discriminations contre les minorités sexuelles, des discriminations de genre et cetera. Donc euh l'universalisme, il doit être pris au sens le plus large, mais d'une certaine manière, il était déjà chez certains auteurs du 18e siècle, mais maintenant il faut les prendre au sérieux, je pense et il faut prendre tout ça au sérieux.

Euh mais il doit aussi être attentif à ce qu'il y a de commun entre les êtres humains et pas juste ce qui les divise, ce qui les différencie, ce qui les sépare. Et le particularisme euh enfin comment dire, il s'agit pas de gommer les particularités mais il s'agit de considérer que euh ce qui est désirable c'est un socle commun de droits égaux pour tous dans lesquels seuls les spécificités culturelles peuvent coexister. Donc le socle commun, il est prioritaire et primordial.

Et je pense qu'il faut voilà, il faut garder ça à l'esprit parce que certaines certains particularismes et surtout quand ils sont politisés et instrumentalisés par des forces politiques, bah ça devient un obstacle au vivre ensemble, ça devient créateur de nouvelles discriminations. Et donc voilà, c'est donc cette l'universalisme, il doit être aujourd'hui voilà euh conscient de tout ça et riche de tous ces débats là. Voilà.

Et puis le rationalisme. Effectivement, vous en parliez hein. Aujourd'hui, on est on est menacé euh par effectivement une euh une polarisation extrême des points de vues et puis un un une dégradation de nos facultés cérébrales par l'usage des réseaux sociaux.

Maintenant, on le sait scientifiquement que ça nous ça nous rend de plus mauvais citoyens, ça nous rend moins apte au débat, ça nous rend impulsif et dépourvu d'empathie. Donc effectivement, il y a vraiment un enjeu pour les rationalismes de gauche d'aujourd'hui de euh bah de réfléchir à comment user des réseaux sociaux et aussi comment ne pas en user ou peut-être moins en user. Oui, Adrien Bois voulais réagir à Ouais.

Non non mais simplement pour là là aussi aller dans le sens de ce que disait Stéphanie Rosa et insister sur cette dernière dimension je crois parce que il y a il y a eu effectivement tellement de tellement de dérives parce que la France a aussi connu des drames dans les années 2010 qu'il a fallu réactiver cette identité républicaine et parfois je crois qu'on est un petit peu allé dans le débat public dans une espèce d'incantation républicaine parfois inefficace. C'està-dire que je je crois qu'effectivement dire aux jeunes de verser une larme à l'écoute d'un texte de Jean Joress ou de Charles Pegy, ça ne suffit pas à créer une belle citoyenneté et qu'il faut l'incarner. Effectivement, je pense que le contrôle d'un certain nombre d'éléments des réseaux sociaux algorithmiques est absolument central.

Surtout la question sociale reste absolument centrale parce que si on laisse les inégalités exploser, hein, c'est la critique de Jean-Jacques Rousseau, à partir d'un certain niveau d'inégalité, la liberté n'est plus possible. Donc il faut euh aussi euh je je crois tenir euh et contenir l'explosion des inégalités euh qui sont de toutes sortes he évidemment euh social territorial entre les femmes et les hommes pour euh parvenir à faire incarner et à et à et à et à rendre incarné le républicanisme vers lequel parfois la voilà l'incantation me semble un peu un peu facile. Oui.

En fait le ce que vous dites c'est que il y a il y a une réalité de la la République universaliste qui a été porté parfois de manière un peu trop théorique qui aujourd'hui permet le foisonnement d'autres d'autres idées des approches plus identitaires, plus communautaristes en réalité dans la lutte contre les inégalités et ça fait partie des de ce que aujourd'hui qui sont les points de clivage parfois à gauche et plus largement dans la société et pas pas que à gauche. Tout à fait. Et puis je pense que pour une une gauche socialiste, d'identité socialiste, c'est un enjeu justement absolument central de mettre la question sociale et de l'articuler avec la question républicaine pour justement donner corps à la République.

Et je pense que c'est ce qui a différencie évidemment aujourd'hui du macronisme puisque la République n'est évidemment pas l'apanage de la gauche. mot République, certain nombre d'affects issus du républicanisme sont très mobilisés, même aujourd'hui dans la gauche dans la la droite macronienne ou dans la droite libérale jusque l'extrême droite et de se différencier évidemment et et de et de marquer ces différences non pas de degré mais de nature avec des dérives sectaires évidemment qui viennent plutôt ce qu'on appelle couramment la gauche radicale et qui là me semble très profondément antirépublicaine puisque moi je suis je suis très frappé aussi s'il faut en dire un mot puisqu'on parle des idées euh évidemment je je crois pas du tout que un certain nombre de dérives aujourd'hui qui viennent d'fi soi des dérives comment dire purement gauchiste ou antipatriotique. Je crois qu'il y a un très fond et quand on s'intéresse un peu à la matrice argumentative qui est développée parfois par Jean-Luc Mélenchon, on voit qu'elle est elle est assez étrangère même sur la question de l'antisémitisme.

C'est-à-dire que les arguments mobilisés par Jean-Luc Mélenchon, je sais pas si votre camarade Jérôme Gedge est dans la salle, mais sur le conflit loyauté, la double allégance, c'est des matrices théoriques qui viennent plutôt de l'extrême droite plutôt que de l'extrême gauche. Je me rappelle de cette phrase Vichian n'est pas la France de Jean-Luc Mélenchon. Je me rappelle de cette réaction à l'issue de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques sur la question de l'offense et croyances.

Donc c'est c'est assez intéressant de voir que on parle beaucoup parfois de cette perte des repères qui structurent les chiquiers politiques et idéologiques. La droite évidemment s'est emparée d'un certain nombre l'extrême droite pardon s'est emparée effectivement d'un certain nombre de valeurs traditionnellement affectées à gauche et de l'autre côté une partie de la gauche radicale c'est mu dans une espèce d'inconscient réactionnaire dans un certain nombre de matrices argumentatives qui me semble très préoccupante. Et puis juste peut-être un dernier point.

