Yannick Jadot, candidat "Europe Écologie Les Verts" à l'élection présidentielle - 06/02
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Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Politique, c'est votre rendez-vous dominical avec la politique à 63 jours du premier tour de l'élection présidentielle. Voyez comme le temps passe vite et c'est un candidat à cette élection qui est notre invité aujourd'hui. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Candidat pour Europe Écologie Les Verts, sorti vainqueur de la primaire interne à votre parti. Nous allons vous interroger avec...
Un pôle qui rassemble tous les écologistes, tous les mouvements écologistes.
Edwige Chevrion est à mes côtés. Yannick Jadot pour le fait business. Bonjour Edwige. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour à tous. Bonjour. C'est à vous Yannick Jadot dans un instant, juste après le journal présenté par Philippe Godin.
Et l'actualité de cette mi-journée, c'est après le match des meetings, le match des chiffres. Marine Le Pen, Éric Zemmour à égalité dans un sondage Ipsos Stéria pour le Parisien. Tous les deux à 14% et tous les deux retoqués au premier tour battus par Valérie Pécresse. Le Ligue Besson, vous êtes à Reims où se tient le Conseil national du Rassemblement national. Comment réagit-on à ce nouveau sondage qui place donc Marine Le Pen à égalité avec Éric Zemmour ? Ce sondage, on le balaie d'un revers demain ce matin en expliquant que toutes les autres études cette semaine montraient qu'au contraire, Marine Le Pen était devant Valérie Pécresse et plus encore devant Éric Zemmour.
Il n'empêche qu'il ne tombe pas au bon moment pour l'équipe de Marine Le Pen. Pour le dire des choses honnêtement, ce sondage, il a commencé à circuler sous le manteau avant même le début du meeting. Marine Le Pen était en réunion justement avec son équipe. Voilà ce qu'on a dit. C'est embêtant dans l'entourage de Marine Le Pen. On nous invite maintenant désormais à regarder les prochains.
Là où d'habitude on nous explique que les meetings n'ont aucun impact direct sur les sondages parce qu'ils s'adressent seulement aux militants, on veut croire dans l'équipe de Marine Le Pen que la candidate a su s'adresser à tous les Français, à leur cœur, notamment dans sa conclusion, vous savez, ces dix minutes où elle s'est livrée personnellement, intimement même. Loïc Besson avec Thomas Lauriot-Harens pour BFM TV. Du côté de chez Éric Zemmour, on est plutôt satisfait évidemment de ce dernier sondage. Écoutez la réaction de Denis Sieslik, responsable des parrainages pour le Parti Reconquête. Vous savez, nous, on est dans notre ligne droite depuis plusieurs mois. On continue.
La dynamique est bonne. On a un projet qui est maintenant presque intégralement, pas encore tout à fait, mais presque intégralement révélé. On continue à avancer nos propositions. Notre stratégie de campagne qui est claire, c'est l'union des droites. On parle des électeurs LR et RN parce qu'on pense qu'on est les seuls à pouvoir faire l'union. Regardez la dynamique dans les sondages qui vous intéressent tant. Et moi, je vous dirais que fondamentalement, ce que fait Mme Le Pen, les petites punchlines de Mme Pécresse, tout cela ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est le fond et les multiples propositions que nous avons fait hier.
À l'actualité de ce dimanche, c'est aussi ce triste épilogue dans l'affaire du petit Ryan. Après cinq jours de recherche et de mobilisation totale, le petit garçon a été retrouvé hier soir en fin de journée. Malheureusement, il n'a pas survécu. Émotion mondiale pour ce petit garçon dont le sauvetage avait ému le monde entier. Et puis, des images aussi impressionnantes ce dimanche. Le cyclone Bat-Sirai s'est abattu cette nuit sur Madagascar. Des rafales à plus de 235 km heure. Les secours commencent tout juste à intervenir. Les premières images, vous le voyez, sont impressionnantes. Les maisons ont été littéralement soufflées. On redoute désormais des inondations de grande ampleur.
On se retrouve à 13h pour Affaires suivantes avec Dominique Rizet. Pour l'instant, BFM politique avec Jean-Baptiste Boursier.
Edwige Chevrillon, Christophe Barbier à mes côtés pour interroger le candidat Europe Écologie-Les Verts à l'élection présidentielle, Yannick Jadot. C'est une première information, elle est visible pour nos téléspectateurs. Vous êtes cravaté. Yannick Jadot, c'est le nouveau Yannick Jadot qui se présente aux Français. Ça pourrait sembler anecdotique, ça ne l'est sans doute pas, puisque vous avez fait à nouveau aujourd'hui pour BFM TV le choix de porter cette cravate. Pourquoi ?
C'était pour qu'on n'en parle pas, en fait. Vous savez, c'est un peu surprenant. C'est raté.
On a même une photo derrière moi.
Si vous voulez, quand je suis, et je suis quasiment tous les jours sur le terrain, il y a des personnes qui m'ont dit, on aime beaucoup vos propositions, mais on a grand respect pour la fonction présidentielle, comme j'ai un grand respect pour la fonction présidentielle. Et pour nous, un homme candidat doit porter la cravate. Donc je porte la cravate pour justement qu'on n'en parle plus.
C'est raté, on en a parlé aujourd'hui. Mais ça dit quand même quelque chose politiquement, vous le dites vous-même, pour les gens c'est important. Le symbole est important.
Bien sûr, parce qu'on est dans un pays où il y a beaucoup de tensions, beaucoup d'angoisse, beaucoup de colère. Et c'est vrai que la question de la confiance vis-à-vis des dirigeants politiques, la clarté, la sérénité, la solidité, ça fait partie des critères importants dans ces périodes confuses.
Alors Yannick Jadot, évidemment, je sais que comme tous les candidats à cette élection, vous suivez les sondages, vous avez plus ou moins de proximité, mais ça fait partie des règles du jeu. Marine Le Pen et Éric Zemmour sont à égalité ce matin dans un sondage Ipsosoprasteria pour le Parisien. 14 points. Valérie Pécresse autour de 16. Finalement, cette guerre, cette guéguerre à droite, à droite, de la droite, elle pourrait avoir un avantage pour vous. Maintenir un seuil de qualification pour le second tour assez bas. Est-ce que finalement, cette forme de primaire qui se dégage entre eux, ça vous arrange ?
Il est évident qu'il y a une perspective extraordinaire et réelle de victoire, d'une écologie qui soit sociale républicaine à cette élection présidentielle, parce que le seuil d'entrée au second tour va être plus faible. On voit effectivement une sorte de concours, l'épine du racisme, de l'antisémitisme, du révisionnisme, de la haine, des pulsions de mort. Je veux dire, c'est quoi le récit de Zemmour ? C'est son grand succès, c'est le suicide français. Pour moi, ça ne peut pas être notre récit national. Notre récit national est forcément un récit d'espérance. C'est forcément un récit de construction, de joie, de fraternité, d'innovation.
