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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 28 mai 2026 24 min

Agnès Evren : « La ville de Paris avait été alertée dès 2015 sur le périscolaire »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Agnès Évren, vous êtes sénatrice LR de Paris. Rebonjour, conseillère de Paris. Paris au cœur du scandale du périscolaire. Le parquet a ouvert plusieurs enquêtes pour de possibles violences. 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires, une dizaine de crèches visées. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, qui parle de quelque chose de systémique, pardon, et en fait, la priorité de son mandat avec un plan d'action à 20 millions d'euros qui vise à garantir la transparence totale envers les familles.

Agnès Évren, vous demandez une commission d'enquête pour faire la lumière sur les violences sexuelles systémiques dans le périscolaire. Est-ce que pour vous, la mairie de Paris est responsable de ce scandale ?

0:49
Agnès Evren

Oui, je pense que la mairie de Paris est responsable. La municipalité sortante est responsable. Pourquoi ? Parce que vous l'avez dit, les chiffres sont glaçants. 110 écoles parisiennes concernées. Et il y a clairement un caractère systémique puisqu'en fait, il y a une école sur six. Et la difficulté, en fait, c'est que les alertes existaient. Les alertes existaient. Et plutôt que de saisir la justice, la ville de Paris a tout simplement déplacé des animateurs d'école en école qui, pour certains, sont passés des délits à des crimes. Et ce sont les parents qui se sont substitués, en fait, à l'institution et ont porté plainte, ont saisi la justice. Et c'est ça qui est inadmissible.

Donc, il y a une responsabilité politique. Et moi, je le dis, je pense qu'il y a une responsabilité pénale également parce que la ville de Paris avait été alertée dès 2015 via un rapport de l'inspection générale avec des préconisations et qu'en fait, il ne s'est rien passé. Les maires d'arrondissement, notamment Jean-Pierre Lecoq en 2015, avaient alerté également. Onze ans après, il ne s'est toujours rien passé.

1:52
Présentateur

Mais juste, pardon, il y a une responsabilité de la mairie ou de la maire de Paris ? Est-ce que c'est Anne Hidalgo qui est responsable, selon vous ?

1:58
Agnès Evren

Écoutez, vous avez dû tous suivre les vidéos qu'on a vues ces dernières semaines qui sont sorties. Il y a eu, comment dire, une forme de mépris vis-à-vis de la parole des enfants, vis-à-vis de la parole des élus, vis-à-vis de la parole des familles également. Moi, je dis juste, encore une fois, qu'on parle là de crimes et délits commis sur des enfants de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans, que la ville de Paris était informée qu'à aucun moment la ville de Paris n'a saisi la justice et qu'encore une fois, ce sont les parents qui ont permis que ces affaires puissent arriver devant la justice parce qu'elles ont porté plainte. Et c'est ce qu'on reproche, nous, aujourd'hui, à la ville de Paris.

2:39
Présentateur

Mais comment vous l'expliquez, Anne-Séline ? Parce que vous dites, il y a eu des alertes, elles n'ont pas été entendues. Pourquoi elles n'ont pas été entendues ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Quel est le problème ?

2:47
Agnès Evren

C'est un problème global de dysfonctionnement absolu. Je pense qu'il y a des responsabilités à la fois dans les signalements, dans le recrutement, dans l'organisation, en fait, du temps périscolaire à Paris parce qu'à l'origine de cette affaire, il faut y revenir, c'est la loi Payon de 2013 qui fait qu'il fallait appliquer la nouvelle réforme des rythmes scolaires. Sauf qu'à Paris, il a fallu une massification du recrutement des agents de la ville de Paris qui allaient être animateurs et donc on a pris le tout venant sans aucune formation.

