Nicolas Dupont-Aignan invité de LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
Bonjour Nicolas.
- 0:08OuverteRéponse partielle
Rebondis sur le débat en plateau: 300 à 600 millions pour reconstruire Notre-Dame, un milliard de dons, que faire de l'argent en plus ?
- 0:46OuverteRéponse directe
Avez-vous signé l'une des pétitions pour reconstruire Notre-Dame à l'identique ?
- 1:59RelanceRéponse partielle
Dimanche matin, vous émettiez des doutes sur l'origine de l'incendie. Vous n'écartiez pas l'hypothèse d'un attentat.
- 3:48OuverteRéponse directe
Ordonation des hommes mariés, le faut-il ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Un cimetière profané dans le Gard, des croix cassées sur une soixantaine de tombes. Vous évoquez une christianophobie cachée. C'est ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08PrésentateurChiffre
« 300 millions, 600 millions selon les experts, c'est ce qu'il faudrait pour reconstruire Notre-Dame. »
- 0:13PrésentateurChiffre
« Un milliard de dons, on fait quoi de l'argent en plus ? »
- 0:20Invité politiqueFait
« Je pense qu'on devrait l'affecter au patrimoine, à ces milliers d'églises qui sont en train de tomber. »
- 0:36Invité politiqueFait
« La défiscalisation qu'a mis en place le Premier ministre pour Notre-Dame, c'est-à-dire les 1000 euros à 75%, soit possible pour les associations humanitaires. »
- 0:40Invité politiquePromesse
« C'est limité à 500 euros aujourd'hui. Augmentons le plafond. Honnêtement, ce serait que justice. »
- 0:54Invité politiqueFait
« 'ai été moi-même à l'initiative de la première pétition. »
- 1:14Invité politiqueFait
« Le gouvernement, quatre jours après ce drame, lance un projet de loi pour se soustraire à l'avis des architectes des bâtiments de France. »
- 4:34Invité politiqueChiffre
« Le ministère de l'Intérieur, les chiffres de 2018 sont effrayants. Mille, plus de mille de mémoires. »
- 4:49Invité politiqueChiffre
« 1063, les actes antisémites, les actes antimusulmans. »
- 5:31Invité politiqueChiffre
« 120 mosquées salafistes qui prêchent les discours de haine. »
- 6:48Invité politiqueChiffre
« C'est honteux. D'abord, je pense aux 28 policiers qui se sont suicidés. »
- 11:23Invité politiqueChiffre
« Nous sommes le seul parti politique à avoir proposé 32 milliards d'économies. »
- 11:32Invité politiqueFait
« Il y a 9 milliards sur l'Union européenne. On subventionne nos concurrents. »
- 11:37Invité politiqueFait
« Il y a 5 milliards sur l'immigration. On est le seul pays qui donne autant à ceux qui arrivent sur notre sol sans travailler. »
- 11:44Invité politiqueFait
« Il y a des fraudes à la carte vitale considérables. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan70 %
- Présentateur23 %
- ?5 %
- Locuteur non identifié3 %
≈ 25,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Présidente de Boulle à France, tête de liste aux élections européennes. Bonjour Nicolas.
Bonjour Madame.
Merci d'être avec nous ce matin. Je rebondis sur le débat qui vient d'avoir lieu en plateau. 300 millions, 600 millions selon les experts, c'est ce qu'il faudrait pour reconstruire Notre-Dame. Un milliard de dons, on fait quoi de l'argent en plus ? Vous avez écouté ce qui s'est dit, on le donne pour les plus pauvres, pour les cathédrales françaises, pour le fonds pour le patrimoine.
Je pense qu'on devrait l'affecter au patrimoine, à ces milliers d'églises qui sont en train de tomber, à ces cathédrales qui sont mal entretenues. Et puis j'ai proposé que la défiscalisation qu'a mis en place le Premier ministre pour Notre-Dame, c'est-à-dire les 1000 euros à 75%, soit possible pour les associations humanitaires. C'est limité à 500 euros aujourd'hui. Augmentons le plafond. Honnêtement, ce serait que justice.
Avez-vous signé l'une des pétitions qu'on voit fleurir pour demander à reconstruire Notre-Dame à l'identique ? Emmanuel Macron avait plutôt évoqué un geste contemporain.
