Renaud Muselier : « Ils voulaient la convergence des luttes, ça a été la convergence des brutes »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse partielle
Faut-il redouter la mobilisation de samedi prochain ? L'exécutif a-t-il tiré les leçons à six mois de la présidentielle ?
- 0:50RelanceRéponse partielle
Est-ce que les leçons du fiasco de samedi dernier ont été tirées ?
- 2:00RelanceÉludée
Mais pourquoi on n'a pas pu l'anticiper ?
- 2:59RelanceRéponse directe
Des faillances de l'exécutif, des services du ministère de l'Intérieur, des services de renseignement ?
- 3:09OuverteRéponse partielle
Est-ce que la réforme du renseignement mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008 a affaibli le renseignement territorial français ?
- 3:45FerméeRéponse directe
Un mot sur Marseille, il y a le chiffre de 30 000 pilleurs qui a circulé. C'est un chiffre que vous nous confirmez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Locuteur 1Fait
« Certains voulaient la convergence des luttes, en fait, mais ça a été la convergence des brutes, quoi. »
- 1:14Locuteur 1Fait
« On a eu en permanence des black blocs, c'est clair, des étrangers qui viennent en grand nombre. »
- 1:44Locuteur 1Fait
« Une extrême violence. »
- 1:51Locuteur 1Fait
« des casseurs, des pilleurs, et qui ont une seule volonté, c'est tout prendre, tout détruire. »
- 4:22Locuteur 1Fait
« C'est mécanique, organisée, structurée. »
- 5:06Locuteur 1Fait
« La police municipale n'était pas là. »
- 5:56Locuteur 1Fait
« je pense qu'il y a un acte de légitime défense qui va se mettre en place »
- 8:10Locuteur 1Fait
« Oui, oui, c'est une première réponse indispensable. »
- 8:41Locuteur 1Fait
« Et que vous prenez une cheminée pour le jeter sur des policiers, c'est une tentative d'homicide. »
- 9:20Locuteur 1Chiffre
« ils en ont pris à peu près 2 000, vous vous rendez compte ? Même pas 800, avant de prouver qu'ils sont responsables et coupables »
- 10:09Locuteur 1Fait
« Le président de la République avait fait un débat sur la jeunesse, etc. »
- 10:20Locuteur 1Fait
« on ne comprend pas bien le parcours sup. »
- 10:35Locuteur 1Fait
« il y a des trucs dans les lycées. »
- 11:47Locuteur 1Chiffre
« On a mis 700 millions d'euros par an depuis 10 ans. »
Temps de parole
- Locuteur 156 %
- Locuteur 314 %
- Présentateur13 %
- Locuteur 68 %
- ?5 %
≈ 16,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Vous êtes nouveau sénateur des Bouges-Juron, vous avez été élu le 27 septembre dernier, vous siégez dans le groupe Union Centriste et Indépendant. Et après les violences de ce week-end, une nouvelle mobilisation est annoncée samedi prochain. Faut-il la redouter ? L'exécutif a-t-il tiré les leçons à six mois de la présidentielle ? Y a-t-il dans le pays comme un climat d'insurrection
?
On va en parler pendant cette demi-heure. Sébastien Lecornu qui s'est exprimé hier à l'Assemblée, il a annoncé un dispositif policier massif pour les manifestations de samedi. Est-ce que vous diriez que les leçons du fiasco de samedi dernier ont été tirées
? On
va voir samedi. Je pense que oui.
Je
crois surtout qu'il y a toutes sortes de paramètres qui sont venus là-dedans. Je pense que surtout, ce que je ne comprends pas très bien, c'est comment on n'a pas mesuré l'intensité. Certains voulaient la convergence des luttes, en fait, mais ça a été la convergence des brutes, quoi. On a eu en permanence des black blocs, c'est clair, des étrangers qui viennent en grand nombre. En tout cas, Marseille, c'était le cas. Et je sais que dans l'Est aussi, donc je pense qu'à Paris, évidemment, aussi, on a eu les gens des cités,
les chauffeurs. Donc c'est des black blocs venus
de pays voisins, à Marseille
?
