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interviewLCI· 9 juillet 2021 16 min

"Je défends une écologie libre et indépendante" Delphine Batho

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

Bonjour Delphine Bateau. Vous êtes députée des Deux-Sèvres, écologiste, on le dit comme ça ? Oui. Oui, voilà, c'est ce qui vous va. Et vous êtes... Merci d'avoir accepté l'invitation d'Elsi. Et ce qui a motivé notre invitation, c'est que vous participez à la compétition interne aux écologistes avec Europe Écologie Les Verts et d'autres formations. Vous-même, vous présidez Génération Écologie. Vous participez à la primaire des écologistes qui va déterminer quel sera son candidat à la prochaine élection présidentielle dans 10 mois maintenant. Et le scrutin des écologistes aura lieu entre la mi-septembre et la fin septembre.

Trois ou quatre candidats, dont vous seriez la cinquième, participent à cette compétition. Il y a notamment Yannick Jadot qui a représenté les écologistes aux élections européennes de 2019, Éric Piolle qui est maire de Grenoble, Sandrine Rousseau qui est secrétaire nationale adjointe d'Europe Écologie Les Verts et puis peut-être un cinquième candidat, on ne sait pas trop, Jean-Marc Governatori. Il y a plusieurs choses que je n'ai pas bien comprises. Alors d'abord, si on fait un peu de pédagogie, cette primaire des écologistes avait réuni 25 000 votants en 2011 et 15 000 en 2016. Qu'est-ce que vous espérez comme participation ? Est-ce que vous avez une idée ?

Parce que ces chiffres-là sont assez faibles tout de même.

1:18
Delphine Batho

Ce n'est pas une primaire qui est réservée aux militantes et aux militants. Toutes les citoyennes, tous les citoyens qui sont tous concernés par l'avenir du climat, par l'avenir de la biodiversité, par nos modes de vie, par l'avenir de nos conditions de vie, puisqu'en fait on voit que l'accélération du changement climatique fait que c'est maintenant une question de sécurité. C'est l'approche que je défends dans cette primaire, qui est une approche nouvelle avec ce que j'appelle l'autre écologie. Tout le monde pourra voter. Ce sera un vote sécurisé par Internet.

Dans le contexte de la pandémie, ça nous a paru plus prudent comme modalité, que ce soit un vote numérique entièrement sécurisé, pour lequel les inscriptions seront ouvertes à partir de lundi.

2:04
Présentateur

Et alors voilà, ceux qui veulent voter sur Internet, ils trouvent le site...

2:07
Delphine Batho

Ils s'inscrivent, il faut payer 2 euros pour autofinancer le système numérique et informatique. Et c'est un vote sécurisé par Internet qui aura lieu effectivement à partir de la mi-septembre.

2:21
Présentateur

Et alors toujours pour faire un peu de pédagogie, puis après on va essayer d'aborder quelques questions de fond, j'ai compris, mais j'ai pas bien compris en fait, que le parti écologiste ou le groupe écologiste allait présenter un programme fin août, que tous les candidats vont défendre ce programme. Alors on se dit, mais pourquoi on va voter pour l'un et pour l'autre s'ils ont le même programme ?

2:40
Delphine Batho

Il y a un socle. Il y a un socle d'engagement qui nous sont communs, évidemment.

2:45
Présentateur

Avec quel point, par exemple ?

2:46
Delphine Batho

Le fait de vouloir lutter contre le changement climatique.

2:52
Présentateur

On veut tous lutter contre le changement climatique.

2:54
Delphine Batho

Ben non, en fait. Ben non. Non, aujourd'hui, on est, excusez-moi, Jean-Michel Apathie, on est dans une situation dans laquelle il y a un déni du danger. Regardez ce qui s'est passé au Canada avec des personnes qui meurent de chaleur, avec le fait qu'on ouvre ce qu'on appelle des salles de refroidissement et des villages riais de la carte par des incendies extrêmement violents.

3:17
Présentateur

Donc tous les candidats de la primaire sont contre le réchauffement climatique ?

