Nicolas Dupont-Aignan aux assises du Produire en France à Bordeaux 11/03/2022
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- 2:08Invité politiqueChiffre
« 84,7 milliards de déficit commercial en 2021, c'est la signature du désastre industriel et du grave problème de compétitivité. »
- 3:26Invité politiqueFait
« On m'a dit que je serais jugé, mes performances, mon salaire, ma prime, sur le nombre d'entreprises de sous-traitants que j'aurais fait partir de France pour réduire les coûts. »
- 11:42Invité politiquePromesse
« Je demande qu'on ne rembourse au terme des 5 ans que les médicaments qui sont produits au moins à 50% en France. »
- 14:16Invité politiquePromesse
« Je propose de baisser le taux d'impôt sur les sociétés de 1 point pour 2% de participation salariée. »
Temps de parole
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- ?7 %
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On va recevoir Nicolas Dupont-Aignan.
Il
est là. Monsieur Dupont-Aignan, pardon. Bienvenue. Merci. Bonjour. Bonjour. Bonjour,
merci. C
'est le pupitre pour 15 minutes et ensuite, nous vous interrogerons avec Natacha. Très bien.
Vous
avez ici un programme.
Ah, il
est là. Voilà,
très bien.
Merci de votre accueil.
Vous
savez que pour rien au monde, je n'aurais raté ce rendez-vous. Rituel à chaque élection présidentielle.
D
'abord,
je
suis partagé
aujourd
'hui parce que je suis à la fois heureux
que
la bataille des idées commence à être gagnée
et
que tout le monde défend le « made in France » ou le « produire en France » pour parler français.
Je
suis inquiet parce qu'au-delà de cette
bataille
des idées que nous avons gagnée,
car
souvenez-vous, nous n'étions pas si nombreux il y a quelques années dans la visite des salons, nous n'étions pas si nombreux, hors année électorale, bien sûr, où il y avait beaucoup de monde toujours, nous n'étions pas si nombreux à proposer une politique cohérente.
C
'est bien de se dire
que,
par exemple,
«
Origine France garantie » gagne du terrain. C'est bien de se dire que la vulnérabilité liée à la perte de souveraineté commence à être entrée, malheureusement d'ailleurs, dans nos consciences collectives, dans notre conscience collective. On l'a vu avec la crise du Covid sur la tragédie des masques, notamment, on le voit aujourd'hui avec la tragédie ukrainienne. Bref,
prise
de conscience positive. Malheureusement, très sincèrement, attention aux faux-semblants, attention à la bonne conscience. Une hirondelle, malheureusement, ne fait pas le printemps.
Et
quelques chiffres,
bien
qu'ils soient tordus un peu, notamment par le gouvernement, ne peuvent que nous inquiéter terriblement. C'est un chiffre redoutable qui n
'est
pas compris par nos concitoyens,
parce
qu
'on
ne l'explique pas, mais 84,7 milliards
de
déficit commercial en 2021, c'est la signature du désastre industriel et du grave problème de compétitivité. C'est la sanction des départs de millions d'emplois et des délocalisations. 56,7 milliards hors armement pour l'Union européenne.
C
'était excédentaire
de
6,2 milliards en 2020. Quand on regarde ces chiffres,
sans
parler du poids de l'industrie dans le PIB, on est frappé du danger qui nous menace. Alors certes,
on
va nous expliquer qu'il
y a
des nouvelles ouvertures d'usines, qu'on a inversé la tendance, mais cela reste extrêmement marginal. Et
je
voudrais vous raconter une anecdote qui m'a bouleversé. C'était il
y
a un mois,
je
visitais un département français,
et
dans le cadre des rencontres avec les maires,
je
voyais
un
monsieur qui vient me voir et qui me dit « Monsieur, je suis acheteur,
acheteur
dans une grande entreprise industrielle française.
»
Et je ne dors plus la nuit.
Je
dis « Mais pourquoi, monsieur, vous ne dormez plus la nuit
? »
Parce qu'on me demande de désourcer.
Et
je dis « Mais ça veut dire quoi, désourcer ?
»
Eh bien, c'est très simple.
