Présidentielle 2027 : de quoi Édouard Philippe a-t-il peur ?
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et sur publicsénat .fr. Bonjour à toutes et à tous, heureux de vous retrouver pour une nouvelle semaine de sens public.
Vous le savez, on est ensemble du lundi au jeudi à 18h et 22h pour donner du sens à l'actualité grâce à nos experts et aux journalistes de la rédaction de Public Sénat avec au sommaire de ce 11 mai Edouard Philippe qui se pose en premier adversaire du Rassemblement national, celui qui est candidat à la présidentielle depuis septembre 2024 donne un petit coup d'accélérateur à sa campagne en réunissant 500 cadres de son parti Horizon. Quand va a-t-il dévoilé ce programme massif qu'il promet depuis des mois ? Peut-il réussir l'alliance de la droite et du centre ?
On en débat dans une minute. Et puis dans la seconde partie de ce sens public, la France face à la La recrudescence des féminicides, 6 nouveaux meurtres ces 9 derniers jours. Emmanuel Macron avait pourtant décrété une mobilisation nationale contre les violences faites aux femmes dès 2017. et on a bien vu que ce n'était pas suffisant pour faire baisser les chiffres puisqu'il y a eu une hausse en 2025 de 11 % des féminicides.
Pourquoi la France n'arrive pas à suivre l'exemple de l'Espagne qui a fait baisser d'un tiers le nombre de ces féminicides ? Pourquoi les peines plus lourdes, les téléphones grand danger, les bracelets anti-rapprochement ne suffisent pas ? Réponse dans trois quarts d'heure sur ce thème mais aussi sur l l'actualité politique.
J'attends vos réactions, il suffit de scanner ce QR code, je poserai vos questions à nos invités. On commence avec Edouard Philippe qui met ses troupes en ordre de marche. Quentin ... -"Rigoureuse et méthodique, la réunion des cadres d'horizon à Reims ce dimanche était à l'image d'Edouard Philippe.
Pas d'effusion ni d'accélération du calendrier. Le candidat à l'élection présidentielle est déclaré depuis septembre 2024. Mais aujourd'hui, il est urgent d'attendre.
Un an. Un an, c'est la durée qui nous sépare des élections présidentielles. Et un an, c'est à la fois très court et très long.
Un an pour exposer un programme, pour préparer des équipes, pour écouter, pour convaincre. Ah non, c'est court et c'est ce qui explique sans doute pourquoi certains sont pressés. Hors de question pour Edouard Philippe d d'accélérer sa campagne, malgré la concurrence de Gabriel Attal et de Bruno Retailleau au centre et à droite de l'échiquier politique.
Deux dates sont annoncées, le 25 juin pour une grande réunion d'appartements chez 1000 personnes en simultané. Le lancement officiel de la campagne est quant à lui prévu le 5 juillet avec un grand meeting. Les éléments programmatiques attendront la rentrée, les Français n'ont pas encore la tête à la présidentielle selon Edouard Philippe, une prudence et un rythme lent revendiqués par les troupes de l'ancien Premier ministre. « Pour beaucoup de nos concitoyens, le niveau de défiance vis-à-vis de la politique est élevé.
Le sentiment de ne pas bien savoir ce qu'on leur propose ou comment on va le faire si on leur propose. Ce n'est pas un concours de beauté. Ce n'est pas un casting qui consiste à se demander qui peut faire un demi-point de plus que celui d'à côté.
C'est quel cap on propose au pays et qui peut nous permettre d'éviter la victoire des populismes au 2e même. Christophe Béchut, désigné avec l'ami de 30 ans Gilles Boyer et l'ancienne députée renaissance Marie Guevnou, tous 3 directeurs de campagne. Une garde rapprochée composée de fidèles en attendant d'éventuels ralliements venus d'autres horizons et qui pour l'heure se font attendre.
Pourquoi cette prudence ? Edouard Philippe craint-il d'entrer vraiment en campagne ? On en débat avec Franck Morel.
Bonsoir, bienvenue. Vous êtes secrétaire national du parti Horizon sur le travail et l'emploi, ancien conseiller social d'Edouard Philippe à Matignon, expert à l'Institut Montaigne, avocat associé chez Flichy-Granger. Et vous publiez avec Bertrand Martineau le travail et la solution aux éditions Herman, Bérangère-Bonte.
Bonsoir, bienvenue Bérangère, vous êtes journaliste politique, vous avez publié une biographie d'Edouard Philippe, le SIOU, les faces cachées d'Edouard Philippe, c'est aux éditions de l'Archipel. Et vous présentez ce podcast L'Hémicycle aussi, bonne source d'inspiration. Laure Salvin, bonsoir, bienvenue, vous êtes directrice générale de l'Institut de sondage Vériant.
Anne-Charlène Bézina, heureux de vous retrouver Anne-Charlène. Mais c'est moi, bonsoir Thomas ! Éditorialiste pour Sens Public, vous étiez évidemment à Reims ce dimanche, François Franck Morel, qu'est-ce que vous retenez de cette journée ?
Moi j'ai démarré mon titre par un Édor Philippe qui se pose en premier opposant ou premier adversaire du Rassemblement national. Est-ce que c'est ça le plus important ? C'est une nouvelle étape dans les différents jalons qui vont nous amener progressivement jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle.
C'est une étape importante parce qu'il était nécessaire au préalable de mobiliser les cadres de son mouvement. Édouard Philippe a une caractéristique que beaucoup d'autres candidats avérés ou potentiels peuvent lui envier, c'est qu'il a un mouvement qui l'a lui-même fondé et que personne ne conteste son leadership dans ce mouvement. Il n'y a pas la question à horizon de savoir qui sera le candidat d'horizon, il n'y a pas de primaire.
Donc ça c'est quelque chose, une force sur laquelle il entend évidemment… – Il partage ça avec Jean-Luc Mélenchon qui a mis ça en avant lorsqu'il a… – Oui, il n'en est pas à sa quatrième candidature. – Pour officialiser sa campagne. – Absolument mais en tout cas c'est une force sur laquelle il entend s'appuyer et il était nécessaire de poser des jalons, de mobiliser l'ensemble des cadres du mouvement, d'où les objectifs en termes d'augmentation du nombre d'adhérents, d'où les jalons annoncés en termes de réunions publiques, la la maxi réunion d'appartement du 25 juin, le meeting du 5 juillet qui sera un point important dans le déroulement de la campagne électorale.
