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interviewLe Média — Podcasts· 15 octobre 2024 28 min

Les malheurs d'Aurore Bergé, la grosse déprime de Macron | Nils Wilcke

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Salut à toutes et à tous, vous regardez Le Média et sur Le Média vous regardez Les Indiscrets de Nice-Villequeux, une plongée hebdomadaire dans les coulisses de la politique française telle qu'on la raconte peu, c'est-à-dire sans phare ni éléments de langage. Au sommaire, Aurore Berger est dans la sauce. La figure emblématique du macronisme volontiers agressif des belles années connaît des déconvenus qui pourraient faire passer les soucis de Marlène Schiappa dans l'affaire du fond Marianne pour une promenade de santé.

Dans quelques instants, vous saurez tout sur les dessous de la décision du bureau de l'Assemblée Nationale qui a fait appel au parquet pour parjure dans l'affaire des crèches privées. Emmanuel Macron, le petit prince de la Startup Nation, est-il désormais le roi de la Louse ? En tout cas, il est en pleine traversée du désert après son idée lumineuse de dissolution de l'Assemblée Nationale et la superbe passe qu'il a faite aux Républicains avec la nomination à Matignon de Michel Barnier. Salut Nils ! Salut Théo ! Alors, tu as des nouvelles récentes d'Aurore Berger.

Oui, on l'avait laissée simple députée, désormais débarrassée du fardeau gouvernemental comme ministre, alors même si elle a fait des pieds et des mains pour y rester au gouvernement. Et Aurore Berger donc refait la une des médias, mais pas pour les raisons qu'elle aurait souhaitées. Alors, il y avait eu de vilaines accusations de harcèlement moral, lancées par d'anciens collaborateurs de la ministre. D'autres cas étaient sortis concernant Prisca Thévenot et d'autres collègues d'ailleurs au gouvernement qui avaient éclaboussé la gestion RH de Gabriel Attal, comme je l'avais révélé dans Politis.

Après, il y avait eu aussi les déboires de son compagnon Grégory Besson-Moreau qui avait échoué à obtenir le poste de conseiller parlementaire au cabinet de Barnier à Matignon, alors officiellement pour ses liens avec l'industrie agroalimentaire. Mais j'avais révélé aux médias que c'était en fait sa relation avec Aurore Berger qui l'a desservi, les députés macronistes, ne voulant pas traiter avec lui en raison de leur animosité envers leurs collègues redevenus députés. Les ennuis continuent, comme tu le soulignais. Aurore Berger est désormais soupçonnée de faux témoignages devant la commission d'enquête sur le modèle économique des crèches.

Rien que ça, regardez la séquence, date du mois de mai.

2:31
Aurore Bergé

Je n'échange pas régulièrement, je n'ai pas d'amitié et je n'ai encore moins d'intérêt. La personne que vous évoquez, Elsa Hervie, je suis sous serment. Vous l'avez auditionnée, elle est également sous serment. Je sais ce que je risque si j'exposais le moindre mensonge devant cette commission d'enquête. Donc je le redis sous serment pour que ce soit clair. Je n'ai jamais, jamais de ma vie rencontré Elsa Hervie dans un cadre personnel et intime. Je n'ai pas d'amitié, je n'ai pas d'accointance, je n'ai pas de relation personnelle, encore une fois, avec aucune personne d'aucun lobby.

3:08
Présentateur

Voilà, donc Aurore Berger avait nié tout lien de proximité avec la lobbyiste Elsa Hervie, qui est déléguée de la Fédération française des entreprises de crèches privées, tout en reconnaissant quand même devant les députés l'avoir rencontré en 2008 lors de leur passage respectif à l'UMP. Alors le problème, c'est le livre-choc de notre confrère Victor Castané, qui affirme le contraire dans son enquête Les Ogres, et qui évoque des éléments de langage transmis à la ministre et un pacte de non-agression conclu avec le lobby des crèches privées.

3:40
Locuteur 6

Écoutons-le. On m'a transmis des documents, on m'a transmis des messages WhatsApp, des mails, des enregistrements, où j'ai pu voir effectivement des échanges très réguliers entre Elsa Hervie, la déléguée générale de la Fédération, et Aurore Berger, l'appui ministre des Solidarités et des Familles. Et je l'explique dans le livre, l'existence d'un pacte de non-agression au moment de cette crise, il y a un an, où effectivement, les règles du jeu étaient simples. Un, vous ne tapez pas, les adhérents de la Fédération ne remettent pas en cause la politique gouvernementale, et nous, on saura faire preuve de bienveillance à votre régulière.