Il y a une valeur qui évidemment c'est pas forcément la première valeur à laquelle on pense quand on s'intéresse à la à la à quand on essaie de décrire la gauche. Mais la question de la liberté, elle est quand même absolument centrale. Je crois que c'est en sous-jacent de la question de la laïcité qui fait beaucoup parler.

Je crois qu'au fond c'est un rapport particulier à la liberté parce que la liberté chez vous les socialistes normalement elle est sociale et elle est collective. Donc si elle est euh collective précisément, euh elle doit tolérer un certain nombre d'interventions pour justement garantir cette bonne liberté. C'est ce qui fait que dans la sphère économique, on tolère des interventions de l'État et c'est ce qui fait que dans la sphère sociétale, on doit aussi tolérer parfois des interdits pour conserver cette bonne liberté effectivement de la liberté de conscience et cetera.

Donc je crois qu'il y a une une cohérence là vraiment à tenir au Parti socialistes pour se différencier là aussi à la fois forme de poussée nationaliste ou libéral et puis réactionnaire de la gauche radicale qui est très importante et qui peut et c'est peut-être mon dernier point là-dessus. Je suis très frappé aussi de voir que depuis un certain nombre d'années, peut-être notamment depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, il y a une forme de revival de ce qu'on appelait l'antittotalitarisme à gauche qui était une notion un petit peu passée de mode parce que les années 90 devaient avoir consacré la fin de l'histoire, que donc l'ensemble des sociétés modernes devaient être comment dire devait avoir accepté les principes de la démocratie libérale que par extension donc la gauche qui avait parfois eu un rapport un peu complexe à la liberté était aussi maintenant acquise au principe de la démocratie libérale. Et on voit bien que c'est compliqué à la fois parce que dans le monde le retour des autoritarismes, des impérialisme est de plus en plus fort.

Trump, Bolsonaro, Orbane. Parce qu'on voit bien que à gauche et notamment en France la question n'est pas tellement encore réglée en terme de sympathie pour des régimes impérialistes, des souverainismes, de de tout de toutes les sensibilités. Donc il y a je crois cette cette notion alors je sais pas, il faudrait essayer de la là la là aussi de la contemporanéiser peut-être anti-impérialisme anti antitotalitarisme qu'il faut peut-être réactiver et repenser aujourd'hui à gauche parce que ces impérialismes encore une fois ils sont à la fois géographiques, théoriques et puis il y a une forme d'impérialisme aussi algorithmique ou ou des réseaux sociaux qui me semblent très très inquiétant.

Euh juste pour vous relancer peut-être parce que vous aviez parlé au début aussi justement de du concept Teranova. le le la question sociale aujourd'hui qui a accaparé de manière enfin usurpée, on va dire, par l'extrême droite et on voit ce qui se passe avec Trump aux États-Unis où il aù il a gagné aussi sur les questions de pouvoir d'achat, inflation et cetera et puis on voit le résultat parce que les politiques humaines sont pas du tout dans vont pas du tout dans ce sens-là. C'est aussi beaucoup ce que ce que l'extrême droite a réussi à faire, c'est-à-dire à à capter une partie d'une grosse partie maintenant des classes populaires à travers la question social euh euh tout en en euh en en ayant une interprétation complètement antirépublicaine euh de de des valeurs, enfin en tout cas dans dans ce qui porte, même si eux ne officiellement aujourd'hui ne remettent plus en cause directement la République.

Je je vous laisserai réagir après, mais voilà. Est-ce que est-ce que vous vous voyez aussi justement cette cette a cette cette évolution un peu particulière dans dans l'électorat populaire qui est la difficulté qu'on a aujourd'hui à gauche qui est de redevenir crédible sur la question sociale mais aussi euh de remettre à l'endroit la défense de la de la République chez ces dans ces classes populaires où aujourd'hui il y a une il y a il y a une du fait des inégalités réelles qu' le qui subit, c'est des injustices sociales, des fractures territorielles. Euh les les souffrances sont sont réelles, mais les la réponse du rup sur soi, la réponse de de de l'identitaire nationaliste, du coup euh c'est quelque chose qui devient de plus en plus difficile pour la gauche à à à démonter.

Oui. Oui. Oui, tout à fait.

Alors sur la captation effectivement de la donc de de ce qu'on appelle l'électorat populaire par le Rassemblement national, je pense que il y a évidemment et on le voit dans toutes les enquêtes d'opinion et puis même pas dans les enquêtes d'opinion, dans les résultats électoraux euh un succès extrêmement fort notamment donc chez les chez les ouvriers employés du rassemblement national qui s'explique évidemment en partie par une incarnation de de comment dire de de cette proximité auprès de ceux qui sont les plus fragiles et qui n'ont rien. Maintenant, il y a pas évidemment de de de travail conséquent autour de la question sociale. Je pense qu'ils ont au le Rassemblement national arrive très bien à capter, à jouer sur des éléments.

On parle souvent parfois d'une politisation un peu populiste, donc contre les élites mais qui est aussi au Rassemblement national. une politisation par le bas, c'est-à-dire par opposition en jouant sur l'assistana et la critique de l'assistana en en en faisant et en jouant sur des affectes euh euh de des classes populaires qui voient leurs voisins en faire moins queeux. Et ce voisin, il se trouve que le Rassemblement national instrument instrumentalisera ça comme ce voisin est d'origine immigré.

Donc il y a il y a cette il y a cet enjeu avec une politisation à la fois populiste par le haut en critique des élites et par le bas euh vis-à-vis de son voisin qui mérite moins que soi. Euh je pense que vous vous l'avez dit, le le l'une des clés c'est justement la question sociale et notamment la réduction des inégalités évidemment sociales mais aussi territoriales. Vous le voyez dans toutes les villes moyennes dans lesquelles le Rassemblement national prospère.

ça les sociologues et les géographes le document beaucoup mieux que moi. Vous avez un effondrement des services publics, vous avez un effritement du lien social au sens le plus classique du terme he que ce soit des clubs de sport, un bureau de poste, un tabac ou un bistro. Donc ça c'est un enjeu absolument central.

