Les mensonges sur l'après-Brexit, avec John Laughland
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Le Brexit a eu lieu, qu'en est-il de la situation au Royaume-Uni aujourd'hui ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron a évoqué un malaise européen et des mensonges autour du Brexit. Qu'en pensez-vous ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Concrètement, quels sont les problèmes réels liés au Brexit aujourd'hui ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Quel lien entre la gestion de la pandémie et le Brexit ?
- 20:00OuverteRéponse directe
L'Écosse pourrait-elle quitter le Royaume-Uni ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Globalement, que pensez-vous de l'accord post-Brexit signé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 7:00Fait
« Le Brexit n'a strictement aucune incidence sur la pandémie. »
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et bien, bonjour à toutes et à tous. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir pour un entretien euh John Laughland que les gens qui nous connaissent bien connaissent aussi puisque il est déjà venu à une université d'automne de l'Union Populaire Républicaine. John Laughland est un universitaire britannique, il a fait Oxford, c'est-à-dire les études les plus prestigieuses au Royaume-Uni.
Il a également été enfin c'est un universitaire, il vit en France depuis de très nombreuses années, il parle un français euh impeccable avec la matinée d'un léger accent britannique, mais nous aimerions tous parler aussi bien anglais qu'il parle français. Euh et John Laughland s'est rendu célèbre il y a quelques années par un livre qui était sorti en Angleterre euh qui était sur qui s'appelait The Tainted Source, c'est-à-dire la la source corrompue de la construction européenne et John Laughland a été on peut dire un brexiteur avant la la lettre. Ce cet ouvrage a été traduit en français et publié chez François-Xavier de Guibert sous le le titre euh Les La Liberté des Nations.
Alors, je crois qu'il est épuisé le livre, mais vous pouvez toujours le trouver euh en d'occasion peut-être ou sur sur Amazon peut-être, je ne sais pas ou sur ou sur eBay. Bienvenue bienvenue John. Merci.
Alors, moi je bois toujours vos paroles parce que vous êtes un esprit brillant et très clair et sur la situation sur la situation de la du Royaume-Uni. Euh déjà alors, le Brexit a finalement eu lieu et en un mot, qu'est-ce que vous diriez de la situation aujourd'hui sur le qui au Royaume-Uni sur cette affaire de ? Les gens ont à lire la presse française, il y aurait des gens qui seraient extrêmement inquiets, qui regretteraient d'avoir voté, on en est où ?
Oui, mais ça se disait ça se dit depuis 2016 depuis le référendum, il n'en est rien. Euh cette histoire comme quoi les Britanniques regretteraient c'est complè- elle est complètement fausse. Euh d'abord, nous le voyons dans les scrutins, il y a eu bien sûr le référendum de 2016, euh, mais il y a eu il y a eu deux scrutins euh, ensuite, les Européennes de 2019 et les législatives de 2019, décembre 2019, où les Britanniques ont redit ce qu'ils avaient dit en 2016.
Euh, mais euh, dans des proportions absolument gigantesques. Je veux dire par là que aux Européennes en 2019, c'est le parti du Brexit, de Nigel Farage, qui euh, a remporté tellement de sièges qu'il était euh, jusqu'avant le Brexit, euh, il était euh, jusqu'au moment du Brexit, donc en janvier de cette année de de l'an dernier, il était le plus grand de la plus grande délégation nationale au sein du Parlement européen. Les conservateurs eux, sous Madame May, étaient à neuf tombés à 9 %.
Donc c'était un un un vote clairement en faveur, un deuxième vote en faveur du Brexit. Et ensuite bien sûr, les législatives de décembre 2019, où euh, comme tout le monde sait, Boris Johnson a été euh, élu avec une majorité absolue de 80 sièges, la plus grande majorité depuis les années 80. Donc euh, euh, cette histoire c'est cette ce mythe que les Britanniques euh, regretteraient euh, auraient regretté en 2016, elle est il est totalement faux, c'est un mensonge tout simplement.