4:18
Présentateur

Et entre-temps, Nils, Victor Castané a dévoilé des preuves de ce qu'il avance. Oui, il a tout, il a commencé à balancer les documents, effectivement, qu'il a recueillis dans le cadre de son enquête. Alors l'un d'eux, c'est un courriel adressé le 8 août 2023 par la ministre à sa directrice de cabinet, où elle dit à propos de la lobbyiste, Elsa Hervey, c'est surtout une copine, petit smiley, elle sera très aidante avec moi. Alors, Victor Castané a publié aussi une capture d'écran de messagerie. La ministre aurait également qualifié les membres de la Fédération des Crèches privées de « meilleurs alliés ».

Et enfin, dans un troisième message, c'est cette fois la lobbyiste Elsa Hervey qui écrit à une personne identifiée par Victor Castané « Comme un collaborateur de la ministre, j'obéis » en parlant de la mise en place d'un plan de communication. Alors, l'ancienne ministre aurait-elle menti ? Si tel est le cas en droit, on appelle ça un parjure, potentiellement, et c'est gravissime, ça pourrait lui valoir une condamnation au pédale. Le parjure est puni de 5 ans de prison et de 75 000 euros d'amende.

Autre grief qui lui est fait par les députés de gauche, Aurore Berger est soupçonnée d'avoir torpillé la commission d'enquête proposée par LFI après des révélations de rapports de l'IGAS sur des usines à bébés à propos des crèches. Et à l'époque, la droite était opposée à cette commission d'enquête, tout comme une large partie des macronistes. Pour le moment, la ministre dément tous ces éléments et elle bénéficie évidemment de la présomption d'innocence.

En tout cas, c'est le bureau de l'Assemblée nationale qui a pris la décision de transmettre au procureur une demande d'engagement de poursuite pour faux témoignages, une procédure qui a été portée par la présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, et le député écolo, Emmanuel Duplessis. Alors, c'est quoi exactement ce bureau de l'Assemblée pour ceux qui ne sont pas familiers avec son fonctionnement, Nils ? Oui, si on n'est pas très familiers de son fonctionnement, c'est que c'est l'instance la plus puissante de la Chambre basse. Alors, la Chambre basse, on le rappelle pour les novices en politique, c'est l'autre nom de l'Assemblée par opposition à la Chambre haute qui est le Sénat.

Et donc, le bureau de l'Assemblée règle notamment les cas disciplinaires, par exemple, si un député doit être sanctionné ou pas. Et on se souvient, on en a parlé dans d'autres émissions, que sous le règne de Yael Brom-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, il y a eu beaucoup de cas de sanctions, et notamment pour les députés de gauche et LFI. Alors, habituellement, c'est plutôt à la commission d'enquête en question de porter l'affaire devant le procureur en cas de problème, mais en raison de la dissolution, cette commission, elle a été dissoute sur les crèches privées, et c'est au bureau, évidemment, que la question a été finalement débattue.

Alors, le bureau de l'Assemblée, il a un fonctionnement assez secret, parce que ses membres, finalement, sont très restreints, et ils exercent en principe une grande discrétion. Mais vous commencez à me connaître, j'ai enquêté et activé mes contacts. Alors, on va, dans ce cas, voir le fin mot de l'histoire. On imagine, qu'est-ce qui a convaincu les députés du bureau de voter pour transmettre les soupçons qui entourent Aurore Berger au parquet ? Alors, il y a plusieurs raisons. D'abord, il y a les arguments juridiques. La demande portée par Mathilde Panneau et Duplessis était solidement argumentée, me dit un membre du bureau.

Alors, il ne s'agit pas de juger Aurore Berger, mais bien de laisser la justice décider des suites à donner à ce signalement. Et finalement, m'explique-t-on, c'est cette raison qui a emporté le vote. Une majorité de députés n'a pas voulu entraver. Le travail de la justice me confie ma source qui est haut placée au bureau. Ensuite, il y a aussi une volonté plus symbolique de redonner du crédit aux commissions d'enquête parlementaires. Pas toujours respectées comme elles le devraient, me confie une députée qui a fait partie de la commission devant laquelle a témoigné Aurore Berger.