Oui, on a des Italiens et des Hollandais ou des Allemands, puisqu'on voit bien, on les a dans la rue. Donc je ne
sais
pas ce que dit le procureur. A l'heure, il disait que le procureur, il n
'est
pas descendu dans la rue, celui-là. Il parlait parce qu'il n
'a
pas vu ce qui s'est passé. Une extrême violence.
Des
gens qui viennent des cités et des quartiers, des gens qui viennent du narcotrafic,
qui
sont des chauffeurs, des casseurs, des pilleurs, et qui ont une seule volonté, c'est tout prendre, tout détruire. Ce qui est à toi et à moi, immédiatement, voilà, en gros. Et ils ont tout pété.
Mais pourquoi on n'a pas pu l'anticiper ?
Je pense que ça n'a pas été très bien analysé par les services d'enseignement, en fait, en réalité. Pourquoi ? Je ne
sais
pas, ça, je ne
sais
pas. Mais je pense que là, c'est vraiment là. Pourquoi ces étrangers, on ne les a pas vus passer ? Pourquoi on n'a pas pu voir sur les réseaux sociaux ces rassemblements ? Parce que
ce
qui était très spécifique et très particulier, là, c'est que d'habitude, ça dégénère en fin de réunion. Fin de meeting, ils arrivent, ils pètent tout, bon, ok, d'accord, on a plus l'habitude. Là, ce n
'est
pas pareil. Là, ils ont attaqué la France entière à 10h du matin.
À
10h du matin, ils se sont faits les banques et les édifices publics. Et après, ils ont commencé à payer.
C
'est-à-dire que ce n'est pas du tout comme ça que ça se passe d'habitude. D'habitude, il y
a
la manif, et après la manif, ça part en quenouille. Là,
ce
n
'est
pas du tout le cas. Là, c'est structuré, organisé dès 10h. Et tout le monde a été un peu surpris par ça. Et ça, ce n
'est
pas possible que ça se passe dans la France entière sans que personne ne le sache. C'est ça, la difficulté. Donc,
il y a des faillances
de l'exécutif, des services du ministère
de l'Intérieur, des services de renseignement ?
Non, je pense qu'il y
a
une faiblesse dans le renseignement. Je pense que c'est plutôt par là qu'il faut voir. Parce que, pour le reste, les hommes, les équipes…
Mais lié à quoi
? Est-ce que la réforme du renseignement qui a été mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008, elle a affaibli, finalement, le renseignement territorial français
?
Il faudrait voir, dans les différentes manifs,
ce
qui s
'est
passé jusqu
'à
maintenant.
Je
crois que c'est… En tout cas, aujourd'hui, là, c'est sûr qu'il y
a
eu des faillances. Ça, c'est sûr. Alors, est-ce que c'est la faute de la réforme ou non ? Moi, je ne
suis
pas compétent pour répondre à ça. Parce que, dans le passé, ils ont renseigné. Donc, ils ont été à la hauteur.
Par
contre, sur ce coup-là, ce n
'est
pas possible que, sur les réseaux, ils n
'aient
pas été surveillés, qu'ils y puissent se déplacer et qu
'on
les ait retrouvés en ville. Sans que personne ne puisse l'anticiper. Ils sont
arrivés là par rapport à ça. Un mot sur
Marseille, il y a le chiffre de 30 000 pilleurs qui a circulé. C'est un chiffre que vous nous confirmez ?
C
'est un chiffre que vous avez eu aussi ?
Entre 15 000 et 30 000,
c
'est sûr.
Entre
15 000 et 30 000,
c
'est sûr. Parce que quand on voit les images vidéo, j'avais des collaborateurs qui étaient là, qui regardaient. Et puis, on est allé voir les images vidéo sur le central PC. Vous avez, pour ceux qui connaissent Marseille, dans les deux rues commerçantes qui sont la rue Paradis et la rue Grignan, vous avez la vidéo de l'angle. Vous avez la totalité des deux rues pleines. Pleines noires de monde. Il n
'y a
pas d'espace. Et ça court, ça pousse et ça brise toutes les vitrines. Il
n'y en
a pas une qui passe à travers. C'est mécanique, organisée, structurée.