Maintenant la question c'est la de la crédibilité de de d'une gauche socialiste sur ces sur ces sur ces questions. Ouais. Je voudrais rebondir là-dessus mais est-ce que il y a il y a tout il y a tout ce qui a été dit avec lequel je suis très d'accord.

Il y a vraiment l'enjeu d'avoir que les gens aient l'impression de pas être abandonnés par la République au sens des services publics et cetera, mais quand même euh il faut pas éluder quelque chose avec laquelle à gauche on a du mal qui est la question identitaire. C'est-à-dire que il faut bien reconnaître que euh parce qu'en fait on n pas une extrême droite, on en a deux aujourd'hui en France. On a d'un côté l'extrême droite, le Rassemblement national, l'extrême droite blanche avec une avec la mise en avant d'une identité euh euh enfin française au sens blanche, voire voire chrétienne et cetera.

Et puis d'un autre côté, il y a les islamistes qui sont l'extrême droite musulmane et qui à leur manière agitent aussi une identité spécifique, donc l'identité religieuse, ethnico-religieuse et cetera. Et en fait, ces deux extrêmes droites, elles s'alimentent l'une l'autre. C'est-à-dire qu'à chaque provocation des islamistes, ça renforce l'extrême droite blanche et à chaque discours de Marine Le Pen, ça va renforcer euh euh le voilà le le refuge des musulmans dans les bras de des militants islamistes du quartier.

Donc il y a ce cette tenaille là qui nous oblige à mon avis à réfléchir à bien sûr il faut prendre à bras le corps la question sociale mais il faut aussi prendre à bras le corps la question identitaire en se demandant quelle France quelle identité française progressiste et collective voilà positive en fait on peut mettre en avant et c'est là que la notion de République il faut la mettre au sens mais au centre mais en lui donnant un contenu qui soit désirable en fait c'est-à-dire que il faut que les gens qui soient d'un côté comme de l'autre et c'est des classes populaires dans les deux cas. La France insoumise en fait, elle elle capitalise sur l'identitarisme musulman en large partie et le RN capitalise sur l'identitarisme blanc et on s'en sort pas en fait. Et ce qu'il faut faire, c'est desserrer cet étau et ça n'est possible, mais c'est très compliqué euh à mettre en œuvre concrètement, mais de mettre voilà de mettre en place une identité progressiste française, multicolore et multiethnique et cetera, mais du commun entre les gens qui ne qui bien sûr passent par euh une amélioration de la condition matérielle des gens, mais à mon avis qui passe pas que par ça, qui passe par l'imaginaire, qui passe par le symbolique, qui passe par voilà la construction de quelque chose. choses auquell les gens puissent se rattacher parce que c'est ce qu'on dit souvent quand même mais l'homme ne vit pas que de pain et c'est particulièrement vrai et je trouve qu'aujourd'hui on a cet enjeu là identitaire et il faut pas avoir peur d'aller sur le terrain identitaire mais à notre manière quoi.

Oui, moi je suis déjà convaincu mais je crois qu'effectivement ça fait partie du travail qu'on a à faire à gauche et en particulier chez les socialistes parce que ça fait partie des sujets aussi, ça fait partie des débats de ce congrès sur quoi est-ce que sur quelle base est-ce qu'on peut faire des unions à gauche ? Est-ce qu'il y a des lignes rouges qui sont inacceptables ? la question la manière dont on traite la question identitaire et la question communautaire est au cœur je crois euh des clivage parce que sur la la réalité et que sur les autres sujets en général on arrive à se retrouver même s'il peut y avoir encore des différences d'approche sur l'écologie le il y a des encore des des résistances un peu productivistes aussi y compris au sein de notre partie mais voilà mais la question identitaire effectivement c'est c'est au cœur de de tout ça euh est-ce que Justement par rapport à cette cette question de l'identité, je crois qu'on a c'est une une réalité qui est que la question sociale, elle enfin le les injustices sociales, la désespérance sociale, elle fait émerger d'autres problématiques qui existent déjà et que traiter la question sociale permet de les remettre en arrière-plan mais pas de les faire disparaître et que dès que les choses vont mal économiquement et socialement, ça ressurgit.

C'est ce qu'on c'est ce qu'on voit. Euh et donc il y a il y a une question finalement qu'on a pas résolé, c'est l'échec de la gauche et en particulier l'échec des socialistes finalement qui ont été le plus au pouvoir euh au cours euh depuis lafin la fin du du 20e siècle aussi euh d'avoir pas réussi vraiment à à tenir cette promesse de l'égalité républicaine et sur les questions économiques et sociales et aussi sur une un universalisme incarné. En fait euh c'est le puis c'est aussi enfin si je peux me faire Oui non mais c'est aussi euh c'est-à-dire que on est universaliste et du coup on est je veux dire on est ouvert sur le monde, on est ouvert sur l'Europe, on est conscient que aujourd'hui l'identité elle se construit aussi à l'échelle européenne et on est menacé comme comme le disait Adrien par des impérialistes qui nous obligent à nous défendre aussi en tant qu'européen.

Donc c'est important de de bâtir à ce niveau-là des institutions et cetera. Mais vraiment, il y a aussi un travail et ça ça renvoie, c'est une question qu'on se pose déjà aussi avec le des Lumières. Euh Rousseau, il se demande comment faire pour construire un une République aussi voilà avec des fêtes des fêtes civiques.

Avec alors lui, il se pose même la question d'une religion civique auquelle adhéreraient les citoyens. Alors, évidemment, nous on va pas mettre en place une religion civique, mais il y a vraiment un travail à à faire au niveau de voilà des symboles de la République qu'on souhaite. Euh à l'époque où l'Union Soviétique était encore présente, le Parti communiste, il avait cette identité symbolique très forte avec bah voilà des symboles, des fêtes, des voilà des un peu des rituels, une culture aussi, un contenu avec des perfondateurs, des textes et cetera.

Euh aujourd'hui, on est en panne de ça. Il y a un manque de contenu euh voilà euh culturel en fait. Euh et je pense que c'est aussi là-dessus, c'est pas facile mais je pense queil faut aussi travailler là-dessus euh pour que les gens n'aient pas le sentiment que on est juste des gens qui voulont un peu plus d'égalité sociale, ce qui est bien, mais que sur tous les sujets, comme vous dites, qui sont présents la question de l'identité, qui on est, qui on est collectivement, et ben on n pas de réponse en fait.