Et les scrutins sont là pour le démontrer. Alors euh, le ou 31 janvier 2020, donc il y a près d'un an, euh, Emmanuel Macron avait dit, c'était au moment où il y avait eu la la sortie juridique, mais qui n'avait à c'était donc il y a bientôt un an, euh, de du Royaume-Uni de de l'Union européenne, euh, monsieur Macron avait dit que c'était triste, le mensonge l'avait remporté et cetera. Et puis alors je vois que maintenant que l'accord a eu lieu, alors que beaucoup pensaient qu'il y aurait pas d'accord, finalement l'accord a eu lieu, euh, et monsieur Macron n'a pas n'a pas changé d'opinion puisqu'il a fait des déclarations euh, récentes où il a parlé d'un malaise euh, et des mensonges, je sais quoi la formule ?
Il a dit il a dit dans ses vœux aux Français, les ses vœux de nouvel an, que le Brexit que le Royaume-Uni quittait l'Union européenne et que c'était le fruit d'un malaise européen ou du malaise européen et de beaucoup de mensonges et de fausses promesses. Au moins, il sait de quoi il parle quand il évoque les mensonges et les fausses promesses. Et et moi, j'étais assez épouvanté par cette déclaration parce que elle traduit une méconnaissance profonde de la réalité politique.
Alors, sans doute a-t-il ses propres arrière-pensées. Il ne veut pas sans doute que les Français commencent à avoir des idées. Je pense qu'il a dit dans cet esprit-là.
Mais dire que le Brexit aurait été une sorte de feu de paille populiste, une sorte de spasme, n'est-ce pas, anti-élitiste ou anti-européen totalement éphémère, c'est un mensonge. C'est au contraire, et c'est pour cela d'ailleurs que j'ai rappelé les les trois scrutins. C'est le fruit non pas d'un malaise européen, mais c'est le fruit de 30 ans de combat pour certains ou même plus pour d'autres.
Moi en tout cas, je peux témoigner de 30 ans de combat dans ma modeste mesure, mais aussi à côté de ceux qui ont joué un rôle beaucoup plus important. Donc, réduire tout cela à encore une fois un feu de paille populiste, ça relève tout simplement du mensonge et c'est c'est absolument déplorable qu'il puisse dire une chose aussi énorme. Monsieur Macron mentirait ?
Dites-moi John, comment est-ce que Mais il dévalorise. C'est c'est c'est fait pour insulter et pour dévaloriser ce qui est en fait un très longue combat, un très long combat. Et et en fait, l'erreur d'analyse qu'il commet, c'est de confondre le Brexit et les gilets jaunes.
Il pense que le Brexit, c'est les gilets jaunes. C'est Il est Il est d'ailleurs connu maintenant, n'est-ce pas, pour ses pour ses sorties, pour ses dérapages contre les les Français réfractaires ou contestataires ou les les 66 millions de procureurs et cetera. c'est donc ses propres électeurs d'ailleurs.
Voilà exactement qui sont exactement qui sont qui ont la l'impudence de de de de de lui demander des comptes. Euh c'est pas du tout dans cette optique-là qu'il faut voir euh le Brexit. Il y a bien il y a eu bien évidemment un côté oui un un élément populiste surtout avec Farage.
Euh mais euh on ne peut pas encore une fois réduire le Brexit à des gilets jaunes euh aux gilets jaunes. Euh les gilets jaunes c'était un mouvement euh qui était si j'ai bien compris vous les spectateurs connaissent ce mouvement mieux que moi c'était un mouvement avec une sociologie euh assez particulière. C'était la France périphérique, c'était les gens qui se sentaient oubliés et cetera.
La France rurale périurbaine et cetera. Il n'en est pas de même euh pour le Brexit vous le savez très bien. C'est au contraire un débat qui a créé un clivage euh au sein de toute la société britannique du de haut en bas c'est-à-dire qu'il y avait euh dans les couches les plus défavorisées ceux qui étaient pour et ceux qui étaient contre de même qu'il y avait des ministres des anciens ministres ministres au pouvoir ex-ministres qui eux aussi étaient pour ou contre.