J
'ai été moi-même à l'initiative de la première pétition. Et j'invite d'ailleurs les téléspectateurs à la signer sur notre site, Debout la France. Elle a un succès incroyable. Mais parce que c
'est
l'évidence, parce que c'est un tel manque d'humilité, une telle mégalomanie, que de vouloir mettre une flèche contemporaine sur un monument historique qui doit être construit bien évidemment à l'identique, c'est la charte de Venise, c'est le respect des monuments historiques. Et je remarque
que
le gouvernement, quatre jours après ce drame, lance un projet de loi pour se soustraire à l'avis des architectes des bâtiments de France, c'est-à-dire pour passer outre plein de commissions. De grâce, ne mutilons pas une deuxième fois Notre-Dame de Paris. Si le président veut faire des gestes architecturaux, mais qu'il les fasse sur des bâtiments modernes, qu'il les fasse sur de nouveaux bâtiments, mais est-ce qu'on ne
peut
pas,
après
cet élan de, j'allais dire, de communion autour de cette église, de cathédrale, est-ce qu'on ne peut pas apaiser les choses ? Je ne comprends pas
cette
espèce de précipitation malsaine. Est-ce qu'il y
a
des opérations immobilières de grands groupes sur l'île de la Cité ? Qu'est-ce qui se prépare ?
Dimanche matin, encore sur notre antenne, vous émettiez des doutes quant à l'origine de l'incendie. Vous n'écartiez pas l'hypothèse d'un attentat. Je vous laisse écouter ce qu'a répondu Nathalie Loiseau sur notre antenne. C'était juste hier matin, on se retrouve après.
Parlant sans savoir, entretenant le soupçon, je trouve que ça n'est pas le rôle d'un responsable politique, ou alors c'est un irresponsable politique.
Voilà, il s'agissait de vous, donc, comment vous réagissez ?
Je crois que l'irresponsabilité, justement, c'est de ne pas poser de questions. C'est-à-dire que c'est extraordinaire ce qui se passe. J'ai simplement formulé, après avoir vu les Parisiens sur les quais de Notre-Dame, qui m'ont dit d'ailleurs, vous qui avez la parole,
posez
la question.
J
'ai simplement formulé ce que des millions de Français se sont posés comme question. Est-ce un accident ?
Est
-ce un acte de malveillance ? Est-ce un attentat ?
Vous vous posez encore la question ce
matin
? Personne,
je repose la question. Je demande une commission d'enquête parlementaire.
Vous avez eu
des nouvelles de cette commission
d'enquête ? Bien
sûr que non. Je demande une commission d'enquête parlementaire. Je demande à ce qu'on auditionne les architectes en chef des monuments historiques, notamment l'un qui s'était exprimé sur votre antenne, M. Mouton. Je demande qu'il y ait la lumière. Mais en quoi est-ce choquant en démocratie ? Mais c'est un monde de fous. Mme Loiseau fait la politique de l'autruche.
On
met la tête dans le sable et on dit aux gens, aux Français, « Circuler, il
n'y a
rien à voir.
»
Et d'ailleurs, je vais vous dire, la violence, mais la violence verbale, des réactions du pouvoir, à mon égard, alors que je ne fais que poser une question de bon sens absolu, sans émettre d'ailleurs la moindre solution, je ne l'ai pas. Les contradictions du procureur de la République m'amènent à dire « Oui, il faut une commission d'enquête indépendante du pouvoir.
»
Donc on verra s'il y aura enquête ou pas, ou en tout cas une commission d'enquête. Ordination des hommes mariés, le faut-il ? Je vous pose la question, puisque l'archevêque d'Aix-et-Darle, hier publiquement, a fait cette proposition, afin de répondre au problème du manque de vocation de prêtre. Vous y seriez favorable ?
C
'est une question de conscience. Je crois que c'est à l'Église de gérer cela. Ce n
'est
pas aux hommes politiques de gérer cela. Pourquoi pas ? Pourquoi pas aussi les femmes ? Bref, il y a beaucoup de points qui se posent. En tant que chrétien, j'ai mon position. Mais en tant que responsable politique, je laisse ça à l'Église.