3:16
Présentateur

Il a fallu recruter beaucoup de monde en un temps limité. Beaucoup de monde

3:19
Agnès Evren

et sans aucune exigence, finalement. Une façon un peu négligente. Et on n'a pas regardé ni les casiers judiciaires, ni la formation de ces animateurs. Sauf que quand on met un animateur face à un enfant de 3 ou 4 ans, il y a un minimum de formation. En fait, certains disent, « Ah, mais moi, j'aurais aimé mieux faire, mais je ne savais pas. » Ils ont juste, en fait, eu des slides, une journée, voilà. Donc ça n'est pas possible. Et moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'il faut complètement refonder, évidemment, le fonctionnement du périscolaire et éventuellement sortir même, je dirais, les écoles maternelles du dispositif périscolaire.

3:56
Présentateur

Mais vous dites qu'il y a eu des alertes. Vous, vous êtes conseillère de Paris, vous étiez conseillère de Paris. Vous avez su des choses, vous avez vu des choses, vous avez alerté la mairie de Paris à l'époque ?

4:05
Agnès Evren

Oui, alors, ce qui s'est passé, c'est que je suis moi-même concernée en tant qu'élue du 15e arrondissement. Il y a eu, en fait, dans le 7e arrondissement, à l'école Saint-Dominique, des parents qui se sont plaints d'un animateur. L'animateur a été déplacé et venu dans le 15e, à l'école volontaire. Il a été déplacé et ensuite, il a commis, justement, au départ, dans le 7e, on lui reprochait, en fait, comment dire, une attitude un peu agressive vis-à-vis d'enfants. Dans le 15e, c'est pire, il a violé. Et donc, en fait, on s'est dit, mais pourquoi est-ce que cet animateur a été déplacé sans même être suspendu ? Ah, mais il fallait lui donner une seconde chance.

Et donc, le principe de précaution n'a pas été appliqué.

4:51
Présentateur

Mais est-ce qu'en Conseil de Paris, ces sujets ont été évoqués et est-ce que c'est Anne Hidalgo qui faisait ce type de réponse ?

4:58
Agnès Evren

Non, ce n'est pas. Anne Hidalgo, vous avez tout à fait raison de demander des précisions. C'est, en fait, ce qu'on appelle la CASPE. Il y a une organisation à l'échelon local des directions des affaires scolaires. Il se trouve que, par exemple, à l'origine de ce scandale, c'était dans une école du 11e arrondissement où une maman expliquait que son enfant avait changé de comportement, qu'il faisait pipi au lit, que l'enfant n'était pas bien, qu'elle le sentait. Il parlait, il décrivait, en fait, des jeux avec son zizi. Il expliquait ce qui s'est passé.

Donc, la maman est allée voir la directrice de l'école maternelle qui a immédiatement informé la CASPE, donc la chef des affaires scolaires locales. Et pour ne pas affoler les parents, elle a dit qu'on étouffe l'affaire. On n'en parle pas. On n'en parle pas, sinon ça va inquiéter. Et d'ailleurs, cette directrice, visiblement, a été mutée. Je ne sais pas où. On n'a jamais eu de réponse. Vous voyez, c'est ce type de réponse qu'on a demandé à Mme Hidalgo. Où est passée la chef de la CASPE qui, malheureusement, a tué tout ce qui s'est passé au lieu, justement, d'être lanceur d'alerte et de saisir la justice. Et là, vous n'avez pas eu de réponse.

Il y a eu une omerta systémique et moi, c'est ça que je dénonce depuis 11 ans, une omerta absolue. Quand il s'agit d'autres affaires, d'autres scandales, notamment dans l'enseignement catholique, on en entend parler matin, midi et soir. Là, on parle de l'école publique, d'une collectivité qui, malheureusement, est restée dans l'inertie pendant 11 ans alors qu'elle savait.

6:20
Présentateur

Mais par exemple, l'animateur dont vous parlez, qu'est-ce qu'il est devenu ? Il est sorti aujourd'hui ? Celui du 15e.

6:27
Agnès Evren

Il y en a 78 qui ont été suspendus, évidemment, pour crimes et délits. Parfois, ce sont des délits et parfois, ce sont des crimes, c'est-à-dire des viols.