Donc on ne peut absolument pas réduire cela à un phénomène euh sociologique. C'est c'est ridicule. Ce qui me frappe aussi beaucoup c'est j'en parle souvent euh quand je suis interrogé sur cette sur ce sujet c'est que effectivement les élites économiques euh les les journaux les médias c'est étaient eux-mêmes divisés au Royaume-Uni.
Euh le le le le le Daily Telegraph mais aussi les tabloïds donc appelaient à voter pour Absolument absolument. Alors qu'en France toute la presse bien sûr tout n'est parti c'est différence c'est la grande différence entre la France et le Royaume-Uni et d'ailleurs c'est elle qui explique en fait le Brexit c'est que l'Europe n'a jamais fait unanimité au sein de la classe politique euh anglaise. Euh alors que en France bien sûr elle fait euh avec quelques honorables exceptions elle fait elle fait une sinon unanimité elle est malheureusement très très majoritaire n'est-ce pas au sein de la Alors ça resterait à démontrer, mais est-ce qui est vrai c'est que la je dis bien de la classe politique, la classe politique médiatique, oui.
Et même, je vous rappelle, il y avait eu 343 chefs d'entreprise au sein de la population, nous le savons là aussi, nous avons l'excrutin pour le démontrer. Référendum de 2005, référendum de Maastricht et cetera. Non, la France elle est à 50 % au moins.
Ouais. Euh, je me rappelle avoir vu, il y avait eu au moment de du Brexit, il y avait eu 343, je crois, chefs d'entreprise qui avaient signé une lettre pour en appelant à voter pour le Brexit. Alors qu'en France, on imagine pas des centaines de chefs d'entreprise, de grandes entreprises ou moyennes appeler à voter pour le Frexit.
Ça, c'est un Dites-moi, concrètement, parce que beaucoup de nos là, vous on va avoir des centaines de milliers de spectateurs qui vont vous écouter. Et ce qui est terrible, c'est que vous ne passez pas dans les grands médias français. Dans les grands médias français, il n'y a que des témoignages en ce moment, des reportages à charge sur euh le Royaume-Uni sur le Royaume-Uni et sur le Brexit.
Un jour, on nous dit que les euh les les rayons de Marks & Spencer sont vides parce qu'il y a pas de il y a pas de sandwich venant du Royaume-Uni, c'est un effet fait du du du Frexit. Un autre jour, on nous explique qu'il allait y avoir des des kilomètres et des kilomètres de files d'attente de camions puis finalement celles-ci n'ont pas eu lieu. Euh, concrètement, comment vous voyez euh ce qui se passe au ?
Très concrètement, est-ce qu'il y a des problèmes vrais euh autres que conjoncturels qui se ? Tout cela, c'est si vous me permettez l'expression, c'est la poudre au perlimpinpin, je crois, c'est la bonne c'est la bonne expression. C'est-à-dire que c'est fait pour induire les gens en erreur.
Euh, tout cela est parfaitement absurde et d'ailleurs, nous le savons puisque ce sont les mêmes gens qui par exemple nous racontaient, je me rappelle d'un un article dans Le Figaro qui racontait que la City avait perdu euh c'était en 2000, je ne sais plus quelle année, 2019, je crois, que la City avait perdu 7000 emplois depuis 2016, donc depuis le vote. Alors que la réalité, c'est que le Royaume-Uni avait créé 35000 emplois par an euh dans cette même période. Donc, c'était littéralement euh encore une fois un mensonge.
Alors, pour ce qu'il y est euh de ce qui se passe maintenant. Euh, excusez-moi, je je je je redis que ce sont des mensonges puisque le Covid a tout chamboulé. Il est impossible de savoir maintenant euh quels sont les effets immédiats du Brexit, s'il y a des files d'attente ou pas, s'il y a des euh s'il y a des plus de sandwichs sur les rayons.
Tout cela s- s- ce n'est plus du tout dû au Brexit, c'est au contraire parce que le Covid a tout basculé comme tout le monde sait. Euh, donc il est simplement trop tôt. Euh, je ne crois pas du tout à la thèse ou thèse catastrophique, évidemment.