On a vu encore hier qu'un cimetière avait été profané dans le Gard, en plein week-end de Pâques. On a découvert hier matin des croix cassées, renversées sur une soixantaine de tombes. Vous avez évoqué ce week-end une christianophobie cachée. C'est ça dont vous parlez ? Et qu'il faut-il faire selon vous pour y remédier du coup ?
Vous savez, s'il y avait une solution, mais je crois qu'en tout cas, faire le déni de réalité vis-à-vis de la christianophobie qu'il
y a
en France. Le ministère de l'Intérieur, les chiffres de 2018 sont effrayants. Mille, plus de mille de mémoires. C'est effrayant ce qui se passe. Et je pense qu'on ne... Voilà, 1063, les actes antisémites, les actes antimusulmans. Bref, je pense que c'est jamais bon de mettre la tête dans le sable, de faire la politique de l'autruche, de dire surtout n'en parlons
pas. Mais quelles
solutions ?
Les solutions, ce
sont des enquêtes.
Vous
voulez prendre des responsabilités ? Ce
sont des enquêtes approfondies. C'est punir, c'est en parler, c'est sensibiliser. C'est aussi en finir avec les actes et les paroles de haine qui existent dans notre pays, à l'égard d'ailleurs de toutes certaines communautés religieuses, que ce soit les actes antisémites, les actes anti-chrétiens,
et
puis anti-musulmans aussi, mais il y en a beaucoup moins, et heureusement. En tout cas, c'est aussi par exemple fermer les mosquées salafistes, 120 mosquées salafistes qui prêchent les discours de haine. C'est un moment, oser dire, le fascisme vert ne passera pas. Et il ne faut pas le confondre, et je le dis toujours, avec des musulmans qui pratiquent leur foi dans la dignité. Attention, mais en revanche,
sous
prétexte de pas d'amalgame,
on
ne combat pas l'islamisme intégriste, l'islamisme fasciste, qui se répand dans notre pays, qui se répand. Je pèse mes mots. C
'est lié à la
christianophobie observée que vous dénoncez
?
Bien sûr, il y a un lien, c'est une évidence. Mais je crois qu'il faut, dans cette affaire, faire preuve de vérité. Pas d'amalgame, mais pas de déni de réalité. Il faut trouver le juste équilibre. Et c'est ça qui est important. Et c'est comme ça, d'ailleurs, qu'on réconciliera les Français, quelles que soient leurs confessions, et qu'ils soient athées, agnostiques, chrétiens, juifs ou musulmans. Je
voudrais en venir maintenant au gilet jaune. On a vu, ce week-end, dans les manifestations, ces appels au suicide lancés par des manifestants en direction des forces de l'ordre. Et on a vu les tags aussi. C
'est abominable. Il y a eu des tags
qui ont été vus sur une gendarmerie à Landivisio, dans le Finistère. Alors voilà les mots. Fixicidez-vous à moitié pardonné. Suicidez-vous. Donc voilà, votre réaction, tout
simplement. C
'est abominable. C'est honteux. D'abord, je pense aux 28 policiers qui se sont suicidés.
Et
j'aimerais là aussi que le gouvernement change de politique à l'égard de la police et de la gendarmerie. Parce que c'est un malaise très ancien. Et à Debout la France, nous avons proposé des solutions. La première entre nous, c'est pas lié bien sûr directement, mais c'est qu
'on
paye les heures supplémentaires à nos policiers. Mais au-delà de ça, ces individus défigurent,
salissent
le mouvement originel des gilets jaunes, qui n'avaient rien à voir
avec ça. Et je
comprends, et je comprends la colère des Français, qu'ils soient gilets jaunes ou pas, face à des individus, des anarchistes, une extrême gauche qui s'est emparée de certaines manifestations et qu'on a laissé faire entre nous.
Gilets jaunes, justement. Vous avez dit que ce terme ne veut plus rien dire. Vous l'avez dit sur notre antenne dimanche matin.
Je
vous propose d'écouter à nouveau Nathalie Loiseau qui a réagi hier.