6:38
Présentateur

Qu'est-ce que vous attendez de cette commission d'enquête ? Puisque vous demandez une commission d'enquête, qu'est-ce que vous en attendez et quelle va être votre marge de manœuvre ? Parce qu'on le disait, il y a beaucoup d'enquêtes en cours et une commission d'enquête parlementaire ne peut pas empiéter sur des affaires judiciaires en cours. Du coup, quelle va être

6:53
Agnès Evren

votre marge de manœuvre ? Alors, d'abord, on a demandé également au Conseil de Paris une mission d'information et d'évaluation. Pourquoi ? Parce qu'en fait, entre 2014, 2015 et 2025, il y a une espèce de trou noir. On ne sait pas véritablement. L'affaire, elle a éclaté il y a un an seulement. En 2025, dans une école, dans le 11e, Alphonse Baudin, où tout est parti de là. Donc, on veut savoir, en fait, comment ça s'est passé. Est-ce qu'il y a eu d'autres viols qui ont été commis ? Et moi, la commission d'enquête que je demande, elle est beaucoup plus large. Elle est plus large sur l'encadrement, en fait, des enfants dans le périscolaire au plan national. Il y a d'autres affaires actuellement.

7:34
Présentateur

– Donc, pas uniquement à Paris ?

7:35
Agnès Evren

– Pas uniquement à Paris. Non, non, il faut sortir du cadre parisien. On a cette MIE. Il y a eu aussi des affaires à Marseille, à Lyon, à Bordeaux. Mais la différence, encore une fois, à Paris, c'est que ce sont les parents qui se sont substitués, encore une fois, je le redis, à l'institution pour faire des articles 40 et aider la justice. Donc, moi, je dis juste, il faut réorganiser et faire en sorte qu'on ait des animateurs qui soient absolument formés, qu'on ait des contrôles d'honorabilité. Comment se fait-il ? Qu'on n'a pas regardé le casier judiciaire ou voir s'il y avait eu des antécédents historiques dangereux pour ces animateurs, encore une fois, qu'on mettait face à des enfants.

C'est tout l'intérêt de cette commission d'enquête.

8:11
Présentateur

Est-ce que les choses ont changé depuis l'arrivée d'Emmanuel Grégoire à la mairie de Paris qui a révélé avoir lui-même été victime quand il était enfant ? Il fait de cette lutte contre les scandales dans le périscolaire sa priorité absolue. Vous l'avez dit, 78 agents de la ville de Paris ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Est-ce qu'il prend les bonnes mesures ?

8:30
Agnès Evren

Écoutez, on a voté, nous, son plan de 20 millions. La seule chose, encore une fois, c'est que cette mission d'information, elle doit être mise en place très, très rapidement parce que, pour l'instant, on n'a pas de réponse à nos questions. Il y a des enfants, des familles qui sont absolument traumatisés. Il y en a pour certaines qui ne savent pas, ils sentent que l'enfant a changé, mais ils ne savent pas s'il y a eu des délits ou des crimes qui ont été commis. Donc, franchement, Mais c'est encore des questions

8:58
Présentateur

en Conseil de Paris, c'est un sujet qui, j'imagine, est très présent. Quelles questions vous posez à Emmanuel Grégoire et sur quels sujets vous n'avez pas encore de réponse ?

9:06
Agnès Evren

On n'a pas de réponse, en fait, sur des mutations de directeurs des affaires scolaires qui ont disparu. On ne sait pas pourquoi. On ne sait pas véritablement pourquoi est-ce que les maires d'arrondissement ne sont pas immédiatement alertés quand il y a ce type de crime qui est commis et que la ville de Paris est au courant. Il y a une forme d'opacité, il y a une forme d'inertie pendant 11 ans et donc on ne peut pas comme ça en l'espace de 6 mois même si, encore une fois, je le reconnais, il a fait un conseil de Paris exceptionnel sur ce sujet-là. Moi, je suis extrêmement vigilante.

Encore une fois, je le redis, on a des familles qui sont en détresse et qui se sont substituées à la ville de Paris pour prendre le sujet à bras-le-corps et ces familles-là en doivent être à leur côté.

