🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Marie Toussaint, tête de liste Les Écologistes aux Europ...
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font disparaître. Vous êtes autour de 6%, la barre c'est 5%. Si dimanche, vous êtes au-dessus de 5%, vous restez.
Si vous êtes en dessous de 5%, il n'y aura aucun élu sur votre liste. Et tout simplement, on peut dire qu'il n'y aura plus d'écolos français à l'Assemblée du Parlement européen. Et pourtant, les élections européennes, d'habitude, c'est vos élections.
À vous, les écologistes, on va y revenir dans un instant. Mais je voudrais d'abord qu'on regarde ce qui s'est passé hier. Vous étiez sur la scène de la radio publique France Info, où se sont succédés les différents candidats tête de liste, avec une visite surprise du Premier ministre Gabriel Attal.
On écoute. C'est bien, Valérie. Je crois que je le connais un peu, oui.
C'est le Premier ministre de la France, Gabriel Attal. Monsieur le Premier ministre. Bonjour.
Salut Gabriel. Ça va, tout le monde ? Très bien.
Bonjour, vous allez bien ? Bonjour, ça va ? Bonjour, je suis désolé, je fais irruption sur la scène.
Monsieur le Premier ministre. J'étais en interview juste au-dessus à l'instant. C'est complètement imprévu.
On m'a dit que Valérie était là. Et donc, je suis venu d'abord pour voir Valérie. On passe beaucoup de temps ensemble en ce moment.
Vous êtes un peu inséparable, oui. Il s'est littéralement invité sur la scène après avoir déjà donné une interview quelques minutes avant sur France Info. Vous avez réagi comment quand vous avez vu ça ?
J'ai été sidérée. Vous savez, ça pose deux problèmes différents. Le premier qui est démocratique.
Parce que quand on a un exécutif, son rôle dans la démocratie, dans la République française, ce n'est pas de venir faire irruption lors d'une campagne électorale, quelle qu'elle soit d'ailleurs. Et donc, ça pose un vrai sujet démocratique et notamment de sa place dans les médias. S'inviter comme ça sur le service public ?
Ça ne suffit pas. On n'a jamais vu ça dans l'histoire de la République française ou en tout cas pas à ma connaissance. Donc, c'est assez nouveau et c'est, je crois, une véritable entrave à l'esprit en tout cas de notre République.
Le deuxième sujet, c'est qu'on a un président de la République et un Premier ministre qui s'invitent, qui mangent du temps de parole, très littéralement, dans le cas de cette émission, à la candidate. C'est le cas de le dire, puisque là, les journalistes ont fini par dire « bon, ben, maintenant, vous nous laissez l'interroger ». Par dire « est-ce que Valérie Ayé peut finir de parler ? » parce que le temps est compté.
Et je trouve que ça révèle une façon qu'ont le Premier ministre et le Président de la République de penser que leur candidate, finalement, je ne sais pas, n'est pas assez solide. Et mon sentiment, c'est qu'aucun des grands hommes de La République En Marche n'a eu le courage d'aller porter cette campagne, le courage qu'a eu Valérie Ayé. Et finalement, voilà, moi, je… Il y a une forme de sexisme pour vous ?
C'est une histoire aussi d'hommes et de femmes ? J'ai quand même un peu ce sentiment-là, quand je regarde la façon dont ils traitent Valérie Ayé, dont ils prétendent. Emmanuel Macron apparemment aurait dit qu'il devait tout faire tout seul.
Voilà, donc je pense que ça pose problème. Et c'est ce que j'ai dit d'ailleurs sur le plateau de France Info. On a eu des avancées en matière de présence des femmes dans la vie politique, au Parlement européen en particulier, où nous comptons pour plus de 40% de l'hémicycle, c'est différent de la France, où plusieurs présidentes de groupes politiques sont des femmes.
Et finalement, j'ai peur d'un recul en arrière. Et puis, vous le disiez, il s'invite, comme vous dites. Effectivement, c'était littéralement le cas sur cette scène hier, où il a pris le micro, Gabriel Attal.
Mais au-delà du Premier ministre, qui donc était avant cela l'invité de France Info, de France 5 jeudi dernier, il y a Emmanuel Macron lui-même qui s'est invité aux journaux télévisés de jeudi soir sur France 2 et sur TF1. Ce sera la veille de la fin officielle de la campagne. Est-ce que vous estimez, comme certains de vos concurrents, qu'il faudrait interdire purement et simplement cette prise de parole d'Emmanuel Macron à la toute fin de la campagne ?