Le fait de capitaliser sur les municipales, parce que les municipales ont été plutôt positives globalement pour le mouvement. On a 500 maires à peu près, c'est-à-dire à peu près 150 de plus qu'auparavant qui sont issus d'Horizon, un peu moins de 3 000 élus municipaux. Et puis il y a un certain nombre d'enseignements dans ces élections municipales qui sont intéressants, ce n'est pas pour rien. – Et alors vous allez arriver à répondre à ma question de l'ERN.
Allons-y, l'ERN. Pourquoi cet instant ? Parce que c'était est nécessaire dans le jalonnement de la campagne.
Après, par rapport aux questions qu'on peut poser sur le rythme lent, pas lent, etc. Ça on va y venir forcément. Je pense aussi, et on va peut-être y revenir, que c'est un élément important dans la personnalité d'Edouard Philippe et dans le projet d'Edouard Philippe, il y a une concordance entre le projet d'Edouard Philippe et cette gestion du temps sur la question du temps long.
Et vous savez, on a beaucoup parlé à propos d'Emmanuel Macron de l'expression « le maître des horloges, celui qui, effectivement, rythme un peu les différentes étapes. Et je crois que le fait de ne pas être fébrile, de montrer une certaine force dans la gestion du temps, de résister à ceux qui disent « ça va pas assez vite vite, ça va, etc. est aussi une manière de montrer qu'il a la maîtrise des défis.
Vous devenez de plus en plus politique, vous n'avez pas répondu à mes questions sur l'RN, je vais vous la reposer, ça c'est évident. Ces attaques frontales contre le Rassemblement national, Bérengère-Bonte, est-ce que c'est nouveau ou une nouvelle stratégie ou une étape importante pour Edouard Philippe ? Je vais vous répondre oui, franchement oui.
Et notamment parce que, pour avoir longtemps exploré le personnage avec énormément d'interlocuteurs, ce n'est pas quelqu'un qui qui cogne sur les gens. C'est très, très rare. Je pouvais chercher depuis qu'il est en politique.
C'est quelqu'un d'être un peu prudent. Pas pour rien que j'ai intitulé ce bouquin le siou, pour mille raisons. ça m'a vraiment frappée de le voir cogner ce que ne fait pas par exemple un Gabriel Attal qui prétend être aussi un rempart contre l'ERN.
Lui, c'est très clair. Et alors, évidemment, les sondages lui donnent raison. Il est le seul aujourd'hui, ça ne durera peut-être pas, mais il est le seul aujourd'hui à pouvoir s'imposer au deuxième tour contre un RN.
Donc, il joue cet avantage-là sur les des fluctuations de Marine Le Pen sur des candidats, sur le maire de Vierzon qui ne veut pas commémorer l'esclavage, etc. Lorsalvin, c'est vrai que les sondages peuvent être assez volatiles. Il y en a quoi ?
Un, deux qui l'ont donné vainqueur face à Jordan Bardella au second tour. Pas tant que ça. Oui, puis finalement peu d'instituts ont fait de second tour.
Parce que c'est trop tôt. Voilà, c'est beaucoup trop tôt. On ne connaît pas tous les candidats et encore moins l'ordre d'arrivée du premier tour.
Mais c'est vrai qu'en tout cas, en termes de crédibilité présidentielle, en termes de stature présidentielle, c'est celui qui peut être comparé, en tout cas, qui arrive au niveau des deux potentiels candidats du RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella. On a publié ce week-end avec le Figaro Magazine effectivement ce baromètre de la stature présidentielle et on voit effectivement que c'est le seul comparé notamment à Gabriel Attal, Bruno Retailleau ou encore Raphaël Glucksmann. On teste un certain nombre de candidats et on compare effectivement leur crédibilité aux yeux de l'opinion.
Alors, en termes de compétences, effectivement, c'est celui qui arrive en deux ou troisième position juste derrière le Rassemblement national, mais loin devant Gabriel Attal, par exemple, en termes de représentation, de proximité avec la population, là aussi. Et puis, en termes de vision pour la France, et je pense que cette dernière dimension, elle va être intéressante à suivre dans la campagne parce que je crois que c'est le point, effectivement, qu'attend l'opinion. C'est finalement, quelle France se dessine avec quel candidat et pour quels bénéfices ?
Alors le comparatif avec Gabriel Attal, on y reviendra parce que c'est le thème de la chronique de Steve Jourdain dans l'instant. Anne Charlène, première intervention. Moi je trouve qu'il y a deux mouvements assez paradoxaux dans la manière dont Edouard Philippe traite ce moment-là.
D'abord il y a un peu ce que je qualifierais de logique de plateau, c'est-à-dire là il est dans une situation un peu confortable où justement on voit qu'il est le challenger donc il n'a pas tellement intérêt à bouger parce que très vite ça peut bouger d'un côté ou d'un autre et à la fois pour autant là j'ai eu le sentiment qu'il passait une logique presque de deuxième tour et on sait qu'il faut pas le faire trop tôt d'être dans une campagne de deuxième tour donc cette idée de se placer comme l'unique on va dire challenger du RN c'est peut-être quelque chose de plus audacieux que ce qu'il avait l'habitude de faire et peut-être même un petit peu tôt en termes de timing puisque du coup ça lui donne le sentiment de devoir se battre avec un adversaire unique attention faut d'abord rassembler réponse rapide franck morel est-ce qu'il force sa nature quand il attaque les candidats du rhein non non c'est quelqu'un qui est qui déteste l'extrémisme qui déteste les idées toutes faites et c'est quelqu'un de de qui est profondément à l'écoute et qui a besoin de s imprégné des idées des idées des uns et des autres et donc toute démarche sectaire toute démarche d'exclusion est quelque chose qui lui est profondément étranger donc il ne force pas sa nature et puis je crois surtout pour répondre à la question par rapport à la question que vous posiez tout à l'heure. Il y a un temps pour tout, et vous avez raison, il ne faut pas faire le second tour avant le premier, mais il faut effectivement, dans le cadre du parcours vers le premier tour, affirmer un certain nombre de points saillants, de points de repère. Et un point de repère important, c'est le fait que, étant apparaissant comme étant celui qui est le mieux placé, effectivement, pour faire face à un ou une candidate du Rassemblement national, de de dénoncer les changements de pied, la nature profondément extrémiste.