Et ça ne peut pas être cette France-là qui gagne en 2022.
Pour l'instant, cette France-là, elle est très loin devant vous dans les sondages.
Je ne dis pas le contraire. Et comment vous l'expliquez ? Parce qu'après des années, des années, j'allais dire des quinquennats et des quinquennats, où on a vu disparaître les services publics dans tellement de nos territoires. Vous savez, les enquêtes le montrent. Vous enlevez la poste, vous enlevez la gare, vous enlevez les commerces de proximité. C'est 5-10 points pour l'extrême droite. C'est l'insécurité économique, l'insécurité sociale. Donc c'est la mondialisation.
En gros, ce que vous dites, c'est la responsabilité d'Emmanuel Macron et de François Hollande avant lui, et Nicolas Sarkozy, que l'extrême droite soit à ce niveau-là.
Parce qu'évidemment, vous avez toujours dans les pays aujourd'hui, dans les démocraties, c'est comme ça, vous avez 10 à 12% de gens qui sont racistes, xénophobes. C'est comme ça. Mais passer de 10 à 20, 25% aujourd'hui, c'est des Françaises et des Français qui se disent... C'est plutôt 30 aujourd'hui, monsieur. Oui, enfin 14 et 14, ça fait 28. OK. Mais peu importe. Vous avez raison, c'est beaucoup. C'est beaucoup trop. Mais c'est des Françaises et des Français qui ne se retrouvent plus dans le monde dans lequel on vit, parce qu'ils se disent, on nous avait promis la mondialisation heureuse. En fait, c'est la guerre de tous contre tous.
On a abandonné les classes populaires ici pour aller les exploiter de côté de la planète. Je propose un grand plan de réindustrialisation, un grand plan de relocalisation. On n'a plus de service public, nous proposons la proximité des services publics. Et c'est comme ça, juste pour finir, c'est comme ça qu'on va reconstruire une société de la bienveillance où l'autre n'est plus une menace, n'est plus un adversaire, mais est un enrichissement, une ouverture, et le lien social est au cœur de notre projet.
Nous allons rester un instant sur les sondages à Nixado, parce qu'il y a quelques mois, voire quelques semaines, vous étiez au-dessus de 10%. Aujourd'hui, vous êtes entre 5 et 8% en fonction des sondaires. Qu'est-ce qui se passe dans votre campagne ? Qu'est-ce qui fait que vous n'imprimez pas ? Est-ce que c'est, je ne sais pas, l'effet boomerang, peut-être de la primaire avec Christiane Taubira, la multiplicité des candidatures ? Qu'est-ce qui se passe ?
Ce qui se passe, je crois que les Françaises et les Français entrent tout juste dans la campagne. Jusqu'à maintenant, la campagne existe, mais c'est un spectacle à la télé, un spectacle d'invectives, de polémiques et de phrases ou de propositions les plus nauséabondes les unes que les autres.
Donc vous n'êtes pas dans la polémique.
Après, il y a évidemment la Covid. Ça reste la préoccupation majeure des Françaises et des Français, leur santé. Nous sommes en train d'entrer dans la campagne électorale. Et je ne doute pas, Mme Chevrillon, que les Françaises et les Français vont maintenant non plus s'intéresser à quel bouc émissaire nous est proposé comme sacrifice pour régler nos problèmes, mais quels sont les candidats et quel est le candidat qui apporte des réponses sur la santé, sur l'emploi et le pouvoir d'achat. Et évidemment, sur les deux sujets que les écologistes sont les seuls à considérer comme absolument essentiels, le climat et l'effondrement du vivant.
Parce que ça, nous, ce sont nos priorités et c'est les grands défis de l'humanité dont personne d'autre ne s'occupe.
Pour que les Français puissent comparer les propositions, rien de mieux que des débats télé avec tous les candidats. On a eu cela il y a cinq ans. Sauf que là, on a un sortant qui va être candidat et rien ne l'oblige légalement. Et beaucoup lui déconseillent politiquement d'aller dans un tel débat de premier tour où vous seriez 10, 12, 14 en fonction des qualifiés. Que dites-vous au président pour lui dire venez débattre, n'ayez pas peur, et c'est votre devoir ?
Les Françaises et les Français vont sortir de ce quinquennat avec beaucoup de fatigue, beaucoup de lassitude à cause de la pandémie et des interrogations légitimes sur notre modèle de société. Souvenez-vous, au début du Covid, tout le monde parlait du monde d'après. L'enjeu, c'était quelles leçons nous tirons de notre fragilité système de santé, de notre vulnérabilité économique, de ce qui nous rassemble ou de ce qui nous divise ? Eh bien, la responsabilité du président de la République, comme de tous les actrices et acteurs politiques, c'est évidemment d'offrir aux Françaises et aux Français un grand projet. On est un pays politique. On est un pays d'idées.
Vous lui demandez Yannick Jadot de descendre dans l'arène et de débattre avec lui.
Il n'aura dit personne contre lui. Il n'aura dit personne contre lui.
Mais alors, il gouverne ? Vous avez des propositions ? Non, non, attendez. Moi, mon sujet... Donc à sa place, vous iriez, vous ? Yannick Jadot, à sa place, vous iriez ?
Vous seriez Emmanuel Macron, vous iriez face à 10 candidats ?
Parce que notre démocratie en a besoin. On ne va pas, jusque je ne sais pas quand dans cette campagne, simplement comparer combien il y a de nazis chez Zemmour et combien il y a de nazis chez Le Pen. La France, elle mérite mieux que ça. Encore une fois, notre devise, et je veux en parler dans cette campagne, c'est liberté, égalité et fraternité. Ce n'est pas racisme, antisémitisme et révisionnisme. Donc, vous voyez, on a eu un débat au Parlement européen. C'était un beau débat sur l'Europe.
Non, c'était une attaque contre la France. Pardon ? Devant le Parlement européen. Pardon ? Oui. Pourquoi ? C'est les discours que vous avez tenus.
Mais dites-moi un élément de mon discours. Dites-moi un élément de mon discours qui n'était pas européen. J'ai parlé de l'action du président de la République française sur l'alliance qu'il faisait entre le nucléaire, le charbon polonais, le gaz hongrois. Ça s'appelle l'Europe. Mais ça s'est peut-être retourné contre vous. On a parlé des valeurs de l'Europe et des complaisances de la vie de Poutine et de Xi Jinping.
Mais ça s'est peut-être retourné contre vous dans la forme, parce que le président arrive après, il aligne ses adversaires. C'est ce qui se passait dans un tel débat.