Écoutez, c'est un jour particulier. C'est le jour du débarquement. Donc, on aurait pu imaginer que le président de la République prenne la parole de façon courte ce soir-là pour célébrer une commémoration nationale qui a aussi un caractère européen.
Mais le problème, c'est la répétition de ces interventions impromptues du président de la République, encore une fois du Premier ministre, qui va débattre avec Jordan Bardella, qui interviennent un peu au moment où bon leur semble. Et donc, ça, oui, ça contrevient, je le crois, je le répète, à l'esprit de la République et de la façon dont on souhaite conduire les élections européennes. Est-ce que vous avez saisi l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel, comme l'ont fait Manon Aubry ou François-Xavier Bellamy ?
Écoutez, pas encore, mais nous y réfléchissons. Si vous le faites, il faut le faire maintenant. Tout à fait.
Vous réfléchissez depuis 24 heures. Non, mais on y réfléchit. Mais pourquoi ?
Je vous l'ai dit. Le 6 juin, c'est le jour du débarquement. Voilà.
Et donc, il faut toute proportion garder, maîtriser les choses. Maintenant, je le répète, le sujet, ce n'est pas le 6 juin en tant que tel, c'est la répétition. Et la répétition, effectivement, crée une forme de disruption dans cette élection.
Marie Toussaint, il y a de nombreuses questions que je voudrais vous poser, mais il y a aussi les auditeurs qui ont des questions pour vous. Il y a Valérie qui nous a écrit ce matin à l'adresse vosquestions.rmc.fr, à laquelle d'ailleurs, chacun de vous peut écrire pour poser directement ces questions.
Valérie, elle a 53 ans, elle est formatrice en anglais dans les Alpes-Maritimes. Et elle écrit « Pourquoi, comme renaissance d'ailleurs, avoir choisi précisément une personne si peu connue comme Marie Toussaint en éliminant Yannick Jadot ? » Alors, merci Valérie de cette question.
Yannick Jadot n'est pas éliminé, il est sénateur, il porte des combats. Par exemple, se poser la question de comment Total va changer sa trajectoire pour respecter le climat. Et vous savez, chez les écologistes, nous avons la conviction qu'on ne peut pas être un professionnel de la politique, être élu en permanence.
Et donc, ça demande de faire émerger de nouvelles figures. J'espère, Valérie, vous convaincre ce matin et pendant cette campagne que je suis l'une de ces bonnes figures pour porter les idées écologistes. Plusieurs questions pour poser le décor justement de votre rapport à l'Union européenne.
D'abord, est-ce que vous êtes favorable ou non à l'élargissement de l'Union européenne à l'Ukraine et à la Géorgie ? Oui, mais je tiens à dire aussi que l'Union européenne telle qu'elle l'est aujourd'hui ne fonctionne pas. Quand on vous regarde du côté de la fiscalité, quand on regarde du côté de l'État de droit avec Viktor Orban, où évidemment le modèle économique, par exemple, si on parle de l'Ukraine, en particulier le modèle agricole, on voit bien qu'on ne peut pas élargir sans arrêt, sans se transformer.
Et donc, c'est simple, pas d'élargissement, sans approfondissement. Et cet approfondissement, il est impératif si nous voulons mener la bataille climatique. Donc, oui, j'ai pas très bien compris.
Ça veut dire oui à l'élargissement. Oui à l'élargissement, mais avec un approfondissement. Donc, vous demandez l'approfondissement avant pour pouvoir dire oui, ou vous allez commencer par dire oui à l'Ukraine ?
Je pense qu'on peut faire les deux en même temps. L'approfondissement, je vous l'ai dit, il est urgent. Si on veut se mettre en capacité d'agir suffisamment vite pour le climat et pour la justice sociale, il faut approfondir tout de suite.
C'est ce que j'appelle un saut fédéral. Et puis, l'élargissement, par contre, je vais dire les choses, c'est une question de principe. L'Union européenne, c'est un projet, un projet politique, un projet de paix, de terre des droits et libertés.
Et donc, les peuples qui aspirent à participer à ce projet doivent pouvoir le faire dans le respect d'un certain nombre de conditions. Ça veut dire non un saut fédéral ? Est-ce que ça veut dire que la France n'aura plus de droit de veto sur un certain nombre de points qui seront prises à la majorité ?