C
'est du pillage systématique. Après, on peut discuter sur le nombre, mais c'est colossal. C'est une horde humaine. Une horde sauvage, en plus.
Les commerces attaqués à Marseille, la mairie est également attaquée. Laurent Nunez est venu sur place avant-hier. Est-ce que vous êtes rassuré pour samedi prochain ? Ou est-ce que vous êtes encore inquiet sur ce qui peut se passer ce week-end ?
Sur la mairie, il y a un débat. Le maire l'a lancé.
En
réalité, quand même, la mairie a été attaquée et envahie, avec le bus de Marianne cassée.
C
'est une honte. Mais il n
'y avait
pas de police municipale, quand même. La police municipale est arrivée à 15h.
Donc,
entre-temps, ils ont attaqué le commissariat de la police municipale et la mairie. Et donc, là, il y
a
une défaillance de la police municipale, mais peut-être aussi pour les mêmes raisons.
C
'est-à-dire qu'on s'attendait à ce que ce soit plus tard.
Donc, une
responsabilité du maire, c'est ce que vous dites ?
La police municipale n'était pas là. Donc, il n
'y
avait pas de police municipale devant la mairie. On ne leur demande pas de faire de l'intervention de l'ordre. Enfin, s'il
y
a quatre policiers municipales,
on ne peut pas. Est-ce que c'est
drôle de la police municipale de faire face à des pilleurs et des casseurs
?
C'est au moins d'être devant l'édifice. Le volet, l'autre volet, c'est ce qui m'inquiète le plus.
C
'est ma vraie inquiétude.
C
'est-à-dire qu
'à
Marseille,
mais
je crois que c'est un peu pareil dans le reste de la France, la suite des différents événements, c'est-à-dire qu'ils se sont fait piller, ils ne vont pas se laisser faire. Et donc, ils s'arment. Donc, on va arriver... C'est une forme de viol. On les a pillés. Ils ne vont pas se laisser faire.
Donc, vous vous
doutez quoi ? Des commerçants qui se fassent justice
?
Moi,
je pense qu'il y a un acte de légitime défense qui va se mettre en place parce qu'il y a les biens publics, c'est une chose. Donc, il y a les commerces,
c'est
autre chose. Puis après, il y a les biens privés parce qu'ils ont commencé aussi à chercher dans des villas. Donc, vous retrouvez... Vous avez des gens qui vont se défendre là. Et là, je suis très inquiet de ça, en fait. Alors là, si vous avez des gens qui se défendent et que vous avez des morts, c'est encore dans une autre histoire parce qu'on passe de la manifestation à l'émeute, de l'émeute à la guérilla urbaine, de la guérilla urbaine à une forme d'insurrection, où chacun se défend, c
'est
un revenu plus fort. Et là, on passe les étapes les unes derrière les autres.
Mais vous le
redoutez pour Marseille samedi ? Vous redoutez
cette
forme de guerre
civile, je mets
des guillemets,
mais... Qui pourrait arriver ?
Qui est de la défense avec arme, oui. Vraiment. Ils sont armés.
Ils
ne
vont
pas se laisser faire. Et donc, je pense qu'il n
'y a
pas qu'à Marseille.
Est
-ce qu'il y
a
des commissions d'enquête qui ont été mises en place au Parlement ? Qu
'est
-ce que vous en attendez ? C'était nécessaire
?