Euh, mais mais affirmer que euh ceci ou cela serait dû au Brexit maintenant dans les conditions actuelles que nous vivons, c'est complètement mensonger. La City euh n'a pas d'inquiétude parce qu'elle était elle a été un peu mise à l'écart de la de l'accord hein qu'il y a eu euh Oui. Euh, alors la City, oui, je je crois comprendre que la City est en train de de négocier, que Londres est en train de négocier aussi pour les services financiers et que ces négociations vont continuer encore un un peu de temps.
Mais euh là aussi euh Alors, il est beaucoup trop tôt, surtout dans les conditions actuelles. Mais de toute façon euh à propos de la de la City, oui, euh peut-être qu'il va y avoir des changements, peut-être que la City n'aura plus le même accès, euh je ne sais pas, au marché européen qu'avant. Mais la City de Londres, qui est la plus grande place financière au monde, euh elle l'est depuis euh quelque chose comme trois siècles.
Ça date du 17e siècle quand Londres a pris le relais d'Amsterdam. Donc il faut quand même raisonner dans dans dans le temps long. Euh, je ne pense pas que du jour au lendemain, à cause du Brexit, que la City va disparaître.
Peut-être qu'elle va perdre perdre un peu de de ses activités euh en Europe, mais elle en trouvera d'autres euh ailleurs dans le monde. C'est aussi simple de que cela. Les services financiers étant étant justement extrêmement il est excessivement facile de les de les commercialiser partout dans le monde, bien évidemment, par définition.
Le gouvernement britannique continue à signer des accords de libre-échange avec des tels ou tels pays à travers le monde. On n'en parle pas du tout en France, mais ça a bien lieu ça. Bien lieu. voilà, elle a le Royaume-Uni a repris pas pas encore la totalité, mais je crois qu'il y a une il me semble qu'il y a une cinquantaine d'accords euh commerciaux signés avec l'Union européenne, donc dans le cadre de la politique commerciale commune et dont le Royaume-Uni a a remplacé les les les deux tiers déjà, je crois, par des accords copier-coller pour le Royaume-Uni.
Il y a quelque chose mais qui me frappe, vous vivez en France encore une fois tout le monde peut noter l'excellence de votre français. Euh vous vous voyez comme moi on parle quand même assez régulièrement en France. Pratiquement tous les jours il y a des informations sur le Royaume-Uni et je note qu'elles sont quasiment systématiquement dépréciatives, narquoises, euh péjoratives.
Il s'agit de dénigrer. Alors ça va depuis la gestion de la pandémie qui donne des très mauvais résultats. Les résultats sont mauvais au Royaume-Uni, mais ils sont pas beaucoup meilleurs en France.
D'ailleurs faut dire les choses telles qu'elles sont. Mais on a l'impression d'une espèce de comme disent les Allemands de Schadenfreude, de joie maligne à dans nos médias à toujours essayer de trouver où est-ce que on va pouvoir critiquer le Royaume-Uni. Et euh deux choses sur ce sujet.
Euh un, la gestion de la pandémie, qu'est-ce que vous avez à ? Est-ce qu'il y a un rapport entre ça et le et le et le ? Et puis comment se fait-il qu'il y ait tant de tant de de victimes par rapport à par enfin un peu plus qu'en France, mais il y a plus qu'en France.
Et puis la deuxième question c'est sur le maintien du Royaume-Uni parce que tous les jours il y a des informations venant essentiellement d'Écosse et de Madame Sturgeon sur le thème euh bon ça y est c'est fini, le Royaume-Uni c'est terminé, l'Écosse va reprendre ses billes, va rentrer en Union européenne et on voit que tous les commentateurs dans les journaux se frottent les mains face à ça. Alors Oui. D'accord, ces deux questions. pour la pandémie euh ça n'a évidemment absolument rien à voir avec le le Brexit.
La gestion, la mauvaise ou la bonne gestion, c'est totalement indépendant du Brexit. Le Brexit n'a strictement aucune incidence sur la pandémie. D'ailleurs, elle a elle a commencé à se répandre quand le Royaume-Uni était encore dans la période de transition, donc où le de fait le pays était toujours membre légalement en tout cas, non pas membre politiquement, mais juridiquement toujours dans le l'espace européen.
