"Un traumatisme collectif': le maire de Trappes s'exprime après l'attentat raciste
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Vous nous donnez des nouvelles des blessés et notamment de cette petite fille ?
- 2:53OuverteRéponse directe
Pouvez-vous me parler de Pangoio Wangi ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites ce matin aux habitants de Trappes ?
- 6:14RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous estimez que 4 jours après, la concorde nationale est là ?
- 7:32OuverteRéponse directe
Comment on fait dans une démocratie quand des gens sont élus ?
- 8:10RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous estimez que 4 jours après, la concorde nationale est là ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:53Chiffre
« Sinon, nous aurions eu à déplorer des dizaines voire des centaines de morts. »
- 2:53Chiffre
« Je rappelle qu'il a tiré plus de 150 cartouches. »
- 3:30Fait
« Il n'avait comme seul tort que de marcher au mauvais endroit au mauvais moment avec la mauvaise couleur de peau. »
- 4:51Fait
« Le racisme tue, on le sait depuis toujours. »
- 11:18Chiffre
« Dans ma ville, on augmente la part des logements privés qui cohabitent avec des logements sociaux. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Alibet. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le maire de Trappe, une ville évidemment bouleversée, un pays sous le choc après ce périple meurtrier de Kevin T. Vendredi, une véritable chasse à l'arme. Un attentat terroriste raciste. On va évidemment parler du contexte. Vous êtes bouleversé. Le pays est sous le choc. Un tournant. C'est le mot qu'a utilisé le président de la République qui s'est rendu à Trappe. On va revenir évidemment aussi sur l'enquête. Euh mais d'abord, je voudrais que vous nous donniez des nouvelles euh des blessés et notamment de cette petite fille. Vous sa presque m'indiqué la famille, cette petite fille va mieux. Elle est
courageuse puisqu'elle a lutté contre elle était entre la vie et la mort pendant de nombreuses heures. Elle a subi plusieurs opérations. Au dernière nouvelle dimanche, elle avait retrouvé conscience, elle avait pu reconnaître et échanger avec sa famille. Elle avait pu reconnaître et échanger avec sa famille. Les autres blessés sont certains encore hospitalisés et l'un d'eux l'un d'eux est si graement blessé qu'il a dû subir deux opérations lourdes. [grognement] Son son état s'améliore et on espère également qu'il pourra rapidement être sorti d'affaires. Je le disais un périple meurtrier, vous l'avez tout de suite dit, ça aurait pu être encore pire. Et je voudrais que l'on écoute tout de suite les mots l'émotion d'une de vos habitantes, une habitante de trappe. Elle s'appelle
Sopia. Elle s'est confiée au micro de notre reporter RMC Pierre Basin. Elle raconte qu'elle faisait le plein d'essence quand elle a été visé par le tueur qu'il y a eu cinq impacts sur sa voiture avant qu'il ne la mette en joue. Écoutez, elle m'a dit "Bouge pas, ça arme vers moi directement." Moi je lui ai dit "S'il te plaît, tu fais pas ça." Non non, tu fais pas ça. Elle lui dit "Bouge pas, bouge pas." Il tire le truc il est vide. Et moi dans ma tête, c'est fini hein. Je cours et il y a beaucoup de monde à l'intérieur. Et j'ai dis à tout le monde vous sortez pas, vous sortez pas. Il y a un monsieur qu' me suit avec les clash and coff. J'entends tac tac tac. [rires]
C'est un raciste. Lui, il est calme, il choisit les gens mais je suis pas bien la vérité. Je dors pas franchement. Je dors pas la nuit. Il est calme, il choisit les gens, elle est bouleversée, elle ne dort plus. Son témoignage c'est celui de bien d'autres trapistes qui racontent petit à petit ce qu'ils ont vécu. Une femme noire qui portait un foulard sur la tête me racontait dimanche soir en larme. La même scène à quelques mètres [grognement] du lieu où é assassiné Pengo Bosangi. Elle a dû sa survie uniquement au fait que l'arme s'est de nouveau enrayée. Il a essayé à plusieurs reprises de lui tirer dessus trois fois sans y parvenir et elle a pu ensuite fuir et se réfugier dans un bus. [grognement] Donc au-delà des blessés, au-delà du