9:47
Présentateur

Et dans le même temps, il y a les animateurs du péri-scolaire qui ont manifesté mardi. J'imagine que vous les avez vues, entendues.

9:54
Agnès Evren

Je les ai reçues d'ailleurs. Je les ai reçues la semaine dernière. Est-ce que vous comprenez leur colère ? Ils disent on est tous stigmatisés, on est tous clués aux pylories. Bien sûr et donc je tiens à leur dire, moi, qu'il y a des animateurs absolument formidables et d'ailleurs, beaucoup nous ont expliqué que le métier devenait impossible parce que dès qu'ils ne peuvent même plus hausser le ton, l'enfant risque ensuite d'aller dire j'ai été agressé. Donc, bien évidemment, il ne faut pas tout mélanger, il ne faut pas faire d'amalgame. Là, encore une fois, il y a 78 animateurs qui ont été suspendus.

Ils sont tous dans des situations précaires parce qu'encore une fois, vous savez, le temps périscolaire, ce sont quelques heures éclatées, le lundi, le mardi, le jeudi et que c'est très mal payé et que donc, nous, on redemande d'ailleurs une amélioration des conditions salariales et un respect de leur statut. Ce qui n'est pas le cas. Les choses sont très claires aujourd'hui. D'ailleurs, c'est pour ça que ce n'est pas un métier qui est très valorisé, il faut le dire.

10:55
Présentateur

Et vous le dites, Agnès Évren, ça ne concerne pas que Paris, ces scandales dans le périscolaire. C'est un problème national et dans ce contexte, le Sénat a donc adopté hier une proposition de loi du centriste Hervé Moret pour renforcer les contrôles des adultes travaillant auprès des enfants. André.

11:08
Invité

Oui, car les affaires de violence et d'agression sexuelle, vous l'avez dit, ne se limitent évidemment pas à la capitale. Elles touchent l'ensemble des secteurs de l'encadrement des mineurs, du périscolaire au sport en passant par les centres de loisirs ou encore l'aide sociale à l'enfance. On écoute hier le garde des Sceaux. Confierait-on nos enfants à des inconnus croisés dans la rue ? Évidemment que non. Mais c'est pourtant ce que nous faisons, ce que la loi parcellaire nous conduit à faire, faute d'assurance sur le passé, sur le laisser aller finalement d'inconnus qui s'en occupent.

Face à l'urgence et pour pallier à ce laisser aller comme l'a dit le garde des Sceaux, le texte d'Hervé Moret vise à renforcer les vérifications avant recrutement. L'objectif, éviter que des personnes qui présentent un risque puissent continuer à travailler avec des enfants comme cela a pu être le cas, faute de contrôles suffisants ou de circulation d'informations entre les administrations. Alors aujourd'hui, il existe déjà des dispositifs mais il varie selon les structures. Parfois, c'est à la personne employée de justifier de son honorabilité. D'autres fois, l'enquête doit être faite par l'administration.

Ça peut aussi prendre du temps alors qu'on l'a dit, certaines collectivités sont contraintes de recruter dans l'urgence face au manque de personnel et parfois, il y a même des trous dans la raquette. Le secteur périscolaire pour le niveau de l'école primaire, donc hors ADSEM, n'est pas couvert par le contrôle d'honorabilité. Les personnels d'établissements scolaires privés hors contrat ne sont pas non plus contrôlés.

On lit même sur le site du ministère du Travail qu'un particulier qui ferait la demande d'une attestation d'honorabilité en vue de la transmettre à un employeur pour un poste d'encadrant dans un service périscolaire s'exposerait, je cite, à des poursuites car la loi ne prévoit pas que ce métier soit soumis au contrôle d'honorabilité. Le texte qui a été voté hier et qui est soutenu par le gouvernement généralise le contrôle d'honorabilité à toutes les personnes qui travaillent auprès d'enfants. Ça peut être dans le sport, dans le périscolaire, dans le public, dans le privé, même pour les gardes d'enfants à domicile.