Effectivement, vous avez donné l'exemple de la Commune qui a refusé la commémoration de l'esclavage. Tout ça, effectivement, c'est quelque chose d Et puis il y a un autre point qui me paraît effectivement important aussi et il y aura là-dessus du matériel qui sera donné aux différents militants parce qu'il y a toute une action militante à organiser. C'est la valorisation de son bilan.
Alors on y reviendra Je vous interromps parce que j'ai prévu de vous poser la question un peu plus tard. Mais on a commencé à évoquer ces questions de temporalité, de timing. On va revoir cette une du point dans ce qui date du 3 septembre 2024, dans lequel il y avait du vin à acheter, comme souvent à cette époque-là à l'une des magazines.
Mais il y avait aussi le bandeau exclusif. Alors Philippe annonce qu'il est candidat à l'élection présidentielle la semaine dernière elle était en déplacement à Toulouse et donc celui qui est candidat depuis plus de deux ans, deux ans et demi même plus de deux ans et demi il justifiait le fait de prendre son temps à Je pense qu'une campagne présidentielle, ça a un rythme et c'est long et qu'avant de proposer des choses, y compris massive, ça vaut le coup d'écouter, de réfléchir, de suggérer, de confronter, de travailler, de polir. C'est un travail.
Un travail, ça se fait sérieusement. Alors il y a quand même un risque, alors Salvin, c'est de laisser le terrain aux autres. C'est vrai qu'on va se cantonner au camp, on va dire du centre et de la droite, si on prend Gabriel Attal ou Bruno Retailleau.
Ils sont force de proposition depuis quelques semaines. Oui, et d'autant que vous parliez de volatilité électorale, mais l'opinion, sans parler même d'élection, effectivement, on voit à quel point elle est sensible, justement, à l'actualité et à ce qui se passe aussi dans les médias. Dans tous nos baromètres, on voit effectivement que dès qu'il y a une personnalité politique, et ça a été un peu le cas, effectivement, d'Edouard Philippe ces derniers mois, sort un peu... ou se surexpose, eh bien, ça va jouer soit en positif, soit en négatif, mais très rapidement, en fait.
Et donc, il y a aussi beaucoup de coups à prendre. C'est là où il dit, effectivement, c'est une campagne longue, donc il ne faut pas non plus être dans la surexposition. Cela étant, je pense qu'il y a une petite différence par rapport aux précédentes élections et précédentes campagnes électorales.
Je crois qu'on n'est plus du tout dans le même timing où effectivement il fallait durer très longtemps. Là, aujourd'hui, c'est vraiment quand même la prime à celui qui est le plus visible, qui parle le plus fort et notamment qui va effectivement...
Mais à partir de quand ? Parce qu'elle est là la question. Mais c'est dès maintenant, ça a commencé en fait.
Vous vous dites dès maintenant. Donc vous dites attention à ne pas démarrer trop tard ou accélérer trop tard. Exactement.
Je pense que c'est bien de l'avoir posé en septembre. Là, maintenant, je pense que c'est le moment d'accélérer quand on regarde les données d'opinion et notamment, justement, ce que nous disent les Français aujourd'hui, c'est qu'ils sont extrêmement intéressés par ces élections qui vont arriver beaucoup plus qu'à la même époque en 2022 ou 2017. Donc, c'est quand même une attente.
Bérangère Bonte, il y a cette promesse qu'Edouard Philippe fait depuis plusieurs mois, je ne sais plus quelle est exactement sa formule, mais ce sera massif ou ce sera du massif en parlant de son programme. Il ne faut pas décevoir. Quand d'un côté on dit « je vous promets du massif », il va falloir que les annonces soient inventives.
Philippe est sorti de Matignon en juillet 2020, c'était extrêmement long ce qui arrivait. Beaucoup de politiques auraient laissé tombé, auraient fait autre chose, etc. Et donc évidemment on a passé son temps nous même les journalistes mais à réclamer ou alors quand est-ce que quand est-ce que moi je suis le premier à attendre le massif.
Objectivement il a moi de mon point de vue aucune Il n'a aucune raison d'accélérer plus que ça, en fait. Parce que pour l'instant, ça lui réussit plutôt bien. Et il connaît son cardinal de Retz.
Il perd des points dans le film, encore la main. On ne sort de l'ambiguïté qu'à son Il faut jamais l'oublier. C'est quelqu'un de très endurant, Edouard-Philippe.
On a un peu oublié sa quête du Havre. Pendant dix ans, Antoine Rufnac, qui est maire du Havre, le fait un peu mariner, puis il trouve qu'il ne s'engage pas assez. D'ailleurs, pour le coup, il va chercher Christine Lagarde, il envisage d'autres Et Edor Philippe ne lâche pas l'affaire.
Tous ses amis de sa génération, de Benoît Ribadot-Dumas, qui est ensuite son directeur de cabinet à Matignon, qui était son copain de l'ENA, à Bruno Le Maire, à d'autres qui deviennent des ministres, tous lui disent mais tu vas te faire avoir à la fin. Et en fait, il ne lâche pas. Et au bout de 10 ans...
Le maire du Haventra-Noriftac tiendra sa promesse tout en ayant hésité. Voilà, cette endurance Vous dites qu'il y a de l'endurance. Alors il y a ce coup d'accélérateur qui est annoncé, et que vous avez rappelé la date, premier grand meeting le 5 juillet à Paris, à la Lidas Arena.
Alors on a cherché la jauge, c'est entre 8 000 et 9 000 et 9000 personnes. Il va falloir tout remplir quand même. Et là, on aura du massif ?
Ou alors c'est encore trop tôt ? Alors là, il y aura un lancement de campagne assez robuste, effectivement. Je pense qu'il va en garder sous le pied, bien Il ne va pas dévoiler d'un coup d'un seul toutes ses propositions pour plusieurs raisons.
Parce qu'est organisé sur plusieurs mois, et notamment en septembre, une consultation d'un certain nombre d Par exemple, Edouard Philippe est le seul candidat pour l'instant à avoir annoncé qu'il va consulter les partenaires sociaux sur un certain nombre d'orientations qu'il envisage de proposer en matière sociale. Mais Christelle Morencé a été également chargée d'une mission de consultation d'un certain nombre de représentants d'entreprises sur des mesures de simplification. Donc évidemment, il y a tout un processus qui va jalonner les différentes étapes de la campagne.