Moi, j'aimerais que... Il y a un problème. C'est toujours nécessaire d'avoir une commission d'enquête. Mais c'est après, pour plus tard. Qu'est
-ce
qui va se passer ? On se
rend
bien compte que, de toute façon, la vraie question, c'est de savoir qu'est-ce qu'on fait samedi ? Qu'est-ce que le commerçant, il ouvre ou non le samedi ? Il ouvre ou non le 5 novembre ? Qu
'est
-ce qui se passe si on lui défend sa boutique ? Parce qu'ils ont décidé de venir avec ses artisans, ses commerçants, ses salariés dans sa boutique pour défendre ses biens. Parce que là, ils ont mangé 30% du chiffre d'affaires, tous leurs stocks sont cuits. C'est ça, les vraies questions, aujourd'hui. Après, la commission qui va enterrer la commission qui va enterrer la commission dans une période électorale où chacun se sert de cet incident pour essayer de faire sa propre promotion. On aurait plutôt intérêt à avoir un sens républicain collectif qui fasse en sorte que, là-dedans, c
'est
la République qui est quand même en
plein
danger. On
va venir sur les
questions politiques,
mais
qui doit payer les dégâts, selon vous
?
On voit bien que nos concitoyens ont quelque part l'habitude d'avoir l'argent gratuit.
On
voit sur les antennes télé que certains casseurs, quand ils sont face à la boulangère, la pauvre boulangère qui aurait demandé et qui se fait casser le truc, ils disent « mais vous êtes assurés
? »
En fait, c'est l'argent gratuit pour tout le monde, donc on peut péter tranquille. De toute façon, il y
a
une assurance avec quelqu'un qui veut payer pour l'autre. Il
y
a
la loi casseur-payeur.
qui
arrive aujourd'hui au Sénat en commission, vous l'examinerez en séance mardi prochain. Est-ce que c'est une bonne réponse ?
Oui, oui, c'est une première réponse indispensable. Vous avez une rupture sur le lien social. Vous ne
pouvez
pas impunément avoir la sécu gratuite, le chômage. Quand vous cassez, ce n
'est
pas grave, finalement, vous êtes un malheureux. La réalité, c'est qu'il faut mettre des mots sur les mots. Mais
ça veut dire, est-ce qu'il faut faire payer les particuliers ? Est-ce qu'il faut faire payer les particuliers
? Et que vous prenez une cheminée pour le jeter sur des policiers, c'est une tentative d'homicide. Voilà, c
'est
la réalité. Et donc, quand vous arrêtez quelqu'un en flagrant délit dans une boutique en train de payer, c'est un flagrant délit. Ce n
'est
pas une promenade de santé
d'un manifestant. Ça veut dire que vous
le faites payer ? Si il est mineur,
vous
faites payer ses parents ?
Oui, oui. Il faut s'attaquer
aux prestations sociales
? À
tout le monde, il faut s'attaquer parce qu'il y
a
une responsabilité individuelle avant de la responsabilité collective. Et dans sa responsabilité individuelle, le mineur, il est sous l'autorité familiale. Alors, bien sûr, après, vous allez avoir...
Mais comment vous
faites quand les dégâts se chiffrent à des milliers, des millions d'euros
?
Vous avez vu les milliers de personnes qui ont fait ça avant qu'on attrape des milliers ? Donc, au
moins
ceux qu'on attrape qui payent. Voilà, ça, c'est sûr. Parce que là, si sur Marseille, vous êtes entre 15 et 30 000, là-dessus, ils en ont pris à peu près 2 000, vous vous rendez compte ? Même pas 800, avant de prouver qu'ils sont responsables et coupables, etc., avant d'avoir trouvé les moyens financiers. Donc, ça ne marchera pas. Ce qu'il y a, c'est qu
'il
ne
faut
plus que ça arrive.
C'est
comment on fait pour que ça n'arrive plus ? Donc, payeur, casseur, oui, mais comment on fait pour que ça n'arrive plus et qu'ils ne soient pas obligés de s'armer pour se défendre dans la boutique ?
Un
petit mot sur le fond des revendications et notamment des lycéens. Vous étiez président de région jusqu'à votre élection au Sénat à la fin du mois.
Vous
les comprenez, ces revendications des lycéens ? Sébastien Lecornu a promis des réponses dans les jours à venir. Qu
'est
-ce que vous attendez, vous, comme réponse
?
