Propos antisémites attribués à Jordan Bardella: Louis Aliot revient sur l'affaire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13OuverteÉludée
Que lui répondez-vous ?
- 0:18OuverteRéponse directe
Répondez-vous alors à Emmanuel Macron ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Vous estimez qu'il est complètement hors propos ?
- 1:37OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a deux fronts ?
- 1:46OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un front interne, comme certains le disent, d'une recherche de taupes ?
- 2:36RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce sujet est totalement fantasmé par une partie de vos opposants et par la presse ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« Alors lui, en revanche, on a de quoi dire, puisque sur ce sujet-là particulièrement, il n'a pas brillé, il faut bien dire, par son courage. »
- 4:53Invité politiqueFait
« Personne ne croit en France aujourd'hui, à part l'extrême gauche et une partie de la gauche, que Jordan Bardella est un antisémite furieux. »
- 5:03Invité politiqueFait
« En revanche, beaucoup de Français, une majorité de Français croient que M. Mélenchon et ses amis sont aujourd'hui plutôt tournés vers l'antisémitisme et les actes et les personnalités qui sont anti-juives plutôt que le reste. »
- 10:34Invité politiqueFait
« Alors qu'en ce qui nous concerne, nous ne sommes pour rien dans l'état de la France actuelle. »
- 12:21Invité politiqueFait
« Mais dans la niche d'Éric Ciotti, il y avait le changement de cette loi et elle n'est pas passée par l'obstruction législative d'un certain nombre de groupes politiques à l'Assemblée. »
- 14:05Invité politiqueFait
« L'État n'arrive pas à renvoyer les OQTF, et on l'oblige, lui, à marier quelqu'un qui ne devrait pas être devant lui, puisqu'il aurait dû être renvoyé. »
- 15:50Invité politiqueFait
« C'est le citoyen français par l'impôt. »
- 16:56Invité politiqueFait
« ces gens-là, effectivement, devraient être arrêtés. »
- 18:55Invité politiqueFait
« il y a des meneurs, il y a des gens qui préparent ça, il y a des commanditaires aussi de ces choses-là. »
Temps de parole
- Louis Aliot54 %
- Présentateur23 %
- ?8 %
- Invité5 %
- Invité 24 %
- Invité 33 %
- Invité 43 %
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Bonsoir, Louis Alliot, merci
d'être là,
vice-président du Rassemblement national. Vous venez de croiser Sandrine Rousseau, vous avez sans doute écouté, vous étiez au bord du plateau, ces attaques à votre endroit, à
l
'endroit du parti. Que lui répondez-vous
? Ça
fait longtemps que je ne réponds plus rien à
ce
que dit Mme Rousseau.
Que
répondez-vous alors à Emmanuel Macron
?
Alors lui, en revanche, on a de quoi dire, puisque sur ce sujet-là particulièrement, il n'a pas brillé, il faut bien dire, par son courage. Je crois qu'il y a beaucoup d'ailleurs de membres de la communauté juive française qui lui ont rappelé,
et
d'ailleurs Jordan Bardella aussi dans un tweet, le 7 octobre, enfin après le 7 octobre, tout le monde attendait le président de
la
République, ils ne l'ont pas vu.
En
revanche, il a eu beaucoup de propos successifs pour dénoncer la guerre en Israël, etc. Et je crois qu'en plus de l'étranger,
il
n'honore pas la fonction que de discuter à son niveau
des
affaires politiques nationales, voilà.
Vous estimez qu'il est complètement hors propos
? Totalement,
mais vous savez, il est en
fin de parcours quand
même. L'antisémitisme, c'est une chose importante. Le président peut, dans ce genre de cas, intervenir, ce n
'est
pas
du tout illégitime. Il aurait
aimé qu'il intervienne le 7 octobre et qu'il accompagne tous les Français juifs dans la rue.
Oui,
mais l'un n'efface pas l'autre. Non, mais
vous savez... Ce n'est pas parce qu'il n'est pas
allé le 7 octobre que les propos attribués à M. Bardella sont sans importance.