Et pour prendre une expression un peu populaire, il ne faut pas brûler ses cartouches d'un coup d'un seul. Moi, on citait le cardinal de Retz. Je vais citer un autre cardinal qui est un grand homme d'État, qui est le cardinal de Richelieu.
Et Richelieu disait « Ceux qui vivent au jour le jour vivent heureusement, mais on vit malheureusement sous leur conduite ». Et ça, c'est quelque chose d'un principe, un précepte à mon avis sur le rapport au temps et sur la question de la gestion du temps long, la gestion de la préparation de l'avenir qui est quelque chose qui correspond profondément à la nature d'Edouard Philippe. Et il l'a répété plusieurs fois dans son discours hier, « Je veux me préoccuper de l'avenir de nos enfants ». – Mais ça, je n'en doute pas.
Mais faisons un peu de stratégie politique aussi. Tant que le palier sur lequel il se le maintien est bon, il n'a pas de raison de prendre des risques et de dévoiler son programme. C'est aussi ça l'histoire ? – C'est aussi ça l'histoire.
Mais je pense que ça correspond aussi profondément, et c'est ce que vous disiez quand vous parliez d'endurance, ça correspond profondément aussi à sa manière de faire. – Après, il ne va pas falloir qu'il se loupe. – Mais – Oui, c'est pour ça que je reviens au massif. – Parce qu'il y a un moment, bien sûr.
Et moi, je m'interroge, si je peux me permettre, sur la date, vers 5 juillet. Alors on est à deux jours du rendu de la décision de justice qui va lancer la campagne sur Marine Le Pen. – Ben oui. – Accessoirement, le Tour de France aura commencé, tout le monde va regarder le Tour.
La veille, vous avez un 16e des finales de Coupe du Monde qui est potentiellement un France-Allemagne pour lequel tout le monde va se mobiliser. Honnêtement… – Comment la parole d'Edouard Philippe va se faire de la place là-dedans ? – Des trous de souris, hein. – Oui.
Alors Salva, vous réagissiez à mon histoire de palier. – Oui, parce que sur le palier, ça a été vrai jusqu'en septembre 2024, effectivement, où Edouard Philippe, un peu comme Marine Le Pen aussi par phase. Ce sont des personnalités politiques qui, même quand elles ne disent rien, effectivement, continuent à créer de l'adhésion dans l'opinion, continuent à avoir des niveaux de code d'avenir ou de code de confiance élevée.
Depuis 2024, il y a une vraie question quand même sur Edouard Philippe et notamment auprès de ses soutiens qui disent mais en fait, que veut-il vraiment et quel projet a-t-il ? Parce qu'effectivement, ça fait longtemps qu'il est parti de Matignon et ça fait longtemps aussi qu'il dit qu'il travaille sur ce projet. Et donc là, effectivement, dans l'opinion, on voit que sa cote d'avenir, elle baisse depuis 2024 et elle baisse dangereusement jusqu'à presque toucher celle de Gabriel Attal.
Donc en fait, je dirais quand même – Le palier, il s'est pas mal effrité déjà. – Voilà, le palier, il est dépassé et là, je pense qu'effectivement, il n'y a pas forcément évidemment de tout déballer, on est bien d'accord, mais en tout cas, d'afficher un certain nombre de points de repère clairs sur son projet. Et ça, je crois que ça manque aujourd aujourd'hui dans sa candidature. – Anne-Charlène Bézina. – Moi, il y a une autre date que je trouve pas anodine, c'est 3 septembre 2024, c'est-à-dire la veille de la nomination de Michel Barnier.
Le moment où nous étions en plein flottement, institutionnels et politiques. Et en quelque sorte, là c'est un peu le moment brutus. C'est-à-dire je ne soutiens pas Emmanuel Macron et je vais aller dans la bataille potentiellement s'il y a des élections présidentielles anticipées.
En tout cas on le comprend tous comme ça à ce moment-là. Et donc, ce premier moment étant cristallisé, le moment programmatique, c'est la suite logique. Et celui-là, on l'attend.
Et je ne suis pas sûre qu'en fait, cette logique ensuite de se dire que une fois qu'on sera dans le dur de la campagne on sortira le gros ça soit pas aussi quelque chose d'assez risqué pour prendre des coups parce que une fois que la campagne sera complètement lancée et que tout le monde aura ses couteaux aiguisés sortir avec des mesures massives un peu tard et pour se prendre en en plus tout dans l'eau, avec en plus cette idée de se dire si on sort tard, tous ceux qu'on a ralliés vers soi, on peut aussi les cliver. Effectivement, sur la date, je suis assez d'accord avec Béangère Monte, ça va être difficile de se faire une place médiatique en 24 heures avant la décision de justice de Marine Le Pen. Si je prends un exemple, sans être taquin, le 30 mai, je crois que c'est la finale de la Ligue des Champions.
Oui, j'ai noté ça sur mon calendrier aussi. Il n'y a jamais de bonne date, effectivement il ya toujours un risque d'interférences avec d'autres d'autres événements voilà c'est un jalon effectivement après vous avez vous avez raison il y a toujours une dimension risqué dans tous les choix dans tous les choix qui sont faits le pire des risques c c'est de ne pas en prendre donc à partir de là il a déjà sorti un certain nombre de points de repère quand même il avait sorti il avait pris position sur l'accord franco-algérien il avait pris position sur le deal avec les entreprises sur les 50 milliards de baisse d'impôt de production contre baisse de charge mais pour faire quoi mais c'est déjà long effectivement c'est pas mais c'est quand même des points en termes identitaires en termes d'éléments de contenu de son programme qui disent quelque chose du projet qu'il veut et puis dans son discours d'hier on a trouvé là aussi un certain nombre de points de repère je pense qu'il y a quelques éléments un projet massivement optimiste on a parlé de massif massivement optimiste l L'optimisme, c'est quelque chose d'important. Nous sommes dans un pays qui ne le cultive pas suffisamment, sans doute.
On parle de Gabriel Attal dans une minute, mais vous vouliez réagir, Béangère. Non, c'est que 50 milliers, le deal fiscal pour les entreprise 50 milliards, etc. Produire plus, c'est quoi ?
C'est produire plus, c'est plus d'annuité avant la retraite, c'est moins de congés, c'est des journées j'en sais rien, des semaines de travail plus longues, des semaines de travail plus longues, ça change tout, précisément. Et cette espèce de flou là, pour l'instant bon il est...