Mais non, écoutez, franchement, les Françaises et les Français ont vu un débat sur l'Europe. Que les macronistes se soient beaucoup agités autour de ça, parce qu'ils voyaient bien un président qui était en difficulté. Mais ce sont les mêmes macronistes qui, aujourd'hui, collent les drapeaux européens sur les panneaux d'actifs. Ils instrumentalisent l'Europe. Nous, nous voulons faire de l'Europe un beau débat, comme de l'écologie un grand débat.
Un point pratique, mais très important. Le 4 mars, c'est la date limite de dépôt des candidatures au Conseil constitutionnel. C'est quelque pratique. Oui. Non, mais c'est efficace. C'est indispensable. Où en êtes-vous de vos parrainages ? Ça va le faire. Ça va le faire ?
On va avoir nos parrainages.
On y travaille. C'est le respect de la démocratie. On va respecter les règles. On est tout à fait sereins par rapport à ça. Donc, tout va bien se passer.
Et le respect de la démocratie, pour vous, pour avoir une élection qui est une vraie élection, ça pourrait aller jusqu'à donner des parrainages à des candidats dont vous ne partagez pas les valeurs, mais dont vous considéreriez que l'élimination fausserait le scrutin. Il ne faut pas non plus exagérer.
Sandrine Rousseau, par exemple, dans votre camp, elle estime que ce ne serait pas anti-démocratique qu'Éric Zemmour, par exemple, ne les ait pas.
Mais vous allez voir, dans toutes les élections, les candidats qui comptent ont toujours leur parrainage. Ils bluffent. Ceux qui se plaignent, ils bluffent. Il faut arrêter la petite musique sur tous les candidats. C'est du boulot de les trouver. Il faudra probablement changer de système qu'il puisse y avoir des parrainages citoyens, mais tous les grands candidats ont toujours leur parrainage. Donc, arrêtons d'en faire un sujet.
Un mot de l'actualité. Vous avez suivi, évidemment, j'imagine, la cérémonie d'inauguration des Jeux Olympiques de Pékin, Jeux Olympiques d'hiver. Vous avez peut-être vu que la Chine a demandé à une athlète ouïgour de porter la flamme en dernier. Ces Jeux Olympiques font une polémique immense parce qu'il n'y a pas de neige à Pékin. La France a boycotté diplomatiquement cet événement, mais pas sportivement. Non, non, elle n'était pas à la cérémonie, M. Jadot. Elle n'était pas à aller aux Jeux Olympiques. Elle ira. Oui, elle ira. Donc, vous, vous estimez, et c'est le sens de ma question, que la France, non, ne boycotte pas suffisamment. Bien sûr que non. Vous avez fait quoi ?
Ne pas envoyer sportif ?
Ah non. Moi, je ne suis pas pour prendre en otage les sportifs. Vous savez, dans la vie d'un gouvernement, M. Jadot. C'est une sportive, la ministre des Sports.
C'est une sportive.
Non, elle est ministre. Si elle est sportive, elle n'est plus ministre. Et elle vient que soutenir les athlètes. À peu près ce qu'ils font dans la vie. Oui, mais elle vient soutenir les athlètes. Il y en a qui passent leurs vacances à Ibiza. Vous me dites que maintenant, la ministre des Sports, elle est d'abord sportive. Non, elle est d'abord ministre des Sports. Mais elle va soutenir les athlètes. Elle parlera au nom de la France. Elle parlera au nom de la France. Mais elle ne va pas parler. Moi, je ne suis pas pour prendre en otage les sportifs. Ce n'est pas les sportifs qui ont décidé d'aller servir le régime dictatorial chinois.
Ce n'est pas les footballeurs qui ont choisi d'aller servir le régime dictatorial Qatari pour la Coupe du Monde.
Pardon, mais ils ont une conscience d'individu aussi, Yannick Jadot.
C'est leur conscience à eux. Mais quand vous êtes sportif, il ne faut pas toujours mélanger. Ce sont des États qui participent à la décision des lieux où se déroulent les grands événements sportifs. Moi, j'ai appelé évidemment au boycott politique diplomatique des JO de Pékin. Parce qu'on l'a vu d'ailleurs, Xi Jinping avec Vladimir Poutine en font une scène pour se mettre en valeur. Ils instrumentalisent le sport et toutes les valeurs magnifiques. Qu'est-ce qu'il fallait faire, Yannick Jadot, alors ? Ne pas envoyer de ministres. Ne pas envoyer de ministres. Du tout. C'est simple. Mais il y a plein de pays qui le font.
Et c'est une bonne chose parce qu'on est quand même en permanence dans la complaisance. Souvenez-vous, il y a un peu plus d'un an, le président de la République française signait un accord ou concluait un accord d'investissement avec la Chine. Au moment où nous regardions sur votre chaîne de télé les manifestants pro-démocratie à Hong Kong se faire réprimer dans le sang et les Ouïghours subirent un génocide ? Eh bien, pour ma part, pour les écologistes, il n'y a pas de complaisance avec Poutine. Il n'y a pas de complaisance avec Xi Jinping. On discute avec ses États. Bien sûr qu'on discute avec ses États. Mais on arrête les complaisances qui mettent toutes nos valeurs en difficulté.
Ça ne peut pas aider la discussion d'envoyer une ministre à un moment donné soutenir ses athlètes ? Vous pensez vraiment que le ministre des Sports va discuter avec Xi Jinping de la situation des Ouïghours ?
Non, justement, elle va soutenir les athlètes.
Justement, elle va soutenir les athlètes.
Attends, mais franchement, la France, à la différence de beaucoup de pays européens, des États-Unis, n'a pas choisi de boycotter politiquement. Évidemment, ça ne m'étonne pas du président de la République. Je regrette que la France ne se situe pas sur le sport, sur ses valeurs. Et les valeurs du sport, c'est toujours l'ouverture, c'est le respect. On a quand même une sportive, Peng Shuai, dont on sait, la femme joueuse de tennis chinoise, dont on ne sait pas ce qu'elle devient. Eh bien, même ça, on n'a pas su, encore une fois, mettre à la hauteur de nos valeurs. Je le regrette.
Vous avez dévoilé cette semaine 120 propositions, c'est votre programme,
pour une France, et je vous cite, écologique, sociale et républicaine.
Que vous considériez qu'elle n'est pas suffisamment écologique, on peut le comprendre, c'est presque d'évidence de votre point de vue. Que vous considériez que la France n'est pas suffisamment sociale, pourquoi pas ? Mais vous considérez vraiment que la France n'est pas suffisamment républicaine ? Bien sûr. C'est quoi la République ?
La République, c'est la promesse de l'accès gratuitement et en dignité à la santé, à l'école, à la justice, à la sécurité.
Bien sûr que non. En France, les Français ne vont pas à l'école gratuitement, ne se font pas soigner gratuitement ? Ce n'est pas simplement...