On
m'a dit que je serais jugé, mes performances, mon salaire, ma prime, sur le nombre d'entreprises de sous-traitants
que
j'aurais fait partir de France
pour
réduire les coûts.
Voilà.
Je suis jugé là-dessus.
Et
je passe en revue tous nos fournisseurs.
Et
je vais les voir et je leur dis « Soit vous baissez 30% vos coûts,
soit
je vous organise, on vous organise
la
délocalisation.
» On
vous organise la délocalisation.
Un
grand groupe
français au
CAC 40. Voilà. Alors d'un côté,
on
a un discours extrêmement intéressant sur « Il faut relocaliser, c'est magnifique, on va y arriver, on ouvre des usines, etc. » Et puis de l'autre, notamment dans l'industrie automobile, c'est une hécatombe.
Et
c'est pourquoi,
je
vous dis très sincèrement, et pas pour faire du catastrophisme, et même pas parce qu'on est en campagne présidentielle, je m'en réjouirais, que nous sommes
à
la croisée des chemins. Oui, il
y
a des efforts qui ont été faits, il ne
faut
pas laigner. Mais attention, je pense qu'il faut frapper un grand coup pour aller plus loin. Alors qu'est-ce que je vous propose
?
C'est comme au foot, il faut une bonne défense,
il
faut une bonne attaque,
et
il faut un arbitre.
Et
j'ai le regret de répéter toujours la même chose depuis un certain nombre d'années, donc je me lasse, mais je crois qu'il faut enfoncer le clou. Premier point, il faut un arbitre.
C
'est la question des règles du jeu. Or, dans ce domaine des règles du jeu, l'Union Européenne
ne
fait pas respecter les règles du jeu.
L
'Union Européenne est le naïf de la bande. Ça,
c
'est une réalité, personne ne peut le nier. Vous l'avez d'ailleurs dit dans vos documents, et je m'en réjouis parce que vous faites un travail incroyable, il faut lire tous vos documents, sur la définition même
du
Made in France,
la
définition même, sur le respect de l'étiquette, sur le contrôle des containers au Havre. J'ai été au Havre avec les douaniers.
Le
nombre de produits qui rentrent sur notre territoire, et au Havre encore,
c
'est contrôlé, mais maintenant, vous le savez qu'avec l'union douanière, n'importe quoi peut rentrer n'importe où, il n'y a aucun contrôle des normes
environnementales,
même de l'étiquette, c'est eux. Je ne parle même pas de changer les règles. Respecter les règles.
Nous
sommes le continent qui ne respecte pas les règles, parce qu'en fait, les importateurs ont pris le pouvoir sur les producteurs. Et la grande distribution, mais pas que la grande distribution, l'ensemble du système économique fait que nous ne respectons même pas les règles du jeu. Je ne parle pas de les changer. Je ne parle pas de ma proposition, qui est de renégocier ce que j'appelle les traités inégaux, les traités de libre-échange totalement déloyaux. Je ne parle pas de la valeur de la monnaie. Je parle simplement du respect des règles existantes. Que l'arbitre
sorte
de son vestiaire. Et si nous ne le faisons pas, nous continuerons à mourir, tout en relocalisant certaines activités symboliques de toutes petites entreprises, de créneaux,
de
niches. Mais il faut sortir du créneau.
Le
deuxième point fondamental, c'est bien sûr que le consommateur
puisse
être l'arbitre, arbitre des autorités, les services douaniers,
et
qu'on continue à démanteler les services douaniers dans notre pays. Recevez les services des douanes. C'est une administration performante, exceptionnelle. Elle est cassée, cassée par tous les gouvernements. Parce que c'est l'instrument du contrôle, justement, du Made in France et du respect de la règle du jeu. Je reviens sur le consommateur. Je propose, et j'ai toujours proposé depuis d'ailleurs des années, de rendre obligatoire la part du fabriqué en France dans chaque produit.
On est bien capable, avec la comptabilité analytique des entreprises, de sortir un pourcentage, 52%, 64%, 32%, pour que l'on sorte du réflexe binaire et que l'on ait véritablement la possibilité pour le consommateur de savoir que tel produit sera fabriqué en France. Et cela nous permettra, par exemple, de voir que le premier constructeur automobile français, c'est Toyota. Alors que nos grands constructeurs français nous expliquent que c'est impossible de construire une petite voiture en France. Ben, Toyota le fait à Valenciennes.