3:20
Delphine Batho

Non, mais pour répondre à votre question, il y aura un socle d'engagement sur ce qui est commun à l'ensemble des candidates et des candidats. Mais effectivement, la primaire, ce n'est pas une question de choix de casting, c'est une question de choix d'orientation sur le fond et de stratégie politique. Et l'autre écologie que je défends, veut d'abord préparer l'exercice des responsabilités, donc apporter aux écologistes la crédibilité nécessaire pour être perçue comme en capacité de diriger la France. Ça, c'est la première chose.

Et la deuxième, c'est que je défends une écologie qui est libre et indépendante, qui s'adresse à toutes et à tous et qui donc n'est pas à la remorque de la droite, de la gauche ou du centre. Et j'apporte la garantie qu'il y aura un bulletin de vote écologiste au premier tour de l'élection présidentielle, que nous devons nous adresser aux abstentionnistes et que c'est de cette façon que nous serons en situation d'accéder au second tour. Et donc ça, c'est un élément de stratégie politique qui fait débat, tout comme fait débat le fait que j'ose assumer la décroissance.

Donc il y aura dans cette primaire des débats de fond qui sont des débats politiques extrêmement importants et qui engagent la capacité des écologistes à gagner l'élection présidentielle.

4:36
Présentateur

Vous avez eu une phrase un peu codée, je vais essayer de la décoder. Vous apporteriez, si vous étiez désigné, la garantie qu'il y aura bien un écologiste au premier tour, parce que vous soupçonnez d'autres candidats, Yannick Jadot, de s'allier tout de suite avec les socialistes et de ne pas être candidat lui-même.

4:49
Delphine Batho

Alors, ce n'est pas des soupçons, moi je suis pour la clarté. Il n'y aura pas avec moi une espèce de troisième tour qui pourrait conduire à ce qu'il n'y ait pas de candidature écologiste à l'élection présidentielle. Et vous soupçonnez Yannick Jadot d'un dialogue avec les socialistes, c'est ça ? Mon propos, Jean-Michel Apatis, c'est de dire qu'on est dans un moment où on voit bien qu'il y a des points de non-retour qui sont en train d'être franchis du point de vue du climat, du point de vue de l'effondrement de la biodiversité, du point de vue de la pollution qui affecte aussi notre santé. Et dans ce moment-là, il ne doit pas y avoir de barrière à l'entrée de l'écologie.

On ne doit pas dire aux gens, il faut d'abord être de gauche et ensuite vous pouvez être pour l'écologie. Non, tout le monde peut être pour l'écologie parce qu'en fait les écologistes s'adressent à toutes et à tous en tant qu'êtres humains. Et donc notre stratégie politique doit être celle-là. Elle ne doit pas être prisonnière des anciens clivages partisans.

5:42
Présentateur

Qu'est-ce que ça veut dire en termes de chômage ? Quelles conséquences de chômage, d'être décroissante ? Qu'est-ce que vous assumez ?

5:49
Delphine Batho

C'est exactement l'inverse.

5:50
Présentateur

Ah ?

5:50
Delphine Batho

La décroissance...

5:52
Présentateur

Ça crée du travail, la décroissance.

5:53
Delphine Batho

C'est du travail, c'est plus d'activité.

5:57
Présentateur

C'est contre-intuitif, vous en avez conscience.

5:58
Delphine Batho

C'est contre-intuitif, mais vous voyez, quand on répare des objets au lieu d'en créer des nouveaux, on crée plus d'emplois. Quand on passe à l'agriculture biologique au lieu de l'agriculture industrielle intensive chimique avec les pesticides, on crée plus d'emplois. Et donc, je veux effectivement casser ce stéréotype, ce matraquage, cette manipulation qui consiste à faire croire que la décroissance ferait des perdants, qui seraient les plus pauvres dans la population. C'est exactement l'inverse. La décroissance crée de l'activité est surtout synonyme d'une meilleure qualité de vie.

Et d'ailleurs, il y a des formes de décroissance que les Français pratiquent tous les jours en achetant en circuit court, en achetant des objets d'occasion au lieu d'acheter des objets neufs, en allant sur le bon coin, en allant dans les brocantes. Non, les brocantes et les vides greniers, Jean-Michel Apathy, ce n'est pas une minorité des gens. Le bon coin...

6:53
Présentateur

Les brocantes, ce n'est pas en mode de vie, on fait ça par plaisir.