décès, il y a [grognement] de très très nombreux trapistes qui ont rééchappé par miracle et nous le devons à la fois à la météo capricieuse qui a vidé ce matin-là, notamment le marché de trappe où il s'est rendu où il n'a trouvé quasiment personne et également au fait que son arme encore une fois était ancienne et s'est enrayé à de nombreuses reprises. Sinon, nous aurions eu à déplorer des dizaines voire des centaines de morts. Je rappelle qu'il a tiré plus de 150 cartouches. 150 cartouches, au moins 8 lieux de crime, scèes de crime comme le disait hier le parquet national antiterroriste. Est-ce que vous pouvez me parler de Pangoio Wangi ? Alors, il n'habitait pas à la ville, il venait rendre visite à de la famille. Il est euh du territoire, sa famille et ses
parents notamment sont du territoire. C'était euh c'était un homme qui était un sportif jeune à 26 ans qui avait tout l'avenir devant lui dont les proches racontent notamment dans son club de sport combien il était plein d'avenir, plein de promesses. Il espérait que le sport lui permettrait de réussir son parcours dans la vie. Il était sur le point de devenir professionnel du MMA, d'un sport de combat. Il n'avait comme seul tort que de marcher au mauvais endroit au mauvais moment avec la mauvaise couleur de peau. Avec la mauvaise couleur de peau. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Qu'est-ce que vous dites depuis 4 jours aux habitants de Trappe ? Je trouve pas les mots pour leur parler. C'est pas simple. C'est pas simple parce que il y a un traumatisme collectif,
vous l'avez rappelé, et que le sentiment qui domine, c'est évidemment la peur, c'est même pas l'incompréhension parce que chacun comprend. Cette dame le dit, la motivation raciste [grognement] qui a été qui vient de loin. Et cet acte, même si on n'aurait pas pu le prédire, ni sa date, ni le lieu de sa commission, ça fait longtemps qu'on est quelques-uns à craindre qu'il survienne sur le territoire. Euh et c'est arrivé dans ma vie à trappe euh sur des habitants qui ont pris l'habitude d'être stigmatisés et d'être pointé du doigt et d'être désigné comme des cibles. Et cette habitude, il faut qu'on la perde collectivement. Vous voulez écrire la suite ? Vous avez commencé d'ailleurs hier avec ces rassemblements. Il y aura à nouveau un rassemblement dans votre ville vendredi.
Vous voulez écrire la suite ? Comment on fait justement pour écrire la suite ? C'est pas la responsabilité d'une personne ou de d'un groupe. C'est notre responsabilité collective. Le racisme tue, on le sait depuis toujours. Il y a toujours eu des des militants engagés contre le racisme qui dénoncent ses crimes, ce qui arme la main des tireurs, des tueurs. Euh mais la société dans son ensemble, elle a baissé les armes et euh on a pu considérer que stigmatiser tout un territoire et toute sa population ou une partie du peuple français tout simplement, ça ne prêtait pas à conséquence. Ça prête à conséquence. On a eu à déplorer un mort et des blessés graves, mais au-delà, vous savez, tout un peuple traumatisé, tous les Français dans leur ensemble. singulièrement ceux
qui se considèrent de rénovant comme des cibles. Ce que j'entends depuis vendredi euh au sein de ma population, c'est la peur de sortir, la peur de laisser ses enfants sortir, euh le sentiment que on a plus sa place ici. Certains disent et considèrent et ça m'inquiète que euh il faut se défendre soi-même. J'entends parler d'autodéfense. Voilà, des concepts dont on croyait débarrasser la République. Donc l'enjeu c'est qu'on puisse collectivement se ressaisir, tirer les leçons de ce qui s'est passé et de la dérive de notre débat public. D'ailleurs, c'est pour ça que j'ai assez rapidement et spontanément appelé à la Concorde Républicaine parce que euh c'est l'essentiel du message que je veux passer, c'est que nous sommes un seul peuple et qu'on peut pas dresser la France contre elle-même.