Mais vous pensez pas qu'on a aussi une sera c'est un sujet pour la gauche, mais c'est un sujet d' d'autant plus compliqué à à à cranter à gauche et et à à développer et à imposer dans le débat public qu'en plus on a une fuite en avant à droite parce qu'aujourd'hui vous parliez de de de des deux extrêmes droites dans pays qui se répondent. Mais euh quand on a Bruno Rotaillot euh euh avec son obsession euh du voile et euh de l'Algérie, euh on a aussi ce ce problème là qui aussi même la droite aujourd'hui est de moins en moins euh républicain donc il y a plus que la gauche aujourd'hui pour défendre la République. Ouais.

Alors, c'est très particulier parce que la droite est de moins en moins comment dire républicaine sur le fond tout en investissant quasiment plus que jamais la grand-mère républicaine. Bruno Retaillot qui est un homme de notoriété publique, fervant catholique, il n'a que le mot lutte contre les communautarismes, citoyenneté, même laïcité en réalité à la bouche. Donc il y a un déplacement, mais c'est très intéressant de le voir, un déplacement total des des valeurs.

On le voit même à gauche où la position un peu, j'allais dire traditionnelle qu'on dit parfois républicaine de séparation un petit peu stricte et en fait plutôt affilié à la droite du Parti socialiste ou de la gauche et la position souple plutôt à la gauche radicale qui est plutôt une gauche normalement d'inspiration marxiste qui est pas une gauche forcément très accomédante vis-à-vis des des religions même pas d'ailleurs forcément par par adhésion à la laïcité mais ne serait-ce que par athéisme quoi. Donc c'est c'est très compliqué dans un paysage où les repères sont à ce pointl bousculés de de de bien comprendre et de bien poser les bases. Et puis peut-être juste un mot sur la question effectivement la question qu'on appelle identitaire et cetera.

Moi effectivement je crois qu'il y a la question du récit national qui est absolument central et qu'il est nécessaire pour ne pas tomber dans les écueils j'allais dire nationaliste de de corréler de de lié effectivement d'abord à la question sociale et puis à la question des droits de l'homme aussi. Je pense que c'est ce qui permet puisque quand on est dans une logique d'universalité, le le piège, on en parlait un peu tout à l'heure de de cette espèce de républicanisme désincarné, c'est parfois justement de le déconnecter aussi à la fois des enjeux des questions sociales et puis des droits de l'homme. Et donc là, on tombe dans une espèce de de républicanisme à l'échelle nationale qui, je crois, n'a plus grand-chose non plus à voir avec le projet et l'idée républicaine en tant que telle.

Donc il faut arriver effectivement à être d'abord, je crois très très convaincu euh sur un certain nombre de dispositifs théoriques socialistes et républicain et l'articuler et plus que jamais avec la question des droits qu'on dit aujourd'hui des droits humains à l'échelle internationale. Oui, mais juste pour dire un mot mais je je pense qu'il faut pas laisser à la droite euh par exemple vous parliez tout à l'heure de Retaillot et l'Algérie. Quand le gouvernement algérien il vient persécuter les opposants algériens sur notre sol, mais c'est aussi à nous la gauche de dire non les opposants algériens, les droits de l'homme donc nous on est la République, on les défend et personne n'a à venir sur notre sol persécuter ces opposants politiques quoi.

Donc je pense que on est moi j'ai l'impression qu'on est un peu frileux c'est-à-dire que quand la droite dit un truc bah on veut pas dire la même chose. Mais en fait, il faut pas avoir peur si c'est juste de le reprendre à son propre compte parce que sinon, qu'est-ce qui se passe ? Finalement, c'est la droite qui finalement incarne des choses que nous devrions incarner et effectivement qu'elle devienne que la droite devienne le parangon de laïcité.

Mais c'est déjà c'est un renversement historique hallucinant. Puis c'est c'est grave pour nous en fait parce que il faut qu'on incarne tout ça aussi. pas de la même manière mais il faut qu'on l'incarne quand même.

Oui, parce qu'en fait on a quand même un problème déjà à la droite effectivement euh la laïcité euh c'est quand même ça quand même depuis longtemps géométrie variable chez eux et en réalité c'est la problématique c'est que aujourd'hui euh on a beaucoup de débats à gauche sur la laïcité. Peut-être on peut faire un petit euh euh s'arrêter un petit moment là-dessus parce que je crois que ça fait partie aussi euh euh du nœud de beaucoup de problèmes parce que c'est à la fois une question euh de liberté, à la fois une question de fraternité, euh la laïcité et euh et parce qu'en plus on est on est empétré dans des débats à gauche. Alors chez les socialistes, quand il y a des débats, ce sont des faux débats.

Je crois qu'en réalité, on a on est on est assez d'accord sur ce qu'est la laïcité chez les socialistes, même si certains parfois essaient d'en faire des sujets de polémique entre nous. Mais euh je crois qu'à gauche, c'est un c'est c'est un sujet qui est compliqué aujourd'hui. Et pendant ce temps-là, la droite redéfinit une laïcité qui n'a qui a de moins en moins à voir avec ce qu'est vraiment la laïcité.

Parce que quand on voit là euh il y a eu euh il y a il y a eu tout le débat de le du voile dans le sport par exemple il y a pas très longtemps mais là il y a une vous avez probablement pas vu mais Valérie Boyer sénatrice LR vient de déposer une proposition loage elle va probablement être mise à l'ordre du jour parce que c'est clairement une idée de preneur donc elle viendra sûrement à l'agenda parlementaire bientôt pour interdire le port de le enfin tout signe religieux dans la cout Autrement dans l'espace public chez les mineurs. Clairement ça vise le voile euh chez les chez les adolescente. Je pense qu'ils ne s'aperçoivent pas à quel point ça va toucher toutes les religions parce qu' comme ils sont monomaniaques sur l'islam euh mais on voit bien là que c'est une déformation complète de de ce qu'est la laïcité.

