Manuel Bompard, député "La France insoumise" des Bouches-du-Rhône - 25/09
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Politique en compagnie de Valérie Hacot pour Le Parisien. Benjamin Duhappel, comme chaque dimanche, nous recevons Manuel Bompard. Bonjour M. Bompard, vous êtes député La France Insoumise, la quatrième circonscription des bouches du Rhône. Vous avez succédé à Jean-Luc Mélenchon, à Marseille. Vous êtes un des hommes dont on parle ces 72 dernières heures à cause d'une phrase. Je ne peux pas citer toute l'interview que vous avez donnée sur une chaîne concurrente, mais je vais essayer de citer la phrase entière pour resituer les choses.
Dans le sillage de ce qui a été appelé l'affaire Quatennens, vous avez dit « j'essaie de faire la part des choses, une gifle n'est jamais acceptable », avez-vous dit, « mais elle n'est pas égale à un homme qui bat sa femme tous les jours ». Ma première question est simple, est-ce que vous maintenez cette phrase ou est-ce que vous la regrettez ?
D'abord, ce que je déplore, c'est la polémique à laquelle cette phrase a donné lieu, parce que dans le sillage de cette polémique, j'observe sur les réseaux sociaux des échanges qui sont extrêmement fermes, extrêmement durs, et je vois bien que ça peut réveiller, réactiver des souffrances, des souffrances de la part de personnes qui ont subi des violences conjugales, des souffrances de la part de familles qui ont été déchirées sur le sujet, et donc je déplore que cette phrase ait donné lieu à cette polémique. – Mais est-ce que ça veut dire que vous la regrettez ? – Pour le reste, je vais vous répondre très clairement.
Pour le reste, j'ai dit, je vous remercie d'avoir cité ma phrase dans son intégralité, et je dois dire que j'ai été choqué par le fait qu'un certain nombre d'autres confrères à vous ne l'aient pas fait, et qu'ils aient coupé cette phrase, et qu'ils aient enlevé la partie qui est importante de cette phrase qui dit « qu'une gifle est toujours inacceptable ». Et je le redis ici, une gifle est une violence inacceptable. J'ai dit qu'une gifle était une violence inacceptable. J'ai dit, et je le maintiens, qu'il y a besoin d'avoir une gradation dans les faits.
– Mais ça précisément, M. Bompard a choqué également, la deuxième partie de cette phrase, elle a choqué. D'où ma question, est-ce que vous la maintenez aujourd'hui, ou est-ce que vous regrettez de l'avoir prononcé ?
– Non, mais je crois vous avoir répondu, je pense qu'il y a une gradation dans les faits, et il n'y a pas seulement moi qui le dis.
– Mais Emmanuel Bompard, personne ne conteste qu'il y ait une gradation entre une gifle et quelqu'un qui frappe sa femme tous les jours. Simplement, en disant cette phrase, vous donnez l'impression de vouloir relativiser, de vouloir minimiser, d'expliquer au fond que ce n'est pas si grave, c'est ça qui choque. Et d'ailleurs, vous dites, les réactions des confrères qui ont coupé, mais quand on regardait notamment sur les réseaux sociaux, les principales critiques qui vous étaient adressées, venez de votre camp, venez des féministes.
– Je ne crois pas, tout est féministe de votre camp, effectivement. – Je ne crois pas, je vais vous répondre franchement. Vous me dites, ça peut donner l'intention ou l'impression que vous voulez minimiser, banaliser. Je ne banalise pas. Est-ce que j'ai dit, M. Duhamel, qu'une gifle n'était pas grave ? Est-ce que j'ai prononcé cette phrase-là ? Je ne l'ai pas prononcée. J'ai commencé mon intervention en disant, une gifle est toujours inacceptable.
– Oui, mais c'est le mais qui vient après. Vous savez, une gifle n'est jamais acceptable, mais. Comme si, au fond, il pouvait y avoir une façon d'essayer de relativiser ce que vous venez de dire.
– Oui, mais encore une fois, vous me faites là un procédé d'intention. En ce qui me concerne, je ne la relativise pas. Et même, je vais compléter ma phrase, je vais vous dire, parce que ça m'a été répondu, je n'ignore pas ce qu'on appelle le continuum en matière de violence conjugale. C'est-à-dire que souvent, parfois, peut-être toujours, une violence répétée, elle commence par une gifle. Et les associations féministes, les gens qui travaillent sur ce sujet ont raison de dire que c'est au moment de la première gifle qu'il faut réagir. Et donc, oui, je ne considère pas qu'une gifle, ce n'est pas grave. Je n'ai jamais considéré cette chose-là.
Et donc, je n'ai pas envie, si vous voulez, que cette polémique, elle donne l'impression que je relativise. Je ne veux pas relativiser.
Je n'ai jamais eu l'intention de relativiser. Je passe à ce que disent toutes les organisations, notamment féministes, au sein de l'ANU, puisqu'ils se sont beaucoup émus de vos propos sur la gifle. Vous reconnaissez aujourd'hui quand même une maladresse ? Parce que ce n'est pas très clair dans ce que vous dites ce matin.
Non, mais je ne veux pas reconnaître une maladresse sur quelque chose qui, honnêtement, a été repris par Caroline Mécari, qui est une avocate du droit de la famille, qui dit précisément la même chose. J'ai entendu le président des avocats pénalistes de France, M. Christian Saint-Palais, qui dit précisément la même chose.
Attendez, parce que précisément, il y a deux sujets qui sont mélangés depuis 72 heures, mais qui n'ont rien à voir. Il y a l'aspect juridique, il y a l'aspect moral, pour tout un chacun, pour un représentant politique. Et par ailleurs, ce qui a contribué aussi à brouiller les pistes dans votre justification, parce que vous avez écrit un communiqué dans la foulée que vous avez intitulé à propos d'une mauvaise polémique. Et vous citez le violentomètre. Je vais le montrer, parce que les gens n'ont pas compris pour la plupart. Le violentomètre, c'est ça, je le montre ici.