On va revenir sur ce que vous dites, sur les racines très profondes. Vous dites de ce racisme qui monte et qui euh a fini par tuer chez vous à trape. Vous appelez un sursaut à pouvoir vivre ensemble à une concorde nationale. Est-ce que vous estimez que 4 jours après, elle est là ? J'ai pas assez de recul et je vais vous dire, je suis totalement lié dans le guidon, donc je ne sais pas ce qui se dit en autour de moi et en dehors de ce qui se dit dans ma ville avec mes concitoyens. Donc c'est à vous d'en juger. J'espère que c'est le cas. J'espère que sur vos plateaux, j'espère que dans le débat politique euh il y a un sursaut. Moi j'ai on m'a envoyé quelques images du débat d'hier sur votre antenne d'ailleurs quand Diaz continue représentant du RN à dire que
Trap est une République islamiste, le revendique et réitère ses propos et ceux de son président Jordan Bardella. Donc je de ce camp-là, je n'attends rien. Voilà. De ces députés, je n'attends rien. D'un parti qui vient de reconduire un antisémite à sa tête, je n'attends rien. En revanche, de nous toutes et tous, de vous les médias en particulier, j'attends beaucoup et j'espère beaucoup sincèrement parce que c'est vous qui avez la clé, pas vous uniquement les médias, mais ceux qui dans la société ont une influence, ceux dont la parole peut être entendue, ceux dont l'intelligence, les intellectuels, les éditorialistes et cetera peut permettre de contrecarrer le discours raciste. Ceux-là ont le devoir de se mobiliser plus fortement. Je partage évidemment totalement ce que vous venez
de dire sur la la lutte, le recadrage, la limite à apporter. Il y a ensuite une question qui est évidemment celle de la démocratie. Hm. Comment on fait dans une démocratie euh quand des gens sont élus ? Quand un peuple choisit, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on dit ? Est-ce que la campagne présidentielle n'est pas au fond devrait être la meilleure des réponses ? Ah, certainement pas. Certainement pas. Les derniers mois avant une campagne présidentielle. C'est le débat quotidien qui me pose problème. Mais est-ce que le débat qui va s'ouvrir, il se trouve que le contexte de ce calendrier, c'est un moment où précisément on peut entendre des voix comme la vôtre. On peut entendre mais il faut entendre tout le monde. Est-ce qu'il faut entendre tout le monde ?
Ça c'est à vous de l'apprécier par ailleurs. Je j'observe qu'en Belgique par exemple, les médias d'initiative comme la classe politique ont choisi d'ériger un cordon sanitaire et d'interdire la parole raciste sur leurs antennes et de ne pas inviter les représentants de l'extrême droite qui s'appelaient aussi le Front National dans ce en Belgique francophone, néanmoins en France. Moi je ne demande même pas cela. Je demande que l'on soit capable de tenir pied à pied la digue républicaine face à ceux qui à longueur d'antenne racontent n'importe quoi, développent des théories complotistes et mensongères comme celle du grand remplacement. Je demande qu'on puisse du ministre de la République jusqu'au commentateur de plateau éviter de détayer de donner libre cours à la parole raciste.
Vous avez cité notamment notamment dans les colonnes du Parisien ce matin Aurore Berger. Elle est ministre de la lutte contre les discriminations et pourtant vous dites d'elle qu'elle fait partie des responsables en quelque sorte de cette parole décomplexée lorsqu'elle a affirmé que certes elle combattait la théorie du grand remplacement mais que cette théorie relève je cite du débat politique et de la liberté d'expression. Vous savez, moi j'ai j'ai pas j'ai pas envie de régler des comptes, y compris avec Verger pas du tout. J'ai pas envie de régler des comptes. J'ai envie qu'on en tire des conclusions pour l'avenir, y compris avec votre antenne. J'ai envie qu'on change de comportement. Euh vous savez, ce serait l'honneur de Berger ou de François Berou qui a parlé de subversion
euh submersion migratoire ou de Valérie PCR qui a dit que le grand remplacement était une réalité, que tout cela disent le regretter tout simplement et s'engage à ne plus utiliser ce genre de théorie. Vous savez, espérer récolter des miettes électorales en courant derrière le discours et les théories de l'extrême droite, en courant derrière les constats erronés de l'extrême droite. Ça ne marche pas. Ils seront tous à la fin dévorés par ceux qu'ils auront nourri. Écoti, président du parti principal de la droite républicaine, a fini aujourd'hui dans l'orbite du Rassemblement national et n'est devenu qu'un préroquet de l'extrême des républicains et il est désormais un des alliés de Marine Le Pen. Mon sujet c'est pas de de savoir s'il y a eu des erreurs par le passé quand quand une fois le