On va attendre fin juillet, on a bien compris, il va falloir en sortir. Allez chapitre comme prévu sur la famille centriste avec Steve Jourdain tout de suite, qui nous rejoint. Steve Jourdain, bonsoir Steve.
Bonne anniversaire, c'est votre anniversaire. C'est pas très sympa parce que c'est un contron qui fait un peu mal, je vous en dirai pas Vous allez nous parler d'un pacte conclu entre Gabriel Attal et Edouard Philippe. Officiellement, Thomas, rien n'est signé.
A notre connaissance, aucune goutte de sang n'a été versée sur un document. Mais un accord existe bel et bien entre les deux anciens premiers ministres. Gabriel Attal l'a confirmé, c'était la semaine dernière sur France Info en début d'année prochaine.
Le mois bien placé des deux se retirera de la course. L'objectif affiché, c'est d'éviter un second tour. France Insoumise, Rassemblement National, un second tour que Gabriel Attal qualifie de terrible pour les Français.
Effectivement, et d'ici l'année prochaine, qu'est-ce qui va se passer ? Selon l'accord scellé au mois de février, le principe est simple. Chacun mène sa campagne dans son coin, défend son projet, rêve de l'Elysée le matin en se rasant.
Une seule règle, une seule à respecter, ne pas se tirer dessus, pas de coups bas. En gros, 11 concurrences mais avec modération. Pour le reste, roulez jeunesse et on verra bien ce qu'il en sortira.
Que pensent les autres personnalités du bloc central qui, éventuellement, ont des velléités présidentielles. Alors officiellement, elle n'en a pas. Elisabeth Borne vient par exemple de quitter la direction du parti Renaissance.
Elle reproche notamment à son patron, Gabriel Attal, d'être trop à droite, mais ça ne l'empêche pas de faire la même analyse que lui. Écoutez, elle était l'invité hier du grand jury RTL-Public-Sénat. Bien évidemment qu'il faudra qu'il y ait un seul candidat.
Je soutiendrai tout candidat qui qui représente notre famille politique, qui rassemble et qui permet déjà d'éviter un deuxième tour entre les extrêmes et qui permet d'éviter une victoire du Rassemblement national. Il y a un certain nombre d d'autres candidats qui doivent se frotter les mains. Il pense à Brune Retailleau.
Il observe tout ça avec beaucoup d'intérêt, pour ne pas dire beaucoup de gourmandise. Pour le patron des LR, ce pacte offre un argument simple. Attal, Philippe, c'est kiff-kiff.
Ils appartiennent au même mont, celui du macronisme. Ce pacte montre que nous n'avons rien à voir avec le macronisme, nous dit Brune Retailleau. Sous-entendu, eux sont les héritiers.
Moi, je suis la rupture. À ce stade, il ne précise pas s'il accepterait lui même de se retirer s'il était moins bien placé dans les sondages en début d'année prochaine. Réponds-je peut-être dans les prochains mois, Thomas ?
Merci beaucoup, Steve. Alors on parlera de Bruno Retailleau dans un instant et peut-être un mot de Gabriel Attal. Laure vous l'avez évoqué tout à l'heure on a vu que le palier d'Edouard Philippe n'était pas si solide que ça et celui de Gabriel Attal quelle différence entre les deux anciens Premier ministre d'Emmanuel Macron dans l'opinion C'est vrai qu'Edouard Philippe, c'est celui, finalement, qui a une stature très transpartisane et c'est assez unique dans le paysage politique actuel.
C'est-à-dire qu'il peut rassembler autant des personnes, des sympathisants de centre-gauche que la droite républicaine. Gabriel Attal, c'est plus compliqué. Il est beaucoup plus centré.
C'est un électorat aussi davantage de cadres chez Édouard Philippe. Chez Gabriel Attal, il y a une petite dimension sociétale et sociale qui affleure. Le vrai sujet pour Édouard Philippe, c'est notamment cette dimension sociales.
Les employés et les ouvriers, notamment, expriment très peu d'intention de vote à l'égard d'Edouard Philippe. Donc il y a cette question effectivement, de positionnement, et puis il y a la question aussi des compétences et là, sur cette dimension effectivement, Edouard Philippe, il est très en avance par rapport à Gabriel Attal, non seulement parce qu'il Il a effectivement cette expérience locale avec le Havre, mais aussi son expérience en tant que Premier ministre a été beaucoup plus longue que celle de Gabriel Attal. Et puis il y a une dimension dans l'image d'un film qui est intéressante.
C'est cette dimension, effectivement, de parler vrai, reconnaître ses erreurs, reconnaître qu'on n'a pas fait forcément...
Qu'on ne sait pas, déjà. et qu'on n'a pas pris le bon chemin. Ça, c'est vraiment la gestion de la crise Covid.
On est en pleine crise internationale. Les Français peuvent se dire que c'est aussi rassurant d'avoir quelqu'un qui sait tenir, quelque que par un État, ou en tout cas qui a réussi à faire en sorte que la crise du Covid soit à peu près gérée dans de bonnes conditions. – Ce gentleman agreement entre Edouard Philippe et Gabriel Etal, ça tient s'ils sont vraiment… plus c'est serré, moins ça tient – Moi, je n'évoquerai pas le terme de « gentleman agreement ».
Je pense que c'est tout plus basiquement une question de responsabilité qui se posera pas uniquement à eux deux d'ailleurs, qui se posera peut-être aussi à Bruno c'est-à-dire que la question qui se posera alors à quel moment là on peut en discuter longuement est-ce que c'est à la fin de l'année est-ce que c'est en tout début d'année prochaine mais en tout cas s'il existe un risque je ne sais pas je ne vais pas parler de taubirasisation ou de chevènementisation etc en tout cas ce qui était arrivé à l'Union de Jospin en 2002 quoi. De phénomènes de type de celui qui est arrivé à l'Union de Jospin s'il existe un risque de même nature je pense que l'esprit de responsabilité tout simplement indépendamment de tout gentleman agreement voudra que celui qui peut être la cause d'un tel cataclysme se retire et soutienne le candidat le mieux placé bien sûr. – Donc ça veut dire que ce sont les sondages qui feront les primaires ? – Ça veut dire de fait que oui, c'est au vu des sondages sans doute et peut-être pas que des sondages mais beaucoup des sondages quand même effectivement que ce type de raisonnement sera mené. – Vous avez signé… – Je ne sais pas comment les sondages c'est l'opinion, enfin voilà. – Oui, non mais bien… – Ils n'ont que mesuré l'opinion. – Bien sûr, bien sûr. – Voilà, le sondage reflétant l'opinion. – Oui, voilà. – Vous avez signé Bérangère la biographie de Pierre-Philippe dont on parlait, le Sioux et puis aussi une biographie de Gabriel Attage, l'ange exterminateur. – L'ange exterminateur, c'est ça le titre, j'avais oublié le titre.