Je
sais que vous allez lui trouver toutes les excuses du monde, il n
'y a
pas de souci. Mais je sais que ça choque aussi beaucoup de monde.
Est
-ce qu'il y a deux fronts ? Est-ce qu'il y a le front externe au Rassemblement national pour faire face justement aux accusations ? Et est-ce qu'il y
a
un front interne, comme certains le disent, d'une recherche d'une taupe ou de plusieurs taupes ? Ou alors ce sujet est totalement fantasmé par une partie de vos opposants et par la presse
? C'est vieux comme tous les partis politiques.
Je
ne
sais pas
ce que vous dire, comme le monde. Des taupes,
il
y en a toujours, il y en a toujours eu, il y en aura encore. Vous
avez
peut-être votre petite idée alors, M. Aïe
? En
revanche, il y a beaucoup de bavards. Et d'ailleurs, les journalistes se nourrissent de ces bavardages-là pour en faire quelquefois des histoires qui n'en sont pas. Des bavards au sein de votre parti ? Mais on
n'échappe pas,
vous savez, au travers des organisations humaines. Et donc de ce point de vue-là, très certainement qu'il y a des bavards. Mais de là à en tirer la conclusion que le torchon brûle entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, je pense que c
'est
un peu grossir le trait parce que, très honnêtement, dans cette campagne-là, aujourd'hui, nous menons tous la campagne présidentielle et je ne vois pas où est le problème.
Qu'est-ce que vous ferez s'il s'avère que Mediapart a raison ?
Mais je n'y crois pas.
Mais imaginons qu'ils aient raison. Oui, mais je n'y
crois pas.
Vous ne croyez pas, mais jusqu
'à présent,
dans toutes les affaires où Mediapart s'est mise en
avant... Non, M. Geoffrey. Si, ils ont gagné à chaque fois.
Non, non, non, non. Mais si. Ils ont été quand même dans plusieurs affaires mis en cause. Mis en cause, mais la
justice leur a donné raison. Regardez l
'affaire Cahuzac. Pendant des mois, on a
dit mais non, il n'y a pas de preuve, il n'y a rien.
Et à la fin, il y avait une preuve. Vous sortez
toujours la même affaire. Non, Sarkozy, pareil. Vous sortez
toujours la même affaire. Sarkozy, ils ont tronqué une preuve. Mais la justice, il y a deux journalistes de Mediapart qui ont été condamnés pour apologie de terrorisme, etc. Mediapart n'est pas une officine à l'abri de tout reproche, de tout soupçon et de toute critique. Surtout quand il est dirigé par M. Plenel. Donc moi, je ne fais aucune confiance à ce que dit Mediapart. Et vous dites, on verra bien. Eh bien, on verra bien. En tout cas,
vous allez porter plainte pour diffamation
?
Mais ça y est, je crois que Jordan l'a fait.
Jordan l'a fait aujourd'hui. Mais il y
a
un moyen d'aller plus vite. En tout cas, à tout le moins, cet article de Mediapart sera un fait de campagne, dans un sens ou dans un autre. Selon vous, est-ce que ça va être un fait de campagne de nature à ressouder votre électorat autour de ce binôme qui, pour l'instant, affiche sa solidarité et se montre encore soudé ? Ou est-ce que ça va être un fait de campagne qui va vous priver des segments électoraux qui vous permettaient de conquérir le pouvoir et qui vous manquaient par le passé
? Écoutez,
il y a deux choses. Aujourd'hui, là, ce soir, on parle d'un sondage qui va sortir pour demain. Qui est sorti déjà, un sondage dans le Figaro. Où je crois qu'on se porte pas mal. Absolument. Et dans un autre, sur la... C'est une
trentaine de points pour Marine Le Pen qui ne recule pas.