C'est un outil utilisé par les associations qui accompagnent les femmes victimes et qui explique, en gros, ce qui doit être un comportement normal jusqu'à ce qui est absolument interdit par la loi. Bon, on le voit à l'écran. Sauf que la gifle, M. Bompas, elle est 20e sur la chaîne. Elle est tout au bout. Elle est tout au bout de ce violentomètre. Non, elle n'est pas tout au bout de ce violentomètre. Pardonnez-moi, derrière, il reste les agressions sexuelles
et les agressions sexuelles et l'arme. Mais attendez, elle est une violence. Elle est une violence grave. Elle est une violence inacceptable. Je n'ai jamais dit l'inverse. Mais ce violentomètre, il démontre bien qu'il y a une gradation des faits qu'on peut reprocher et donc qu'il doit y avoir une gradation des réponses et des sanctions. Dire ça, dire qu'il faut graduer, ce n'est pas minimiser. Ce n'est pas relativiser. Dire qu'il faut graduer, c'est y compris pouvoir être plus efficace ensuite dans la manière de répondre à ces violences.
Est-ce que le rôle d'un responsable politique, ce que vous êtes, vous aspirez à des fonctions, j'imagine, encore supérieures aux vôtres, est-ce que le rôle d'un responsable politique, ce n'est pas de condamner, point barre ?
Mais un responsable politique, il ne peut pas faire abstraction d'un certain nombre de principes qui sont des principes judiciaires mais qui sont aussi des principes moraux. Tous les faits ne se valent pas. Tous les faits ne se valent pas et ne donnent pas lieu à la même réponse. Si on ne fait ça, ça veut dire qu'il n'y a plus aucun principe.
Monsieur Bompard, la politique est affaire de 100 bols. Ça fait une semaine que l'on parle de l'affaire Quatennart. On va en parler de la réaction de Jean-Luc Mélenchon. On va en parler. Vous comprenez que c'est au fond cette déclaration qui arrive en bout de course qui émeut. Et une question simple, comment est-ce que vous expliquez que des militantes féministes, qu'on ne peut pas vraiment suspecter de ne pas avoir de sympathie à l'égard de la NUPES, réagissent en disant « Manuel Bompard, taisez-vous, il n'a rien compris ». Je pense par exemple à Raphaël Rémi-Leleux qui est membre de l'exécutif parisien. Comment est-ce que vous expliquez que ce ne sont pas des adversaires ?
Non, je pense, je ne sais pas si je ne vais pas me prétendre pouvoir expliquer ce qu'elles ont voulu dire, je ne me permettrai pas, mais je comprends quelque chose, c'est que bien souvent, ces violences sexistes et sexuelles, elles ont été méprisées, elles ont été banalisées, elles ont été ignorées. Et donc, ça devient plus difficile, peut-être, de dire ce que j'ai dit, c'est-à-dire de dire qu'il faut chercher à graduer les choses. Et je n'ai certainement pas eu l'intention, en demandant à ce qu'on gradue les choses, de banaliser, de minimiser ou de relativiser, à aucun moment. Donc je comprends si, dans ce que j'ai dit, elles ont entendu ça, je comprends leurs réactions.
Mais en ce qui me concerne, je ne banalise pas, je ne minimise pas, je dis qu'une gifle est une violence inacceptable, je le maintiens, je le redis ici, une gifle est une violence inacceptable.
Mais précisément ce qu'elles vous reprochent aussi, et notamment Sandrine Rousseau, qui est aussi au sein de l'ANUPS, une de vos alliés, c'est de ne pas avoir compris le vent féministe qui souffle à l'heure actuelle sur la société française, de ne pas avoir compris ces mouvements de société. Vous, est-ce que vous vous rendez compte qu'il y a peut-être un décalage entre votre discours et ce qui se passe dans la société, et plus précisément ce qui se passe au sein de l'ANUPS aussi, puisque vous avez beaucoup de féministes qui vous soutiennent ?
Si beaucoup de féministes nous soutiennent, c'est qu'elles considèrent que le programme politique qui est le nôtre correspond peut-être pas totalement, mais en tout cas va dans le bon sens et porte ce combat, notamment de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Maintenant, on peut aussi avoir des débats au sein du mouvement féministe. Il peut y avoir des débats sur la manière de répondre à ces faits. On peut avoir des débats sur la façon de qualifier les violences ? Pardon ? On peut avoir des débats sur la façon de qualifier les violences ?
Je pense qu'il y a un certain nombre de principes judiciaires que j'ai juste voulu rappeler dans mon intervention, et il ne faut pas y faire abstraction, y compris dans un sujet aussi douloureux
que celui des violences sexistes et sexuelles. Monsieur Bompard, je vous cite Gabriel Attal ce matin, membre du gouvernement. Les engagements pour les droits des femmes à LFI, dit-il, passent au second plan après le culte du chef. Il y a eu, encore en fin de semaine, il fait allusion à ce que vous avez dit, des propos terriblement choquants. La violence n'est pas une gradation, c'est une spirale. Aucune gifle ne peut être relativisée.
Je pense avoir déjà répondu à ce que dit monsieur Attal. Maintenant, je vais vous dire quelque chose. Si cette semaine a au moins le mérite de mettre les lumières, les projecteurs sur cette question des violences sexistes et sexuelles, ça sera quelque chose de positif pour la suite. Maintenant, je vais dire la chose suivante. Depuis 2018, le groupe politique de la France insoumise à l'Assemblée nationale, à chaque examen budgétaire, dépose une proposition de loi pour qu'on accorde un budget d'un milliard d'euros dans la lutte contre les violences sexistes. C'est la demande des associations.
On a redéposé cet amendement au mois de juillet dernier dans le projet de loi de finances rectificative. Cet amendement n'a pas été adopté. Donc, monsieur Attal ne l'a pas voté. Ses amis, monsieur Attal n'est pas député, ses soutiens ne l'ont pas voté. Donc, je pointe ce fait. Je pointe ce deux poids, deux mesures dans la prise en compte de ce sujet très important. Mais à la limite, disons, c'est pas grave. On va redéposer cet amendement au mois d'octobre. J'espère que toutes celles et ceux qui se sont emparés de ce sujet cette semaine, pour certains, avec, j'en suis convaincu, une conviction, une passion et une prise en compte sérieuse de ce sujet.
Pour d'autres, pour des raisons politiciennes. J'espère que tout le monde se réunira pour voter en faveur de cet amendement, qu'on accorde enfin ce milliard d'euros qui est nécessaire dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et qu'on fasse enfin avancer ce sujet.