Qu'est-ce qui les différencie profondément ? – Je pense que beaucoup est dans les Je pense qu'on va observer une campagne qui ne va pas du tout être identique. C'est pour ça que peut-être Edore Philippe prend un petit risque à y aller doucement, piano, parce que Gabriel Attal, c'est un tueur.
Vraiment. Et qu'il ne s'arrêtera pas et que...
Moi, j'ai été frappée d'entendre, vous savez, il y a quelques semaines, vous aviez l'un et l'autre qui ont été un peu accusés de traîtrise vis-à-vis d'Emmanuel Macron, deux anciens premiers ministres qui lui durent beaucoup et puis qui font mine, en fait, de prendre leur distance. Sauf que, il y en a un qui demande une élection anticipée présidentielle face à la levée de boucliers qui s'excuse 15 jours après. Gabriel Attal, il accélère.
Il y a vraiment...
C'est pour ça que je disais que c'était assez nouveau, cette façon de cogner d'Edouard Philippe contre l'URN. Et d'ailleurs, c'était frappant de voir qu'il prend des risques Et il s'est pris en retour tous les cadres du RN parce que manifestement, ils s'ont un petit peu emmêlés les pinceaux dans une affaire à Carpentras. Oui, où il y a eu Maréchal Nouveau-là qui a été diffusé et en fait c'était une association qui s'était qui l'a dit, et ce n'était pas la mairie qui avait pris la décision.
On peut dire que ce n'est pas grave, mais ça ne va pas l'inciter à continuer à...
C'est une différence fondamentale pour moi. Et juste en termes de différence aussi, il y a vraiment un côté très émotionnel chez Gabriel est beaucoup plus institutionnel chez Édouard Philippe. On voit bien qu'il est davantage perçu comme un président potentiel, mais il n'y a pas cette dynamique.
C'est pour ça que Gabriel Attal, s'il y avait un pourrait apporter cette dynamique-là et ce niveau émotionnel. Il commence à y avoir pas mal de questions de téléspectateurs et téléspectatrices. Merci de participer.
Martine, qui nous écrit de Reims, des cadres LR pourrait-il rallier Édouard Philippe si la campagne de Bruno Retailleau ne prend pas ? Je vous vois sourire parce que c'est... – Ben oui, je souris parce que... – Des cadres et des personnalités, c'est le rêve d'Édouard Philippe. – C'est un scénario qui n'est absolument pas impossible, C'est possible, effectivement.
Et on verra bien. On ne va pas parler à la place des personnes. Mais il n'est pas improbable le moment venu qu'il y ait un certain nombre de personnalités issues des Républicains qui rejoignent Edouard Philippe, bien sûr.
Alors Edouard Philippe, on va l Moi, à l'époque, ça en a surpris. Quelques-uns qui ne s'y attendaient pas. A l'époque, on disait que tout ça n'avait plus de sens.
Je sais d'où je viens et je vais pas m'en excuser de la même façon que je ne vais pas m'excuser d'avoir été le premier ministre, le premier premier ministre d'Emmanuel Macron. Et je suis assez fier d'avoir été le premier premier ministre d'Emmanuel Macron. Je suis fier d'avoir été au fond le seul premier ministre de ces dix dernières années à avoir réduit en même temps, si vous me passez l'expression, le chômage, les impôts et le déficit.
Alors il y a certains de nos téléspectateurs qui se souviennent pas exactement ou pas seulement de ça. On a Norbert qui nous décrit de Bionville. Édouard Philippe est à l'origine des 80 km heure du confinement pendant le Covid et parle de la retraite à 67 ans.
Les Français et Françaises ne sont pas d'us. Pour ma part, je n'oublie pas, mon bulletin de vote ne sera pas pour lui. Au moins, c'est clair.
Voilà un qui est décidé. Claude qui nous écrit de Venerque, pour les prononciations qui sont peut-être un peu hasardeuses de temps en temps. Edouard Philippe, vraiment, Premier ministre pendant trois ans, donc en grande partie responsable du bilan macroniste.
Bilan rejeté à plus de 66 % par les Français aux législatifs 2024. Est-ce que c'est sérieux ? Vous allez pouvoir répondre évidemment, mais c'est vrai qu'il y a plusieurs façons de lire le bilan d'Edouard Philippe à Matignon, Bérangère Bonte.
Les gilets jaunes, c'est quand C'est quand même une tâche dans son bilan, on peut difficilement dire le contraire. – C'est clair et c'est un problème qui n'est pas réglé et on le voit avec les questions énergétiques qui ressurgissent là, les tensions au Moyen-Orient. Il y a un problème autour des questions énergétiques et de la transition énergétique que je n'ai pas entendu hier dans le discours d'Edouard Philippe.
Là aussi, peut-être qu'il va y avoir des des petits débats au sein d'Horizon, de ce point de vue-là. Comme Christophe Béchut, par exemple, est très attaché à ça. Edouard Philippe, beaucoup moins.
Bref, en tout cas, ça, c'est un sujet. On retient souvent sa gestion du Covid. C'est très rapide, assez sereine, reconnaissant ses erreurs.
Ou disons je ne sais pas. Pendant qu'un Emmanuel Macron courait voir Didier Raoult à Marseille, il y avait lui apparaissait comme la valeur sûre, etc. On a retenu ça, mais c'est vrai que les gilets jaunes, ça reste...
C'est comme quelque chose qui n'a jamais été complètement traité et qui va tôt ou tard, qui est là, l'attend. Vous allez pouvoir répondre évidemment. On parlera de la gauche après, parce que c'est aussi un enjeu très important.
Ce sera notre dernier chapitre. Mais on a bien compris qu'Edouard Philippe cherche à quand même, tout en assumant l'héritage, à se décoller de l'étiquette macroniste. Comment l'opinion le perçoit, ça ?