Absolument, on a besoin d'avancer. Mais vous savez, ce n'est pas la France qui est le plus problématique sur cette question du droit de veto. Ça va être un certain nombre de pays, les Pays-Bas, l'Irlande, qui vont bloquer les mesures fiscales, qui nous permettraient de lever de l'impôt et donc de mener des politiques à la fois sociales et de transformation industrielle.
Ça va être Victor Orban, surtout, qui mène un chantage incroyable, notamment sur la question du soutien à l'UQAM. Qu'est-ce qu'il vous dit qu'en supprimant ce droit de veto, ce seront les idées que vous espérez progressistes qui l'emportent ? Je ne vais vous le dire rien.
Ce que je vois, c'est qu'avec ce droit de veto, ce sont les idées progressistes qui perdent. Et donc, on a besoin de passer au-delà et de pouvoir mettre en place une véritable politique de transition écologique dans la justice sociale. Plus d'Europe, donc ?
Plus d'Europe, plus d'Europe pour faire face aux défis planétaires, le climat, la biodiversité, la pollution qui se joue des frontières. Et pour transformer notre économie, pour passer d'une économie qui détruit à une économie qui répare, c'est évidemment au niveau européen, dans une économie mondialisée, que ça se joue. Marie Toussaint, une question que je pose à chacun des candidats sur une mesure très concrète de l'Union européenne, la vente des voitures thermiques.
La vente de voitures thermiques neuves sera interdite dans toute l'Union européenne à partir de 2035. Est-ce qu'on assume ou est-ce qu'on annule, Marie Toussaint, sachant que c'est la mesure la plus impopulaire de l'Union européenne ? Tous pays confondus.
On assume, on en a besoin. Il faut d'abord rappeler, mais vous l'avez fait, que les gens qui ont une Twingo pourront continuer à la prendre, s'il y en a encore dans 10 ans, et qu'on pourra encore acheter des voitures d'occasion thermique. Donc ce sont seulement les voitures neuves.
La deuxième chose, c'est que justement, si on veut sauver le climat, il faut absolument qu'on change de modèle, qu'on sorte des énergies fossiles, et donc qu'on passe à l'électrique. Mais si on veut pouvoir opérer cette transformation et faire baisser les prix des voitures électriques, parce que c'est ça l'enjeu derrière, c'est que tout le monde puisse y avoir accès, on a besoin de ces 10 ans, on a besoin de donner de la visibilité à l'industrie automobile. C'est d'ailleurs ce qu'elle dit elle-même, qu'elle a besoin qu'on ne change pas cette date pour pouvoir investir suffisamment et opérer un choc des prix.
Les patrons automobiles étaient totalement contre au départ, mais une fois que ça a été décidé, acté, voté, ils disent « bon, maintenant, il ne faut plus changer, parce que c'est mis en route. » Mais vous savez, ils n'étaient pas tous contre. Certains disaient même qu'ils pouvaient y arriver à partir de 2030.
Donc voilà, la date de 2035, elle est éloignée. Il y a évidemment un besoin de faire baisser les prix. En Chine, grâce aux investissements majeurs qui ont été effectués, des véhicules électriques sont parfois 20 à 30 % au coût inférieur aux voitures thermiques.
J'ai envie de vous dire, c'est tout le problème, Marie, tout ça. C'est qu'on va se retrouver avec des voitures chinoises. Alors, justement, l'investissement, et il faut un choc d'investissement massif, c'est pour ça, vous savez, on a besoin de choc d'investissement dans tous les secteurs, dont l'automobile.
C'est pour ça qu'au Parlement européen, le groupe Vert s'est battu contre le pacte d'austérité qui était porté par les conservateurs, les libéraux, les socialistes, qui entravent, de facto, l'investissement dans la transition écologique. On a besoin d'investir dans ce secteur et on a besoin de relocaliser au plus vite la production. Et vous savez, quand on voit, par exemple, Emma, qui est un sous-traitant de Stellantis, avec une mobilisation actuelle, parce qu'Emma va fermer ses portes, non, ça ne va pas.
On a besoin de soutenir ces entreprises, on a besoin de soutenir les salariés et d'opérer à cette transformation. Qu'est-ce que vous choisissez entre le protectionnisme et l'environnement ? Quand vous voyez, effectivement, que les voitures chinoises sont moins chères, mais qu'elles viennent de Chine, et que ça permettrait, du coup, à certains d'acheter des voitures électriques, mais en même temps, des voitures qui auront été produites en partie là-bas, qui se seront tapées tout le voyage.