6:56
Delphine Batho

Le bon coin, c'est 28 millions de visiteurs par mois. Donc non, ce n'est pas une minorité.

7:01
Présentateur

Vous vous souvenez de cet homme politique, qu'est-ce que c'est le bon coin ? C'est juste une petite parenthèse. Pour ou contre le nucléaire, Delphine Bateau ?

7:10
Delphine Batho

Pour d'abord réduire la consommation d'énergie.

7:13
Présentateur

Ce n'est pas une réponse à ma question ?

7:14
Delphine Batho

Si, ça répond à la question parce que, en fait, il faut... Si vous voulez, la place centrale du débat sur le nucléaire empêche de s'occuper de l'essentiel. L'essentiel, c'est d'abord de réduire la consommation d'énergie et de sortir des énergies fossiles. Ensuite, il faut diminuer la part du nucléaire et aller vers la sortie pour des raisons, en fait, de risque et de sécurité et de sûreté.

7:34
Présentateur

L'EDF demande l'autorisation, il ne l'aura pas avant la présidentielle, mais de construire de nouvelles centrales.

7:40
Delphine Batho

Je suis clairement et totalement opposée et ça me paraît par ailleurs une folie du point de vue économique et du point de vue industriel au regard de l'échec de l'EPR.

7:51
Présentateur

On laisse vieillir le parc et puis un jour on arrête le nucléaire. C'est ça l'idée ? Oui, progressivement. Pour ou contre la vaccination ?

7:58
Delphine Batho

Pour. Pour la vaccination. Là aussi, spontanément, on dirait que les écologistes... Non, totalement pour la... D'accord. Non, moi, je défends une écologie qui se réfère à la science et au progrès scientifique. On voit bien qu'avec la pandémie, il y a cette même question sur le climat, sur la biodiversité, sur le fait de remettre les connaissances scientifiques au centre de la décision démocratique. Pas en demandant aux scientifiques de décider à la place des élus, mais de prendre en considération. Et le vaccin, je considère que c'est une chance et c'est notre principale chance d'en finir, je l'espère, avec cette pandémie.

8:33
Présentateur

L'adjointe d'Anne Hidalgo, David Béliard, qui est un écologiste, a dit à la fin du mois d'août, on roulera plus qu'à 30 km à l'air dans toutes les rues de Paris. Est-ce que c'est une mesure que vous approuvez ou est-ce que vous comprenez les automobilistes ? Parce que l'automobile, ça fait partie aussi de la vie de tous les jours. Vous parliez de la brocante, on y va souvent avec sa voiture à la brocante. Est-ce que vous comprenez les automobilistes qui disent un peu ras-le-bol de toutes ces politiques qui nous entravent et qui nous embêtent ? Qui vous défendez ?

9:01
Delphine Batho

Je soutiens cette décision, je la soutiens comme cycliste aussi, puisqu'en fait, il y a dans toutes les grandes villes actuellement en France un mouvement extrêmement positif de développement du vélo. Vous voyez, la vélorution, c'est la décroissance, c'est le fait de remplacer la voiture polluante à énergie fossile par le fait de pédaler, d'y trouver du plaisir. Par ailleurs, tout le monde voit qu'on est en meilleure forme physique, donc il faut accompagner cette transformation. Et par rapport aux 30 km heure, si vous permettez, David Béliard a dit quelque chose d'important, c'est que c'est une mesure qui est aussi destinée à lutter contre une pollution dont on ne parle jamais en France.

Le bruit ? Le bruit. Et le bruit est un problème de santé publique extrêmement important.

9:42
Présentateur

Vous avez conscience de la colère des automobilistes ? Je le comprends. Qui sont des Français, des citoyens qui paient des impôts, qui ne sont pas des méchants garçons ou des méchantes filles.

9:51
Delphine Batho

Pas du tout. Et le propos n'est pas de jeter l'opprobre, mais d'emmener tout le monde dans une transformation. Donc on doit avoir des transports publics aussi qui soient beaucoup plus performants et qui évitent aux personnes... Vous savez, il n'y a pas de satisfaction à passer du temps dans les embouteillages et dans la pollution, je pense, pour personne. Voilà, donc on doit organiser cette transformation.