Après, on peut combattre le voile pour des raisons féministes, mais c'est le port du voile pour des raisons féministes, mais c'est pas ça qui est le principe de laïcité. Donc on voit on voit on voit quand même qu'on a quand même un sujet où la gauche a du mal à affirmer aujourd'hui, rappeler aujourd'hui à revenir aux sources de ce que laïcité et de et de l'expliquer dans la manière dont elle doit s'appliquer dans le monde actuel et le fait que la droite en profite pour redéfinir complètement la laïcité dans un sens qui est parfois contraire à son à son intention d'origine. Non, mais peut-être effectivement je suis je je vous rejoins totalement sur ce constat.

C'est ce qu'on appelle parfois, je crois que c'est Jean-I Francher qui appelle ça la catolaïcité. Espèce de de ils sont plusieurs mais euh de redéfinition de la laïcité euh euh à géométrie variable en gros pour le dire dans les mots du débat public. C'est-à-dire qu'on n'applique pas le même niveau d'exigence et en fait tout simplement les mêmes principes selon les les les religions concernées, ce qui me semble absolument euh incompatible avec un projet universaliste.

Ou alors il faut l'assumer vraiment jusqu'au bout. Et si on veut une laïcité à géométrie variable, c'est-à-dire vouloir interdire le voir dans un espace public et non pas des signes, disons de la culture judéochrétienne, il faut plaider pour un modèle communautariste en France. Et donc, j'appelle Valérie Boyer ou un certain nombre d'autres personnalités à plaider pour un régime communautariste en France si on veut aller au bout de cette logique.

Donc effectivement, c'est un c'est un enjeu qu'il faut qu'il faut prendre euh euh très très au sérieux et de l'autre côté aussi. Je suis toujours très frappé. Tous les tous les 3 4 ans, il y a une interview de Nathalie Harto qui ressort où un certain nombre de Alors, en général, c'est sur un plateau plutôt de la gauche activiste ou radicale et les la présentatrice ou le présentateur l'interroge sur la question du port des signes religieux.

Et donc Nathalie Arta, lutte ouvrière tient une position très traditionnelle qui est de dire je n'ai rien contre les signes religieux en l'occurrence le fouara simplement je suis d'obédience marxiste donc dans un meeting duvrière c'est incompatible avec et effectivement les militants je pense de bonne foi les et notamment les jeunes militants, on le voit parmi les étudiants, sont un peu désœuvrés donc c'est aussi tout un travail de reconstruction des repères je crois mais pas par de la pédagogie je sais pas exactement je suis pas enseignant ici mais qu'il faut qu'il faut remener pour justement arriver à être je crois cohérent et fort sur les deux les deux fronts. Ouais. Moi, je dirais que il faut distinguer deux choses.

Il faut distinguer donc les principes laïques. En réalité, c'est pas forcément contradictoire avec la laïcité d'interdire les signes religieux dans la rue. La le décret sur la liberté des cultes en 1795, donc c'est l'ancêtre de la laïcité, c'est une laïcité harde où la soutane est interdite dans les rues, les affiches invitants à la messe sont interdites dans la rue.

Donc tout est interdit dans la rue. vraiment le la religion c'est vraiment dans le sein des lieux de culte et seulement là. Bon, mais c'est plutôt là c'est plutôt une question de bon sens.

C'est-à-dire que bah en fait non, on va pas pour des raisons simplement de paix civile, on va pas appliquer cette version hard qui de toute façon à laquelle les ils ont fini par renon le législateur a fini par renoncer parce que c'était trop mais je pense que il faut donc il faut distinguer ces voilà ces accommandements de bon sens et cetera et puis quand même aussi un discours qui est la lutte contre l'islamisme qui est un poison mortel qui et d'une catastrophe pour les droits des femmes qui est qui est vecteur d'antisémitisme, qui est vecteur d'homophobie et voilà. Et je trouve que là, il faut pas laisser la droite à la droite le monopole de cette lutte parce que effectivement la droite, elle a pas un projet d'émancipation et nous oui quoi. Et donc nous, c'est du point de vue de l'émancipation qu'il faut tenir un discours qui est et et là aussi il faut lever les malentendus.

C'est pas parce qu'on tient un discours féministe contre le voile qu'on veut forcément interdire le voile. Et je pense que voilà, il faut tenir les deux, il faut tenir un un le libéralisme des droits de l'homme d'une certaine manière avec qui qui implique que on va pas interdire ou enfin on va pas faire une une inflation d'interdiction qui serait liberticide mais en même temps en gardant notre liberté de critique vis-à-vis de l'obscurantisme parce que parce que c'est l'ADN de la gauche aussi quoi. Et je pense que cette spécif à mon avis la gauche c sa spécificité fondamentale c'est ça c'est on n'est pas pour une inflation liberticide mais par contre on a notre liberté de critique anticléricale qu'on a toujours eu et qu'il faut pas perdre parce que encore une fois si la société française est fracturée par les identités on on il y aura enfin on le voit bien d'ailleurs à l'heure actuelle dans dans le champ politique mais du coup la question sociale elle passe à l'arrière-plan et les droits de tous finissent par reculer quoi.

Alors vous vous parlez d'obscurantisme, vous venez de parler Adrien Brush des jeunes générations qui parfois ont du mal à comprendre finalement euh ce qui des des des points de vue comportent comme étant des des une interprétation des lumières de l'universalisme où eux ils voient ça comme liberticide justement. Est-ce que on a un sujet avec les jeunes générations euh pour essayer de de réinventer euh dans le pour le 21e siècle ce qu'est l'universalisme et par rapport à un respect de ce que peut être la complexité d'une identité personnelle et sans tomber dans l'identitarisme dans dans des replis, dans des essentialisations, il y a une différence euh justement le le fait de pouvoir accepter la critique de pouvoir accepter d'avoir un un un débat par exemple compris qui critique une religion parce que c'est la liberté d'expression. Ça n'est pas nécessairement un signe de vouloir discriminer ou d'être de porter un discours haineux ou d'exclusion contre une religion.

