Attaque à la préfecture de Paris : "Il est hors de question de ne pas faire cette commission d'enquête", assure Christian Jacob
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Questions et réponses
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- 0:19OuverteRéponse directe
Est-ce que l'affaire est encore plus grave que ce qu'on pensait jusqu'à présent ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Est-ce que sur ce point, vous êtes d'accord avec lui ?
- 3:40RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous approuvez cette proposition ? Comment on fait concrètement ?
- 4:47RelanceRéponse directe
Cette commission d'enquête, elle ne peut pas porter sur les faits eux-mêmes ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Avec l'accord formel du gouvernement sur la création de cette commission d'enquête parlementaire, ou malgré la position du gouvernement ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous souhaitez que les députés d'opposition lui demandent aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« l'affaire est d'une extrême gravité »
- 0:31Invité politiqueFait
« chaque groupe politique a le droit, une fois par an, à ce droit de tirage pour créer une commission d'enquête »
- 3:44Invité politiqueChiffre
« il existe un fichier des personnalités radicalisées. Sur ce fichier, d'ailleurs, ça a été évoqué dans le rapport d'Éric Diard, on parle de 1 600 personnes »
- 10:03Invité politiqueFait
« on a, au contraire, assoupli les règles d'immigration, notamment en élargissant les possibilités de regroupement familial »
- 12:37Invité politiqueFait
« pour bénéficier d'un minimum vieillesse en France, il fallait avoir cotisé pendant moins de 10 ans de manière régulière et avoir été résident de manière régulière pendant 10 ans »
- 12:53Invité politiqueFait
« L'élargissement du regroupement familial, c'est le gouvernement de M. Macron qui l'a fait »
- 23:23Invité politiqueFait
« la dette, elle a augmenté par rapport à la situation de François Hollande »
- 23:27Invité politiqueFait
« le déficit public, il est le plus important d'Europe »
- 23:31Invité politiqueFait
« notre balance commerciale, elle s'est détériorée depuis deux ans »
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Christian Jacob. Bonjour. On apprend donc ce matin que l'auteur de la tuerie, la préfecture de police de Paris jeudi dernier, possédait sur des clés USB des vidéos de propagande de Daesh, ainsi que les coordonnées personnelles de plusieurs de ses collègues policiers. Est-ce que l'affaire est encore plus grave que ce qu'on pensait jusqu'à présent ?
Écoutez, l'affaire est d'une extrême gravité. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'utiliser ce qu'on appelle notre droit de tirage. C'est-à-dire que vous savez que chaque groupe politique a le droit, une fois par an, à ce droit de tirage pour créer une commission d'enquête. Et compte tenu de la gravité des faits, nous allons utiliser ce droit de tirage. Il faut comprendre comment un individu radicalisé a pu être présent aussi longtemps dans ce qui peut être et apparaît comme le sein des saints. C'est-à-dire nos services de renseignement de la préfecture de police de Paris. Comment sa hiérarchie n'a pas pu se rendre compte de sa radicalisation ?
Comment il a pu avoir accès, faire des copies, ramener chez lui des fichiers avec ses adresses ? De quelle manière ils ont été utilisés ? Est-ce qu'ils ont été transmis ? À qui ? Comment ? Dans quelles circonstances ? Comment le ministre aussi a pu être ainsi dépassé à ce niveau ? Il y a des incompréhensions après la série d'attentats que la France a suivis. On ne comprend pas ce qui s'est passé. Ce qui s'est passé pour moi de la plus grande gravité, il faut être capable d'en tirer les enseignements très vite. Et de prendre des mesures de sécurité. Mais bien sûr, dans les services de police et de renseignement, c'est une évidence. Parce que tout le monde est sous le choc aujourd'hui.