Et
sur un autre, sur la notoriété des personnalités,
je
crois que Jordan Bardella prend deux points. Donc ça, ça va clore le débat sur l'utilité du montage de Mediapart. L
'autre sujet... Montage qui n'est pas un montage à mon avis.
L'autre sujet... Si, c'est un montage au
moins médiatique. Je ne crois pas que ce soit un montage. C
'est un montage médiatique. Les
connaissants, je ne crois pas que ce soit un montage.
La meilleure manière, c'est qu'ils ont dit déjà qu'ils allaient feuilletonner. Bon. La vérité, sur le terrain, c'est que tout le monde s'en moque. Il faut quand même en avoir conscience. Personne ne croit en France aujourd'hui, à part l'extrême gauche et une partie de la gauche, que Jordan Bardella est un antisémite furieux. En revanche, beaucoup de Français, une majorité de Français croient que M. Mélenchon et ses amis sont aujourd'hui plutôt tournés vers l'antisémitisme et les actes et les personnalités qui sont anti-juives plutôt que le reste. Ça, c'est la vérité.
Je
vous propose d'écouter la réaction et un discours offensif et même des mots guerriers de la part de Marine Le Pen. Et vous allez me dire quelles vont être les conséquences, comment cela va se décliner.
Nous avons, et lui et moi, enfilé nos costards en Kevlar parce que là, c'est du lourd, là, qui tombe. J'avoue que la manipulation est légère comme un congrès de charcuterie. Mais il y a quand même quelque chose qu'ils doivent savoir, c'est qu'on ne va pas se laisser faire.
Nous
n'allons pas nous laisser faire.
Et
non seulement nous allons contre-attaquer et saisir, bien entendu, la justice, mais nous allons démonter cette manipulation. Et nous saurons qui est derrière cette manipulation.
Et
il va falloir enfiler les combinaisons en Kevlar. Ça veut dire quoi, tout ça ? C'est-à
-dire
qu
'il
va
y
avoir toute une stratégie qui est déclinée pour, pas à pas, justement, contrer la feuille de tonnisation de Mediapart
?
Non, mais nous, on le savait avant. On est sur une trajectoire de conquête démocratique du pouvoir. On savait très bien que tous ces gens-là ne l'accepteraient pas, politiquement. Et qu'ils feraient tout, ou ils feront tout, pour nous empêcher d'arriver aux affaires.
Vous
attendiez à une telle attaque sur un tel sujet
dans un tel domaine
? C'est elle qui dit, nous avons mis nos propres habits de Kevlar, avant de le dire pour les journalistes de Mediapart. Cette campagne va être sale, on le sait. Mais l'important, si vous voulez, ce n'est pas là, parce que les Français, eux, sont lucides. Les Français, quand ils vont à la pompe, c'est 2,40
euros
le litre, etc. On annonce un prix de l'essence à 3 euros. Les Français, c'est des difficultés pour remplir le caddie. C'est aujourd'hui l'insécurité.
C
'est, d'ailleurs, dans tous les domaines, une espèce de faillite du système, dont M. Macron et la droite et la gauche depuis 40 ans sont les responsables. Donc ils ne
vont
pas faire croire par ce genre de manipulation médiatique aux Français pour les détourner de la réalité de ce qui se passe en France.
Vous venez de dire que Macron participe à la manipulation médiatique ?
Non, mais il
prend le
train en marche.
Vous
venez de le dire. Il
prend le train en marche et ça lui va bien. Non, j'ai dit que Macron était comptable de l'état de faillite dans lequel nous sommes.
Est-il
comptable
des violences
?
Est-il comptable
des violences ? Selon vous, des violences, c'est ce qu'a dit Sandrine Rousseau juste avant vous.
Elle
a dit responsable de ces images que nous allons voir, images de dégradation, images de tension, images de violences, à l'encontre des personnels de l'éducation, à l'encontre des policiers, des pompiers. Il y a eu, je le précise à chaque fois, des blessés du côté des lycéens. Qui est responsable, selon vous, d'une telle situation, quand on voit de telles images, d'un chaos, en tous les cas, dans certains lycées ?