Quand vous voyez que Joe Biden a choisi plutôt le protectionnisme, avec des hausses de 100% des taxes sur les voitures chinoises. Mais moi, je choisis les deux, Madame de Malherbe. Alors, je sais que ça ne va pas fonctionner dans tous les domaines.
Je ne suis pas dupe et je ne suis pas naïve. Mais je pense que, justement, nous devons mettre en place un protectionnisme vert qui nous permet de produire en Europe ce dont l'Europe a besoin, qu'on parle d'alimentation, qu'on parle d'énergie, qu'on parle de santé, du médicament, par exemple. Et pour cela, on a besoin à la fois de remettre en place des protections à nos frontières et de ce choc d'investissement dont je vous parlais tout à l'heure.
Alors oui, ça ne marchera peut-être pas dans tous les domaines. Il faudra trouver des équilibres. Ce que je constate, c'est qu'aujourd'hui, on a laissé partir toute la production de produits verts, que ce soit de panneaux photovoltaïques, d'éoliennes, de voitures électriques, évidemment.
Et donc ça, il faut impérativement que ça change et le plus vite possible. C'est quoi la différence entre votre programme et celui de Raphaël Glucksmann ? Il y en a plusieurs, je ne vais pas tout énumérer.
Mais la réalité, c'est que seuls les écologistes défendent jusqu'au bout l'écologie, font de l'écologie la première des priorités. Et vous voyez, le dérèglement climatique, il est partout. On a vu en Inde des morts liées à la canicule pendant les derniers jours, même chez les assesseurs électriques.
Non, mais je vous repose la question, elle est très précise. Qu'est-ce qui vous distingue vraiment de la candidature de Raphaël Glucksmann ? Vous savez, sur la liste des écologistes, il n'y a que des combattantes et des combattants de l'écologie.
Ce n'est pas le cas chez les socialistes. Le groupe socialiste européen, d'abord, vote pour les méga camions, pour moitié pour les OGM, où je viens de vous en parler pour l'austérité. Et puis sur la liste de M.
Glucksmann, il y a une défenseuse de l'A69, qui est une autoroute qui est décriée par des milliers de scientifiques, dont des membres du GIEC. Et puis un défenseur de pistes de ski en plastique dans des aires naturelles dans les Pyrénées. Donc quand vous votez pour Raphaël Glucksmann, vous ne savez pas si vous votez pour la restauration de la nature, pour le climat, quand vous votez pour les écologistes, tout cela, c'est très clair.
Alors là, vous nous donnez quelques détails. On a bien compris ces pistes dans les Pyrénées. L'A69, qui n'est évidemment pas un détail, mais enfin, qui est une partie d'une des personnes de la liste.
Mais quand on regarde quand même globalement, c'est vrai que c'est très frappant. Sur la PAC, Raphaël Glucksmann dit qu'il faut réformer, transformer cette politique, permettre une transition agro-écologique. C'est exactement les mêmes mots que vous utilisez, vous.
C'est bien s'il s'inspire du programme des écologistes. Mais oui, mais j'ai envie de dire, dans ces cas-là, pourquoi vous n'êtes pas ensemble ? Ah mais ça, c'est la question qu'il faut poser à M.
Glucksmann. Vous savez, moi, je vous le dis. Ah mais je lui voudrais demain, il sera à ce même micro, mais je peux vous la poser aussi à vous.
La liste des écologistes et le groupe écologiste au Parlement européen votent en permanence la même chose de façon cohérente et structurée. Vous demandez un plan de transition de l'élevage vers des systèmes biologiques extensifs à taille humaine et respectueux des conditions animales. C'est là encore exactement les mêmes mots qui sont utilisés par Raphaël Glucksmann.
Un plan d'investissement pour accompagner les agriculteurs, pour les aider à s'équiper de panneaux photovoltaïques. C'est par exemple ce que demandent les agriculteurs actuellement mobilisés dans les Pyrénées pour sortir de l'élevage, pour changer leur tracteur et que le groupe socialiste au Parlement européen a voté un plan d'austérité qui empêche ce plan d'investissement. Donc vraiment, Mme de Malherme, je vous le répète, la différence, c'est la constance et la cohérence.
Oui, mais est-ce que la question, ce n'est pas justement qu'à partir du moment où tout le monde est devenu écolo, votre candidature a plus de mal à passer ? Mais je ne crois pas. Et vous voyez, vous dites tout le monde est devenu écolo.
Moi, ce que je vois...