Et donc ces limites là aujourd'hui, ce sont des limites qui sont et ça rebou sur les questions de rationalisme du début. On on on a quand même un sujet aujourd'hui dans la jeunesse. On parfois on a l'impression peut-être qu'on parle pas la même langue euh entre générations.

Oui. Oui. C'est vrai, c'est un combat à part entière et c'est la jeunesse, c'est une un segment aussi alors pour le coup plutôt de l'opinion qui est très ambivalent là aussi parce que ils ont comment dire ils se reconnaissent dans une version effectivement assez libéralisée de la de la liberté et notamment de la laïcité où effectivement toutes les les interdictions, les régulations plutôt sont très rapidement vu comme une atteinte au droits individuel et au et au et au et au respect de la personne.

Et en même temps, ils sont alors j'ai pu la donner exactement en tête, mais une bonne partie a estimé que un chef autoritaire en France serait une bonne solution pour améliorer la santé de ce pays. Donc c'est très difficile de parler de la jeunesse en entier mais mais c'est certain. Je sais pas si Stéphanie si tu as des choses peut-être tu es plus en contact encore avec eux mais mais mais c'est un vivier.

Encore une fois, je crois que ça doit percer par malheureusement la pédagogie est une pédagogie incarnée euh pour essayer de de de redonner des repères qui sont je crois sains pour la construction de la conscience des jeunes françaises et français. Oui, je pense que enfin moi je rejoins ce qui a été dit les jeunes mais en fait un des problèmes c'est que les jeunes sont de plus en plus clivés. En fait, il y a une jeunesse nationaliste.

Voilà, il y a une jeunesse dont dont Adrien parlait, un peu hyper libérale, mais enfin presque libertarienne ou en gros qui va expliquer que chacun fait ce qu'il veut, mais ça va aller très loin. C'est des gens qui enfin ça m'est déjà arrivé d'avoir des jeunes en face de moi qui qui on est pour juger l'excision quoi. Donc là, enfin ça devient ça va plus du tout, quoi.

Alors, je pense que la boussole encore une fois, bah c'est les droits humains. Voilà, le respect de l'intégrité des personnes, le respect des droits universels, ça doit nous guider. Et puis mais moi je pense qu'effectivement il y a un vrai effort de pédagogie.

Je suis complètement d'accord. Je dirais que dans mon expérience, cette pédagogie n'est pas du tout impossible. C'est-à-dire que parfois on s'autocensure un peu, parfois en tant que prof ou en tant que militant, dirigeant politique, on n pas forcément on a peur de on a peur de choquer la jeunesse avec un discours trop trop ferme ou trop.

Et en fait, moi mon expérience, c'est quand on explique les choses et que les gens voient bien qu'on n'est pas justement qu'on n'est pas raciste, qu'on n pas qu'on veut pas tout interdire à tout le monde, qu'on n pas en fait les jeunes comprennent ce qu'on leur dit. Mais ça ça renvoie à mon avis à la mission pédagogique aussi des partis et des syndicats qui a un peu laissé tomber et je pense qu'il y a vraiment une mission comme ça à remettre. Venu de toute la France rassemblé ici grâce à l'accueil de Mathieu Clin maire de Nancy grâce au travail des équipes du parti des bénévoles des militants de la Fédération de meurt et Moselle et du service d'ordre que j'aimerais toutes et tous saluer.

Je voudrais les remercier tout particulièrement pour nous permettre de nous retrouver ce weekend. et pour vivre ce moment de débat et de camaraderie. Je voudrais également saluer les militants, jeunes socialistes qui ont fait le déplacement pour venir depuis leur fédération et qui m'ont fait l'honneur de m'élire à leur tête il y a peu.

Votre présence ici, camarades jeunes socialistes montre que nous, jeunes socialistes, nous prenons toute notre part à la vie de notre parti, à ces combats et à ces débats. Cette mobilisation des jeunes, nous l'avons vu au cours des derniers mois, au cours des assemblées générales de débat de présentation des textes d'orientation, vous avez été nombreux et nombreus à intervenir, parfois même à présenter des textes d'orientation. Cette mobilisation, nous la voyons sur le terrain, dans nos fédérations, dans nos villes, sur les campus des universités, dans les campagnes partout en France, les jeunes socialistes lutent.

Cette lutte, je la sais nourrie par nos idéraux de justice et d'égalité. Je sais que chacune de nos actions militantes, chacun de nos portes à porte, chacune de nos réunions, parfois matinal ou tard le soir, tout cela repose sur une conviction. Demain peut-être meilleur, car rien n'est écrit, car cet optimisme inébranlable nous tient et nous pousse à toujours militer plus.

Avant de commencer ce propos conclusif de cette table ronde, je souhaite remercier nos intervenants et nos intervenantes pour la qualité de leurs propos, pour l'apport qu'ils ont apporté à notre réflexion et à nos débats. Nos liens avec le monde universitaire, avec la réflexion vivante, avec les chercheurs et les penseurs, ce sont des liens à chérir et à entretenir. Je vous le dis donc, l'académie des jeunes socialistes vous sera ouverte et ce sera un espace pour vous accueillir et pour développer une pensée commune.

C'est la question de l'union qui a été abordée ici. Elle doit s'attacher à l'histoire car la gauche est une force et cela a été démontré qui est une sédimentation de combat successif qui puis sa force dans le renouvellement de sa doctrine au fur et à mesure des époques. C'est en cette année 2025 que nous commémorons le congrès du globe et ce n'est pas anodin car tout comme ce fut le cas à l'époque, aujourd'hui l'histoire nous regarde parce que le choix que nous devons faire ici à Nancy n'est pas un simple débat d'appareil, c'est un choix de civilisation.

Soit nous laissons une gauche divisée, archipalisée et c'est l'extrême droite qui l'emporte, soit nous bâtissons cette union sur une ligne de rupture et alors la victoire sera possible. Le moment est grave. Nous devons unir la gauche pour empêcher l'irréparable.

Jamais depuis la libération, nous avons été aussi prêts de voir la droite autoritaire et extrême accéder au pouvoir par les urnes. Jamais depuis les années 30, nous n'avons vu autant de déclassements, de rages silencieuses, de jeunes désespérés, de services publics abandonnés. Jamais les fossés entre les puissants et favorisés et le reste de la population n'avait été si profond.