Manuel Montpard, hier soir, Jean-Luc Mélenchon sur France 2 a dit qu'il, je cite, accepté les critiques mais il n'a pas fait de méa culpa sur ses tweets. S'excuser, c'est impossible, ce n'est pas dans son tempérament.
Mais Jean-Luc Mélenchon, il a dit beaucoup de choses dans cette émission et ce serait bien difficile de la résumer en quelques minutes. Il y a un truc qu'il n'a pas dit,
c'est qu'il s'excusait ou qu'il regrettait ses tweets. Jean-Luc Mélenchon,
il a dit, on peut toujours faire mieux, moi y compris. Jean-Luc Mélenchon, la semaine dernière, après son premier tweet, il en a fait un second pour préciser sa pensée. Jean-Luc Mélenchon, hier, il a dit, j'accepte les critiques et je préfère une indignation à une indifférence parce que c'est la preuve d'une société qui bouge
sur ces sujets. Mais il accepte les critiques.
Je suis d'accord avec lui.
Il accepte les critiques
mais il ne regrette rien. Pourquoi ne pas regretter
les mots, en l'occurrence, d'avoir parlé d'affection, de courage concernant Adrien Quatennens et de ne pas avoir eu suffisamment de mots de compassion à l'égard de l'épouse d'Adrien Quatennens ? Pourquoi ne pas ? On a le sentiment qu'il y a dans son caractère comme au moment des perquisitions,
Mais ça vous poserez si vous voulez la question à Jean-Luc Mélenchon mais Jean-Luc Mélenchon je vous l'ai dit tout à l'heure dans un second tweet a dit ce qu'il avait à dire notamment en matière de soutien et de compassion vis-à-vis de Céline Quatennens. Donc je pense qu'il est conscient de cette chose-là. Et vous savez dans cette affaire s'il y a quelque chose d'un petit peu choquant depuis le début c'est que depuis une semaine on commente une affaire sur la base d'une seule parole qui est la parole d'Adrien Quatennens et il me semble qu'une question fondamentale dans le combat féministe c'est d'écouter d'entendre la parole des femmes qui s'expriment.
Et donc je pense que personne ne sait aujourd'hui ce que pense Céline Quatennens de ce sujet. Et donc je pense qu'on ferait bien mieux d'arrêter un petit peu de commentaire. C'est intéressant
ce que vous dites vous laissez entendre qu'au fond
l'histoire est plus compliquée qu'elle en a l'air ? Je ne veux rien laisser entendre il ne m'appartient pas et ce n'est pas ma responsabilité de parler à sa place. Je dis juste qu'en ce qui me concerne je me garderais bien de donner tout jugement sur une affaire quand je ne connais qu'une parole et pas l'autre.
Politiquement pour le coup dans un registre que vous maîtrisez que vous connaissez par cœur Adrien Quatennens est mis en retrait de ses fonctions. Je précise à nos téléspectateurs ça n'existe pas juridiquement ça ne veut rien dire mis en retrait c'est valable pour Julien Bayou on y reviendra dans un instant il est mis en retrait ça veut dire quoi chez vous mis en retrait ?
C'est clair Adrien Quatennens il y a une semaine était coordinateur de notre mouvement donc il en était le porte-parole principal il ne l'est plus aujourd'hui c'est une mise en retrait de sa fonction mais il reste député bien évidemment on a discuté au sein de notre groupe parlementaire mardi et je dois dire ici qu'aucun membre de notre groupe parlementaire n'a demandé la démission d'Adrien Quatennens il était élu
par les Françaises et les Français il n'a pas été élu par ses collègues parlementaires
à l'Assemblée Nationale
donc c'est à vous de décider s'il peut rester ou pas
dans ce groupe ? Jusqu'à preuve du contraire pour l'instant il n'existe pas et je le déplore d'ailleurs de dispositifs comme le dispositif de révocation des élus aujourd'hui c'est sa décision et nous nous avons dit notre vision des choses nous considérons que le signal qui a été envoyé par la mise en retrait d'Adrien Quatennens de sa fonction de coordinateur est un signal extrêmement important et puisqu'on veut nous faire un procès sur ce sujet je veux quand même dire que c'est quelque chose d'inédit qu'un coordinateur d'un mouvement politique national se met en quelques jours en retrait de sa fonction c'est une réponse extrêmement importante début octobre
il y a la rentrée parlementaire est-ce qu'Adrien Quatennens sera là est-ce que par exemple il pourra poser des questions au gouvernement au nom du groupe La France Insoumise est-ce qu'il participera aux travaux en commission concrètement il est député il touche d'ailleurs une rémunération une indemnité pour cela est-ce qu'il va continuer à faire son travail
de député écoutez je crois savoir qu'Adrien Quatennens a besoin de temps pour pouvoir se concentrer sur une question qui est une question délicate vous pouvez l'entendre il est dans une procédure de divorce il y a maintenant une enquête qui a été ouverte sur cette affaire je pense que dans un proche futur il va avoir d'autres priorités
sur lesquelles mais pardon c'est exactement la question que vous pose Benjamin pardon Valérie mais on peut entendre que ce n'est pas sa priorité pour les raisons que vous venez d'évoquer très bien et peut-il du coup continuer à percevoir une rémunération pour un travail qui n'effectue plus puisque vous nous dites vous-même qu'il doit consacrer du temps à ses affaires privées
vous savez dans la vie des fois il y a des moments même quand vous êtes élu député où vous avez des difficultés personnelles une question compliquée à gérer et oui il peut arriver que pendant un certain temps vous ayez besoin de vous concentrer sur autre chose que sur votre mandat de député et il y a d'autres députés dans notre groupe et on fera le travail vous inquiétez pas pour ça vous pouvez quand même entendre qu'on est un part d'humanité
c'est pas le fait que vous ne fassiez pas le travail le fait c'est le fondement de la fonction que vous défendez d'ailleurs souvent sur ce qu'elle représente mais qu'est-ce que vous suggérez je ne suggère rien
je vous pose des questions oui mais je pense qu'il faut entendre qu'Adrien Quatennens il a donné un signal qui est un signal extrêmement important il s'est mis en retrait de sa fonction maintenant il va y avoir une enquête sur le sujet je disais tout à l'heure je disais tout à l'heure on ne sait pas ce que dit ce que pense Céline Quatennens de ce sujet peut-être que l'enquête le permettra de le démontrer donc pour l'instant à ce stade il me semble que ce serait bien imprudent de vouloir prendre des décisions qui sont des décisions définitives