Les français sont sous le choc. Les policiers et les gendarmes sont bien évidemment sous le choc. Mais on peut imaginer ce qui peut se passer dans tous les services de transport également. Dans tous les services publics sensibles. Et surtout que nous avions à notre initiative... J'avais demandé il y a quelques mois à nos collègues parlementaires, à Éric Diard, qui a fait un travail remarquable de conduire une mission d'information sur la radicalisation et sur son évolution. Ce rapport a été rendu au gouvernement. Semble-t-il que peu d'enseignements en ont été tirés.
Un dysfonctionnement d'État, a dit hier le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, mais pas un scandale d'État. Est-ce que sur ce point, vous êtes d'accord avec lui ?
Écoutez, je ne sais pas quel est le bon mot. Moi, ce que je sais, c'est qu'on ne peut pas imaginer plus grave. Nos services, c'est la fiabilité, c'est l'efficacité de nos services de renseignement qui sont mis en cause. C'est ça, la réalité.
Sur la radicalisation de Michael Harpon, qui a donc échappé, y compris aux enquêteurs, il y a un certain nombre de propositions, de mesures qui sont désormais mises en avant. Et notamment, votre collègue Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, elle souhaite désormais que la radicalisation devienne un motif de licenciement dans les services publics, dès lors qu'elle serait repérée, évidemment, identifiée. Je propose de l'écouter.
Il faut édicter des incompatibilités professionnelles. Et que dans tous les services publics, les services publics de santé, les services publics éducatifs, les services publics, évidemment, de sécurité, la police, les établissements pénitentiaires, mais aussi dans les collectivités locales, il faut pouvoir engager des procédures de licenciement si les personnes ont des comportements contraires aux lois et aux valeurs de la République.
Est-ce que vous approuvez cette proposition ? Comment on fait concrètement ? Qu'est-ce que ça veut dire des comportements contraires aux lois et aux valeurs de la République ? Et est-ce qu'effectivement, ça justifierait un licenciement automatique, à vos yeux, Christian Jacob ?
Tout d'abord, il existe un fichier des personnalités radicalisées. Sur ce fichier, d'ailleurs, ça a été évoqué dans le rapport d'Éric Diard, on parle de 1 600 personnes. Un fichier dans lequel ne figurait pas, Michael Arpant. Oui, mais il y a ce fichier, et il y en a d'autres aussi. On a les fichiers S, on a un certain nombre de fichiers qui existent. Pour le cas, là, on est dans le service de renseignement. On ose imaginer qu'il y a des mesures de sécurité beaucoup plus importantes qu'ailleurs. Mais il n'empêche que, déjà, ce fichier qui existe sur les 1 600 individus radicalisés et qui exerce dans certains services sensibles, enfin, on a du mal à se demander comment ça continue.
Donc, vous dire que ces 1 600 radicalisés, s'ils sont employés aujourd'hui, il faut les licencier automatiquement ?
Bah, écoutez, je pense que le minimum, c'est de les écarter des postes à responsabilité. Enfin, tout ça me semble quand même du bon sens. Moi, c'est pour ça que j'ai souhaité qu'on utilise cette commission d'enquête, parce qu'il va y avoir l'enquête judiciaire.
Cette commission d'enquête, elle ne peut pas porter, la commission d'enquête parlementaire, ne peut pas porter sur les faits eux-mêmes, sur l'attaque terroriste elle-même.
Non, mais sur l'organisation des services. Je vous dis comment cet individu peut être dans des services aussi sensibles, comment sa hiérarchie ne se rend compte de rien, comment le ministre de l'Intérieur est à ce point dépassé en allant faire ses déclarations. Moi, c'est pour ça que je souhaite qu'en plus du rapport que nous avons fait, dont malheureusement peu d'enseignements, semble-t-il, ont été tirés, du rapport qui a été fait par Éric Diard, j'ai demandé à Éric Ciotti de conduire cette commission d'enquête, parce qu'il faut en tirer des enseignements rapidement. Et les propositions de Valérie Pécresse doivent faire partie des propositions sur lesquelles nous devrons travailler.
Avec l'accord formel du gouvernement sur la création de cette commission d'enquête parlementaire, ou malgré la position du gouvernement ?