premier ministre de la République parle de submersion migratoire alors que tous les chiffres, toutes les analyses, toutes les statistiques disent l'inverse, ben il il doit s'amander, il doit éviter d'utiliser ces ressorts-là qui ne lui apporteront et qui n'apporte rien sur le plan électoral qui en fractur par précisément d'un sentiment de submersion migratoire et il l'avait redit le lendemain estimant qu'il y avait les apports étrangers positifs certes, mais que dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion. Euh alors, c'est à ce moment-là qu'il y a le rejet. Et bien, par ces mots, par ces paroles répétées, on étaille les constats et donc les solution de l'extrême droite française. Ça suffit, il faut arrêter là. Il est temps encore pour les 6 mois
qui viennent mais pour l'avenir également d'en finir avec ces pratiques complaisantes avec le discours de l'extrême droit. Comment on fait Annieiramet pour remettre du vivre ensemble et tout simplement même concrètement une forme de mixité sociale ? J'ai l'impression que moi depuis que je fais ce job de journaliste, je n'entends que des politiques qui disent il va falloir remettre de la mixité sociale. Concrètement, est-ce que dans votre ville ça a été le cas ? Avant de vous répondre déjà, je vous remercie de cette question qui est une question profonde, sérieuse, qui est l'un des sujets à adresser. Vous savez, notre pays, il est traversé par des chagrin collectif. Ces chagrins là, c'est notre incapacité à vivre en mixité sur tous les territoires. Ça se heurte à des égoïsmes
politiques. Dans ma ville, on augmente la part des logements privés qui cohabitent avec des logements sociaux. On construit des nouveaux quartiers qu'on reconstruit dans le cadre du renouvellement urbain pour faire en sorte que chacun trouve sa place. Propriétaire privé accédant à la propriété accompagnée issue du logement social et locataire du logement social parce qu'on a de forts besoins en Île-de-France en logement social. Pourquoi on se heurte à des difficultés importantes à trrape comme ailleurs ? Parce que dans d'autres territoires tout près de chez nous, d'autres MIRES refusent de respecter la loi qui a été votée en 2001. La loi de solidarité qui exige que chaque ville est 25 %. C'est que chacun se retrouve en fait vous avec trop de logements sociaux et pas assez
finalement de propriétés privées et d'autres villes exactement l'inverse. C'est ça ch bien résumé mais nous dans des les villes populaires, nous sommes ceux qui demandons de la mixité sociale parce que personne ne souhaite vivre dans une ville où 25 % de la population est sous le seuil de pauvreté. La plupart des habitants de ces communes historiquement y ont été installés par la République française. N'ont pas fait le choix rationnel de s'y installer même s'ils aiment leur ville aujourd'hui et qu'ils y sont attachés. Mais pourquoi le maire de Maison La Fit refuse depuis des années de respecter la loi, préfère payer des amendes plutôt que de construire des logements sociaux en résistant à la loi et aux injonctions de l'État ? Pourquoi ? Est-ce qu'on va
continuer à fermer les yeux sur sur ces réalitésl ? La plupart de ces élus sont proches des idées de l'extrême droite et de la droite radicalisée. Pourquoi il continue à vouloir construire un monde où chacun vit chez soi replié sur lui-même et on se tourne le dos plutôt que de se faire face ? Comment vous faites-vous pour justement ouvrir ? Comment est-ce qu'on fait ? C'est-à-dire que c'est une question de logement, c'est une question d'emploi, c'est une Est-ce que ça n'est qu'une question économique ? Est-ce une question morale ? Est-ce que c'est une question religieuse ? Quel quel de tous ces points-là, comment on fait ? Tous ces sujets doivent être adressés paisiblement, voilà, rationnellement dans le débat public qui doit pouvoir permettre de effectivement d'exprimer la