10:15
Présentateur

Vous êtes pour la vélorution, la fine bateau. Qu'est-ce que vous dites aux salariés d'automobile ? Ceux qui fabriquent les voitures. En France, il y en a beaucoup, non ?

10:23
Delphine Batho

Bien sûr. Et on continuera d'avoir besoin de la voiture pour un certain nombre de déplacements. Je suis élue d'un territoire rural, donc pardon, mais dans le territoire rural dont je suis élue, un certain nombre de distances quotidiennes entre le travail et le domicile ne vont pas se faire demain matin en vélo. Donc il y aura encore besoin de voitures et on a besoin que ce soit des voitures... Non, on a besoin que... Je vais vous répondre. On a besoin que ce soit des voitures moins polluantes, on a besoin que ce soit des voitures qui arrêtent la fuite en avant à la voiture qui prend 10 kilos par an et qui est de plus en plus lourde et donc de plus en plus polluante.

Et il y avait cette semaine l'audition de Renault à l'Assemblée nationale qui a très bien exposé que leur logique aujourd'hui, sur le plan industriel, n'est plus une logique de croissance en volume. C'est une logique de valeur ajoutée sur chaque voiture, mais ce n'est plus une logique de croissance en volume de l'industrie automobile.

11:24
Présentateur

C'est virtuel parce qu'il faut en produire un certain nombre pour gagner de l'argent. Non, ce n'est pas virtuel. Et par ailleurs... Si vous ne gagnez pas de l'argent, vous fermez les usines.

11:29
Delphine Batho

Par ailleurs, il y a une anomalie française. C'est qu'aujourd'hui, nous n'avons pas d'industrie française du vélo. Et donc, en fait, demander aux personnes qui veulent acheter un vélo, elles ont des délais de commande qui sont juste sidérants. Donc, il y a... C'est vrai, j'entends ça. Mais c'est une réalité. C'est une réalité économique. Il y a la possibilité de développer une industrie française du vélo.

11:47
Présentateur

Anne Hidalgo, vous connaissez, bien sûr, maire de Paris. Elle a dit des écologistes, c'était le 21 novembre 2020, ils ont un problème de rapport à la République qu'ils doivent clarifier. Vous avez un problème de rapport à la République ?

12:00
Delphine Batho

Cette déclaration me paraît complètement politicienne, surtout au regard du contexte dans lequel elle est intervenue. Elle était basée sur quelque chose qui était faux, c'est de faire croire que les écologistes avaient voté contre un vœu concernant Samuel Paty. Donc, moi, ce n'est pas ça qui m'intéresse. Je défends une écologie... Est-ce que les écologistes ont un problème avec la République ? Je défends une écologie républicaine, régalienne et laïque. Le flottement qu'il peut y avoir, il existe en réalité dans l'ensemble de la société française.

12:28
Présentateur

Dans l'ensemble de la gauche ?

12:30
Delphine Batho

Dans l'ensemble de la société française. Regardez les réponses. Aujourd'hui, quand on interroge la jeunesse sur la laïcité, il y a une perte de repère. Et mon rôle, j'estime que mon rôle comme responsable politique, c'est d'expliquer clairement ce qu'est la laïcité et pourquoi on en a besoin. La laïcité, c'est la liberté de toutes les libertés. C'est la possibilité pour chacune et pour chacun de penser ce qu'il veut et de ne pas être assigné à une identité, de ne pas être assigné à des pressions pour ses idées et ses points de vue. Donc c'est une liberté fondamentale qu'il faut défendre contre ceux qui mènent la guerre à la laïcité et notamment l'islamisme.

13:09
Présentateur

Interdiction du voile pour les mamans qui font des accompagnements scolaires ?

13:12
Delphine Batho

Je crois, je défends les lois actuelles, avec clarté. Interdiction du voile ou pas ? Je défends l'interdiction du voile à l'école. Je défends l'interdiction de la burqa. Je ne pense pas qu'il y ait de nouvelles lois nécessaires, ce qui me paraît indispensable. En revanche, excusez-moi, ce qui me paraît indispensable, je vais être très précis.

13:31
Présentateur

Pas d'interdiction de voile pour les maires qui font des accompagnements de sorties scolaires ? Pas d'interdiction du voile ?