Euh non, les mauvais chiffres qui sont effectivement supérieurs pour le pour ce qui est des décès euh il est de l'ordre de quelque quelque chose comme 80000, je crois, euh au Royaume-Uni contre 90000, hein, je crois, il me semble. peut-être 90000 contre peut-être 20000 de moins euh en France. oui, 73000 en France.
Je pense que les chiffres sont sont supérieurs, malheureusement. Euh c'est très simple, il y a une un un grand problème d'obésité au Royaume-Uni, la malbouffe. Euh il y a beaucoup de gens obèses et tout le monde sait que le Covid euh est particulièrement létal pour les gens qui sont obèses et qui ou qui souffrent de la de la diabète.
Se rajoute à cela euh un un système de santé qui pour moi est absolument euh épouvantable. Nous qui sommes Anglais qui vivons en France, nous voyons comment même même si elle peut avoir ses défauts, comme le quand il peut avoir ses défauts, le système français est 1000 fois supérieur au système anglais qui est un système totalement étatise. Et qui est incapable de gérer ce genre de euh de pandémie.
Donc donc la la ges- la gestion, elle est due à cela. Elle est elle est due surtout à ces à ces deux éléments. Euh là et peut-être aussi à une une certaine légèreté de de Boris Johnson au dé- au début qui n'a pas voulu faire de confinement.
Euh il y a il y a une il y a une opposition confinement au ? Oui, euh au sein du Parlement notamment, au sein du Parlement. Euh c'est-à-dire qu'il y a des députés conservateurs qui protestent contre.
Euh mais en même temps, à la différence de la France où il y a un vrai débat, euh un débat beaucoup plus intéressant, beaucoup plus vigoureux qu'en Angleterre avec euh tout le monde connaît maintenant le professeur Raoult et les autres médecins réfractaires, le professeur Perronne Mais ce qui les a rendu célèbre c'est internet parce que Je sais, je sais mais enfin néanmoins les le le vaccino-scepticisme en France est très supérieure au vaccino-scepticisme britannique. Malheureusement les Britanniques sont friands à en juger selon les sondages de ce de ces vaccins qui sont proposés et je et je le déplore. Elle a vraiment été vaccinée sa Majesté Élisabeth II et son mari le prince Philip parce qu'on a appris que mais on n'a pas vu on n'a pas vu la photo.
Non, on n'a pas vu la photo mais C'est comme pour le pape François, il paraît que donc moi j'ai j'attends d'ailleurs qu'on nous apprenne un jour que monsieur Macron et sa son épouse qui est d'âge à être vaccinée ont été vaccinés mais on ne l'apprendra comme ça sans voir la photo. Bon alors Alors pour l'Écosse c'est une question beaucoup plus beaucoup plus sérieuse beaucoup plus sérieuse et effectivement cela arrive maintenant à l'ordre du jour politique, on en parle beaucoup en Angleterre comme en France. Que voulez-vous que je vous ?
Il y a oui un parti nationaliste au pouvoir en Écosse qui est un parti de gauche, c'est un peu comme les Catalans à Barcelone, c'est un peu le même le même profil politique. C'est un parti faux pour moi, c'est un parti de la fausse indépendance puisque justement tout comme les Catalans les Écossais les nationalistes affirment vouloir réintégrer l'Union européenne. Alors évidemment cela est totalement incompatible avec l'indépendance nationale.
Il faut préciser pour ceux qui ne connaissent pas que l'Écosse est une toute petite pas géographiquement, géographiquement elle est très grande mais en terme de population c'est tout petit, c'est 5 millions. C'est c'est c'est c'est c'est c'est c'est un c'est un département pratiquement. Une région.
Voilà, une petite région pas une grande région. Euh en tout cas par rapport à l'Angleterre qui fait quelque chose comme 50 ou 60 millions. Donc il y a il y a peu de résidents en Écosse.
Ça c'est la première chose. Euh mais il est vrai que malheureusement les nationalistes sont populaires et risquent de gagner les élections régionales, donc les élections au Parlement écossais, en mai 2021. Et Madame Sturgeon menace effectivement de faire un référendum illégal si besoin.