On se souvient de la désinvolture de certains collaborateurs de l'Elysée lors de l'affaire Benalla, comme celle de l'intéressé d'ailleurs, ou de la mort d'un certain Bolloré face aux députés. On est très loin des commissions d'enquête, par exemple, devant le Sénat aux États-Unis, où les grands PDG suent à grosses gouttes devant un feu nourri de questions des élus. Souvenez-vous du malaise de Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a interrogé sur sa vie privée par un sénateur. Regardez.

8:34
Locuteur 2

Mr. Zuckerberg, would you be comfortable sharing with us the name of the hotel you stayed in last night? Um, no. If you've messaged anybody this week, would you share with us the names of the people you've messaged?

8:56
Locuteur 3

Senator, no. I would probably not choose to do that publicly here.

8:59
Locuteur 2

I think that might be what this is all about. Your right to privacy, the limits of your right to privacy, and how much you give away in modern America in the name of, quote, connecting people around the world.

9:13
Présentateur

Voilà. Et donc, à l'Assemblée et au Sénat en France, les auditions ronronnent. Il y a toujours une certaine déférence envers les puissants. Par exemple, face à Bernard Arnault ou à Bolloré. Rappelez-vous comment l'ORN avait honteusement flatté le milliardaire d'extrême droite lors de son audition sur le renouvellement des fréquences de la TNT. Regardez ça.

9:35
Locuteur 5

Est-ce qu'une offensive politique, très claire, et malheureusement, cette commission en est parfois l'exemple, qui est menée contre votre personne, j'ai l'impression, et le groupe dont vous êtes actionnaire, est-ce que ces propos très vindicatifs, parfois à la limite haineux, nuisent sur l'image de vos chaînes et donc sur les audiences ? Et est-ce que vos équipes en ressentent des problèmes pour travailler dans leur confort quotidien ? Parce que quand on travaille dans une chaîne de télévision, et je le sais, il y a beaucoup de cœur. Voilà, et que dire de la Macronie

10:04
Présentateur

qui n'a pas été en reste ? Le député Carl Olive avait évoqué l'audition des chefs de la rédaction de CNews et des PDG de CNews comme une garde à vue, tandis que Quentin Bataillon, le président de la commission à l'époque, s'affichait chez Hanouna en direct, juste après l'audition du rival de C8, Yann Barthès, pour dire tout le mal qu'il pensait du présentateur de Quotidien. Un grand moment de télé, regardez bien. Vous verrez Cyril Hanouna ou Yann Barthès ? J'ai encore un peu de neutralité, là, je ne vais vraiment pas répondre. Est-ce que vous n'avez pas été surpris de l'attitude de l'un et de l'autre ?

Parce qu'on a annoncé une audition très mouvementée avec Cyril, ce qui n'a pas été le cas, et Yann Barthès n'a pas été très sympathique, objectivement, parce qu'il a dit qu'il n'était pas content d'être là, etc. Est-ce que ça vous a surpris ? Je crois que c'est la première fois que je me suis énervé, entre guillemets, vous avez vu que je suis un garçon plutôt calme, énervé sur les auditionnés, parce qu'en fait, vraiment, il y a une attitude assez arrogante dès le début, et ils refusaient de répondre à nos questions, tout simplement. Donc, je posais une question, et ils regardaient les gens du RN, tant mieux qu'ils regardaient les gens du RN, mais c'est eux qui répondaient à autre chose.

Donc, à un moment, ce n'était quand même pas vraiment l'exercice. Et on se souvient aussi que les députés d'opposition, de gauche comme de droite, c'est assez rare pour le souligner, la présidence Macron, le début d'une longue série, pourrait-on dire, souvenez-vous.