Je ne sais pas quelle sera la position du gouvernement. Nous, nous avons un droit de tirage et nous allons l'exercer. Je veux dire, l'Assemblée nationale ne peut pas être écartée d'une affaire aussi grave. Elle est gravissime. Pour entendre qui, Christian Jacob ? On n'essaye pas d'étouffer ce sujet. Qui souhaitez-vous qu'elle entendre ? Moi, je veux toute la transparence. Qui souhaitez-vous qu'elle entendre ? Écoutez, ça, ce sera le travail de la commission lorsqu'elle va être mise en place. Je vais présenter tout à l'heure la proposition en conférence des présidents à 10 heures au président de l'Assemblée nationale, dans le cadre de la conférence des présidents.
Ensuite, il va interroger le garde des Sceaux et le garde des Sceaux va faire part de ses différentes remarques. Mais c'est un sujet sur lequel il est hors de question de ne pas faire cette commission d'enquête.
Christophe Castaner doit déjà être auditionné aujourd'hui par la commission des lois.
Ce matin par le Sénat et à 17h30 par la commission des lois de l'Assemblée nationale.
Qu'est-ce que vous souhaitez que les députés d'opposition, les députés de votre parti, les Républicains, lui demandent aujourd'hui ?
Les points que je viens d'évoquer. Comment on en arrive là ? Quels sont les systèmes de contrôle pour quelqu'un qui est habilité secret défense, qui se radicalise, dont on apprend des témoignages aujourd'hui qui datent de 2015, les remarques qu'il fait au moment de l'attentat de...
Il ne s'agit pas de lui demander de démissionner aujourd'hui.
Ça, c'est autre chose. Quelle est la position de votre parti sur cette question, Christian Jacob ? Ça relève clairement de la décision du président de la République. Est-ce que le président de la République considère que M. Castaner, compte tenu de tout ce qui vient de se passer, est encore habilité à pouvoir... Quelle est la position des Républicains sur cette question ? On a entendu vos concurrents dans la présidence des Républicains demander la tête du ministre. C'est votre cas ou pas ? Ça n'a rien à voir à des concurrents ou quoi que ce soit. Est-ce que c'est votre cas ? Ça vous dérange que je vous réponde ? Je vous en prie. Bon, donc vous me laissez vous répondre. Évidemment.
Trois secondes, merci. C'est une décision qui relève du président de la République. Ça n'est pas moi qui nomme les ministres, ça n'est pas moi qui les démets. Simplement, le président de la République doit s'interroger effectivement sur les qualités et les compétences de M. Castaner à diriger la place Beauvau. C'est à lui de répondre à cette question. Moi, je n'ai pas capacité à démissionner un ministre. Vous savez, plus on demande la démission, moins on l'obtient. Enfin, ça n'est pas à nous de décider. C'est le président de la République qui, en responsabilité, doit savoir si M. Castaner a les qualités et les compétences pour continuer à diriger la place Beauvau, oui ou non.
C'est sa décision. Christian Jacob, vous restez avec nous, si vous voulez bien. Chef de file des députés républicains à l'Assemblée nationale. On va évoquer avec vous dans un instant le débat sur l'immigration qui s'est tenu hier soir dans l'hémicycle, devant d'ailleurs un hémicycle assez dégarni. Vous nous direz ce que les députés avaient de mieux à faire hier soir que d'assister à ce débat. Alli, 8h41, Mélanie Delaunay vient de nous rejoindre pour le rappel de l'actualité.
Il réclame 40 000 postes en urgence. Les infirmiers, les aides-soignants des EHPAD manifestent aujourd'hui. Manque de personnel, fatigue, salaire insuffisant. Un rassemblement est prévu à 11h devant le ministère de la Santé. Damien, Brice, Anthony, Aurélia, les quatre victimes du tueur de la préfecture de police de Paris vont recevoir la Légion d'honneur à titre posthume ce matin. Emmanuel Macron prononcera ensuite un discours d'hommage.