C
'est quand même un comble.
C
'est quand même insupportable. Et cela veut dire que cette étiquette, elle est la base de la reconquête. Bien sûr, il y
a
Origine France Garantie. Bien sûr, il y a un effort énorme, il fait ici. Mais il faudrait que cet effort soit général. Je prends un exemple, et je crois que Natacha Polony a fait des articles dans Marianne, le connaît bien, c'est le scandale Lactalis. Quand on pense que Lactalis a attaqué le gouvernement français pour l'étiquette du lait français, ça veut dire qu'on n'a même pas le droit de savoir où on achète, où on produit le lait.
Alors
on peut faire tous les discours sur le Manifrance. L'information du consommateur, là,
ce
n
'est
pas de l'interventionnisme.
C
'est de
l
'information. Ça, ce sont les règles du jeu. Il faut que le terrain de jeu soit loyal.
Le
deuxième point,
absolument
fondamental, c'est que moi, j'en ai marre des baisses de charges
pour
tout le monde.
J
'en ai marre, et j'en ai assez pour parler plus clairement et plus élégamment, j'en ai assez du chantage du MEDEF, je vous parle très franchement, à la baisse de charges permanente qui n'est pas différenciée.
Parce
qu'on ne pourra pas y arriver. Alors là, maintenant, c'est les impôts de production. Pourquoi pas
? Mais
François Hollande a baissé énormément de charges des entrepreneurs français. Ça se retrouve où
? En
rémunération des dividendes et en rachat d'actions
? Et
pas en investissement sur le sol français
? Ou
alors en investissement en Slovaquie, en Pologne et ailleurs
? Donc
moi, j'en ai assez
que
les Français se saignent
pour
les entreprises qui délocalisent
ou
qui ne relocalisent pas. Et ce que je veux, c'est qu'il y ait, oui, des baisses de charges très fortes pour les entreprises qui investissent en France. Et la mesure que je propose, la mesure phare, qui a d'ailleurs été faite avec succès par Trump aux Etats-Unis, et je l'avais proposé avant, cette mesure, c'est mon crédit impôt production identique dans le fonctionnement au crédit impôt recherche, qui est en gros, pour symboliser, division par deux de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices, non pas ceux qui vont vers les actionnaires, non pas ceux qui vont investir à l'étranger, mais ceux qui vont être
investis
sur le sol français de métropole ou d'outre-mer, avec une prime pour les territoires désertifiés ou nos départements d'outre-mer, c'est-à-dire une très forte baisse de l'impôt sur les sociétés pour l'entreprise qui a un réflexe patriote.
On
ne peut pas continuer à baisser toutes les charges de la même façon pour l'entreprise qui n'a pas de réflexe patriote et celle qui a un réflexe patriote. Et je pense qu'il faut récompenser les chefs d'entreprise qui font l'effort d'investir en France. Tant qu'on ne différenciera pas les baisses de charges en fonction des uns ou des autres, on alimentera et on ne changera pas le rapport de force, car c'est tellement plus facile et moins coûteux d'aller investir à l'extérieur plutôt que d'investir en France. Et donc il faut contrebalancer. Et cette mesure a été testée par Trump aux Etats-Unis, elle a marché remarquablement bien, avec un effet démultiplicateur de création d'emplois.
Je la propose depuis 10 ans, j'ai été voir tous les ministres des Finances qui à chaque fois m
'ont
dit, ah ben c'est pas possible, on ne peut pas l'Union Européenne, ceci, cela. Mais je ne vois pas pourquoi on ne peut pas mettre une prime à l'investissement dans notre pays. Je parlerai des achats publics, mais tout le monde vous en parle, je veux 75% de la commande publique, progressivement on est tellement bas, qui remonte en puissance pour les collectivités locales. Il est inacceptable que l'on saigne les Français d'impôt et que cet argent serve à acheter étrangers. Tous les pays du monde le font, nos amis allemands passent leur vie à acheter allemand en ne respectant aucune règle.