11:21
Locuteur 1

Les nouveaux développements de l'affaire Benalla ne relèvent pas d'une commission d'enquête parlementaire. C'est ce que dit la présidente de la commission des lois à l'Assemblée, Yael Brunpivé. On sait depuis plusieurs jours que l'ancien collaborateur de l'Élysée a conservé ses passeports diplomatiques. Alexandre Benalla a par ailleurs affirmé à Mediapart qu'il avait continué à échanger par message avec Emmanuel Macron après l'été. Ce sont les députés socialistes qui ont demandé la convocation d'une commission d'enquête à l'Assemblée, mais ça n'est de toute façon pas faisable, assure Yael Brunpivé.

11:51
Locuteur 10

Réouvrir les travaux de la commission d'enquête, c'est tout simplement impossible juridiquement.

11:56
Présentateur

Et d'après tes infos, Nils et les macronistes ont serré les rangs autour d'Aurore Berger malgré tout ce qu'ils peuvent lui reprocher. Oui, et alors on sait qu'elle n'est pas très appréciée au sein du groupe Renaissance et maintenant ensemble pour la République comme on l'appelle. Et c'est vrai que ça s'est joué très serré. En fait, ça s'est joué à neuf voix contre dix et la droite et les macronistes ont voté pour enterrer le dossier. Alors dans le détail, il y a eu Yael Brunpivé qui est présidente de l'Assemblée qui a un droit de vote. Il y a eu Naïma Moutchou d'Horizon, Xavier Breton, Roland Lescure, Michel Tabarro, etc., qui ont voté contre la demande conjointe de LFI et des écolos.

Mais on le rappelle, c'est le nouveau ford populaire qui a la majorité depuis la dissolution au bureau de l'Assemblée. Ils ont enfin la majorité et en off, une source parlementaire haut placée me confie en exclusivité pour le média que le bureau de mercredi où la décision a été prise à propos d'Aurore Berger était très tendue comme tous les bureaux depuis les élections en juillet et la fin définitive de la majorité macroniste à l'Assemblée. On a attaqué sur le thème du complot politique comme si on voulait s'en prendre à Aurore Berger. Je n'ai pas du tout eu ce sentiment, m'explique un autre député membre du bureau.

Alors, il y a eu un ensemble d'arguments avancés par les macronistes, par exemple, que la plainte en diffamation lancée par Aurore Berger contre Victor Castané puisqu'elle, non seulement, elle dément l'enquête du journaliste mais en plus, l'attaque en justice pourrait interférer avec le signalement fait par l'Assemblée. Alors, bon, l'argument a semblé faible aux députés de gauche qui étaient présents et puis, on m'explique que ce n'est pas la même procédure et surtout que ça n'exonère pas les députés de leur responsabilité. Donc, on a vu aussi Yael Brown-Pivet, président de l'Assemblée nationale, justifier le vote du bureau devant les médias. Est-ce que c'est habituel ?

Non, alors, pas du tout. On a vu, effectivement, Yael Brown-Pivet intervenir en micro-tendue, c'est-à-dire qu'elle a fait prévenir les médias, par sa conseillère, presque allaient prendre la parole de façon soi-disant impromptue pour défendre Aurore Berger. Regardez sur LCP, ça vaut le détour.

14:11
Locuteur 10

Je voulais devant vous, vous dire que cette décision de transmission ne vaut pas décision de justice. En aucun cas, le bureau doit se prononcer sur la constitution d'une infraction. C'est une simple transmission qu'il effectue au procureur de la République qui sera libre, lui, de poursuivre ou pas et d'enquêter sur ces faits. C'est extrêmement important que vous ayez connaissance de cela parce que lorsque je lis des interventions sur Twitter, je vois que certains, par leur déclaration, veulent tromper les Français en considérant que le bureau a d'ores et déjà jugé, ce qui n'est absolument pas le cas parce que ce n'est absolument pas de sa compétence.

14:56
Présentateur

Voilà, donc officiellement, la présidente de l'Assemblée veut lutter contre d'éventuelles fake news sur Aure Berger qui serait sur les réseaux sociaux mais elle n'a pas vraiment convaincu ses collègues qui ont trouvé cette intervention inappropriée après le vote en bureau. Le fait que Brown Pivet se soit précipité vers les caméras montre sa fébrilité. Elle tente de faire illusion, je ne crois pas que cela puisse fonctionner longtemps, me confie un membre du bureau, très remonté face à cette méthode comme d'autres députés d'ailleurs.