D
'abord, il y
a
des revendications. Ces revendications, elles sont ce qu'elles sont. Et elles sont quelquefois justifiées, pas justifiées. Et ça n'empêche pas qu'il vaut mieux quand même, et même il faut le demander, qu'il n
'y ait
pas de violence pour demander ces choses-là. Mais derrière tout cela, on le voit avec M. Bakayoko, avec les propos hier gravissimes de M. Mélenchon, sur lesquels d'ailleurs les médias en ont parlé, mais pas plus que ça. Il a parlé de sauvagerie policière. C'est quand même fort.
Alors
que la police, c'est quand même l'État républicain. Il parle de sauvagerie policière.
Et j'ai entendu Mme Rousseau... Ce sont quelle
nature de propos ? Et j'ai entendu Mme Rousseau absoudre particulièrement toute violence, même tout en disant qu'il ne fallait pas, évidemment, user de violence. Mais on sait très bien que dans un certain nombre d'endroits, un certain nombre de mouvements sont instrumentalisés par la gauche radicale et l'extrême-gauche. Mais quelle
est la nature des propos ? D'ailleurs au détriment des véritables intérêts des lycéens.
Vous dites qu
'ils
sont très graves. Comment vous les qualifiez, ces propos ?
De Mélenchon ? Oui. Ah ben, comment vous les... Ils sont anti-police. Ils sont anti-républicains.
Ils
sont en train de jouer une partition qui vise, je pense, à obtenir petit à petit la bordélisation de la vie économique, sociale et politique de la France. Comme ils font à l'Assemblée nationale, ils veulent que ce soit dans le pays. Mais évidemment, ils n'y arriveront pas parce que les Français sont des gens lucides. Et je pense que ce sont aussi des gens qui sont déterminés à tourner la page de ce système-là, auquel a appartenu M. Mélenchon pendant plus de 30 ans.
Est-ce que vous croyez... On dit souvent de la jeunesse que c'est comme le dentifrice qui sort du tube. Une fois qu'elle est dehors, on
ne
peut plus l'y faire rentrer. C'est qu
'il
y
a
un mouvement social annoncé pour le 17 octobre. Est-ce que vous croyez, est
-ce
que vous craignez qu'il y ait une convergence, un rassemblement des différentes luttes ? Mouvement contre la vie chère d'une part, mouvement lycéens d'autre part. Est-ce que vous craignez que tout cela converge le 17 octobre ?
Ils vont essayer.
C
'est sûr, la gauche va essayer. Et je pense que la gauche sera dans les rues. Qu'elle entraîne derrière elle l'ensemble des Français, ça je ne le crois pas. Voilà. Parce que cette gauche-là,
elle
a été aux affaires. Elle a soutenu les gouvernements de M. Macron. Et même M. Macron lui-même. Et je crois qu'il faudra faire le bilan un jour des résultats des uns et des autres. Parce qu'on oublie que M. Mélenchon était sénateur socialiste, ministre de Lionel Jospin, etc. Ces gens-là ne peuvent pas tout
d'un coup... Vous êtes
plutôt en train de l'institutionnaliser,
en rappelant son parcours. Oui, mais ces gens-là font mine de ne jamais avoir appartenu au système, alors qu'ils en viennent. Alors qu'en ce qui nous concerne, nous ne sommes pour rien dans l'état de la France actuelle. Et ça, je crois que les Français le savent.
Il
y a ces images. Il y a également une autre image.
C
'est une audience qui est toujours en cours au tribunal de Montpellier où se trouve quelqu'un que vous avez soutenu, que vous soutenez, que vous connaissez bien. Malgré d'ailleurs quelques divergences.