Sur la question des voitures électriques, je ne l'ai pas dit tout à l'heure, mais votre position, c'est-à-dire maintenir ce calendrier 2035 pour la vente des voitures électriques, c'est aussi ce que préconisent Manon Aubry et Raphaël Glucksmann, mais aussi Valérie Ayet. Oui, mais c'est une victoire arrachée par les écologistes. De la même manière que la taxe carbone aux frontières a été une bataille arrachée par les écologistes.
Mais non, ça n'y est pas. Je vous le dis depuis un an et demi. On entend l'extrême droite faire de l'écologie la cause de tous les maux.
L'extrême droite exerce une domination intellectuelle croissante sur le reste de l'échiquier politique. Au premier trimestre 2024, tout a reculé. Les conservateurs, les libéraux, les socialistes ont abandonné les mesures environnementales en les votant au Parlement européen.
Et donc, on a besoin de tenir. Et quand c'est difficile, Madame de Malherbe, seuls les écologistes tiennent bon, seuls les écologistes continuent à se battre. Pour le climat, pour la biodiversité, c'est le défi de notre siècle.
Nous sommes les seuls à considérer que c'est le défi de notre siècle et qu'il faut impérativement y répondre. Un point sur l'Ukraine, précisément, où j'aimerais savoir votre position. Je connais celle de Raphaël Glucksmann.
Il y a répondu ici même. Vous le savez, par solidarité avec le peuple ukrainien, l'Union européenne a baissé considérablement les droits de douane sur les importations, notamment de poulet ukrainien. Aujourd'hui en France, la moitié du poulet consommé provient d'Ukraine.
C'est pour la majeure partie un poulet qui est élevé dans des gigas fermes-usines qui appartiennent à un seul oligarque qui est lui-même domicilié fiscalement et financièrement à Chypre. Entre la question de la solidarité et la question écologiste, vous choisissez quoi ? Je choisis les deux parce que vous le dites, quand on baisse les droits de douane pour alimenter les profits d'un oligarque domicilié à Chypre, on n'aide de toute façon pas le peuple ukrainien.
Vous voudriez que ces droits de douane remontent ? Oui, et nous l'avons porté au Parlement européen d'ailleurs. Et je précise donc que Raphaël Lutzmann sur ce point précise que lui, il souhaite maintenir ces droits de douane.
Mais moi je vais vous le dire, on doit soutenir l'Ukraine encore plus fort que ce qu'on fait aujourd'hui. Mais pas en sacrifiant les agriculteurs, mais pas en sacrifiant les paysannes et les paysans. On a des avoirs russes qui sont gelés aujourd'hui dans les banques centrales européennes.
Joe Biden a légiféré, comme l'Estonie ou la Suisse, pour pouvoir dégager ces avoirs russes, les utiliser pour soutenir l'Ukraine. Pourquoi est-ce que ce n'est pas ça qu'on fait plutôt que de demander aux paysans de payer l'addition ? Emmanuel Macron s'apprête à inaugurer l'EPR de Flamanville.
Enfin ? Pas enfin. Et d'ailleurs, on attend toujours un couvercle parce que le couvercle actuel est défectueux.
Le couvercle arrive dans deux ou trois mois. J'ai bien compris qu'Emmanuel Macron se livrait encore une fois à une opération électorale avant les élections européennes. Mais moi, je préférerais qu'on se préoccupe de sécurité nucléaire.
J'imagine que la question qui suit, c'est comment on fait dans le laps de temps qui est devant nous. Donc, je vais vous répondre. On doit appérativement agir pour le climat.
On doit accélérer. L'Europe n'est pas dans les clous aujourd'hui de ces objectifs climatiques. Mais précisément sur ces objectifs climatiques, alors on en est quand même loin, mais la nouvelle vient de tomber.
Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 5,8% en France. En 2023, c'est mieux que prévu. L'an dernier, c'était déjà en baisse, mais seulement de 2,7%.
Le réseau Action Climat estime que la raison de cette baisse, c'est notamment le nucléaire, la hausse de la production d'électricité bas carbone et la poursuite de la baisse de la consommation d'électricité. Électricité bas carbone, comprenez, nucléaire. C'est grâce au nucléaire.
Oui, mais la hausse par rapport à l'année d'avant, où les centrales nucléaires avaient été fermées, faute d'eau, faute de la sécheresse, faute du dérèglement climatique. Donc je pense que ça va être compliqué de faire dire au réseau Action Climat, qui n'a été rebranché en quelque sorte que tardivement. D'accord.
Alors juste pour revenir sur les 5,8%. Encore une fois, c'est le réseau Action Climat qui donne cette information. Oui, mais qui dit aussi, qui dit beaucoup de choses, qui dit que la baisse est conjoncturelle, qu'il faut poursuivre les efforts et les accélérer.