diversité des points de vue, des options politiques pour que les Français choisissent tranquillement sur le logement, sur l'accès à l'emploi, sur la réalité des discriminations, sur la question de la sécurité qui est une exigence de notre territoire populaire. Sur tous ces sujets, il y a différentes options politiques. Il faut pouvoir en revanche dire clairement que les options proposées par l'extrême droite qui consistent à considérer que quel que soit le sujet, les hôpitaux où il n'y a pas assez de médecins où les personnes âgées crèvent dans des brancards, les élèves qui se retrouvent sans enseignant pendant des mois durant en année de terminale, tout cela, c'est parce que les immigrés consomment et prennent l'argent des Français. les Français qui n'obtiennent pas de logement, j'entends
l'extrême droit de dire et parfois sans être démenti, compris dans vos antennes que [grognement] il y a une préférence à l'immigration dans l'attribution des logements sociaux, ce qui est factuellement faux et ce qui est illégal et je le sais, je préside des commissions d'attribution des logements. Donc toutes ces réalités-là, si on peut les adresser paisiblement et refuser de tolérer que l'extrême droite simplifie le propos, simplifie le constat et propose des solutions démagogiques, ça fera du bien au débat public. Et je veux insister à Pauline de Maler sur le fait que vous avez une responsabilité là-dessus. Je l'entends parfaitement et j'en suis parfaitement consciente et je crois que la plupart des journalistes le sont. Ça ne veut pas dire qu'on ne fait pas
d'erreur mais je crois qu'on en est conscient et plus que jamais aujourd'hui dans cette société qui comme vous le dites est non seulement fracturée mais au bord des larmes en permanence. Il y a, vous avez dit le mot, il y a du chagrin, il y a de la souffrance, il y a de l'angoisse, il y a aussi de la violence, il y a aussi un climat où l'on sent qu'à tout moment ça peut exploser. Comment on fait pour que le climat y compris politique ? Vous disiez, j'appelle à une forme de concorde. Vous avez peut-être vu hier des images où il y a des manifestations où certains membres d'une gauche qui ne seraient pas LFI ont été insultés. Euh quand le maire de Paris arrive, le Parti socialiste arrive et il est insulté et que les militants qui sont sur place crient "Tout le monde tout le monde déteste le
PS." Est-ce que l'exemple ne doit pas venir aussi de la gauche ? Vous disiez, il y a le problème de la droite, il y a le problème de la gauche. Mais l'exemple, il doit venir nous chacun et chacune d'entre nous. Est-ce qu'on est capable dans le débat politique au sein de la gauche, au sein du camp républicain de distinguer un adversaire, un concurrent d'un ennemi de la République ? C'est ça l'enjeu. [grognement] On a expliqué qu'il y avait plus d'ennemis de la République. Moi, je veux qu'on m'explique pourquoi depuis Pétin tout d'un coup l'extrême droite qui a toujours voulu abattre la République aurait disparu du champ électoral et du champ politique. Ce n'est pas le cas. l'extrême droite et le reste, ce n'est pas la même chose. Vous savez, le maire de la verrière et moi,
on ne partage quasiment aucune option politique. On est de bord opposé de l'échiquier et pourtant je sais que c'est un adversaire, un concurrent aux élections. Ce n'est pas un ennemi de la République. Quand bien même j'aurais encore une fois y compris sur des sujets très importants pour moi et des accords majeurs avec lui. Mais je sais considérer que face à l'extrême droite, je ne reverrai jamais d'au à dos l'extrême droite et quiconque dans ce pays. Jamais, ni au premier ni au second tour d'une élection. Il s'agirait que on en soit tous et toutes capable. Est-ce que euh vous estimez que l'État a eu une responsabilité à ne pas avoir suivi euh anticiper euh ficher le tueur ? Je crois que c'est l'une des mesures et j'espère qu'il y a une prise de conscience au plus haut sommet de l'État
qui permettrait aussi de rassurer une partie de nos compatriotes. On a mesuré au début des années 2010 combien la France avait du retard dans la lutte contre le les islamistes et en général quand on a subi cette vague d'attentat successive, on a ressenti que nous étions relativement désarmés pour identifier le mal, pour identifier les personnes qui étaient en brigadé, qui étaient connecté en réseau et qui pouvaient passer à l'acte. La France est armée, elle s'est outillé de services spécialisés largement équipés qui dorénant réussissent à circonvenir la plupart des projets d'attentat. Et bien, il faudra la même chose face à l'ultradroite. Je crois que les services de l'antiterrorisme en ont pleinement conscience, mais il faudra que la classe politique leur donne les moyens d'agir.