La procédure est très rapide, elle se fait en trois jours et permet de vérifier qu'une personne n'a pas de condamnation au casier judiciaire ni d'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes. Une étape saluée par les sénateurs mais pour beaucoup il faut aller plus loin. Il faudra donc aller plus loin, créer un véritable registre national des interdictions à exercer, harmoniser les listes d'infractions entre les différents codes, mettre en place une évaluation psychologique des encadrants dans tous les secteurs. Nous avons besoin d'un véritable ministère dédié à l'enfance avec des moyens clairs identifiés et pérennes.

Nous avons besoin de renforcer la formation des personnels du périscolaire, de mieux encadrer leurs conditions de recrutement et de suivi. Nous avons besoin de créer des espaces sécurisés pour la parole de nos enfants où ils peuvent être entendus, crus et protégés. Madame Évren, est-ce que vous êtes de l'avis de vos collègues ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? Est-ce que ce n'est qu'un point d'étape finalement ?

14:07
Agnès Evren

C'est déjà très bien parce que la protection de l'enfance a été sous-traitée depuis des années dans ce pays et on a vraiment besoin d'un sursaut collectif. Cette PPL d'Hervé Moray, moi je la salue parce qu'en fait, elle répond exactement à toute la problématique de ce qui s'est passé à Paris où en fait, il y avait une absence totale de contrôle d'honorabilité. On a mis des animateurs sans vérifier s'ils avaient eu des antécédents sur des sujets d'abus sexuels par exemple. Et donc oui, il faut aller plus loin.

il y a le fichier également justement sur tous les antécédents historiques sur les affaires sexuelles et qu'il faut que cet accès à ce fichier soit absolument automatique et que les signalements désormais soient immédiatement pris en compte. À Paris, il y a eu des signalements qui encore une fois ont été totalement ignorés. Moi j'ai le souvenir pour répondre encore à la question que vous posiez tout à l'heure de Mme Hidalgo qui disait on est dans les statistiques nationales sur ce sujet. Ça a été dit en Conseil de Paris quand on a expliqué qu'il y avait quand même de plus en plus de parents d'élèves qui se plaignaient d'une école dans le 11e arrondissement.

Ah mais on est dans les statistiques nationales et on a balayé ça d'un revers de main. Donc non, on n'est pas dans les statistiques nationales encore une fois puisqu'on a une école sur six qui est concernée à Paris. C'est-à-dire c'est un scandale systémique.

15:23
Invité

Alors justement le sénateur Moret il souhaitait permettre aux employeurs d'être informés de certaines mises en cause dans des affaires de violence sexuelle. y compris quand elles ont été classées sans suite parce qu'il y a eu un cas justement à Paris d'un animateur qui avait été mis en cause et qui a ensuite agi dans une autre école. Pour la commission des lois ça allait trop loin parce qu'il y a la présomption d'innocence et puis il pouvait y avoir aussi des accusations des calomnies. Vous en pensez quoi vous de cette idée finalement qui a été retoquée par la commission de permettre à l'employeur de savoir quand il y a eu une mise en cause et juste une mise en cause.

15:55
Agnès Evren

C'est une obligation c'est une évidence. Il faut savoir qu'actuellement les maires d'arrondissement ne sont absolument pas au courant quand dans leurs propres écoles il y a des animateurs qui sont visés par ce type de signalement. Et donc évidemment il faut une transparence totale et absolue. Même s'il n'y a pas de condamnation ? Oui, il faut alerter. Il faut informer pour qu'on puisse éventuellement anticiper. Mais vous dites comme Emmanuel Grégoire il faut assumer d'être injuste c'est-à-dire à la moindre suspicion et il faut écarter. Principe de précaution. Principe de précaution.

Je veux dire ne pas suspendre ne pas écarter des animateurs même par précaution parce qu'ils ont une attitude un peu même agressive vis-à-vis d'un enfant ça n'est pas acceptable et donc au moindre signalement au moindre doute à la moindre interrogation on applique le principe de précaution.