Ça reste d'abord le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron ou alors il y a ce sentiment qu'effectivement, il a pris ses distances, il a souhaité, on va dire ça comme ça, éventuellement, une présidentielle anticipée. D'ailleurs, il y avait un peu des vissés, si je me souviens bien, dans les enquêtes d'opinion après. Comment les Français le perçoivent ?
En fait, je pense que l'éloignement avec Emmanuel Macron était plutôt souhaité et souhaitable en termes d'opinion, c'est-à-dire qu'effectivement, Emmanuel Macron a une telle code de défiance qu'il fallait effectivement s'en éloigner. Mais en proposant quelque chose. Et c'est là, en fait, qu'effectivement...
Édard Philippe n'a fait que la moitié du chemin, quelque part. Il a pris ses distances, mais sans dire qu'est-ce qu'il voulait faire à la place. Donc effectivement, quand on se détache ou quand on en tout cas se désolidarise d'un Quand c'est mieux d'annoncer ce qu'on va faire ?
Et c'est là où, effectivement, on l'a vu dévisser dans l'opinion. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a rien qui a été proposé derrière.
Un mot sur les leçons des Gilets jaunes, finalement. Quand il vous en parle, quelle leçon il a tirée Il y a beaucoup d'humilité par rapport à ça, parce qu'effectivement, vous l'avez dit, c'est un mouvement qui vient de beaucoup plus loin que certains épiphénomènes qu'on a bien voulu accoler à la jeunesse de ce mouvement, qui révèle un certain nombre de choses. Et qui amène à être très humble et à observer beaucoup de prudence par rapport au mouvement d'opinion et par rapport à l'analyse qu'on peut en faire.
Et donc, effectivement, il ne faut pas l'occulter. Vous avez raison. C'est un épisode.
Ce n'est pas le seul. Il y a eu d'autres épisodes de tensions sociales un peu fortes lors des dernières années. On pourrait citer d'autres types de mouvements plus anciens.
Mais moi, je voudrais revenir sur le bilan en général. Sur le bilan en général, aucun Aucun bilan n'est totalement univoque. Et Edouard Philippe l'a dit lui-même, j'ai réussi des choses, il y a des choses que j'ai moins bien réussies, mais je pense qu'il ne faut pas se priver, en revanche, et il l'a fait, de mettre en avant un certain nombre d'éléments de bilan qu'on ne met pas suffisamment en avant.
Donc ça, c'est les outils, les arguments de campagne qu'il a donnés au cadre hier. La belle petite chômage qui a été quand même quelque chose, un élément de préoccupation de nos concitoyens assez fort qui est une réalité. Aujourd'hui, on parle du déficit de l L'endettement, il a été un Premier ministre qui a fait baisser quand même le déficit d'une année à l'autre.
Parce qu'il est parti juste à temps. Quoi qu'il en coûte, je ne sais pas s'il aurait pu l'arrêter s'il était resté. Et parce qu'il a un petit peu profité de ce qu'avait fait la gauche juste avant, peut-être En tout cas, pendant les années 2017, 2018, 2019, c'est-à-dire avant le Covid, effectivement, c'est quelque chose qui l'a bien géré.
La baisse des impôts. Donc il y a quand même...
Je peux témoigner d'une réforme majeure qui est la réforme du marché du travail qui a été faite en début de quinquennat. La réforme de l'apprentissage, également, dont je peux témoigner, qui sont des réformes structurantes. Je pense que la marque de fabrique aussi, qui est importante et qui est révélatrice de ce bilan, c'est le le réformisme.
C'est quelqu'un qui a fait des réformes et qui... – À une époque où c'était possible de faire des réformes parce qu'il y avait une majorité... – À une époque où c'était possible et à une époque où il faudra que ça soit possible parce que c'est indispensable. – Et alors justement, ça pose la question de la majorité qu'ils pourraient construire en cas de victoire.
Et donc, ça oblige aussi Anne-Charlène à regarder vers la gauche de l'échiquier politique. Expliquez-nous son équation à gauche. Alors déjà, c'est vrai qu'il y a une équation un peu identitaire.
Il le dit, je viens de la droite, mais j'ai été aussi le premier Premier ministre d'Emmanuel Macron en marche, j'ai créé un par-ticket horizon. Donc on voit qu'on a plusieurs étiquettes et pendant un temps d'ailleurs, Edouard Philippe avait prophétisé cette idée du rassemblement, d'une partie de la gauche, d'une partie de la droite. Et on voit qu'il a totalement quitté ce lexique pour rassurer ses soutiens.
Il l'a redit hier pour paraphraser un documentaire sur lui. Il est un pote de droite, hein Edouard Philippe, ça ne fait aucun doute. Gêné par le voile, retraite à 67 ans, simplification administrative, etc.
Mais alors pourquoi est-ce que moi je vais vous parler de la gauche ? Parce qu'il y a un certain nombre de voix de gauche qui disent surtout pas Jean-Luc Mélenchon, c'est ça ? Alors on est bien d'accord, c'est cette fameuse, vous savez l'étiquette gauche non-mélenchoniste dont se réclame un certain Jérôme Getsch qui s'est dit ne pouvant ne pas être gêné justement par ce vote Edouard Philippe.
Eh bien on a une équation tout à fait inédite, c'est que là en 2025, On sait que c'est dans la culture de la gauche De faire barrage au RN Et cette question du barrage Elle pourrait arriver dès le premier tour Parce qu'il y a un deuxième barrage C'est le barrage Jean-Luc Mélenchon Donc comment on se situe dans cette équation ? Eh bien on sait qu'il y a trop de candidats à gauche et que donc la division c'est quand même quelque chose qui a toujours coûté à cette famille politique si je devais le dire avec une formule choc je dirais la division de la gauche tue et elle le sait qu'on fait l'exemple dont vous avez parlé, Lionel Jospin et Christiane Taubira. Et de ce fait, on se demande s'il ne faudra pas afficher de l'unité un peu tôt.