on parle de symbole quand même à l'heure actuelle Adrien Quatennens qui revient dans l'hémicycle le 3 octobre ça va envoyer un message aux femmes ce n'est pas forcément un message positif Jean-Luc Mélenchon dans sa défense hier soir dit qu'il est favorable à ce qu'il revienne est-ce que c'est vraiment la bonne façon d'appréhender cette question ce problème qui sur le plan symbolique pose vraiment un problème
mais d'un point de vue symbolique écoutez franchement quelle autre formation politique a pris une mesure aussi importante que celle qui consiste à ce que son coordinateur national qui est la figure la plus identifiée se mise en retrait aucune parce que j'ai entendu beaucoup de choses cette semaine mais il y a eu d'autres cas de faits qui sont reprochés soit à des dirigeants politiques soit à des députés aucune formation politique n'a pris une mesure aussi importante que celle que nous avons prise donc je pense que à ce stade c'est une mesure qui est une mesure qui envoie une réponse à la hauteur de la difficulté et Jean-Luc Mélenchon
qui dit je souhaite qu'il revienne dans le débat politique dans le combat politique qu'est-ce que ça veut dire à quel poste est-ce qu'on peut imaginer qu'une fois qu'il y aura éventuellement une instruction qui ira à son terme et un divorce il pourra reprendre exactement les fonctions qui étaient les siennes
mais je n'en sais rien Benjamin Duel moi je ne suis pas là pour faire si vous voulez l'exégèse des propos de Jean-Luc Mélenchon il faudra lui poser la question la question à lui je vous ai dit on va rentrer dans un moment qui va être un moment d'enquête en tout cas sa carrière n'est pas terminée sa carrière politique on ne va pas faire l'exégèse des propos
l'emballissement à vie d'une personne je voudrais M. Bompard qu'on s'intéresse à autre chose chez Jean-Luc Mélenchon
oui maintenant M. Bompard on va vous faire réagir à une séquence qui a été diffusée ce jeudi ce mercredi cette semaine Jean-Luc Mélenchon était dans la rue devant l'Assemblée Nationale et il a été interpellé par une équipe de l'émission Quotidien
je ne voulais pas du tout parler de l'affaire Quatennin est-ce que vous regrettez les tweets que vous avez publiés ? je pèse mes mots tout le temps c'est vous qui regrettez ce que vous êtes en train de dire vous les avez pesés là ?
là on voit M. Mélenchon effectivement qui tapote la joue d'un journaliste vous justifiez ce geste de M. Mélenchon ?
franchement ça serait un petit peu raisonnable c'est un geste taquin quand Emmanuel Macron je l'ai vu Emmanuel Macron faire exactement précisément le même geste auprès de l'ancien président du Burkina Faso il n'est pas journaliste je l'ai vu ça aurait exactement le même geste auprès d'Edouard Philippe l'ancien premier ministre il n'est pas journaliste sauf que M. Mélenchon
ce n'est pas forcément une première pour M. Mélenchon mais qu'est-ce que vous pensez
qu'il y a derrière ce geste ?
c'est la question qu'on vous pose parce que par exemple cet été
quand quelqu'un lui demande une photo qui dit à son garde du corps va lui péter la gueule c'est son interrogation non il n'a jamais fait ça cet été
ça a été filmé ce que vous dites
c'est précisément faux M. Bonpart s'est filmé non il n'a pas fait ça cet été c'est la date que vous contestez je ne pense pas que Jean-Luc Mélenchon ait dit ça cet été mais bon si vous avez une démonstration vous le ferez mais par ailleurs c'est la date que vous contestez ou l'est fait ? c'est vous qui avez dit qu'il avait fait ça cet été non ? je vais contester votre affirmation pour le reste attendez parce que là vous mélangez tout non en fait on vous interroge
sur un comportement
vous essayez de dire que mettre sa main sur la joue d'un journaliste revient à le menacer quelqu'un de lui péter la gueule c'est le terme que vous avez entendu
c'est pas la même chose mais M. Mélenchon est assez coutumier de rapports un petit peu on va dire rugueux avec la presse si on résume comme ça on a d'autres exemples il y a eu un ferme ta petite bouche qu'il a adressé à un journaliste ça c'était rugueux franchement il y a un petit côté un peu intimidation quand même
je ne crois pas écoutez franchement je pense que comment vous réagissez M. Bonpart si je me mets avec Julien vous tapotez la joue pendant cette émission franchement je pense que ça va m'amuser vraiment ? oui mais vous pensez qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? rien je vous demande votre avis je vous ai dit mon avis je vous ai dit mon avis
en fait on prolonge ce qui est intéressant dans la séquence que l'on voit c'est qu'il y a effectivement une forme de soit intimidation soit au fond traiter ça par le mépris et que par ailleurs dans la rhétorique de la France Insoumise cette semaine on a beaucoup entendu voyeurisme médiatique a dit Jean-Luc Mélenchon d'autres expliquant voilà le système a encore trouvé une bonne façon de parler d'autre chose que de la réforme des retraites au fond c'est quoi ? le problème c'est le système ou c'est ce qu'a fait Adrien Quatennens ? alors bon
là vous êtes venu sur un autre sujet et effectivement il est intéressant moi je vous dis franchement les choses je trouve pas ça normal qu'une affaire judiciaire aujourd'hui se retrouve en un claquement de doigts dans la presse je trouve que c'est un problème je parlais d'un certain nombre de principes tout à l'heure parmi ces principes il y a le secret de l'instruction parmi ces principes il y a le secret de l'affaire c'est le système qui vous en veut
c'est le système attendez parce que là
moi je réponds à quelque chose qui là a l'air de ne pas vous poser de difficultés je trouve pas normal que toute affaire judiciaire aujourd'hui quand elle concerne une personnalité publique puisqu'on utilise ce terme souvent se retrouve dans la presse je trouve que c'est un problème du point de vue du respect des principes et je vais même vous dire si vous me parlez du traitement médiatique de cette affaire je trouve pas bien que vous en ayez fait autant sur ce sujet parce que vous le savez comme moi que vous avez eu enfin des journalistes de votre rédaction ont eu au téléphone madame Quatennens et qu'elle vous a dit de ne pas en parler monsieur Montpard c'est le canard enchaîné
qui révèle cette information dans la foulée notre antenne en parle comme d'autres antennes et par ailleurs ceux qui communiquent sur cette affaire ce sont d'abord les époux Quatennens en faisant un communiqué et ensuite Adrien Quatennens en en parle lui donc nous accuser d'en parler pardon précisément donc c'est quoi c'est le système qui vous en veut