On rappelle que de manière générale la neutralité de Yael Brown Pivet est fréquemment remise en cause, on en a déjà parlé dans cette émission pour ses liens par exemple avec le Rassemblement national, notamment Sébastien Chenu et Marine Le Pen ou encore ses prises d'opposition problématiques sur Israël et l'attaque subie par la Palestine et maintenant le Liban. Alors, ce n'était pas le cas pour ses prédécesseurs qui s'abstenaient en général de prendre des positions partisanes. On m'explique qu'elle ne supporte pas d'être minoritaire, elle cherche toutes les astuces pour bloquer les votes et les prises de décisions, m'indique ma source toujours haut placée à l'Assemblée.

Et un autre membre du bureau se souvient que lors de la dernière séance du bureau, donc il y a deux semaines avant que le cas berger ne soit évoqué, elle avait prétexté de voir partir pour une cérémonie au moment où elle était acculée pour voter sur un sujet, un vote, ce qu'elle allait perdre. Vous voyez, tous les moyens sont bons.

D'ailleurs, certains élus macronistes sont dans leurs petits souliers sur l'affaire berger, pas de commentaire, je ne veux pas parler de ça, me répondent mes interlocuteurs habituels, et c'est le signe d'un vrai malaise dans l'ancienne majorité sur le cas au revoir berger, et on peut penser que ses collègues vont mesurer leur soutien à l'aune des suites données par la justice à ce signalement. Petite info pour nos abonnés, en moyenne, il y a sept saisines du bureau par an pour des demandes de transmission à la justice, ai-je appris ? C'est rarissime, mais ça arrive. Évidemment, la gauche et notamment la France insoumise et les écolos sont à la manœuvre pour aller au fond de l'affaire berger.

J'ai demandé notamment à la députée Clémence Guettet, étoile montante de LFI et qui a été élue vice-présidente de l'Assemblée suite à la dissolution, de réagir à ce vote du bureau. Elle m'explique que les macronistes n'auront plus tenté d'écraser tout le monde et mentir sans vergogne sans en subir les conséquences. Il y a une attaque assez frontale. De son côté, Aurore Berger nie tout parjure dans les médias. Elle nie également tout pacte avec le lobby des crèches privées.

17:22
Aurore Bergé

Quand vous êtes en commission d'enquête, c'est un acte qui est extrêmement engageant parce que vous prêtez serment. Vous prêtez serment et si vous mentez, vous vous exposez à du pénal. Vous vous exposez à de la prison. Donc évidemment, en aucun cas je n'ai menti dans une commission d'enquête. En aucun cas je ne me suis parjurée dans une commission d'enquête.

17:44
Présentateur

Et il préfère crier au complot politique ne cachant pas son dépit depuis que son cas a été transmis au parquet. On rappelle encore une fois qu'à ce stade, elle bénéficie évidemment de la présomption d'innocence et c'est évidemment désormais au parquet de se prononcer. En attendant, Théo, les condamnations ont commencé à tomber sur des personnels de crèches privées après des violences sur des enfants. Par exemple, lundi, deux salariés de crèches People & Baby de Villeneuve-Dask dans le Nord ont été condamnés à dix mois de prison avec sursis. Affaire à suivre donc et on continue avec Emmanuel Macron en pleine louse présidentielle. Oui, sortez les violons.

Notre président est en petite forme selon les mésinformations et voilà que sort une interview surprise dans le magazine américain Variety. L'interview est considérée au choix comme décalée. Ça, c'est pour les soutiens de Macron les plus indulgents. Lunaire pour les soutiens les plus critiques. Regardez à l'écran. Alors, l'interview ayant été filmée, on voit Macron répondre à des questions essentielles sur Taylor Swift ou encore à des questions comme avez-vous été émue par la prestation de Céline Dion à la cérémonie d'ouverture des JO ? Qu'avez-vous pensé du show de Lady Gaga en français ?

Et aussi son avis sur ses films préférés qui sont donc des anciens films à croire que notre président vit dans les années 60 et surtout le pompon sur la série Émilie in Paris dans laquelle sa femme Brigitte dit donc a fait une apparition dans la dernière saison et le président de déclarer qu'il veut empêcher Émilie in Paris de partir à Rome comme les rumeurs le laissent entendre. Nous allons nous battre et nous allons leur demander de rester à Paris déclare-t-il très sérieusement.