L'avocat de la famille de Pengo, Bossio Wangi laisse entendre que le fait même d'avoir levé, suspendu euh simplement une journée la garde à vue euh de Kevin T aurait peut-être été une manière de minimiser euh cet attentat terroriste raciste. Il dit cette décision intervenant à la suite d'un examen psychiatrique demandé par le parquet national antiterroriste ne manque pas de nous étonner car en pratique ces levées de garde à vue pour motif psychiatrique sont très rares. C'est faux, il y en a beaucoup des levés pour motif psychiatrique. Mais est-ce que insinuer que l'État au fond serait en train de tenter de minimiser ? Est-ce que c'est aussi votre propos ou pas du tout ? Alors l'avocat de monsieur Pengo de sa famille
de sa famille en général puisque il n'est effectivement décédé. L'avocat est dans son rôle. Il ce qu'il dit est le sentiment partagé par beaucoup de Français et beaucoup de trapistes qui considèrent que qui ont annoncé avant même la levée de la garde à vue que le la théorie de la maladie psychiatrique serait celle qui serait mise en avant. Et l'avocat et l'avocat de l'auteur présumé est dans son rôle qui lui suggère probablement d'indiquer qu'il est malade psychiatriquement et que finalement il n'avait pas de mobile raciste quand bien même cela contredirait ses premières déclarations au moment de son arrestation. Chacun est dans son rôle. C'est pas mon sujet à moi. Mon sujet c'est de par ailleurs, j'observe que la garde à vue a repris. Est-ce que tout à fait c'est pour ça que
j'allais j'allais j'allais y venir. C'estàd que il y a les faits et je pense d'ailleurs que on sera d'accord vous et moi, pour dire que l'une des des réponses à tout cela, c'est justement euh de s'attacher au fait. Lorsque maître Bozerou dit qu'il est rarissime d'avoir des levées psychiatriques pour métier psychiatriques, c'est techniquement faux. Il le sait parfaitement. Est-ce que ce n'est pas une manière de Mais j'insiste ce débat vraiment ce débat ne m'intéresse pas mais j'aimerais que vous fassiez preuve de la même capacité à décortiquer précisément les fake news quel que soi ces fake news ou ses auteurs dans le champ médiatique je promets que je fais tout mon possible. Euh ce qui m'importe aussi, c'est malgré tout qu'on puisse continuer à avoir confiance dans la justice. Je pense
et je pense que en répandant l'idée qu'on aurait fait une exception pour lui, on est en train de remettre en cause l'idée. C'est comme lorsqu'on dit que les juges seraient un féodés à d'autres que est-ce qu'il est-ce qu'il ne faut pas dans le moment justement que l'on traverse être d'autant plus rigoureux sur la justice. Elle a sûrement des erreurs mais quand elle n'en a pas, ne pas en créer. Alors, je vous le répète, l'avocat de la victime, il est dans son rôle, il est dans la stratégie qu'il développe pour défendre les intérêts de ses clients. Mon sujet n'est pas de de juger de cette stratégie, ni de celle de l'auteur présumé qui euh qui a été arrêté. Avez-vous, de votre côté confiance en la justice ? Je suis euh comment vous dire ? C'est justement ce que j'essaie de tenir
en permanence en étant premier magistrat de la ville de Trapp, de continuer moi-même et à travers moi tous ceux que je représente à faire confiance dans la justice, dans la police, dans nos institutions, dans leur capacité de nos médias également à ériger ce fameux cordon sanitaire. Faire en sorte qu'on ne désespère pas de la démocratie tout simplement. Et c'est bien l'enjeu parce que ce qui m'inquiète, c'est d'entendre des discours qui montent qui consistent à dire que dorén avant, il faut constituer des groupes d'autodéfense. Que quand on est musulman, on n'est plus protégé. Que quand on est une femme musulmane, on ne peut plus sortir seul, qu'il faut être accompagné, qu'il faut être en groupe, qu'il faut que l'on crée des groupes qui nous permettent de nous
informer les uns les autres en temps réel quand il y a des agressions dans les rues. Parce que vous leur dites non, vous leur dites ne basculons pas là-dedans. Mais je ne passe mon temps à cela parce que [grognement] ce monde là, je n'en veux pas. Je n'en veux pas non seulement pour moi-même, mais je n'en veux pas pour mes filles qui vont ne peuvent pas grandir dans un pays où on est terrorisé à l'idée de sortir de chez soi. Alibé, est-ce que vous vous avez peur depuis 4 jours ou même avant ? Évidemment et je me surprends dans mes fonctions politiques, dans les rassemblements à regarder la foule comme je ne l'ai jamais observé. En vous disant peut-être parmi eux, [grognement] aucun élu, entendez-moi, aucun élu racisé comme on dit ne peut se prévaloir de d'être en sécurité. On a tous reçu
des menaces de mort. Mon domicile et moi-même avant été mis sous prétection policière pendant 15 jours il y a 5 ans parce que j'étais menacé de mort et la cible d'un projet d'attentat déjà. Donc ça c'est la réalité avec laquelle vivent beaucoup de vos compatriotes en particulier quand ils décident de se mettre en première ligne qu'on leur reproche d'exister. Et donc cette peur là, elle existe. Elle est latente et on essaie de la domestiquer pour ne pas désespérer. Ne pas désespérer. Ne pas désespérer. Merci infiniment d'avoir répondu à mes questions ce matin. Alabé, vous êtes le maire de Trappe évidemment. Yeah.
Ali Rabeh