attendez parce que là vous essayez de me faire dire une chose que je n'ai jamais dit donc premièrement je vais vous dire je réponds à ce que vous dites oui mais je vais vous dire quelque chose ce n'est pas les époux Quatennens ensuite ils ont répondu par une communication donc ce n'est pas eux qui ont choisi de mettre ce sujet sur la place publique pour le reste j'ai considéré cette semaine qu'il y avait effectivement un certain nombre de pratiques journalistiques qui d'un point de vue déontologique me posent problème si ça ne vous choque pas que le journal Le Monde mette en première page de son site internet les propos que j'ai tenus tout à l'heure en coupant la phrase au milieu quand je dis qu'une gifle est toujours inacceptable moi ça me dérange ça me pose un problème du point de vue déontologique nous revenons en direct
dans un instant pour la suite de cette émission cette saison je vais vous montrer dans un instant trois photos vous ferez le choix c'est une nouveauté cette saison et puis évidemment il y aura la réforme des retraits super alors je vous laisse nos discussions la suite de BFM politique en compagnie de Manuel Bompard ce midi monsieur Bompard c'est une nouveauté cette saison je vous montre trois photos d'ailleurs chaque photo se cache une question vous avez le choix de deux de ces photos elles vont apparaître juste derrière moi le visage de Noël Legret le patron de la fédération française de football le visage de Marsa Amini une jeune iranienne et le visage de Roger Federer Marsa Amini alors l'Iran s'embrase après que cette jeune femme de 22 ans soit morte elle a été tuée interpellée par la police des Meurs parce que son voile ne cachait pas suffisamment ses cheveux est-ce qu'il faut aider les femmes iraniennes qui se mobilisent là-bas en ce moment ?
Oui, d'abord je veux dire mon admiration pour ce mouvement qui est né en Iran qui est effectivement initialement est d'abord un mouvement de femmes qui ont décidé de manifester de sortir dans la rue qui est en train de devenir d'ailleurs un mouvement de la société iranienne dans sa globalité un processus de reprise en main ou en tout cas d'indignation qui s'exprime dans la rue et donc je pense que oui il faut les aider je sais qu'il y a une manifestation qui est prévue je crois cet après-midi à Paris je pense qu'il faut y participer et je ne sais pas si vous avez vu si j'ai la possibilité je vais y aller oui et je ne sais pas si vous avez vu cet extrait vidéo qui fait beaucoup de bruit de la reprise de Bella Ciao en persan
et voilà j'ai trouvé que c'était une belle image Il nous reste deux photos le portrait de Noël Legrette le patron de la Fédération française de foot ou le portrait de Roger Federer ? Roger Federer pour être un peu plus léger la retraite de la légende avec les larmes de Roger Federer les larmes de Raphaël Nadal c'est au cours de la Lever Cup ils ont joué en double ensemble vous avez regardé ? vous réagissez comment ?
non je n'ai pas regardé je ne suis pas un expert sur le sujet et je comprends qu'après une très très longue carrière il y a un peu d'émotion au moment de tirer sa révérence
revenons à l'actualité en France la politique en France après ces questions photos Benjamin oui et une question sur un autre parti qui est lui aussi touché par ces questions autour d'accusations en l'occurrence Julien Bayou qui est mis en cause à Europe Écologie Les Verts notamment à la suite d'un témoignage en partie révélé par Sandrine Rousseau les appels à la démission ou à la mise en retrait de son poste de secrétaire fédéral d'Europe Écologie Les Verts se multiplient Yannick Jadot à l'instant dit qu'il devrait se mettre en retrait aussi de cette fonction-là est-ce que pour vous il peut tenir à cette fonction ?
moi il ne m'appartient pas je crois de me prononcer sur le sujet je pense que de ce que j'ai compris Julien Bayou s'est mis en retrait de sa responsabilité au sein du groupe parlementaire écologiste de ce que j'ai compris là aussi il y a un dispositif interne au sein d'Europe Écologie Les Verts qui est en charge de traiter des signalements et ensuite de faire des préconisations je pense maintenant que ce travail va être fait et ensuite
qu'il en tirera les conclusions et justement une toute dernière question pour clore tous ces chapitres monsieur Bompard puisque vous parlez des structures internes il y en a une à la France Insoumise pour recueillir la parole des femmes victimes est-ce que le fait que les médias s'en emparent ce n'est pas aussi une bonne nouvelle que le fait que ces paroles soient portées publiquement que ces femmes ne soient plus seules plus dans l'ombre que je comprends
que des femmes qui parfois peuvent avoir l'impression que les dispositifs de prise en charge au commissariat dans la justice sont insuffisants et donc qu'elles s'expriment par d'autres biais que ce soit dans les médias ou que ce soit par les réseaux sociaux ça je le comprends tout à fait ce que je mettais en cause tout à l'heure ce n'était pas ça c'était le fait que des médias décident contre la parole de la femme en question dans le sujet dont on parlait tout à l'heure de s'exprimer ou de dévoiler des informations à ce sujet pour le reste je pense contrairement à ce que j'ai entendu cette semaine de la part de la ministre en charge de l'égalité femme homme madame Rome que les cellules internes au sein des organisations politiques sont quelque chose de nécessaire ça ne veut pas dire qu'elles sont parfaites ça ne veut pas dire qu'elles ne peuvent pas être améliorées ça je pense qu'il faut avoir l'humilité de le dire parce qu'on est confronté à une question qui de ce point de vue-là est une question nouvelle dans sa prise en charge je ne veux pas dire dans ses faits et donc il faut que ces cellules puissent avancer mais dire ces cellules sont une mauvaise chose à mon avis est une grave erreur de la ministre parce que ça peut conduire au contraire des femmes à ne pas venir devant ces cellules donc moi je dis en tant que responsable et animateur et un des responsables de la France insoumise je dis aux femmes si dans la France insoumise vous êtes confronté à ce type de situation il faut aller voir cette cellule parce qu'elle fera son travail
Monsieur Bompard la réforme des retraites c'est un des chantiers de ce quinquennat normalement en tout cas le gouvernement redit qu'elle doit avoir lieu Gabriel Attal s'exprime dans les colonnes du journal du dimanche aujourd'hui il dit qu'il ne serait pas que l'opposition pense que le 49-3 sera utilisé en gros ma question est simple si le gouvernement décide d'inclure notamment la réforme de l'âge de départ à la retraite dans le texte de budget à la sécurité sociale en passant par un 49-3 qu'est-ce que vous allez faire ?