Euh qui risquerait d'envenimer beaucoup euh Parce que de toute façon celui qui décide, c'est le Premier ministre britannique. Oui, bien sûr. Personne d'autre ne peut le forcer.
Enfin le le le Parlement, oui. Oui. C'est le Parlement.
Oui, britannique. Est-ce que le Est-ce que les gens de communes pourraient forcer Boris Johnson à organiser un un ? pas maintenant puisque il a une majorité de 80 sièges.
Théoriquement oui, mais mais en réalité non. Non mais ça veut dire que le Parlement local écossais n'a pas le moyen sûr que non, mais c'est comme en Catalogne. Non non, tout cela le le référendum de 2014 a été organisé avec l'accord de Londres.
Euh cela avait été décidé tout le monde était d'accord et les nationalistes s'étaient engagés bien sûr à à respecter le résultat, ce qu'ils ne font pas. Euh et ils avaient même encouragé leurs partisans à voter en disant que c'est une c'est le c'était une chance en une génération. On n'en aura pas une autre.
Alors maintenant on voit que 80 après ils veulent vous faire David Cameron avait réussi ce ce référendum-là et c'est parce qu'il avait réussi qu'il s'est il s'est dit je vais aussi réussir celui sur euh Alors les Écossais disent oui mais maintenant les circonstances ont substantiellement changé, donc il faut euh il faut le il faut le modifier. Bon. Alors euh en 2014 ils ont perdu euh surtout parce que l'indépendance qu'ils prenaient n'en était pas une.
Indépendamment de la question européenne, ils voulaient garder et la livre et la reine. Donc c'était une on se demande on se demandait en fait donc en quoi consistait cette indépendance. Cette question de la livre de la monnaie va donc revenir je crois sur la table parce que si les les nationalistes disent "Nous voulons réintégrer l'Union Européenne." cela suppose également d'adopter l'euro.
Alors l'euro n'est pas n'est pas populaire en Angleterre ni ni en Écosse d'ailleurs. Donc il n'est pas du tout inévitable que même dans le cas d'une victoire en mai qu'il gagne leur référendum s'ils en font un. Pour le moment en tout cas Boris Johnson a dit qu'il n'était pas question de refaire un référendum seulement 4 5 ou 6 ans après celui de 2014.
Pays de Galles, Irlande du Nord, des sommes Alors au Pays de Galles, il n'y a absolument aucune aucun aucune tentative de sécession. En Irlande du Nord tout le monde connaît l'histoire douloureuse de l'île d'Irlande du Nord. Pour le moment les les unionistes restent restent majoritaires.
Voilà. Peut-être que le Brexit encouragera des un certain rapprochement avec avec Dublin mais celle-ci est déjà acquise depuis depuis presque 20 ans. La situation n'est pas la même que qu'elle ne l'était pendant les les troubles.
Alors j'ai vu là ces jours-ci, ça m'a fait rire, c'est que le gouvernement de sa gracieuse majesté refuse le statut diplomatique à la à la représentation de l'Union Européenne en Angleterre. C'est quoi qui se cache ? C'est un plaisir Peut-être je ne sais pas d'où d'où ça vient, cela m'a agréablement surpris.
Parce que bien sûr le le raisonnement c'est consiste à dire que le Royaume-Uni n'accorde pas le statut d'ambassadeur à des organisations internationales et comme l'Union Européenne est une organisation internationale comme comme l'OTAN ou comme l'OMC et bien pourquoi un ? Peut-être que cela est fait dans un esprit de négociation. Moi je te donne ceci, tu me donnes cela.
Peut-être que c'est une façon de d'obtenir euh à à à une concession sur un autre sur un autre dossier. Je ne je ne sais pas. Globalement, l'accord qui a été signé, vous en pensez ?
J'ai vu que Nigel Farage, qui est toujours bougon, qui est toujours qui est toujours insatisfait, a dit "Bon, c'est pas parfait, mais c'est quand même pas mal." C'est un bon procès ça. Farage a été euh c'est c'est vraiment montré comme un vrai homme d'État en fait, je trouve, au moment de l'accord et puis aussi pendant les élections législatives de 2019.