Moi, je me suis amusée avec cette phrase de « à gauche, mais pas plus loin », qui est en fait un élément de notre histoire, de la Troisième en République, les républicains opportunistes qui étaient en fait entre deux feux on va dire les ultras, les royalistes et les rouges, les communards et donc on se disait toujours la doctrine c'est à gauche mais pas plus loin est-ce que ça s'applique à l'époque ? Bon alors mariage ou pacte de non agression je ne sais pas quel terme employer, pas si simple quand même. Pas si simple parce que la gauche a du mal quand même avec on l'a dit le bilan macroniste notamment l'homme des gilets jaunes du confinement etc et puis avec un programme quand même annoncé comme au moins économiquement assez austéritaires, petites tronçonneuses mais tronçonneuses quand même dans l'état, gouvernance par ordonnance dans les premiers mois donc on voit bien qu'on se situe quand même dans un primat du régalien.
Attention n'est pas loin du retaillot dans le texte pour certains éléments. Les écologistes se méfient, donc il y a une division dans cette famille aussi entre ceux qui souhaitent la primaire et ceux qui ne la souhaitent pas. Et puis j'ai envie de vous dire, dans l'histoire récente, j'ai tendance à considérer qu'il faut se méfier un peu des packs de non-agression du PS, qu'ont faire Sébastien Lecornu avec le budget.
Le cas aussi de François Bayrou qui est resté sur le grill pendant quelques mois. Donc Edouard Philippe se méfie assez légitimement. On sait aussi qu'il doit conserver une base ataliste et peut-être au moins une forme d'alliance négative avec Bruno Retailleau, donc le socle commun parlementaire il va être très difficile à construire, on le comprend.
Est-ce que finalement la solution ce n'est pas de pas trop attaquer pour essayer de permettre au moins une potentialité négative de la part de la gauche. Ça, c'est une question de campagne qui va vraiment falloir cette dossée. Ne pas trop attaquer la gauche pour qu'elle ne fasse pas non plus les leurs filles possibles.
Oui, ce moment où on se dit on ne soutient pas mais on n'attaque pas et donc on se laisse des portes ouvertes. Je pense que ce sera un peu ces portes glissantes qui existeront. Bref, on le comprend.
L'élection de 2027 ne ménagera pas les sensibilités partisanes alors qu'on a un RN qui est à priori censé avoir une place au deuxième tour. Et il l'a dit Edouard Philippe, on recomposera les alliances, on recomposera l'échiquier politique. Mais alors, est-ce que cette gouvernance négative produira de meilleurs effets qu'en 2022 ?
J'ai envie de vous dire « that is the question ». Votre avis, Berger Bond, sur un soutien à minima ou un pacte de non-agression, où effectivement, pour reprendre Jérôme Gage, ces personnalités de gauche qui disent « non, surtout pas l'ERN, mais surtout pas Mélenchon non plus, donc peut-être qu'on votera Edouard Philippe ». Est-ce que ce n'est pas une sorte de cadeau empoisonné quand même pour l'ancien Premier ministre ? – Il y a un gros piège en fait. – Identitaire. – Jérôme Guelch, il faut quand même aussi préciser que c'est son ami de longue date, qui vont viser les nats ensemble.
Il y a une petite prise un peu particulière. – Il y a cette dimension-là effectivement. Mais c'est vrai qu'il y a une forme de piège.
On va rendre à César ce qui est à César, nos confrères de l'Opinion font une analyse assez intéressante ce matin là-dessus. Et c'est vrai qu'en citant notamment François Hollande, qui lui fait le pari que Édouard Philippe va être obligé de se droitiser pour ne pas perdre sa droite, justement. Et donc dégageant un peu l'espace au centre, ce qui va lui laisser l'espace.
Et donc en fait c'est vrai que s'il va un peu trop chercher, s'il y a trop de voix de gauche, comme ça, qui viennent lui faire des grandes déclarations. Ça va être compliqué de complètement les ignorer. Mais à droite, l'électorat à droite ne va plus suivre.
Donc il y a, oui, effectivement, un piège. Est-ce que, Laure Salvin, les électorats potentiels d'Edouard Philippe et de, alors je vais dire Raphaël Luxman, ils sont pour eux ? Est-ce qu'ils se ressemblent ou pas tant que ça ?
Ils sont pour eux, clairement, Effectivement, vous avez aujourd'hui 49 % des sympathisants de gauche qui considèrent qu'Édouard Philippe a les compétences pour devenir président. Donc effectivement, il n'y a pas de disqualification a A priori, 41 % considèrent effectivement qu'Edouard Philippe aussi représente bien la France et les Français. C'est beaucoup, hein ?
Quatre sympathisants de gauche sur dix, c'est quand même pas Et par rapport à Raphaël Glucksmann, évidemment, il est beaucoup plus...
Il rassemble davantage, effectivement, à gauche. Mais il y a un certain nombre d'électeurs, notamment des cadres, qui pourraient basculer d'un côté comme de l'autre. Je pense aussi que si Édouard Philippe a rappelé qu'il était de droite, c'est peut-être aussi pour combattre ce type de piège.
Exactement. Viens, attention, ne nous trompons pas, je ne vais pas faire des alliances avec la gauche. Un mot de conclusion, une minute, Franck Morel, parce que ça peut être le retour du en même temps, ce dont on parle.
La meilleure des postures, c'est surtout d'être soi-même. Et être soi-même pour Édouard Philippe, c'est effectivement, vous l'avez dit, c'est quelqu'un qui qui préfèrent s'affirmer positivement plutôt que négativement. Alors modulons les extrêmes, effectivement, un cas particulier.
Mais sinon, ça c'est un point important. Et ensuite l'analyse doit être nuancée au regard de l'ensemble des propositions. Faire de l L'éducation, une priorité, c'est quelque chose qui parle plutôt à la gauche.
En revanche, être ferme sur les questions régaliennes et sécuritaires, c'est quelque chose qui parle plutôt à la droite. Ce n'est pas dû en même temps, mais c'est le fait d'être soi-même avec un certain nombre de priorités, de préoccupations fortes. Bon, on a bien compris qu'il va falloir attendre encore un peu pour avoir le massif, mais bon, ça s'appelle une stratégie de campagne et une gestion du temps long.
On l'a bien compris grâce à vous. Merci beaucoup d'avoir participé à notre débat, vos livres. Alors le travail et la solution aux éditions Hermann, co-écrit avec Bertrand Martineau et puis je cite votre biographie consacrée à Edouard Philippe, Bérangère, le Sioux, les faces cachées d'Edouard Philippe aux éditions de l'archipel À bientôt sur Public Sénat.
J'ouvre le second débat de ce sens public consacré aux féminicides en France.
Édouard Philippe