Et je ne leur en veux pas, ils défendent leur pays, la Suisse c'est pareil, le Japon, les Etats-Unis, mais nous jamais. Le comportement de l'UGAP est un scandale absolu, maire et conseiller municipal toujours, je peux témoigner de ce scandale absolu, que l'UGAP soit un importateur de produits avec les crédits publics, il faut taper fort. Il faut aussi que nos produits remboursés par la sécurité sociale et nos médicaments, je demande qu'on ne rembourse au terme des 5 ans que les médicaments qui sont produits au moins à 50% en France.
Cela
veut dire une forte incitation à relocaliser, il n'y a que la carotte et le bâton qui réorienteront les flux de production dans notre pays, ça c'est vraiment le faire. Et puis dernier point pour muscler nos entreprises et aider ceux qui font l'effort de le faire, et bien c'est un fonds d'aide à la relocalisation, le gouvernement en a mis en place un, un milliard, puis deux milliards, je l'avais proposé donc je m'en réjouis, mais je propose qu'on aille beaucoup plus fort, et je propose 5 milliards, s'exonérant des règles bien sûr de l'Union Européenne, faisant comme le Japon, j'ai copié ce fonds sur le Japon, avec des crédits bonifiés, c'est-à
-dire
des prêts quasiment à taux zéro sur 30 ans, qui ont permis au Japon de relocaliser et de muscler, car quand vous relocalisez, il faut revoir votre outil de production, il faut robotiser, il faut tout revoir, et s'il n'y a pas une aide massive à long terme de l'État, et bien ça ne se fera pas, et j'aimerais que les crédits Covid du plan, les fameux PSG, etc., puissent être allongés très fortement de manière à muscler nos entreprises. Vous le voyez,
respect
des règles du jeu, muscler les entreprises et différencier les chefs d'entreprise qui jouent le jeu, et ceux qui ne le jouent pas, c'est pour moi absolument fondamental. Mais au-delà de cela, et je conclurai là-dessus, ça c'est pour l'immédiat.
Je
pense que le vrai problème aussi, et vous le savez, c'est d'anticiper les évolutions technologiques.
Nous
allons être complètement exclus du jeu du XXIe siècle, en termes technologiques, entre la Chine et les États-Unis, et entre parenthèses, parce
que
c
'est
d'actualité, le conflit ukrainien risque de faire sortir de l'histoire de l'Europe pour 50 ans, ce qui est d'une tragédie absolue, et de pousser la Russie dans les bras de la Chine, une folie, mais on n'est pas l'objet ici. Et je crois qu'il est absolument fondamental de reprendre ces filières stratégiques, ce commissariat au plan, vous l'avez aussi mis dans votre document, c'est-à-dire de reprendre filière par filière pour voir les trous, car vous le savez très bien, s'il y a des trous dans la filière, et bien ça ne sert à rien.
On avait un fabricant de planchats qui nous expliquait que la fonte, il faut qu'elle soit fabriquée, et quand les trous sont dans les filières, on n'y arrive pas, et seul l'État à long terme peut le faire, avec le fonds de relocalisation, mais aussi avec un système d'action préférentiel pour protéger nos entreprises des rachats de l'étranger, avec aussi la participation, la participation gaullienne, qu'on n'a jamais réussi à mettre en œuvre, et je propose de baisser le taux d'impôt sur les sociétés de 1 point pour 2% de participation salariée.
C
'est-à-dire que pour, par exemple, une entreprise qui aurait 20% d'actionnariat salarié, qui stabilise ainsi son actionnariat, et bien ça fait quand même 10 points de moins d'IS, près d'un tiers, ce qui serait quand même très incitatif. Je crois aussi
qu
'il faut bien évidemment revoir le système bancaire français, car on a beau dire tout ce qu'on veut, je vois un nombre d'entreprises qui sont asphyxiées par des crédits de trésorerie, je vois un nombre d'entreprises qui n
'ont
pas les prêts pour se développer, et donc il
y a
bien un moment, il faudra quand même se poser la question de la différence entre les entreprises de taille intermédiaire, entre la France et l'Allemagne. Si l'Allemagne y est arrivée, c'est parce que son secteur bancaire est au service de l'industrie, alors que le secteur industriel en France est pressuré par un secteur bancaire qui se fait du profit dessus et qui, dès qu'il y
a
un pépin, disparaît. Et malgré tout, on n'a pas quand même réussi à trouver la clé de ce problème, qui est un problème majeur de financement. Je pourrais être beaucoup plus long, vous retrouverez sur mon site internet les 20 mesures que nous répétons de manière générale, la transmission des entreprises, bien évidemment, l'apprentissage, etc. Mais tout ça, tout ce qui est général, il y
a
un progrès.