19:30
Aurore Bergé

Brigitte Caméo en Émilie in Paris What did you think of that ?

19:34
Locuteur 7

I was super proud and she was very happy to do so. It's just a few minutes but I think it was a very good moment first for her. I think she did appreciate the whole team and this is for her a very positive memory and I think it's good for the image of France. Émilie in Paris is super positive in terms of attractiveness for the country so for my own business it's a very good initiative. Enfin, un combat à sa mesure

19:57
Présentateur

peut-on ironiser. Plus sérieusement, comment l'Élysée justifie cette interview ? On peut imaginer qu'il y a des problèmes plus urgents en France. par exemple, une très belle crise budgétaire, un couvre-feu prolongé en Martinique ou même en Nouvelle-Calédonie, des problèmes au niveau des services de santé qui n'arrivent plus à accueillir des patients, la réforme de l'assurance chômage qui est suspendue pour le moment mais dont les chômeurs continuent de ressentir les conséquences. Bref, tout un tas de problèmes. Alors, tu sais que je ne dialogue pas directement avec les conseillers du président.

Bruno Roger Petit n'a jamais répondu à mes appels mais j'ai demandé à l'un de ses interlocuteurs réguliers, au président, qu'il échange avec lui sur Telegram. On rappelle que c'est son application préférée malgré la mise en examen de son fondateur Pavel Duroff à qui il a filé la nationalité française. Alors, pour ma source, le président se démène sur le Liban, la francophonie, l'Ukraine mais tout le monde s'en fout alors il se rabat sur ce qu'il appelle la culture populaire.

Alors, on peut ironiser sur la conception d'Emmanuel Macron de la culture populaire dans la série Émilie in Paris montre un Paris totalement fantasmé et loin des préoccupations des Parisiens probablement et des Français en général. Mais c'est vrai que toutes les initiatives récentes de Macron n'ont pas passé le mur du son médiatique. La francophonie, une grande conférence a été organisée, franchement, personne n'en a parlé. Sa conférence sur le Liban a été décalée, plus personne ne le prend en sérieux dans le domaine de la politique étrangère. Alors, on rappelle que c'est l'un des précarés des présidents de la Ve République.

C'est un domaine régalien très important puisque le président de la République est à la fois chef des armées, mais il nomme les ambassadeurs et il conclut les traités internationaux avec ses homologues. Alors, un diplomate français que j'ai consulté se montre très sévère sur le bilan de Macron après sept ans au pouvoir. C'est le cancre des relations internationales, juste diplomate qui est toujours en poste par ailleurs. Sur l'Afrique, c'est la catastrophe. La France a été sortie de la ceinture sahélienne. Niger, Mali, Burkina Faso, la France est déconsidérée selon l'interlocuteur.

Rappelez-vous la sortie d'ailleurs d'Emmanuel Macron sur son homologue burkinabé au début de son mandat avec la prime moment lunaire. Regardez ça. Mais moi, je ne veux pas

22:19
Locuteur 7

m'occuper de l'électricité dans les universités en Burkina Faso. Je vous rassure. Pour quelles raisons

23:03
Présentateur

finalement Emmanuel Macron est-il si mauvais en diplomatie ? Macron voit les relations internationales à l'aune du business et rien d'autre. Il ne comprend rien à la diplomatie car il ne connaît pas du tout les cultures étrangères. Regrette un ancien conseiller politique à droite que j'ai consulté qui a connu notamment l'ère Chirac. Alors on peut évidemment critiquer Jacques Chirac, le bilan de Jacques Chirac, il ne s'agit pas d'en faire une statue, mais il faut reconnaître que c'était un grand amoureux de l'Asie qui était capable de dérider un Boris Yeltsin, l'ancien président russe pour les plus jeunes, ou de s'imposer justement face aux Israéliens.

On se souvient notamment de sa sortie face aux services de sécurité israéliens à Jérusalem. « You want me to go back to my plane ? » Une colère Chiracaine qui avait fait date « Regardez ! » « Je commence à en avoir

23:50
Locuteur 4

à ça. » « What do you want ? Me to go back to my plane and go back to France ? Is that what you want ? Then let them go. And let them do. No danger, no problem. This is not a method. This is a provocation. That is provocation. Please, you stop now. »

24:09
Présentateur

Et ce n'est pas un hasard, sans doute, si la scène a été reproduite un peu maladroitement par Macron un quart de siècle plus tard. Regardez encore une fois.