Les enquêteurs ont découvert des éléments qui semblent confirmer une radicalisation du tueur, des vidéos de propagande de l'organisation État islamique sur des clés USB, mais aussi des fichiers contenant les informations personnelles d'une dizaine de ses collègues. Les coupures pour impayés en forte hausse depuis le début de l'année, plus 18% pour l'électricité, plus 10% pour le gaz après des hausses en juin et en août. Une nouvelle augmentation des tarifs réglementés de l'électricité se profile en février prochain.
L'OL à la recherche d'un nouvel entraîneur, le Brésilien Juninho écarté, après une défaite contre Saint-Etienne, celle de trop pour les footballeurs lyonnais, qui viennent d'enchaîner sept matchs sans victoire en Ligue 1. France Info, et tout est plus clair.
Christian Jacob, plus de la moitié des députés étaient absents hier soir lors de ce débat sur l'immigration.
Pourquoi ? Un débat qui ne présente strictement aucun intérêt. C'est-à-dire qu'on est vraiment dans un coup de com', un coup de com' raté, d'ailleurs. Le Président de la République se saisit du dossier, il va prendre des décisions très importantes, donc on va avoir un débat sans vote à l'Assemblée. La belle affaire. Sur ce sujet, nous avons fait une série de propositions, depuis très longtemps d'ailleurs. Nous l'avons fait proposition de loi, après proposition de loi. Aucune n'a jamais été reprise. On a, au contraire, assoupli les règles d'immigration, notamment en élargissant les possibilités de regroupement familial. La loi Asile-Immigration a été sans effet.
D'ailleurs, le Premier ministre l'a quasiment reconnu hier dans son intervention. Une intervention qui ne sert à rien que d'occuper de l'espace médiatique. Et pendant ce temps-là, effectivement, pour ce qui nous concerne, un député sénateur républicain, nous étions en train de travailler sur le budget, tous ensemble à l'Assemblée.
On voulait dire que ce n'était pas un sujet essentiel dans la manière dont il a été proposé à la représentation nationale.
Un débat sans vote. C'est-à-dire, vous avez une heure de parlotte faite par le Premier ministre, pour dire quoi ? Quelles ont été les propositions concrètes que le Premier ministre a faites hier ?
Justement, il y en a une, Christian Jacob, au cours de cette heure de parlotte du Premier ministre, comme vous dites, il a évoqué l'hypothèse d'instaurer des quotas de migrants. Je propose d'écouter un extrait de l'intervention de Jean-Philippe.
Je n'ai pas peur de réfléchir à l'idée de quotas. Et s'il fallait, je dis bien s'il fallait piloter par objectif quantitatif notre immigration en matière professionnelle, il faudrait encore s'interroger sur l'intérêt de quotas par nationalité ou par secteur professionnel. De tout cela, nous devons discuter.
Des quotas de migrants par nationalité ou par profession, c'est d'ailleurs une mesure que la droite quantité de pouvoir n'a jamais mise en oeuvre.
C'est une proposition que nous avons faite. Vous avez noté la formulation. Il ne s'interdit pas de réfléchir à l'idée de quotas et encore faudra-t-il s'interroger sur... Par nationalité ou par profession ?
Est-ce que vous seriez favorable à cette mesure, question Jacob ?
Mais c'est une proposition que nous avons faite depuis longtemps et que nous répétons. C'est-à-dire, je crois qu'aujourd'hui, il faut l'assumer, la nécessité de mettre en place des quotas par secteur d'activité, effectivement, et de le faire à l'occasion d'un débat public avec un vote. Parce que ça, ça ne sert à rien. Soit on l'assume clairement et il y a un vote public et chaque député, en son âme et conscience, en fonction des informations qui vont nous remonter sur les différents secteurs d'activité, où il pourrait y avoir des demandes, qu'il y ait un vote. Mais il ne s'interdit pas de réfléchir à l'idée de... Concrètement, on a vraiment... Il ouvre le débat.