Nicolas Ducontagnant, il a enfilé le gilet jaune. On entend aujourd'hui, parce qu'ils sont embarrassés, plusieurs leaders politiques qui ont joué avec le feu, essayé de s'en démarquer. Ils se rendent compte aujourd'hui que ceux qui restent, ce sont des gens qui ne veulent rien d'autre que bloquer, que porter atteinte à notre démocratie. Alors, vous avez
joué avec le feu,
Nicolas Ducont.
Nathalie Loiseau, vraiment, est pathétique. Mais pathétique. Comment croire un instant que les dingues qu'on a vues ce week-end, qui sont une infime minorité, représentent les millions de Français qui contestent la politique ? Alors, la ficelle de Mme Loiseau et du gouvernement, elle est un peu grosse. Et je maintiens mon soutien au mouvement originel des gilets jaunes, qui était un mouvement de retraités, d'artisans, de travailleurs. Et ces Français-là,
ils
veulent pouvoir vivre de leur travail, et leur combat n'est pas terminé. Il doit prendre en revanche, et je leur ai dit, et c'est ce que leur a dit Benjamin Cauchy, l'un de leurs responsables qui est sur ma liste européenne,
on
a une élection le 26 mai,
et plutôt
que de sombrer dans la violence de quelques groupes extrémistes, il faut aller voter, mais de grâce, qu'on arrête l'amalgame honteux
et les gros sabots de Mme Loiseau. Mais est-ce que le terme
gilet jaune ne veut plus rien dire ?
Vous
le redit,
alors ? Je le
dis, j'ai dit, que quand on voit ces gilets jaunes extrémisés, qui sont des dingues, cela n'a rien à voir avec les millions de Français
qui
soutenaient et soutiennent encore les revendications de notre peuple pour que le travail et le mérite soient récompensés. Et moi, je ne serai pas comme certains, justement, à dire que
je
n
'ai
jamais soutenu. Oui, j'assume mon soutien total. Bon, je ne
veux
pas polémiquer. J'assume mon soutien total aux Français qui bossent
et
qui se sont vus raquettés par un gouvernement qui a donné l'argent à une minorité. Et je maintiens cela. En revanche, qui peut croire que ces Français, qui d'ailleurs sont chez eux, qui ne sont plus dans les manifestations, soient solidaires de ces dingues ? Enfin, il y a un
moment...
Je crois que si on fait un de la politique avec honnêteté, on ne peut pas se livrer à toutes les manipulations.
Conférence de presse jeudi, 18h du Président de la République, avec les annonces de sortie de crise, justement, après des mois de manifestations. Vous allez regarder la conférence de presse, Emmanuel
Macron ? C'est sûr, parce
que je suis quelqu'un d'attentif. Et ce que j'ai entendu, on va voir ce qui va être proposé, m'inquiète un peu, parce qu'il n'y
a
rien de vraiment significatif.
Sur
la durée du travail, vous avez un avis sur le jour férié supprimé. C'est une piste qui est largement mise en avant. Vous trouvez que c'est absurde ?
Je
vous vois sourire.
Mais c'est un impôt supplémentaire.
Non,
mais ce qui est extravagant,
c
'est cette propagande qu'il y a dans notre pays, ces faux termes. Et voyez, ce qui est le plus révoltant dans le macronisme, c'est son mensonge littéraire.
Je
veux dire, non, mais qu'est-ce que c'est ?
Il faut que les Français sachent. C'est quoi ? C'est un impôt supplémentaire. C'est-à-dire que les Français ont protesté contre une fiscalité abusive, contre des gaspillages, pour que l'argent aille au service public, au salaire. Et on va réinventer, M. Macron nous propose un impôt. Parce que ça veut dire que vous allez travailler, et là, on ne
va
pas vous prendre 20% de votre travail. On ne
va
pas vous prendre 50%.
On
va vous prendre 100% de votre travail. Donc c'est un super impôt, la journée de... C'est un super impôt.
Donc
on fait quoi ? Les 35
heures ? Mais des économies... L'âge de départ à la retraite,
32 millions d'euros d'économies ?