L
'enjeu maintenant, c'est de cibler pour récompenser ceux qui investissent en
France. Merci Nicolas
Dupont
-Aignan. Merci
Nicolas
Dupont
-Aignan.
J
'invite à nous rejoindre.
Je vais
prolonger ce que vous avez dit à l'instant. Je prends l'exemple de... Vous proposez donc 75% de commandes publiques consacrées à
des produits... Ou 10 ans, parce qu'il faudra monter progressivement. J'allais y
venir. Qu'est-ce qui manque ?
C
'est-à
-dire,
on manque de machines, on manque de savoir-faire pour pouvoir répondre à ce levier-là. Comment vous faites ? C'est-à-dire en termes de formation, en termes de conception des filières
? Il
y
a
deux choses. Il y
a
d'abord un problème culturel. Moi, quand dans ma mairie, modeste mairie, 30 000 habitants,
je
disais, mais attendez,
cette
voiture de police municipale, il y
a
l'ordre de question, je bloquais. Vous n'allez pas acheter quand même une voiture fabriquée à l'étranger. D'ailleurs, je ne dis rien, mais j'ai vu tout d'un coup une voiture... Je dis, mais ce n
'est
pas possible. Je ne le peux pas.
Comme
moi, je n
'ai
jamais pu acheter une voiture... Ce n
'est
pas possible. J'estime qu'en tant que maire de ma ville,
je
ne peux pas utiliser l'argent du contribuable pour faire fonctionner une usine à l'étranger.
Et
cette mentalité que j'ai,
mais
tous les Allemands, tous les Suisses, tous les Japonais, tous les Américains, ils l'ont, au fond d'eux-mêmes. Et donc, ce n
'est
pas une question de règles.
C
'est un problème, déjà, de mentalité collective. Deuxièmement, ensuite, c
'est
de former.
C'est
de former le personnel. Il y a une énorme tâche, et c'est pourquoi ce que vous faites aujourd'hui est fantastique et indispensable, mais de dire aux Français,
à
chaque fois que vous achetez allemand ou chinois, vous polluez plus, d'abord, vous faites participer à l'explosion de la planète. Deuxièmement, vous affaiblissez vos retraites. Enfin, il y a un langage civique, mais on n'ose pas. Mais qui ose dire ça
? Si
j'étais président de la République,
on
peut rêver. Je peux vous dire que je dirais à la télévision à 20 heures pour dire, mais vous allez acheter français, maintenant.
Parce
que, est-ce qu'il ne
vaut
mieux pas acheter
peut
-être un peu plus cher une fois
et
ne pas jeter au bout d'un an
?
C'est un autre mode de consommation.
C
'est plus cher, on le sait. C'est un peu plus cher. Pas toujours, mais c'est un peu plus cher. Mais est-ce que ce n
'est
pas plus durable
? Est
-ce que ce n
'est
pas plus solide ? Etc. Donc, je pense qu'on a un travail d'éducation. Après, on ne peut pas acheter tout français. C'est évident. Et on ne sait même pas ce qu'on achète. Donc, ça renvoie à la question de l'étiquetage, la question des filières. C'est un travail très lent, permanent. Mais je suis
quand
même, ce que je vous ai dit est très sincère, hanté par ce double discours. Ne faites pas ce que je dis. Made in France, Made in France. Et derrière, ça peine. Voilà.
Quand
on regarde votre programme, c'est vrai que c'est un large éventail en faveur du Made in France. Mais
ce n'est pas nouveau.
Et ce n
'est
pas nouveau. C'est vrai, on peut vous le reconnaître. Il y a même d'ailleurs beaucoup d'autres programmes qui reprennent certaines de vos idées. Ça peut être une fierté ? Oui. Vous parliez justement des investissements bancaires, des prêts faits par les banques aux entreprises.