Ah bah ce serait pardonnez-moi du terme mais une déclaration de guerre un texte aussi important un sujet aussi important que celui des retraites dont on sait ces dernières années qu'à chaque fois qu'on a voulu réformer sur les retraites ça a donné lieu à des mouvements sociaux d'importance le faire à la va-vite et en catimini par un amendement au sein du projet de loi de finances de la sécurité sociale ce serait un acte extrêmement grave Donc zéro amendement pour vous ?
Il ne faut pas un amendement
sur la retraite ? Non mais écoutez je ne suis pas le seul à le dire d'ailleurs vous avez observé que Mme Broun-Pivet qui est la présidente LREM de l'Assemblée nationale dit si un amendement dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale c'est un problème y compris c'est un problème parce que ça ne donne pas lieu à une étude d'impact qui est le cas notamment normalement dans un projet de loi même M. Bayrou qui est du Modem dit nous serions contre et nous voterions contre Justement on sent
qu'il y a des tiraillements dans la majorité sur cette question ce n'est pas encore abouti si d'aventure le gouvernement décidait l'exécutif décidait de renoncer à passer par le biais d'un abandonment dans le PLFSS pour cette réforme des retraites qu'est-ce que vous faites ? Vous saluez le gouvernement vous leur dites bravo ?
Non je vais combattre son texte de loi mais au moins ça sera une méthode qui sera une méthode un petit peu plus respectueuse de la démocratie Bon pour l'instant de ce que j'ai compris ils ne l'écartent pas donc je préviens je dis attention si vous faites ça il faut s'attendre à des répercussions politiques extrêmement fortes et oui dans ce cas-là clairement je réponds à votre question on déposera une motion de censure c'est clair on essaiera de censurer le gouvernement sur le sujet
Alors donc vous déposerez une motion de censure est-ce que vous voterez celle des autres ? En l'occurrence si Marine Le Pen le groupe Rassemblement National dépose une motion de censure est-ce que la France Insoumise vous la votez ? Alors pour l'instant
je ne peux donner que mon point de vue personnel on n'en a pas discuté collectivement ce que je peux vous dire c'est qu'on déposera une motion de censure mais en ce qui me concerne moi je suis favorable dans ce cas-là dans ce cas de figure-là à ce qu'on vote l'ensemble des motions de censure qui seraient déposées
Donc ça veut dire que les députés Rassemblement National vous refusez de leur serrer la main mais par contre quand il s'agit de faire tomber le gouvernement là vous êtes prêts à voter leur motion de censure
Mais je pense que vous avez un problème parce que je crois que vous n'avez pas compris qu'on n'est pas responsable des gens qui votent pour un texte qu'on dépose et qu'on peut voter pour un texte de censure Non mais attendez je vous pose la question Europe Écologie et Vert Monsieur Bompard
Europe Écologie et Vert par exemple dit on ne veut rien avoir à faire avec l'extrême droite je crois que c'est Sandra Rogol qui visiblement avait l'air de dire qu'elle elle n'était pas prête à voter une motion de censure
du Rassemblement National On en discutera mais moi aussi je ne veux rien avoir à faire avec l'extrême droite mais si le gouvernement s'entête à réformer les retraites par l'intermédiaire d'un amendement dans le projet de loi de finances de la sécurité sociale nous déposerons une motion de censure et si on a d'autres personnellement je suis favorable à ce que nous les votions pour le reste je vois bien après ce que vous allez essayer de me faire dire ou de me faire penser je vous rappelle quand même je vous rappelle quand même juste parce que ça n'a pas suscité d'indignation à ce moment-là que quand le gouvernement a fait voter son texte de loi soi-disant sur le pouvoir d'achat avant l'été il l'a voté avec les voix du Rassemblement National et j'ai l'impression que ça n'a posé problème à personne que quand Mme Bron-Pivet la présidente de l'Assemblée Nationale a choisi toute seule que la délégation au renseignement de l'Assemblée Nationale serait occupée par un député du Rassemblement National j'ai vu que ça n'avait posé problème à personne
c'est assez grave non vous ne trouvez pas la question c'est que là si vous êtes sur ce vote de motion de censure du Rassemblement National vous contribuez à la banalisation du Rassemblement National
ce qui contribue à la banalisation du Rassemblement National c'est la reprise de ses idées ce qui contribue sans doute à la banalisation du Rassemblement National c'est le fait qu'on décide qu'il y ait des vice-présidents de l'Assemblée Nationale qui soient membres du Rassemblement National ça ça contribue pour le reste je vous ai dit les choses précisément je suis favorable que nous déposions
sur le fond de ce texte le gouvernement veut avancer l'âge de départ à la retraite sans doute avec l'appui des Républicains puisque plusieurs de leurs candidats à l'élection présidentielle le prenaient eux aussi dans leur programme pour vous c'est 60 ans comment peut-on arriver à un compromis puisque si vous vous dites pour nous c'est non négociable que le gouvernement dit pour nous c'est non négociable comment est-ce qu'on évite tout ce dont nous parlons à l'instant c'est-à-dire l'émotion de censure les sujets uniquement politico-politiciens comment est-ce qu'on va vous demandez au gouvernement d'en faire un non mais il n'y a pas
de compromis possible sur la question des retraites pour une raison simple c'est que en ce qui nous concerne nous sommes favorables à ramener l'âge de départ à la retraite à 60 ans et que le gouvernement veut prolonger l'âge de départ à la retraite à 64 ans 64 ans c'est l'âge moyen de l'espérance de vie en bonne santé dans ce pays il y a un quart des 5% des plus pauvres qui meurent avant 62 ans dans ce pays et vous allez dire aux gens qui aujourd'hui sont à 61-62 ans vous allez leur dire vous allez travailler deux années de plus moi je ne le ferai pas et je combattrai ce texte de loi qui passe d'ailleurs par l'intermédiaire d'un projet de loi de finances de la sécurité sociale ou pas