Mais non,
attendez. C'est ça selon vous ? J'ai
proposé
à
Debout la France. Nous sommes le seul parti politique
à
avoir proposé 32 milliards d'économies. Chiffré,
il
y a 9 milliards sur l'Union européenne. On subventionne nos concurrents. Il faut quand même être complètement cinglé. Deuxièmement, il y a 5 milliards sur l'immigration. On est le seul pays qui donne autant à ceux qui arrivent sur notre sol sans travailler. Troisièmement, il y a des fraudes à la carte vitale considérables. Quatrièmement, il y a une évasion fiscale dans des paradis fiscaux européens. Il y a de l'argent à récupérer. Et ce n'est qu'en faisant des économies qu'on pourra relancer le pouvoir d'achat sur ceux qui bossent le SMIC,
les
retraités, une vraie réindexation, les prestations familiales. Car ceux qui élèvent des enfants ont du mal. Il faut aider les familles.
La
durée du travail, on n'y touche pas. Si Emmanuel Macron,
il
touche,
c'est une
erreur
majeure.
Je vais vous dire pourquoi c'est une erreur. Sur la retraite. On nous dit que vous allez travailler sur 63 ans, 64 ans. Mais comme il n
'y a
pas de boulot pour ceux qui ont plus de 50 ans, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, on réduit leur pension de retraite.
Mais
je remarque qu'on ne réduit pas les retraites chapeau des grands patrons. Ça, non, on ne touche pas. Et les 5 milliards qui ont été donnés aux plus riches de France, on ne touche pas. Vous voyez, ce qui ne va pas dans notre pays. Moi, je suis pour l'effort partagé. Oui à l'effort. Oui à des économies pour transférer l'argent qui est gaspillé, qui arrose le sable vers ceux qui bossent. Et là, vous aurez le sentiment d'un pays juste
qui
se redresse pour réussir, relocaliser des activités, relocaliser de l'emploi.
On
avance sur les européennes. Vous avez vu cette actualité concernant Nathalie Loiseau. C'est une information du site d'information, justement, Mediapart. Elle s'est présentée, Nathalie Loiseau, sur une liste d'extrême droite quand elle était étudiante à Sciences Po, contactée par le site.
Je
le précise, l'ancienne ministre assure ne pas s'être plus que cela intéressée à cette liste. On lui a parlé de pluralisme et elle aurait sans doute dû regarder de plus près. Voilà ce qu'elle dit. Votre réaction, ça la discrédite un peu, Nathalie Loiseau
? Elle
se discrédite déjà par ses paroles permanentes. Moi, je ne suis pas là dans les attaques personnelles. Je conteste sa politique. Elle fait la politique de l'autruche permanente et en plus, elle attaque tout le monde. Eh bien, je ne ferai pas pareil
qu
'elle. Donc, je la laisse face à son passé et face à ses mensonges.
Face à ses mensonges ?
Oui, parce qu'en fait, elle dit « je ne savais pas, je ne sais rien ». Mais dans la vie, on peut avoir fait autre chose, c'est sa vie. En attendant, moi, ce que je n'aime pas, c'est sa manière toujours d'attaquer ceux qui ne pensent pas comme elle. Voilà. Moi, je respecte son combat. Je combats ses positions. Je n'aime pas son attitude, notamment à mon égard, mais il n
'y a
pas qu'à l'égard à mon égard. Mais qu'importe, on ne
va
pas polémiquer. Elle est face à son passé.
Je voudrais qu
'on
fasse un point sur un sondage LCI qui est paru. Vous êtes crédité de 4% d'intention de vote. Je précise que c'est même sans liste gilet jaune. Ce qui veut dire, Nicolas et Dupont-Aignan, c'est que même s
'il
n
'y a
pas de liste gilet jaune, les gilets jaunes, ils ne se reportent pas vers vous pour
voter. Mais vous n'en savez rien. Est-ce un
échec de votre stratégie
? On verra dans un mois. Laissez les Français voter. 500 personnes. 500 personnes.
Des
sondages sur 1 000 ou 500. Puisqu'en fait, il y en a la moitié qui ne votent pas. La campagne n
'a
pas vraiment
commencé. Parfois,
ça a
eu
de
l
'intérêt pour vous, les sondages. Sur votre blog, vous avez fait une note quand vous faisiez 8% d'intention
de vote.