Euh il n'était pas le seul d'ailleurs à à valider l'accord malgré ses défauts. Je pense aussi à à mon vieil ami Bill Cash qui est un député conservateur depuis euh 30 ou 40 ans qui était l'un des premiers à à mettre en question l'adhésion au Royaume-Uni et avec lequel je travaille où je travaillais en tout cas à l'époque par exemple du référendum de Maastricht euh du référendum France, je veux dire, et du traité de Maastricht. Euh donc lui aussi a été globalement satisfait de cet accord.
Il est vrai qu'il y a sur la pêche par exemple et sur sur l'Irlande du Nord, il y a des choses qu'on aurait pas souhaité dans l'idéal. Mais tout le monde sait d'où ça vient, tout le monde sait que euh il n'a pas été possible de trouver un accord meilleur que celui-là et donc dans la mesure où euh le Royaume-Uni obtient euh un commerce libre, le libre-échange avec l'Union européenne, euh eh bien euh il obtient exactement euh ce qu'il veut d- en fait depuis 40 ou 50 ans. Ça a toujours été la logique britannique.
Il aurait fallu ne pas intégrer l'Union européenne ou les communautés européennes en 72 puisque le Royaume-Uni et les gouvernements successifs mensongers ont toujours raconté aux Britanniques qu'il ne s'agissait que d'un accord commercial et que c'était dans l'intérêt économique du pays de d'intégrer cette institution. Euh donc voilà, après euh 40 ans de ou 47 47 ans d'adhésion, le Royaume-Uni a fina- finalement obtenu ce que en fait la classe politique dit à ses électeurs qu'il veut qu'elle veut depuis toujours. Les pêcheurs on nous a dit qu'il y a des pêcheurs britanniques qui sont furieux, qui n'ont pas obtenu tout ce qu'ils voulaient.
Écossais d'ailleurs puisque là aussi c'est un point faible du raisonnement écossais puisqu'il y a beaucoup de pêcheurs en Écosse et ils ont bien sûr des eaux territoriales absolument gigantesques. Euh ils seraient malheureux, ils n'auraient pas obtenu ce qu'ils auraient souhaité et cetera. Mais si euh les nationalistes écossais disent qu'ils veulent réintégrer l'Union Européenne et bien cela présuppose qu'ils sont prêts à abandonner les eaux territoriales écossaises.
Euh alors ils sont mécontents ? Parce que le Royaume-Uni a dit "Nous récupérons nos eaux territoriales qui sont qui sont énormes." Ça ça va jusqu'à 200 km de la côte.
Euh dans la Mer du Nord par exemple. Et l'Union Européenne Européenne a obtenu euh que le Royaume-Uni ne puisse pêcher que 25 % des ressources dans ses propres eaux territoriales. Donc c'est pas beaucoup 25 % on devrait en avoir 100.
Oui. Euh mais bon c'est un c'est une c'est un accord transitoire qui va durer encore quelques années et puis on verra. Il fallait bien qu'on promette enfin faire des compromis.
Bien sûr mais tout le monde s'y attendait moi en tout cas je m'attendais à cela absolument. Donc globalement vous êtes ? Oui oui.
Et globalement vous pensez que les Britanniques aujourd'hui il y aurait un vote ils revoteraient pour le ? Incontestablement, il n'y a pas le moindre la moindre possibilité d'un doute là-dessus. rappelle les trois scrutins ils sont là pour le démontrer.
Alors un dernier mot parce que pour que pour clore cet cet entretien il y a un nouveau président des États-Unis. Oui. Ça ne vous a pas échappé.
Euh on avait beaucoup dit que Donald Trump était plutôt favorable au Brexit et qu'il était assez critique à la fois de l'Union Européenne et de l'OTAN. Il était très favorable au Brexit oui. Euh oui oui c'est ce que j'ai dit hein.
Absolument oui oui pas plutôt il était explicitement favorable Voilà. Euh Biden non euh Voilà, alors alors comment ça va se passer là entre ? J'ai vu que Biden a été le 1er chef d'État européen qui qui à qui l'a téléphoné, c'est c'est justement Boris Johnson.