Toujours. Oui,
oui, oui. Sur ce plateau exprimé, notamment sur le soutien à l'Ukraine. Il s'agit de Robert Ménard. Alors ça dure depuis le début de l'après-midi. L'audience n'est pas terminée. Plaidoiries, réquisitions. Je l'ai rappelé tout à l'heure,
il
y
a
eu des moments de tension. Robert Ménard défend, lui, une décision de bon sens pour ne pas avoir marié cette personne qui est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français. Et on l'a souligné avec Arthur Berda et avec Laurent Joffrin. Il y a Bruno Rotaillot. Il y a David Lissnard. Il aurait pu y avoir lui à Lio
?
Oui,
oui,
sûrement.
Directement au tribunal.
Si
il m'avait demandé de venir le soutenir, je serais allé le soutenir. Vous savez, beaucoup de maires que je côtoie dans mon département sont d'accord avec Robert Ménard. Mais comme, évidemment, la question ne se pose pas, ils n'ont pas eu à faire face à ces
choses-là. Vous ne pensez pas
que les maires doivent respecter les lois
?
Oui. Mais quand ces lois vont à l'encontre d'autres lois
?
Non, ça ne va pas à l'encontre.
Vous, maire, vous auriez... Non, ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
C'est parce que les gens qui sont mariés ne sont pas exemptés de... La vérité. Attendez, d'OQTF, donc ce n'est pas forcément...
Oui, d'accord.
On peut très bien expulser quelqu'un qui vient de se marier.
On
a le droit de
faire ça. Robert
Ménard,
à ce moment-là,
pouvait penser
qu
'il était tout à fait justifié de ne pas marier quelqu'un qui était sous OQTF. Il pouvait penser, mais
il
pense
tout seul. Ce
n'est pas l'avis de la loi.
Non, mais c'est en tout cas l'avis des bitérois qui le soutiennent massivement. Oui, mais ce n
'est
pas les bitérois qui font la loi,
c
'est pareil. La loi aurait pu changer, je le rappelle.
Mais
même le
président de la République a jugé que c'était bu à excluer le loi. Oui, oui,
mais dans la niche d'Éric Ciotti, il y avait le changement de cette loi et elle n'est pas passée par l'obstruction législative d'un certain nombre de groupes politiques à l'Assemblée, ce qui prouve aussi la duplicité de tout un tas de personnes qui viennent en disant « Oui, c'est anormal, mais lorsqu'il a fallu changer la loi, ils n'ont pas soutenu M. Ciotti pour faire passer cette loi. » C'était qui ?
Vous parlez
de
qui, là ?
Pardon, Laurent Joffrin, on va écouter Bruno Rotaillou qui s'était exprimé tout à l'heure.
Robert Ménard est un maire, c'est aussi un ami,
mais
je trouve qu'il est ici, au banc des accusés,
d
'une façon surprenante. C'est un défi au bon sens.
Parce
que ni vous, ni moi, ni lui,
ni
Stéphane Demilly, sénateur aussi, n'aurait dû être là. Ce qui est incroyable, ce que j'ai essayé d'expliquer, c'est que Robert Ménard comme maire a été pris dans une tonaille totalement contradictoire. Parce qu'on savait que célébrer, il savait que célébrer ce mariage, c'était en quelque sorte neutraliser la mesure individuelle d'éloignement du territoire.
– Est-ce que la décision de bon sens, certains la comprennent, mais est
-ce
que quand même, vous pourriez dire, pas encourager, mais dire au maire qui se retrouve face à une telle situation, oui, c'est ce qu'il aurait fallu faire, y compris s'il y
a
le risque de perdre son mandat, y compris avec le risque de l'inéligibilité,
y
compris avec le risque
d
'une telle... Je dis au législateur, aidez les maires, échangez la loi. Parce que, comme le disait Robert Ménard d'ailleurs, il se retrouve, lui, à payer l'inconséquence de l'État. L'État n'arrive pas à renvoyer les OQTF, et on l'oblige, lui, à marier quelqu'un qui ne devrait pas être devant lui, puisqu'il aurait dû être renvoyé. C
'est quand même le
comble de la chose.
Le comble étant qu'Emmanuel Macron lui-même avait parlé d'une situation ubuesque, sans agir, en tout cas directement, pour
la changer.