Et dans ce chaos, c'est l'extrême droite qui avance avec son faux vernis social, avec ses mensonges, avec ses ennemis désignés. L'extrême droite prospère parce qu'elle s'appuie sur une réalité sociale que nous trop souvent nous avons regardé de loin. Ce sont des électeurs ordinaires, des gens que nous avons parfois cessé d'écouter, des salariés précaires, des chômeurs de longue durée, des habitants de zones rurales ou de territoires pé urbains abandonnés par la République, ignoré par la gauche lorsqu'elle a confondu pouvoir et gestion.

Là où il fallait parler de destin collectif, nous avons offert des segments de programmes, des injonctions morales. Voilà des années que la vague monte lentement, que le RN diffuse ses ranges identitaires partout où le capitalisme appauvrit, divise, marginalise et là l'extrême droite diffuse ses rangennes. Ici en meurtr et Moselle, tout comme chez moi dans le nord, les délocalisations, la désindustrialisation, le chômage de masse sont précarisés des millions de françaises et de français.

Les industries de jadis, les haut fourneaux, les mines, les ateliers étaient certes des lieux d'exploitation, de travail intense, mais donnaient également corps à une solidarité, à une camaraderie, une conscience d'appartenir à un même groupe, à une même classe sociale avec des intérêts communs. Et c'est de là qu''est né le socialisme de cette conscience ouvrière. Avec l'effacement silencieux du monde ouvrier, ce sont tous ces liens sociaux qui s'étiolent, qui disparaissent pour laisser place à la ranqueur et à la peur du déclin, la peur que la vie de leurs enfants soit plus dure que la leure.

Et pourtant, camarades, la situation sociale devrait être un terro pour la gauche. La précarité, la violence du marché, le chômage structurel, l'effondrement écologique, la solitude des travailleurs. Autant de combats que nous avons toujours porté, autant de questions auxquelles nous savons pouvoir apporter des réponses pour vivre mieux.

Et pendant ce temps-là, nous à gauche, on se divise, on s'observe, on compte les points. Mes camarades, face à cela, j'ai une conviction profonde. Si la gauche n'est pas audible, c'est d'abord parce qu'elle est divisée.

C'est parce que nous sommes davantage tournés vers nous-mêmes plutôt que vers les Français, à nous corréler et à surjouer parfois des désaccords. Ils existent certes, mais ils ne sont pas insurmontables. Nos adversaires se nourrissent de la division.

Emmanuel Macron divise les travailleurs et les assistés, les riches et les pauvres, les élites éclairées face au gauloir réfractaires. Marine Le Pen, elle divise aussi ce qu'elle appelle les Français de souche et ceux issus de l'immigration. Mais il n'y aura pas de destin commun si nous ne reconstruisons pas à nouveau ces liens sociaux.

Et pourtant, la demande d'union est là, elle est massive, elle est sincère et nous les jeunes socialistes, en seront la voix sans discontinuer. Ces jeunes, ils n'en peuvent plus des postures, des égos, des grandes manœuvres. Ils n'en peuvent plus des tentatives pour s'imposer comme candidats en tordant le bras des autres.

Ils veulent une gauche qui change d'avis, pas une gauche qui change de sigle. Et ce rassemblement des partenaires de gauche, je le sais particulièrement attendu chez les jeunes socialistes. Certains chez nos aînés, il voient parfois une candeur, une naïveté face à ce qu'est la France insoumise, voir un péché de jeunesse.

Mais nous le disons avec force, c'est l'urgence de l'époque et l'attente des Français qui nous y oblige. Alors oui, le temps de la division est terminé. Nous ne pourrons évoquer l'union sans évoquer la gauche, sa composition, son son origine et sa raison d'exister.

Car la gauche, c'est l'équilibre. C'est une force qui avance pour résorber les anomalies du monde et de la société. Elle porte cet idéal de création de la liberté pour chacune et chacun par l'égalité des conditions d'existence, moyen de mettre en œuvre la fraternité.

La gauche, elle se compose bien sûr des partis. Aujourd'hui, il provoque peut-être de la défiance, de la déception. Nous n'avons pas été épargnés, mais ce sont aussi des repères identitaires, politiques et culturels.

Ils construisent les enjeux politiques en soulevant des questions face à la banalité de l'inégalité. Il suggère des éléments de reconnaissance, créent des points, des points de convergence, des points d'identité. Et cette identité politique qui est la nôtre, le socialisme est ancré.

Elle nous relie, elle nous oblige au rassemblement. Nous savons que la démocratie ce n'est pas seulement la pratique des élections et le gouvernement de la majorité. C'est bien plus d'ailleurs qu'un mode de scrutin.

C'est une vertu, une morale, une éthique, un respect de l'adversaire. C'est reconnaître à l'opposition le droit d'exister et le droit de ne pas être d'accord. Nous ne voulons pas d'une gauche sectaire qui se regarde le nombril, pas plus que nous voulons d'un parti socialiste qui cultive la nostalgie de son hégémonie passée.

Nous voulons une gauche unie, une gauche ouverte, une gauche qui assume son projet de rupture et qui rassemble tous ceux qui souhaitent le participer. L'Union doit être construite sur un projet de rupture et une ligne claire. Camarades, nous ne voulons pas d'une union molle, pas d'une recomposition à bas bruit, pas d'un cartel de logo.

Ce que nous voulons, c'est une union populaire et révolutionnaire au sens noble du terme. Une révolution qui renverse l'ordre établi pour bâtir autre chose. Une gauche qui contrarie la fatalité, qui ouvre des destins nouveaux et qui crée une voie.

Mais l'Union ne peut pas être un cach misère. Elle ne peut pas être une simple opération de marketing politique. Elle doit être une union fondée sur une rupture, sur un programme de rupture, sur une posture de rassemblement.

Voilà les deux piliers qui doivent fonder l'action de notre parti et l'union de la gauche. Voilà ce que l'histoire nous apprend et ce que nous devons aujourd'hui réinventer. Car cette union, nous la ferons par sens du devoir parce que nous savons que c'est à nous d'empêcher la victoire de l'extrême droite.