13:36
Delphine Batho

Je pense que le problème premier qui est posé, Jean-Michel Apathy... C'est ma question, le premier problème. Je vais vous répondre.

13:42
Présentateur

Oui, d'accord.

13:43
Delphine Batho

Moi, j'ai le droit d'avoir un point de vue aussi.

13:45
Présentateur

Oui, mais vous avez le droit de répondre à ma question.

13:46
Delphine Batho

Le problème qui est posé aujourd'hui, c'est qui va défendre les filles dans les quartiers qui ont la pression pour être obligées de mettre le voile ?

13:53
Présentateur

Ce n'est pas ma question.

13:54
Delphine Batho

Moi, c'est la mienne. Moi, c'est la mienne parce qu'en fait, je considère que le principal levier pour faire reculer l'islamisme, qui est une idéologie totalitaire, c'est la révolte des filles, c'est la révolte des femmes. Les lois, donc, me paraissent suffisantes. Et ce qu'il faut faire aujourd'hui, c'est soutenir les filles et les femmes qui refusent, en fait, cette obligation à devoir cacher leur corps.

14:21
Présentateur

Est-ce que la République doit interdire le port du voile aux maires qui font des accompagnements de sorties scolaires ?

14:25
Delphine Batho

Je vous ai répondu non. Les lois actuelles sont suffisantes.

14:29
Présentateur

Donc, on garde le voile. Retraite, c'est un débat, les retraites ? J'imagine que vous allez l'aborder. Comment financer les retraites ?

14:37
Delphine Batho

Ce sera un des débats de l'élection présidentielle.

14:42
Présentateur

Et donc, de la primaire des écologistes ? Ou ils n'y pensent pas ?

14:45
Delphine Batho

Peut-être. Non, certainement. Je ne peux pas vous dire à l'avance le débat.

14:50
Présentateur

Vous, si on vous dit retraite à 64 ans ou pas ? On passe de 62 à 64 ou pas ?

14:54
Delphine Batho

Moi, je dis qu'il y a d'abord dans notre opinion un scandale, qui est le chômage des seniors.

14:59
Présentateur

Mais vous ne répondez pas à ma question.

15:00
Delphine Batho

Si, je réponds à votre question. Il est hors de question pour moi de toucher à l'âge de la retraite. Si, c'est pour aggraver le chômage des seniors. La première priorité aujourd'hui, on se passe dans notre pays des compétences, des talents, de l'expérience, de très nombreuses personnes de plus de 50 ans. Et c'est la première chose à régler si on veut améliorer l'équilibre des régimes de retraite.

15:22
Présentateur

Il faut financer les retraites. Ceux qui ne travaillent pas, il faut que la pension soit assurée.

15:25
Delphine Batho

Et finançons le travail.

15:26
Présentateur

D'accord, d'accord. Est-ce qu'on peut dire, est-ce qu'on serait d'accord pour terminer là-dessus, Delphine Bateau, que la candidature d'un écologiste à l'élection présidentielle, vous dites il y en aura un au premier tour ? D'un ou d'une. Un ou d'une, oui, oui, absolument. Un ou d'une. C'est une candidature de témoignage. Aucune chance d'être élue.

15:41
Delphine Batho

Je dis exactement l'inverse. Je dis qu'il y a la place pour une nouvelle espérance dans notre pays. Et que les écologistes, s'ils travaillent sérieusement, s'ils se préparent à l'exercice des responsabilités, s'ils convainquent les Françaises et les Français de leur crédibilité, sont en situation d'être au deuxième tour et de gagner l'élection présidentielle ?

15:58
Présentateur

Il pourrait y avoir en 2022 un ou une écologiste présidente ou présidente de la République ?

16:03
Delphine Batho

Absolument, mais pour changer les institutions.

16:05
Présentateur

On sera d'accord pour dire qu'on n'est pas très nombreux à y croire, à ça.

16:09
Delphine Batho

Je ne suis pas d'accord avec vous. Quand deux Français sur trois s'abstiennent, c'est que l'offre politique actuelle dans notre pays ne répond pas aux attentes des citoyennes et des citoyens et qu'il y a la place pour un élan démocratique positif qui ouvre des perspectives au pays.

16:25
Présentateur

Merci Delphine Bateau d'avoir accepté l'invitation d'Elsi.

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