24:17
Locuteur 7

« Guys, keep cool. Guys, hey, please, keep cool. In this place, we know perfectly. Everybody knows the rules. I don't like what you did in front of me. Go outside. I'm sorry. But we know the rules. Nobody, nobody has to provoke. Nobody, okay ? »

24:39
Présentateur

Le problème, c'est que Macron n'est pas le Chirac des années 90 et pour le moment, il ressemble surtout à un dirigeant en bout de course. Le 1er octobre, Conseil de défense à l'Élysée sur le Liban. Pareil, l'information y passait totalement inaperçue. Le communiqué a été publié, il faut le dire, à 2h du matin, pas idéal pour la presse. Alors que toute la journée, l'attention à médiatique s'était focalisée sur Barnier et son discours de politique générale à l'Assemblée. Alors, en plus, selon mes informations, le président a fait, enfin, l'entourage du président a fait fuiter des informations sur la Réunion alors quand même que ses conseils de défense sont censés être secrets.

En principe, rien ne filtre ou le strict minimum. C'est ce que me confiait un conseiller de l'exécutif qui est quand même assez estomaqué par cette volonté de faire du bataille autour d'un pays meurtri comme le Liban. Rebelote ce mercredi, donc cette semaine, Macron est en tournée militaire dans le Grand Est, près de chez moi, sur le site de formation d'une brigade de l'armée ukrainienne.

L'Élysée fait savoir qu'il s'agit de répondre aux défis de formation auxquels l'Ukraine est confrontée avec la prise en charge de la formation et de l'équipement d'une brigade complète d'infanterie ukrainienne composée de 4 500 soldats en marge de la visite de Volodymyr Zelensky, donc le président de l'Ukraine, le 7 juin 2024 à Paris, mais qui s'en soucie, très honnêtement, on peut le regretter d'ailleurs. L'info est reprise par la presse régionale, une des pages AFP, honnêtement, pas beaucoup plus. Alors, Macron, disais-tu, il y a deux semaines, veut prendre de la hauteur, il voulait prendre de la hauteur, alors pourquoi se sent-il frustré de ne pas être partout à la fois ?

C'est vrai que c'est assez paradoxal, puisqu'il n'a pas arrêté de faire savoir, d'expliquer, que ce soit dans les interviews qu'il a données ou par ses proches, qu'il allait effectivement prendre de la hauteur, prendre du recul, laisser le premier ministre gouverner et lui, président, présider. Oui, mais avec Macron, il y a toujours un sous-titre. En réalité, c'était une posture stratégique. L'autre président déteste ne pas être au centre de l'attention. Par exemple, ça se reproduit sur le budget. C'est en réalité Michel Barnier et les ministres qui gèrent les négociations avec les oppositions, les syndicats, etc.

Et pendant ce temps, le président doit supporter des commentaires peu flatteurs de ses propres troupes d'ailleurs, qui se défausse sur lui face à la catastrophe budgétaire. On rappelle que le gouvernement a annoncé devoir chercher 60 milliards d'économies. Il faut bien le dire, l'Élysée semble ne plus avoir la hype et ça se ressent sur ses éclips. Au château, c'est un peu la déprime générale. Macron n'imprime plus ces matignons et l'Assemblée qui sont sous les projecteurs, observe un ancien conseiller passer par le palais qui continue de faire quelques visites ici et là et qui décrit une maison un peu à tonne. Le président ne vit pas très bien cette situation.

Il n'a pas l'habitude d'être loin des projecteurs. Il faut croire, Théo, que le Macron comédie show n'attire plus les téléspectateurs. Dommage pour lui et merci Nils. Merci à vous d'être fidèles aux médias sur le canal 165 de la Freebox, sur YouTube ou sur notre site Internet. On vous le rappelle, le média, votre média, ne vit que les abonnements de soutien et les dons de celles et ceux qui le regardent et qui l'aiment. Si vous le pouvez, allez sur lemediatv.fr et donnez-nous de la force, donnez-vous de la force. Restez connectés aux médias.