C
'est vrai qu'aujourd'hui, beaucoup d'entrepreneurs partagent avec nous ce constat qu'une banque va être
plus
craintive pour prêter si la production n'est pas française, par exemple. Comment, en tant que président, sur une banque qui est donc privée, vous allez pouvoir agir
sur... Alors, agir ou choquer.
Je
suis pour la nationalisation déjà d'une banque. Il faudra choisir une pour remettre de la concurrence, puisque c'est une oligarchie qui nous gouverne. Je pense qu'il ne faut pas aussi qu'il n
'y ait
que la BPI. Voilà. Je trouve que ce n
'est
pas sain ce qui se passe avec la BPI. Ils font un remarquable travail sans doute, mais c'est toujours mauvais d'avoir un seul acteur. Et je pense qu'il faudrait une autre banque publique, peut-être sous forme de fondation.
Il
faut imaginer quelque chose, parce qu'il ne
s
'agit pas de refaire le crédit lyonnais. Attention. Il faut un mélange de privé et de public, mais on a un vrai problème. Et, encore une fois, il n'y
a
pas de développement industriel possible sans un tissu de banque. Et les banques régionales allemandes, et ce n
'est
pas par hasard que Mme Merkel avait refusé que les banques régionales soient contrôlées par l'Union européenne. Puisque vous savez que le seuil de contrôle par la BCE a été mis juste au-dessus de la taille des banques régionales allemandes. Bon. Donc, ce n
'est
pas étonnant, parce que dans le système de co-développement industriel allemand, la banque
est
au service de l'intérêt général allemand.
Et
pas pour être un prédateur,
avec
une observation de la ligne du dividende et du cours de bourse. Voilà. Ce n
'est
pas possible. Donc, il faut retrouver un équilibre bancaire. Alors, je n
'ai
pas la solution parfaite. Si je l'avais, ça serait formidable. Mais je crois qu'il faut remettre de la concurrence dans le système bancaire et retrouver un système de banque régional qui épaule. Ça peut être l'État. Mais attention, l'État, il ne
faut
pas tomber dans le clientélisme. On l'a connu. Il faut trouver une solution bancaire. Parce qu'aujourd'hui, je vois quantité de petites entreprises dont d'entreprises moyennes qui ont fait faillite parce que les crédits de trésorerie ont été coupés. J'ai encore un exemple d'une belle entreprise de bâtiment, de ravalement. 150 salariés, très performantes, un carnet de commande pour 3 ans. Et puis, une mairie, une mairie qui ne paye pas.
On
pourrait parler aussi des délais de paiement en France. Une mairie qui ne paye pas un chantier. La banque coupe le crédit de trésorerie.
L
'entreprise fait faillite. Le fondateur de cette entreprise a fondé cette entreprise. Je l
'ai
vu pleurer dans mon bureau. En 1964, il a créé des centaines d'emplois. Il a fait travailler les Français. Eh bien, du jour au lendemain, en 8 jours, on l'a condamné à mort.
Il
n'a plus rien. Son patrimoine personnel fini.
Il
n'a plus rien. Se fermé.
Mais
c'est quoi ?
C
'est un pays de bandits. Vous comprenez ce que je veux dire ? Donc, ça,
je
n
'ai
pas la réponse automatiquement. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il ne peut pas y avoir de Made in France, d'entreprises intermédiaires,
de
passage de petites entreprises à entreprises intermédiaires, s'il
n
'y a pas un appui bancaire, intelligent, mais qui n'est pas celui d'aujourd'hui, malgré les efforts de la BPI.
Merci. Nous avons demandé aux dirigeants de partager avec nous une problématique qu'ils rencontrent dans leur entreprise. et vous interpellez en vous posant une question.
On
va découvrir votre vidéo.
Bonjour,
je suis Marion Gualab, la fondatrice d'une marque innovante de lingerie que nous avons lancée avec mon associé Apolline Combrisson en 2018.
Des
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Nous
avons intégré dès notre lancement dans notre business model des engagements très forts envers la santé, l'environnement et la production locale. L'ensemble de nos produits sont proposés à nos clients au prix le plus juste.