Mais nous, c'est une des propositions que l'on fait. Depuis que vous êtes dans la position ? Écoutez, il y a 7 ans, excusez-moi, mais les mesures en matière d'immigration, nous en avons pris un certain nombre qui ont été supprimées quand la gauche est arrivée et que M. Macron s'est bien gardé de remettre en place, notamment sur la pompe aspirante, sur nos systèmes sociaux. Nous avions porté, entre autres, une proposition qui a été votée, d'ailleurs, sur le fait que pour bénéficier d'un minimum vieillesse en France, il fallait avoir cotisé pendant moins de 10 ans de manière régulière et avoir été résident de manière régulière pendant 10 ans.
Ça a été supprimé par la gauche, ça n'a jamais été remis en place. L'élargissement du regroupement familial, c'est le gouvernement de M. Macron qui l'a fait. L'inefficacité des lois asile et migration, rien n'a été corrigé. Là, on est vraiment dans un coup de com' qui ne sert strictement à rien. On a occupé de l'espace médiatique, très bien.
Mais si cette mesure est dans une future loi,
les quotas, on a compris que vous la voterez,
celle-là spécifiquement, puisque c'est une reprise...
Nous demanderons d'autres mesures. Nous avons fait des propositions. Vous savez, prenez le temps de regarder les propositions qui ont été mises sur la table. Nous les avons présentées à plusieurs reprises dans le cadre de propositions de loi qui ont été systématiquement écartées. Ça fait partie des mesures. Mais il y en a d'autres. Il y a celle d'étudier les dossiers de demande d'asile dans les pays de départ. Il y a l'aide liée, c'est-à-dire qu'à partir du moment où on aide des pays en développement, la contrepartie, c'est qu'ils acceptent de reprendre leurs ressortissants, de resserrer les liens du regroupement familial. Toutes ces mesures sont sur la table aujourd'hui.
Aucune n'a trouvé grâce aux yeux de M. Macron et de son gouvernement. Donc rien n'a été fait depuis deux ans et demi si ce n'est empirer la situation.
Christian Jacob, vous n'étiez pas, le week-end dernier, dans la rue, dans les cortèges des opposants à la PMA pour toutes les femmes. Est-ce que ça veut dire que vous y êtes, vous, favorable ?
Non, je me suis... Là aussi, je m'étomais... De ce peu d'informations, permettez-moi de vous le dire, vous savez pertinemment, j'ai pris une... J'ai une position qui est connue, qui est publique. Je m'opposerai, je voterai contre cette loi pour un certain nombre de raisons. Il y a à la fois le sujet de la PMA où je considère qu'il y a un risque de transfert vers la GPA. Ensuite, il y a le sujet de la filiation qui est posée, c'est-à-dire la négation du père qui va nous poser un certain nombre de difficultés. Il y a le fait que les prélèvements et les stockages de gamètes peuvent se faire dans des centres privés à but lucratif. Et donc, on va vers la marchandisation des corps.
Donc, au-delà du sujet de la PMA, il y a bien d'autres raisons qui justifient mon vote qui sera...
Mais votre place n'était pas dans la rue aux côtés, pardon, de les cités, de deux de vos concurrents pour la course à la présidence, qui, eux, étaient et ont parfois manifesté aux côtés de figures de l'extrême droite. Pour vous, c'était inimaginable ?
Je considère que ça n'est pas la place des parlementaires d'être dans la rue. Je l'ai fait. Ce n'est plus la place des parlementaires de droite, alors ? Non, non, non. Ça n'est pas la place. Ça n'est pas la place... Ça l'a été au moment de la vie pour tous. Vous avez déjà manifesté. Là aussi, ça ne vous dérange pas que je réponde à vos questions ? Je vous en prie. J'essaye parfois aussi d'en poser. Merci. Mais oui, non, mais enfin, ce n'est pas un coup en systématiquement... Ce n'est plus la place des républicains. Non, ce n'est pas la place. C'est ma conception des choses. du mariage pour tous.