Bien sûr, encore une fois, je disais, on est loin de l'objectif. C'est 5,8%, ils ont été brandis par Gabriel Attal avec beaucoup d'autosatisfaits. Il faut dire que la France a raté, de peu certes, mais les objectifs qui étaient fixés dans la loi, parce qu'on est en train de détruire la biodiversité, les puits de carbone, les forêts, les rivières, et donc il faut s'en préoccuper.
Je reviens sur la question du nucléaire. Nous ne nous disons pas qu'il faut fermer toutes les centrales aujourd'hui. Ce que nous disons, c'est qu'en 2040, on doit avoir réduit de 95% nos émissions de gaz à effet de serre.
Et donc, on doit remplacer les énergies fossiles. La seule énergie qu'on peut développer suffisamment vite, on parle de 15 ans, c'est rien, la seule énergie qu'on peut développer suffisamment vite pour se débarrasser des énergies fossiles, ce sont les énergies renouvelables. Voilà ce que nous disons, ça coûte moins cher, c'est plus sûr.
On n'a pas de glissement de temps, comme on l'a eu avec le PR de Flamanville. Et donc, il faut investir massivement dans les énergies renouvelables. La France est en retard.
C'est le seul pays européen qui a raté la marche sur les énergies renouvelables. Julien nous a envoyé une question ce matin. Il m'a appelé au 32-16 depuis Montpellier.
Il demandait pourquoi vous vous étiez fourvoyé dans cette alliance avec la NUPES. Écoutez, d'abord, bonjour Julien. Merci de votre question.
Fourvoyer, c'est un bien grand mot. Moi, je considère que, oui, face à la montée de l'extrême droite, quand elle atteint 40%, qu'elle mène une guerre sans merci contre l'écologie, d'ailleurs, au passage, on doit trouver des moyens de construire une coopération entre les gauches. La NUPES, ça n'a pas fonctionné.
Donc, il va falloir réinventer cette manière de fonctionner. Mais je veux dire aussi à Julien...
C'est fini la NUPES pour vous ? Ah bah, il va falloir la réinventer d'une autre forme. Vous voyez bien que, de toute façon, on est dans un moment de division, de guerre des gauches, que je refuse.
Mais je veux rassurer Julien sur une chose. Quel que soit l'endroit où nous sommes, quelles que soient les alliances que nous nouons, les écologistes sont les écologistes. À l'Assemblée nationale, ce sont les écologistes qui mènent bataille contre les polluants éternels, qui mènent bataille pour une juste rémunération des agriculteurs et des agricultrices.
Comme au Parlement européen, j'ai mené la bataille pour inscrire l'écocide, condamner les crimes contre l'environnement dans le droit européen, comme nous nous battons pour le bien-être animal, pour préserver l'eau ou encore une fois pour la justice sociale. Anastasie nous a envoyé cette question. Bonjour Madame Marie Toussaint.
Qu'est-ce que vous comptez faire pour qu'on soit en sécurité dans notre rue ? En sécurité dans nos rues. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Ah bah, qu'on a absolument besoin de garantir la sécurité des citoyennes et des citoyens. Vous savez, on voit bien la montée des violences de toutes sortes, d'ailleurs, des actes antisémites, les violences contre les personnes LGBT, des violences contre les enfants. On a vu ça, malheureusement, pendant ces derniers mois.
Et donc, ce que les écologistes nous portons, au niveau européen par exemple, c'est la création d'un FBI européen qui nous permet de mieux lutter contre le terrorisme et l'islamisme. Ce que nous portons aussi, c'est le retour de la police de proximité qui permet de faire du lien avec les habitantes et les habitants. Et puis, nos maires demandent d'ailleurs avec régularité à M.
Darmanin d'envoyer plus de police sur le terrain. Nous avons à cœur la sécurité, mais dans tous les sens du terme aussi, la sécurité sociale, économique, environnementale aussi. Et à l'échelle européenne, donc, merci Marie Toussaint d'être venue répondre à mes questions.
La semaine spéciale européenne se poursuit demain puisque à ce même micro, ce sera donc Raphaël Luxman qui répondra à mes questions et aux vôtres. Vous n'hésitez pas, vous nous les envoyez au 32 16 ou à l'adresse vosquestions.rmc.fr.
Il est 8h52. Merci à Pauline de Malherbe. Bonjour à tous.
Marie Toussaint