Depuis
quelques mois, nous voyons arriver de la concurrence très agressive de la part de grosses marques qui peuvent se permettre d'avoir des prix très bas au regard de leur production. Greenwashing, Frenchwashing sont leurs leviers de vente. Rapport du GIEC, climat, réindustrialisation et consommation. Quel est votre programme
?
Comment comptez-vous favoriser la consommation locale et durable en France
?
Pensez-vous qu'il serait pertinent d'imposer aux entreprises une totale transparence sur les étapes de leur production, d'interdire l'utilisation du DARP au français quand ce n'est pas fabriqué en France et également de renforcer la réglementation autour du Made in France
? Pensez
-vous qu'une taxe de compétitivité sur les produits fabriqués hors France et Europe soit envisageable
? Merci
pour vos réponses.
Merci pour toutes ces questions. Alors vous avez répondu à certaines questions déjà dans votre propos. Parmi les questions,
il
y a, est-ce que vous êtes pour l'interdiction du drapeau français sur les produits qui ne sont pas fabriqués en France
?
Ah bah bien
sûr. Je vous en ai parlé.
C
'est la question de mon projet d'étiquette
avec
comptabilité analytique qui permettrait d'avoir le pourcentage de production française dans un produit. La bouteille, c'est jamais 100%, mais qu'on ait une visibilité. Ça,
ça
permettrait. En fait,
il
faudrait imposer au risque une france garantie pour tous les produits, ou du moins, non mais il faudrait un vrai label national, parce qu'on est perdu dans les labels un peu quand même, attention. Donc ça, c'est la cri de tout. Je ne crois pas à la taxe sur les produits importés, je l'avais proposé à une époque, parce qu'on va rentrer... Déjà, je pense qu'il
y a
une immense marge de manœuvre dans le respect des règles existantes
et
dans la dénonciation des accords des loyaux, dans l'étiquetage et dans le renforcement de notre production, comme je l'ai expliqué, de nos financements,
pour
que les entreprises puissent lutter. Après, on peut passer à un protectionnisme sélectif
qui
pourrait exister, ce que font très bien, ce que fait très bien la Corée du Sud, ce que fait très bien le Singapour, c'est-à-dire un système de taxes à l'importation. Quand ils veulent protéger un secteur naissant, la Corée du Sud est remarquable, j'ai été les voir, c'est fabuleux ce qu
'ils
font. Ils ont le suivi de tout leur secteur d'activité, mais ce n
'est
pas une protection
pour
protéger des canards boiteux,
c
'est une protection temporaire pour permettre à une industrie de se développer, et puis après, vous voyez, il
y a
un pilotage maison. Ça, c'est le rêve,
mais
vous ne pouvez pas le faire dans l'Union Européenne, et comme je ne veux plus l'Union Européenne, moi, je serai beaucoup plus libre pour agir. Ça ne veut pas dire pas d'Europe, ça veut dire revenir à des règles où on est autonome. Et la Suisse, la Suisse gère tellement mieux, et la Suisse n'est pas un pays collectiviste. On peut être raisonnable, avoir ses propres lois, notamment sur le plan agricole. Le Canada a une politique agricole très intelligente. Voilà, mais ça, c'est un autre problème. Moi, déjà, je vous ai proposé des choses,
je
dirais, à Europe constante,
parce
que c'est tellement facile de venir et de dire, j'enlève toutes les règles, et vous allez voir, c'est le miracle. Non. Mon plan, déjà, à Europe constante, il peut fonctionner. Après, on peut aller plus loin, plus de liberté, plus de...
Voilà,
mais ça nécessiterait de se lancer dans un débat sur
l'Europe, et ce débat-là, c'est un autre
débat.
C'est un autre débat.
Moi, ce que je crois, c'est dès maintenant, qu'est-ce qu'on pourrait faire de mieux que ce qu'a fait le gouvernement, dès maintenant. Et s'il y a une chose à retenir, c'est cibler les aides aux entrepreneurs sur ceux qui investissent en France,
et
pas saupoudrer.
Merci
Nicolas Dupont-Aignan, merci. Merci à vous. Merci, j'ai été.
Au
revoir.
Bonne
journée, au revoir. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan