L'invité d'Apolline Matin : Mobilisation lycéenne, le maintien de l’ordre décrié... des députés veulent que le ministre de l’Intérieur s’explique - 06/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Vous allez lui demander quoi ?
- 2:22RelanceRéponse partielle
Mais Boris Vallaud, il y a des pratiques brutales en face.
- 3:29OuverteRéponse directe
Vous demandez à la police de vous adapter à cette situation ?
- 4:12RelanceRéponse directe
Est-ce qu'on ne parle pas de deux choses différentes ?
- 5:00OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous appelez aussi les parents à se mobiliser ?
- 6:56OuverteRéponse directe
Au fond, est-ce qu'on n'est pas devant deux phénomènes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Je vais lui demander comment il justifie qu'à un mouvement lycéen, ils soient d'abord répondus par des mesures de police. »
- 0:33Invité politiqueFait
« Pourquoi face à des mineurs, à des enfants, les opérations de maintien de l'ordre sont souvent d'une grande brutalité ? »
- 0:41Invité politiqueFait
« Pourquoi la pratique des NAS avec les lycéens prime sur la recherche du dialogue de la désescalade ? »
- 1:12PrésentateurFait
« Il a eu sa main arrachée hier matin devant son lycée, c'était à Lens. »
- 1:58PrésentateurChiffre
« 85% des personnes, des jeunes arrêtés sont mineurs. »
- 3:16Invité politiqueFait
« 10 ans durant lesquels la situation de l'école n'a cessé de se dégrader. Et la part de l'école dans les dépenses publiques a régressé. »
- 4:42PrésentateurChiffre
« 5 000 interpellations, 6 000 à ce jour. »
Temps de parole
- Invité politique51 %
- Présentateur22 %
- Invité15 %
- ?8 %
- Auditeur3 %
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Vous
écoutez RMC. Le ministre de l'Intérieur doit s'expliquer. Voilà ce que vous demandez, Boris Vallaud. Bonjour. Vous êtes le président du groupe socialiste à l'Assemblée. Vous êtes député des Landes. Vous demandez donc l'audition de Laurent Nunez. Il semble qu'il ait répondu favorablement. Cette audition aura lieu devant la Commission des lois ce mercredi. Vous allez lui demander quoi
? Je
vais lui demander comment il justifie qu'à un mouvement lycéen, ils soient d'abord répondus par des mesures de police. Pourquoi face à des mineurs, à des enfants, les opérations de maintien de l'ordre sont souvent d'une grande brutalité ? Comment il justifie que la doctrine du maintien de l'ordre n
'ait
pas évoluée, qu'elle ne soit pas à
l
'identique de l'Allemagne, une doctrine de désescalade ? Pourquoi sont encore utilisées dans les manifestations des grenades de désencerclement quand il s'agit de mineurs, de jeunes et des LBD ? Pourquoi la pratique des NAS avec les lycéens prime sur la recherche du dialogue de la désescalade ? Je suis très inquiet, je dois vous dire. Vous êtes très inquiet ? Oui,
je
suis très inquiet de ce que j'observe.
Je
suis très inquiet des blessures graves que l'on a été. On
a parlé évidemment de ce jeune
lycéen de 15 ans, c'est le dernier épisode. Il a eu sa main arrachée hier matin devant son lycée, c'était à Lens.
Vous savez, ni l'Allemagne, ni bien d'autres pays de l'Union Européenne n'utilisent ces moyens en matière de
maintien de l'ordre. Ces grenades de
désencerclement,
comme on le dit,
ne sont pas utilisées par nos voisins. A fortiori, quand il s'agit de manifestations lycéennes. Et je dois vous dire que c'est une des inquiétudes et une des questions, une des interpellations anciennes que nous formulons à l'endroit du gouvernement et l'endroit de M. Nouniez en particulier, puisqu'il est le ministre de l'Intérieur. Garant, non seulement de l'ordre public, mais de la possibilité d'exercer un certain nombre de liberté publique. Et non seulement, nous interrogerons M. Nouniez, mais nous déposerons une proposition de loi pour que, lorsqu'il s'agit de manifestations lycéennes avec une majorité de mineurs, ce que vient de confirmer le profil de ceux et de
celles qui ont été interpellés...
85% des personnes, des jeunes arrêtés sont mineurs.
Eh
bien, nous voulons une proposition de loi qui, comme en Allemagne, comme en Belgique, comme dans les pays nordiques, fait que quand il y a des manifestations, je parle de manifestations de lycéens, c'est-à-dire pour l'essentiel de mineurs, il n'y ait pas d'utilisation de grenades de désencerclement, de LBD, et que des pratiques, qui sont des pratiques brutales, comme l'entranglement, ne soient pas utilisées.