M. Macron a compris que c'était le ministère de la Parole, tout son mandat, et que derrière, c'est du vent. Tout le monde l'a compris. Mais là, il y a encore des députés à l'Assemblée. On pourrait modifier cette loi. Vous
dites qu'il faut le faire avant
la fin de la législature
? Moi,
je crois que pour aider les maires, oui, on devrait le faire. Mais je n
'ai
pas l'impression que beaucoup de monde va avoir le courage de le faire, mis à part, évidemment, les groupes de M. Sciotti, du Rassemblement national et quelques autres.
Le délibéré n'est pas prévu avant plusieurs semaines. Et si, parce que c'est une possibilité, il y a une peine d'inéligibilité pour le maire de Béziers. Qu'est-ce que ce serait, selon vous, une jurisprudence, un avant et un après ?
Je crois qu'il prendrait le risque de voir un certain nombre de maires en grève. Parce qu'après tout, tout le monde fait grève. Mais les maires ont cette obligation de marier, qui leur vient de l'État. Mais je pense qu'un certain nombre de maires sortirait dans la rue pour dire maintenant, stop, arrêtez de nous faire endosser, j'allais dire, la responsabilité d'actes que vous n'êtes pas capables de prendre en s'adressant au gouvernement et à l'État.
Alors les actes, justement, on va continuer à en parler. On va revenir aux images aujourd'hui de dégradation, de violence. Parce qu'il
y a
une chose dont on n'a pas parlé, puisque vous parlez d'actes, de responsabilités, c'est que qui va assumer la facture ? –
Par
exemple, en Ile-de-France,
monsieur
Alliot. – Eh oui.
–
Donc vous tous ?
–
Bien sûr.
Et
qui avait endossé la facture des manifestations qu'il y avait eu après l'affaire Naël dans les banlieues et partout en France ? C'est le citoyen français par l'impôt.
– Vous ne reprenez pas le slogan, si je puis dire, de Gabriel Attal. Tu casses, tu payes, tu abîmes,
tu répares, tu salies, tu nettoies. – Tu peux la décliner. – Ça, ce serait l'idéal.
Mais on ne va pas vers, manifestement, la situation où on arrête les gens qui cassent pour les traduire dans la justice et ensuite leur faire payer. On n'en est pas là. –
Vous êtes pour le principe du casseur-payeur
? –
Il faudrait, oui. – Y compris chez les lycéens
? –
Écoutez, ils ont des
parents. –
Absolument.
–
Je suppose.
– Alors le trichement
des parents, des allocations parfois, pour agir sur ce levier-là
? – Moi,
j'estime qu'il y
a
une responsabilité, oui. Mais je vois aussi des lycéens qui manifestent paisiblement ou qui sont dans le groupe. Mais j'en vois d'autres, beaucoup de cagoulés, de masqués, etc. Ça aussi,
c
'est quand même pas normal. Je veux dire, on est dans des manifestations. M. Geoffrey disait que quand il était jeune,
un
lycéen, il avait manifesté. Je ne
sais
pas si on se déguisait de la sorte de votre époque. Mais là,
les gens qui
sont masqués et qui mettent le feu aux poubelles, c'est bien d'une intention délectuelle, ces gens-là, effectivement, devraient être arrêtés.
– Là, vous parlez d'individus qui sont masqués, cagoulés, qui infiltrent, en tout cas qui rentrent ou qui s'approchent aux abords des lycées, et effectivement qui participent à ces violences, à ces tensions et plus largement à ce qu'on a vu. Mais que répondez-vous ? Vous avez cité tout à l'heure Bali Bagayoko. Vous dites que c'est très grave. Certains ont dit que ça pourrait tomber sous le coup de la
loi. – Mais je crois qu'il est poursuivi ce soir. – Vous pensez que ce sont des propos… – Je
crois que le préfet de police de Paris a
décidé
de le traduire
dans les… – Effectivement, il a saisi l'article 40. –
Dans le cas de mineurs,
on
dit souvent que
c
'est des gamins.