Tout ça est difficile. Le président de
la
République avait fait un débat sur la jeunesse, etc. Et dans ce débat sur la jeunesse, qu
'est
-ce qu'il est sorti ? Il est sorti, on ne comprend pas bien le parcours sup. Avant, il était mal foutu. Maintenant, on le sent injuste. Deuxièmement, on trouve que les horaires ne sont pas bons parce qu'il y a des trous de deux heures dans la journée là-dessus.
Avec la
réforme bancaire. Troisièmement,
il y
a
des trucs dans les lycées. C'était écrit, nord-sur-blanc, ça. C'était écrit. Il
n'a
rien sorti de ce truc.
C
'est dommage. L'idée était bonne. La conclusion des propos... C'est tout cela. Toute la revendication était écrite.
Donc, le gouvernement
et ses réformes sont responsables de ce qui se passe.
Il
y a eu de mauvaises réformes.
Je ne
sais
pas s'il
y a
une mauvaise réforme. Ce qui est sûr, c'est que le débat qui a eu lieu et qui a entraîné, qui a donné ses réponses et ses pistes, on ne les a pas traités. Ils n'ont pas été traités, ils n'ont pas été écoutés ni entendus. Donc, on se le prend dans la gueule aujourd'hui. C'est ça, la difficulté. Il y a aussi des lycées
mal entretenus, des lycées où la
rénovation n'est pas faite, où
on a très chaud l'été, où on a très froid l'hiver. Vous avez géré
des lycées, vous. Est-ce que
dans la région provençale, ça se passe comme ça ? On s'est
inquiété en se disant est-ce que ça nous concerne nous directement ? Donc, on a fait avec François de Conson, mon successeur, une espèce de plateforme rapide pour dire les parents, les enfants, les profs, tout le monde écrivait pour dire ce qui se passe dans vos lycées. On a des problèmes dans les toilettes. Il y a des toilettes qui ont été privatisées par des profs. Toibertement, ça ne mérite pas de tout péter. Mais nous, vous regarderez dans la
région provençale-côte d'Azur. Il y a aussi les
canicules,
le froid hiver. Oui, mais vous regarderez chez nous. Vous regarderez chez
nous.
De manière générale.
Vous me posez la question, président de région de Provençale-côte d'Azur. On a mis 700 millions d'euros par an depuis 10 ans. Donc, quand même, nos lycées, ils ne sont pas mauvais. Donc, il n'y
a
pas de plainte majeure. Il y
a
des trucs. Il n
'y a
pas de papier dans les toilettes. OK, d'accord.
C
'est bien. Ça ne mérite pas de péter un lycée. D'ailleurs, ils ne nous ont pas pété nos lycées. Vous ne remarquerez rien.
Ça veut dire que
nos anciens collègues présidents de région n
'ont
pas fait les
états. Non, parce que,
parallèlement à ça, en tout cas, on sait le faire. Donc, il suffit de dire bon, on est venu, on fait un tour de table, on se fait une plateforme ouverte, on regarde dans tout lycée ce qui se passe et le traitement traite le problème. On fait des brigades d'intervention pour régler les trois ampoules qui manquent et mettre le papier s'il faut ou traiter avec le proviseur. Trèsement, c'est assez facile à faire. Mais on ne peut pas accepter qu'on nous brûle des lycées neufs de 40 ou 50 millions d'euros. On les voit brûler. Ça, ce n
'est
pas possible. Il y a un truc qui ne va pas. Mais on revient sur le débat qui est tout égratis dans ce pays. Donc, on peut tout faire en toute impunité et on refuse toute autorité. Et ça, ce n
'est
plus possible.
Une
des images marquantes de la manifestation de samedi, c'est la mairie de Limoges qui a brûlé en partie détruite. Le Premier ministre se rendra d'ailleurs dans la ville vendredi.
Il y a
eu du nouveau dans l'enquêtière.
On
va aller justement à Limoges. Bonjour Sébastien Dubois. Merci d'être avec nous, journaliste au Populaire du Centre. Sébastien, vous avez des vidéos exclusives de ce qui s'est passé ces derniers jours ?