Tout simplement parce qu'on était dans une hystérisation totale du débat avec Mme Taubira, qui était dans l'invective, dans la provocation en permanence. Et ça n'était pas possible d'avoir un débat serein à l'Assemblée. Et c'est la raison pour laquelle nous étions un certain nombre de parlementaires à aller effectivement dans la rue. Mais la place des parlementaires... Vous savez, moi, j'ai été syndicaliste pendant pratiquement une vingtaine d'années. Il n'y a rien qui m'a plus agacé que de voir des politiques venir se glisser au premier rang avec leur écharpe pour récupérer les manifestations. La place des parlementaires, elle est dans l'hémicycle, sur le travail du texte.
En revanche, quand on est dans des situations de blocage, comme on l'était avec Mme Taubira, c'était normal.
Pour être bien précis, Christian Jacob, si vous revenez au pouvoir le jour où la droite revient au pouvoir, elle supprime l'extension de la PMA à toutes les femmes si cette mesure et si la loi est bien adoptée dans les jours et les semaines qui viennent.
Il faut reprendre le texte sur la bioéthique. Ces textes doivent être révisés tous les cinq ans, pardon. C'est ce qui est prévu. Or, là, au-delà de la PMA, il y a d'autres sujets. Ma question porte sur la PMA. Il faut le prendre dans sa... Vous supprimerez cette mesure si vous revenez au pouvoir. Il faut prendre ce texte dans sa globalité. Non, mais je veux dire, on ne réagit pas, c'est vous êtes pour, vous êtes contre. Les sujets sont un peu plus complexes. Vous savez de quoi on parle ? On parle de femmes qui souffrent aujourd'hui, qui ont la douleur de ne pas pouvoir avoir d'enfants.
Et cette douleur, que ce soit pour des raisons de pratiques sexuelles, que ce soit pour des raisons de santé, que ce soit pour des raisons d'accident de la vie, il faut d'abord respecter cette douleur. Ensuite, on a effectivement à trancher. Est-ce qu'on généralise la PMA ou non ? Dans les conditions actuelles, je le dis, je considère qu'il y a un risque trop important et c'est la raison pour laquelle je m'opposerai à ce texte, parce qu'il y a le risque de marchandisation du corps humain, parce que, de fait, on ira vers la GPA et on ne pourra pas le bloquer. Donc, voilà le point de la situation sur la bioéthique où nous en sommes aujourd'hui.
Je pense que ces lois ont vocation à être révisées, donc elles seront révisées le moment venu et c'est un travail de fond, ce n'est pas vous êtes pour, vous êtes contre. On est sur des sujets qui méritent un peu plus d'attention, un peu plus de travail de fond. Ce n'est pas une loi
à sens unique, Christian Jacob, on peut défaire dans quelques années, encore une fois, si la droite revient aux affaires, ce que l'Assemblée
et le Parlement ont fait aujourd'hui. On peut toujours faire évoluer une loi comme celle-là, mais ce sont des lois, vous voyez bien, qui méritent, je veux dire, un peu plus d'attention que de réagir par oui ou par non-jeu. C'est pour ça qu'il y aura
la liberté de vote au sein du groupe Les Républicains.
Je l'ai dit dès le départ, moi, ma position a toujours été connue, donc je serai contre pour les raisons que, je voterai contre pour les raisons que j'ai évoquées, mais je suis très attaché à la liberté de vote sur des sujets comme ceux-là. Ce sont des sujets de ses convictions personnelles, de ses relations personnelles avec les uns et les autres, peuvent avoir des positions différentes et toutes les positions sont respectables.
8h51, on va parler de la bataille pour la présidence des Républicains. Dans un instant, Christian Jacob, d'abord l'actualité avec Mélanie Delonnet.