–
Oui, c'est vrai. – Est-ce que dans ce cas-là,
la
police ne doit pas prendre un peu plus de précautions, être un peu moins violente,
un peu moins
dure ?
–
C
'est des gamins. – Il y a
eu des cas, il y a eu trois cas où le
GPN
a été saisi. –
Ça, c'est très bien,
il y aura une enquête.
–
Pour une réponse
disproportionnée. – Et si les policiers ont mal agi, ils seront sanctionnés. Mais il y a aussi de la violence de l'autre côté. Moi, je la vois tous les jours, alors pas avec des lycéens, mais dans la rue, par des mineurs. Voilà, par des mineurs. Donc il faut aussi que la société se défende face à un certain nombre de violences. Mais ce dont je peux témoigner, pour avoir vu déjà beaucoup de manifestations lycéennes, c'est qu'une grande part des lycéens ne sont pas dans cet état d'esprit. Mais malheureusement, ils vont payer l'addition pour celles et ceux qui vont semer la perturbation sous, évidemment, l'incitation de M. Mélenchon et de quelques autres.
– Vous dites Emmanuel Macron est comptable de l'état de faillite, mais vous, si vous arrivez au pouvoir, quels ordres ? Peut-être serez-vous alors ministre de l'Intérieur ou autre, mais quels ordres faut-il donner ?
Est
-ce que vous estimez, malgré tout, que le maintien de l'ordre tel qu'il est présenté, tel qu'il a été discuté et mis en place, est correct aujourd'hui, malgré une
telle situation ? – Le maintien de l'ordre,
il a ses codes, il a ses responsabilités, il a sa hiérarchie. Moi, je ne suis ni un policier, ni un officier de gendarmerie. Ils assureront le maintien de l'ordre.
– Oui, mais
alors si vous deviez juger d'un tel
maintien de l'ordre ? –
Mais
dans
ces mouvements, il y a des meneurs, il y
a
des gens qui préparent ça, il y
a
des commanditaires aussi de ces choses-là. Eh bien aussi, il faut agir pour aller arrêter ces gens-là avant qu'ils ne commettent ces actes-là. Parce qu'en général, soit c'est spontané, bon, mais très bien, on les arrête sur le fait, soit ce n
'est
pas spontané, mais là, je trouve que les choses sont plus graves.
– Et quel est le risque si telle situation perdure ? Est-ce que pour vous, certains, je dis bien certains, en faisant attention à chaque mot que j'utilise, parlent d'un climat préinsurrectionnel ? Est-ce que c'est totalement disproportionné ? Ou est-ce que vous vous inquiétez d'une telle situation dont devrait hériter le prochain ou la présidente
? –
Moi, je m'en inquiète, mais
d'autres la demandent, et ça
me
félicite, et ça réjouisse. – Vous ne pensez pas que Jean-Luc Mélenchon attend une bataille dans les urnes également, notamment
avec vous et d'autres
? –
Mais il préfère la bataille dans la rue avant celle des urnes.
–
Donc c'est un révolutionnaire pour vous ? C'est lui qui installe ce
climat préinsurrectionnel ? – Oui, je pense qu
'aujourd'hui, ils ont une dérive révolutionnaire et avec des propos violents. La sauvagerie policière, moi j'étais très choqué par ce propos, c'est la mise en cause des intentions et des actes de la police républicaine de la France, alors qu'il n'y a aucune raison. Il y a eu trois affaires et l'IGPN est saisie, et bien il y aura une enquête et on verra qui est responsable.
– Donc à l'inverse, quand il y a des violences particulières, et on ne parle pas de violences policières à l'égard des lycéens, vous dites aussi évidemment que là, il faut le condamner totalement.
–
Heureusement, oui bien sûr. – Voilà.
–
Aussi clair. –
Merci
Luayu d'avoir été notre invité. –
Merci.
Louis Aliot