Mais Boris Vallaud, il y
a des pratiques brutales en face. C'est-à-dire que les manifs lycéennes, on a eu d'ailleurs de nombreux auditeurs depuis ce matin qui disent « mais moi j'ai manifesté quand j'avais 15 ans, 20 ans », mais on ne cassait pas.
Alors d'abord, il y
a
toujours eu malheureusement des casseurs, et il faut évidemment condamner toutes les formes de violence, et les lycéens eux-mêmes, devant leurs établissements, quand il y
a
des blocus, réclament que ces manifestations soient pacifiques, pour faire entendre leurs messages, parce que c'est d'abord leurs messages qu'il faut entendre. Ceux d'une angoisse face à l'avenir, de la dénonciation de conditions de travail qui sont inadmissibles, enfin du temps surchargés, il y a besoin d'une réponse à ces lycéens. Et aujourd'hui, je ne l'entends pas. Aujourd'hui, je souhaite que les manifestations soient pacifiques, que ce soit un moment d'expression des revendications, et surtout qu'elles soient entendues par un gouvernement qui est aux responsabilités depuis 10 ans, 10 ans durant lesquels la situation de l'école n'a cessé de se dégrader.
Et la part de l'école dans les dépenses publiques a régressé. Et Boris
Valois, ça ne vous
inquiète pas que des collèges, c'est
-à
-dire des enfants de 11 ans, soient bloqués ? C'est quand même une question de société, ça. Il n
'y a
pas un problème, là, quelque part ?
Des
collégiens, des enfants de 11 ans, qui
bloquent un lycée, et
vous demandez à la police de vous adapter à cette situation
? Mais
pourquoi vous suggérez-vous qu'ils lancent
des
grenades des encarclements devant
les collèges ? Je dis juste que,
compte tenu de la nature de ces mobilisations, avec des enfants, il faut que l'adoption et le maintien de
l
'ordre correspondent à la nature
de la manifestation. Mais vous ne pensez pas qu'on doit aussi s'interroger sur
ce qui se passe dans cette société
avec les enfants
? Bien sûr, est-ce qu'on peut aussi s'interroger sur ce qui se passe en Allemagne ou en Belgique en matière de maintien de l'ordre ? Ça ne se passe pas de cette manière-là. Par ailleurs, vous avez raison, oui, il y
a
un problème avec l'éducation.
De
société ? Oui,
il
y
a
un problème d'angoisse d'une jeunesse qui se dit « Mais finalement, on m'envoie dans une école dont le niveau régresse, qui accroît les inégalités, avec des conditions de
travail qui sont dégradées. » Sont-ce les mêmes ? C'est-à
-dire, Boris Vallaud, est-ce qu'on ne parle pas de deux choses différentes ? C'est-à-dire que lorsqu'on écoute Éric Delbecq tout à l'heure, Alain Boer hier, qui était lui-même l'ancien président de l'UNEF, vice-président de l'UNEF, qui a bien connu des manifestations, il dit « Aujourd'hui, nous avons deux groupes distincts, qui en réalité d'ailleurs, même physiquement, sur les trottoirs des lycées ne se mélangent pas. »
Les lycéens
au pied de leurs écoles et des groupes de casseurs qui sont parfois même plus nombreux.
Vous
évoquiez le nombre des interpellations, des interpellations de mineurs, des interpellations
de lycéens. 5 000 interpellations, 6 000 à ce jour. Qu
'il y ait
des
casseurs et que, je ne
dis
pas qu'il ne
faut
pas qu
'il
y
ait
de maintien de l'ordre, je dis « Oui, il faut qu
'il y ait
du maintien de l'ordre, mais il faut qu
'il y ait
un maintien de l'ordre qui soit adapté à la nature des manifestants. »
C
'est ça qui est important. C'est-à
-dire,
c'est nos enfants, c'est nos gamins qui sont devant leurs
détails. Est-ce que vous appelez aussi les parents
à se mobiliser ? Je voudrais qu'on donne la parole à Christelle, vous allez pouvoir lui répondre. Bonjour Christelle. Bonjour. Christelle, vous nous appelez de Seine-et-Marne. Vous êtes vous-même, d'ailleurs, je crois, enseignante et, par ailleurs, maman de trois enfants.