même sur l'allongement de la durée de cotisation on voit qu'il pourrait y avoir par exemple un mix c'est-à-dire pas faire 64 ans mais 63 allonger un petit peu ce qu'on appelle le calendrier touraine c'est-à-dire le nombre de trimestres cotisés
il n'y a aucune marge de discussion mais pourquoi faire ça ? pour quelles raisons faire ça ? tout le monde vous avez consulté le dernier rapport du conseil d'orientation sur les retraites chacun y voit c'est pas ce qu'il a envie d'y voir par rapport du corps oui mais sauf qu'il y a des faits d'abord le conseil d'orientation sur les retraites il dit je cite parce que ça c'est pas chacun y voit les résultats de ce rapport ne valident pas le bien fondé des discours qui mettent en avant l'idée d'une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite voilà ce que dit le conseil d'orientation il dit que la logique du gouvernement
avec cette réforme des retraites c'est pas uniquement l'équilibre du système c'est aussi de financer tout le système c'est comme ça que en tout cas le gouvernement vend sa réforme en disant que c'est l'épine la pierre angulaire de son financement Madame juste sur ce sujet je veux pas vous interrompre
mais vous connaissez bien comment fonctionne le budget de l'Etat et peut-être que ça ne vous a pas échappé que les retraites sont financées par des cotisations sociales et alors que l'hôpital ou les écoles le budget de l'éducation nationale c'est financé par l'impôt quand Emmanuel Macron dit il faut réformer les retraites parce que c'est ce qui va nous permettre de financer l'hôpital ou de financer l'école soit il prend tout le monde pour des imbéciles soit il ment parce que ce n'est pas les mêmes budgets
est-ce que ça signifie que pour vous et votre groupe il n'y a pas d'urgence à faire cette réforme ?
pour moi et mon groupe il y a urgence à faire une réforme en matière de retraite c'est de ramener l'âge de départ à la retraite à 60 ans qui était une conquête sociale sur laquelle on est revenu et je le regrette et il y a une deuxième urgence c'est de faire en sorte d'augmenter le montant des retraites pour les personnes notamment les plus pauvres parce que tous les chiffres qui sont produits toutes les études qui sont produites aujourd'hui elles démontrent que la difficulté à laquelle on va être confronté dans les prochaines années c'est la paupérisation des retraités qui par rapport à la moyenne du niveau de vie vont être de plus en plus pauvres et donc il faut augmenter le montant des retraites il faut dire qu'il n'y a pas de retraite en dessous du SMIC pour une pension complète
c'est ce que dit le gouvernement 1100 euros minimum de pension
non le gouvernement veut dire sauf erreur de ma part qu'il n'y a pas de retraite en dessous du seuil de pauvreté pour une carrière complète moi je vous dis que pour une carrière complète il ne doit pas y avoir de retraite en dessous du SMIC et qu'il ne doit pas y avoir de retraite en dessous du seuil de pauvreté pour toute personne
le sens de ma question c'était de savoir si à l'issue de ce quinquennat il y aurait un progrès d'une manière ou d'une autre sur ce sujet capital pour les français ou si on est sur un bloc contre bloc où il y aura la majorité qui passera qui est relative qui passera avec les républicains face à vous et d'autres qui voteront une motion de censure et on va être là dans une sclérose
si vous pensez que ramener l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans c'est un progrès non mais je vous réponds si vous pensez que c'est un progrès je ne partage pas ce point de vue ce n'est pas un progrès de reporter l'âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans et vous pensez qu'Elisabeth Borne
peut tomber sur ce sujet attendez moi
je vais vous répondre je suis pour la retraite à 60 ans pour l'instant ça ne vous a pas échappé nous ne sommes pas au pouvoir et aux responsabilités donc la première étape c'est d'empêcher ce qu'on amène l'âge de départ à la retraite à 64 ans et j'ai vu qu'un sondage qui a été publié cette semaine démontre que 70% des français sont prêts à soutenir un mouvement social sur la question des retraites et que 20% d'entre eux sont prêts à y participer donc je leur donne un rendez-vous et je leur dis le 16 octobre prochain on organise une grande marche contre la vie chère contre l'inaction climatique et qui va de facto être aussi une grande marche contre la réforme des retraites le 16 octobre prochain à Paris et je leur dis venez parce qu'il y aura besoin d'un rapport de force dans la société pour faire obstacle au projet du gouvernement
Et donc Elisabeth Borne peut tomber selon vous sur cette réforme des retraites ? Je ne sais pas ça dépendra de ce mouvement social C'est votre objectif ou pas ?
Mais moi mon objectif à ce stade c'est d'empêcher Elisabeth Borne et son gouvernement de reporter l'âge de départ à la retraite parce que ça va générer beaucoup de souffrance dans la population et donc ma première étape c'est ça pour le reste si vous m'interrogez sur la situation politique de manière plus générale vous savez très bien qu'on est dans une situation d'instabilité et il n'y a que deux solutions possibles soit la coalition soit la dissolution
On avance Sur un sujet la laïcité à l'école Manuel Bompard deux notes émanant des services de l'État révèlent une offensive islamiste notamment sur les réseaux sociaux appelant les élèves à enfreindre les règles de la laïcité Est-ce que ça vous inquiète ?