Un, on revient, il ne vous a pas échappé qu'on a mis un forfait, même quand vous allez aux urgences à l'hôpital. Mais la question, c'est aussi de la qualité. Ce n'est pas juste pouvoir y aller, c'est la question de la qualité. Vous avez, on parlait tout à l'heure des services publics, la désertification, les déserts médicaux, pour une commune sur trois dans notre pays, ça s'appelle un désert médical. Donc non, vous n'avez pas accès correctement à la santé. Quand sur un territoire, on ferme une maternité, vous vous rendez compte, la symbolique ? C'est-à-dire que ce territoire-là, on n'y fait plus les enfants, en fait. On ne donne plus naissance sur ces territoires-là.
C'est une symbolique extrêmement lourde. Donc nous voulons... À travers le projet écologiste, c'est à la fois la promesse d'émancipation individuelle et collectif, qui est une promesse républicaine, c'est la promesse de sécurité et de justice, c'est la promesse d'une éducation et d'une santé très très fortes, et nous mettrons notamment l'école et la santé au cœur de notre projet. Donc oui, c'est une promesse républicaine.
Dans cette perspective-là, c'est-à-dire changer le modèle productiviste, renforcer les services publics, tout cela au service de l'écologie, il y a un mieux-disant du côté de chez Jean-Luc Mélenchon. Il y a plus de radicalité. Et quand on voit ses propositions, la forêt, la mer, on a l'impression que le vert, chez lui, l'a emporté sur le rouge et qu'il a donné une force révolutionnaire que peut-être vous n'osez plus donner.
Moi, je veux gouverner. J'ai une différence peut-être avec Jean-Luc Mélenchon, c'est que je veux gouverner ce pays. Et qu'on est le seul projet, vous parlez de radicalité, on sera le seul projet qui s'aligne sur la recommandation, j'allais dire l'exigence des scientifiques de ne pas dépasser 1,5 degré de réchauffement. On a eu il y a deux jours 1 400 scientifiques, 1 400 scientifiques, qui ont appelé à un sursaut le climat et le plus grand défi de l'humanité. Nos paysans, nos stations de ski, les Françaises et les Français qui ont trop chaud l'été... Jean-Luc Mélenchon le dit, Christophe Barbier a raison, il dit que j'adore.
D'accord, mais moi, je veux dire, on a travaillé à la crédibilité d'un projet de transformation.
Il n'est pas crédible son projet ? Mais je ne compare pas à Jean-Luc Mélenchon. Vous dites, moi, il est crédible.
Oui, parce que nous avons travaillé à ce projet-là. Donc à des compromis. Et c'est un projet qui, peut-être c'est une différence, c'est un projet qui utilise le levier européen pour mener tous ces combats, parce qu'on a besoin à la fois d'une grande politique industrielle française et une grande politique industrielle européenne.
Ce qui fait dire à Émeric Caron, Yannick Jadot, que vous êtes l'écologie molle et libérale.
Oui, Émeric Caron, il fait ce qu'il veut. Regardez les jugements des associations de protection des animaux. C'est moi le premier. Donc nous agissons. Après, chacun joue ses petites affaires personnelles. Moi, j'ai besoin de l'Europe. Je crois en l'Europe. Vous savez, pour moi, être français, c'est à la fois avoir les pieds sur terre, donc être responsable et rationnel, c'est avoir les pieds dans la terre pour faire vivre cette terre, mais c'est avoir le regard sur l'horizon européen et sur l'horizon universel. Et quand je défends la démocratie, je ne la défends pas simplement pour les Français, je la défends pour les Ukrainiens, je la défends pour les Russes, je la défends pour les Chinois.
Et ça, c'est une grande différence avec beaucoup des personnes que vous avez mentionnées.
– Monsieur Jadot, suite de BFM politique, dans un instant, en direct, sur BFM. – Il n'y a pas de classe. – La suite de BFM politique, Yannick Jadot, le candidat à l'élection présidentielle pour Europe Écologie des Verts est notre invité. Le pouvoir d'achat, alors c'est votre préoccupation principale, vous qui nous regardez. Et nous allons vous interroger. – C'est là, vous allez nous l'expliquer, Edwige.
– Oui, on va parler d'augmentation de salaire, parce que l'augmentation du pouvoir d'achat, ça passe notamment par les salaires. Et là aussi, vous êtes assez raisonnable, parce qu'on a vu de nombreux candidats, surtout à gauche, proposer des augmentations du SMIC assez considérables. Vous vous dites, c'est 1 400 euros net, aujourd'hui il est 1 249, et vous vous dites, ça sera 1 500 en 2023. J'ai envie de dire, c'est peut-être pas suffisamment, une hausse suffisante pour créer, générer justement, ce pouvoir d'achat qui manque tant aux Français.
– 1 269.
– Oui, 1 269.
– Donc, on augmente à notre arrivée, effectivement, de 10%, à 1 400 euros, globalement. Et effectivement, on veut se diriger vers la fin du quinquennat. Après, évidemment, ça dépendra des niveaux d'inflation, pour voir à la fin du quinquennat. On veut aussi augmenter les bas salaires. Dans notre projet, vous le savez, il y a beaucoup de branches, les métiers de bouche, les chauffeurs-livreurs, les aides à domicile, tous ces métiers dits de seconde ligne qui ont tenu la société et qui, aujourd'hui, sont renvoyés à l'invisibilité, à l'ingratitude sociale. Nous forcerons les branches à des négociations sur les salaires, les statuts et, vous le savez, la santé au travail.
– Il y en a deux en cours.
– Il y en a en cours et ça bloque justement. Comment vous pouvez contraindre, forcer ?
Qu'est-ce que vous faites ? – Parce qu'à un moment donné, vous savez que normalement, il y a des négociations obligatoires, mais nous, nous voulons qu'il y ait des objectifs. Mais toutes ces branches, elles fonctionnent avec les marchés publics. Toutes ces branches bénéficient parfois du crédit impôt recherche, parfois des exonérations. Donc à partir du moment où ces secteurs bénéficient d'argent public, oui, il y aura des objectifs pour améliorer sensiblement le pouvoir d'achat. Vous savez que j'étais il y a quelques semaines sur les salariés des plateformes. Là, c'était décathlon. Mais c'est la même chose. Au bout de 10, 12, 15 ans, ces personnes-là sont salariées.
Au bout de 10, 12 ou 15 ans, vous êtes toujours au SMIC. C'est choquant. C'est humiliant pour ces personnes et ces femmes, y compris qui n'ont jamais arrêté pendant la pandémie. – C'est le problème du SMIC. – Oui, il va falloir augmenter. C'est pour ça que je parle aussi des bas salaires. Et puis c'est évidemment dans la fonction publique, le dégel du point d'indice. Et puis dans l'éducation, on est très en retard par rapport à la moyenne européenne, par rapport à la moyenne OCDE. Ça dit parfois le désinvestissement que nous avons dans notre école, comme nous l'avons dans notre université. Et donc on fera 20% en moyenne dans l'école. On fera plus 10% au moins à la santé, dans l'hôpital.