16:40
Présentateur

Et le gouvernement qui en parallèle de l'examen du texte au Sénat présente aussi des mesures un texte sur la protection de l'enfance était présenté hier en Conseil des ministres parmi les mesures des contrôles judiciaires renforcés dans le périscolaire et puis cette annonce hier du ministre de l'Éducation nationale qui annonce une liste noire on l'écoute.

16:59
Invité

Principe de la liste noire c'est très simple c'est un fichier d'interdit d'école c'est-à-dire ce sont des adultes auxquels nous interdirons l'accès à l'école comme professeur comme animateur périscolaire comme intervenant associatif ou autre parce qu'ils auront été au préalable identifiés comme ayant commis des actes qui ne sont pas acceptables sur des mineurs. Ça peut être des sanctions évidemment pénales mais ça peut être aussi des personnes qu'on aurait nous-mêmes licenciées parce qu'elles auraient un comportement avec des mineurs qu'on considère inapproprié.

17:31
Agnès Evren

Cette liste noire c'est une bonne mesure ? C'est une très très bonne mesure c'est dommage qu'à chaque fois en France dès qu'il y a un problème quand la crise arrive à son paroxysme on a enfin des réponses mais ce type d'animateurs qui sont des prédateurs leur place elle n'est absolument pas à l'école elle n'est pas dans des centres de loisirs elle n'est pas dans des clubs de sport elle est parfois à l'hôpital ou en prison mais certainement pas devant des élèves.

Quand un enfant arrive dans son école il doit être enfermé dans une bulle de sécurité dans une bulle de protection dans une bulle de bienveillance il n'est pas normal encore une fois que tout ça va laisser des séquelles et des enfants qui étaient là pour apprendre pour jouer à être dans l'interaction se retrouvent aujourd'hui avec un très lourd fardeau qu'ils vont devoir gérer il faut le dire toute leur vie ce sont des séquelles à vie les psychologues le disent.

18:24
Présentateur

On a beaucoup parlé évidemment de ces scandales dans le périscolaire on va terminer sur une note positive parce que fort heureusement il y a beaucoup d'endroits où ça se passe bien on va en Meurtre et Moselle Bonjour Claude Thomas vous êtes maire sans étiquette Delmont vous avez mis en place ce que vous appelez un périscolaire premium en quoi ça consiste ?

18:44
Invité

Alors c'est pas moi qui l'ai appelé premium c'est d'autres collègues à vous en quoi ça consiste ?

c'est vrai que j'ai écouté le début de votre émission on n'a pas beaucoup parlé de projets éducatifs par exemple ça me paraît essentiel la sénatrice Evren a parlé d'emplois précaires aussi et je confirme qu'on est sur des emplois précaires donc je crois qu'on a travaillé sur ces deux questions-là la première question donc sur le projet éducatif c'est se dire que cet espace-là en aucun cas n'est un espace simplement de garderie mais vraiment un espace d'émancipation de citoyenneté un espace où on est attentif à l'environnement et puis la deuxième question de l'emploi précaire oui ce sont des emplois précaires souvent mal payés fractionnés donc nous on a essayé de travailler sur S.I.

d'avoir des contrats les plus longs possibles avec des temps de formation des temps de préparation dédiés des temps de rencontre entre l'équipe et puis on a la chance puisqu'on est dans un village d'être très en proximité de l'équipe éducative de l'équipe du Périscalaire

19:55
Agnès Evren

C'est un modèle à reproduire Agnès Sévren Vous parlez d'or monsieur en effet mais c'est vrai que ce n'est pas comparable Paris c'est 14 000 animateurs dont 10 000 sont vacataires et là où vous avez entièrement raison c'est qu'il faut parler de projets éducatifs on a l'affaire à des enfants encore une fois qu'il faut stimuler et donc le problème à Paris vous l'avez très bien dit c'est qu'en fait c'était une garderie ce n'était pas du tout des activités périscolaires qualitatifs on devait tout simplement gérer et donc nous on a un vrai sujet à Paris c'est le turnover c'est qu'en effet c'est très difficile de trouver des animateurs quand on a des horaires éclatés comme ça où on fait deux heures par-ci une heure par-là en fonction en fonction des jours donc oui moi j'aimerais bien qu'on puisse travailler plus sur le plan qualitatif des activités du temps périscolaire mais pour ça ça demande encore une fois une véritable formation ils ne sont absolument pas formés