Oui,
on était sur place samedi et on s'est rendu compte qu'il y avait assez peu de vidéos de journalistes qui avaient été tournées. Donc, on a essayé de les monter, de les mettre en perspective. aussi pour savoir combien de temps exactement s'était passé entre le moment où la casse commence et le moment de l'intervention des policiers. Nous, on a mesuré facilement une trentaine de minutes où les policiers municipaux étaient seuls retranchés dans la mairie. Ça nous a permis aussi de voir un peu le processus qui avait été mis en place. le maire de Limoges parle d'une préparation, voire d'une préméditation, ce que confirme le préfet, ce que dit Sébastien Lecornu.
Les images montrent que les gens savaient ce qu'ils faisaient. Est-ce qu'ils ont préparé ? C'est une question qui reste en suspens. Les questions des éléments matériels, notamment, qui ont permis cette effraction et cette mise à feu, doivent être déterminés. C'est l'enquête qui devra le dire. Le caractère volontaire, lui, par contre, il est criminel. Il est connu dès le premier jour. Mais cette vidéo nous permet aussi d'identifier les personnes qui ont participé, d'en faire un peu une sociologie rapide. On remarque qu'il
y a
des gens qui ne sont pas identifiables. Il y en a d'autres, par contre, qui le sont assez clairement, qui portent des gilets jaunes, qui portent des drapeaux politiques. L'auteur de l'incendie, du départ de feu, en tout cas, celui qui est suspecté pour avoir mis le feu, a été identifié grâce à des vidéos, peut-être pas celles du populaire, mais en tout cas, les vidéos qui ont été prises par des gens et un travail minutieux, a dit la procureure d'analyse de ces vidéos. Donc, il faudra voir ce que donne l'enquête maintenant. Mais l'interpellation d'hier marque des gens
est
déjà un premier point important dans cette enquête.
–
Oui, justement, vous le disiez, l'enquête a avancé hier, interpellation, un homme a été arrêté. Un mot, Sébastien, sur son profil, peut-être
? – Alors,
c'est quelqu'un qui était connu des services de police, de gendarmerie. C'est quelqu'un qui était connu aussi de la presse. c'est un militant de l'écologie radicale qui est connu notamment pour participer à la lutte contre une usine de pelée qui doit s'implanter en creuse. C'est une personne qui, à ce moment-là, avait eu des démêlés avec la police, qui avait été condamnée. Et il y a actuellement, voilà,
un
processus juridique, judiciaire qui est en cours puisqu'il y a eu des appels. Voilà, il avait été condamné pour des violences sur dépositaires de l'autorité publique. Voilà, ce site en creuse a la particularité de concentrer à la fois des, enfin, beaucoup de militants écologistes de toute la France qui ne sont pas d'accord avec son implantation, mais il permet aussi une forme de jonction éventuellement entre des gens qui sont des militants écologiques radicaux, mais qui n'habitent pas forcément sur le plateau de Millevaches et des militants du plateau de Millevaches qui, eux, sont concernés par l'exploitation des forêts et qui la dénoncent de manière parfois très radicale.
On avait eu récemment des destructions d'engins agricoles sans qu
'on
puisse, ça, le relier à l'ultra-gauche, mais il y avait une suspicion, en tout cas, qui était, qui pesait fortement sur les militants radicaux du plateau de Millevaches.
Merci beaucoup, merci Sébastien d'avoir été avec nous la une du Populaire du Centre, de Premières Interpellations et la question de la responsabilité de l'ultra-gauche qui est également posée ce matin en une du journal La Dépêche. On va le regarder. Quel rôle vous le voyez, vous, de cette ultra-gauche dans ces mobilisations, Renaud Muselier
? L
'ultra-gauche, l'extrême-gauche, l'écologie radicale, c'est une espèce de grosses mouvances qui font en sorte que, de toute façon, ils veulent tout péter. Voilà. Ils veulent tout péter, ils sont contre la République, ils sont pour l'anarchie, il y a les marxistes, il y a un mélange assez magma, d'idéologie politique extrémiste avec de l'écologie puisque la fin du monde arrive autant qu
'ils
la provoquent, avec le rejet complètement du capitalisme mais avec un espèce de paradoxe. Ils sont anticapitalistes mais ils pillent, ils se prennent en photo, ils revendent. Donc, c'est des hyper-capitalistes en fait. Donc, on se retrouve...