– Évidemment, pour comprendre comment vous faites,
je suis obligé de vous demander comment vous avez financé. – Oui, alors…
– Et c'est ce que vous avez chiffré.
– Oui, on l'a chiffré. On va augmenter, on va remettre en place un impôt sur la fortune, un impôt de solidarité qui ciblera les 1% les plus riches. Donc à partir de 2 millions d'euros de patrimoine, on commencera à rentrer dans l'impôt de solidarité sur la fortune. Je viendrai sur cette dimension climatique. Donc c'est 1% de 2 à 8 millions de patrimoine, 2% de 8 millions à 1 milliard, 3% au-delà. Et en fonction de votre patrimoine, vous savez qu'une grosse partie de l'impact climatique des plus riches, c'est à travers le patrimoine financier. Donc on fera un malus et un bonus sur le patrimoine. Ça fait un rendement de 15 à 20 milliards.
De la même façon, on va augmenter l'impôt sur les successions des grandes fortunes. Les grandes fortunes y échappent très largement aujourd'hui. Et ce sera pour nous ciblé sur la dépendance. On a vu le scandale d'Orpea. Nous interdirons les EHPAD privés à but lucratif. Il n'y aura pas de nouvelles autorisations. Et nous augmenterons très sensiblement l'accompagnement de nos aînés. Ça veut dire quoi très sensiblement ?
Je ne comprends pas l'expression.
Aujourd'hui, en fait, vous avez un accompagnant, zéro, un accompagnant pour... C'est 6 pour 10 aujourd'hui. 6 accompagnants pour 10 pensionnaires. Nous voulons nous rapprocher de 1 pour 1. 10 accompagnants pour 10 pensionnaires. Pour sortir de la maltraitance, on est quand même dans un truc qui est totalement dingue.
Alors attendez, parce qu'il y a une précision qui est très très importante, et nous l'avons vérifiée dans 2020 de l'épreuve des faits hier, c'est que 6 personnes pour 10 pensionnaires, c'est une chose. Mais en fait, dans les 6, il y a 3 soignants. 3 pour 10. Donc vous voulez quoi ? 1 pour 1 et être au moins à 8 soignants.
8 soignants pour 10 pensionnaires.
Donc 8 soignants, c'est important parce que dans les personnels,
évidemment, il y a beaucoup de catégories. Mais vous savez, comme à l'hôpital, les personnels administratifs sont des personnels clés pour la bonne gestion de ces lieux. Et nous voulons aussi créer des maisons intermédiaires qui ne soient pas le domicile et qui ne soient pas forcément...
Je voudrais revenir, Yannick Jadot, s'il vous plaît. S'il vous plaît, c'est important ce que vous dites. Les questions de succession, Christa, parce qu'elles sont partout en ce moment.
Sur la succession, sur les très grosses fortunes, première question, est-ce que vous ne croyez pas que vous allez les faire fuir, comme ça a déjà été le cas, et donc vous perdrez tout ? Et deuxièmement, vous proposez que le receveur d'un héritage paye ses droits de manière étalée. Alors je voudrais un peu votre explication...
Nous, c'est l'abattement à 200 000 euros. C'est beaucoup déjà, 200 000 euros, vous pourriez faire plus bas. 200 000 euros. C'est un abattement à 200 000 euros, mais c'est un abattement à 200 000 euros sur toute la vie. Ce n'est pas 200 000 euros tous les 5 ans, tous les 6 ans ou tous les 15 ans. Pourtant, ça aide les grands-parents à aider leurs enfants. Justement, nous, nous voulons que l'abattement porte aussi sur la succession pour les petits-enfants. Vous savez qu'aujourd'hui, l'abattement porte essentiellement sur les successions directes. Enfants ou conjoints. Voilà. Et qu'en fait, nous, ce que nous voulons aussi, c'est que cet abattement-là porte sur les petits-enfants.
Parce que souvent, au fond, c'est les petits-enfants qui ont besoin aujourd'hui d'hériter plutôt que les enfants. Donc l'abattement sera sur les petits-enfants jusqu'à 200 000 euros. Mais c'est vrai que comme le propose, d'ailleurs, le Conseil d'analyse économique, comme il y a un consensus aujourd'hui parmi les économistes, quand vous avez une très grande fortune, vous devriez être taxé à 40 %, 45 %. Aujourd'hui, vous l'êtes à à peine 10. Eh bien, nous sortirons les exonérations, les dérogations, tout ce qui permet de fuir la juste participation à la solidarité.
L'assurance-vie, la résidence principale.
Dutreuil. Et puis...
Les entreprises, d'accord, vous ne supprimez pas Dutreuil. Bien sûr. Ils vont fuir carrément le pays. Il n'y aura plus l'entreprise. Il n'y aura plus le pays. Il n'y aura plus le pays. Il n'y aura plus rien.
Les gens vont fuir. Franchement, est-ce qu'à un moment donné, les grandes fortunes, ils ont été vaccinés gratuitement ? Les grandes fortunes, ils utilisent les routes. Ils envoient leurs enfants à l'école et à l'université. Ils payent des impôts. Est-ce qu'à un moment donné... Est-ce qu'à un moment donné... Oui, mais aujourd'hui... Sur le revenu, aujourd'hui, en 19 mois de Covid, les milliardaires se sont plus enrichis que dans les dix dernières années ? Est-ce qu'à un moment donné, on peut considérer que ces milliardaires... Moi, je ne suis pas pour leur voler leur fortune, ni la confisquer.
Je veux simplement que les plus riches, les très très riches d'entre nous participent justement en solidarité.
Qu'est-ce que vous pensez, M. Jadot, de la proposition de Jean-Luc Mélenchon ? Oui, mais c'est important que... Excusez-moi, au début de cette émission, vous avez dit, pour que les gens puissent se faire un avis, il faut qu'ils puissent comparer. Donc là, je vous propose de comparer vos propositions. On aura des débats. Vous ne voulez pas comparer, là, c'est moi qui vous pose la question, mais Jean-Luc Mélenchon pourrait vous le dire. Mais c'est pareil pour Christiane Taubira. Au-delà de dix millions, elle veut prendre plus. Jean-Luc Mélenchon, au-delà de dix, douze millions, il veut prendre tout.
Taubira, Mme Taubira, là-dessus, que ce soit sur l'impôt sur les solidarités comme sur les successions, elle est plutôt dans une logique de laisser les plus riches tranquillement vivre. Je veux dire, regardez ce qu'elle propose, c'est très tranquille pour les plus riches d'entre nous. C'est son choix. Moi, je vous dis ce qu'on veut faire. Moi, je veux à la fois que les grandes fortunes contribuent, et notamment contribuent à une grande politique sur l'autonomie et la dépendance. Je ne veux pas que la perte d'indépendance, la perte d'autonomie de nos aînés reste un produit spéculatif pour des gens qui, y compris, sont des exilés fiscaux. Y compris, sont des exilés fiscaux.
Il veut dire quoi, ça ? Eh bien, pardon ? Il veut dire quoi ? Le créateur d'Orpea est quelqu'un qui vit en Belgique et qui veut être à Monaco. Et pourtant, ces structures ont bénéficié de soutien public et d'exonération fiscale pour investir dans ce truc. Il faut sortir de ce système-là.
Soit vous comptez sur leur sens civique et moral, et certains n'en ont pas beaucoup, soit vous faites des lois pour leur interdire de s'exilés. Comment faire ? Comment faire ?
Mais vous voyez bien, moi, je suis tout à fait favorable au système à l'américaine. Au fond, quand vous existez, c'est à mettre en place au niveau européen. Au fond, à un moment donné, vous payez, quel que soit l'endroit, vous payez le même niveau d'impôt. On ne peut pas, y compris si c'est un enjeu européen très puissant, c'est pour ça qu'il faut être pro-européen. Parce qu'on ne peut pas accepter que les Belges, les Luxembourgeois, les Néerlandais et d'autres pays... C'est un peu pieux, ça, non ? Non, non, non, on va y arriver. Il faut y arriver.
Ils ne vont pas s'harmoniser sur le niveau de fiscalité français. Mais arrêtez de... Non, non, mais je...
Il y a des pays du nord de l'Europe et ailleurs où, au fond, on paye plus d'impôts. Est-ce qu'on va quand même sortir de cette pandémie ? Ça serait quand même une bonne nouvelle en se disant, waouh, on a sacrément besoin de l'hôpital public, on l'a sacrément maltraité. En tout cas, les gouvernements, Macron, Hollande, Sarkozy ont maltraité l'hôpital public. Il faut... On est dans une société, vous le savez, vous qui pilotez des émissions autour de la compétitivité de l'avenir de l'économie. C'est quoi le cœur de l'économie de demain ? C'est l'intelligence, c'est la connaissance, c'est l'innovation à travers les entreprises.
Mais pour ça, ce n'est pas s'aligner sur les coûts de travail des Chinois ou des Brésiliens. C'est construire par l'éducation, par l'université, par la recherche publique, l'économie de l'intelligence.
Il y a d'autres propositions parmi les 120 propositions que vous avez développées cette semaine. Je finis pour répondre à Mme Furion.
On puisse avancer là-dessus. Ça sera la responsabilité environnementale et la responsabilité sociale qui seront le cœur de notre économie de demain.
La sécurité, Yannick Jadot, c'est important aussi pour les Français. On entend beaucoup les candidats de droite, droite de la droite, parler de sécurité. Peut-être qu'ils ont à justifier d'un bilan très mauvais. — Très bien. Mais vos propositions à vous. Vous souhaitez organiser une conférence du respect de la confiance entre la police et la société. J'allais vous dire, avec un peu de provocation, ça fait très gauche, quoi. On va se réunir, on va discuter. Mais concrètement, que faites-vous ?
— Non, ça serait d'être ce qu'a fait le... — Que faites-vous concrètement ? — C'est ce qu'aurait dû faire le Beauvau de la sécurité. — Que faites-vous concrètement, M. Jadot ? — Je discute avec beaucoup de syndicats de police. Pas tous les syndicats de police.
— Alliance, par exemple, par les marques.
— Non. Parce que, je veux dire aujourd'hui... Pas parce que, regardez ce qui s'est passé, regardez leurs revendications. Leur sujet, c'est de taper, taper, taper sur la justice. C'est au fond... Et j'ai vu la réception qu'a eue M. Zemmour. Vous vous rendez compte ? M. Zemmour va là-bas. Il parle du... Au fond, il veut une société de milice avec l'autodéfense.
— Mais qu'est-ce que vous voulez, vous, alors ? — Alors, ce que nous voulons... — Au-delà de cette conférence.
— C'est pour ça que je vous dis la discussion que j'ai avec les syndicats de policières et de policiers. C'est, un, nous voulons retrouver du sens à notre mission. Parce qu'ils ont perdu le sens. Ils sont engagés en ayant des salaires qui sont très peu élevés. Et vous le savez, très peu élevés. Vous avez des conditions de travail très difficiles. Donc on redéfinit l'émission. On sort de la politique du chiffre. Ça, c'est la perte de sens absolue pour les policières et les policiers. C'est que toutes les semaines, il y a le ministre de l'Intérieur qui leur dit « Je fais une émission de télé la semaine prochaine. J'ai besoin de temps de contravention sur tel sujet.
» Ça les empêche de faire de la prévention. Ça les empêche d'être sur la voie publique. Un policier, quand il veut faire ce métier, c'est pour être sur la voie publique et aider les Françaises et les Françaises. — M. Jadot. — Donc c'est de la police de proximité. C'est de la police sur la voie publique. Moins de paperasse, moins de politique du chiffre, plus d'efficacité.
— Vous comprenez que c'est abstrait. Ce que vous dites là, c'est abstrait. C'est-à-dire que vous, président de la République, en avril, il se passe quoi ? En mai ? En mai, vous réunissez les gens et vous dites « Bon, discutons, réfléchissons à comment on fait mieux les choses. »
— Alors soyez concrets. Expliquez-nous. — Mais enfin, c'est quand même extraordinaire que l'idée est d'accorder de la crédibilité à la droite. Il y a eu Sarko, moins 12 000 policiers en plus. Leur enseignement local sacrifié. Il nous a fait la guerre en Libye qui continue à dévaster le Sahel. Ça, c'est la crédibilité de la droite. Avec le président Macron, vous avez vu les chiffres. — Qu'est-ce qui vous fait dire que c'est crédible ? — Ah ben je vous dis que c'est pas crédible, ce qu'ils font. Justement. — Alors vous ? Concrètement. — Le président Macron, regardez les statistiques augmentation de l'insécurité dans bien des domaines. Eh bien nous, nous voulons être efficaces.
Pour être efficace, il faut effectivement sortir de la politique du chiffre, qui est une politique de communication, qui n'est pas une politique de sécurité, de prévention auprès des Français. — Peut-être mettre des caméras, quand même. C'est pas le cas dans toutes les villes dirigées. — Mais regardez, dans pas mal de villes, il y a des caméras et il n'y a pas de problème. — Et vous serez pour. Vous avez prévention, là. — Non mais attendez. Vous avez nos maires qui ne cessent de réclamer plus de présence de policiers, de police nationale formée. Ça, c'est la revendication de nos maires tous les matins.
Et revendication à laquelle n'accède pas, malheureusement, toujours le ministère de l'Intérieur. Donc il nous faut plus de personnel. — Donc vous allez recruter ? — Oui. D'ailleurs, il y a déjà 10 000 postes de policiers prévus. Tant mieux. On les confirme. C'est une très bonne idée.
— Donc vous confirmez ce qui a été mis en place et vous en recrutez d'autres ?
— Mais là, le problème, c'est qu'aujourd'hui, vous avez des policiers. Ils s'occupent. Vous pouvez aller au commissariat pour faire une procuration de vote. C'est le rôle de la police ? Non. — Donc vous la ferez où ? — Ben enfin, c'est à la mairie. C'est très bien. Il y a des services administratifs à la mairie. Donc sortir les policiers de plein de missions qui sont inutiles pour la protection républicaine. Ils s'occupent beaucoup de la pénitentiaire. Ça mobilise beaucoup de policiers. Est-ce qu'il faut que ce soit en permanence les policiers qui s'occupent de la pénitentiaire ? Pas sûr. Je vous ai dit plein de missions de paperasse. Ça les empêche d'être sur la voie publique.
Une politique du chiffre qui les empêche de prévenir et de combattre les réseaux, de combattre les réseaux, de mener les enquêtes. Il y a une incroyable frustration de la police de ne pas pouvoir exécuter. Eh ben, nous rendrons la police à sa mission première, la protection des Françaises et des Français, d'abord sur la voie publique. — Sujet de société, Christophe.
Vous aviez pris position pour la gestation pour autrui éthique. — Oui. — Et ça n'est plus dans votre programme. Ce qui est dans le programme, c'est l'ouverture d'un débat sur la GPA. Est-ce que vous avez dû reculer parce que dans votre part, on n'était pas d'accord ?
— Non, non, non. J'ai toujours la même position. J'ai toujours la même position. Un, il y a un principe de base. Aucune marchandisation du corps des femmes. D'où le éthique. — Aucune rémunération. C'est le principe de base absolue. — Mais pour une sœur, pour un frère, un ami. — Eh ben voilà. C'est exactement la situation sur laquelle on pourrait réfléchir. Si vous avez une personne qui... Une femme qui, pour sa sœur, est prête à... — Porter un enfant. — À porter un enfant. Eh ben, je demande à ce qu'on réfléchisse au cadre des gars. Mais ça s'arrêtera là. Pas de marchandisation. Pas de marchandisation. Je vais répéter une troisième fois. Pas de marchandisation.
— Oui, mais vous ouvrez juste le débat. Vous ne proposez pas une loi.
Ça ne sera pas fait garantie dans les 100 jours.
— Vous voyez bien que c'est des situations très particulières auxquelles on peut réfléchir. Mais franchement, le débat qui serait, au fond, commencer à ouvrir une sorte de rémunération quand une femme porte un enfant pour d'autres. Et ça, moi, je ne mettrai pas un doigt là-dedans. — En revanche, vous voulez légaliser le cannabis. — Ah oui. — Est-ce que vous en consommez, vous ? — Non. J'en ai consommé. Je veux dire, je n'ai pas de souci avec ça, comme beaucoup de Françaises et de Français. Oui, parce que, vous voyez, typiquement, on parlait de là où on met la police. Vous savez, officiellement, tout le monde est contre. Vous discutez avec les policières et les policiers.
Ils vous disent qu'on aimerait bien passer notre temps à autre chose qu'à verbaliser des consommateurs. On aimerait bien pouvoir enquêter et démanteler les gros trafics de drogue, des drogues dures. Oui, aujourd'hui, pour des enjeux de santé, d'abord de santé publique, trop de gamins sont entrés dans l'addiction vis-à-vis du cannabis. Moi, je veux qu'on puisse les suivre, les détecter et les sortir de l'addiction. Je veux aussi qu'on sorte les quartiers des mafias qui les gangrènent autour du cannabis.
Il y aura autre chose que le cannabis. Ils vendront du crack.
Mais ce n'est pas ce qui se passe. Oui, mais ce n'est pas les mêmes drogues. Attention, ne mélangez pas le cannabis. Les trafiquants, ils trouvent autre chose. Mais non, ce n'est pas les mêmes trafics. Regardons ce qui se passe dans d'autres pays. Est-ce qu'à un moment donné, on peut constater, simplement constater ensemble, la France est le pays européen le plus répressif et celui où on consomme le plus et où il y a le plus d'addiction des jeunes ? Est-ce qu'on peut regarder ce qui se passe ailleurs, ce qui va se passer en Allemagne ? Encadrement de la production, encadrement de la vente, formation de celles et ceux qui vantent aux enjeux de santé et d'addiction.
Et on met nos policiers sur les drogues dures et sur les trafics. Eh bien, je peux vous dire que ça, c'est une politique d'efficacité, de responsabilité. Vous vous rendez compte où on en est ? J'ai visité une entreprise à Angers qui travaille sur le cannabis thérapeutique. Thérapeutique, c'est pour les cancers. Scléroses en plaques, soins palliatifs, c'est un enjeu essentiel. On a une start-up qui travaille avec le CNRS, financée par la BPI. Eh bien, elle ne peut pas produire de cannabis thérapeutique à cause du ministère de l'Intérieur. Cette entreprise-là, ça peut être le BioNTech de demain sur le cannabis thérapeutique. Le gouvernement a voulu arrêter le CBD, ce qui n'est pas psychotrope.
Vous savez, ce n'est pas une drogue, mais simplement parce qu'il y a cannabis dedans. Est-ce qu'à un moment donné, on peut être juste, intelligent, efficace et surtout lutter contre l'addiction de nos enfants ?
Alors, dans un autre sujet, vous êtes engagé à nommer une femme à Matignon comme Premier ministre. Oui, première. Comme Première ministre. Absolument. Vous avez raison. Est-ce que vous avez déjà une idée ? Je ne sais pas, ça peut être Sandrine Rousseau. Non, on n'est pas encore, franchement, on n'est pas encore à la composition. Oui, mais vous êtes engagé.
Oui, mais je m'engage, bien sûr. Il faut quand même penser à quelqu'un. Bien sûr, je m'y engage. Donc vous avez une idée. Pourquoi je m'y engage ? Parce qu'on a besoin, dans notre pays, d'affirmer l'égalité femmes-hommes. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'effectivement, je veux que ce soit une Première ministre. Et à l'Assemblée nationale, dans les réformes que nous portons, il y a évidemment la proportionnelle, mais il y a ce qu'on appelle la parité de sortie. Vous savez qu'aujourd'hui, on doit être paritaire sur les listes. Mais à la fin, ça peut donner 80-20 pour les hommes.
Eh bien, on utilisera les systèmes qui existent déjà en Amérique latine, qui fait qu'à la fin, vous avez 50% de femmes à l'Assemblée et 50% d'hommes. Même chose pour les entreprises. Vous savez qu'il y a cet enjeu de rattrapage des rémunérations des femmes. Il y a des discriminations. Ça bouge, ça bouge. Nous mettrons le système à l'islandaise, qui fait que l'entreprise, c'est pas à la salariée de demander et de prouver qu'elle est discriminée du point de vue de son salaire ou de son statut. C'est à l'entreprise de prouver pourquoi il y a une discrimination. Eh bien, en Islande, les salaires des femmes sont en train enfin de rattraper les salaires des hommes. C'est une très bonne nouvelle.