Oui, tout à fait, oui. Et c'est vrai que ce mouvement, je le trouve légitime. Je comprends, en fait, les revendications des lycéens. Ce que je ne comprends pas, c'est la violence, en fait, des deux côtés. Parce qu'on parle beaucoup de la violence policière, mais il y a aussi, il ne faut pas oublier, des enseignants, des personnels de l'éducation qui ont été touchés. Et pas par des lycéens, du coup, souvent de l'établissement, mais d'autres groupes qui viennent et qui perturbent le mouvement lycéen pacifique. Et c'est à ce niveau-là que je souhaite intervenir. Parce qu'en fait, il y
a
une peur en tant que parents pour nos enfants. Vous
avez,
je crois, parmi vos enfants, un lycéen et un
étudiant ?
Oui, tout à fait. Et c'est vrai que jusqu'à présent, c'était relativement calme. Là, comme le mouvement s'étend, ils sont impactés. Et
vous leur dites quoi ?
De rester chez
eux
ou alors,
au
contraire, d
'y aller ? Alors là,
au niveau du lycée, les courses sont en distanciel. D'accord. Mais pour l'instant, au niveau de l'université, c'est encore en présentiel.
Mais vous dites, j'ai peur.
Oui.
Alors, en tant que lycéenne, je me souviens avoir manifesté, pour défendre nos droits. Là, j'ai peur parce que franchement, c'est ultra violent. Mon fils est rentré choqué hier, suite aux événements qu'il a pu y avoir devant son lycée.
Choqué par les
autres jeunes ou choqué par la police ?
Des deux côtés, en fait. Par les jeunes qui n'étaient pas de son établissement et qui sont venus, clairement, pour casser,
pour frapper.
Boris Vallot,
je voudrais que justement, vous puissiez réagir à ce que dit Christelle. Au fond, est-ce qu'on n'est pas devant deux phénomènes, des manifs lycéennes et des violences urbaines
?
Mais peut-être. Moi, je ne suis pas un ministre de l'Intérieur. Je le dis avec netteté. On ne s'en prend pas aux établissements scolaires. On ne s'en prend pas aux personnels enseignants, évidemment, et d'évidence.
Ce qui est compliqué, Boris
Vallot, c'est qu'il
n'y a
pas de loi à retirer
pour calmer la colère. Est-ce
que vous me parlez de revendications lycéennes ce matin ? Non, elles sont étouffées.
Non, on parle que ça. Elles sont étouffées par... Vous-même, Boris
Vallot, votre objet aujourd'hui, et ce qui vous intéresse, c'est la question du maintien de l'ordre.
Votre mobilisation aujourd'hui, c'est pour demander au ministre de l'Intérieur. Donc, n
'inversez pas les choses.
C
'est important.
Parce
que la cellule
de
crise face au mouvement des lycéens, elle s'organise place Beauvau et par rue de Grenelle au ministère de l'Éducation nationale. Et je souhaite que la réponse, elle soit d'abord, évidemment, une réponse éducative. Je veux qu'il
y
ait un dialogue qui s'engage, non seulement au sein du ministère, mais au sein des académies, au sein des départements, établissements par établissement, que la démocratie lycéenne puisse s'exprimer, que les
moyens soient
mobilisés. On sera en soutien de cette mobilisation. Et puis, vous le savez, les services d'ordre, je crois, des organisations syndicales, des partis politiques, seront là pour encadrer, parce que nous souhaitons toutes et tous, pour nos enfants, pour l'avenir, que les choses se passent bien. Et je crois que cette préoccupation, elle doit aussi être celle du gouvernement. C'est ce que nous
attendons. Une dernière question pour Isvalo. Je reçois tout à
l
'heure Gérard Larcher, le président du Sénat. La loi Casseur-Payeur, qui a été accélérée pour être examinée par le Sénat dès le 27 octobre, ça, c'est une des réponses que
vous pouvez tout à fait dégâter. Non, mais honnêtement,
c
'est
un hochet. Moi, je veux bien qu'on fasse plaisir, mais cette loi ne servira à rien. Il y
a
déjà un certain nombre de dispositifs légaux qui peuvent être activés. Par ailleurs, vous avez bien compris le principe de cette loi. C
'est
que vous pouvez être dans une manifestation de façon parfaitement pacifique et finalement payer la facture pour les autres. Non, le principe, c'est que quand on est responsable, d'abord de ces actes.
Merci beaucoup, Boris Vallot, d'être venu sur RMC ce matin. Vous êtes le président du groupe socialiste à l'Assemblée. Vous êtes à l'origine de cette convocation à laquelle, semble-t-il, le ministre de l'Intérieur a décidé de répondre oui.
Et d'une proposition de loi que nous déposons.
Et votre proposition de loi, effectivement, pour une désescalade face à des manifestants mineurs.