Mais vous mettez aussi
la France insoumise là-dedans ? Pour vous, il y
a
un rôle de la France insoumise dans ce qui s'est passé ?
Moi, ce que je trouve, c'est que quand même la France insoumise ne condamne jamais
et
là, c'est la République qui est en danger en réalité. Donc, à partir du moment où vous ne condamnez jamais les émeutes, que vous ne condamnez jamais les violences, que vous mettez tout sur l'eau de la police à qui je rends un hommage incroyable compte tenu de ce qu'ils ont vécu, ces hommes, ces femmes qui nous défendent, c'est-à
-dire
d'avoir une responsabilité, des responsables politiques qui ne les condamnent jamais, ils ont donc de fait une part de responsabilité parce que quand vous ne condamnez pas, vous laissez faire et quand vous laissez faire, vous encouragez. et on voit bien dans les images qui ont été sur Limoges, on voit bien sur ce qui est passé sur Marseille, on voit bien sur ce qui est passé à toute la France. Ils commencent à se regrouper, ils s'excitent entre eux, il y
a
un effet de groupe de meutes, de masse, de hordes, et puis c'est une horde sauvage avec des animaux que vous ne
pouvez
plus arrêter après. Et donc cette démarche-là, si vous n'avez pas un calme en amont, quand vous avez ces manifestants, moi je pense aux lycéens par exemple, ils ont manifesté tranquille, pépère, paisible, le truc dégénère, d'une situation où vous avez des gens qui manifestent gentiment, ils se font voler leurs manifestations, alors ils ont autant raison, en tout cas c'est la démocratie de la manifestation, mais là on se retrouve dans un schéma où de toute façon la revendication passe à la casse et la démocratie est en danger. Donc je pense que les partis politiques qui ne condamnent pas se trouvent dans un champ politique assez dangereux quand même pour la République.
Et
on va voir que la France n'est pas la seule concernée, vous savez qui avez suivi les questions européennes au gouvernement en tant que député européen, Audrey, les manifestations, les violences urbaines se multiplient un peu partout en Europe.
Oui, regardez les images que je vais vous montrer, on y voit des mortiers d'artifices dirigés contre les forces de l'ordre, des véhicules incendiés, des vitrines prisées, des images qui rappellent évidemment celles qu'on a pu voir en France ce week-end, mais là nous sommes à Tirana en Albanie, c'est la capitale, et la capitale qui connaît son septième jour de manifestations souvent violentes, le point de départ de cette colère, les conditions d'études dans les universités, les frais d'inscription élevés et la corruption, on écoute cette lycéenne.
Nous
avons tous très peur car nous voyons que l'état des universités et de l'éducation en Albanie est scandaleux, tout est corrompu, il n'y a pas d'infrastructure adéquate.
La
Belgique a aussi connu des affrontements en marge des mobilisations. Samedi, des manifestations pour protester notamment contre la hausse récente des frais d'inscription à l'université, ça nous rappelle aussi les motifs en France. Image aussi que je vais vous montrer à Milan, une dernière vidéo, ça se passe donc en Italie, et là, ce sont des violences en marge de manifestations contre la vie chère en tout. Il y a eu ces dernières semaines des manifestations en Grèce, en Albanie, au Portugal, en Belgique, en Italie, et bien sûr, en France en règle.