Nous la ferons pour ne pas rejouer le match perdant des dernières élections présidentielles qui si il n'y a qu'une seule candidature aujourd'hui qui pourrait être incarnée par Jean-Luc Mélenchon nous conduira à l'échec au premier tour comme le second. Nous refusons de nous résigner à la division des gauches, d'accepter la défaite avant même le début de cette campagne. Il faut tirer les leçons de notre histoire.

Nous l'avons fait. En 1905, au congrès du Globe, les socialistes se rassemblent pour fonder la SFO. Madeleine Roberou disait que cela devait être un congrès de notaire.

Ce fut un acte fondateur pour donner une expression politique aux classes populaires. Au cours de ce congrès de Nancy, nous avons acté qu'une majorité de socialistes soutenaient la voie défendue par Olivier Fort. l'Union de la gauche de François Ruffin à Raphaël Gusman.

À nous maintenant de construire cette union, de la faire vivre dans nos fédérations et à travers le pays. En 1936, quand Léon Blum prenait la tête du Front populaire, il le fait sur une ligne de rupture. En 1980, c'est cette même dynamique de rassemblement qui permet à Mitteran d'arracher la victoire parce que la gauche a su parler au peuple, parce qu'elle a porté l'audace.

Il faut que la société ait devant elle un idéal auquel elle tende pour agréger, pour soulever, pour conduire les désespérés à retrouver un chemin d'espérance. Cette gauche, il faut qu'elle ait quelque chose à faire, un peu de bien à réaliser, une contribution originale à apporter au patrimoine moral de l'humanité. Aujourd'hui, nous devons réinventer cette dynamique car oui, la gauche doit changer, mais elle ne changera pas en renonçant.

Elle changera en assumant la transformation radicale de la société par la fin du productivisme aveugle, par la revalorisation du travail invisible, des métiers du lien, des métiers du soin, de la vie, par la répartition des richesses, la fin des privilèges fiscaux, par la planification écologique, par la lutte contre les dominations patriarcales et racistes. Et cette ligne de rupture, camarades, nous devons l'assumer, la porter, la faire vivre. Pour cela, il nous faut une stratégie.

Nous ne voulons pas d'une gauche refermée sur une base comme le propose Jean-Luc Mélenchon. Car cette base est trop étroite pour gagner, elle est trop clivante pour convaincre. Nous voulons une gauche ouverte, une gauche résolue mais inclusive, une gauche qui agrège, qui dépasse, qui mobilise.

Car l'Union ne se gagne pas dans les seuls rapports de force électoraux. Elle se gagne dans la capacité à articuler les luttes, à construire un peuple à part de revendication éparce. Les socialistes ont cette capacité historique à faire la synthèse, pas par molesse, mais par volonté d'efficacité car la transformation sociale passe par la majorité politique et cette majorité, elle ne se décrète pas mais elle se construit.

Alors camarades, soyons clairs, l'union ne se fera pas sans nous. Elle ne se fera elle ne se fera pas non plus malgré nous et elle ne se elle ne se fera que si nous sommes capables de parler clair, de rassembler, de sortir des logique de clan. Car pour unir la gauche, nous avons un atout immense.

Notre expérience démocratique, nos congrès, nos débats, notre culture du compromis et de la synthèse. Là où certains s'imposent comme chefs, nous construisons des majorités. Nous savons faire des synthèses là où certains insultent, contraignent, nous débattons, nous discutons non sans passion, mais avec la certitude que nous nous retrouverons autour de la ligne qui aura démocratiquement été tranchée.

Nous devons aussi sortir des postures. Ramener certains débats aux enjeux personnels n'est pas à la hauteur. Et je vous le dis, nous jeunes socialistes, nous n'accepterons plus de voir la noblesse de nos débats politiques être souillés par de vulgaires volontés de remplacer un tel ou un tel.

Alors, ne laissons pas nos débats être instrumentalisés pour mieux justifier l'inaction ou la division. Le Congrès, ce n'est pas un jeu d'ombre, c'est un beau moment. C'est un moment pour trancher, pour avancer, pour construire comme l'a été le congrès du globe.

D'ailleurs, regardez nos villes là où se construit le socialisme municipal, là où justement nous mettons l'union au cœur de nos politiques, là où nous faisons en sorte de transformer la vie par le dialogue, par une construction commune qui doit amener à un récit politique commun. Camarades, l'heure est venue de faire un choix. Et devant vous, je pense au mot de René Viviani, camarade de lutte de Jorè, président du conseil en 1914 et cfondateur d'un journal qui nous tient tant à cœur l'humanité. comme il le disait, je veux vous le dire aujourd'hui avec une référence historique.

Allez donc à la bataille élu du Parti socialiste. Et n'oubliez pas que si par la noble fonction de la constitution républicaine, vous êtes élu de la France, par la fonction élargie de la constitution socialiste, vous êtes les représentants du prolétariat universel. Vous pourrez compter sur les jeunes socialistes pour porter cette idée.

Nous pouvons continuer comme avant, attendre un miracle, espérer qu'un leader s'impose ou que les autres s'effassent. Mais ce serait rejoué le scénario perdu des présidentiels. Une candidature imposée sans union, une défaite assurée.

Ou alors nous pouvons faire un pas en avant, porter une autre méthode, celle de l'union construite sur une ligne de rupture, celle de l'ouverture sans naïveté, celle de la clarté sans sectarisme. Le congrès de l'ancien a montré que la majorité des socialistes veulent cette ligne et c'est à nous maintenant, militants, élus, jeunes de la faire vivre partout. Parce que oui camarad, l'union est notre héritage, l'union est notre espoir et l'union est notre devoir.

Ne laissons pas le champ libre à l'extrême droite. Ne laissons pas notre camp se déchirer. Portons avec enthousiasme, avec force, avec conviction le drapeau de l'Union de la gauche pour que le socialisme redevienne ce qu'il a toujours été dans les grandes heures de notre histoire.

Une force de transformation, une force de rupture, une force d'avenir. Alors camarades, vive la gauche, vive l'Union, vive le socialisme et son parti. Merci. [Applaudissements]