Les questionnements, les critiques de côté, l'or est au recueillement, cinq jours après l'attaque à la préfecture de police de Paris, hommage aux quatre fonctionnaires tués. Le discours sera prononcé par Emmanuel Macron et avant cela, le ministre de l'Intérieur leur remettra la Légion d'honneur à titre posthume. Christophe Castaner qui devra ensuite s'expliquer sur les dysfonctionnements. Audition à huit clos devant la délégation parlementaire au renseignement, puis devant la commission des lois de l'Assemblée nationale. Un panache de fumée noire ce matin dans le ciel de Villeurbanne, près de Lyon. Un incendie est en cours dans un bâtiment de 2000 mètres carrés.
Il s'agit d'un entrepôt de batteries. Opération Escargot et barrage filtrant. France, veux-tu encore de tes paysans ? C'est le mot d'ordre des agriculteurs qui s'applètent à bloquer les routes ce midi à l'appel de la FNSEA et des jeunes agriculteurs. protestations notamment contre les restrictions d'usage des pesticides et contre les accords de libre-échange. Et puis la médecine hier, la physique aujourd'hui, le deuxième prix Nobel de la saison est remis ce midi. France Info et tout est plus clair.
Christian Jacob, les militants des Républicains votent le week-end prochain pour élire leur chef. Vous faites partie des trois candidats. Pourquoi ne pas avoir accepté de débattre
avec les deux autres ? C'est une règle que je me suis fixée depuis très longtemps de ne jamais débattre avec les amis de ma famille politique. Le débat aujourd'hui, ce n'est pas entre trois personnes. Nous nous voyons deux à trois fois par semaine toutes les semaines. C'est de débattre avec les militants. C'est ce que je fais chaque jour et je pense que c'est comme ça que l'on nourrit le débat. On n'est pas là pour faire du spectacle. On est là pour avoir une discussion au fond avec les militants et donc j'y suis, vous voyez, chaque soir depuis un mois et demi.
Le parti des Républicains n'est pas en grande forme. Il a subi une défaite aux élections européennes. Nous recevions il y a quelques jours l'un de vos collègues Éric Wörth, député des Républicains qui est aussi président des commissions des finances. Il dresse un diagnostic un peu inquiétant de l'état de la droite. On n'y arrive pas parce qu'on n'est pas assez bon. On a plein de talents individuels et collectivement, il faut bien admettre qu'on a des marges de progression assez importantes. Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas assez bon comme le dit dans un euphémisme Éric Wörth ?
Vous savez, il y a une règle en politique. On peut être élu par hasard, on n'est pas battu par hasard. Et je rejoins ce que dit Éric. Il faut remonter d'ailleurs au-delà des européennes. Si on remonte, il faut remonter à 7 ans en arrière. Depuis 7 ans, on a perdu 2 présidentielles de suite. On n'a pas été présent au deuxième tour d'une présidentielle, ce qui ne nous était jamais arrivé. On a perdu 2 législatives et cet échec aux européennes. Mais pendant ce même temps, on a tout gagné sur les territoires. On a gagné les municipales, on a gagné les départementales, on a gagné les régionales. Donc pourquoi on gagne sur les territoires, pourquoi on perd aux nationales ?
Pourquoi cette succession de défaites nationales ? Vous n'avez pas d'idées, pas de stratégies, pas de chefs ou rien de tout ça ?
Écoutez, on gagne sur les territoires. Donc intéressons-nous à pourquoi on gagne partout sur les territoriales et on perd aux nationales. La première raison, c'est celle de nos divisions. C'est la première explication. Parce que quand on a gagné les villes, les départements et les régions, c'est qu'on a été capable de faire l'union pour pouvoir gagner et s'intéresser au-delà nos divisions au concours au querelle d'égo des uns et des autres. On a su se rassembler sur des projets fédérateurs. Et c'est ce qui nous a manqué sans doute au niveau national. Et c'est pour ça que nous devons aujourd'hui remettre la machine sur les rails avec des fondamentaux qui sont solides.