Nous mettrons en place.
Monsieur Jadot, vous l'avez évoqué au début de cette émission, la crise aux frontières de l'Ukraine avec la Russie. Emmanuel Macron se rend à Moscou pour échanger avec Vladimir Poutine. Quel doit être le message de la France pour la Russie ? Moi, j'aurais aimé que le président Macron commence par Kiev.
Il y va juste après. Je sais, mais qu'on commence par la victime et non pas par l'agresseur. Je trouve très dommage que le président de la République n'ait jamais été à Kiev pendant son quinquennat et qu'il ait toujours reçu Vladimir Poutine sans que ça ait aucun effet sur la diplomatie et l'agressivité de Vladimir Poutine. Un, c'est unité de l'Europe. Moi, la proposition que j'ai faite, c'est que le président Macron, en tant que président de l'Union européenne, réunisse un sommet à Kiev pour montrer la solidarité absolue de l'Europe pour la démocratie en Ukraine et l'intégrité de son territoire. Il n'y a pas d'unanimité au sein de l'Europe sur le sujet ? Quasiment.
Quasiment, mais ce n'est pas une unanimité. Non, mais si vous convoquez un sommet européen, s'il y a juste Orban, parce qu'il est pro-russe, qu'il ne veut pas y aller, soutenu par la moitié de la classe politique française,
Et les Allemands, vous êtes sûr qu'ils seront là ? Les Allemands, vous êtes sûr qu'elle offre sur elle ?
Bien sûr, bien sûr, les Allemands sont en soutien. Parce qu'eux, ils ont quand même le gaz russe. Oui, oui, mais ils sont en soutien. Vous savez que les Allemands ont très largement soutenu tout le mouvement de démocratisation en Ukraine parce qu'ils savent de ce que ça veut dire l'occupation russe. La Russe occupe une partie du territoire ukrainien. La Russie a mobilisé des troupes à la frontière ukrainienne. Et nous devons, au sein de l'Union européenne et avec nos partenaires internationaux, défendre l'Ukraine et sortir de la dépendance à vie du gaz russe.
Les Russes sont aussi ailleurs. Avec la milice Wagner, ils sont au Mali. Est-ce qu'il faut quitter le Mali vite et le Sahel aussi ?
On ne sait pas quitter le Mali vite. Quand on a des forces qui sont déployées à travers l'opération Barkhane aujourd'hui, vous ne quittez pas du jour au lendemain le Mali. Moi, ce que je demande aujourd'hui au regard des... Plus que des ambiguïtés de l'État malien, de ceux qui gouvernent le Mali aujourd'hui, je demande au président de la République d'obtenir, dans les jours qui viennent, une clarification de l'État malien, des dirigeants maliens par rapport à la présence française. On est venu à la demande de l'État malien. Si l'État malien ne veut plus de notre présence, évidemment, il faut en sortir. Moi, je demande à ce que nos soldats restent dans les camps Barkhane.
Il n'est pas question d'exposer nos soldats. On a déjà eu 53 morts au Mali. Il n'est pas question d'exposer nos soldats davantage dans cette situation-là et d'organiser, d'anticiper le redéploiement de nos troupes sur les pays frontaliers. Mais attention, il n'y aura pas de solution qui ne soit que militaire. Il faut qu'il y ait une solution politique. Vous voyez bien qu'au fond, on est enlisé au Sahel depuis des années dans le combat légitime contre le terrorisme parce que nous n'avons pas posé à côté de la solution militaire une solution politique.
Ça veut dire en l'espèce qu'on laisserait ce combat sur les opérations extérieures contre le terrorisme à d'autres ?
Écoutez, aujourd'hui, vous voyez bien qu'y compris le gouvernement malien rejette tous les dispositifs européens installés à côté de Barkhane. C'est totalement irresponsable. Mais c'est tout l'enjeu de la question de Christophe et de cette opération.
Par quoi on remplace ? Notre sécurité se joue là-bas ? Par quoi on remplace ?
On ne peut pas le faire contre l'État malien. On ne peut pas le faire contre l'État malien. On ne peut pas le faire si on n'est pas bienvenu dans ce pays. Il ne faut pas se tromper. Sinon, on met en danger nos soldats à tous les étages. Ça, on ne peut pas faire ça. Mais on peut continuer à combattre le terrorisme depuis le Niger, depuis le Burkina Faso. Et puis surtout, encore une fois, l'efficacité de la lutte contre le terrorisme au Sahel dépend d'une perspective politique. Et malheureusement, la France s'est trop longtemps éloignée d'une perspective politique pour être efficace et que nos soldats ne risquent pas inutilement notre vie sur site. Et je ne pense pas simplement à nos soldats.
Je pense à toutes les populations du Sahel. Ils sont toujours les premières victimes du terrorisme
avec des milliers et des milliers de morts. Un dernier mot, s'il vous plaît. Nous sommes à 63 jours aujourd'hui du premier tour de l'élection présidentielle. Tout à l'heure, quand je vous ai parlé de Christiane Taubira, vous avez eu l'air un peu fâché, agacé. Il est acté que la gauche, dans toutes ses diversités, ira en ordre dispersé. Vous, il y a 5 ans, vous aviez dit « Je remets ma candidature à Benoît Hamon ». La situation politique, c'était celle-là. Donc ce sera comme ça. La gauche ira fracturer à cette élection, quoi qu'il advienne.
Non, c'est « L'écologie ira rassembler ». Vous voyez bien que c'est deux propositions différentes. Donc vous n'êtes pas de gauche, vous êtes écologiste ? Moi, je suis écologiste. Je sais où sont mes valeurs. Je sais qui je veux rassembler. Mais moi, je ne veux pas être dans les ambiguïtés. Je ne veux pas être dans les demi-mesures. J'ai lu encore une interview de Christiane Taubira ce matin dans le JDD. Il n'y a pas le mot « climat ». Il n'y a pas le mot « environnement ». C'est son choix. Je ne la critique pas. Mais moi, je suis le candidat de l'écologie.
Je suis le candidat qui fera du climat et du vivant les grandes priorités et qui fera le grand plan Marshall sur la rénovation thermique des rejouants. C'est bon pour le pouvoir d'achat. Sur les transports, covoiturage gratuit, c'est bon pour le pouvoir d'achat. C'est bon pour le climat. Nous serons la candidature qui met l'écologie, la justice sociale et la République au cœur de cette campagne. Merci Yannick Jadot d'avoir accepté mon invitation. En toute carité.
Yannick Jadot