Ce que je veux vous dire, c'était des sondages sur 10 000 personnes, pas sur 1 000. Ce que je veux dire, est-ce que ce sont les sondages qui vont diriger ou est-ce que ce sont les Français ? Moi, je défends des convictions
et
je fais confiance aux Français. Et les sondages, je me souviens tellement des Européennes 2014, on me mettait 0,5. 0,5. Vous entendez ? 0,5. On a fait près de 5. Donc 4% dans une région, 4,15, on me mettait 0,5. Vous savez, moi, je fais confiance dans les Français. On a une belle liste. Stéphanie Gibault, Benjamin Cauchy, des gens droits, sérieux. Et puis après, c'est aux électeurs de trancher.
Allez, ils vont trancher peut-être en fonction aussi de vos réponses à ces questions. C'est notre quiz que nous proposons à chacun des candidats sur ce plateau. Première question, faut-il sortir de l'Europe ? Alors, je perçois déjà votre réponse, mais si vous pouvez juste argumenter.
Non,
il faut sortir l'Union Européenne de l'Europe. L'Union Européenne a défiguré la belle idée européenne. Moi, je crois en une Europe des nations libres. Chaque pays retrouve ses frontières, ses lois, son budget et des projets concrets comme Airbus dans tous les domaines.
Faut-il uniformiser les impôts en Europe ? Raffel Glucksmann, ce matin, dit qu
'il
veut un impôt européen.
Ah bah oui, il veut un impôt de plus. D'ailleurs, les Républicains ont voté cet impôt européen à Strasbourg. J'y suis totalement hostile à l'impôt européen.
Autre question, faut-il un salaire minimum européen ? Ça fait partie des grands débats.
Ah oui, c'est ce que fait le gouvernement. Il est en train de baisser le pouvoir d'achat des Français pour le mettre au niveau des Roumains. Le SMIC
européen, elle dit non, Nathalie Loiseau. Elle dit qu'elle veut un salaire minimum,
mais non, pour l'Union Européenne. Mais tout ça, c'est du
pipeau intégral.
Ça ne toucherait
pas, selon elle, au SMIC
français. Mais c'est n'importe quoi. Les Bulgares ont un salaire de 250 euros. Voilà, minimum. Alors, est-ce que vous croyez que les Bulgares, parce que Mme Loiseau le veut, vont mettre un salaire au niveau du SMIC français ? Le vrai problème, c'est l'élargissement beaucoup trop large. Il faut donc conditionner le marché unique à des respects de normes sociales, environnementales.
Alors, autre question, faut-il encourager un protectionnisme européen ? Là aussi, je perçois votre
réponse.
Oui,
bien sûr. Mais comme le font les États-Unis, la Chine, le Japon et tous les grands pays.
Autre question, faut-il contrôler nos frontières nationales ?
Bien évidemment, sinon on continuera à ne pas pouvoir résoudre les problèmes français.
Question de campagne, vous avez réussi à boucler votre budget. Vous n'aurez
pas de souci ? Pas
tout à fait. Nous avons lancé un emprunt populaire,
c
'est-à-dire que tous ceux qui veulent nous aider peuvent nous prêter un taux d'intérêt de 3% pour financer notre liste. Nous avons bien avancé. Il nous manque encore 20% du budget.
Vous vous sentez en difficulté. Si vous êtes à moins de 3%, vous ne serez pas
remboursé. Mais on
sera bien au-delà. Et je vois avec délice les observateurs rêver que nous soyons en dessous de 5%, mais nous allons les surprendre. Et je demande aux Français surtout d'aller voter. Car s'il n
'y
a que la moitié des Français qui vont voter, cette élection n'aura pas de sens.
J'ai une vingtaine de secondes pour vous poser une question d'actualité à nouveau. Carlos Ghosn, le Premier ministre japonais reçu à l'Elysée. Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron doit demander un geste au Japon concernant l'ex-PDG ? Je
pense que les Japonais sont suffisamment attachés à leur souveraineté pour refuser toute pression.
Merci beaucoup Nicolas Dupont-Aignan. Je rappelle votre livre Résistance, c'est aux éditions du Rocher. Merci d'avoir été notre invité.
Nicolas Dupont-Aignan