C'est-à-dire que quand les fondamentaux, il y en a au moins 4, nous sommes majoritaires au Sénat, ça n'est pas anecdotique. Être majoritaire au Sénat, ça nous a évité sans doute toutes les dérives institutionnelles qu'on aurait pu avoir. Nous avons le premier groupe d'opposition parlementaire à l'Assemblée nationale. Nous avons le premier maillage territorial de France avec nos élus territoriaux et nous avons, même si nous avons beaucoup diminué, encore le premier réseau
militant de France. Mais ça, ce n'est pas des idées. Le problème de la droite, c'est que vos idées, en fait, c'est Emmanuel Macron qui vous les a piqués. La droite libérale, le centre droit, une bonne partie de vos électeurs sont passés aujourd'hui chez Emmanuel Macron. On l'a vu notamment lors des élections européennes.
Oui, avec beaucoup de déception, je pense, aujourd'hui. Excusez-moi, peut-être que vous n'êtes pas de droite, c'est pour ça que vous n'avez pas le sentiment pour avoir jugé. J'ai juste regardé les chiffres.
François-Xavier Bellamy un peu plus de 8% des voix, Nathalie Loiseau un peu plus de 21% des voix. A priori, il semblerait, il y a des indices selon lesquels une frange électorale de la droite libérale et du centre droit soit passée chez Emmanuel Macron.
C'est ce que je viens de vous dire. On a eu un échec cuisant, je vous ai rappelé d'ailleurs qu'il fallait aller au-delà de l'échec des européennes. Aujourd'hui, de François Hollande, la dépense publique, elle augmente plus vite que sous François Hollande. La dette, elle a augmenté par rapport à la situation de François Hollande. Le déficit public, il est le plus important d'Europe. Il est de gauche à vos yeux, Emmanuel Macron ? Notre balance commerciale, elle s'est détériorée depuis deux ans. Ce sont ça les résultats économiques. Donc, vous savez, les masques vont tomber. Simplement, quand les masques vont tomber, il faut que nous, nous soyons prêts.
Il conduit une politique de gauche, Emmanuel Macron,
aujourd'hui à vos yeux ? Il conduit une politique inefficace. C'est ça la réalité des choses. C'est que les résultats économiques, quand on se compare avec nos voisins, ne sont pas au rendez-vous. Et la situation s'est empirée depuis deux ans et demi sur les quatre éléments que je viens de vous donner.
Les quatre indicateurs. Quand on interroge aujourd'hui les électeurs de droite sur la personnalité qui pour eux incarne le mieux aujourd'hui leurs valeurs, c'est un retraité de la vie politique qui apparaît en premier, c'est Nicolas Sarkozy. Est-ce que ce n'est pas terrible pour vous ? Non. Il n'y a pas un autre visage qui est incarné depuis Nicolas Sarkozy qui a quitté l'Elysée
au moment de l'échéance. Nous ne sommes pas... Vous savez, moi je suis un paysan donc je respecte le rythme des saisons. Il faut laisser pousser les candidatures. Et je sais que avant de faire la moisson, il faut d'abord semer. Donc aujourd'hui, on n'est pas au moment de la récolte. Nicolas Sarkozy a une place privilégiée dans l'espace politique français à droite mais au-delà de ça. Il a été élu président de la République et ça lui donne donc une autorité naturelle indiscutable. Viendra le moment de l'échéance et à ce moment-là, vous savez, je pense qu'on n'aura pas de difficulté à trouver quelqu'un pour conduire et porter le message des directeurs de droite.
Il y a des bonnes graines aujourd'hui à droite ? Oui, oui. Vous envoyez plusieurs ? Il y a plusieurs mais je ne vais pas vous les citer aujourd'hui parce qu'on ne va pas rentrer dans ce débat des personnes. Ce serait la pire des choses. Attachons-nous au fond à répondre aux attentes de nos concitoyens. C'est là qu'est l'essentiel.
Merci beaucoup Christian Jacob. Merci d'être venu ce matin au micro de France Info Radio et Télé Réunis dans deux minutes. Il sera d'oeuvres. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr disponible aussi sur l'application Radio France.
Christian Jacob