20:50
Présentateur

juste vous entendez effectivement il y a une différence entre les petites villes les villages et les grandes villes ça a un coût pour votre commune monsieur le maire et est-ce que selon vous c'est un modèle qui est duplicable à une grande ville

21:03
Invité

alors je ne sais pas s'il est duplicable à une grande ville pourquoi pas en tout cas encore une fois la question du projet éducatif c'est à mon avis applicable partout la question de la formation la sénatrice Éveraine en parle oui aujourd'hui on a des animateurs qui pour la plupart ont le BAFA par exemple je pense qu'on a besoin aussi d'être accompagné je ne sais pas quels sont les moyens par exemple du ministère de Jeunesse et Sport pour accompagner pour accompagner ces espaces-là dans le ministère de Jeunesse et Sport il me semble-t-il il y a des conseillers éducatifs je pense qu'il faudrait interroger cet espace-là aussi pour qu'ils accompagnent mieux les espaces périscolaires et du coup j'ai oublié votre question je veux dire

21:52
Présentateur

un mot sur le coût le coût combien ça coûte

21:54
Invité

nous on est sur un reste à charge pour la commune qui représente 7-8% du budget

22:01
Présentateur

Merci monsieur le maire merci beaucoup pour ces précisions et de nous avoir parlé de ce périscolaire premium et on va évidemment y revenir dans quelques instants avec la ministre Aurore Berger on termine Agnès Évren par les trois unes de la presse régionale on les regarde ensemble d'abord c'est la canicule à la une de la presse et l'école justement au défi de la canicule c'est la une de l'Alsace avec notamment un enjeu dans les années à venir c'est la rénovation thermique des bâtiments scolaires la deuxième une c'est celle de la marseillaise le monde du travail étranglé à la pompe malgré les annonces du gouvernement l'explosion des prix des carburants presse durement sur les salariés et les artisans et puis la dernière une celle de la dépêche mineure violent quelle réalité les drames de Rennes et de Seine-et-Marne ont ravivé le débat sur la violence des mineurs l'état des lieux publié par le ministère de l'Intérieur sur 10 ans montre une réalité plus complexe il n'y a pas d'explosion générale même si des violences sexuelles et des tentatives de missiles progressent fortement de quelle une

22:57
Agnès Evren

avez-vous envie de nous parler ?

la deuxième évidemment le monde du travail estranglé à la pompe parce qu'on a en France un vrai sujet d'une peur du déclassement on a une population française qui se paupérise et qu'aujourd'hui quand on voit que dans le prix à la pompe 60% du prix ce sont des taxes en Espagne en Italie ils ont baissé les taxes qui pesaient justement sur le prix à la pompe et donc je trouve que la France est malade de ces taxes et que si on veut aujourd'hui améliorer le pouvoir d'achat des français il faut évidemment commencer par baisser ces taxes et puis aussi revaloriser le travail aujourd'hui le travail n'est pas suffisamment rémunérateur en France et donc nous on a un projet avec Bruno Retailleau d'essayer de rapprocher le salaire brut du salaire net au détriment de l'assistanat parce qu'il n'y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui fassent des efforts quand d'autres sont sur leur canapé d'autres vont travailler et ils méritent de gagner bien plus que ceux qui sont dans l'assistanat

23:53
Présentateur

Merci Anna Séverine Merci beaucoup Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme publique Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada

24:05
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

Agnès Evren : « La ville de Paris avait été alertée dès 2015 sur le périscolaire » — Agnès Evren · Pourquijevote