Et parmi les revendications que vous avez évoquées, vous avez évoqué, pardon, on dirait, des frais d'inscription trop élevés ou de mauvaises conditions d'études, est-ce qu'on peut dire que le mouvement en France a fait agil en Europe
? Alors, on peut le penser notamment en termes de temporalité parce que le mouvement étudiant a commencé en France depuis plusieurs semaines et puis, je vais vous montrer une photo qui est très intéressante, elle a été prise ce vendredi à Turin pour la journée de contestation intitulée le No Meloni Day, la journée contre Georgia Meloni, c'est la chef du gouvernement italien. On peut y lire
un
slogan en français mais là, ça se passe à Turin, on est en Italie, le monde est à nous comme un clin d'œil au mouvement français mais en fait, quand on regarde dans toute l'Europe, il en fallait peu pour mettre le feu aux poudres tant les motifs de contestation sont nombreux, haussent du coût de la vie, pouvoir d'achat en berne, service public sous tension au Portugal, c'est le dernier pays dans lequel on va aller, ce sont les prix des logements qui sont devenus inabordables et qui ont poussé les gens dans la rue, ils y ont installé des tentes. On va écouter un manifestant, c'est à Lisbonne.
À Lisbonne, le prix des logements
est
ridiculement
élevé. Nous, les jeunes, nous étudions, nous sommes qualifiés et éduqués
mais
nous n'avons souvent pas d'autre choix que de partager des logements avec 4, 5 ou 6 personnes quand ce n'est pas pire.
Vous avez été député européen, vous craignez un hiver de contestation partout en Europe
? J
'ai une version un peu différente en fait. Je suis... J'étais aussi aux affaires étrangères avec Jacques Chirac. J'ai une vision du monde qui m'inquiète en fait et qui inquiète les jeunes en réalité. Dans cette vision du monde, vous avez les Chinois, c'est les Chinois, ils sont loin mais néanmoins ils sont hyper puissants,
ils
nous envahissent avec leurs technologies, leurs usines, leurs savoir-faire, leurs intelligences artificielles, etc.
On
a les Russes à côté qui représentent une violence absolument incroyable à nos frontières et qui veulent péter l'Europe.
Et
on a les Américains qui se marient maintenant avec les Russes pour péter l'Europe. Donc si vous mettez les Chinois, les Russes et les Américains avec des registres différents qui veulent péter la première puissance économique mondiale en fait qui est morcelée par la constitution de l'Europe et qui fait sa force
mais
qui fait aussi sa faiblesse, on a en fait des adversaires qui sont très puissants.
Et ces adversaires puissants que ça soit Trump ou Poutine qui se marient que ça soit Xi avec une mode de fonctionnement un peu différent manipulent, organisent, traitent les uns ou les autres les contestations de nos jeunes qui se disent mais comment, attends, moi j'ai la guerre en Ukraine à côté, la planète elle va peut-être disparaître parce qu'il y a la pollution en même temps il y a le problème de l'essence et donc le pouvoir d'achat mais ils sont pour rien les pauvres à cause d'Hormuz et c'est à cause des Américains et on se retrouve dans cette espèce de machine à laver qui fait en sorte que les jeunes là-dedans après ils se servent de n'importe quel prétexte pour essayer de se rebeller
et donc on a une conjonction des
choses extérieures qui sont très très
dangereuses. Est-ce que les
gagnants de tout ça ce sont les extrêmes droites
? Les
gagnants de tout ça sont les extrêmes.
Les
gagnants de tout ça sont les extrêmes et d'ailleurs on le voit bien dans les sondages en France parce que les gens ont besoin soit si on parle de l'extrême gauche donc de M. Mélenchon soit d'une révolution ils veulent renverser la table casser la vaisselle etc. De l'autre côté ils veulent renverser la table mais pas casser la vaisselle donc est-ce que c'est faisable ? Mais on a besoin de toute façon tous nos peuples européens et bien sûr les français ont besoin du respect de l'autorité et ils ont besoin d'ordre.
Et
donc là-dedans est-ce que la question qui arrive derrière immédiatement est-ce que c'est un système autocratique avec un système extrême qui amènera à l'ordre ? Et donc ce désordre aujourd'hui qui fait en sorte que dans le bloc des républicains je veux dire dans leur globalité ils n'arrivent pas à s'entendre parce qu'ils sont tous divisés et c'est là où il y a une faute majeure.
Merci Renaud Mjelier on aura l'occasion évidemment de reparler de cette campagne présidentielle et de ce bloc central merci d'avoir été notre
invité
ce matin. Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Merci
Renaud Mjelier