Euh enfin le 1er en dehors des Amériques puisque Oui, en dehors des Amériques, mais en Europe, le 1er chef d'État ou de gouvernement, ça a été Boris Johnson. Alors qu'est-ce qui va se passer là euh Écoutez, je je pense que les rapports entre Johnson et Trump n'étaient pas ce qu'on pourrait croire. On on disait trop facilement, ils étaient tous les deux populistes.
Ce n'est pas vrai, Boris Johnson est beaucoup plus centriste, Trump était quand même assez à droite, même très à droite euh sur l'échiquier politique. Euh Boris ça n'a jamais été la tasse de thé de Boris Johnson, il est il est très libéral socialement et économiquement bien sûr aussi. Et quand il était quand il avait été maire de Londres par exemple, il il avait férocement critiqué Trump qui avait tenu des propos comme quoi il y avait des endroits dans Londres où on ne pouvait plus aller et cetera.
Et donc les rapports personnels n'ont jamais été aussi proches qu'on pourrait le croire. Euh les rapports, tout le monde sait, entre le Royaume-Uni comme État et les États-Unis sont extrêmement euh profonds euh pour des raisons historiques, culturelles, institutionnelles, militaires, euh de renseignement et cetera. Je je peux le déplorer mais mais je le constate comme observateur.
Voilà. Et euh je pense que si euh le changement de président va va va avoir une influence, elle sera on peut le déplorer plutôt positive pour ces rapports, c'est-à-dire que ça ne va aucunement euh euh euh nuire au au rapport transatlantique, bien au contraire. Ni au Brexit parce que je me rappelle quand le Brexit est un fait, il n'en on ne peut plus on ne peut plus en rappelle quand même que du temps d'Obama, Obama avait mouillé la chemise comme on dit pour aller même en Angleterre pour appeler à voter contre le Brexit.
C'est vrai, c'est vrai, mais il est trop tard maintenant et les politiciens, nous le savons, peuvent ils sont capables de d'oublier le passé faire du en même temps Voilà, et faire du en même temps et puis de passer à autre chose et je pense que c'est ce que Biden va faire. John O'Donnell, merci d'être venu. Vous êtes vous êtes positif, optimiste pour la suite des de l'histoire au ?
Oui, mais nous le nous le verrons dans dans quelques années. Dans quelques années. Voilà.
Et vous pensez que dans quelques sera sera passée et quand Oui, parce que il faut bien rappeler à nos Voilà, il faut bien rappeler aussi aux gens qui nous écoutent que le Royaume-Uni maintenant ne donne plus du tout d'argent à l'Union Européenne. Oui, et ça représente euh quelque chose comme 10 milliards par an, donc c'est pas rien. Voilà.
Et ben écoutez, vous savez qu'ici vous êtes c'est une maison qui vous est acquise et que nous et ben nous n'avons qu'une qu'un seul espoir, c'est de vienne un jour le moment du du Frexit. Alors, est-ce que c'est la France qui fera qui aura le même courage que les Britanniques ou bien est-ce que c'est l'ensemble de l'édifice européiste qui ? On n'en sait rien, mais ce qui est certain, c'est qu'on aura l'occasion d'en reparler.
Les jours sont de plus en plus comptés à notre avis pour l'Union Européenne, notamment l'euro, la crise des crises très importantes menace l'euro, notamment avec le l'envol exponentiel de la dette de tous les États du fait de la Covid-19. Un mot à rajouter ? Enfin, il y a tellement de choses à dire sur l'euro, mais vous disiez tout à l'heure la presse commente n'est-ce pas les affaires Royaume-Uni, elle nous apprend que tout va mal.
Euh je pense à l'euro qui saigne la France à blanc. Qui saigne la et pas seulement la France, l'Italie aussi, beaucoup d'économies en en Europe sur le continent sont saignées à blanc par cette monnaie unique. Euh pas seulement avec la dette mais avec la croissance zéro et et et imaginez dans cette circonstance là que ça serait le Royaume-Uni qui souffrirait, c'est un contresens absolu.
Merci, on terminera sur ce propos. Merci beaucoup John. Merci.
Au revoir. Ah.
François Asselineau