Je ne sais pas je ne connais pas le contenu de ces notes de ce que j'en ai vu passer je crois que c'est vous qui les avez révélées d'ailleurs ils indiquent que sur les réseaux sociaux il y aurait une volonté d'essayer de faire en sorte qu'un certain nombre d'élèves contourne les dispositions législatives si c'est le cas il faut se mobiliser contre ça c'est une évidence la laïcité c'est quelque chose de très important dans notre pays et donc nous nous défendons l'extension de la laïcité sur l'ensemble du territoire national et nous défendons qu'il y ait des formations parce que la difficulté souvent c'est que c'est les personnels sur le terrain qui sont confrontés à des situations qui ne sont pas évidentes à gérer donc il faut les aider il faut leur donner des outils pour faire en sorte de lutter contre cette volonté si effectivement elle existe
nos voisins italiens votent aujourd'hui monsieur Bompard situation politique extrêmement compliquée en Italie on parlait à l'instant de discussions politiques chez nous on va rappeler à nos téléspectateurs que là-bas des coalitions se mettent en place avec un spectre politique extrêmement large sauf que là l'expression utilisée c'est post-fasciste pour qualifier le parti qui pourrait arriver au pouvoir en Italie sa représentante madame Mélonie que vous voyez derrière moi se réclamer dans sa jeunesse de Mussolini comment est-ce que vous regardez ça et comment est-ce que vous qualifiez ce qui se passe chez nos voisins
je le regarde forcément avec inquiétude parce qu'on voit bien qu'en Europe dans tous les pays l'extrême droite progresse donc je le regarde bien évidemment avec inquiétude mais après moi je ne suis pas seulement un commentateur si vous voulez ou un analyste de ce qui se passe j'essaye avec mes camarades d'en être un acteur et donc je pense que notre responsabilité c'est d'essayer de montrer en France que face à Emmanuel Macron et à son gouvernement il y a une autre alternative possible que celle qui consiste à se jeter dans les bras de l'extrême droite et cette autre alternative c'est ce qu'on essaye de construire et de faire progresser avec la nouvelle union populaire écologique et sociale le drame de la situation en Italie c'est que la gauche elle a été rayée de la carte et que donc finalement il n'y a pas cette autre alternative et je dois vous dire que moi je me suis engagé en politique quand Jean-Luc Mélenchon a décidé de quitter le parti socialiste et Jean-Luc Mélenchon a décidé de quitter le parti socialiste en 2008 précisément sur l'exemple de l'Italie en disant je ne veux pas que la France devienne l'Italie c'est-à-dire je ne veux pas que la gauche soit radiée du paysage politique donc je pense que notre responsabilité c'est de continuer à faire grandir cette alternative en France et c'est ce que nous essayons de faire en portant les questions de partage de la richesse de transition écologique de 6ème république
la gauche elle est toujours les candidats en italien Enrico Letta est là il est
le favori mais vous savez très bien que c'est petit à petit un parti qui était un ancien parti communiste qui est devenu un parti qui s'appelle maintenant un parti démocrate qui est passé à gauche et qui en fait se prétend plutôt du centre
Un mot sur la Suède où là aussi on voit le parti d'extrême droite les démocrates de Suède qui a gagné les élections est-ce que cette vague populiste au fond n'est pas quelque chose qui risque d'arriver en France et par ailleurs les commentateurs ont expliqué que le succès des démocrates de Suède était notamment assise sur une forme de déni autour de l'immigration qu'il y avait eu est-ce que ça ça vous fait réfléchir autour de la façon dont vous traitez ce sujet
Non parce que je pense qu'on le traite d'une manière sérieuse qu'est-ce que nous disons sur ce sujet nous disons la première chose c'est qu'une personne ne part pas par plaisir de chez elle et donc il y a trop d'immigration
en l'occurrence
Non je dis une personne ne part pas par plaisir de chez elle et donc notre première des responsabilités c'est d'essayer de s'attaquer aux causes de ces migrations ensuite je dis une deuxième chose c'est que quand les gens arrivent sur le territoire national un principe d'humanité élémentaire c'est de faire en sorte qu'ils soient accueillis dans des bonnes conditions je pense pas pour répondre à ce qu'il y a à mon avis derrière votre question je ne pense pas que vous pouvez convaincre la population en reprenant les mots ou les propositions de nos adversaires je pense qu'il s'agit de convaincre que le problème principal de ce pays c'est l'inégal partage de la richesse parce que quand vous avez 5 personnes qui possèdent autant que 27 millions de personnes ça c'est un problème parce que je pense que le problème de ce pays c'est sa capacité à répondre à ce défi immense qu'est le défi climatique face à nous voilà moi j'essaye de convaincre de ça monsieur Bonpart
les référendums ont débuté dans quatre oblastes régions ukrainiennes qui ont été conquises militairement par la Russie même si l'Ukraine est en train de mener une contre-offensive est-ce que vous condamnez ces référendums ?
bien évidemment ils sont inacceptables et ils sont porteurs de très gros dangers puisque vous savez très bien ce qu'il y a derrière c'est-à-dire que ces référendums qui sont des référendums bidons il faut le dire ils sont illégaux ? ils sont illégaux ils sont bidons ils sont illégaux bien évidemment
et en 2014 sur la Crimée par contre Jean-Luc Mélenchon on ne considérait pas que la légalité était une question autour des référendums
si vous voulez parce que là à 12h50 on peut rentrer dans un grand débat sur ce qu'a dit Mélenchon sur tel ou tel sujet mais je pense qu'on n'aura pas le temps donc je vais d'abord vous dire ce que j'ai à dire sur ce sujet ce sujet c'est que oui ces référendums ils sont illégaux et que de toute façon le fait que l'armée russe ait décidé de franchir la frontière ukrainienne est illégal du point de vue du respect du droit international et ces référendums ils sont très inquiétants face à cette situation je pense qu'il faut faire preuve de fermeté donc il faut dire les choses clairement c'est inacceptable il faut faire preuve de sang-froid parce que vous savez bien que c'est porteur de tous les dangers parce qu'une fois que le référendum a eu lieu le pouvoir russe est capable de considérer que si vous essayez de remettre un pied sur ce territoire c'est la réponse nucléaire et il faut faire preuve et je m'arrête là de diplomatie et je pense que la France devrait prendre une initiative diplomatique pour essayer d'aller vers la fin du conflit entre l'Ukraine et la Russie
Merci beaucoup Manuel Montard d'avoir été avec nous ce midi sur BFM TV Benjamin Valéry merci à tous les deux Restez avec nous voici affaire suivante Dominique Rizet Philippe Godin je retrouve moi à 18h merci à tous les deux
et merci à tous les deux
Manuel Bompard